/2016

  • La politique agricole dépend... de vous. Cinq questions pour agir
    https://reporterre.net/La-politique-agricole-depend-de-vous-Cinq-questions-pour-agir

    Jusqu’au 2 mai, une consultation publique ouverte à tous, citoyens et agriculteurs, doit préparer la réforme de la politique agricole commune (PAC), prévue en 2020. Née en 1962, la PAC est un des piliers de la construction européenne. Décriée, elle est également méconnue. Reporterre vous aide à y voir plus clair, pour que vous puissiez donner votre avis. Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance La PAC, ou politique agricole commune. Cet acronyme bien connu des agriculteurs l’est moins du citoyen (...)

    #Info

    / #Europe, #Agriculture

    « https://ec.europa.eu/agriculture/consultations/cap-modernising/2017_fr »
    « https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/french-farmers-union-puts-post-2020-cap-consultation-at-risk »
    « http://www.iletaitunefoislapac.com/player.html »
    « http://www.europarl.europa.eu/aboutparliament/fr/displayFtu.html?ftuId=FTU_5.2.10.html »
    « http://agriculture.gouv.fr/la-reforme-de-la-pac-en-un-coup-doeil »
    « http://www.touteleurope.eu/actualite/5-questions-sur-les-quotas-laitiers.html »
    « http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/approfondissements/reforme-pac.html »
    « http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/admissibilite_des_sa_aux_aides_de_la_pac.pdf »
    « http://ec.europa.eu/agriculture/sites/agriculture/files/policy-perspectives/policy-briefs/05_fr.pdf »
    « http://agriculture.gouv.fr/pac-fonds-europeen-agricole-pour-le-developpement-rural-feader »
    « https://www.youtube.com/watch?v=3rtEMp8_7z4

     »
    « http://www.lemonde.fr/international/article/2008/04/17/cinq-questions-sur-la-crise-alimentaire-mondiale_1034481_3210.html »
    « http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/10/14/baisse-des-revenus-suicides-la-crise-des-agriculteurs-fait-beaucoup-moins-de »
    « http://www.web-agri.fr/actualite-agricole/economie-social/article/plan-social-et-detresse-morale-des-agriculteurs-apres-trois-ans-de-crise-11 »
    « http://www.senat.fr/rap/r10-102/r10-1022.html »
    « http://www.pouruneautrepac.eu/2013/07/05/revenus-des-agriculteurs-en-2012-des-aides-de-la-pac-deconnectees-de »
    « http://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/la-reforme-du-financement-de-la-pac-pour-2020-s-annonce-complexe »
    « http://www.lafranceagricole.fr/actualites/gestion-et-droit/pac-post-2020-les-agriculteurs-doivent-gagner-leur-revenu-sur-les-m »
    « https://pixabay.com/get/ea34b60f2af51c22d2524518a33219c8b66ae3d110b2114494f0c671/wheat-317021_1280.jpg »
    «  https://cdn.pixabay.com/photo/2016/07/03/21/21/cow-1495509_960_720.jpg  »


  • Les loups de Wall Street rodent autour de Donald Trump

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/21/apres-avoir-fustige-wall-street-et-les-lobbys-donald-trump-y-puise-ses-conse

    Des anciens de Goldman Sachs ou de fonds spéculatifs sont pressentis pour occuper des postes clés dans l’administration.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/11/21/644x322/5034870_3_5dab_steven-mnuchin-le-15-novembre-a-new-york-city_15536a7c0ab0c134e842ffbd112b1f5c.jpg

    Pendant des mois, Donald Trump s’est présenté comme le représentant de l’Amérique des travailleurs, loin des compromissions de « l’establishment » de Washington avec la finance et les lobbies. « Les gars des fonds spéculatifs s’en sont bien tirés », n’a cessé de marteler le magnat de l’immobilier devant ses supporteurs en parlant de la crise financière de 2008.

    Mais, depuis son élection, il semble que « ces gars-là » aient à nouveau le vent en poupe. En témoigne l’aréopage de conseillers qui constituent l’équipe de transition du président-élu, et dont certains vont former l’ossature du futur gouvernement. Selon des médias américains, certains noms pour des postes-clés de l’administration Trump doivent être annoncés en tout début de semaine.

    Steven Mnuchin est sans doute l’un des plus visibles actuellement. Celui que l’on présente comme le probable secrétaire au Trésor – c’est lui qui a supervisé les finances de la campagne du candidat républicain –, a fait l’essentiel de sa carrière à Wall Street. Après dix-sept ans chez Goldman Sachs, où son père était associé, ce diplômé de Yale a ensuite rejoint le secteur des fonds spéculatifs, avant de monter sa propre boutique, Dune Capital.
    L’un de ses principaux faits d’armes a consisté à aider une poignée d’investisseurs comme George Soros ou John Paulson à racheter, en 2009, IndyMac, une caisse d’épargne spécialisée dans les prêts hypothécaires à risques qui venait de faire faillite après la crise des subprimes.

    Placée dans un premier temps sous le contrôle du Federal Deposit Insurance Corporation, l’agence fédérale qui garantit les dépôts bancaires aux Etats-Unis, la société a été reprise par M. Mnuchin et ses associés pour 1,5 milliard de dollars et rebaptisée OneWest Bank.
    Wilbur Ross, le « roi de la faillite »
    Devenue « leader des saisies sur le segment des personnes âgées », elle a été revendue cinq ans plus tard pour 3,4 milliards de dollars, après qu’elle eut expulsé des dizaines de milliers d’Américains de leur maison. La banque est également accusée de discrimination raciale, selon Bloomberg.

    Autre vétéran de la crise des subprimes en plein reclassement, John Paulson. Ce patron de fonds spéculatif, qui a gagné des milliards de dollars quand le château de cartes du marché immobilier s’est effondré, a été propulsé conseiller économique de M. Trump.
    L’homme qui est pressenti pour devenir secrétaire au commerce, Wilbur Ross, est également une figure de Wall Street. A 78 ans, il est le fondateur d’un fonds d’investissement dans les entreprises non cotées (private equity), WL Ross and Co, dont la spécialité consiste à reprendre des entreprises en faillite pour les redresser.

    M. Ross a gagné son surnom de « roi de la faillite » en rachetant pour une bouchée de pain des fabricants d’acier, des entreprises textiles et des mines de charbon. Il les a ensuite revendues à bon prix après les avoir sévèrement restructurés en procédant, entre autres, à des milliers de licenciements.

    Des méthodes qui allèrent jusqu’à faire fi de la sécurité, comme dans la mine de Sago (Virginie-Occidentale), où les salariés n’avaient pas le droit de se syndiquer. En 2005, ce site a fait l’objet de 205 infractions à la réglementation en termes de sécurité, et, en janvier 2006, une explosion a tué une douzaine de mineurs. C’est lui qui pourrait être chargé de mettre en œuvre les barrières douanières censées faire revenir les emplois industriels aux Etats-Unis.

    Paul Atkins, le « Monsieur finance »

    Autre candidat potentiel à ce poste : Lewis Eisenberg, ex-associé chez Goldman Sachs, qui, après vingt ans, a été poussé à la démission à la suite d’une affaire de harcèlement sexuel. De son côté, Robert Mercer, patron du fonds spéculatif Renaissance Technologies, gros donateur pour la cause des conservateurs et actuellement en délicatesse avec le fisc à propos d’un redressement portant sur plusieurs milliards, a eu le plaisir de voir sa fille Rebekah intégrer l’équipe de transition.
    Elle y retrouve Paul Atkins, 58 ans, le « Monsieur finance » de cette équipe. Ce républicain, ex-membre de la Securities and Exchange Commission (SEC) de 2002 à 2008, a toujours été un farouche adversaire de la régulation financière. Il était à l’époque très critique à propos des amendes infligées aux entreprises, estimant que ces sanctions n’aboutissaient qu’à punir les actionnaires. C’est lui qui est chargé de conseiller M. Trump sur les nominations à la Réserve fédérale (Fed, banque centrale) ou à la SEC. Il sera également à la manœuvre pour démanteler la loi Dodd-Frank sur la régulation financière, comme s’y est engagé le président-élu quelques jours après son élection.
    M. Atkins est actuellement à la tête d’un cabinet, Patomak Global Partners, qui conseille les institutions financières sur la façon de s’adapter aux nouvelles normes imposées par les régulateurs du secteur.

    En octobre, il a été nommé par un juge fédéral pour contrôler la Deutsche Bank sur la gestion de ses produits dérivés dans le cadre d’une sanction infligée par la CFTC, l’agence fédérale chargée de la régulation des Bourses. La banque allemande est par ailleurs le principal prêteur de la Trump Organization, l’entreprise du milliardaire.
    Les questions économiques sont chapeautées par David Malpass. Cet ancien conseiller de Ronald Reagan a été pendant quinze ans économiste en chef de la banque d’affaires Bear Stearns, qui a fait faillite en mars 2008.

    Donald Trump ne voit pas où est le problème

    En août 2007, dans une tribune parue dans le Wall Street Journal et intitulée « Ne paniquez pas à propos du marché du crédit », il écrivait : « Les marchés immobilier et de la dette ne sont pas une si grosse part de l’économie américaine et de la création d’emplois. L’économie est robuste et va croître solidement dans les prochains mois et peut-être les prochaines années. » On connaît la suite.
    Les lobbyistes ont aussi la part belle dans l’équipe de M. Trump. Comme Jeff Eisenach, qui a travaillé comme consultant chez le plus gros opérateur américain de télécommunications, Verizon, et qui est censé réfléchir à l’orientation de la Federal Communications Commission, l’autorité de régulation du secteur.

    Michael Catanzaro, qui a fait du lobbying pour les entreprises parapétrolières Halliburton ou Koch Industries et gros bailleur de fonds du Parti républicain, est le principal conseiller pour les questions énergétiques. Martin Whitmer, lui, a travaillé pour la National Asphalt Pavement Association, qui regroupe les fabricants d’asphalte. Il est désormais chargé des transports et des infrastructures auprès de M. Trump.

    Quant à Michael Torrey, il a longtemps conseillé l’American Beverage Association, le lobby des fabricants de boissons, et la Crop Insurance Bureau, un assureur agricole. Sa mission sera désormais de superviser les questions… agricoles.

    Au total, une vingtaine de lobbyistes sont à la manœuvre au sein de l’équipe de transition. Une situation que la sénatrice démocrate du Massachusetts, Elizabeth Warren, a dénoncée dans une lettre datée du 15 novembre et adressée à M. Trump. « Vous aviez promis que vous ne seriez pas aux mains “des donateurs, des intérêts particuliers et des lobbyistes qui ont corrompu nos politiques depuis déjà trop longtemps” et que vous alliez “assécher le marais” à Washington », rappelle-t-elle, constatant qu’il était « déjà en train d’échouer » en nommant « une kyrielle de banquiers de Wall Street, d’initiés de l’industrie et des lobbyistes au sein de [son] équipe de transition ».
    Mme Warren, qui souligne que « 72 % des Américains, démocrates comme républicains, pensent que “l’économie américaine est truquée au bénéfice des riches et des puissants” », appelle le président-élu à exclure ces personnes de son équipe.

    Donald Trump, lui, ne voit pas où est le problème. Lors d’une interview accordée le 13 novembre à la chaîne de télévision CBS, le milliardaire a expliqué qu’il était difficile de trouver des gens pour travailler avec le gouvernement sans qu’ils aient des liens avec les lobbys, estimant que Washington était, « dans sa totalité », un « énorme lobby ». Reste à savoir si ses électeurs seront convaincus par cette réponse.

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  • Menaces sur l’informatique mondiale

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/20/menaces-sur-l-informatique-mondiale_5034720_3234.html

    La stratégie de survie des anciennes gloires du secteur passe par des diversifications et des acquisitions qui mettront du temps à porter leurs fruits. Et toutes ne survivront pas.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/11/20/644x322/5034715_3_e637_une-decharge-d-ordinateurs-a-toyota-city_d2268ac358c08c324f899cb442b689d3.jpg

    Le numérique a-t-il tué l’infor­matique ? Alors que les Apple, ­Google, Amazon ou Facebook caracolent dans les classements boursiers mondiaux et qu’ils engrangent des dizaines de milliards de dollars de bénéfices chaque trimestre, les entreprises qui ont donné à l’informatique ses lettres de noblesse ne cessent de se « recentrer », de se « redimensionner », cherchant la formule qui leur redonnera croissance et promesses d’avenir.
    Certes, elles gagnent encore de l’argent et possèdent même pour certaines de beaux trésors de guerre, mais la créativité, l’inventivité et ­l’attractivité ne sont plus dans leur camp. Ni la croissance ni, donc, l’avenir.

    Il y a un an, Hewlett-Packard se scindait en deux sociétés : HP Inc pour les imprimantes et les PC, et HP Enterprise (HPE) pour l’infrastructure, les services et les logiciels. Meg Whitman, PDG de HP, avait pris cette décision pour redonner plus d’« agilité » au doyen de la Silicon Valley, malmené sur ses marchés. Après avoir fusionné ses activités dans les services avec celles de l’américain CSC, puis revendu ses logiciels à l’anglais Micro Focus, HPE a vu son chiffre d’affaires fondre de 52,7 milliards de dollars (49,2 milliards d’euros) à quelque 28 milliards de dollars.

    Le marché porteur du cloud

    La plus que centenaire IBM vient, pour sa part, d’enregistrer un dix-huitième trimestre consécutif de baisse de son chiffre d’affaires. En cinq ans, son revenu global a diminué de plus de 23 %, passant de 107 milliards de dollars en 2011 à 81,7 milliards de dollars en 2015.
    Le géant américain de l’électronique, Intel, a, lui, affiché en 2015 un chiffre d’affaires en baisse de 1 % par rapport à 2014. Le spécialiste des réseaux Cisco a clos son exercice 2016 fin juillet sur un chiffre d’affaires de 49,2 milliards de dollars, stable par rapport à 2015.
    Pas mieux du côté des grands éditeurs de logiciels. Le chiffre d’affaires d’Oracle a baissé de 3 % entre les exercices 2015 (38,2 milliards de dollars) et 2016 (37 milliards). L’allemand SAP parvient à maintenir plusieurs points de croissance, en partie grâce aux acquisitions qu’il a réalisées au cours des dernières années sur le marché plus porteur du cloud.

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    La fin des beaux jours

    De même, Microsoft retrouve les faveurs de la croissance – et, donc, de la Bourse – à la suite d’un virage sérieux et de lourds investissements vers le cloud, mais son bénéfice a été quasiment réduit de moitié entre 2011 et 2015.

    En l’espace de quelques années à peine, les stars de l’informatique des années 1990 et 2000, qui affichaient des taux de croissance à deux chiffres et faisaient les beaux jours des actionnaires, se retrouvent à la peine, voire menacées d’être rachetées ou même de disparaître. L’informatique serait-elle passée de mode ? Non, bien au contraire.
    Nos activités reposent plus que jamais sur le numérique, mais c’est justement cette numérisation massive dans tous les domaines qui a changé la donne. L’offre matérielle et logicielle sur laquelle ces géants se sont construits est soudain devenue trop lente, trop lourde, trop rigide et trop chère.

    Une nouvelle ère

    Jusqu’au milieu des années 1990, l’infor­matique servait à l’activité économique des entreprises et des administrations, qui achetaient ou louaient chacune leurs ordinateurs. Les logiciels étaient vendus sous forme de licences, immanquablement accompagnées d’un contrat annuel de maintenance qui représentait environ 20 % du coût de la licence. Le tout nécessitait force développements de logiciels et services d’accompagnement qui faisaient vivre un grand nombre de prestataires de conseil et de services. Jusqu’à ce que des technologies nouvelles viennent bousculer ce monde de l’informatique en imposant des règles elles aussi nouvelles.

    Première cause de cette rupture, le réseau Internet. Sa capacité à donner accès à tous les détenteurs d’un terminal connecté à toutes sortes d’informations et de données a profondément bouleversé l’usage du numérique et l’a mis à portée du grand public.
    La mobilité ensuite. Les téléphones mobiles, rebaptisés smartphones, offrent aujour­d’hui, dans un format compact, plus de fonctionnalités et de puissance qu’un micro-ordinateur. Et aucune de ces « vieilles » entreprises, hormis Apple, n’en produit. En 2007, année du lancement de l’iPhone, le chiffre d’affaires de la firme à la pomme était trois fois plus petit que celui d’IBM. Moins de dix ans après, il est de plus du double.
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    Redistribution totale des cartes

    Le cloud enfin. En mettant à disposition de toutes les entreprises, mais aussi de tous les particuliers, de la puissance de traitement informatique à la demande et des espaces de stockage payés à l’usage, le cloud a fait basculer l’informatique dans une nouvelle ère. « On est passé du logiciel de comptabilité dans un bureau au numérique présent ­partout dans nos vies, dans tous les objets et dans toutes nos activités », résume Michael Dell, PDG fondateur de l’entreprise du même nom. Et les grands bénéficiaires de ces mutations s’appellent Google, Apple, Amazon et Facebook.

    Ces nouvelles technologies, auxquelles on peut ajouter les objets connectés, le big data, les nouveaux modes de développement de logiciels dits « agiles », l’intelligence artificielle, l’impression 3D, etc., ont fait entrer le numérique dans nos maisons, dans nos poches, à nos poignets, dans nos voitures… ­Elles ont relégué l’ordinateur au rang d’accessoire avec lequel il faut composer en attendant que le nouveau remplace progressivement l’ancien. Et elles ont totalement redistribué les cartes.

    C’est le schéma classique de la destruction créatrice, chère à Schum­peter. Le grand public a pris le pas sur les ­entreprises et est devenu le moteur de l’industrie. « Le cloud permet à de nouveaux acteurs comme Uber ou Airbnb d’aller très vite, de créer leur marque et d’atteindre le vaste marché du grand public rapidement en ­contournant les acteurs traditionnels de ­l’informatique », remarque Benoît Flamant, directeur de la gestion numérique chez Fourpoints ­Investment Managers.

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    « Une guerre à mort »
    De nouveaux venus peuvent en quelques jours mettre au point une application très innovante ou un nouveau service en louant, sur Amazon, la puissance informatique dont ils ont besoin. Jamais ils ne s’équiperont d’un système d’information comme le faisait la génération précédente. Les maîtres mots de ce nouveau monde numérique sont la rapidité, la souplesse, l’expérience client, le grand public et la désintermédiation.

    « C’est une guerre à mort qui se joue là, une guerre à la fois de vitesse, des prix et des ­talents. Il faut innover et générer de la croissance toujours plus et toujours plus vite. Des acteurs comme Yahoo !, Nokia ou BlackBerry n’ont pas survécu à cette course effrénée », ­affirme Patrick Rouvillois, directeur au ­Boston Consulting Group (BCG), expert des ruptures numériques.

    S’ils veulent survivre, les acteurs historiques de l’informatique n’ont d’autre choix que de se réinventer et de trouver de nouveaux terrains fertiles à la croissance. Le matériel, serveurs, PC et portables, est devenu une « commodité », un support aux applications et aux services proposés. Sur le marché des PC, les marges faiblissent de jour en jour. La consolidation permet de réaliser des économies d’échelle.
    C’est l’option prise par le chinois Lenovo, qui a successivement repris les PC puis les serveurs d’IBM, l’activité PC de NEC, la branche téléphonie mobile de Motorola et, tout récemment, a signé un « accord de coopération » avec l’un des derniers japonais du domaine, Fujitsu. Seuls HP, Dell et les taïwanais Asus et Acer parviennent à se maintenir sur ce marché. Du côté des serveurs, la menace vient des géants de l’Internet.

    Plutôt que d’acheter les matériels du marché, les Google, Facebook et autres Amazon développent eux-mêmes leurs équipements selon leurs propres spécifi­cations. Là encore, les acteurs traditionnels seront de plus en plus souvent contournés.
    Certes, le matériel informatique ne disparaîtra pas. Les objets connectés, les smartphones, l’analyse des données, l’utilisation croissante de la vidéo nécessitent des équipements toujours plus nombreux dans les centres de données (datacenters).

    Le logiciel, un objet vivant

    Ainsi, chaque smartphone vendu nécessite un nouveau serveur dans un centre de données. « Mais le matériel n’existe pas tout seul, il est forcément lié à une intelligence. On n’achète pas un téléphone ou une montre connectée pour l’objet lui-même mais pour les fonctions qu’il offre », remarque Philippe Herbert, ­general partner chez Banexi Ventures. Et, là aussi, les acteurs historiques sont menacés.

    Le logiciel devient à son tour une commodité. On ne développe plus de logiciels de gestion des ressources humaines, de la ­production ou de la finance, écrits une fois pour toutes. Depuis l’émergence des ­DevOps, ces méthodes de développement agile, le logiciel est devenu un objet vivant, dynamique, composé de modules du ­marché, souvent en accès libre (open source), que des développeurs assemblent pour l’adapter aux besoins d’une application ou d’une entreprise et qu’ils font ­évoluer au fur et à mesure des besoins. C’est l’avènement du code et des codeurs.

    Le software as a service (SAAS) simplifie l’usage en donnant accès à un logiciel qui est actualisé en permanence. L’utilisateur paie à la consommation, il n’a plus besoin d’investir dans du matériel et dans des équipes ­d’informaticiens. Pour les éditeurs historiques, le SAAS impose la refonte des logiciels, afin de les rendre utilisables dans le cloud en toute sécurité. Il entraîne surtout une baisse de leurs revenus à court terme. Là où il encaissait 100 en une fois puis 20 chaque année pour la maintenance, l’éditeur doit maintenant patienter cinq ou six ans au moins pour encaisser une somme équivalente. Ce changement de modèle n’a pas fini de faire des dégâts.

    « Nous sommes mortels »

    Pour survivre, les acteurs historiques rachètent des sociétés nées dans le cloud et l’Internet. En juin 2013, IBM a acquis l’hébergeur SoftLayer et ses 13 centres de données pour 2 milliards de dollars. Depuis 2011, l’allemand SAP a racheté des éditeurs spécialisés dans le SAAS, SuccessFactors (RH), Ariba (achats), Fieldglass (RH), Concur (frais de déplacements) pour un total de près de 17 milliards de dollars. HPE est en négociation pour le rachat de SimpliVity, un acteur de l’hyperconvergence, une technologie-clé pour les datacenters, pour près de 4 milliards de dollars. Oracle vient de boucler l’acquisition de NetSuite (logiciels de gestion dans le cloud) pour 9,3 milliards de dollars.

    Toutes ces acquisitions vont doter les acheteurs des compétences qui leur faisaient défaut, mais il faudra des années avant que leur apport ne soit visible dans le chiffre d’affaires. « Notre avantage est que nous savons que nous sommes mortels et que la transformation est nécessaire », affirme sereinement ­Nicolas Sekkaki, le président d’IBM France. IBM mise désormais sur le cloud et l’intelligence artificielle (programme Watson), qui devraient représenter la moitié de son ­chiffre d’affaires d’ici à cinq ans.

    « Il y a vingt ans, IBM était numéro un, et HP numéro dix. Aujourd’hui, les 8 autres du top 10 ont disparu ou ont été rachetés », précise Gérald Karsenti, le président de HPE France. « Tous les acteurs peuvent disparaître ­demain. Le secteur bouge, se réinvente en permanence. Le tout est de ne pas se laisser distancer. » Alors, ils tentent de retrouver plus de souplesse et de créativité en collaborant avec des start-up et en multipliant les projets d’innovation ouverte. Mais, s’ils espèrent tous avoir trouvé la martingale qui leur assurera des lendemains radieux, aucun ne peut affirmer que sa stratégie est la bonne.

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  • Le soleil, plus fort que le charbon

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/10/26/le-soleil-plus-fort-que-le-charbon_5020565_3234.html

    Pertes & profits. En 2015, pour la première fois de l’Histoire, la capacité de production d’électricité à partir des énergies renouvelables a dépassé le charbon, selon l’Agence internationale de l’énergie.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/10/26/644x322/5020563_3_f48b_waves-break-on-a-jetty-holding-wind-turbines_702b19c9ff6451d8a7a9ab8691f58656.jpg

    Le soleil et le vent se lèveraient-il enfin à l’est ? La formidable croissance des énergies renouvelables en Chine, mais aussi en Inde et ailleurs, est en train de sortir ce secteur de la marginalité bienveillante dans laquelle il était enfermé depuis si longtemps.

    En 2015, pour la première fois de l’Histoire, la capacité de production d’électricité à partir des énergies renouvelables a dépassé le charbon. « King Coal » n’est plus le roi. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cette année-là, on a installé 500 000 panneaux solaires chaque jour dans le monde, et la Chine seule a multiplié les éoliennes au rythme effréné de deux installations par heure.

    Trois éléments instables

    Bien sûr, les sceptiques avanceront, avec raison, que la capacité de ces appareils est toute théorique, car ils s’arrêtent de fonctionner dès que le vent tombe ou que le soleil se cache. En termes de génération effective d’énergie électrique, le charbon représente encore 40 % de la production mondiale, contre 23 % pour les renouvelables, dont les deux tiers à partir des traditionnels barrages. Mais la part du solaire et de l’éolien grimpe à toute vitesse. En 2021, selon l’AIE, ces deux-là représenteront la moitié des énergies renouvelables, qui, elles-mêmes, produiront 28 % de l’électricité consommée sur Terre.

    La première raison de cet engouement tient à la chute des prix. Ils ont, en cinq ans, dégringolé de 30 % pour l’éolien et de 60 % pour le ­solaire. De l’aveu même de Fatih Birol, le président de l’AIE, l’ampleur de ce mouvement était encore impensable en 2010.

    Trois facteurs se sont conjugués pour parvenir à ce résultat : la concurrence, la politique et la technologie. Trois éléments instables et porteurs d’autant de promesses que de menaces.

    La concurrence forcenée a écrasé les prix, mais au détriment d’une industrie européenne anéantie par le dumping chinois.

    La technologie, un défi de taille

    Les politiques de soutien ont joué un rôle déterminant et la réussite de la conférence de Paris sur le climat, la COP21, fin 2015, a donné lieu à des engagements jamais vus, notamment de la part des pays émergents, dont la plupart ont déjà ratifié l’accord. Il faut dire que le niveau de pollution des villes asiatiques atteint des proportions elles aussi inimaginables. C’est le premier moteur de la Chine. Mais ce pays a beau être responsable, à lui seul, de 40 % de la croissance mondiale dans ce domaine, les énergies renouvelables ne représentent que la moitié de l’augmentation annuelle de sa consommation, et donc des nouvelles capacités qu’il installe. Le charbon n’est donc pas encore mort.

    D’autant que la technologie constitue un autre défi de taille. L’arrivée de ces énergies intermittentes et versatiles bouleverse les réseaux électriques, qui devront être plus décentralisés et plus « intelligents ». Cela nécessite d’autres investissements et donc des moyens financiers pas toujours à la hauteur des pays émergents. Le soleil se lève, mais il est encore loin de son zénith.

    https://seenthis.net/messages/536841 via enuncombatdouteux


  • Au mépris de la justice, les promoteurs du centre commercial géant Val Tolosa passent en force
    https://reporterre.net/Au-mepris-de-la-justice-les-promoteurs-du-centre-commercial-geant-Val-To

    Près de Toulouse, la commune de Plaisance-du-Touch entend construire son « centre de loisirs et de shopping » géant malgré un permis de construire annulé. Elle a lancé les travaux de la route d’accès au futur Val Tolosa ont commencé. Depuis mercredi 5 octobre, vigiles et opposants se font face, les ouvriers au milieu. Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne), #Reportage Une sortie de Toulouse ordinaire. Au loin, des hangars, l’autoroute ; tout près, un lotissement résidentiel. Entre les deux, une prairie (...)

    Reportage

    / #Grands_projets_inutiles_imposés

    « http://www.valtolosa.com/le-projet-chiffres-cles.html »
    « http://gardaremlamenude.com/blog »
    « https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/12336 »
    « https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/118192 »
    « https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/117146 »
    « https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/3120 »
    « http://www.societe.com/societe/pce-s-a-s-447984964.html »
    « https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65839 »
    « http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/11/centres-villes-a-vendre_4845066_3234.html »
    « http://www.bastamag.net/Toujours-plus-pourquoi-les-centres »


  • Après un « cyber-casse », la technologie blockchain se cherche un avenir

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/09/26/apres-un-cyber-casse-la-technologie-blockchain-se-cherche-un-avenir_5003434_

    Dans un coin obscur du cyberespace se trouve un compte en banque au cœur d’une immense bataille technologique. Numéroté 0x5e8f0e63, celui-ci contient des « ethereums », une crypto-monnaie un peu similaire au bitcoin. Dimanche 25 septembre, il s’y trouvait l’équivalent de 4,4 millions de dollars (3,9 millions d’euros). Cette somme est le résultat d’un « cyber-casse », un tour à la Arsène Lupin version XXIe siècle.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/09/26/644x322/5003433_3_d1db_this-is-my-first-stock-photo-i-chose-this-one_414c84584b5423dc5c720889e8408290.jpg

    Le ou les voleurs ont dérobé l’argent en juin au nez et à la barbe de la communauté qui gère les ethereums. Détournant à leur bénéfice un morceau du code informatique qui administre cette monnaie, ils ont amassé 50 millions de dollars. Pourtant, le curieux monde des crypto-monnaies n’a pas réagi comme l’aurait fait le monde réel : une partie des victimes a décidé de laisser l’argent aux voleurs.

    C’est là que le vol d’ethereums de juin pose problème. Les hackeurs n’ont pas vraiment triché : ils ont utilisé à leur bénéfice une erreur du code informatique de départ. D’où la question : est-il possible de revenir en arrière et de changer les blocs du passé, pour supprimer le vol ?

    La question a provoqué des débats passionnés. Une large partie de la communauté a finalement accepté de revenir au niveau du bloc précédant le vol, et de créer une « fourche » dans la blockchain. Mais des puristes s’y sont opposés et ont conservé l’ancienne chaîne. Désormais, deux monnaies parallèles existent : l’ethereum et l’ethereum classique.

    La « fourche » a permis d’annuler une large partie du butin des voleurs, qui n’ont plus « que » 4,4 millions de dollars. Et ceux-ci n’ont pour l’instant pas réussi à le convertir en argent sonnant et trébuchant : leur compte en banque est surveillé et aucun convertisseur de crypto-monnaie ne veut réaliser l’opération de change.

    L’histoire souligne pourtant la fragilité de la technologie blockchain. « Son immuabilité est un beau concept mais qui entre en collision avec la réalité », estime Giuseppe Ateniese, professeur au Stevens Institute of Technology, à New York. Il a donc décidé de développer un nouveau concept permettant de modifier la blockchain. Accenture, l’un des plus gros cabinets de conseil en informatique au monde, l’a financé et vient d’en déposer le brevet.

    #blockchain

    https://seenthis.net/messages/527943 via enuncombatdouteux


  • Quand le Monde applaudit les magouilles…
    Je peux me tromper sur le détail juridique, mais le démantèlement de la société en séparant « l’activité commerciale et la marque » de l’exploitation dépendant à 100% du repreneur est un détournement délibéré de la loi. Le Tribunal de commerce devrait contraindre le repreneur à reprendre la totalité du fonds de commerce et donc l’ensemble des salariés.

    Si ça ça passe, alors on peut vraiment faire n’importe quoi…

    Cars Macron : les opérateurs qui font le plein
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/09/14/les-cars-macron-font-le-plein_4997735_3234.html

    Flixbus a aussi habilement réduit la concurrence en faisant disparaître Megabus en deux temps. Le groupe a d’abord racheté l’activité commerciale et la marque Megabus au britannique StageCoach fin juin. Il restait une société, Megabus.com SAS, propriétaire de 34 cars et salariant 170 chauffeurs, devenue sous-traitante de Flixbus. Mais le 9 septembre, ce dernier a annoncé à son ex-rival la fin prochaine du contrat, ouvrant une période d’incertitude pour Megabus.com SAS et ses salariés, avec à la clé les premiers licenciements du secteur.

    https://seenthis.net/messages/524639 via Simplicissimus


  • L’actualité de l’écologie en août, si vous étiez loin du poste
    https://reporterre.net/L-actualite-de-l-ecologie-en-aout-si-vous-etiez-loin-du-poste

    Canicule, rebondissements sur le Tafta et le dieselgate, lutte victorieuse à Bure, feux de forêt et crise laitière… Au mois d’août, l’actualité de l’écologie n’a pas pris de vacances. Vous avez décroché ? Reporterre vous propose une mise à jour. Nouveaux records de chaleur battus Quelle chaleur ! Du 23 au 28 août, la France a connu un épisode caniculaire. La température la plus élevée a été le 23 août à Belin-Beliet (Gironde) : 39,1 °C à l’ombre. Le 24 août, Paris a atteint 36,6 °C sous abri. Il n’a jamais (...)

    #Info

    « http://actualite.lachainemeteo.com/actualite-meteo/2016-08-28-21h09/canicule---bilan-de-l-episode-du-23-au-28-aout-30991.php »
    « http://www.ledauphine.com/france-monde/2016/08/16/juillet-2016-encore-un-record-de-chaleur-battu »
    « http://www.romandie.com/news/Pres-de-17000-pompiers-luttent-contre-des-brasiers-geants_ROM/729910.rom »
    « http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/08/29/crise-du-lait-des-actions-sont-prevues-devant-une-quinzaine-de-sites-de-lact »
    « http://www.marianne.net/cereales-face-aux-mauvaises-recoltes-vue-foll-lache-du-ble-100244687.html »
    « http://www.romandie.com/news/La-France-veut-larret-des-negociations-sur-le-TTIP-Fekl/732275.rom »
    « http://www.romandie.com/news/FranceFessenheim-l039Etat-et-EDF-ont-trouve-un-accord-sur/730986.rom »
    « http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/bure-enfouissement-de-dechets-nucleaires-4-points-pour-comprendre-les-enjeux-778 »
    « http://www.actu-environnement.com/ae/news/commission-dieselgate-etat-protege-renault-27374.php4 »
    « http://www.actu-environnement.com/ae/news/dieselgate-dementi-fraude-renault-27383.php4 »
    « http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2016/2016-737-dc/decision-n-2016-737-dc-du-4-aout-2016.147728.html »
    « https://www.franceinter.fr/politique/eelv-une-primaire-pour-reconcilier-ou-diviser-les-verts »
    « http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/08/15/forum-social-mondial-naomi-klein-s-en-prend-aux-belles-paroles-de-justin-tru »
    « http://vmc.camp/2016/08/18/communique-a-mandres-un-feu-dartifices-dactions-joyeuses-et-partagees »
    «  http://huet.blog.lemonde.fr/files/2016/08/Carte-%C3%A9cart-temp%C3%A9rature-juillet-2016.png  »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Fessenheim#/media/File:2010_06_04_Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Fessenheim2_(cropped).jpg »


  • L’actualité de l’écologie en août, si vous étiez loin du poste
    https://reporterre.net/Info-Retour-sur-l-actualite-de-l-ete-Ce-que-vous-avez-rate-ou-pas-au-moi

    Canicule, rebondissements sur le Tafta et le dieselgate, lutte victorieuse à Bure, feux de forêt et crise laitière… Au mois d’août, l’actualité de l’écologie n’a pas pris de vacances. Vous avez décroché ? Reporterre vous propose une mise à jour. Nouveaux records de chaleur battus Quelle chaleur ! Du 23 au 28 août, la France a connu un épisode caniculaire. La température la plus élevée a été le 23 août à Belin-Beliet (Gironde) : 39,1 °C à l’ombre. Le 24 août, Paris a atteint 36,6 °C sous abri. Il n’a jamais (...)

    #Info

    « http://actualite.lachainemeteo.com/actualite-meteo/2016-08-28-21h09/canicule---bilan-de-l-episode-du-23-au-28-aout-30991.php »
    « http://www.ledauphine.com/france-monde/2016/08/16/juillet-2016-encore-un-record-de-chaleur-battu »
    « http://www.romandie.com/news/Pres-de-17000-pompiers-luttent-contre-des-brasiers-geants_ROM/729910.rom »
    « http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/08/29/crise-du-lait-des-actions-sont-prevues-devant-une-quinzaine-de-sites-de-lact »
    « http://www.marianne.net/cereales-face-aux-mauvaises-recoltes-vue-foll-lache-du-ble-100244687.html »
    « http://www.romandie.com/news/La-France-veut-larret-des-negociations-sur-le-TTIP-Fekl/732275.rom »
    « http://www.romandie.com/news/FranceFessenheim-l039Etat-et-EDF-ont-trouve-un-accord-sur/730986.rom »
    « http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/bure-enfouissement-de-dechets-nucleaires-4-points-pour-comprendre-les-enjeux-778 »
    « http://www.actu-environnement.com/ae/news/commission-dieselgate-etat-protege-renault-27374.php4 »
    « http://www.actu-environnement.com/ae/news/dieselgate-dementi-fraude-renault-27383.php4 »
    « http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2016/2016-737-dc/decision-n-2016-737-dc-du-4-aout-2016.147728.html »
    « https://www.franceinter.fr/politique/eelv-une-primaire-pour-reconcilier-ou-diviser-les-verts »
    « http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/08/15/forum-social-mondial-naomi-klein-s-en-prend-aux-belles-paroles-de-justin-tru »
    « http://vmc.camp/2016/08/18/communique-a-mandres-un-feu-dartifices-dactions-joyeuses-et-partagees »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Fessenheim#/media/File:2010_06_04_Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Fessenheim2_(cropped).jpg »


  • La nouvelle guerre de l’Internet

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/08/28/la-nouvelle-guerre-de-l-internet_4988974_3234.html

    L’année 2017 sera celle de la guerre des objets connectés. Non pas des objets en eux-mêmes, mais des réseaux qui les connecteront à Internet. Réfrigérateurs, compteurs de gaz, pacemakers (des stimulateurs cardiaques), mais aussi voitures, caméras de surveillance ou encore machines-outils : d’après le cabinet Gartner Group, les objets connectés seront plus de 20 milliards sur le globe en 2020 !

    http://s1.lemde.fr/image/2016/08/28/644x322/4988972_3_0677_d-apres-le-cabinet-gartner-group-les-obj_a0ed3d7901cb1d95361e49344c30c1dc.jpg

    Un eldorado pour les opérateurs de télécommunication qui cherchent désespérément un relais de croissance face au déclin du téléphone et à la présence envahissante des Apple, Google et Facebook. Ils veulent être les aiguilleurs de ce nouveau monde où les objets parleront en permanence, entre eux et avec nous. Mais voilà qu’une start-up tente de leur chiper le magot avec une solution ultra low cost. Et pour une fois, elle ne vient pas de la Silicon Valley, mais de Toulouse !

    La société Sigfox a mis au point une solution technique aboutie, issue de sept ans de recherche et déjà déployé son réseau dans vingt et un pays (France, Espagne, Australie…). Près de 8 millions d’objets sont déjà reliés à son réseau. Avec des prix défiant toute concurrence : quelques euros par an d’abonnement par objet. Rien à voir avec les dizaines d’euros que nous payons chaque mois pour nous brancher sur Internet avec notre mobile.

    La réplique des opérateurs

    Pris de court par l’offensive, les opérateurs téléphoniques du monde entier mettent les bouchées doubles pour couper l’herbe sous le pied de ce nouveau venu, avec deux technologies distinctes. La première, baptisée LoRa, est assez proche techniquement de la solution Sigfox. Elle aussi d’origine française, elle a été développée par la start-up grenobloise Cycleo, rachetée en 2013 par l’américain Semtech.

    D’ores et déjà, une cinquantaine d’opérateurs dans le monde mettent en œuvre LoRa. Pour l’instant, seuls les Pays-Bas et la Corée du Sud sont couverts par un réseau utilisant cette technologie. Dans les autres pays, et particulièrement en France, LoRa devrait être généralisée en 2017.

    Mais pour contrer Sigfox, l’industrie des télécoms dispose depuis peu d’une deuxième corde à son arc : Il s’agit de NB-IOT (Narrow Band – Internet of Things). Normalisé fin juin 2016 par la profession, cette technologie s’appuie notamment sur une évolution des traditionnels réseaux de téléphonie mobile, y compris le vieux GSM, conçu à l’origine pour transporter les voix et non pour converser avec des objets.

    Une évolution qui, selon Matt Beal, directeur de l’innovation de l’opérateur britannique Vodafone, « va écraser Sigfox et Lora ». Si beaucoup d’experts doutent que NB-IOT soit disponible avant deux ans, ses plus ardents partisans tels Vodafone ou l’équipementier télécom chinois Huawei soutiennent pourtant que son déploiement démarrera en Europe dès 2017.

    Par rapport à LoRa et NB-IOT, Sigfox a encore une bonne longueur d’avance. Mais la start-up toulousaine de 200 salariés va devoir accélérer la cadence pour atteindre son objectif initial d’étendre son réseau sur 90 % de la planète avant 2019. « On nous a longtemps pris pour des illuminés », raconte Ludovic Le Moan, PDG de Sigfox.

    Pourquoi inventer une nouvelle solution de connectivité alors qu’il existe déjà le Wi-Fi, le Bluetooth, et surtout, le réseau mobile GSM ? Dans une quasi-indifférence générale, la petite entreprise toulousaine s’est longtemps échinée à peaufiner sa solution de communication IOT (Internet of Things ou Internet des objets) avec la certitude que les nouveaux objets connectés seraient pour l’essentiel de simples capteurs.

    Que ce soit dans des projets de ville intelligente, d’agriculture connectée, d’industrie 4.0 ou de logistique, ces capteurs sont en effet chargés de transmettre des informations basiques comme une température, une adresse GPS ou une alerte de panne. Et à raison de quelques bits de données à envoyer par mois ou par an, inutile de s’embarrasser avec des abonnements GSM chers et taillés pour le haut débit !

    C’est ainsi que Sigfox a bâti le premier « réseau bas débit » configuré pour des communications peu énergivores. Un point crucial car beaucoup de capteurs, incorporés à des objets mobiles (container, voiture…) ou difficile d’accès (dans une cave, incrustés dans le bitume,…) sont dotés de batteries électriques autonomes devant durer plusieurs années.

    Une technologie économique

    Si Sigfox a réussi à s’engouffrer aussi vite sur le marché encombré des télécoms, c’est avant tout parce que sa technologie de réseau « bas débit » est économique, en particulier grâce à l’utilisation d’antennes de très longue portée (jusqu’à 40 km). Pour couvrir l’Hexagone, Sigfox a planté 1 500 antennes, soit dix fois moins que pour un réseau GSM classique. Sigfox affiche également un autre avantage : son réseau utilise des bandes de fréquences gratuites. Avec des infrastructures infiniment moins chères que celles déployées par les opérateurs de téléphonie cellulaire, Sigfox peut ainsi proposer ses abonnements annuels de quelques euros.

    Après avoir collecté plus de 127 millions d’euros auprès de différents investisseurs (Telefonica, Air Liquide, Samsung…), Sigfox affirme n’avoir aujourd’hui aucun problème de trésorerie. « Il nous reste encore beaucoup de cash à la banque », affirme Ludovic Le Moan. La priorité de Sigfox reste d’étendre son réseau à l’international pour atteindre une taille critique. Cet été, la start-up a rajouté Taïwan à son palmarès tandis que cent villes américaines sont en cours de raccordement au réseau Sigfox. « Pour certaines zones désertiques comme par exemple le Tibet, nous travaillons à une couverture satellitaire », ajoute-t-il.

    Dans le sillage de Sigfox, une douzaine de petits opérateurs de réseaux bas débit sont apparus à travers le monde. Mais jusqu’à présent, le principal rival de la start-up demeure LoRa. Libre d’utilisation, cette autre technologie de « réseau bas débit » est désormais promue par la LoRa Alliance, une association crée en mars 2015 qui réunit plus de 350 industriels travaillant à l’imposer comme standard international. Parmi ses membres, on y remarque des acteurs influents comme Cisco, IBM, HP, Sagemcom ou encore La Poste. « L’alliance fédère des industriels très divers, ce qui permettra de monter des solutions complètes d’internet des objets », explique Thierry Lestable, vice-président de l’alliance.

    En France, LoRa a été retenu par Orange et Bouygues Telecom. « Avec un rythme de 100 antennes par semaine, nous couvrirons la totalité du territoire français avant la fin de l’année », assure Stéphane Allaire, PDG d’Objenious, la filiale de Bouygues Telecom consacrée à l’Internet des objets.

    Chez Orange, l’objectif aussi est d’ouvrir un réseau LoRa début 2017. « Il y a un an, nous avons choisi LoRa pour ses caractéristiques, que nous avions testées, mais aussi à cause de son business model. LoRa est une technologie ouverte alors que Sigfox est un opérateur et que sa technologie est propriétaire », justifie Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, directrice de l’innovation chez Orange.

    Parmi les opérateurs français, Sigfox s’est néanmoins trouvé un allié de poids avec SFR qui, lui, a adopté sa solution. « La technologie est disponible et c’est la plus complémentaire à notre réseau cellulaire », justifie Guillaume de Lavallade, directeur exécutif Entreprises de SFR.

    Miser sur Sigfox, LoRa ou NB-IOT ? Si la question est un casse-tête pour les opérateurs, elle l’est aussi pour les entreprises. Et elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir se lancer dans l’Internet des objets. Selon le cabinet IDC, 89 % ont des projets dans ce sens. Jusqu’à présent, avant la normalisation cet été de NB-IOT, le débat portait sur les avantages et les inconvénients comparés de Sigfox et LoRa.

    Xavier Lafontan est PDG de la start-up Intensens qui fabrique des capteurs pour des entreprises comme la SNCF. « Sur le papier, LoRa est une solution plus flexible, avec plus d’options de sécurité. Elle permet également des échanges de données bidirectionnels plus volumineux », affirme-t-il. Cependant, selon lui, Sigfox est mieux adapté pour des déploiements à grande échelle grâce à sa simplicité de mise en œuvre. « A ce jour, Sigfox affiche enfin un autre avantage : il est disponible sur 100 % du territoire français. Quand les réseaux LoRa le seront à leur tour, il faudra vérifier que leurs promesses sont bien au rendez-vous », ajoute-t-il.

    Fort de son antériorité, Sigfox a déjà de nombreux clients. Comme par exemple Engie (ex-GDF Suez), qui a investi dans la start-up en février 2015. Après une phase pilote ce printemps, Cofély, filiale d’Engie, démarre la phase industrielle de son projet de connexion de 10 000 chaudières. « Grâce à cette technologie, nous avons pu connecter des chaudières même lorsqu’elles se trouvaient dans le sous-sol d’un immeuble », déclare Guillemette Picard, directrice d’investissement Engie New Ventures.

    L’engagement de l’industriel ne s’arrête pas là. En juin 2015, Engie a aussi créé une filiale en Belgique, Engie M2M, qui installe et opère le réseau de Sigfox outre-Quiévrain. Un type d’accord privilégié par la start-up, qui en dehors de la France et l’Espagne où elle exploite directement son réseau, s’appuie sur un opérateur ou un industriel local pour le déploiement et l’administration de ses infrastructures.

    Ludovic Lesieur, cofondateur de la start-up Capturs qui fabrique des balises pour les randonneurs et les sportifs, a, lui aussi, choisi Sigfox. « Nous avons retenu cette solution en 2014 car c’était à l’époque la seule à offrir une couverture dans la nature et en montagne », raconte-t-il. « De plus, Sigfox est opérationnel à l’international. » Pas négligeable lorsqu’il s’agit de suivre des alpinistes qui ne savent pas toujours qu’ils ont traversé une frontière ! Pour les promoteurs de LoRa, cet avantage de Sigfox ne devrait cependant pas durer. « C’est l’un des atouts de l’Alliance LoRa. Nous y côtoyons beaucoup d’opérateurs internationaux avec qui nous allons pouvoir signer des accords de roaming sans frais supplémentaires pour nos clients », assure Stéphane Allaire.

    Duel acharné

    Mais alors que le duel Sigfox-Lora promettait déjà d’être acharné, l’arrivée dans la mêlée de NB-IOT devrait encore plus complexifier cette guerre des réseaux. Car si beaucoup d’opérateurs historiques ont rallié dans un premier temps Sigfox ou LoRa, ils ne désespèrent pas de faire passer un jour la majeure partie des communications IOT sur leurs propres réseaux mobiles.

    La 5G a été conçue pour gérer aussi bien le très haut débit que les communications avec les objets connectés, mais elle ne sera pas opérationnelle avant 2020-2025. En attendant, NB-IOT constitue donc une occasion de rester dans la course et d’amortir ses propres réseaux GSM. C’est dans ce contexte que SK Telecom, le plus grand opérateur de Corée du Sud, a annoncé cet été le développement d’une offre NB-IOT. Une annonce surprenante pour cet actionnaire de Sigfox… qui vient aussi tout juste de terminer le déploiement d’un réseau LoRa sur l’ensemble du territoire sud-coréen ! SK Telecom n’est pas le seul à jouer sur plusieurs tableaux : en France, SFR, également partenaire de Sigfox, devrait lui aussi expérimenter le NB-IOT en collaboration avec Huawei dans les toutes prochaines semaines.

    Avec désormais trois technologies en lice dans cette guerre des réseaux bas débit, Sigfox est aujourd’hui condamné à se battre sur plusieurs fronts à la fois pour maintenir son avance. S’il réussit, son succès consolidera assurément l’expertise française en matière d’objets connectés. Et donnera une chance à la France dans le domaine du numérique. Dans le cas contraire, c’est toute une filière qui risque de s’étioler, faute de locomotive. Et les réseaux bas débit rejoindront la longue liste des innovations technologiques françaises qui n’ont pas réussi à s’imposer, à l’instar du Micral, premier micro-ordinateur de l’histoire, ou du Minitel.

    https://seenthis.net/messages/519482 via enuncombatdouteux



  • Nucléaire : un administrateur d’EDF claque la porte
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/07/28/nucleaire-un-administrateur-d-edf-claque-la-porte_4975882_3234.html

    Ancien délégué régional de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), fondateur du réseau de villes européennes en transition énergétique Energy Cities, Gérard Magnin était entré au conseil d’#EDF en novembre 2014, sur proposition de l’Etat actionnaire.

    Une deuxième spectaculaire démission
    Il s’agit de la deuxième démission spectaculaire liée à Hinkley Point, après celle du directeur financier Thomas Piquemal, parti en mars pour ne pas cautionner un engagement jugé beaucoup trop risqué. Le grand argentier d’EDF contestait « une décision susceptible, en cas de problème, d’amener EDF dans une situation proche de celle d’Areva », celle d’une grande entreprise publique menacée d’un dépôt de bilan, selon les explications fournies ensuite aux députés. (...)
    « Depuis les décisions imminentes relatives au projet très risqué d’Hinkley Point à la reprise d’AREVA NP qui fera d’EDF un fabricant de réacteurs, de la poursuite sans questionnement de la coûteuse stratégie de retraitement des déchets à l’affirmation que tous les réacteurs du palier 900 MW verraient leur durée de vie prolongée à 50 ans ou plus, tout semble aller dans le même sens, souligne le désormais ex-administrateur. Sans parler, par exemple, de la décision d’achever au début du XXIIe siècle seulement le démantèlement de réacteurs arrêtés depuis déjà trente années, sujet qui questionne notre éthique. »
    « Une stratégie que je ne partage pas »
    « Je n’ignore pas que cette stratégie, par-­delà quelques escarmouches, a les faveurs de l’Etat, au risque de brouiller les messages portés par une loi qu’il avait pourtant initiée et qui avait suscité beaucoup d’espoirs, poursuit M. Magnin dans son courrier. Etant administrateur proposé par l’Etat actionnaire, je ne souhaite pas cautionner plus longtemps une stratégie que je ne partage pas. »

    #nucléaire

    https://seenthis.net/messages/512517 via colporteur


  • Le Rwanda, laboratoire de la « révolution verte » en Afrique

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/07/12/le-rwanda-laboratoire-de-la-revolution-verte-en-afrique_4968225_3234.html

    La route qui mène au district de Gicumbi, à une heure et demie de Kigali, serpente entre les « milles collines » qui ont donné son surnom au Rwanda. Sous ce climat équatorial, rythmé par deux saisons des pluies, les cultures vivrières ont façonné le paysage. Manioc, maïs, haricot, pomme de terre… Sur ces terres montagneuses, menacées par l’érosion, les récoltes suffisent à peine à nourrir les familles.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/07/12/644x322/4968223_3_2a50_exploitation-agricole-a-gicumbi-district-de_6781175d1dcdfcc53b4b215960bf4bf0.jpg

    Selon une enquête menée en 2015 par World Food Programme, une agence des Nations unies, 40 % des enfants souffrent de malnutrition dans les régions rurales du Rwanda. Du point de vue économique aussi, ce déséquilibre se paie cher. Les céréales, comme le riz, le maïs ou le blé, sont au premier rang des importations de ce pays de 12 millions d’habitants. La facture s’élève chaque année à plusieurs centaines de millions de dollars.

    La situation au Rwanda est à l’image de celle du continent tout entier. L’Afrique dépense plus de 35 milliards de dollars (31,6 milliards d’euros) par an pour importer des denrées alimentaires et, si rien ne change, nourrir sa population lui coûtera de plus en plus cher. Le nombre d’habitants devrait doubler d’ici à 2050 pour atteindre 2,4 milliards.

    Face à ce défi, « rien n’est plus important que l’alimentation. Si l’Afrique monte en puissance à la faveur de nouvelles découvertes de gisements de pétrole et de gaz, personne ne se nourrit de pétrole et de gaz », insistait Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement, lors de la conférence « Nourrir l’Afrique » en octobre 2015. « Si on veut industrialiser l’Afrique et créer massivement des emplois, on doit se focaliser sur l’industrialisation du secteur agricole », a ajouté l’ancien ministre de l’agriculture du Nigeria, citant en exemple son pays – dont les importations alimentaires sont passées de 11 milliards de dollars en 2009 à 3,2 milliards en 2014 – l’Ethiopie ou encore le Sénégal.

    Experts et pelleteuses ont été dépêchés dans les campagnes, façonnant paysages et modes de vie.

    Arrivé au pouvoir depuis la fin du génocide en 1994 (en tant que vice-président jusqu’en 2000 puis président du pays), Paul Kagamé compte rejoindre ce club de « bons élèves » et faire de son pays l’étendard de la révolution verte en Afrique. Experts et pelleteuses ont été dépêchés dans les campagnes, façonnant paysages et modes de vie.

    La production de maïs a triplé

    Claudine Musabyimana est l’une des « success stories » de cette politique. A 38 ans, cette élégante Rwandaise drapée dans une robe orange chatoyante dirige l’une des plus grandes exploitations du district. Derrière cette mère de quatre enfants, s’étend un magnifique champ de maïs, dont la culture alterne avec celle de haricots :
    « Jusqu’en 2014, je cultivais sur cette parcelle différents légumes, mais cela suffisait à peine à couvrir la consommation de ma famille. Les rendements étaient faibles, car les graines et le fumier ruisselaient le long de la pente dès les premières pluies. »

    Depuis, le terrain a été aménagé en terrasses, des haies ont été plantées pour limiter l’érosion des sols, et des barrages ont été construits pour permettre l’irrigation des parcelles. Mme Musabyimana a aussi reçu la visite d’un technicien agricole envoyé par le gouvernement qui lui a fourni engrais, semences et conseils. Les résultats sont spectaculaires : en un an, la production de maïs a été multipliée par trois et celle de haricots par quatre.
    L’objectif : réduire la part de la production perdue et aider les agriculteurs à commercialiser leurs grains au meilleur prix.

    A quelques mètres, un entrepôt en brique a été construit pour stocker les récoltes. A l’intérieur, sur une immense bâche noire, les grains de maïs sèchent à l’abri des insectes. Le long des murs, une série de sacs de 50 kg estampillés « East Africa Exchange » abritent les haricots rouges prêts à être expédiés. Financé par des fonds publics, le bâtiment est partagé par les fermes du district, réunies en coopératives. L’objectif est de réduire la part de la production perdue en raison des mauvaises conditions de conservation et d’aider les agriculteurs à commercialiser leurs grains au meilleur prix.

    Pour Mme Musabyimana, le bénéfice est indiscutable : dès la première année, elle a empoché 1 400 000 francs (1 500 euros) grâce à la vente de ses haricots et de son maïs. Une petite fortune dans un pays où le PIB par habitant dépassait à peine 600 euros en 2014. « Grâce à cet argent, j’ai pu acheter de nouvelles terres et une vache. Cela a aussi amélioré ma vie quotidienne : j’ai installé l’eau et l’électricité dans ma maison, et même acheté un smartphone ! », se félicite cette agricultrice énergique, qui « tchate » désormais sur WhatsApp avec les autres agriculteurs du district, et suit en direct l’évolution du prix des céréales.

    « Avant, avec la pauvreté, c’était tout le temps la bagarre à la maison. Maintenant, c’est fini. »

    Elue à la tête de la coopérative, elle incite désormais d’autres fermiers à lui emboîter le pas.
    Autre « success story » du district de Gicumbi, le parcours de Joseph Bihoyiki est aussi le récit d’une modernisation menée manu militari. « Pris de peur » lorsque les techniciens du gouvernement sont venus dans son village présenter le projet, il s’y est d’abord opposé. « Je n’en comprenais pas l’intérêt et craignais de ne plus pouvoir nourrir ma famille, raconte cet homme âgé de 60 ans. J’ai dit non et je suis retourné à Kigali où je travaillais comme pompiste dans une station-service. » A son retour, la surprise est de taille : « Mes champs avaient été totalement terrassés ! », explique-t-il.

    « Les mentalités ne changent pas vite »

    Les techniciens du gouvernement l’incitent alors à échanger sa vache et son cochon contre des poules, dont la fiente est un engrais naturel très prisé. « Mes voisins craignaient le pire mais, quelques mois plus tard, ils sont revenus m’acheter mon compost pour 2,6 millions de francs. Je n’avais jamais vu une telle somme de ma vie ! », témoigne cet agriculteur qui arpente désormais en costume une exploitation prospère. L’argent gagné avec cette activité au cours des deux années passées lui a permis d’acheter une trentaine de cochons, 150 poulets et 3 vaches. Après avoir fait l’acquisition de nouvelles terres, il a aussi fait construire une jolie maison en brique, bordée de bananiers et de grevilleas, des arbustes utilisés pour lutter contre l’érosion. « J’ai grandi dans une maison en terre au toit de chaume », tient-il à souligner. « C’est la première fois que je fais confiance à l’agriculture pour nourrir mes enfants », ajoute ce père de sept garçons et une fille, qui a quitté l’an passé son job dans la capitale.

    « La plupart des agriculteurs redoutent encore la monoculture, les mentalités ne changent pas vite. »

    Le fait est que tous ne sont pas aussi chanceux que lui ou Mme Musabyimana. Une enquête conduite dans huit villages de l’ouest du Rwanda et publiée au début de l’année dans la revue World Development a révélé que cette « révolution verte » n’avait pas eu l’impact escompté sur les fermiers les plus pauvres.

    « De nombreuses familles ont dû vendre leurs terres au cours de la décennie pour acheter de quoi manger, et 12 % d’entre elles n’ont maintenant plus de terre du tout », souligne Neil Dawson, professeur à l’université d’East Anglia (Royaume-Uni) et auteur de l’étude. Contraints d’abandonner la polyculture pour l’une des monocultures choisies par le gouvernement (blé, riz, maïs, pomme de terre, banane, manioc ou thé), certains fermiers se retrouvés dans une situation compliquée, après des récoltes décevantes. Ainsi, rappelle Neil Dawson :
    « Dans ce cas, la loi prévoit que le gouvernement peut réallouer les terres à d’autres fermiers, souvent sans compensation. Les analyses macroéconomiques occultent ces impacts négatifs en partant du principe que la croissance créera de nouveaux emplois. Mais il est illusoire de penser que des millions de paysans pourront ainsi quitter leurs terres et se reconvertir du jour au lendemain. »

    https://seenthis.net/messages/508783 via enuncombatdouteux


  • A Madrid, les femmes de ménage disent « basta » à la #précarité
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/07/09/a-madrid-les-femmes-de-menage-disent-basta-a-la-precarite_4966821_3234.html
    http://s1.lemde.fr/image/2016/07/09/644x322/4966816_3_09ce_a-madrid-en-2011_4f65077260ecb7300218a6f4ec79282b.jpg
    Plus prosaïquement, une société du #tourisme est fondée sur les #inégalités fortes et l’exploitation de la main d’œuvre…

    « Notre travail a toujours été dur, précaire et mal payé, mais depuis la crise et la réforme du travail, je n’avais jamais vu, en vingt et un ans de profession, un tel niveau d’#exploitation, affirme Isabel Rodriguez, fondatrice du groupe des Kellys de Barcelone. Les nouvelles femmes de chambre ont perdu tous les droits que nous avions conquis au fil des années : congés payés, libération de certains week-ends, plannings en avance… Aujourd’hui, elles sont souvent à la libre disposition des chefs d’établissement. »

    https://seenthis.net/messages/507992 via Agnès Maillard


  • Le low-cost, rêve du transport aérien, cauchemar de la planète
    https://reporterre.net/Le-low-cost-reve-du-transport-aerien-cauchemar-de-la-planete

    Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, où se tient ce week-end un rassemblement festif d’opposants, repose sur l’espoir que le trafic aérien croîtra sans limites. Mais rien n’est moins sûr. Entre dégâts écologiques et subventions cachées, le low-cost pourrait avoir son avenir derrière lui. Si la science économique a pu démontrer une chose, c’est sa totale incapacité à prévoir l’avenir. Et pourtant. «  Malgré la crise économique actuelle, le transport aérien devrait augmenter d’environ 5 % par an (...)

    Enquête

    / Climat , #Transports

    #Enquête_ #Climat_
    « http://ec.europa.eu/transport/modes/air/index_en.htm »
    « http://www.lefigaro.fr/societes/2014/02/18/20005-20140218ARTFIG00349-le-trafic-des-compagnies-low-cost-assure-la-crois »
    « http://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/nette-croissance-du-trafic-chez-ryanair-et-easyjet-en-2015_17514 »
    « http://www.lesechos.fr/05/04/2013/LesEchos/21411-037-ECH_pourquoi-le-transport-aerien-a-de-beaux-jours-devant-lui.htm »
    « http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/03/18/le-low-cost-gagne-les-vols-long-courriers_4885632_3234.html »
    « http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/low-cost-sur-le-long-courrier-la-nouvelle-donne-du-transport-aerien-478728 »
    « http://www.terraeco.net/Combien-couterait-votre-billet-d,60249.html »
    « http://www.monde-diplomatique.fr/2008/10/KENGEN/16408 »
    « http://www.usinenouvelle.com/article/analyse-pourquoi-la-cour-des-comptes-epingle-les-aeroports-regionaux. »
    « http://www.liberation.fr/terre/2015/02/06/vienne-bratislava-enfumage-de-haut-vol_1197286 »
    « https://www.acipa-ndl.fr/pourquoi-dire-non/fiches-thematiques/item/29-fiche-n-05-compagnies-low-cost-bas-couts »
    « http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Air_transport_statistics »
    « http://ec.europa.eu/clima/policies/transport/aviation/index_en.htm »
    « https://www.ccomptes.fr/content/download/1088/10562/version/8/file/RPT-Aeroports.pdf »
    « https://www.ccomptes.fr/content/download/79188/1980904/version/1/file/219-RPA2015-aeroports-Dole-Dijon.pdf »
    «  http://www.nantes.aeroport.fr/sites/nantes.aeroport.fr/files/lecolier.jpg  »
    «  http://www.nantes.aeroport.fr/sites/nantes.aeroport.fr/files/ouestecole.jpg  »


  • Soupçons sur la sûreté de 18 réacteurs nucléaires français

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/06/23/soupcons-sur-la-surete-de-18-reacteurs-nucleaires-francais_4956816_3234.html

    La série noire continue pour EDF. Et chaque nouvel épisode renforce les inquiétudes. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé, dans une note publiée jeudi 23 juin en début d’après-midi, que « certains générateurs de vapeur de réacteurs d’EDF pourraient présenter une anomalie similaire à celle de la cuve de l’EPR de Flamanville ». Concrètement, ont été décelées des zones de concentration importantes en carbone, « pouvant conduire à des propriétés mécaniques plus faibles qu’attendues ». Pas moins de dix-huit réacteurs sont concernés, sur les cinquante-huit du parc électronucléaire français. A la différence de l’EPR normand encore en chantier, ceux-ci sont en activité.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/06/23/644x322/4956815_3_ad91_epr-de-flamanville-le-30-mars_8aa528d4a9c369d8d7f15a83518a5b61.jpg

    EDF assure que « les analyses menées depuis septembre 2015 montrent qu’il existe des marges importantes [dans la résistance de l’acier] qui garantissent le fonctionnement des réacteurs en exploitation en toute sûreté ». Selon elle, les anomalies ne nécessitent donc l’arrêt d’aucune tranche nucléaire.

    Mais l’ASN juge que « les premiers éléments de justification apportés, sur la base desquels EDF a maintenu les équipements concernés en service, doivent être confortés ». Elle a donc demandé à EDF de conduire « des investigations complémentaires ». « A ce stade, il existe une suspicion [sur la fiabilité des fonds des générateurs de vapeur], indique Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN. Elle ne justifie pas pour l’instant l’arrêt de réacteurs. Toutefois, en fonction des résultats des contrôles à venir, nous pourrons être amenés à réviser cette position. »

    http://seenthis.net/messages/502936 via enuncombatdouteux


  • La taxe sur les #transactions_financières, cet #impôt que l’#Europe n’ose pas enterrer
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/06/17/la-taxe-sur-les-transactions-financieres-cet-impot-que-l-europe-n-ose-pas-en
    http://s1.lemde.fr/image/2016/06/17/644x322/4952251_3_e7ea_la-bourse-de-frankfurt-le-9-juin_d05150a2dcaabbd2dc5cb8b793bad399.jpg

    « La quoi ? La TTF ? Vous êtes sûrs que c’est encore un sujet ? Elle n’était pas morte l’année dernière ? » « Non, tu exagères, elle bouge encore… Même si c’est un peu un zombie. » Voici un exemple, parmi d’autres, des échanges que la taxe sur les transactions financières (TTF) – la #taxe_Tobin version européenne – suscite désormais à Bruxelles. L’ennui, l’indifférence et quelques plaisanteries.

    Toujours dans les limbes, après cinq ans d’atermoiements, cet impôt sur les établissements financiers, qui est censé réfréner la #spéculation et contribuer à de nobles causes – la lutte contre le réchauffement climatique ou la recherche sur le sida –, ne passionne plus grand monde. Ni les fonctionnaires européens, ni les politiques, ni les médias, sursollicités par des crises – « Brexit », migration –, forcément plus urgentes.

    Et, à chaque « réunion TTF » des ministres des finances (ils ne sont plus que dix concernés désormais, le Français, l’Autrichien, le Belge, le Slovène, le Portugais, l’Allemand, l’Italien, l’Espagnol, le Grec et le Slovaque), la même question se pose : ça y est, on l’enterre ? Le rendez-vous du jeudi 16 juin, à Luxembourg, en marge d’une rencontre des grands argentiers de la zone euro, n’a pas fait exception.

    Le travail continue

    Mais une fois de plus, comme en décembre 2015, comme en mars 2016, les ministres ont réussi à sortir de la salle en assurant que le travail continuait. « Nous avons pris acte qu’un accord est possible », a déclaré le Français Michel Sapin. « Nous avons une position commune sur 99 % du compromis »,...

    #parti_socialiste #fiscalité



  • Foxconn mise sur les robots plutôt que sur les ouvrier

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/05/27/foxconn-mise-sur-les-robots-plutot-que-sur-les-ouvrier_4927577_3234.html

    De gros bras mécaniques à la place des « petites mains » de Foxconn. L’entreprise taïwanaise, qui fabrique notamment les produits d’Apple ou de Samsung, a fait passer son effectif de 110 000 à 50 000 employés dans une de ses usines chinoises. En lieu et place, elle a « embauché » des robots pour assembler iPhone et autres smartphones Galaxy. D’après le gouvernement de la ville de Kunshan, à l’ouest de Shanghaï, 600 entreprises sont engagées dans le même processus de robotisation. « Foxconn a réduit son effectif de 110 000 à 50 000 employés, grâce à l’introduction de robots. Et ils sont parvenus à réduire leurs coûts de production », a expliqué le chef du département de la communication de Kunshan, cité, jeudi 26 mai, par le quotidien hongkongais South China Morning Post.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/05/27/644x322/4927575_3_9bf6_ligne-d-assemblage-hewlett-packard-dans-une-u_feb268af114ec04ac3dc1a2219dd20e0.jpg

    Contacté par la BBC, Foxconn explique sa démarche. « Nous utilisons l’ingénierie robotique et d’autres innovations technologiques et industrielles pour remplacer les tâches répétitives que les employés accomplissaient par le passé. » Une manière de répondre aux critiques qui ont souvent été adressées à Foxconn, pour les conditions de travail très difficiles dans ses usines et un fort taux de suicide parmi ses employés.

    La Chine veut monter en gamme

    L’entreprise, qui emploie 1,2 million de personnes en Chine, ne confirme pourtant pas le nombre de 60 000 suppressions de postes et se veut rassurante. « Nous espérons maintenir notre importante main-d’œuvre en Chine, a affirmé Foxconn à la BBC. Nous formons aussi nos employés pour qu’ils se focalisent sur des éléments à plus haute valeur ajoutée du processus industriel, la recherche et développement, le contrôle process et le contrôle qualité. »

    Le salaire moyen a triplé en Chine ces dix dernières années, rendant le pays moins compétitif. Les industries à faible valeur ajoutée comme le textile ont déjà largement déménagé vers des pays moins avancés d’Asie du Sud-Est ou d’Afrique. Les secteurs plus techniques ont, eux, misé sur la robotisation. Un processus dans lequel la Chine a beaucoup de retard. Le pays compte aujourd’hui 36 robots pour 10 000 ouvriers du secteur manufacturier, contre 292 en Allemagne, 314 au Japon et 478 en Corée du Sud.

    Les entreprises de Kunshan semblent donc bien décidées à s’y mettre : 35 entreprises taïwanaises installées dans la zone industrielle ont dépensé plus de 4 milliards de yuans (500 millions d’euros) dans l’intelligence artificielle, d’après la municipalité. Au total, la Chine achète plus de robots industriels chaque année depuis 2013 que les grands pays industriels comme l’Allemagne ou le Japon. D’ici à la fin de l’année, la Chine sera le pays comptant le plus de robots au monde, d’après Ia Fédération internationale de la robotique.

    Ce bouleversement intervient alors que la Chine cherche à monter en gamme. Les dirigeants chinois ont promis d’éviter à la Chine le piège des « pays à revenus intermédiaire », ces pays industrialisés qui peinent à prendre le tournant technologique pour monter dans la chaîne de valeur. La robotisation est au centre de ce plan. Le président chinois, Xi Jinping, a appelé en 2014 à une « révolution des robots », qui transformerait d’abord la Chine, puis le monde. « Notre pays sera le premier marché pour les robots », avait-il déclaré dans une allocution devant l’Académie chinoise des sciences.

    C’est ce qui explique l’empressement des autorités locales de Kunshan à annoncer les progrès technologiques de Foxconn dans leur ville, même si c’est au prix de 60 000 emplois supprimés. Selon une étude menée dans treize pays en début d’année par l’institut de recherche ADP, 80 % des ouvriers chinois considèrent que leur emploi est menacé par la robotisation, contre 46 % en France et 39 % en Allemagne. En première ligne, les travailleurs migrants sont ceux dont les entreprises se passent le plus facilement. A Kunshan, sur 2,5 millions d’habitants, deux tiers sont des migrants venus d’autres provinces.

    La pilule risque d’être dure à avaler, alors que l’économie chinoise ralentit. Le pays a connu sa croissance la plus faible depuis vingt-cinq ans, à 6,9 % en 2015, et plusieurs secteurs sont en crise. A moyen terme, pourtant, la robotisation pourrait venir compenser la baisse de la main-d’œuvre chinoise. Du fait de la politique de l’enfant unique, en vigueur pendant trente-cinq ans jusqu’à fin 2015, la population en âge de travailler a commencé à baisser après 2010. Une tendance qui devrait s’accélérer et poser des problèmes de main-d’œuvre après 2020.

    http://seenthis.net/messages/493866 via enuncombatdouteux


  • Tafta : ce que révèlent les documents confidentiels sur la négociation transatlantique

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/05/01/tafta-ce-que-revelent-les-documents-confidentiels-sur-la-negociation-transat

    C’est une première depuis le lancement en 2013 des négociations du « Tafta », le traité commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Le Monde a pu consulter une série de documents de négociation confidentiels très récents, et totalement inédits, obtenus par Greenpeace Netherlands, l’antenne néerlandaise de l’ONG environnementale. Ils abordent quasiment tous les aspects de cette très vaste négociation, de l’abaissement des tarifs douaniers aux mesures sanitaires, en passant par la coopération réglementaire, censée rapprocher les normes des deux rives de l’Atlantique pour faciliter les échanges commerciaux.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/05/01/644x322/4911736_3_12ad_une-manifestation-anti-ttip-a-hanovre_95a2671c6d671406e484d5f83697057f.jpg

    Ces documents permettent d’éclairer un texte qui suscite la méfiance tant par son contenu que par l’opacité des discussions à huis clos qui président à son élaboration. Représentant les deux tiers de l’ensemble des textes discutés, la fuite couvre 13 chapitres. Il s’agit, pour l’essentiel, de ce qui a servi de base au dernier cycle de négociation du TTIP (le nom officiel du futur traité), le treizième, entre l’administration Obama et la Commission européenne, qui s’est tenu du 25 au 29 avril, à New York.

    Des documents inaccessibles même aux parlementaires

    Ces documents seront rendus publics par Greenpeace dans leur intégralité lundi 2 mai à 11 heures. Leur intérêt principal est qu’y figurent non seulement la position de négociation des Européens mais aussi celle des Américains, qui jusqu’à présent, était restée totalement confidentielle. Les eurodéputés, qui ont bataillé pour être mieux informés de la teneur des discussions, n’ont par exemple pas accès à des documents aussi complets.

    A fortiori le grand public même si la Commission de Bruxelles, sous la pression des ONG et des mouvements citoyens anti-Tafta, a accepté, ces derniers mois, de jouer davantage la transparence, en publiant notamment le mandat de la négociation (http://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-11103-2013-DCL- 1/en/pdf) (son périmètre), certaines de ses positions (http://ec.europa.eu/trade/policy/in-focus/ttip/documents-and-events/#eu- position) et en « débriefant » les médias avant ou après chaque « round » de négociation.

    Les Américains campés sur leurs positions

    Cette série de documents confirme à quel point la discussion est déséquilibrée et peu avancée. Les Européens, plus impliqués et plus intéressés à la négociation, ont produit davantage de propositions. Ils veulent notamment obtenir un accès plus grand aux marchés publics américains, la reconnaissance de leurs indications géographiques et appellations d’origine (comme le parmesan ou le chablis), et une harmonisation la plus poussée possible des standards industriels (automobile, cosmétique...).

    Les Américains restent de leur côté campés sur leurs positions, bien peu enthousiastes. Malgré l’insistance européenne, ils se refusaient toujours, après douze cycles de négociation, à ouvrir les discussions sur la coopération réglementaire dans les services financiers, ou à dissiper les interrogations des Européens sur la portée réelle de l’ouverture des marchés publics (que les Etats fédérés pourraient contourner). Ils font également des concessions européennes sur la question du transfert des données numériques (rendue très sensible par les scandales de surveillance de la NSA) une condition sine qua non à des avancées significatives sur le secteur des télécommunications, et restent réticents à lever leurs restrictions d’exportation sur le gaz naturel.

    L’horizon d’un accord fin 2016 s’éloigne

    Les documents consultés par Le Monde confirment que les négociateurs américains utilisent désormais la conclusion du traité transpacifique (TPP), en février 2016, pour peser dans les échanges. L’administration Obama avait clairement signifié à la Commission, en 2015, que sa priorité était de conclure ce accord de libre échange avec onze partenaires d’Amérique latine, d’Asie et d’Océanie, et qu’elle ne s’investirait pleinement dans le Tafta qu’une fois qu’il aurait été conclu.

    Pour forcer la main des Européens, elle exige aujourd’hui sur plusieurs dossiers que le Tafta ne soit pas « moins ambitieux que le TTP ».
    Les Européens avaient encore espoir, fin 2015, qu’un accord politique pourrait être trouvé fin 2016. Un voeu pieux que l’on retrouve bien dans un briefing tactique de la Commission de Bruxelles, qui promet d’accélérer les discussions, avec pour en ligne de mire des « progrès substantiels » d’ici l’été 2016. Mais le document rappelle que le respect des intérêts européens et américains et la « haute ambition » de l’accord « prévaut sur la rapidité ».

    Peu d’avancées sur les tribunaux d’arbitrage

    L’horizon d’un compromis politique avant la fin du mandat d’Obama se révèle d’autant plus incertain que les discussions sur l’un des volets les plus controversés du Tafta (http://transatlantique.blog.lemonde.fr/2015/04/18/mythes-et-realites-sur-les-tribunaux-darbitrage-prives-) en restent à leurs balbutiements. La reprise en février des négociations (longtemps gelées) sur les tribunaux d’arbitrage (dits « ISDS ») chargés de trancher les litiges entre les entreprises et les Etats n’a donné lieu qu’à une présentation formelle aux Américains de la nouvelle doctrine européenne, le « système de cour d’investissement » (ICS) (http://transatlantique.blog.lemonde.fr/2015/09/16/bruxelles-presente-sa-version-relookee-des- tribunaux-darbitrage-du-tafta/) , doté d’un meilleur encadrement pour prévenir les dérives portant atteintes à l’intérêt général.

    Si les négociateurs se félicitent d’une « atmosphère ouverte et constructive », les échanges se sont cantonnés aux aspects mineurs de la proposition européenne, sans s’attaquer à la grande réforme institutionnelle, qui vise à instaurer une cour dotée de juges permanents et d’un mécanisme d’appel. Impossible donc de savoir si les Américains consentiront à ce compromis, sans lequel le Tafta pourrait bien ne jamais voir le jour, faute de soutien politique.

    Vers une reconnaissance mutuelle des normes

    Cette fuite rappele aussi – notamment en ce qui concerne la partie réglementaire – que les réglementations des deux côtés de l’Atlantique sont très divergentes. Et montre que, pour surmonter cette difficulté, les parties envisagent de pratiquer la reconnaissance mutuelle des réglementations (l’UE reconnaît la norme américaine comme équivalente à la sienne, et donc acceptable), plutôt que l’harmonisation (l’UE et les Etats-Unis modifient leurs normes respectives pour les faire converger).

    « Les promoteurs du Tafta nous disent que son principal intérêt est davantage d’ordre géopolitique qu’économique. Mais ces documents montrent que cet argument ne tient pas. L’UE et les Etats-Unis vont vers une reconnaissance mutuelle de leurs standards, ouvrant la voie à une course vers le bas des multinationales en matière d’environnement et de santé publique. Le Tafta cherche donc bien à consacrer une approche de “si c’est assez bon pour nous, c’est donc assez bon pour eux” », souligne Jorgo Riss, chef du bureau de Greenpeace UE à Bruxelles.

    Une menace pour le principe de précaution

    Les Américains n’entendent pas faire de compromis. C’est particulièrement frappant en ce qui concernent la coopération réglementaire, un des aspects les plus novateurs et les plus importants du Tafta. Les promoteurs de l’accord insistent en effet pour dire que la majorité des avantages de l’accord proviendraient de la réduction des différences réglementaires qui, comme les droits de douane, se révèlent souvent de vraies barrières au commerce.

    Washington insiste sur la nécessité de procéder à des études d’impact en amont de toute réglementation (« regulatory impact assessment »), qui devraient obéir à des règles très strictes et qui ressemblent à autant d’obstacles à franchir avant de pouvoir réglementer. Ces études d’impact devraient prendre en compte « le besoin d’une régulation » et inclure notamment « l’examen des alternatives réglementaires ou non réglementaires raisonnablement envisageables (y compris l’option de ne pas réguler) ».

    « Cette manière de réglementer avec des études d’impact systématiques aurait pour effet probable de retarder ou de prévenir des régulations auxquelles s’opposent les intérêts économiques, souligne M. Riss, de Greenpeace. A Bruxelles, la Commission procède déjà par études d’impact, mais c’est beaucoup moins systématique, et la capitale de l’Europe est bien moins contrôlée par les lobbys que Washington. »

    En l’état, le Tafta serait surtout susceptible de porter un coup au principe de précaution (http://eur- lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/ ?uri=URISERV%3Al32042) , qui permet aujourd’hui à l’Europe de refuser certains produits et pratiques au nom de la santé ou de l’environnement. Il inverserait la charge de la preuve, en contraignant les autorités à justifier chacune de leurs décisions par des preuves tangibles de leur dangerosité – pas toujours consensuelles, comme l’illustre le débat sur les OGM. Malgré les assurances récentes de la commissaire au commerce Cecilia Malmström (http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2016/january/tradoc_154173.pdf) , les Européens ne font référence à aucun moment à ce principe central dans les documents de négociation du Tafta fuités.

    La Commission se défend d’un « accord au rabais »

    Attention toutefois, ces textes sont une photographie, datant d’il y a à peu près un mois, de l’état des négociations entre Europe et Etats-Unis. Depuis, les discussions ont progressé, lors du 13e round. A en croire les négociateurs, qui se sont exprimés lors d’une conférence de presse commune, vendredi 29 avril, des avancées ont eu lieu dans le domaine des procédures douanières, qui devraient faciliter la vie des PME. Ils ont aussi fait des progrès sur la reconnaissance réglementaire dans le domaine des appareils médicaux, des cosmétiques et de la pharmacie.
    Par ailleurs, il s’agit de positions de négociation : chacun campe sur ses positions, et il est évidemment impossible de préjuger du résultat final, de là où les parties choisiront d’« atterrir » dans les mois et les années qui viennent.

    La Commission européenne, consciente des réticences fortes d’une partie des opinions publiques, toujours très mobilisées, a promis qu’elle ne négocierait pas un accord au « rabais ». Dans un état des lieux du Tafta (http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2016/april/tradoc_154477.pdf) , rendu public mercredi 27 avril, en plein milieu du 13e round de négociations à New York, elle insiste ainsi : « Le principe qui nous guide est que le résultat de la coopération réglementaire ne doit pas conduire à un abaissement des standards de protection qui devraient rester les mêmes ou être améliorer ».

    Quels documents va publier Greenpeace ?
    L’ONG s’est procuré 15 documents liés à la négociation, totalisant 248 pages, qui seront intégralement publiés lundi 2 mai à 11 heures sur son site-web.
    1 document tactique européen
    Etat des lieux de l’équipe de négociation européenne datant de mars 2016
    13 documents de négociation en cours de consolidation (qui reflètent l’état des discussions Europe/Etats-Unis à l’issue du douzième cycle de négociation) :
    Traitement national et accès au marché pour les biens Agriculture
    Services
    Télécommunications
    Commande publique
    Coopération règlementaire
    Barrières techniques au commerce
    Mesures sanitaires et phytosanitaires
    Droits de douane et facilitation du commerce Concurrence
    PME

    Entreprises publiques
    Résolution des différends entre Etats
    1 documents de négociation américain :
    Annexe expliquant la proposition américaine de chapitre anti-corruption liée à la commande publique
    Il reste a priori 5 documents de négociation consolidés qui n’ont pas fuité :
    E-commerce
    Services financiers Cohérence règlementaire Règles d’origine
    Recours commerciaux

    http://seenthis.net/messages/484995 via enuncombatdouteux