/2016

  • Cauchemars et facéties #55
    https://lundi.am/Cauchemars-et-faceties-55

    Errance sur l’internet. Les résultats : des préfets contre des requins, des préfets contre des lycéens, des policiers, des fichiers, des esclaves, des espions, plus de papillons.

    « http://www.europe1.fr/societe/bruno-le-roux-a-des-jeunes-respectez-la-police-autant-quelle-vous-respecte-2 »
    « http://www.linfo.re/la-reunion/societe/712485-dispositif-post-attaque-un-requin-bouledogue-peche-a-saint-andre »
    « http://www.europe1.fr/societe/la-reunion-le-surfeur-kelly-slater-veut-abattre-tous-les-requins-2985182 »
    « http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/etudiant-eborgne-a-rennes-deux-policiers-en-garde-a-vue-a-l-igpn_1872131.ht »
    « http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/11/22/97001-20161122FILWWW00177-3-mois-de-prison-ferme-pour-avoir-vole-un-fromage »
    « http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/feux-violences-des-blocages-degenerent-devant-plusieurs-lycees-des-hauts- »
    « http://www.liberation.fr/futurs/2017/02/21/le-megafichier-etendu-au-pas-de-charge_1549968 »
    « https://www.nextinpact.com/news/103328-biometrie-fichier-tes-generalise-en-france-dici-28-mars.htm »
    « http://www.bastamag.net/Chauffeurs-Uber-quand-les-proletaires-2-0-sont-au-volant »
    « http://www.01net.com/actualites/comment-les-publicitaires-vous-espionnent-a-coups-d-ultrasons-1055515.html »
    « http://www.silicon.fr/quand-les-ultrasons-desanonymisent-les-utilisateurs-de-tor-166514.html »
    « http://www.lemonde.fr/violences-policieres/article/2017/02/15/claude-bartolone-va-saisir-le-defenseur-des-droits-sur-les-pratiques-de-main »
    « http://www.lejdd.fr/Societe/Maintien-de-l-ordre-La-France-est-un-regime-malade-de-sa-police-784157 »
    « http://www.liberation.fr/debats/2017/02/23/agriculture-les-raisons-de-la-colere_1550595 »
    « http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/11/28/l-extinction-des-pollinisateurs-menace-1-4-milliard-d-emplois-selon-un-rappo »
    « http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/30/le-laboratoire-qui-cultive-les-legumes-sans-sol-ni-soleil_5055583_3244.html »



  • Le laboratoire qui cultive les légumes sans sol ni soleil

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/30/le-laboratoire-qui-cultive-les-legumes-sans-sol-ni-soleil_5055583_3244.html

    A Villeurbanne, la première ferme urbaine de France expérimente une agriculture citadine, à grand renfort de technologies, en lieu confiné et aseptisée.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/12/30/644x322/5055582_3_ae64_la-ferme-urbaine-lyonnaise-sur-le-campus-de_d329ceaaa8332c17af08de43b80ea390.jpg

    Pas de terre ni de soleil, pas de campagne ni de pesticides non plus : les salades et les poivrons de la Ferme urbaine lyonnaise (FUL) se développent en pleine ville, dans une atmosphère confinée et aseptisée. L’ancienne serre de 50 m2 qui les abrite est installée sur le campus de LyonTech-la Doua, à Villeurbanne (Rhône).

    Dans une des deux pièces aux parois obscurcies, surmontée de puissantes rampes de LED, a lieu un drôle de ballet de plants de batavia, de choux rouges, de sauge, d’aneth, d’aubergines, de piments, de thym ou de basilic, tous alignés sur un tapis roulant qui les transporte sur trois étages.

    Au niveau inférieur, des fraises des bois en fleur s’avancent vers la station d’arrosage. Pour elles, c’est la belle saison : la température ambiante est maintenue à 24 °C. L’eau dans laquelle trempent brièvement les godets est ensuite filtrée, traitée par une lampe UV et réutilisée. A l’arrière, de nouveaux végétaux plantés dans un substrat composé de fibres de coco se réveillent dans la pouponnière. Lorsqu’ils arboreront quatre ou cinq feuilles, un robot les déposera sur le tapis roulant et le cycle reprendra. Le système de climatisation, l’ordinateur qui mesure chaque paramètre, les réservoirs d’eau enrichie de sels minéraux occupent la moitié restante de la serre.

    « Mais nous produisons dix fois plus de végétaux pour la même superficie, car ils poussent douze mois sur douze, sur plusieurs niveaux », assure Philippe Audubert. Les plantes de la FUL ont droit à une aube et à un crépuscule réglés en fonction des tarifs de l’énergie.

    https://seenthis.net/messages/556290 via enuncombatdouteux


  • Soupçons sur les ondes des téléphones portables

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/23/soupcons-sur-les-ondes-des-telephones-portables_5053186_3244.html

    Les niveaux d’exposition aux radiofréquences annoncés par les fabricants sont dépassés en conditions réelles d’utilisation.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/12/23/644x322/5053185_3_44c6_2016-12-23-caef5b0-18320-1uy3xjh-bvgs1exw29_9abe65d6fd335aa2b2bcc4f361bd546d.png

    Dans la hotte des achats de Noël, les téléphones portables figurent en bonne place. Sans que les consommateurs soient clairement avertis de leur exposition aux radiofréquences de ces appareils et à leurs dangers potentiels. Car les données fournies par les fabricants sont fondées sur des tests effectués en laboratoire, selon des procédures très différentes des conditions réelles d’utilisation des mobiles. C’est ce que dénoncent aujourd’hui des militants « anti-ondes », qui y voient « un scandale industriel et sanitaire » de même nature que le « dieselgate ».

    Un « phonegate » donc ? Dans le cas présent, il ne s’agit pas d’une tricherie au sens strict, mais plutôt d’un brouillage des informations données aux usagers, à la faveur d’une réglementation laxiste. Les enjeux sanitaires n’en sont pas moins importants. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les radiofréquences comme « peut-être cancérogènes pour l’homme ». Et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a estimé, dans un rapport de juillet 2016, que ces ondes ont « des effets possibles sur les fonctions cognitives et le bien-être » des plus jeunes.

    Le dossier est technique, ce qui contribue à son opacité. L’exposition aux radiofréquences émises et reçues par un téléphone portable est mesurée par le débit d’absorption spécifique (DAS), exprimé en watts par kilogramme (W/kg). Il s’agit de la quantité d’énergie absorbée, sous forme de chaleur, par les tissus biologiques. En Europe, une réglementation de 1999 a fixé la valeur à ne pas dépasser à 2 W/kg pour l’exposition de la tête et du tronc, et à 4 W/kg pour les membres.
    Les fabricants respectent bien ces normes… du moins quand l’appareil n’est pas placé au contact du corps. Pour faire certifier leurs modèles, ils font en effet procéder à des essais en laboratoire. L’exposition au niveau de la tête est évaluée, non sur des cobayes humains, mais sur des mannequins remplis d’eau et de sucres. Pour le corps, on se contente de cuves d’eau.

    Or, si, pour les tests au niveau de la tête, la réglementation impose que la mesure soit faite téléphone collé à l’oreille, pour ceux au niveau du reste du corps, elle laisse les industriels libres de fixer la distance à laquelle est placé l’appareil. Et de la choisir en sorte, précisément, que la limite d’exposition ne soit pas dépassée.

    Des notices d’utilisation floues

    A l’exception des modèles les plus récents, pour lesquels la distance lors des tests a été raccourcie, celle-ci était jusqu’ici d’environ 15 mm, avec un maximum de 25 mm. Ces quelques millimètres font toute la différence avec la vie réelle, dans laquelle le portable est couramment porté dans la poche de chemise, de veste ou de pantalon, au contact presque direct avec la peau. Rappelons que même quand l’utilisateur ne téléphone pas, son mobile, lorsqu’il est en veille, reste connecté et source de radiofréquences.

    L’Agence nationale des fréquences (ANFR), l’établissement public chargé du contrôle de ce secteur, a fait procéder à ses propres évaluations, dans des laboratoires européens, sur un échantillon de 95 téléphones mobiles choisis dans différents points de vente entre début 2012 et fin 2014, et 71 autres sélectionnés au cours de l’année 2015. A une distance du corps de 1,5 cm, aucun ne dépassait la limite de 2 W/kg.

    Mais elle a fait réaliser de nouvelles mesures avec, cette fois, l’appareil au contact du corps. Les résultats sont très différents. Ils sont rapportés dans l’avis de juillet 2016 de l’Anses. En 2015, peut-on y lire, « 89 % des téléphones mesurés au contact par l’ANFR présentaient un DAS supérieur à 2 W/kg et 25 % un DAS supérieur à 4 W/kg ». Quelques-uns atteignaient même 7 W/kg. Ces dépassements ne concernent pas l’exposition de la tête, mais du reste du corps.
    Les industriels font valoir que les notices d’utilisation de leurs produits, de même que les informations accessibles en ligne ou sur le smartphone lui-même, mentionnent bien que les tests ont été menés à une certaine distance du corps et que celle-ci doit être respectée pour ne pas dépasser les niveaux d’exposition certifiés. Encore faut-il scruter à la loupe cette documentation pour le savoir. Au demeurant, l’ANFR a constaté que « la notice d’utilisation de 25 % des téléphones contrôlés présentant un DAS au contact du corps supérieur à 2 W/kg n’indiquait pas de distance minimale d’utilisation ».

    « Pas de portable pour les enfants »

    Les résultats détaillés de cette contre-expertise n’ont pas été divulgués. Ex-coordinateur national de l’association Priartem (Pour rassembler, informer et agir sur les risques liés aux technologies électromagnétiques), Marc Arazi, aujourd’hui « expert indépendant », a vainement tenté de les obtenir. Il a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), qui s’est déclarée « favorable » à la communication des données de l’ANFR, avant le 29 décembre.
    Interrogé par Le Monde, Gilles Brégant, directeur général de l’établissement de contrôle, indique pourtant qu’il ne les rendra pas publiques. Motif : « La loi interdit leur communication à des tiers, ces données ayant été recueillies dans le cadre de procédures pouvant donner lieu à des sanctions. » Sollicités directement, Apple et Samsung n’ont pas souhaité faire de commentaire.

    L’ANFR n’est pas restée pour autant sans réaction. Elle a, indique son directeur, alerté les autorités françaises, qui se sont tournées vers la Commission européenne. Celle-ci a pris, en avril, une décision disposant que les tests de certification doivent être réalisés à une distance du tronc « ne dépassant pas quelques millimètres ». Cette formulation laisse encore une marge de manœuvre aux industriels, mais, assure M. Brégant, « tous les appareils commercialisés depuis avril 2016 sont testés à 5 mm du corps ». Cette mesure tardive ne règle rien, toutefois, pour tous les mobiles déjà en service. En France, 25 millions de téléphones portables sont mis chaque année sur le marché.

    Sans doute la question du danger des radiofréquences reste-t-elle débattue. Mais pour Olivier Merckel, chargé des nouvelles technologies à l’Anses, le surcroît d’exposition aux ondes, en usage courant, par rapport aux niveaux affichés par les industriels, « doit faire l’objet d’une attention particulière pour les enfants et les personnes porteuses de dispositifs médicaux, comme des pacemakers [stimulateurs cardiaques], dont le fonctionnement peut être perturbé par des champs électriques, même faibles ».

    Porte-parole de l’association Robin des toits, Etienne Cendrier souligne que « le cerveau humain n’est pas fait d’eau et de sucre comme les mannequins des tests ». Il ajoute que « les normes d’exposition, outre qu’elles sont très hautes, ne prennent en compte que les effets thermiques, à l’exclusion d’autres risques tels que de possibles cancers ». La présidente de Priartem, Janine Le Calvez, en tire pour sa part une leçon radicale : « Pas de portable pour les enfants ! »

    https://seenthis.net/messages/554336 via enuncombatdouteux


  • Route solaire : Ségolène Royal a tout faux
    https://reporterre.net/Route-solaire-Segolene-Royal-a-tout-faux

    La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, inaugure ce jeudi 22 décembre un kilomètre de « route solaire », un projet expérimental intégrant des panneaux solaires. Les experts internationaux interrogés par l’auteur de cette #Tribune jugent ce projet non viable économiquement, voire préjudiciable à la filière solaire. Olivier Daniélo est fondateur du blog écocitoyen Objectif Terre. La construction d’une route solaire de 340 kW (kilowatts) vient de se terminer, à Tourouvre-au-Perche, dans l’Orne, en (...)

    Tribune

    / #Energie

    « http://objectifterre.over-blog.org »
    « http://www.colas.com/fr/innovation/la-route-solaire »
    « http://www.ouest-france.fr/normandie/tourouvre-au-perche-61190/segolene-royal-inaugurera-la-premiere-route-solaire-tourouvre-jeudi-469 »
    « http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/21/en-normandie-une-route-solaire-au-banc-d-essai_5052352_3244.html »
    « https://energy.stanford.edu/news/frances-solar-road-international-solar-experts-give-their-analysis »
    « http://thesolutionsproject.org »
    « https://twitter.com/solar_chase/status/801746581737316352 »
    « https://en.wikipedia.org/wiki/Balance_of_system »
    « https://twitter.com/ThierrySalomon/status/791310873310687234 »
    « http://fr.wikipedia.org/wiki/cleantech »
    « http://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/la-route-solaire-un-magnifique-coup-de-pub-quel-cout »
    « https://twitter.com/BloombergNEF/status/587984467433631744 »
    « http://reneweconomy.com.au/frances-solar-road-international-solar-experts-give-analysis-57346 »
    « http://www.tommydessine.com »


  • Route solaire : Ségolène Royal a tout faux
    https://reporterre.net/TRIB-La-route-solaire-un-miroir-aux-alouettes-energetique-La-route-solai

    La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, inaugure ce jeudi 22 décembre un kilomètre de « route solaire », un projet expérimental intégrant des panneaux solaires. Les experts internationaux interrogés par l’auteur de cette #Tribune jugent ce projet non viable économiquement, voire préjudiciable à la filière solaire. Olivier Daniélo est fondateur du blog écocitoyen Objectif Terre. La construction d’une route solaire de 340 kW (kilowatts) vient de se terminer, à Tourouvre-au-Perche, dans l’Orne, en (...)

    Tribune

    / #Energie

    « http://objectifterre.over-blog.org »
    « http://www.colas.com/fr/innovation/la-route-solaire »
    « http://www.ouest-france.fr/normandie/tourouvre-au-perche-61190/segolene-royal-inaugurera-la-premiere-route-solaire-tourouvre-jeudi-469 »
    « http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/21/en-normandie-une-route-solaire-au-banc-d-essai_5052352_3244.html »
    « https://energy.stanford.edu/news/frances-solar-road-international-solar-experts-give-their-analysis »
    « http://thesolutionsproject.org »
    « https://twitter.com/solar_chase/status/801746581737316352 »
    « https://en.wikipedia.org/wiki/Balance_of_system »
    « https://twitter.com/ThierrySalomon/status/791310873310687234 »
    « http://fr.wikipedia.org/wiki/cleantech »
    « http://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/la-route-solaire-un-magnifique-coup-de-pub-quel-cout »
    « http://reneweconomy.com.au/frances-solar-road-international-solar-experts-give-analysis-57346 »
    « http://www.tommydessine.com »



  • OGM : l’INRA pointe une recherche sous influence

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/19/ogm-l-inra-pointe-une-recherche-sous-influence_5050955_3244.html

    Selon une étude menée par l’Institut national de la recherche agronomique, une importante proportion d’articles scientifiques consacrés aux OGM est entachée de conflits d’intérêts.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/12/19/644x322/5050953_3_c105_2016-12-19-c9f6b67-3214-dyv3o5-o99mvon7b9_a8d72b6dad9651f3211466060772d363.png

    Pas moins de 40 % de conflits d’intérêts. Le chiffre, frappant, caractérise tout un corpus d’articles scientifiques portant sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Voilà la première conclusion d’une étude publiée par une équipe de chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) dans la revue scientifique PLOS ONE, le 15 décembre. Seconde conclusion : ces conflits d’intérêts ont une influence patente sur les résultats de ces publications. Quand conflit d’intérêts il y a, « les conclusions ont 49 % de chances d’être plus favorables aux intérêts des industries semencières », écrivent les chercheurs.

    Ce n’est pas l’intégralité de la littérature scientifique sur les OGM qui a été ici analysée, mais un ensemble de 672 articles publiés entre 1991 et 2015 sur une question bien précise. Ils concernaient l’efficacité et la durabilité de l’efficacité de certains OGM qui produisent les protéines d’une bactérie, Bacillus thuringiensis (Bt). Toxiques contre des insectes qui les infestent, les plantes OGM Bt sont principalement utilisées pour les cultures de maïs, de coton et de soja. Comme il est rare que ce type de revues systématiques inclue un aussi grand nombre d’articles, les conclusions en sont d’autant plus significatives.

    Fait notable, c’est la première étude de cette importance portant sur les conflits d’intérêts dans le domaine des OGM. Directeur de recherche à l’institut Sophia Agrobiotech, Thomas Guillemaud travaille sur la chrysomèle des racines du maïs. Ancien membre du Haut Conseil des biotechnologies, Denis Bourguet est quant à lui un spécialiste de la pyrale du maïs au Centre de biologie pour la gestion des populations (CBGP) de Montpellier. Chacun d’eux se heurtait régulièrement à la question du biais dans les publications sur les OGM. « En dépit de l’ampleur extraordinaire des enjeux financiers, politiques et idéologiques liés aux cultures génétiquement modifiées », seules deux études s’étaient penchées sur la question, ont-ils constaté. Mais l’une d’elles posait aussi un problème de conflit d’intérêts. « C’est pour cette raison que nous avons décidé de faire cette analyse », a expliqué Thomas Guillemaud au Monde.

    Cause ou conséquence ?

    Comment les chercheurs de l’INRA ont-ils eu connaissance de ces conflits d’intérêts ? Tout simplement en relevant ceux déclarés dans les articles par les auteurs eux-mêmes. Ainsi, ils ont retenu deux types de relations avec les fabricants d’OGM : soit une affiliation directe (les auteurs étaient des employés des groupes), soit un financement total ou partiel des travaux d’au moins un des auteurs. Il est donc ici principalement question de liens avec Monsanto – en cours de fusion avec l’allemand Bayer –, le suisse Syngenta, et les firmes américaines Dow AgroSciences et DuPont Pioneer – également en train de fusionner. Des groupes qui représentent aujourd’hui 60 % du marché des semences.

    Par conflit d’intérêts, les chercheurs entendent « un ensemble de circonstances qui créent un risque que le jugement professionnel ou les actions concernant un intérêt principal soient indûment influencés par un intérêt secondaire » – ainsi que les définit l’Académie nationale des sciences américaine. En raison de ces « intérêts secondaires », donc, « les résultats étaient à 104 % plus susceptibles d’être favorables pour les articles consacrés à l’efficacité que pour ceux explorant la durabilité ». Cela s’explique par le fait que « les groupes ont plus intérêt à financer des études qui montrent que leurs produits tuent effectivement les insectes », analyse Thomas Guillemaud, tandis que les études de durabilité nécessitent davantage de temps pour une issue plus incertaine.

    Impossible, en revanche, d’établir si les conflits d’intérêts financiers sont la cause ou la conséquence de résultats favorables aux sponsors. En d’autres termes, de déterminer avec certitude si les résultats sont favorables à un industriel parce qu’il a financé l’étude, même seulement en partie. Pour mettre cela en évidence, développe M. Guillemaud, il faudrait disposer de trois éléments : « Le projet avant qu’il ne commence, l’étude avant qu’elle ne soit publiée et l’étude après publication. »

    « Système de soutien financier indirect »

    Quand les chercheurs de l’INRA soulignent les limitations de leur propre travail, ils montrent en fait que leur conclusion ne représente que le sommet de l’iceberg. Car seuls 7 % des articles contenaient une déclaration d’intérêts des auteurs. Quid des autres ? Par ailleurs, certains liens avec les industriels, susceptibles d’avoir un impact notable, sont rarement déclarés et n’ont pas pu être pris en compte. Comme par exemple le fait d’être membre du conseil scientifique d’une firme, consultant ou détenteur de brevets. Difficile d’enquêter sur chacun des 1 500 auteurs du corpus… Tout comme il était irréalisable d’explorer les conflits d’intérêts non financiers, dits intellectuels.

    Cette étude sur les OGM Bt vient renforcer le domaine de recherche consacré à l’influence des sponsors sur les résultats des études scientifiques, un phénomène connu sous le nom de « biais de financement » (funding effect). Produits pharmaceutiques, tabac, sodas, sucre, certains pesticides, nucléaire et maintenant OGM : les études ont quatre à huit fois plus de chances d’atteindre des conclusions favorables au sponsor que celles financées par des fonds de source non industrielle.

    Soucieux de préserver l’intégrité de la recherche, les scientifiques de l’INRA proposent une solution de plus en plus souvent évoquée pour la surveillance des médicaments, des produits chimiques ou des pesticides. Il s’agirait d’« un système de soutien financier indirect de la recherche par l’industrie : les groupes producteurs d’OGM et d’autres parties prenantes (gouvernements, organisations non gouvernementales) feraient une contribution financière à un pot commun géré par une agence indépendante ».

    https://seenthis.net/messages/553150 via enuncombatdouteux


  • L’évaluation de la toxicité des OGM remise en cause

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/19/l-evaluation-de-la-toxicite-des-ogm-remise-en-cause_5051163_3244.html

    Une nouvelle étude conteste les mesures utilisées pour estimer l’innocuité des OGM avant leur mise sur le marché.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/12/19/644x322/5051161_3_fa9f_manifestation-contre-monsanto-le-23-mai-2015_a5a1c8ce29c44d570fe11fd4fea7677e.jpg

    Les analyses effectuées sur les OGM avant commercialisation seraient-elles insuffisantes ? C’est la question que pose l’étude publiée lundi 19 décembre dans la revue Scientific Reports. Celle-ci montre en effet des différences significatives entre un maïs OGM et son équivalent non modifié, qui ne sont pas prises en compte dans les évaluations du risque conduites par les autorités sanitaires.

    De fait, l’autorisation des OGM est basée sur un présupposé : le « principe d’équivalence en substance ». Ce principe, controversé, implique que, si un produit est considéré comme substantiellement équivalent à l’organisme à partir duquel il a été fabriqué, aucune étude poussée n’est nécessaire avant sa mise sur le marché. « Il est généralement considéré que les maïs OGM et non OGM sont similaires, à l’exception du gène modifié », explique Robin Mesnage, chercheur en toxicologie moléculaire et coauteur de l’étude. Les OGM ne sont alors pas testés de manière approfondie avant leur commercialisation, comme il est d’usage de le faire pour de nouveaux médicaments ou de nouveaux additifs alimentaires. « Les analyses réalisées sur les OGM afin de les déclarer équivalents en substance sont très restreintes et consistent généralement en des analyses nutritionnelles », explique Robin Mesnage.

    L’étude, publiée par une équipe de chercheurs internationale, remet en cause l’utilisation de ce principe d’équivalence en substance en montrant qu’un OGM n’a pas, en descendant à l’échelle moléculaire, la même composition que son équivalent non modifié. Pour ce faire, les auteurs ont utilisé deux techniques de pointe : la protéomique et la métabolomique. La première permet de cartographier l’ensemble des protéines qui composent le maïs ; la seconde identifie les petites molécules issues du métabolisme de la plante (c’est-à-dire la manière dont elle dégrade les nutriments qu’elle utilise).

    « Les conséquences potentielles sur la santé restent incertaines, admet Robin Mesnage. Cependant, ce qui est certain, c’est que la création des OGM est faite à l’aveugle. Aujourd’hui, il est nécessaire d’établir une meilleure évaluation des effets non désirés des modifications génétiques. » Pour le chercheur, ce nouveau type d’analyse en profondeur pourrait être considéré comme une première phase de l’évaluation des risques qui justifieraient ensuite une étude toxicologique plus poussée.

    #équivalence_en_substance

    https://seenthis.net/messages/553147 via enuncombatdouteux


  • Les experts du climat dans le collimateur de Trump

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/14/les-experts-du-climat-dans-le-collimateur-de-trump_5048729_3244.html

    Les scientifiques redoutent une chasse aux sorcières et dénoncent des tentatives d’intimidation de la part de l’équipe de transition du président élu.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/12/14/644x322/5048727_3_15db_donald-trump-le-13-decembre-2016-a-west-a_036ee8215f8e3123bff070dff6de3baf.jpg

    C’est un symposium au sujet surprenant qui devait se tenir mercredi 14 décembre à San Francisco, à l’occasion du congrès d’automne de l’American Geophysical Union (AGU), la société savante des chercheurs en géosciences. La thématique – « Le détournement de la loi américaine à des fins de harcèlement, d’intimidation et de discrédit des chercheurs » – illustre l’inquiétude de la communauté des sciences du climat devant les récentes déclarations du président élu Donald Trump.
    Une inquiétude avivée par la révélation, par la presse américaine, d’un questionnaire transmis par l’équipe de transition de M. Trump à l’ensemble des services du ministère de l’énergie américain, leur demandant notamment de dresser la liste des personnels ayant travaillé, de près ou de loin, sur la question climatique ou sur les énergies renouvelables.

    L’équipe de Donald Trump a demandé la liste des employés du ministère de l’énergie ayant travaillé sur le climat

    La crainte d’une chasse aux sorcières gagne du terrain. « En temps normal, je réserverais mon jugement en supposant a priori qu’il s’agit simplement d’une collecte d’information légitime, observe Michael Mann, le directeur du Earth System Science Center de l’université de Pennsylvanie. Cependant, cette dernière révélation ne vient pas hors de tout contexte. Cela soulève une réelle préoccupation, celle que l’équipe de transition [de M. Trump] puisse prendre des gens pour cible, en particulier des scientifiques. »

    « C’est fréquent de voir les équipes de transition interroger les structures gouvernementales sur leurs politiques, ajoute Michael Halpern, de l’Union of Concerned Scientists (UCS), une organisation de promotion de la science. Ce qui ne l’est pas, c’est de demander des listes d’employés de ces structures et de cibler des fonctionnaires qui font simplement leur travail. »

    « Inquiétude »

    Le ministère de l’énergie se refuse pour le moment à transmettre les noms de ses collaborateurs, mais cette tentative d’intimidation ne laisse pas indifférents les ONG et les think tanks investis dans la thématique climat, qui craignent eux aussi d’être la cible de l’administration entrante. « Il n’y a pas un membre du cabinet de Donald Trump qui ne soit climatosceptique », note Jesse Bragg, de Corporate Accountability International, une organisation de défense de l’environnement et des droits de l’homme.

    Mardi 13 décembre, le 45e président américain a en effet désigné Rex Tillerson, le patron du groupe pétrolier ExxonMobil, au poste de secrétaire d’Etat. « C’est cet homme lié au secteur des énergies fossiles, sans aucune expérience diplomatique, qui va représenter les Etats-Unis dans les négociations internationales sur le changement climatique », se désole Jesse Bragg.

    M. Trump a confié le ministère de l’énergie à Rick Perry, ancien gouverneur du Texas et partisan de la suppression de cette administration… Il a promis la direction de l’Agence de protection de l’environnement à Scott Pruitt, le ministre de la justice de l’Oklahoma, très hostile aux mesures prises par l’équipe Obama pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Il y a à l’évidence dans la communauté des chercheurs en sciences du climat une inquiétude d’être harcelé, intimidé, d’être empêché de parler de ce que nous savons, c’est-à-dire de l’accumulation de faits sur le changement climatique et la manière dont les activités humaines y contribuent », explique Christine McEntee, la directrice exécutive de l’AGU.

    Un vade-mecum circule dans la communauté des chercheurs sur le climat pour les préparer au harcèlement

    Aux Etats-Unis, depuis le début des années 2000 et en vertu des lois de transparence, des think tanks néoconservateurs ou libertariens, ainsi que des ministres de la justice de certains Etats requièrent de manière systématique l’accès aux courriels ou aux documents de recherche de climatologues. Une pratique considérée par les chercheurs comme un détournement de la loi et une forme de harcèlement. Au point que, en 2011, des universitaires et des juristes ont créé le Climate Science Legal Defense Fund, qui offre une assistance juridique aux scientifiques confrontés à ces situations.
    Depuis début décembre, un petit vade-mecum rédigé par l’organisation circule dans la communauté des chercheurs sur le climat pour préparer ceux-ci « au harcèlement politique et à l’intimidation juridique » : « En cas de doute, appeler un avocat », « séparer les e-mails professionnels et personnels », « ne pas répondre aux messages de harcèlement, mais ne pas les effacer », etc.

    Parades

    Les chercheurs redoutent également que l’activité scientifique elle-même soit entravée. L’équipe de transition de M. Trump a déclaré que la NASA devrait cesser ses activités d’observation de la Terre. Une telle décision aurait un impact considérable, au-delà de la recherche américaine. Car, rappelle Stefan Rahmstorf, directeur du Potsdam Institute for Climate Impact (Allemagne), « comprendre notre planète implique une coopération mondiale des systèmes d’observation ». « Nous pensons qu’il y a un risque que les financements de la recherche et des infrastructures scientifiques soient remis en cause, dit Mme McEntee. Mais ce sont des risques que le Congrès a déjà fait peser sur nous l’an passé et nous avons réussi à les éviter. »

    La situation est toutefois jugée suffisamment inquiétante par les chercheurs eux-mêmes pour que des listes de bases de données (températures, couverture des glaces, etc.) s’échangent sur les réseaux sociaux, afin que des sites miroirs soient créés hors des Etats-Unis ou sur des sites non administrés par des agences fédérales. « Sous l’administration Bush, des chercheurs avaient remarqué que des sites Web d’agences fédérales avaient été modifiés, voire supprimés, témoigne Michael Halpern. Il y a donc une volonté de se prémunir contre ce genre de menace. D’autant plus que dans le questionnaire [adressé par l’équipe de M. Trump au ministère de l’énergie], il y avait une question spécifique sur les sites Web relatifs au climat, créés ou modifiés par ces services au cours des trois dernières années. »

    Le vent de panique ne concerne pas seulement les sciences du climat. « Des scientifiques des universités commencent à regarder les bases de données relatives à d’autres disciplines et maintenues par des laboratoires fédéraux qui pourraient être menacées et qui doivent être sauvegardées », raconte M. Halpern. Début décembre, une centaine d’ONG américaines ont par ailleurs adressé une lettre ouverte à Donald Trump et au Congrès, leur demandant de prendre conscience de la crise climatique et d’y répondre sans tarder.

    Dans la sphère des négociations sur le climat, on réfléchit à des parades. « Il ne s’agit pas pour le moment de résistance, mais plutôt de réflexion autour du repli américain ou de l’idée d’intenter des procès contre les abus du pouvoir exécutif », confie l’ex-négociatrice de la France, Laurence Tubiana.

    Pour leur part, les climatologues gardent vif le souvenir de l’administration Bush. En février 2007, l’Union of Concerned Scientists avait mené une enquête auprès de 300 scientifiques issus de sept agences fédérales (NASA, NOAA, EPA, etc.). Quelque 46 % des répondants avaient déclaré avoir « été témoin ou fait personnellement l’expérience de pressions pour éliminer les expressions “changement climatique” ou “réchauffement global”, ou d’autres termes similaires, de toute une variété de communications ». Environ 40 % avaient constaté, sur les sites Internet de leur agence, « la publication anormalement retardée ou la disparition de rapports ou de documents scientifiques sur le climat ». Et près de la moitié avait remarqué « des exigences administratives nouvelles ou inhabituelles ayant entravé des travaux liés au climat ».

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  • L’Afrique de l’Ouest ne veut plus être intoxiquée au diesel soufré

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/02/l-afrique-de-l-ouest-ne-veut-plus-etre-intoxiquee-au-diesel-soufre_5041897_3

    Pour faire face à la pollution préoccupante qui sévit dans les villes, cinq pays ont drastiquement durci les normes applicables aux carburants.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/12/02/644x322/5041896_3_0569_station-d-essence-a-lagos-nigeria-en-mars-20_e57fdd5866f0810d98e24fe9cc359975.jpg

    L’Afrique de l’Ouest vient de franchir une étape décisive dans sa lutte contre la pollution de l’air liée au trafic routier, en particulier dans les centres urbains. Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Togo ont décidé de proscrire les carburants à haute teneur en soufre, importés massivement dans la région. Cet engagement a été pris par les ministres de l’environnement des quatre pays à l’issue d’une réunion, le 1er décembre à Abuja, la capitale du Nigeria.

    « Les carburants à faible teneur en soufre sont produits en quantité largement suffisante dans le monde pour absorber la demande des pays émergents qui se dotent de standards stricts », a estimé Jane Akumu, responsable de l’Afrique au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), qui parrainait la réunion.

    Ces mesures font suite à l’émotion suscitée par la publication, en septembre, d’un rapport de l’ONG suisse Public Eye, qui dénonçait la vente massive en Afrique de carburants toxiques par des traders pétroliers notamment installés à Genève.
    Le Nigeria a ainsi pris l’option radicale de diviser par soixante, dès le 1er juillet 2017, la teneur en soufre autorisée dans le diesel, qui passera de 3 000 à 50 parties par million (ppm). Ce pays de 180 millions d’habitants constitue de loin le plus grand marché africain. Sa décision est un tournant qui va influencer toute la sous-région.

    Un problème mortel

    De nombreuses villes d’Afrique de l’Ouest accusent des niveaux de pollution de l’air qui dépassent, parfois largement, les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des villes comme Lagos et Dakar affichent des taux de particules fines supérieurs à ceux de Pékin, pourtant connue pour son smog.

    De fait, la Chine s’alignera dès janvier 2017 sur les normes européennes, fixées à 10 ppm depuis 2009. L’Afrique, elle, est régie par les standards les plus faibles de la planète, avec des carburants 200 fois plus nocifs qu’en Europe. Onitsha, la ville la plus polluée du monde – elle est située au sud du Nigeria – connaît des niveaux dépassant les 500 microgrammes de particules fines par mètre cube d’air (µg/m3). Par comparaison, le niveau est de 28 µg/m3 à Paris.
    Le problème est mortel. Une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiée en septembre 2016 montre qu’en 2013, la pollution de l’air a causé 246 000 décès prématurés en Afrique, un nombre appelé à croître avec l’urbanisation galopante du continent. A cela s’ajoute la hausse massive des maladies respiratoires et cardiovasculaires.

    Le Ghana avait précédé le Nigeria en octobre, s’alignant lui aussi sur les recommandations du PNUE. A partir de mars 2017, l’ancienne colonie britannique n’importera que des carburants à faible teneur en soufre. S’agissant du diesel produit localement, les autorités ont imposé à la raffinerie nationale de se conformer au nouveau standard avant 2020. La Côte d’Ivoire et le Nigeria ont pris des mesures similaires, tout comme, en 2015, cinq pays d’Afrique de l’Est.
    Ces développements constituent un succès pour le PNUE qui, après être parvenu à faire de l’essence sans plomb un standard quasi universel, s’est attelé au soufre. Au contraire du plomb, qui est un additif, le soufre est naturellement contenu dans le pétrole brut. Mais celui-ci peut être raffiné de façon à atténuer ses effets nocifs sur la santé et l’environnement.

    Le problème des carburants à haute teneur en soufre est double. D’une part, ils sont intrinsèquement polluants en tant qu’émetteurs de dioxyde de soufre. D’autre part, la propriété corrosive du soufre détruit les technologies modernes de contrôle des émissions, comme les filtres à particule de diesel, accroissant les émissions de particules fines de même que celles d’autres polluants, comme l’oxyde d’azote ou le monoxyde de carbone. Ainsi, tout effort de réduction de la pollution liée au trafic routier passe d’abord par une limitation préalable du niveau de soufre admis.

    Des mélanges ultra-polluants effectués en mer

    Or plus de 50 % du diesel importé en Afrique de l’Ouest provient d’Europe. A eux seuls, les ports de la zone dite « ARA », qui regroupe Amsterdam, Rotterdam et Anvers, dotés d’importantes capacités de stockage et de raffinage, fournissent l’essentiel des volumes importés entre la Mauritanie et l’Angola.
    Bien que les carburants soient fortement réglementés au sein de l’Union européenne (UE), rien n’interdit l’exportation de diesel hautement soufré. Dans certains cas, les traders pétroliers suisses organisent le mélange en mer de carburants de qualité acceptable avec d’autres, ultra-polluants.

    La donne pourrait changer. L’enquête de Public Eye a déclenché de vives réactions au sein du conseil municipal de la ville d’Amsterdam, propriétaire du port. Les élus néerlandais ont adopté, mercredi 30 novembre, une motion exigeant du maire qu’il engage un dialogue avec le secteur pétrolier pour interdire la production et l’exportation de carburants ne répondant pas aux normes européennes.

    Il s’agit de réguler la pratique du « blending » (mélange). Ces méthodes, souvent légales, comportent leur part d’ombre, lorsqu’elles altèrent la qualité d’un carburant pour augmenter les bénéfices en profitant de la faiblesse des standards, comme en Afrique de l’Ouest.
    A en croire Public Eye, des négociants en pétrole genevois comme Trafigura et Vitol ont fait de cette activité leur modèle d’affaires. Derrière ces noms peu connus du grand public se cachent des mastodontes du commerce mondial possédant raffineries et cuves de stockages.

    En Afrique, ces firmes disposent de filiales spécialisées dans l’aval pétrolier, c’est-à-dire les activités d’importation et de distribution, opérant respectivement sous la marque Shell et Puma. A elles seules, ces deux enseignes contrôlent plus de 2 000 stations-service sur le continent. L’ONG suisse a prélevé des échantillons à la pompe dans huit pays d’Afrique : la teneur en soufre du diesel atteint jusqu’à 378 fois le niveau autorisé en Europe.

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  • Année noire pour la Grande Barrière de corail

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/30/annee-noire-pour-la-grande-barriere-de-corail_5040729_3244.html

    Dans sa partie nord, le joyau australien a perdu 67 % de ses coraux sous l’effet du réchauffement des eaux.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/11/30/644x322/5040725_3_8441_en-mars-et-avril-la-grande-barriere-de-corail_427c7328b5e652977abe2ebfc95648de.jpg

    L’année 2016 s’est avérée catastrophique pour la Grande Barrière de corail, au large de l’Etat du Queensland, dans le nord-est de l’Australie. En mars et avril, elle a été victime du pire épisode de blanchissement de coraux jamais enregistré. Un phénomène provoqué par la hausse de la température de l’eau. Les scientifiques étaient peu optimistes, mais espéraient que des coraux pourraient s’en remettre et survivre. On sait désormais que la partie nord de la Grande Barrière a été dévastée sur 700 kilomètres : elle a perdu en moyenne 67 % de ses coraux en quelques mois, selon le Centre d’excellence pour les études sur les récifs coralliens de l’université James-Cook dans le Queensland.

    La Grande Barrière de corail attire jusqu’à 2 millions de touristes par an et rapporte environ 5 milliards de dollars australiens (3,5 milliards d’euros) chaque année. L’Australie s’est engagée en 2015 à protéger ce joyau dans un plan qui prévoit toute une série d’actions d’ici à 2050. Plus de 2 milliards de dollars devraient être investis avant 2025, notamment pour améliorer la qualité de l’eau. Mais cela ne satisfait pas les scientifiques et les ONG.

    Ils reprochent à ce plan de ne pas répondre à la première menace pesant sur la Grande Barrière : le changement climatique. « Nous pensons qu’un plan crédible doit d’abord s’attaquer au réchauffement climatique. Cela commence par une interdiction des mines de charbon », a déclaré Shani Tager, de Greenpeace. Mais l’Australie, deuxième exportateur mondial de charbon, continue de défendre la plus polluante des énergies fossiles. Canberra devrait exposer son plan à l’Unesco, jeudi 1er décembre, pour informer l’agence onusienne des progrès réalisés. En juillet 2015, la Grande Barrière de corail avait évité de justesse un classement dans le « patrimoine en péril » de l’Unesco. Mais c’était avant cette année noire.

    https://seenthis.net/messages/546793 via enuncombatdouteux


  • Perturbateurs endocriniens : la fabrique d’un mensonge

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/29/perturbateurs-endocriniens-la-fabrique-d-un-mensonge_5039862_3244.html

    La Commission européenne a élaboré ses propres éléments de preuves pour éviter une réglementation trop sévère de ces substances dangereuses.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/11/29/644x322/5039861_3_2183_objets-du-quotidien-contenant-des-perturbateurs_ec582b5778b2017c9e5d1f411815e82f.jpg

    Tout, ou presque, tient en ces quelques mots : « Les perturbateurs endocriniens peuvent (…) être traités comme la plupart des substances [chimiques] préoccupantes pour la santé humaine et l’environnement. » C’est sur cette simple phrase, issue de la conclusion d’un avis de 2013 de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), que Bruxelles fonde son projet de réglementation des perturbateurs endocriniens, ces substances omniprésentes capables d’interférer avec le système hormonal à des doses souvent infimes.

    Cette proposition, qui devrait être votée sous peu par les Etats membres, fédère contre elle la France, le Danemark ou encore la Suède, mais aussi l’ensemble des organisations non gouvernementales (ONG) qui estiment qu’elle ne permet pas de protéger la santé publique et l’environnement.

    La communauté scientifique compétente, incarnée par l’Endocrine Society – une société savante qui rassemble quelque 18 000 chercheurs et cliniciens spécialistes du système hormonal – ferraille, elle aussi, contre le projet. Une opposition surprenante puisque la Commission européenne assure s’appuyer sur la science, c’est-à-dire sur une expertise scientifique de l’EFSA.

    L’explication de ce singulier hiatus se trouve dans une série de documents internes de l’administration européenne, obtenus par Le Monde. Ils le montrent sans aucune ambiguïté : la phrase clé sur laquelle repose l’édifice réglementaire proposé par la Commission a été rédigée avant même que l’expertise scientifique ait véritablement commencé.

    « Conclusions écrites à l’avance »

    En décembre 2012, l’EFSA expose déjà des « conclusions/recommandations » dans un courriel adressé aux experts qu’elle a rassemblés pour réaliser ce travail : « Les perturbateurs endocriniens et leurs effets nocifs devraient être traités comme tout autre produit chimique préoccupant pour la santé humaine ou l’environnement. » La phrase clé est déjà là. Pourtant, la toute première réunion de mise en place du travail ne s’est tenue que quelques jours auparavant. Fin mars 2013, c’est-à-dire trois mois plus tard, elle figurera bel et bien dans les conclusions de l’avis publié par l’agence.
    « Il est certain que les conclusions étaient écrites à l’avance, sinon sur le papier, au moins dans la tête de certains des participants », raconte une source proche du dossier au moment des faits. La Commission n’a pas donné suite aux questions du Monde. L’EFSA, quant à elle, assure avoir correctement rempli son mandat. « Le comité scientifique [de l’EFSA] a passé en revue les différents avis émanant de nombreux experts et assemblées », réagit l’agence européenne, interrogée elle aussi.

    Anodine pour le néophyte, la « phrase de l’EFSA » a en réalité une portée considérable. Car si les perturbateurs endocriniens sont effectivement des produits comme les autres, alors il n’est nul besoin d’une réglementation sévère.

    L’industrie des pesticides, la plus concernée par le dossier, l’a fort bien compris. Ses principales organisations de lobbying – l’Association européenne pour la protection des cultures (ECPA), CropLife International, CropLife America – ou encore les groupes agrochimiques allemands BASF ou Bayer répètent ad libitum la « phrase de l’EFSA » dans leurs argumentaires et leurs correspondances avec les institutions européennes, que Le Monde a consultées.

    De fait, la fameuse phrase revêt une importance majeure pour la réglementation européenne sur les produits phytosanitaires. C’est en 2009 que le Parlement européen a voté un nouveau « règlement pesticides ». Selon ce texte de loi, les pesticides identifiés a priori comme « perturbateurs endocriniens » ne pourront plus accéder au marché ou y rester, sauf lorsque l’exposition est jugée négligeable.
    Cette disposition n’attend plus qu’une chose pour être appliquée : l’adoption de critères scientifiques pour définir les perturbateurs endocriniens – ce que propose aujourd’hui Bruxelles. Mais puisque les perturbateurs endocriniens sont des produits chimiques comme les autres – c’est la « phrase de l’EFSA » qui le dit –, pourquoi les interdire a priori ?

    « Brèche majeure » dans la protection de la santé
    La Commission a donc modifié le texte. Il suffirait maintenant d’évaluer le risque qu’ils présentent au cas par cas, si des problèmes se présentent après leur mise sur le marché. Et donc a posteriori. Au prix d’un changement de l’esprit du règlement de 2009 ?
    Cette modification ouvrirait une « brèche majeure » dans la protection de la santé et de l’environnement, affirme EDC-Free Europe. Cette coalition d’ONG accuse la Commission de vouloir dénaturer la philosophie de la loi européenne.

    Surtout, cet amendement au règlement de 2009 pose un problème démocratique, un peu comme si des fonctionnaires avaient pris l’initiative de rédiger un décret d’application n’ayant rien à voir avec l’intention des élus. C’est aussi l’opinion du Parlement européen. Dans un courrier dont Le Monde a obtenu copie, le président de la commission de l’environnement du Parlement l’a écrit le 15 septembre au commissaire à la santé chargé du dossier, Vytenis Andriukaitis : la Commission a « excédé ses compétences d’exécution » en modifiant des « éléments essentiels » de la loi. Dans une note du 10 octobre, la France, le Danemark et la Suède ne disent pas autre chose, estimant qu’elle n’a pas le droit de revenir sur « le choix politique du législateur ».
    Ce reproche est d’autant plus fâcheux pour la Commission qu’elle est déjà dans l’illégalité sur le sujet. La Cour de justice européenne l’a en effet condamnée en décembre 2015 pour avoir violé le droit de l’Union : elle devait régler la question des critères d’identification des perturbateurs endocriniens avant fin 2013.

    La Commission, elle, reste imperturbable sous la giboulée de critiques. Elle assure avoir rempli la condition qui l’autorise à « actualiser » le règlement : prendre en compte l’évolution de « l’état des connaissances scientifiques », à savoir la fameuse petite phrase de l’EFSA. Celle sur laquelle repose sa justification.

    Mais pourquoi l’EFSA aurait-elle écrit à l’avance une conclusion en rupture avec le consensus scientifique ? Un document interne de la Commission obtenu par Le Monde jette une lumière crue sur les intentions de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire (« DG santé »), aujourd’hui chargée du dossier à la Commission.

    Un compte rendu de réunion consigne noir sur blanc qu’elle envisageait, dès septembre 2012, de passer outre la volonté des élus européens. La DG santé disait alors ne pas être « opposée à l’idée de revenir à une réglementation fondée sur l’évaluation du risque » et être « même prête à changer complètement » la partie du règlement concernée.

    Le même document précise plus loin que la DG santé devra « parler à l’EFSA pour essayer d’accélérer la préparation » de son avis. Or, à ce moment-là, l’avis de l’EFSA n’existe pas encore… L’agence vient tout juste d’être saisie pour mettre en place un groupe de travail sur les perturbateurs endocriniens.

    Un message mortifié

    Les conditions très particulières de cette expertise se lisent d’ailleurs dans les courriels que s’échangent les experts et les fonctionnaires de l’agence. Un mois avant la remise du rapport de l’EFSA, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publient un rapport conjoint sur les perturbateurs endocriniens.
    Un des experts commis par l’EFSA envoie un message mortifié à l’ensemble du groupe : « Il est presque embarrassant de comparer notre version actuelle avec le rapport OMS/PNUE. (…) Quand le rapport de l’OMS/PNUE parvient à la conclusion que la méthode traditionnelle d’évaluation des risques des produits chimiques est inadéquate [pour les perturbateurs endocriniens], nous arrivons à la conclusion exactement opposée. »

    Le scientifique juge indispensable de changer radicalement leurs conclusions. Le fonctionnaire de l’EFSA qui supervise le travail du groupe abonde dans son sens. Les « conclusions actuelles où nous expliquons que les perturbateurs endocriniens peuvent être traités comme la plupart des autres substances chimiques (…) nous isolent du reste du monde et pourraient être difficiles à défendre », écrit-il. Pourtant, quand l’avis de l’EFSA est publié le 20 mars 2013, il arbore toujours, imperturbablement, la petite phrase.
    « Ce devait être une procédure fondée sur la science, une élaboration de politique fondée sur les preuves », désapprouve quant à lui Axel Singhofen, conseiller du groupe des Verts-Alliance libre européenne au Parlement européen. « Mais ce à quoi nous assistons, ajoute-t-il, c’est à de l’élaboration de preuves fondée sur la politique. »

    Des substances omniprésentes

    Omniprésents dans les objets de consommation, les perturbateurs endocriniens sont des produits chimiques qui imbibent notre environnement quotidien (plastiques, mobilier, cosmétiques etc.), contaminent la nature et nos aliments (pesticides, matériaux des emballages etc.), et pénètrent dans nos organismes (sang, lait maternel etc.). Capables d’interférer avec le système hormonal, ils sont reliés à de multiples maladies en augmentation chez l’homme. Ce sont les conséquences irréversibles d’une exposition pendant la grossesse qui suscitent le plus d’inquiétude. Cancers du sein, de la prostate et des testicules, diabète ou infertilité : la liste est longue et inclut des dommages sur l’intelligence collective avec des atteintes au développement du cerveau qui entraînent un baisse du quotient intellectuel moyen. Leur coût pour la société a été estimé à au moins 157 milliards d’euros par an en Europe par une équipe internationale de chercheurs dirigée par Leo Trasande (université de New York).

    https://seenthis.net/messages/546513 via enuncombatdouteux


  • Perturbateurs endocriniens : la fabrique d’un mensonge

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/29/perturbateurs-endocriniens-la-fabrique-d-un-mensonge_5039862_3244.html

    La Commission européenne a élaboré ses propres éléments de preuves pour éviter une réglementation trop sévère de ces substances dangereuses.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/11/29/644x322/5039861_3_2183_objets-du-quotidien-contenant-des-perturbateurs_ec582b5778b2017c9e5d1f411815e82f.jpg

    Tout, ou presque, tient en ces quelques mots : « Les perturbateurs endocriniens peuvent (…) être traités comme la plupart des substances [chimiques] préoccupantes pour la santé humaine et l’environnement. » C’est sur cette simple phrase, issue de la conclusion d’un avis de 2013 de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), que Bruxelles fonde son projet de réglementation des perturbateurs endocriniens, ces substances omniprésentes capables d’interférer avec le système hormonal à des doses souvent infimes.

    Cette proposition, qui devrait être votée sous peu par les Etats membres, fédère contre elle la France, le Danemark ou encore la Suède, mais aussi l’ensemble des organisations non gouvernementales (ONG) qui estiment qu’elle ne permet pas de protéger la santé publique et l’environnement.

    La communauté scientifique compétente, incarnée par l’Endocrine Society – une société savante qui rassemble quelque 18 000 chercheurs et cliniciens spécialistes du système hormonal – ferraille, elle aussi, contre le projet. Une opposition surprenante puisque la Commission européenne assure s’appuyer sur la science, c’est-à-dire sur une expertise scientifique de l’EFSA.

    L’explication de ce singulier hiatus se trouve dans une série de documents internes de l’administration européenne, obtenus par Le Monde. Ils le montrent sans aucune ambiguïté : la phrase clé sur laquelle repose l’édifice réglementaire proposé par la Commission a été rédigée avant même que l’expertise scientifique ait véritablement commencé.

    « Conclusions écrites à l’avance »

    En décembre 2012, l’EFSA expose déjà des « conclusions/recommandations » dans un courriel adressé aux experts qu’elle a rassemblés pour réaliser ce travail : « Les perturbateurs endocriniens et leurs effets nocifs devraient être traités comme tout autre produit chimique préoccupant pour la santé humaine ou l’environnement. » La phrase clé est déjà là. Pourtant, la toute première réunion de mise en place du travail ne s’est tenue que quelques jours auparavant. Fin mars 2013, c’est-à-dire trois mois plus tard, elle figurera bel et bien dans les conclusions de l’avis publié par l’agence.
    « Il est certain que les conclusions étaient écrites à l’avance, sinon sur le papier, au moins dans la tête de certains des participants », raconte une source proche du dossier au moment des faits. La Commission n’a pas donné suite aux questions du Monde. L’EFSA, quant à elle, assure avoir correctement rempli son mandat. « Le comité scientifique [de l’EFSA] a passé en revue les différents avis émanant de nombreux experts et assemblées », réagit l’agence européenne, interrogée elle aussi.

    Anodine pour le néophyte, la « phrase de l’EFSA » a en réalité une portée considérable. Car si les perturbateurs endocriniens sont effectivement des produits comme les autres, alors il n’est nul besoin d’une réglementation sévère.

    L’industrie des pesticides, la plus concernée par le dossier, l’a fort bien compris. Ses principales organisations de lobbying – l’Association européenne pour la protection des cultures (ECPA), CropLife International, CropLife America – ou encore les groupes agrochimiques allemands BASF ou Bayer répètent ad libitum la « phrase de l’EFSA » dans leurs argumentaires et leurs correspondances avec les institutions européennes, que Le Monde a consultées.

    De fait, la fameuse phrase revêt une importance majeure pour la réglementation européenne sur les produits phytosanitaires. C’est en 2009 que le Parlement européen a voté un nouveau « règlement pesticides ». Selon ce texte de loi, les pesticides identifiés a priori comme « perturbateurs endocriniens » ne pourront plus accéder au marché ou y rester, sauf lorsque l’exposition est jugée négligeable.
    Cette disposition n’attend plus qu’une chose pour être appliquée : l’adoption de critères scientifiques pour définir les perturbateurs endocriniens – ce que propose aujourd’hui Bruxelles. Mais puisque les perturbateurs endocriniens sont des produits chimiques comme les autres – c’est la « phrase de l’EFSA » qui le dit –, pourquoi les interdire a priori ?

    « Brèche majeure » dans la protection de la santé
    La Commission a donc modifié le texte. Il suffirait maintenant d’évaluer le risque qu’ils présentent au cas par cas, si des problèmes se présentent après leur mise sur le marché. Et donc a posteriori. Au prix d’un changement de l’esprit du règlement de 2009 ?
    Cette modification ouvrirait une « brèche majeure » dans la protection de la santé et de l’environnement, affirme EDC-Free Europe. Cette coalition d’ONG accuse la Commission de vouloir dénaturer la philosophie de la loi européenne.

    Surtout, cet amendement au règlement de 2009 pose un problème démocratique, un peu comme si des fonctionnaires avaient pris l’initiative de rédiger un décret d’application n’ayant rien à voir avec l’intention des élus. C’est aussi l’opinion du Parlement européen. Dans un courrier dont Le Monde a obtenu copie, le président de la commission de l’environnement du Parlement l’a écrit le 15 septembre au commissaire à la santé chargé du dossier, Vytenis Andriukaitis : la Commission a « excédé ses compétences d’exécution » en modifiant des « éléments essentiels » de la loi. Dans une note du 10 octobre, la France, le Danemark et la Suède ne disent pas autre chose, estimant qu’elle n’a pas le droit de revenir sur « le choix politique du législateur ».
    Ce reproche est d’autant plus fâcheux pour la Commission qu’elle est déjà dans l’illégalité sur le sujet. La Cour de justice européenne l’a en effet condamnée en décembre 2015 pour avoir violé le droit de l’Union : elle devait régler la question des critères d’identification des perturbateurs endocriniens avant fin 2013.

    La Commission, elle, reste imperturbable sous la giboulée de critiques. Elle assure avoir rempli la condition qui l’autorise à « actualiser » le règlement : prendre en compte l’évolution de « l’état des connaissances scientifiques », à savoir la fameuse petite phrase de l’EFSA. Celle sur laquelle repose sa justification.

    Mais pourquoi l’EFSA aurait-elle écrit à l’avance une conclusion en rupture avec le consensus scientifique ? Un document interne de la Commission obtenu par Le Monde jette une lumière crue sur les intentions de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire (« DG santé »), aujourd’hui chargée du dossier à la Commission.

    Un compte rendu de réunion consigne noir sur blanc qu’elle envisageait, dès septembre 2012, de passer outre la volonté des élus européens. La DG santé disait alors ne pas être « opposée à l’idée de revenir à une réglementation fondée sur l’évaluation du risque » et être « même prête à changer complètement » la partie du règlement concernée.

    Le même document précise plus loin que la DG santé devra « parler à l’EFSA pour essayer d’accélérer la préparation » de son avis. Or, à ce moment-là, l’avis de l’EFSA n’existe pas encore… L’agence vient tout juste d’être saisie pour mettre en place un groupe de travail sur les perturbateurs endocriniens.

    Un message mortifié

    Les conditions très particulières de cette expertise se lisent d’ailleurs dans les courriels que s’échangent les experts et les fonctionnaires de l’agence. Un mois avant la remise du rapport de l’EFSA, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publient un rapport conjoint sur les perturbateurs endocriniens.
    Un des experts commis par l’EFSA envoie un message mortifié à l’ensemble du groupe : « Il est presque embarrassant de comparer notre version actuelle avec le rapport OMS/PNUE. (…) Quand le rapport de l’OMS/PNUE parvient à la conclusion que la méthode traditionnelle d’évaluation des risques des produits chimiques est inadéquate [pour les perturbateurs endocriniens], nous arrivons à la conclusion exactement opposée. »

    Le scientifique juge indispensable de changer radicalement leurs conclusions. Le fonctionnaire de l’EFSA qui supervise le travail du groupe abonde dans son sens. Les « conclusions actuelles où nous expliquons que les perturbateurs endocriniens peuvent être traités comme la plupart des autres substances chimiques (…) nous isolent du reste du monde et pourraient être difficiles à défendre », écrit-il. Pourtant, quand l’avis de l’EFSA est publié le 20 mars 2013, il arbore toujours, imperturbablement, la petite phrase.
    « Ce devait être une procédure fondée sur la science, une élaboration de politique fondée sur les preuves », désapprouve quant à lui Axel Singhofen, conseiller du groupe des Verts-Alliance libre européenne au Parlement européen. « Mais ce à quoi nous assistons, ajoute-t-il, c’est à de l’élaboration de preuves fondée sur la politique. »

    Des substances omniprésentes

    Omniprésents dans les objets de consommation, les perturbateurs endocriniens sont des produits chimiques qui imbibent notre environnement quotidien (plastiques, mobilier, cosmétiques etc.), contaminent la nature et nos aliments (pesticides, matériaux des emballages etc.), et pénètrent dans nos organismes (sang, lait maternel etc.). Capables d’interférer avec le système hormonal, ils sont reliés à de multiples maladies en augmentation chez l’homme. Ce sont les conséquences irréversibles d’une exposition pendant la grossesse qui suscitent le plus d’inquiétude. Cancers du sein, de la prostate et des testicules, diabète ou infertilité : la liste est longue et inclut des dommages sur l’intelligence collective avec des atteintes au développement du cerveau qui entraînent un baisse du quotient intellectuel moyen. Leur coût pour la société a été estimé à au moins 157 milliards d’euros par an en Europe par une équipe internationale de chercheurs dirigée par Leo Trasande (université de New York).

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  • Des légumes, des poissons et du houblon cultivés sur les toits ou dans les parkings de Paris

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/05/des-legumes-des-poissons-et-du-houblon-cultives-sur-les-toits-ou-dans-les-pa

    Une serre maraîchère de 1 800 m2, bordée d’une prairie, d’un jardin fruitier et d’une ruche ; une ferme aquaponique produisant des légumes et des poissons d’eau douce ; une serre conjuguant potager urbain et bar restaurant locavore… Les lauréats de l’appel à projets Parisculteurs, lancé en avril par la Ville de Paris, ont été dévoilés jeudi 3 novembre. Mêlant paysagistes, agriculteurs, architectes, associations, start-up, 33 équipes ont été sélectionnées pour végétaliser ou cultiver toits, terrasses voire parkings, mis à disposition pour 13 d’entre eux par la Ville de Paris, et pour 20 par des partenaires (bailleurs sociaux, RATP, entreprises privées…).

    http://s1.lemde.fr/image/2016/11/05/644x322/5026021_3_82b6_perspective-de-la-ferme-maraichere-qui-c_c29014ce5238e935add8bff3b14ee4cf.jpg

    S’ils ont tous comme fil rouge l’agroécologie, les projets retenus mettent en œuvre une grande variété de techniques de culture : aquaponie, aéroponie, permaculture, culture en bac, hydroponie champignonnière… « L’imagination et l’inventivité dont témoignent les projets prouvent que notre engagement pour une ville moins minérale, plus végétale et “comestible” n’est pas une chimère, se félicite Pénélope Komitès, adjointe aux Espaces verts de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Ils sont des réponses concrètes au double défi climatique et alimentaire auquel les villes et métropoles sont confrontées. »

    Ces 5,5 hectares de parcelles végétalisées et cultivées vont contribuer à la rétention des eaux de pluie et à la réduction des îlots de chaleurs dans la ville. Et leur production empruntera les circuits courts de distribution. Elle sera vendue sur les marchés et/ou aux restaurants avoisinants, livrée sous forme de paniers aux habitants du quartier, voire directement cueillie par eux. Au total, 425 tonnes de fruits et légumes, 24 tonnes de champignons, 3 tonnes de poissons, 95 kilogrammes de miel et 8 000 litres de bières seront chaque année produits et livrés dans Paris.

    https://seenthis.net/messages/539762 via enuncombatdouteux


  • Mauricio Garcia-Pereira, l’homme qui a filmé l’horreur de l’abattoir de Limoges

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/03/mauricio-garcia-pereira-le-lanceur-d-alerte-de-l-abattoir-de-limoges_5024502

    Employé depuis sept ans sur le site, ce salarié espagnol a filmé clandestinement l’abattage de vaches gestantes, pour dénoncer une situation « abominable ».

    http://s1.lemde.fr/image/2016/11/03/644x322/5024501_3_4260_mauricio-garcia-pereira-travaille-aux_d08af01b62085c7c6483226140b12af1.jpg

    La seule chose qu’il dit craindre, c’est que l’on s’attaque à ses enfants. Pour le reste, il veut tout assumer. Mauricio Garcia-Pereira, employé par l’abattoir municipal de Limoges, est le premier ouvrier à dénoncer à visage découvert un « scandale » au sein de ce monde hermétique : l’abattage de vaches gestantes, une pratique légale mais pour autant choquante. « Tous les jours, au moins cinquante fois par semaine, on tue des femelles pleines. On voit passer les utérus, plus ou moins gros, qu’on balance à la poubelle, enrage-t-il. Comment peut-on tuer les veaux ? C’est abominable. »

    Dans le salon de son modeste appartement, situé dans un immeuble HLM de la capitale limousine, l’Espagnol de 47 ans, sec et nerveux, raconte comment a débuté cette « guerre » qu’il compte mener « sans relâche ». Dans un coin, la télé tourne en boucle. Sur le canapé, un coussin Spiderman jouxte une petite table supportant une tasse Maryline Monroe ébréchée. Seule fantaisie au mur, quelques photos plastifiées de ses deux garçons, âgés de 9 et 15 ans.

    « Quand je suis entré pour la première fois à l’abattoir, fin 2009, j’étais fier », se souvient-il. Avant, Mauricio Garcia-Pereira enchaînait petits boulots et grandes galères. « J’ai pas mal bossé dans le commercial : je crois que j’ai tout vendu, des encyclopédies, des couteaux suisses, des aspirateurs. Et j’ai longtemps été serveur. » En 2007, il quitte la restauration, qui « l’a empêché de voir ses fils grandir », pour suivre une courte formation dans le bâtiment. Mais la crise économique éclate, en même temps que ses projets de reconversion.

    Enfance dans une ferme

    « L’agence d’intérim m’a demandé si j’avais peur du sang et des odeurs, de tuer des bêtes. Il y avait du boulot en abattoir. » Cadences élevées, horaires décalés, tâches physiques, répétitives et parfois dangereuses : les postes y sont durs et ingrats, parmi les pires de l’industrie française.

    Mais Mauricio se sent de les affronter. « J’ai grandi dans une immense ferme, sur 400 hectares, en Galice, justifie-t-il. Les propriétaires élevaient 2 000 vaches et 10 000 porcs et employaient mes parents. » Le père est comptable, la mère fait les ménages et les repas. Durant ses vacances, le jeune garçon se lève à 6 heures pour nourrir les vaches ou donner le biberon aux veaux. Déjà, il n’aime pas l’école, mais « adore » les animaux.

    En 1998, alors qu’il est saisonnier en Andorre, il rencontre la mère de ses enfants, originaire de Limoges. Il s’installe alors dans la préfecture de la Haute-Vienne, qu’il ne quittera plus, même après leur séparation en 2007. Quand il décroche son premier contrat à durée indéterminée (CDI), au bout d’un an à l’abattoir, il en a « la larme à l’œil ».
    Si le travail n’est « pas cher payé » (1 350 euros nets mensuels), il permet de nourrir ses enfants. Mauricio change tous les jours de poste mais pense constamment à eux, qu’il aspire la moelle épinière des bœufs ou qu’il pèse les carcasses en fin de chaîne. « Je me dis que c’est de la viande que mes fils vont manger, donc je me donne à fond. S’il y a une irrégularité, je fais arrêter la chaîne », se vante-t-il en mimant la scène, avec son fort accent espagnol.

    Métier qui « déshumanise »

    Pourtant, quelque chose ne passe pas. « J’avais déjà repéré, quand j’étais à l’abattage, cette poche bleu clair ou rose tomber du ventre ouvert de la vache, avec les boyaux et la panse », explique-t-il. Mais c’est vraiment à l’atelier de la boyauderie, où les ouvriers trient les viscères, que Mauricio a un « choc » : « Quand j’ai ouvert l’utérus et que j’ai vu le veau, presque entièrement formé, avec des poils, je me suis dit que ça n’était pas possible. Il pesait 25 à 30 kg et mesurait plus d’un mètre. Je ne pouvais pas le soulever alors je l’ai poussé vers la poubelle, sur le plan de travail glissant et gluant. »
    Mauricio va chercher un responsable, qui lui assure qu’« il n’y a aucun problème » et de « faire comme d’habitude ». Ni le vétérinaire ni les salariés ne bronchent. « Quand on en parle entre collègues, on se dit que c’est dégueulasse et on continue, raconte-t-il. Ce métier déshumanise tellement. »

    Mauricio Garcia-Pereira commence à accumuler des preuves, des photos et des vidéos qu’il prend avec son portable. En février, la publication d’une vidéo de l’association L214, dénonçant des cas de maltraitance animale à l’abattoir du Vigan (Gard), constitue un premier déclic. « Je me suis dit : “Si ça choque les gens, imagine-toi si je leur montre mes fœtus.” » Il contacte alors l’association qui lui fournit une caméra GoPro pour filmer à la dérobée. La réaction horrifiée de son aîné lorsqu’il lui montre le résultat achève de le convaincre.

    « Je veux que le peuple français soit au courant. La balle est maintenant dans son camp, pour voter une loi interdisant la pratique », assure-t-il. Et après ? Mauricio Garcia-Pereira espère être licencié par l’abattoir pour « changer de secteur », et « poursuivre le combat jusqu’au Parlement européen si besoin » – sans pour autant arrêter de manger de la viande.

    « Je suis convaincu que la majorité de mes collègues vont me soutenir, avance-t-il. La faute est collective, entre les abattoirs, les vétérinaires ou la grande distribution, mais c’est surtout l’absence de loi pour interdire la pratique qui est en cause. »

    https://seenthis.net/messages/539279 via enuncombatdouteux


  • Que faire des 43 millions de tonnes de #déblais de terre du Grand Paris ?
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/21/que-faire-des-43-millions-de-tonnes-de-deblais-de-terre-du-grand-paris_50180
    http://s1.lemde.fr/image/2016/10/21/644x322/5018056_3_e4d5_maison-de-famille-de-290-m2-a-schlins-en-a_a0e762e09c9da1d3779a6369d1ff386e.jpg

    Que faire des montagnes de déchets de terre qui ne cessent de croître et s’étendent à perte de vue, tels des paysages lunaires, sur le territoire de certaines communes ?

    ..

    Pourquoi en effet ces monceaux de rebuts ne seraient-ils pas recyclés et transformés en matériaux de construction ? « Après tout, la construction en terre est une tradition ancestrale, rappelle l’architecte Paul-Emmanuel Loiret. Si les pays développés ont, après la seconde guerre mondiale, abandonné la terre au profit de matériaux industriels (ciment, acier, aluminium…) pour construire, à grande échelle, plus vite, plus haut et “plus moderne”, un tiers de l’humanité vit aujourd’hui dans des édifices en terre. »
    « La France elle-même regorge de patrimoines architecturaux bâtis en terre il y a des siècles et toujours habités, comme les maisons et fermes en pisé de la région Auvergne-Rhône-Alpes, les longères d’Ille-et-Vilaine autour de Rennes ou encore les maisons en torchis et à colombages de Normandie et de l’est de la France », rappelle-t-il.

    Les 4 500 sondages géotechniques réalisés par la Société du Grand Paris avant le lancement du chantier du Grand Paris Express ont révélé une grande richesse du sous-sol francilien. « Celui-ci contient une grande quantité d’#argiles et de #limons, aujourd’hui très peu valorisés, mais qui peuvent servir à constituer des matériaux de construction en terre crue, avec du sable, des graviers, des cailloux », explique Serge Joly, commissaire avec son homologue Paul-Emmanuel Loiret de l’exposition « Terres de Paris. De la matière au matériau », qui se tient jusqu’au 8 janvier au Pavillon de l’Arsenal, à Paris. Une exposition qui révèle le potentiel jusqu’alors inexploré de toutes ces terres excavées en Ile-de France et qui présente les différentes techniques de valorisation possibles.

    #construction #terre (à ne pas confondre l’autre :))

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  • Semences toxiques : les manœuvres de Syngenta pour échapper à la justice
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/19/les-man-uvres-de-syngenta-pour-echapper-a-la-justice_5016425_3244.html

    Tout ça pour ça. Il semble en effet que personne ne paiera quoi que ce soit dans l’affaire des semences périmées en partie enrobées d’insecticides neurotoxiques que juge le tribunal correctionnel de Paris depuis mardi 18 octobre. Mercredi, le ministère public a requis une amende de 10 000 euros avec sursis à l’encontre de Bernard Béteille, l’exploitant agricole du Lot-et-Garonne qui a enfoui pendant quatre ans des tonnes de ces déchets dangereux pour l’environnement à la demande de Syngenta, qui voulait s’en débarrasser à bon prix.

    Pourtant le groupe suisse n’aura vraisemblablement pas à répondre de ses pratiques. « Vous aurez compris que votre tribunal ne pourra pas se prononcer à son encontre, a lancé la procureure, Aude Le Guilchner, à l’adresse des juges. Vous pourrez juste constater la disparition de sa filiale qui est extrêmement impliquée, une disparition tout de même troublante qui continue d’interpeller le ministère public… »

    La veille, à l’ouverture de l’audience, l’avocate de Syngenta, Sylvie Moreau Bloch, était passée prévenir « par courtoisie » qu’elle ne plaiderait pas, n’assisterait pas non plus aux débats puisque son client n’existait plus. Pour échapper aux poursuites, la firme a en effet dissous sa filiale #Syngenta Seeds Holding, dont elle était l’unique actionnaire. Elle l’a fait le 21 novembre 2011, cinq jours après avoir appris que celle-ci était renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris.

    #semences #toxicité #pollution #crapule

    https://seenthis.net/messages/534882 via odilon


  • Perturbateurs endocriniens : un poids énorme sur l’économie américaine

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/18/le-poids-enorme-des-perturbateurs-endocriniens-sur-l-economie-americaine_501

    Environ 340 milliards de dollars (308 milliards d’euros) par an : le chiffre est si faramineux qu’il soulève nécessairement le scepticisme. Pourtant, à en croire l’analyse conduite par des chercheurs américains et publiée mardi 18 octobre dans la revue The Lancet Diabetes and Endocrinology, il ne s’agit pas d’une exagération mais plutôt d’une sous-estimation du coût économique annuel, aux Etats-Unis, des dégâts sanitaires (obésité, diabète, troubles de la fertilité, troubles neuro-comportementaux, etc.) attribuables aux perturbateurs endocriniens (PE).

    http://s1.lemde.fr/image/2016/10/18/644x322/5015391_3_4abb_certains-recipients-alimentaires-contiennent_71813fb4c73539a407291aab377717de.jpg

    Quels sont les maladies et les troubles en jeu ? Obésité et diabète (5 milliards de dollars annuels attribuables aux PE), troubles de l’appareil reproducteur et infertilité (45 milliards de dollars) ou, surtout, les effets neurologiques et neuro-comportementaux qui se taillent la part du lion, avec un coût de plus de 280 milliards de dollars par an. Une grande part de ce fardeau étant dû à l’érosion des capacités intellectuelles, calculées en points de quotient intellectuel (QI), des enfants exposés in utero à des PE ayant des effets nocifs sur le neuro-développement.

    Comment évaluer le poids économique de cette perte d’intelligence collective ? « La littérature scientifique documentant avec rigueur la perte de productivité économique provoquée par la perte de QI est substantielle, répond M. Trasande. Nous savons qu’à chaque point de QI perdu correspond une perte moyenne de 2 % de productivité économique sur l’ensemble d’une vie. A l’échelle d’une population, c’est très important. »

    Il est tentant de rapporter le coût de 340 milliards de dollars mis en évidence en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) américain – soit 2,3 % en l’occurrence. Cela peut être trompeur. « Attention : ce genre d’externalités négatives ne se traduit pas automatiquement par une baisse de même ampleur du PIB, prévient l’économiste Alain Grandjean. Evaluer les effets réels de ces coûts cachés sur le PIB relève d’un autre exercice, très compliqué. »

    En substance, si certains des coûts mis au jour peuvent conduire à une baisse du PIB, d’autres peuvent se traduire, de manière paradoxale, par une hausse de l’activité. Derrière un « coût » peuvent en effet se cacher des phénomènes disparates, comme une baisse de productivité économique, le développement de médicaments ou les frais de prise en charge médicale, etc. « Ce genre d’interrogation a au moins un avantage collatéral, conclut M. Grandjean. Cela montre clairement que le PIB n’est pas un indicateur de bien-être. »

    https://seenthis.net/messages/534351 via enuncombatdouteux