• Les bons, la brute et la Crimée - L’obsession antirusse, par Olivier Zajec (avril 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/04/ZAJEC/50293

    (…) pour une partie de la diplomatie occidentale, les crises ne trahissent plus une asymétrie entre les intérêts et les perceptions d’acteurs doués de raison, mais constituent autant d’affrontements ultimes entre le Bien et le Mal où se joue le sens de l’histoire.

    La Russie se prête à merveille à cette scénarisation, qui a le mérite de la simplicité. Pour nombre de commentateurs, cet Etat barbare gouverné par les Cosaques a la semblance d’un ailleurs semi-mongol tenu par les épigones du KGB, qui ourdissent de sombres complots au service de tsars névrotiques barbotant dans les eaux glacées du calcul égoïste. Reclus, coupés de leur époque, ces autocrates déplacent lentement des pions sur de grands échiquiers d’ivoire au lieu de lire The Economist. De temps en temps, ils coulent un sous-marin nucléaire pour le plaisir de polluer la mer de Barents, en attendant de susciter un référendum illégal dans leur « étranger proche » afin de reconstituer l’URSS. [#st]