• L’impossible développement durable (par George Monbiot)

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    Consommez plus, conservez plus : désolé, mais on ne peut pas faire les deux à la fois

    La croissance économique est en train de dévaster la planète, et une nouvelle étude suggère qu’elle ne peut aller de pair avec la durabilité.

    Il y a deux types de découplage/dissociation : relatif et absolu. Le découplage relatif signifie utiliser moins de matière à chaque nouvelle unité de croissance économique ; le découplage absolu signifie une réduction totale de l’utilisation des ressources, bien que l’économie continue à croitre. La quasi-totalité des économistes pensent que le découplage — relatif ou absolu — est une caractéristique inexorable de la croissance économique..

    C’est sur cette notion que repose le concept de développement soutenable [ou durable]. Il est au cœur des négociations climatiques de Paris du mois prochain et de chaque sommet sur les problèmes environnementaux. Mais il semble bien qu’il n’ait aucun fondement.

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    Une étude publiée plus tôt cette année dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences Actes de l’Académie Nationale des Sciences (USA) suggère que même le découplage relatif que nous prétendons avoir accompli n’est que le résultat d’un truquage comptable. Elle souligne que les gouvernements et les économistes ont mesuré notre impact d’une façon qui semble irrationnelle.

    Voici comment fonctionne le truquage comptable. Il prend en compte les matières premières que nous extrayons de nos propres pays, les ajoute à notre importation de trucs d’autres pays, puis soustrait nos exportations, pour aboutir à ce qu’on appelle « consommation intérieure de matières » (Domestic Material Consumption ou DMC). Mais en mesurant seulement les produits déplacés d’un pays à un autre, au lieu des matières premières nécessaires à la fabrication de ces produits, le total des ressources utilisées par les pays riches est largement sous-estimé.

    Non seulement nous n’affrontons pas cette contradiction ; mais presque personne n’ose en parler. C’est comme si le problème était trop énorme, trop effrayant à regarder en face. Nous semblons incapables de faire face au fait que notre utopie est également notre dystopie, au fait que la production semble être inséparable de la destruction.

    http://seenthis.net/messages/432922 via enuncombatdouteux


  • La solitude de Noam Chomsky (par Arundhati Roy) | Le Partage
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    Aujourd’hui, grâce à Noam Chomsky et à ses compagnons analystes des médias, il est presque évident pour des milliers, voire des millions d’entre nous que l’opinion publique dans les démocraties « d’économie de marché » est fabriquée comme n’importe quel autre produit du marché de masse — savon, interrupteurs ou pain en tranches. Nous savons qu’alors que, légalement et conformément à la constitution, la parole peut être libre, l’espace dans lequel cette liberté peut être exercée nous a été volé, et a été vendu aux enchères aux plus offrants. Le capitalisme néolibéral n’est pas simplement une affaire d’accumulation de capital (pour quelques-uns). C’est aussi une affaire d’accumulation de pouvoir (pour quelques-uns), d’accumulation de liberté (pour quelques-uns). Inversement, pour le reste du monde, les personnes qui sont exclues du conseil d’administration du néolibéralisme, c’est une affaire d’érosion de capital, d’érosion de pouvoir, d’érosion de liberté. Dans « l’économie de marché », la liberté de parole est devenue un produit de base comme un autre — la justice, les droits de l’homme, l’eau potable, l’air pur. Seuls ceux qui ont les moyens de se l’offrir peuvent en bénéficier. Et, naturellement, ceux qui peuvent se le permettre utilisent la liberté de parole pour fabriquer le genre de produit, le genre d’opinion publique qui convient le mieux à leur objectif. (Les informations qu’ils peuvent utiliser). La manière exacte dont ils font cela a été le sujet d’une bonne partie des écrits politiques de Noam Chomsky.

    http://seenthis.net/messages/429941 via Agnès Maillard