/2016

  • Alerte aux certificats falsifiés dans le nucléaire

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/04/20/alerte-aux-certificats-falsifies-dans-le-nucleaire_4905333_3234.html

    L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française est inquiète. Un mouton noir a été repéré dans la filière. Un fabricant de pièces métalliques qui, dans une soixantaine de cas au moins, a fourni à ses clients comme Areva des produits présentant des malfaçons, accompagnés de certificats falsifiés. L’ASN a demandé à toutes les entreprises du secteur de vérifier les pièces qu’elles utilisent en provenance de cette PME, pour pouvoir stopper les équipements en cas de besoin, a-t-elle annoncé lundi 18 avril.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/04/20/644x322/4905332_3_f850_des-ouvriers-travaillent-sur-le-chantier-du_437768d11a9d0a45e30772015f751e67.jpg

    En France, l’histoire débute en octobre 2015. Un industriel du nucléaire tique en consultant le certificat assurant que la pièce qu’il vient de recevoir est conforme à la commande et aux normes. Le fabricant, SBS, une PME de Boën (Loire), a beau travailler pour le nucléaire depuis la construction des premiers réacteurs, ce client a un soupçon. Il prend donc contact directement avec Bureau Veritas, la société qui a émis le certificat. Le pot aux roses est découvert. Selon le document original de Veritas, la pièce forgée n’était pas conforme. Un tour de passe-passe, et elle l’est devenue dans l’exemplaire remis à l’acheteur.

    http://seenthis.net/messages/481668 via enuncombatdouteux


  • Financièrement en crise, EDF veut lancer des réacteurs EPR en Angleterre
    http://reporterre.net/Financierement-en-crise-EDF-veut-lancer-des-reacteurs-EPR-en-Angleterre

    François Hollande doit présider mercredi matin 20 avril une réunion de travail sur EDF. Au cœur des discussions, le controversé projet de deux réacteurs pressurisés, les EPR, à Hinkley Point, en Angleterre. Un projet coûteux et vivement critiqué en France comme en Angleterre. François Hollande et ses ministres réunis mercredi 20 avril sur la politique #Nucléaire donneront-ils le feu vert au projet d’EDF de construire deux réacteurs EPR en Angleterre ? C’est probable. Et la compagnie électrique française y (...)

    #Info

    / Nucléaire

    « http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/03/23/edf-tente-de-rassurer-les-deputes-britanniques-sur-l-avenir-de-la-centrale-d »
    « http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/edf-construira-une-nouvelle-gamme-d-epr-en-france-557369.html »
    « http://www.geograph.org.uk/photo/3874 »


  • EPR : la série noire continue pour Areva et EDF

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/04/14/epr-la-serie-noire-continue-pour-areva-et-edf_4902051_3234.html

    L’EPR de Flamanville (Manche) fonctionnera-t-il un jour ? L’incertitude s’accroît autour de cette première centrale nucléaire de nouvelle génération que construisent EDF et Areva en Normandie, le plus grand investissement mené actuellement en France, tous secteurs confondus. Les malfaçons repérées sur la cuve du réacteur sont en effet plus graves qu’attendu, ont annoncé les deux groupes, mercredi 13 avril. Une mauvaise nouvelle de plus pour ce chantier qui accumule les déboires depuis son lancement en 2007.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/04/14/644x322/4902049_3_aa4e_sur-le-chantier-de-l-epr-de-flamanville-le-30_9e92e6768e3298f7a4b6736bcdca95fa.jpg

    EDF assure que ce problème ne remet pas en cause le calendrier annoncé. Le démarrage de la centrale reste prévu au quatrième trimestre 2018. Certains craignent cependant qu’EDF ne soit obligé de renoncer à cet énorme projet, alors qu’il est déjà réalisé à plus de 80 %. D’autres le souhaitent : « Il serait irresponsable de mettre en service un équipement qui présente de telles faiblesses, estime le réseau Sortir du nucléaire. Tout plaide pour abandonner ce réacteur dangereux et inutile. » Au-delà de Flamanville, l’affaire risque de faire vaciller toute la stratégie nucléaire d’EDF, son développement en Grande-Bretagne et le sauvetage d’Areva.

    En Bourse, où l’action EDF est sortie du CAC 40 depuis décembre, le titre reculait de 1 % jeudi en début de matinée.

    « Extension du phénomène »

    En cause, la cuve du futur EPR (European Pressurized Reactor) et son couvercle. Des équipements clés, puisque c’est dans cet immense chaudron que se produit la fission des atomes qui permet de produire de l’électricité.(...)

    Au total, le nombre d’éprouvettes qui seront analysées va doubler. Les dirigeants de la filière croisent les doigts pour que ces nouveaux tests démontrent que la cuve peut être conservée en dépit des
    anomalies.

    Si tel n’est pas le cas, la centrale risque de ne jamais être mise en service. Il est en effet possible de remplacer le couvercle, mais ardu de tenter la même opération avec la cuve, qui est déjà posée et soudée à d’autres équipements majeurs. Retirer la cuve actuelle et en fabriquer une nouvelle feraient exploser tant les délais que le coût du réacteur, qui a déjà triplé et dépasse à présent 10,5 milliards d’euros.
    Dans l’immédiat, la batterie d’analyses supplémentaires va décaler d’environ six mois la décision de l’ASN sur la conformité de la cuve. Areva ne lui remettra les résultats des tests que fin 2016, au lieu de juillet comme prévu.

    Répercussions

    Le chantier de Flamanville avait été lancé pour donner du travail aux équipes d’Areva et fournir une vitrine française à l’EPR, ce réacteur présenté comme le nec plus ultra de la technologie. « Le monde entier regarde ce qui est en train de se passer à Flamanville », soulignait le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, en mai 2015. Aujourd’hui, les difficultés rencontrées dans cette ruche où s’affairent plus de 4 600 personnes risquent donc d’avoir des répercussions bien au-delà de la Normandie.

    En France, l’affaire ne peut que fragiliser davantage encore Areva, le fabricant des équipements défectueux, qui a perdu 6,9 milliards d’euros en deux ans. Le plan de sauvetage de l’ex-groupe star du nucléaire prévoit la reprise par EDF de la moitié de ses activités, celles qui concernent la conception et la fabrication des réacteurs. Mais une clause des accords permet à EDF de remettre en cause cette opération si la cuve de Flamanville n’est pas conforme aux normes. Tout le montage prévu pour sortir Areva de l’ornière devrait alors être revu.
    EDF se retrouve aussi sur la sellette. A Flamanville, la compagnie électrique espérait faire la preuve de sa capacité à piloter un chantier complexe, et s’en sortir mieux qu’Areva en Finlande, où se construit un autre EPR. L’expérience est loin d’être concluante, avec une facture qui a toutes les chances de s’alourdir.

    Les malheurs de la « vitrine » française compliquent aussi le projet Hinkley Point, en Grande- Bretagne. EDF doit décider dans les prochaines semaines d’y bâtir ou non deux EPR, un investissement estimé à 18 milliards de livres (environ 23 milliards d’euros).

    L’Etat actionnaire pousse EDF à se lancer, une question de « crédibilité » et de « cohérence » pour toute la filière, selon le ministre de l’économie, Emmanuel Macron. Le PDG, M. Lévy, est sur la même ligne. Les syndicats, eux, estiment le projet beaucoup trop risqué. Telle semble aussi la position de l’ex-directeur financier, Thomas Piquemal, qui a démissionné début mars. Le cas Flamanville apporte évidemment de l’eau au moulin des opposants.

    L’affaire est aussi suivie de près en Chine. A Taishan, non loin de Hongkong, les deux réacteurs EPR en fin de construction sont équipés du même type de cuve que Flamanville, donc susceptibles de connaître les mêmes anomalies. Les autorités chinoises souhaitent que les doutes français soient levés avant de mettre en service leurs propres réacteurs.

    http://seenthis.net/messages/479948 via enuncombatdouteux


  • Big data : les banques craignent le casse du siècle

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/03/17/big-data-les-banques-craignent-le-casse-du-siecle_4884295_3234.html

    Imaginez une start-up spécialisée dans l’agrégation de comptes, comme il en pullule aujourd’hui. Vous lui avez communiqué vos coordonnées bancaires pour pouvoir consulter l’état de vos finances depuis votre mobile. Et, patatras, des hackers attaquent la plate-forme, récupèrent toutes vos informations et vident vos comptes. La faute à qui ? Pas aux banques, clament ces dernières qui ne veulent pas régler la facture.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/03/17/644x322/4884323_3_51ab_2016-03-17-e2be81e-13093-6h9z6j_c9473abbb4ce4f6c36e7662806f1f9e7.jpg

    Ce message, les établissements bancaires l’ont fait passer lors du Salon professionnel de la monétique et des moyens de paiement, les mercredi 16 et jeudi 17 mars à Paris. « Les cybercriminels s’attaqueront au maillon le plus faible, mais une fois qu’ils auront trouvé une faille, le problème sera systémique », alerte Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF). « Les clients veulent une plus grande intégration des services financiers à leur mobilité quotidienne mais ne perçoivent pas la hausse des risques liés à de telles évolutions. Que se passe-t-il si je fais tomber mon smartphone alors que je suis en train de faire une transaction ? », interroge Didier Descombes, associé chez KPMG.

    Les banques sont « naturellement » le réceptacle de toutes nos informations personnelles : identité, âge, salaires,...
    Le temps des lingots est révolu. Les banques, qui investissent des millions d’euros en cybersécurité, sont désormais des « coffres-forts de données » dont elles entendent bien garder la clé face à l’offensive des nouveaux entrants.

    Ces dernières sont « naturellement » le réceptacle de toutes nos informations personnelles : pour ouvrir un compte ou obtenir un crédit, chacun d’entre nous doit prouver son identité, donner son âge, celui de ses enfants, ses antécédents médicaux, ses relevés de salaire, son avis d’imposition, jusqu’à son poids dans certains cas... Les banques ont besoin de ces informations pour calculer le profil de risque de chacun.

    D’autres informations, encore plus courues, figurent dans les ordinateurs de nos banquiers : il s’agit des données récupérées lors des transactions (paiements en carte bleue, virements, prélèvements, chèques). Elles disent où nous allons, quand et comment nous dépensons notre argent. Autant d’éléments qui permettent de deviner ce que nous sommes susceptibles d’acheter demain.

    « Le recours aux services bancaires et financiers donne lieu à la production et à l’utilisation d’une masse de données qui révèlent très précisément les habitudes de vie mais aussi la situation personnelle de chacun », écrivait la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) dans son rapport annuel 2014.
    « Les seules choses qui nous manquent sont le contenu du caddie et les déplacements à la minute », admet Frédéric Jacob-Peron, directeur commercial et marketing France de la Société générale.

    Une affaire morale

    Longtemps, cette mine d’or de données est restée à l’abri des convoitises, enfouie dans les systèmes d’information des banques. La brèche a été ouverte par la deuxième directive européenne sur les services de paiements (DSP2), adoptée en octobre 2015. Elle permet à des tiers non bancaires d’accéder aux comptes des clients, d’opérer des transactions, et donc de récupérer les données associées. Une porte qu’entendent bien franchir les acteurs de la nouvelle économie numérique, qu’il s’agisse des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), des géants des télécoms ou des start-up de la Fintech. Leur modèle repose sur l’acquisition et l’exploitation de données personnelles. Plus on en sait sur un utilisateur, plus on a de chances de lui vendre un produit qui lui correspond.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la loi n’interdit pas d’utiliser les données bancaires. Du moment que le client en est informé et donne son accord, tout est possible. Par ailleurs, on peut se passer de l’accord du client et vendre les données à un tiers, si elles sont agrégées et anonymisées de manière irréversible.
    « Une donnée anonymisée n’est, par définition, plus corrélée à une personne. Ce n’est donc plus une donnée à caractère personnel, et elle n’est alors pas encadrée par la loi informatique et libertés », explique Stéphane Grégoire, chef du service des affaires économiques de la CNIL.

    Aujourd’hui, en Europe, la plupart des banques utilisent les données de leurs clients – sans les revendre – dans le but de leur vendre des produits maison. Vous avez consulté une offre d’assurance sur le site Internet de votre banque ? Un conseiller vous rappelle. « Il s’agit d’identifier les sous-groupes de clients sur lesquels une action marketing sera efficace, par exemple les individus dont le contrat a moins d’un an et qui n’ont pas été contactés depuis plus de trois mois », précise Guillaume Bourdon, cofondateur de Quinten, cabinet spécialisé dans le big data.

    « Les clients voient bien que les mails commerciaux qu’ils reçoivent correspondent à leurs attentes, et heureusement », ajoute Frédéric Jacob-Peron, à la Société générale. « La hausse de vos dépenses chez le garagiste, la marque de votre voiture et votre capacité d’épargne permettent d’avoir une idée du moment où vous pouvez avoir envie de changer de voiture et de vous proposer un crédit auto pertinent », renchérit Marguerite Bérard-Andrieu, directrice générale adjointe de BPCE. Ce groupe, associé à la chaire ParisTech, développe également, pour prévenir le surendettement, des modèles prédictifs qui détectent la fragilité financière dix-huit mois à l’avance, en prenant en compte plus de 15 variables.

    Les banques font de la préservation des données de leurs clients une affaire morale. Pas question donc de les vendre à des prestataires extérieurs. « Quand vous préparez votre retraite, l’avenir de vos enfants, c’est normal que cela reste dans l’intimité de la relation de confiance que vous avez nouée avec votre banque, et de vous-même », insiste Mme Barbat-Layani, à la FBF.

    Ce sont les mêmes problématiques que pour les données de santé. « Si vous allez voir un psy chaque semaine, vous ne serez pas content de recevoir une offre de thalasso qui vous dise “en ce moment vous n’allez pas bien” », souligne un banquier qui ajoute plus prosaïquement et ironiquement : « On ne permettra pas à Darty de vous vendre des tringles à rideaux. »

    L’Europe n’est pas prête

    Sans aller jusqu’à dévoiler les données aux commerçants, la banque peut néanmoins démarcher à leur place, en tant qu’intermédiaire. Bank of America propose à ses clients anglo-saxons d’analyser leurs transactions pour leur faire bénéficier d’offres commerciales
    adaptées : par exemple, un bon de réduction pour retourner dans ce restaurant où vous avez dîné le mois dernier.

    Le marché européen ne semble pas (encore) prêt. La Banque hollandaise ING l’a appris à ses dépens (/economie/article/2014/03/11/la-banque-ing-prete-a-tout-devoiler-de-ses-clients_4381105_3234.html) . Voulant partager les données de ses clients avec des entreprises extérieures, notamment des supermarchés, elle a été accusée, par des consommateurs et des députés, de menacer la vie privée.

    « Si le client se braque, l’établissement risque de perdre sa confiance. On n’est pas à l’abri d’un data gate, si la banque va trop loin, joue à l’apprenti sorcier et que ça se sait », prévient Jean-Philippe Poisson, associé chez Elia Consulting.
    Pas sûr que les revenus tirés de la monétisation des données, largement inférieurs à ceux que la banque réalise dans son cœur de métier, valent ce risque.

    Malgré tout, les banques planchent sur le sujet, ne serait-ce que pour être prêtes à répondre à la concurrence. « Si on devait un jour se lancer dans l’exploitation des données de carte bancaire, on ne peut pas mettre ça en petits caractères, déclare M. Jacob-Peron, de la Société générale. Si le client nous en donne l’autorisation, on le fera, dans le respect de ses intérêts et de la réglementation. » Il faudra composer avec le nouveau règlement européen sur les données personnelles, qui met l’accent sur l’information et le consentement des citoyens.
    Usant de la possibilité d’anonymiser les données, des sociétés financières monétisent déjà les informations récoltées auprès de leur clientèle.

    « Nous pouvons dire à une enseigne de la grande distribution : 18 % de nos porteurs de carte qui sortent de chez vous vont ensuite à la boulangerie en face : pourquoi ne mettez-vous pas une boulangerie dans votre magasin ? », témoigne Grégoire de Lestapis, directeur général de la banque espagnole BBVA en France.
    Et d’ajouter : « Je suis surpris que les trois grandes banques françaises, aussi puissantes, aient une stratégie digitale aussi peu développée avec ce retard accumulé dans leur transformation culturelle ».

    Même offre de services chez MasterCard, qui analyse 6 millions de transactions anonymes par heure. « Les consommateurs attendent des commerçants qu’ils anticipent leurs besoins, ils en ont assez de recevoir des offres qui ne leur correspondent pas », affirme Arnaud Grauzam, directeur MasterCard Advisors Europe de l’Ouest.
    « La banque vit dans un monde propriétaire, critique Hugues Le Bret, fondateur du Compte-Nickel, alors que la philosophie du peuple, c’est le partage d’informations. »

    Au risque de voir sa vie exposée dans tous les fichiers clients du monde... « Certaines générations n’ont pas encore conscience des traces qu’elles laissent, regrette Mme Bérard-Andrieu, de BPCE. Vous avez par exemple des Fintechs qui cherchent à développer des modèles de risques sur les petites entreprises, en regardant à quelle heure du jour ou de la nuit l’entrepreneur est connecté – sous-entendu, a-t-il une vie équilibrée ? – ou qui il a dans son réseau Facebook. » Enthousiasmant ou glaçant.

    http://seenthis.net/messages/471027 via enuncombatdouteux


  • Banquiers centraux, tous coupables ?

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/03/09/banquiers-centraux-tous-coupables_4878966_3234.html

    Elle bénéficie d’une couverture médiatique à faire pâlir de jalousie n’importe quelle star hollywoodienne. Pas une semaine ne s’écoule sans que ses faits et gestes soient analysés par une palanquée d’experts. Jeudi 10 mars, une fois encore, la Banque centrale européenne (BCE) sera au centre de l’attention de la planète finance. A l’issue de la réunion de ses gouverneurs, son président, Mario Draghi, devrait annoncer de nouvelles mesures pour tenter d’enrayer l’inflation faible qui mine l’économie européenne.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/03/09/644x322/4878965_3_e2b6_le-gouverneur-de-la-boj-haruhiko-kuroda-le_9b3fa49a4ac25461342cae88183a2d44.jpg

    Au programme ? Un élargissement probable des rachats de dettes publiques, aujourd’hui de 60 milliards d’euros par mois, prévoient les économistes. Ou encore une nouvelle baisse du taux de dépôt, aujourd’hui de – 0,3 %. « La BCE dispose de nombreuses options. Le problème, c’est que l’efficacité de certaines d’entre elles n’est pas garantie », résume Bruno Colmant, économiste à l’Université catholique de Louvain.

    Longtemps, les banquiers centraux ont été les héros de l’économie mondiale. Mario Draghi ? Le sauveur de l’euro. Ben Bernanke, le prédécesseur de Janet Yellen à la tête de la Réserve fédérale (Fed) ? Le génie qui a épargné une terrible dépression aux Etats-Unis. Mais depuis quelques semaines, le vent a tourné. Les experts doutent de leurs pouvoirs. Certains les accusent d’être des pousse-au-crime responsables des turbulences qui ont secoué les marchés en début d’année. Voire de faire le lit de la prochaine crise. A juste titre ? Les instituts monétaires ont-ils vraiment perdu la raison ?

    ( ...) Longtemps, les banquiers centraux ont été les héros de l’économie mondiale. Mario Draghi ? Le sauveur de l’euro. Ben Bernanke, le prédécesseur de Janet Yellen à la tête de la Réserve fédérale (Fed) ? Le génie qui a épargné une terrible dépression aux Etats-Unis. Mais depuis quelques semaines, le vent a tourné. Les experts doutent de leurs pouvoirs. Certains les accusent d’être des pousse-au-crime responsables des turbulences qui ont secoué les marchés en début d’année. Voire de faire le lit de la prochaine crise. A juste titre ? Les instituts monétaires ont-ils vraiment perdu la raison ? Alors que la croissance mondiale vacille de nouveau, ils sont devenus les boucs émissaires commodes d’un monde affolé. Explications.

    A quoi servent les banques centrales ?

    On parle tellement d’elles qu’on finit presque par l’oublier. En théorie, la principale mission des banques centrales est simple, même si elle varie un peu selon les pays : outre l’impression des billets, contribuer au bien-être économique des ménages en assurant la stabilité des prix, du change et de l’activité. Et ce, en complément des politiques budgétaires et structurelles menées par les Etats.

    Pour y parvenir, elles disposent de plusieurs outils de politique monétaire, dont le principal est la fixation du « prix » de l’argent, par les taux directeurs. Lorsque les banquiers centraux baissent ces derniers, les taux pratiqués par les établissements bancaires – lorsqu’ils se prêtent entre eux, puis lorsqu’ils prêtent aux ménages et aux entreprises – baissent à leur tour. Le crédit devient moins cher, ce qui favorise la consommation, l’investissement et la croissance. A l’inverse, une hausse des taux freine l’endettement et le risque de surchauffe des prix et de l’économie.
    Seulement, voilà : pendant la crise des subprimes, aux Etats-Unis, les banquiers centraux ont élargi leurs prérogatives et inventé de nouveaux instruments, toujours plus audacieux. Mais aux effets incertains...

    Pourquoi leur a-t-on confié l’économie mondiale en 2008 ?

    Les instituts monétaires ont appris leurs leçons. « Lorsque la crise de 2008 a frappé, ils se sont rappelés qu’après le krach boursier de 1929, les erreurs de politique monétaire ont plongé les Etats- Unis et l’Europe dans une dépression violente », rappelle Laurent Clavel, économiste chez AXA IM. Grand spécialiste de cette période, Ben Bernanke, à la tête de la Fed entre 2006 et 2014, a été le premier à agir pour éviter le scénario noir de 1929, suivi par la BCE, la Banque d’Angleterre (BoE) et la Banque du Japon (BoJ).

    Tout en baissant au maximum leurs taux directeurs, les banquiers centraux ont multiplié les mesures pour fournir aux banques les liquidités dont elles avaient besoin pour continuer de fonctionner.
    « Grâce à cela, ils ont évité la paralysie totale du système bancaire, qui aurait asphyxié l’économie réelle », rappelle Patrick Artus, chez Natixis, coauteur de La Folie des banques centrales (Fayard, 168 pages, 15 euros).

    Dans la foulée, ils ont innové pour relancer l’activité et les prix – car l’inflation faible est synonyme de croissance faible. Dès 2008, la Fed s’est ainsi mise à racheter des titres de dettes publiques (c’est le quantitative easing, ou QE), en créant massivement de la monnaie, dans l’espoir que ces liquidités contribuent au redémarrage du crédit. La BoE, la BoJ puis, en 2014, la BCE, l’ont imitée.

    Et les gouvernements, pendant ce temps-là ? « Après avoir fait de la relance, ils ont lâché l’affaire et ont laissé les banques centrales toutes seules aux manettes », assène Charles Wyplosz, économiste au Graduate Institute de Genève. « Désormais, ils attendent tout d’elles, comme si s’occuper de la croissance n’était plus de leur ressort », ajoute sa consœur Urszula Szczerbowicz, du Centre d’études prospectives et d’informations internationales.
    Certes augmenter la dépense publique pour relancer l’économie est aujourd’hui délicat, tant la dette des Etats est élevée : 245 % du produit intérieur brut (PIB) au Japon, 105 % aux Etats-Unis, 91,6 %, en moyenne, en zone euro. Mais les banques centrales ne peuvent pas, à elles seules, faire des miracles. Leur principal crime est d’avoir trop longtemps laissé croire le contraire pour rassurer les marchés, devenus accros à leurs liquidités...

    Pourquoi échouent-elles à relancer inflation et croissance ?

    Parce que le QE, la monnaie créée par les banques centrales, est passé de 6 % du PIB mondial à la fin des années 1990, à 30 % aujourd’hui. Mais ces liquidités ne sont pas parvenues jusqu’à l’économie réelle. Faiblesse de la demande, spéculation, frilosité... Elles ne parviennent pas à sortir du système financier.
    Pour tenter de les débloquer, la BCE et la BoJ ont donc passé leur taux de dépôt en territoire négatif – ce qui revient à taxer les banques pour les liquidités qu’elles laissent dormir à court terme dans les coffres des instituts monétaires. De quoi, en théorie, les inciter à plutôt prêter ces sommes aux entreprises.

    Las, malgré ces mesures massives, l’inflation reste atone en zone euro (− 0,2 % en février) et dans la plupart des pays industrialisés, où la croissance est décevante. La raison ? Les outils monétaires sont inefficaces contre certains des maux qui minent l’économie mondiale, comme la course aux bas prix entre les pays, l’anémie de la demande, l’affaiblissement de la productivité ou le vieillissement de la population. « Essayer de relancer le crédit alors que ménages, entreprises et Etats sont en phase de désendettement dans la plupart des pays est inefficace », ajoute Isabelle Job-Bazille, chez Crédit agricole SA.

    En somme, les politiques monétaires permettent surtout de gagner du temps. Elles ont administré un puissant antidouleur à l’économie en attendant que le véritable remède soit disponible. Celui qui permettra de relancer vraiment la croissance – et ce, par la hausse de la productivité et l’innovation.

    Se sont-elles lancées dans la guerre des monnaies ?

    Parmi les ruses testées par les banques centrales ces derniers mois, il y a la manipulation plus ou moins officieuse de leur devise. En se lançant dans le QE, début 2015, la BCE ne cherchait pas seulement à relancer le crédit. En augmentant la quantité d’euros en circulation, elle cherchait aussi à faire baisser le cours de la monnaie unique. De quoi donner un petit coup de pouce aux exportateurs européens. Mais aussi, faire grimper le prix des produits importés, et relancer un peu l’inflation. Ce qui a fonctionné un temps : entre mi-2014 et mi-2015, l’euro a perdu près de 10 % face aux autres devises.

    De même, l’un des objectifs du taux de dépôt négatif est d’encourager les capitaux à se placer dans un autre Etat, où les taux sont plus attractifs. Ce mouvement de départ est de nature à faire baisser la monnaie (les investisseurs en revendent pour aller ailleurs). Voilà pourquoi, la BCE, la BoJ, mais aussi la Banque nationale de Suisse, la Banque du Danemark ou la Banque de Suède s’y sont converties. « C’est une forme de guerre des monnaies », résume M. Artus.

    Car, voilà : dans le système actuel des taux de change flottants, une devise ne peut descendre que si une autre s’apprécie... « Or, aujourd’hui, personne ne veut d’une monnaie forte », explique Anton Brender, économiste en chef chez Candriam. Y compris les Etats-Unis qui, en 2015, ont laissé le dollar monter sans trop protester, car leur économie allait mieux. Mais leurs entreprises commencent à en souffrir.
    Ce qui pourrait convaincre la Fed – qui a entamé une lente remontée de ses taux directeurs en décembre 2015 – de marquer une pause lors de sa réunion des 15 et 16 mars. Autant dire que la guerre des monnaies ne fait que commencer. D’autant que la Chine a, elle aussi, entamé une politique de lente dépréciation du yuan.

    Préparent-elles la prochaine crise ?

    On l’a vu, les remèdes monétaires ne peuvent pas tout. Pour palier l’anémie de la demande – et, donc, celle de la productivité, de l’innovation et de l’investissement –, c’est aussi aux Etats d’agir, jugent les économistes. Ceux qui disposent de marges de manœuvre budgétaires, comme l’Allemagne, pourraient investir dans les infrastructures.

    La Banque européenne d’investissement (BEI) pourrait également profiter des taux zéro pour lever de l’argent et investir dans des grands projets européens (transition énergétique, par exemple), qui permettraient de gonfler la croissance future. « La BCE pourrait, d’ailleurs, aider, en rachetant des obligations de la BEI », suggère Jézabel Couppey-Soubeyran, économiste à Paris-I-Panthéon- Sorbonne.

    Problème : si aucun de ces projets ne voit le jour, les armes monétaires comme le QE pourraient finir par se muer en terrible poison. De fait, les liquidités massivement injectées depuis 2008 augmentent la volatilité des marchés financiers – on l’a vu en début d’année. Chaque fois qu’elles se déplacent d’une Bourse à l’autre à la recherche de meilleurs rendements, ces liquidités déclenchent des mini-krachs. Ces mouvements destructeurs sont aggravés par le fait que, en partie à cause des nouvelles réglementations financières, les banques ne jouent plus le rôle stabilisateur qu’elles tenaient autrefois sur certains marchés, par exemple de devises, où elles détenaient d’importants stocks d’actifs.

    Surtout, les mesures des banques centrales risquent, à terme, de favoriser la formation de bulles. Les taux bas poussent en effet les investisseurs vers les actifs les plus rentables, comme l’immobilier, les actions de la nouvelle économie ou encore, des obligations d’entreprises. Mais certains en achètent plus que de raison.

    En outre, ce phénomène a tendance à renforcer les inégalités – surtout aux Etats-Unis –, en favorisant les ménages dont le patrimoine est investi en Bourse ou dans l’immobilier. Et il soulève une angoissante question : l’explosion de ces bulles menace-t-elle la croissance mondiale, comme celle des subprimes en 2008 ? Pas forcément. Mais une chose est sûre : si cela se produisait, les banques centrales se retrouveraient cette fois sans munitions...

    http://seenthis.net/messages/468220 via enuncombatdouteux



  • L’opération séduction du patron de Google en France troublée par ses démêlés fiscaux
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/25/la-visite-agitee-du-patron-de-google-en-france_4871276_3234.html

    Pour sa première visite en Europe, Sundar Pichai a choisi la France. À Sciences Po, devant une salle pleine à craquer, et sous les applaudissements d’étudiants enthousiastes, le patron de Google a mené une offensive de charme, mercredi 24 février. Dans sa besace, une série d’annonces destinées à séduire les jeunes, l’écosystème et les autorités françaises. Le directeur général de Google a annoncé la formation en 2016 en France de 200 000 personnes aux pratiques numériques. Seront concernés à la fois des (...) #Google #optimisation_fiscale

    http://seenthis.net/messages/464526 via etraces


  • Apple, citoyen à la carte
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/18/apple-citoyen-a-la-carte_4867622_3234.html

    Apple est-elle une bonne citoyenne américaine ? La firme à la pomme est en tout cas au cœur des débats de société qui agitent les Etats-Unis. Le dernier en date concerne le cryptage des données sur les téléphones mobiles. Dans le cadre de l’enquête sur l’attaque terroriste de San Bernardino (Californie), survenue le 2 décembre 2015, une juge américaine vient de remettre le sujet sur le tapis en enjoignant, mardi 16 février, à Apple d’« aider à permettre des recherches sur un téléphone cellulaire en (...) #smartphone #Apple #écoutes #cryptage #optimisation_fiscale

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  • Les ex-traders de la City au banc des accusés

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/13/les-ex-traders-de-la-city-au-banc-des-accuses_4864801_3234.html

    Au commencement était la crise financière de 2007 à 2009. Dans un premier temps, il a fallu parer au plus pressé et sauver le système bancaire d’un effondrement généralisé. Puis l’heure réglementaire est arrivée : les banques ont dû renforcer leurs fonds propres et leurs liquidités, tandis que les régulateurs haussaient le ton et multipliaient les amendes d’un montant toujours plus lourd. Depuis quelques mois, une troisième période s’est ouverte : celle de la justice.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/02/13/644x322/4864800_3_14ba_tom-hayes-ex-courtier-d-ubs-et-citigroup-a_131fc5da7e0c0949710acd49428ad39f.jpg

    A Londres, le petit tribunal de Southwark, près de la City, voit défiler depuis quelques mois les procès d’anciens traders. Dans ce bâtiment en briques marron, avec sa moquette usée et l’acoustique désastreuse de ses salles d’audience, le monde de la haute finance entre en collision avec la vie de tous les jours. Des jurés qui n’ont jamais mis les pieds dans une salle de marché doivent trancher, dans des dossiers très techniques : les traders étaient-ils coupables ? En filigrane, c’est toute la crise financière qui est disséquée.

    La grande affaire du moment concerne le Libor. En août 2015, Tom Hayes, un ancien courtier d’UBS et de Citigroup, a été condamné pour avoir manipulé ce taux d’intérêt, qui sert de référence dans les prêts interbancaires, une activité qui traite pour 350 000 milliards de dollars (310 000 milliards d’euros) de produits financiers à travers le monde. La sentence fut lourde : quatorze années de prison, ramenées à onze ans en appel. Le 27 janvier 2016, six de ses supposés complices, qui travaillaient pour des maisons de courtage, ont en revanche été blanchis. Non coupables,ont
    tranché les jurés.

    Le régulateur montre les dents

    Lundi 15 février, devait s’ouvrir le troisième procès du Libor, où six traders de Barclays étaient appelés à comparaître. Mais il a été reporté à avril, après que la banque a soumis des centaines de milliers de pages de documentation supplémentaire.
    Parallèlement, les procédures préliminaires ont commencé dans l’affaire de l’Euribor, un taux similaire au Libor mais déterminé à Bruxelles plutôt qu’à Londres. Onze traders sont sur le banc des accusés, dont trois Français. Le plus gros procès pour délit d’initié jamais jugé est aussi en cours : depuis un mois, cinq hommes comparaissent, dont un ancien directeur de Deutsche Bank. Enfin, la justice doit bientôt trancher sur l’extradition vers les Etats-Unis d’un jeune trader, qui travaillait seul depuis le pavillon de banlieue londonienne de ses parents, et qui est accusé par les autorités américaines d’avoir causé le « flash crash », cette soudaine et inexpliquée chute de la Bourse de New York survenue le 6 mai 2010 – en l’espace de dix minutes, le Dow Jones avait perdu 900 points avant d’en regagner 600. Le rapport entre tous ces procès ?

    Le régulateur a décidé de montrer les dents. A Londres, après la crise, la Financial Services Authority (FSA) a été accusée à juste titre de n’avoir rien vu venir. Elle a été supprimée et remplacée par la Financial Conduct Authority (FCA), beaucoup plus agressive. Son action sur les délits d’initiés le prouve. Jusqu’en 2008, jamais la FSA n’avait lancé de poursuites judiciaires pour ce délit. Depuis, vingt-sept condamnations ont été obtenues. S’il s’agissait initialement de petites escroqueries, les affaires ont pris de l’importance, jusqu’à l’actuel procès en cours, qui concerne d’anciens gros poissons de la City.

    Un coup à jouer sur le Libor

    Le Bureau britannique des fraudes (Serious Fraud Office, SFO) a aussi durci son jeu. Quand il en a pris la direction en 2012, David Green a estimé qu’il avait un coup à jouer sur le Libor. Son prédécesseur estimait que ce scandale de manipulation d’un taux ne relevait pas d’une procédure criminelle mais du régulateur. Lui en a décidé autrement, voulant prouver que le SFO pouvait mener à bien des dossiers complexes et spectaculaires. « Nous devons nous attaquer aux cas qui mettent à mal la réputation de la City et en particulier à ceux qui ont un fort élément d’intérêt public », confiait-il en 2013.
    Les procédures judiciaires étant lentes, les procès ne déferlent que maintenant. La condamnation de Tom Hayes dans le scandale du Libor représente jusqu’à présent le principal « scalp » obtenu par les autorités. « Le message est clair : le SFO est capable de punir sévèrement le crime financier à la City », relève Leila Gaafar, avocate au cabinet WilmerHale.

    Avec cependant un malaise : traîne-t-on les bons coupables face à la justice ? « Il existe de bonnes raisons de poursuivre ces gens, qui semblent avoir franchi une ligne rouge. Mais sont-ils responsables de la crise financière ? Absolument pas », dit Peter Hahn, professeur à la Cass Business School, et ancien conseiller de la Banque d’Angleterre sur les risques bancaires. Le Libor est un taux important, parce qu’il sert de référence à des produits aussi divers que les prêts immobiliers ou des produits dérivés. Mais il n’a rien à voir avec les prêts subprimes américains. Aucune banque n’a jamais fait faillite à cause de sa manipulation.

    Selon M. Hahn, l’absence de gros poissons dans ces procès est aussi frappante. « La plus grande omission est le manque de dirigeants seniors », précise-t-il. Comme souvent, seuls les traders, excessivement bien payés mais sans responsabilité hiérarchique, sont inquiétés.

    Stupeur
    M. Hayes n’avait que 26 ans quand il a été recruté par UBS à Tokyo. « Ce jeune diplômé [il avait alors cinq ans d’expérience] rejoint un segment de la banque qui n’est d’habitude pas très profitable et il se met à gagner des centaines de millions pour UBS. Il reçoit de gros bonus. Et personne ne s’est demandé comment il faisait ? », s’agace M. Hahn.

    Son procès a depuis démontré qu’il avait mis en place un système d’entente avec d’autres traders de banques rivales et de maisons de courtage pour manipuler le Libor au niveau qu’il souhaitait.
    « Soit les dirigeants d’UBS n’ont pas posé de questions, et il faut se demander s’ils méritent d’être banquiers, continue M. Hahn. Soit ils ont posé des questions, et il faut se demander pourquoi ils n’ont pas averti les autorités. »

    Reste que la condamnation à onze ans de prison ferme de M. Hayes est bien réelle. La sentence a provoqué la stupeur parmi les dizaines de traders en attente de jugement dans le même dossier et dans l’Euribor. En marge d’un des procès, l’un d’entre eux témoignait au Monde, sous réserve d’anonymat : « Cette condamnation a été un énorme coup de bambou. J’ai toujours cru que la justice saurait faire la part des choses. Mais je m’aperçois que, face à un jury, on passe juste pour des salauds qui ont gagné des millions. »

    « On fait de nous des boucs émissaires », a déclaré Noel Cryan, l’un des courtiers blanchis dans l’affaire du Libor, à la sortie de son procès. Lui comme ses anciens confrères ont le sentiment de payer pour l’ensemble de la crise financière. Henry Blaxland, leur avocat, exhortait d’ailleurs le jury pendant le procès : « N’utilisez pas cette
    opportunité pour exprimer votre désapprobation du système bancaire en général. » Pour lui, il s’agissait d’un « procès-spectacle. » Les jurés l’ont entendu et ont jugé ses clients non coupables.

    Loupe déformante

    Parler de bouc émissaire pour tous les traders du Libor serait aller un peu loin : personne ne les a obligés à s’entendre entre eux. A l’époque, certains engrangeaient des bonus qui se comptaient en dizaines de millions d’euros. Pas vraiment le pauvre orphelin sans défense...
    Néanmoins, selon les traders, l’accusation de manipulation des marchés, qui remonte pour l’essentiel à avant la crise, revient à revoir l’histoire avec une loupe déformante. A l’époque, les acteurs du marché se parlaient entre eux couramment. Tout le monde le faisait et personne ne s’en cachait. Sur leurs ordinateurs, entre les courbes des marchés et les dernières statistiques économiques, se trouvaient des forums de discussions électroniques où ils passaient leur temps à échanger. « C’était la fabrique même du marché, confie un ex-trader, qui est poursuivi. Jamais je n’ai pensé que je faisais quelque chose d’illégal. »

    Cela ne rend pas forcément la pratique licite. Mais alors, l’ensemble des traders du Libor devraient être condamnés et leur hiérarchie avec eux. D’autant qu’au plus fort de la crise, la manipulation est remontée au plus haut niveau, y compris dans les banques centrales.
    C’était à l’automne 2008, juste après la faillite de Lehman Brothers. Le niveau du Libor était utilisé pour évaluer la santé financière de chaque banque. Si un établissement soumettait un taux haut, cela indiquait que les autres refusaient de lui prêter de l’argent. Pour éviter la panique, les taux ont donc été artificiellement baissés, avec l’approbation – au moins tacite – des dirigeants. Même la Banque d’Angleterre s’en est mêlée. Le 29 octobre 2008, Paul Tucker, alors son vice-gouverneur, a téléphoné à Bob Diamond, le directeur général de Barclays. Juste après, le niveau de Libor de la banque a baissé. Pour l’Euribor, les autorités de la Banque de France auraient ordonné aux établissements tricolores de faire de même. Mais ni M. Tucker, ni M. Diamond, ni les dirigeants de la Banque de France ne font face à la justice.

    http://seenthis.net/messages/460656 via enuncombatdouteux


  • Philippe Askenazy : «  On assiste à la constitution de nouveaux monopoles  »
    Ce livre a l’air hyper intéressant
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/11/philippe-askenazy-on-assiste-a-la-constitution-de-nouveaux-monopoles_4863700

    L’histoire politique de ces quarante dernières années montre que certaines catégories professionnelles ont accru leur capacité à capter la rente économique au travers d’instruments ­juridiques et institutionnels plus qu’économiques. C’est ce que j’appelle l’extension du ­domaine de la propriété. Le surgissement de l’économie de la connaissance, basée sur le ­développement des technologies de l’information, était une véritable menace pour le capitalisme traditionnel, parce que sa matière première – la connaissance, la science, l’information – est constituée de «  biens communs  », dont la rente pouvait être distribuée à tous. Le capitalisme s’est sauvé lui-même en étendant les droits de propriété sur le capital immatériel. Par exemple  : les molécules médicamenteuses échappaient au brevetage en France jusqu’à la fin des années 1960. Ce n’est qu’en 1996 qu’une directive européenne a établi la propriété des bases de données. A la même époque, on a aussi breveté le génome.

    De plus, le propre de l’économie de la connaissance est de concentrer les ressources d’intelligence et la création de valeur sur des territoires restreints, comme la Silicon Valley, ou des «  villes-mondes  », comme New York, Londres ou Paris. La ressource rare n’est alors plus l’argent, le savoir ou les ordinateurs mais… le foncier. L’accumulation des revenus provient d’une part de la rente du savoir, d’autre part de la rente foncière, la plus vieille du monde  !
    [...]
    les conditions d’une reprise des mouvements collectifs sont réunies  : tous les travailleurs étant concentrés dans des espaces circonscrits, les «  créateurs de richesse  » deviennent très dépendants de tous ces emplois de service prétendus «  peu qualifiés  ». Ce n’est pas un hasard si deux de ces mouvements sont apparus en des points emblématiques des deux rentes que j’évoquais  : la rente foncière, avec les grèves à répétition des femmes de chambre du «  triangle d’or  » des grands hôtels parisiens, de 2013 à 2015, et la rente du savoir, avec la grève des chauffeurs des bus de Google dans la Silicon Valley, en 2013. Ils ont obtenu immédiatement satisfaction, et à leur suite une pléthore de métiers connexes (maintenance, nettoyage, restauration).
    [...]
    je préconise de repenser le projet social-démocrate avec des objectifs précis  : borner les droits de propriété, mettre en évidence la création de richesses des pseudo- «  improductifs  » et, du coup, revaloriser – ne serait-ce que dans les grilles salariales des ­conventions collectives – les emplois dits «  non qualifiés  ». Il s’agit de revaloriser le travail de tous, et pas seulement celui des catégories capables de le faire valoir dans les champs politique, médiatique et juridique.

    #communs #économie_collaborative (sou dite telle)

    http://seenthis.net/messages/459973 via rumor


  • Pendant ce temps là en #Grèce, dans la quasi indifférence des médias et de l’opinion publique : #grève générale contre le #vol organisé par la Troïka qui ordonne à Tsipras de racketter (une nouvelle fois) les #retraites et les agriculteurs pour rembourser la fameuse #dette banquière.
    Ci-joint, la news de #Andéa #Guillot, la correspondante du monde à #Athène

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/04/greve-generale-en-grece-contre-la-reforme-des-retraites_4858941_3234.html


  • Auteur de BD, un métier de plus en plus précaire
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/27/auteur-de-bd-un-metier-de-plus-en-plus-precaire_4854255_3234.html

    Il ne fait pas bon être auteur de bande dessinée en ce moment. Une précarité alarmante plane sur la corporation, comme en témoigne une enquête réalisée par la profession et à laquelle Le Monde a eu accès avant sa communication au Festival d’Angoulême, qui se déroule du 28 au 31 janvier. Plus d’un auteur sur deux (53 %) ayant répondu y déclarent toucher un revenu inférieur au smic brut, et même au seuil de pauvreté pour 36 % d’entre eux. La situation est pire pour les femmes : 67 % des auteures interrogées disent gagner moins que le smic, et moins que le seuil de pauvreté pour 50 % d’entre elles.

    #BD #Angoulême #femmes #précarité

    http://seenthis.net/messages/454478 via mad meg




  • Le port du Pirée cédé au chinois Cosco
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/21/le-port-du-piree-cede-au-chinois-cosco_4851244_3234.html
    http://s1.lemde.fr/image/2016/01/21/644x322/4851242_3_b129_seul-en-lice-le-groupe-cosco-a-emporte-avec_64d35dc0da76baad948d0dfb28b9746b.jpg

    La privatisation à valeur de test pour les créanciers de la Grèce et elle semble désormais irrévocablement engagée. L’Agence grecque de privatisations (Hraf) a annoncé mercredi 20 janvier avoir « accepté » l’offre améliorée déposée par le géant chinois Cosco s’élevant à 368,5 millions d’euros pour l’achat de 67 % de la société du Port du Pirée (OLP), 51 % dans un premier temps et 16 % dans les cinq prochaines années. « Seulement et seulement si Cosco respecte ses engagements d’investissements », précise une source gouvernementale.


  • Le système de contrôle de la pollution automobile est totalement défaillant
    http://www.reporterre.net/Le-systeme-de-controle-de-la-pollution-automobile-est-totalement-defaill

    Plusieurs véhicules Renault dépassent énormément les normes d’émission d’oxydes d’azote, comme l’a révélé Reporterre et l’a confirmé la commission Royal. Mais, derrière le cas de la marque au losange, c’est tout le système d’homologation européen qui doit être mis au banc d’essai. Après Volkswagen, c’est au tour de Renault de se retrouver dans la tourmente. Son modèle Captur dépasse largement le seuil européen d’émissions d’oxydes d’azote (NOx), un gaz toxique et irritant, fixé à 80 mg/km depuis septembre 2015, (...)

    #Info / #Pollutions, #Transports

    « http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:32007R0715 »
    « http://www.developpement-durable.gouv.fr/Segolene-Royal-annonce-3-decisions,44783.html »
    « http://www.developpement-durable.gouv.fr/Controles-des-emissions-de,46114.html »
    « http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/19/devant-la-commission-royal-renault-revele-les-failles-de-son-moteur-diesel_4 »
    « http://start.lesechos.fr/actu-entreprises/industries/comprendre-le-dossier-renault-en-4-questions-3685.php#xtor=RSS-2 »
    « http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/avis_ademe_emissions_particules_vehicules_juin2014.pdf »
    « http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-miautofr/15-16/c1516010.asp »
    « http://www.societe.com/societe/union-technique-automobile-moto-et-cyc-438725723.html »
    « http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-miautofr/15-16/c1516004.asp »
    « http://www.tommydessine.com »
    « http://www.car-engineer.com/fr/les-differents-cycles-de-conduite »
    « https://en.wikipedia.org/wiki/Variable-geometry_turbocharger#/media/File:D13B_EGR.jpg »



  • 2016 s’ouvre sur une tempête boursière

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/16/2016-s-ouvre-sur-une-tempete-boursiere_4848496_3234.html

    On prévoyait 2016 volatile, instable, incertaine. Pas à ce point. Deux semaines à peine après le début de l’année, on peut dire qu’elle est, pour l’heure, catastrophique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le CAC 40 est en recul de 9,21 % depuis le 1er janvier, alors qu’il avait progressé de 8,5 % en 2015. Le DAX allemand s’effondre de 11,15 % et le Footsie britannique, de 7,02 %…

    http://s1.lemde.fr/image/2016/01/16/644x322/4848495_3_3f6f_dans-une-maison-de-courtage-a-pekin-le-13-j_f99022e889929afcf39fa2fb8104b25a.jpg

    Chaque nouvel événement témoigne de la très grande nervosité des investisseurs. Ainsi de la mésaventure de Renault, dont le titre a dévissé de 10,2 % en Bourse, jeudi 14 janvier, sur fond de craintes de scandale à la Volkswagen.

    Aucune région du monde n’est épargnée. L’affaissement est le même outre-Atlantique, où le Dow Jones glisse de 8,25 %, tandis que le Nasdaq perd 10,36 %. « Les indices américains ont complètement craqué », indiquaient les analystes d’Aurel BGC après une nouvelle dégringolade, mercredi.

    Même scénario pour les places boursières des pays émergents, du Brésil à la Russie en passant par la Chine. Si l’on regarde depuis 2000, les oscillations des courbes font penser à un « encéphalogramme qui se serait emballé, s’agitant de plus en plus vite à la hausse ou à la baisse », soulignait, mardi, Agustin Carstens, le gouverneur de la Banque du Mexique.

    Quant au VIX, le fameux « indice de la peur », qui mesure la volatilité à venir du marché à travers les options d’achat ou de vente placées sur le S&P 500, il a connu un nouvel accès de fièvre cette semaine, à plus de 25 points, (...).

    Les milliards très instables des banques centrales

    Elles tiennent l’économie à bout de bras depuis des mois et, pourtant, les banques centrales sont aujourd’hui en partie responsables des turbulences enregistrées sur les Bourses. Et cela, en raison de l’incroyable quantité de liquidités que la Réserve fédérale (Fed) aux Etats-Unis, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon ou encore la Banque centrale européenne ont injectée sur les marchés depuis 2009, notamment en rachetant des dettes publiques ou privées. Leur objectif ? Eviter le effondrement des marchés, au départ, puis tenter de relancer la machine économique.

    Aujourd’hui, ces liquidités représentent 30 % du PIB mondial, contre 6 % à la fin des années 1990. Une augmentation phénoménale qui a deux conséquences. La première est que les marchés sont devenus accros à cet argent facile. L’idée de voir le robinet se tarir les angoisse. La remontée des taux directeurs de la Fed, amorcée en décembre 2015, qui sera suivie, dans quelques années, de l’épongement des liquidités injectées par l’institution, les rend donc terriblement nerveux.

    Mais il y a pire. Car ces liquidités, naturellement, se placent là où les rendements sont les plus élevés. C’est-à-dire sur les Bourses émergentes, les actions des nouvelles technologies, ou encore les obligations d’entreprises... « A la moindre alerte, les milliards se déplacent sans crier gare, dans un sens ou dans l’autre, sans discernement », explique Patrick Artus, chef économiste chez Natixis, dans La Folie des banques centrales (Fayard, 168 pages, 15 euros, coécrit avec la journaliste Marie-Paule Virard). « Les instituts monétaires jouent les pousse-au-crime. »

    Les sommes en jeu sont si énormes que chaque départ provoque des mini-krachs, en particulier sur les Bourses ou, ces derniers mois, sur les monnaies des pays émergents, comme le rouble ou le real brésilien. A l’inverse, elles contribuent à la formation de bulles spéculatives là où elles s’investissent en masse... Autant dire que l’extrême volatilité observée sur les marchés ces derniers jours n’est probablement qu’un avant-goût de ce qui nous attend en 2016.

    Le baril à moins de 30 dollars

    Rappelons cependant que la prévision est un art difficile. En témoigne le pétrole. En 2015, le baril pourrait coûter 380 dollars (348 euros), avaient avancé les économistes Patrick Artus et Moncef Kaabi en 2005 dans une étude de la banque Ixis-CIB. Compte tenu de la hausse de la consommation mondiale et du manque de réserves, ils jugeaient alors « totalement déraisonnables » les hypothèses selon lesquelles le baril pourrait retomber entre 30 et 40 dollars à l’horizon de dix ans.

    Raté. Le baril de WTI, le pétrole américain qui sert de référence mondiale, s’est échangé à seulement 49 dollars en moyenne en 2015. Et sa baisse ne cesse de s’accentuer. Il est tombé à 29,73 dollars, vendredi 15 janvier, à New York. Le baril de brent de la mer du Nord chutait au même moment à 29,30 dollars, son plus bas cours depuis février 2004.

    Aucun rebond spectaculaire n’est attendu à court terme. La situation pèse sur la Bourse : si ce contre-choc donne de l’oxygène aux consommateurs d’or noir, il pénalise violemment les pays producteurs, et toute l’importante filière pétrolière. En France, il soumet Total, Vallourec, Technip, CGG à rude épreuve.

    Autre défi : la révolution du pétrole et du gaz de schiste aux Etats-Unis a provoqué une surabondance d’hydrocarbures. Aujourd’hui, le marché croule sous le pétrole, qu’il vienne des Etats- Unis, de Russie, de l’Arabie saoudite, qui laisse ses vannes grandes ouvertes, ou encore d’Iran. Avec la levée imminente des sanctions occidentales contre Téhéran, le pays va pouvoir relever son offre pour exporter. La demande, elle, reste freinée par le manque de tonus de nombreuses économies, dont la Chine.

    Le scénario noir d’un yuan en chute libre

    Bien qu’elle soit créancière nette du reste du monde, la Chine a un problème financier sérieux, manifeste dans la dégradation de ses comptes extérieurs. Après avoir vu affluer pendant des années une partie des liquidités alimentées par les banques centrales des pays industrialisés, Fed en tête, elle se trouve confrontée depuis un an à des sorties massives de capitaux, de l’ordre de 100 milliards de dollars par mois.

    Cette inversion des flux de capitaux complique la gestion de ses réserves de change. Celles-ci, en baisse de 10 %, s’élevaient encore, en décembre 2015, à 3 300 milliards de dollars, ce qui représente vingt mois d’importation. Ce matelas n’est confortable qu’en apparence : car, pour soutenir le cours de sa monnaie qui se déprécie, la banque centrale puise dans ses réserves. Cette situation ne peut pas s’éterniser.

    Le manque de transparence de la politique de l’institution et les hésitations chinoises en matière de change ont accentué la volatilité mondiale. Les marchés craignent désormais que, pour avancer sur le terrain de la libéralisation financière en ouvrant ses marchés de capitaux, et pour éviter un atterrissage brutal de l’économie, Pékin n’opte pour une baisse de sa monnaie.

    Les réserves de change chinoises fondent

    Elles ne cessent de baisser. Fin novembre, les réserves de change chinoises sont tombées à 3 438 milliards de dollars, à leur plus bas niveau depuis trois ans. Et pour cause : ces derniers mois, la banque centrale de Chine (PBOC) est massivement intervenue pour soutenir sa monnaie, le yuan.

    Pour éviter que celui-ci ne se déprécie trop rapidement, notamment face au billet vert, elle a massivement acheté des dollars sur les marchés de change, puisant ainsi dans ses réserves. En abaissant régulièrement, depuis l’été dernier, le cours pivot autour duquel le yuan peut évoluer de 2 %, la PBOC tente d’accompagner la baisse de sa devise en limitant le recours à ses réserves. Mais les experts y ont également vu une façon d’amadouer le Fonds monétaire international, afin qu’il intègre le yuan au panier de devises constituant son unité de compte.

    Jusqu’alors, les autorités chinoises ont dépensé des fortunes pour éviter une forte dépréciation du change. « Le problème, analyse M. Artus, est que cet ajustement lent de la devise amplifie les sorties de capitaux. » D’où la crainte des marchés d’un changement de pied. « Ils se disent que les autorités chinoises pourraient de façon plausible s’engager dans une dépréciation importante, et cela serait un choc dont n’ont absolument pas besoin les économiques occidentales », a déclaré, vendredi à l’AFP, Didier Saint-Georges, de la société de gestion Carmignac.

    « Le scénario catastrophe serait de laisser flotter le renminbi. Car il ferait une chute libre de 15 % à 20 %, et ce serait un choc colossal pour l’économie mondiale », confirme M. Artus. Compte tenu du poids de la Chine dans l’économie mondiale (18 % du PIB et 14 % de ses exportations), une telle crise aurait des répercussions planétaires et aggraverait les difficultés des pays émergents exportateurs de matières premières.

    Les toussotements de la machine américaine

    Et si le vent tournait aussi aux Etats-Unis ? Deux indicateurs économiques sont venus renforcer, vendredi 15 janvier, le sentiment que l’économie américaine ne pourrait peut-être pas rester immunisée très longtemps contre le ralentissement mondial.

    La consommation des ménages, qui représente 70 % de l’activité économique aux Etats-Unis, commence à montrer des signes d’essoufflement. Jusqu’à présent, elle représentait une sorte de rempart aux vents contraires que constituent la force du dollar et le ralentissement de la demande extérieure. Mais, en décembre 2015, les ventes de détail ont baissé de 0,1 % par rapport à novembre, selon les chiffres du Département du commerce. Sur un an, la progression n’est que de 2,1 %, la plus fragile depuis le début de la reprise, il y a six ans. Malgré les gains de pouvoir d’achat dus à la faiblesse des prix de l’essence, les Américains achètent moins d’appareils électroniques (–0,2 %), de produits alimentaires et de boissons (– 0,3 %) ou encore de vêtements (– 0,9 %).

    L’annonce, le même jour, par Wal-Mart, le plus gros employeur du pays, de la fermeture de 154 magasins aux Etats-Unis et de la suppression de 10 000 emplois n’a guère rassuré. Par ailleurs, les ventes de Macy’s ont baissé de 4,7 % sur les deux derniers mois de 2015 et celles de Gap, de 5 %. Les deux enseignes ont également prévu des fermetures de magasins. Même tendance chez Best Buy, le leader des produits électroniques, avec un recul de 1,2 %.

    L’autre voyant qui vire au rouge, c’est l’industrie. La production a décliné en décembre de 0,4 %. Il s’agit du troisième mois consécutif de baisse. Sur un an, l’activité dans le secteur industriel s’est contractée de 1,8 %, un chiffre qui n’avait plus été enregistré depuis 2009.
    Le président de la Réserve fédérale de New York, William Dudley, a déclaré vendredi qu’il s’attendait à « un quatrième trimestre [2015] faible du côté de la croissance ». La première estimation sera publiée le 29 janvier.

    http://seenthis.net/messages/450550 via enuncombatdouteux


  • Le régime fiscal belge favorisant les multinationales jugé « illégal » par l’UE
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/11/le-regime-fiscal-belge-favorisant-les-multinationales-juge-illegal-par-l-ue_
    http://s1.lemde.fr/image/2016/01/11/644x322/4845171_3_f9a6_margrethe-vestager-commissaire-europeenne_d6cc8249a08e85b8da4e6634b678f444.jpg

    Il l’avait vu venir, mais c’est un coup dur pour le gouvernement de Charles Michel  : lundi 11 janvier, la Commission européenne a jugé illégale une disposition instaurée en 2005 par les autorités belges pour attirer les multinationales dans le royaume en leur accordant de gros avantages fiscaux. Elles pouvaient, en passant un accord avec les services des impôts (un « ruling  »), déduire de leur base imposable en Belgique des profits dits «  excédentaires  », résultant prétendument de leur nature transnationale.


  • Neuf mois de prison ferme pour d’anciens salariés de Goodyear

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/12/neuf-mois-de-prison-ferme-pour-d-anciens-salaries-de-goodyear_4845750_3234.h

    Plus de deux ans après les faits, les huit salariés de l’usine Goodyear à Amiens-Nord (Somme) ont été fixés sur leur sort, mardi 12 janvier. Le tribunal correctionnel d’Amiens les a condamnés à neuf mois de prison ferme et quinze avec sursis pour avoir séquestré, du 6 au 7 janvier 2014, deux cadres de l’entreprise menacée de fermeture. Par ailleurs, deux des huit salariés ont été condamnés pour violences en réunion.

    http://seenthis.net/messages/448787 via Jef Klak