• Catherine Gousseff, spécialistes des #migrations : “L’édification de murs en Europe est une formidable régression” - Le monde bouge - Télérama.fr
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    Je me faisais ce genre de réflexion justement, ce matin, dans le fil de mon post d’hier et du fait qu’on nous sommes actuellement les nazis de service.
    Je repensais à mon bouquin et surtout à l’historique des flux migratoires juifs, puisqu’en gros, ils ont suivi les soubresauts de l’#histoire européenne avec une belle constance. Ce qu’on peut y lire, c’est que les pays qui se développent, qui progressent, qui portent un haut niveau de civilisation sont toujours assez friands d’émigrants. L’Espagne des trois religions connaît son apogée au moment où différentes populations cohabitent, circulent, échangent et créent ensemble. C’est une ouverture caractéristique. Et le #déclin est annoncé, puis précipité par le retour en force des rois catholiques excluants, le retour de la #nation fermée, homogène, discriminante. Les expulsions et la fermeture des frontières signent le repli et un déclin terrible qui va durer des siècles.

    Je pense que ce qui arrive en ce moment en Europe est l’indicateur le plus éclatant de notre fossilisation, de notre déclin, lequel ne vient pas de la dilution fantasmée d’une pseudo identité historique, mais bien de la fin de notre politique d’accueil qui marque la fin de notre adaptation réelle et concrète aux mouvements de l’histoire, du monde, des peuples.

    Je suis en train de lire Va et poste une sentinelle, le second/premier bouquin de Harper Lee, celle qui a écrit le célébrissime Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur et c’est assez exactement de cela que ça traite : de la crispation conservatrice d’un modèle de société fini et qui refuse de disparaître.

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    La promesse de l’Europe réunifiée s’est construite sur une réalité et un symbole qui furent la chute du Mur de Berlin. L’édification de murs dans l’Europe d’aujourd’hui doit être lue comme une formidable régression, surtout de la part de pays comme la Hongrie, qui a effectué sa sortie du communisme en ouvrant, au printemps 1989, ses frontières avec l’Autriche, fait qui a entraîné la déstabilisation que l’on sait en RDA, où des milliers de ressortissants est-allemands ont commencé à fuir le pays, profitant de cette brèche ouverte dans le camp socialiste.

    Réinstaurer des murs dans des pays qui se sont vécus comme victimes du Mur entre l’Est et l’Ouest est difficilement compréhensible et acceptable. Au-delà, les murs constituent une non-réponse, une façon de ne pas se sentir concerné par le problème et le défi contemporain, en rejetant ce problème sur les voisins, en affirmant hautement une posture de désolidarisation.

    http://seenthis.net/messages/427102 via Agnès Maillard