Le Partage

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  • Naissance et mort au Paléolithique récent européen (par Ana Minski)

    « L’obstétrique a été construite par des hommes à une époque où les femmes étaient exclues de toutes les fonctions décisionnelles, et où leur parole n’avait pas la moindre importance.
    Les médecins ont donc décrit l’accouchement à travers le prisme des stéréotypes de genre et à une époque où la médecine était obsédée par l’hystérie.
    Il était attendu des femmes qu’elles soient posées, fragiles, discrètes, silencieuses et sujettes aux évanouissements délicats. Ainsi les femmes ont-elles été dépossédées par les hommes de leur capacité naturelle à mettre au monde, et ainsi la position allongée, l’immobilité et le silence furent-ils imposés aux parturientes sous peine de risquer leur vie et celle du bébé.
    D’où cette peur très répandue de l’accouchement.
    D’ailleurs, certains croient encore au dilemme obstétrical qui a pourtant été sérieusement remis en question en 2006[5].
    Des textes ethnologiques témoignent également de la capacité des femmes à mettre au monde leur enfant seule, dans la jungle, derrière un buisson, dans la rivière, sans l’aide de personne et sans difficulté apparente.
    Les femmes, libérées des mythes patriarcaux, savent mieux que n’importe quel spécialiste diplômé comment se positionner pour l’expulsion du bébé : accroupie, dans l’eau ou à quatre pattes[6]. »

    #femme #féminisme #patriarcat #naissance #accouchement #vie #civilisation #préhistoire

    http://partage-le.com/2019/02/naissance-et-mort-au-paleolithique-recent-europeen-par-ana-minski

    https://seenthis.net/messages/761821 via Kourgette


  • #collapsologie en mode administration du désastre parce que ce terme est tellement galvaudé qu’il est devenu le “backdoor” de tous les suppôts du productivisme en mode “globalized” qui nous enjoignent de devenir “résilients”. La “résilience” est un vaste enfumage, seule la Résistance paiera.

    Un texte de Nicolas Casaux (Deep Green Resistance) #DGR qui commence par cette introduction :

    J’ai récemment proposé une tribune à Reporterre. Elle ne leur a pas plu. Je la publie donc ici avec, en complément, un passage rapidement traduit du dernier livre de Theodore Kaczynski, Anti-Tech Revolution, Why and How ? [Révolution anti-tech, pourquoi et comment  ?], qui rejoint l’objet de ma tribune.

    Le ton est donné, je vous livre la suite :

    http://partage-le.com/2019/02/sauver-la-civilisation-sauver-le-monde-regler-tous-nos-problemes-etc

    https://seenthis.net/messages/760551 via Sombre



  • « Ça commence par moi », quelle blague (par Kevin Amara) – Le Partage
    http://partage-le.com/2018/10/ca-commence-par-moi-quelle-blague-par-kevin-amara

    Dimanche 3 mars 2019

    Ce dimanche matin, en me levant, j’ai ressenti une envie pressante de changer le monde. Pas une journée ne passe sans qu’on entende parler de fonte des glaces, de réchauffement climatique, d’érosion des sols, d’acidification des espèces… je m’embrouille mais en tout cas, tous les jours, on sait un peu plus que la veille que le château brûle, et on ne fait rien. Je ne veux plus de cette passivité. Je veux arrêter avec cette sidération qui m’empêche d’avancer. Je veux et je vais faire quelque chose. Changer le monde, ça commence par se changer soi-même. C’est ce qu’ils disent tous. J’ai vraiment l’impression que tout le monde se conscientise en ce moment. Les chanteurs chantent à propos du changement climatique, les youtubeurs font des vidéos sur la surchauffe des serveurs, les stars de l’industrie du cinéma agissent en se mobilisant pour qu’on se mobilise : bref, je sens bien qu’il y a un sursaut collectif, et je veux en être.

    #égologie

    https://seenthis.net/messages/732909 via Sombre


  • Lire, écrire et la révolution (par Derrick Jensen) – Le Partage
    http://partage-le.com/2018/08/lire-ecrire-et-la-revolution-par-derrick-jensen
    http://partage-le.com/wp-content/uploads/2018/08/ecole-1024x564.png

    Comment entretenir des relations qui ne soient pas coercitives dans un système qui ne l’encourage pas  ? C’est très complexe. Je sais que mes élèves se rebellent contre leur propre expérience de l’oppression, mais j’en subis les conséquences. Et puis il y a des étudiants qui ont été tellement blessés par leurs parents, leurs enseignants, et d’autres figures d’autorité que tous mes efforts pour les atteindre sont vains. Que puis-je faire  ? Un de mes élèves les plus malpolis, par exemple, a prononcé un excellent discours de fin d’année sur le thème de la violence psychologique à l’encontre des enfants et de la manière dont elle est ressentie. Je n’avais pas réussi à l’atteindre dans mes cours — il avait été impoli de bout en bout — et soudain, je comprenais pourquoi. Et j’en étais désolée. J’imagine que tout cela nous mène à trois questions : 1– La matière qui émane du patriarcat capitaliste et suprémaciste vaut-elle d’être enseignée  ? 2– Je sais que la raison d’être d’une véritable éducation est de permettre aux gens d’en apprendre sur eux-mêmes et sur le monde, mais, alors, concrètement, qu’est-il essentiel d’apprendre  ? Et 3– Comment cela peut-il fonctionner  ? »

    #école #oppression #domination

    https://seenthis.net/messages/720662 via Agnès Maillard


  • Si vous allez à San Francisco, vous y verrez des seringues et de la merde (par Nicolas Casaux)
    http://partage-le.com/2018/07/si-vous-allez-a-san-francisco-vous-y-verrez-des-seringues-et-de-la-merde

    (Revue de presse Les Crises : https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-12-08-2018 )

    La ville de San Francisco est régulièrement promue dans les médias de masse comme un modèle de gestion écologique des déchets pour son taux de recyclage de 80%. En France, le film documentaire #Demain, réalisé par #Mélanie_Laurent et #Cyril_Dion, a beaucoup participé à la diffusion de cette idée. Partout où il passe, Cyril Dion brandit le cas de San Francisco comme une preuve de ce qu’il est possible de rendre une ville écolo-durable (« L’exemple le plus impressionnant, que nous présentons dans le film, est celui de la ville de San Francisco qui recycle 80 % de ses déchets »). Si seulement.

    Affirmer que San Francisco est un modèle de ville durable est une sacrée performance. Ou peut-être est-ce au contraire d’une simplicité confondante : il suffit de répéter cette affirmation sans l’étudier, sans aucun esprit critique. En creusant un peu, on réalise rapidement qu’elle se base sur un certain nombre d’absurdités. À commencer par le fait que le taux de 80% est une arnaque comptable[1]. La ville comptabilise en effet dans son calcul du taux de déchets recyclés, entre autres bizarreries, les déchets du bâtiment et des travaux publics. Ce qu’aucune ville ne fait[2]. Sans ce tour de passe-passe, le taux de recyclage de la ville serait plutôt de l’ordre de 60%. Au passage, on notera que Recology, l’entreprise chargée de la gestion des déchets de la ville, a été condamnée à payer 1,3 million de dollars en 2014 pour des pratiques frauduleuses. Mais cette arnaque comptable n’est rien au regard de ce qui suit.

    La ville de San Francisco (870 000 habitants) produit chaque année toujours plus de déchets, en 2013 elle en a produit plus de 2 millions de tonnes, quand la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (plus d’un million d’habitants) n’en produisait que 653 226 tonnes. Un modèle. La ville de San Francisco génère chaque jour environ 1 200 tonnes[3] de déchets non recyclables et non compostables qui sont enfouies sous terre. Un modèle.

    En outre, ce qu’ils (les gouvernements, les entreprises et les médias de masse) qualifient de #recyclage n’a rien d’écologique. Le traitement des déchets se fait toujours loin hors de la ville, dans des usines énergivores (sauf pour le bois/papier qu’ils brûlent en usine de biomasse, une autre catastrophe écologique). Dans le film Demain, on ne voit que la part des déchets qui est compostée, et c’est tout. Sachant que les déchets compostés constituent la part la moins importante des déchets collectés dans la ville. Ce qu’ils n’expliquent pas dans le documentaire, c’est qu’une grande partie des déchets (métaux, plastiques, etc.), uniquement triée, est exportée et disséminée à travers le globe, jusqu’en Chine, aux Philippines et au Vietnam — d’ailleurs, depuis que la Chine a restreint ses importations de déchets en 2017, #Recology se retrouve face à un problème relativement gênant, celui de trouver comment écouler les tonnes d’ordures qu’elle expédiait habituellement vers l’empire du Milieu. C’est-à-dire que ces déchets produits par les San-Franciscains sont compressés en balles en usine puis expédiés à l’autre bout du monde pour être recyclés — sachant que le recyclage n’est pas une véritable solution, d’abord parce que le recyclage infini est un mythe[4], ensuite parce que le recyclage du plastique est particulièrement inefficace[5], et enfin et surtout parce que le recyclage, dans le cadre d’une société industrielle capitaliste de croissance, ne résout aucun des problèmes fondamentaux qu’elle implique (de #surconsommation de ressources, y compris énergétiques, de pollutions en tous genres, d’étalement urbain, de croissance démographique, etc., etc.).

    Récapitulons. Ce qu’ils nous présentent comme un #modèle de vertu écologique, de durabilité, c’est une ville dont la production de déchets par personne, relativement élevée, ne cesse de croître, et dont la gestion de ces #déchets consiste à en enfouir une partie, à en expédier une autre en Chine et ailleurs, et à en brûler une partie en incinérateur  ; c’est aussi une ville qui trafique ses calculs de taux de recyclage. Un modèle.

    Mais nous ne devrions pas avoir besoin de discuter ainsi de la soi-disant #durabilité d’une ville comme San Francisco. Comme toutes les grandes métropoles du monde, San Francisco dépend directement de l’ensemble des infrastructures et des pratiques toutes plus insoutenables les unes que les autres de la civilisation industrielle. Il faut une sacrée dose d’ignorance historique et écologique pour ne pas comprendre que l’urbanisation de la baie de San Francisco a dramatiquement ravagé ce qui était jusqu’à il y a moins de 300 ans un écosystème sain (non pollué) et plein de vie. Où sont passés les condors de Californie, les wapitis, les ours, les loups et ainsi de suite, qui pullulaient dans la baie  ? Les conséquences du développement de la civilisation industrielle dans la baie de San Francisco rappellent les conséquences de son développement partout sur la planète : extermination et disparition de nombreuses espèces vivantes, pollution des eaux (aujourd’hui, on retrouve un peu de tout dans les eaux de San Francisco, du mercure, des résidus de médicaments en tous genres, des huiles de moteur usagées, des déchets plastiques, et ainsi de suite  ; cinq des plages les plus polluées de Californie se trouvent dans la baie, qui ne cesse de s’acidifier), pollution de l’air (en ce moment, la qualité de l’air dans la baie n’est pas loin d’être la pire de tous les États-Unis[6]), etc.

    Leur manière de mesurer la qualité écologique de la ville — et d’une ville en générale — est grotesque. Comme si on pouvait se contenter de statistiques concernant le « recyclage » des déchets produits par une ville pour l’estimer. Comme si on pouvait occulter les nombreux impacts environnementaux (sans parler des impacts sociaux), entre autres choses, de la production mondialisée des appareils électroniques les plus couramment utilisés par les San-Franciscains — iPods, iPads, iPhones, Google Glass… — ou de leurs voitures, réfrigérateurs, téléviseurs, ou de leur nourriture, ou de la construction des infrastructures qu’ils utilisent et des bâtiments dans lesquels ils vivent, et ainsi de suite. Si toutes ces choses étaient prises en compte, on s’apercevrait immédiatement de l’insoutenabilité totale de la civilisation industrielle et de son mode de vie. Mais elles ne le sont pas, évidemment, propagande oblige.

    Et comment ne pas parler des inégalités sociales  ? San Francisco est une des villes les plus chères des USA. La gentrification en cours n’a pour cesse d’épurer la ville de ses habitants les plus pauvres[7] :

    « La ville de San Francisco connaît un processus de #gentrification d’une violence sans commune mesure avec ce que l’on peut constater en France. On l’a longtemps appelé embourgeoisement, ou changement urbain dans le contexte de la recherche académique française, sans pour autant y mettre les significations que contient le terme anglo-saxon. Il faut pourtant être clair : il est bien question ici de processus similaires dans leurs conséquences, bien que la rapidité à laquelle ils se produisent diffère, ou que leur visibilité ne permette pas de les identifier aussi facilement. »

    Et comment ne pas voir toute la folie et l’inhumanité de la civilisation industrielle dans le fait que la ville ne parvient toujours pas à gérer les problèmes qui découlent de la présence des nombreux #sans-abri, souvent atteints de troubles psychiatriques, qui errent dans ses rues, résultat des politiques calamiteuses des gouvernements qui se sont succédé et symptôme du mal-être qui ronge la modernité  ? On estime qu’ils sont 7 500 à vivre dehors sur une population totale de 870 000 habitants (presque 1% de la population). Très récemment, la nouvelle maire de San Francisco, London Breed, dans une des premières interviews[8] qu’elle a accordées depuis son entrée en fonction, a expliqué qu’il y avait « plus d’excréments sur les trottoirs » que jamais, et qu’on « ne parle pas que de crottes de chiens, mais de matières fécales humaines ». Au cours des six premiers mois de l’année 2018, plus de 16 000 plaintes concernant des « excréments » ont été déposées auprès des autorités de la ville. La présence de déchets en tous genres, y compris de seringues, est actuellement un véritable problème pour la municipalité. Ainsi que l’explique le San Francisco Chronicle dans un article[9] intitulé « Pourquoi San Francisco fait face à un déluge de seringues » : « La ville de San Francisco distribue plus de seringues gratuites aux toxicomanes — 400 000 par mois, un chiffre qui ne cesse de croître — que la ville de New York, dix fois plus peuplée ». La consommation de drogue en public est un problème croissant dans toute la ville. Des habitants se plaignent, entre autres, de « devoir enjamber des gens qui s’injectent de l’héroïne dans les stations de métro ».

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=HWdurZWys4I

    Ainsi que l’a récemment titré[10] le Business Insider, « Le centre-ville de San Francisco est davantage jonché de seringues, de déchets et d’excréments que certains des plus pauvres bidonvilles du monde ». Dans l’article, on apprend notamment que « la contamination de certains quartiers de San Francisco est pire que celle de certains endroits du Brésil, du Kenya ou de l’Inde ». Un modèle.

    Je me suis promené dans les rues de San Francisco. Je ne connaissais pas grand-chose de l’histoire de la ville. J’ai été stupéfait par le nombre de #clochards, de #toxicomanes et de malades mentaux qu’on y rencontre. Parfois au pied d’immeubles de luxe réservés aux super-riches, ou devant les bureaux d’#Uber, de #Microsoft, ou de #Twitter. J’ai vu les gratte-ciels, ces manifestations délirantes de l’hubris de la société industrielle, dont les constructions sont autant de désastres écologiques. Les travaux incessants qui font de toutes les villes d’interminables chantiers. Les magasins de luxe de l’#hypercapitalisme actuel. Les businessmen pressés — de faire du profit, toujours plus, en exploitant les hommes et en détruisant la planète, toujours plus — qui ignorent machinalement tous les clochards qu’ils croisent lors de leur jogging matinal. Je n’ai pas vu « des gens doux et gentils, le long des rues de San Francisco », me parler de fleurs et devenir mes amis. Je n’ai pas vu de fleurs dans les cheveux mais des oreillettes Bluetooth et des smartphones dans les mains. Bref, j’y ai vu la démence commune de la modernité.

    Il n’y a rien de #durable à #San_Francisco. Comme beaucoup d’autres, cette ville incarne précisément l’insoutenabilité, l’iniquité et la folie qui gangrènent la civilisation industrielle. Ceux qui se servent de son cas pour suggérer qu’on pourrait la rendre durable ou écologique sont les idiots utiles du #capitalisme_vert. C’est l’évidence même. Ceux qui ne le comprennent (toujours) pas aujourd’hui ne manqueront pas de le constater d’ici quelques années.

    https://seenthis.net/messages/714664 via BCE 106,6 Mhz


  • L’Islande est un désastre écologique, contrairement à ce qu’affirme Arte (par Nicolas Casaux) – Le Partage
    http://partage-le.com/2018/08/lislande-est-un-desastre-ecologique-contrairement-a-ce-quaffirme-arte-pa
    http://partage-le.com/wp-content/uploads/2018/08/hellis.jpg

    L’Islande est finalement un parfait exemple d’une économie intégralement précaire, tout sauf résiliente, absolument dépendante du commerce mondialisé. Le « manger local », s’il y a un jour été possible, à une époque où ses habitants se nourrissaient des produits de la mer, de l’élevage et des autres denrées adaptées au climat islandais, est devenu impensable. Maintenant que, comme dans beaucoup d’endroits, les Islandais se sont habitués aux produits d’importations tropicaux (fruits, cacao, sucre, etc.), leur alimentation repose en grande partie sur l’agrobusiness international. Leur dépendance à d’autres industries particulièrement antiécologiques (et antidémocratiques), comme toutes celles du domaine des high-tech, ainsi que leurs importations de combustibles fossiles (pour leurs 4×4), finissent de faire de l’Islande un bel exemple de désastre environnemental (et social).

    La société industrielle n’est pas viable et ne peut pas l’être. Elle ne peut pas être rendue écologique. Une société écologique (et démocratique) est nécessairement une société la plus autonome possible et reposant sur des basses technologies

    https://seenthis.net/messages/714561 via Agnès Maillard


  • Révolutions (par Aldous Huxley, 1929) – Le Partage
    http://partage-le.com/2017/11/8354
    http://partage-le.com/wp-content/uploads/2017/11/752359_orig-1024x636.jpg

    « La colos­sale expan­sion maté­rielle de ces dernières années a pour destin, selon toute proba­bi­lité, d’être un phéno­mène tempo­raire et tran­si­toire. Nous sommes #riches parce que nous vivons sur notre #capi­tal. Le char­bon, le pétrole, les phos­phates que nous utili­sons de façon si inten­sive ne seront jamais rempla­cés. Lorsque les réserves seront épui­sées, les hommes devront faire sans… Cela sera ressenti comme une catas­trophe sans pareille. »

    https://seenthis.net/messages/647775 via Agnès Maillard


  • L’effondrement de notre civilisation est une bonne chose
    https://reporterre.net/L-effondrement-de-notre-civilisation-est-une-bonne-chose

    Les « civilisations », entendues comme « cultures humaines urbaines, très hiérarchiques, organisées grâce à une forme d’État, et dont l’alimentation dépend de l’agriculture », ont ceci en commun, selon l’auteur de cette #Tribune, de dévaster leurs territoires et de dissoudre les diversités culturelles. La nôtre, mondialisée, pousse à l’extrême cette double destruction. Nicolas Casaux est membre de l’organisation internationale Deep Green Resistance. J’imagine déjà les réactions d’incompréhension de beaucoup. La (...)

    Tribune

    / #Culture_et_idées

    « https://deepgreenresistance.fr »
    « http://www.cnrtl.fr/definition/civilisation »
    « https://www.goodplanet.org/fr/domaine/projection-debat-sommes-lhumanite »
    « http://partage-le.com/2017/10/7993 »
    « http://partage-le.com/2015/02/1084 »
    « http://partage-le.com/2016/09/lagriculture-ou-la-pire-erreur-de-lhistoire-de-lhumanite-par-jared-diamo »
    « https://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/PATOU_MATHIS/53204 »
    « https://www.flickr.com/photos/azwegers/6691281879/in/photolist-bchyYX-eYvaC8-foPzdJ-hQviys-7eZyih-ooWK99-eE5HTg-5hNYMQ-5JyGpN-JHR

    Flickr
     »


  • Remettre l’État à sa place (par James C. Scott) – Le Partage
    http://partage-le.com/2017/10/7962
    http://partage-le.com/wp-content/uploads/2017/10/banksy-2v2-1024x650.jpg

    Ainsi, si vous construi­siez de manière monu­men­tale, en pierre, et en lais­sant oppor­tu­né­ment vos décombres en un seul endroit, il était assez probable que vous soyez « décou­vert » et par-là même amenés à domi­ner les pages de l’his­toire ancienne. Si, au contraire, vous construi­siez en bois, en bambou, ou en roseaux, il était assez impro­bable que vous appa­rais­siez dans les archives archéo­lo­giques. Et si vous étiez des chas­seurs-cueilleurs ou des nomades, quel que fut votre nombre, disper­sant fine­ment vos déchets biodé­gra­dables à travers le paysage, il était assez probable que vous soyez tota­le­ment absents des archives archéo­lo­giques.

    Une fois les docu­ments écrits — hiéro­gly­phiques ou cunéi­formes — appa­rus dans le registre histo­rique, ce biais devint plus prononcé encore. Il s’agis­sait inva­ria­ble­ment de textes étatico-centrés : taxes, unités de travail, tableaux d’hon­neurs, généa­lo­gies royales, mythes fonda­teurs, lois. Aucune voix contes­ta­taire n’y appa­rais­sait, et les tenta­tives de lecture à rebrousse-poil de ce genre de textes sont à la fois héroïques et excep­tion­nel­le­ment diffi­ciles. Plus les archives étatiques retrou­vées étaient impor­tantes, de manière géné­rale, plus les pages dévouées à ce royaume histo­rique et à son auto­por­trait étaient nombreuses.

    https://seenthis.net/messages/637391 via Agnès Maillard


  • Les réalités occultées du « progrès » technique : inégalités et désastres socio-écologiques (par Celia Izoard) – Le Partage
    http://partage-le.com/2017/07/les-realites-du-soi-disant-progres-technique-inegalites-et-desastres-soc
    http://partage-le.com/wp-content/uploads/2017/07/applebatar-569x315.png

    Si les #robots ne sauraient remplacer la main-d’œuvre en totalité, à terme, ils menacent en revanche nécessairement une partie des emplois. Et le mythe de l’#automatisation totale remplit une fonction centrale dans la gestion managériale, les machines incarnant une armée de réserve susceptible de prendre la place des récalcitrants. « Si tu ne travailles pas assez dur, on va te remplacer par un robot », menace-t-on régulièrement les salariés de Foxconn. En renvoyant les travailleurs à l’idée qu’ils sont déjà superflus, la robotisation joue aussi un rôle #démoralisateur pour s’organiser et faire valoir ses droits : la force idéologique de l’automatisation, « c’est de délégitimer la défense du métier, l’idée même de discuter comment on fait le travail, puisqu’il a vocation à disparaître très rapidement », note le sociologue David Gaborieau. À quoi bon lutter quand on n’a pas d’avenir ?

    #surnuméraires #chantage #capitalisme #progrès #technologie

    https://seenthis.net/messages/618659 via Agnès Maillard


  • Résistance et activisme : comprendre la #dépression grâce à l’#écopsychologie (par Will Falk) – Le Partage
    http://partage-le.com/2017/07/resistance-et-activisme-comprendre-la-depression-grace-a-lecopsychologie
    http://partage-le.com/wp-content/uploads/2017/07/nuclearthumnail-1024x646-499x315.jpg

    L’écopsychologie explique que l’élimination du stress n’est pas possible en cette période écologique. La psychologie étant l’étude de l’esprit, et l’écologie l’étude des relations naturelles créant la vie, l’écopsychologie insiste sur l’impossibilité d’étudier l’esprit en dehors de ces relations naturelles, et nous encourage à examiner les types de relations nécessaires à l’esprit pour qu’il soit vraiment sain. En observant la dépression au travers du prisme de l’écopsychologie, on peut l’expliquer comme le résultat de problèmes dans nos relations avec le monde naturel. La dépression ne peut être soignée tant que ces relations ne sont pas réparées.

    https://seenthis.net/messages/617199 via Agnès Maillard



  • Les énergies « renouvelables » ne font que continuer la civilisation industrielle
    https://reporterre.net/Les-energies-renouvelables-ne-font-que-continuer-la-civilisation-industr

    Les énergies « renouvelables » semblent faire consensus. Voix dissonante dans ce concert enthousiaste, l’auteur de cette #Tribune réfute le caractère « renouvelable » desdites énergies et critique l’illusion progressiste qui préside à leur développement. Nicolas Casaux est membre de l’organisation internationale Deep Green Resistance. Reporterre est un espace de débat pour toutes celles et ceux qui pensent que l’écologie est la question centrale de l’époque. Nous publions aujourd’hui le point de vue de (...)

    Tribune

    / #Energie

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  • A l’image du Goulag : la #scolarisation et la machine industrielle (par Suprabha Seshan) – Le Partage
    http://partage-le.com/2017/01/a-limage-du-goulag-la-scolarisation-et-la-machine-industrielle-par-supra
    http://partage-le.com/wp-content/uploads/2017/01/277AE9B900000578-0-image-a-53_1428922487788-484x315.jpg

    La thèse subsidiaire de cet essai est que l’#éducation moderne est au service d’un dérivé du Goulag, en ce qu’elle oblige nos enfants à endurer des conditions innommables dès le plus jeune âge, et à effectuer des exercices à l’école et à la maison pendant la majeure partie de leurs journées. En prolongeant cela pendant de longues périodes, au moment le plus crucial et où ils sont le plus vulnérables, elle les brise, et les usine en une main d’œuvre malléable. A la fin de leur scolarité, les jeunes sont assujettis, par la peur et la promesse de salut s’ils réussissent. S’ils échouent, comme beaucoup, des destins plus bas les attendent. Cet entrainement difficile, qui exige et impose routine et vigilance, est essentiel pour le grand bureau mondial, et ne pourrait aboutir sans diverses formes de récompenses, de promesses, de menaces, de violences et d’incarcérations.

    L’incarcération (à la fois volontaire et involontaire), lorsqu’elle se prolonge et se banalise, génère tout un éventail de problèmes — fermeture, frustration, trouble, fuite, clivage psychologiques, désespoir, dissociation, maladies physiques et phobies. Ceux-ci sont observables chez les enfants, les prisonniers, les esclaves, les animaux en cages et battus, et les peuples contrôlés.

    La principale thèse de cet essai est que la malheureuse situation psychologique qui vient d’être décrite va de pair avec la destruction de la vie, avec la fin catastrophique de la biosphère.

    https://seenthis.net/messages/559584 via Agnès Maillard


  • Réflexions sur notre situation écologique planétaire en cette fin d’année 2016 (début 2017) – Le Partage
    http://partage-le.com/2016/12/reflexions-sur-notre-situation-ecologique-planetaire-en-cette-fin-dannee
    http://partage-le.com/wp-content/uploads/2016/12/vSYb-6ODQBO5CE0Q4dZIgA-585x315.jpg

    « Méfions-nous de la catastrophe spectaculaire qui s’inscrit dans l’actualité, la pire est invisible. Le véritable coût est cumulatif, goutte à goutte, seconde après seconde s’accumule un Océan qui crèvera sur nos têtes. Quand la vraie catastrophe aura lieu, il sera trop tard. […] Que l’on comprenne, le plus grave n’est pas ce que nous savons, mais ce que nous ignorons. […] Nous pouvons être sûrs d’une chose, c’est que nous n’en savons rien ; et qu’il est fou de continuer à foncer ainsi dans le noir. »

    -- Bernard Charbonneau

    « Je pars de l’hypothèse que le monde est sens dessus-dessous, que les choses vont mal. […] Je pars de l’hypothèse que nous n’avons pas grand-chose à dire là-dessus : il nous suffit de nous pencher sur l’état du monde actuel pour réaliser que c’est le chaos. »

    -- Howard Zinn

    https://seenthis.net/messages/556304 via Agnès Maillard


  • De la Bible à l’électricité, l’#occidentalisation du monde : l’exemple de l’Afrique – Le Partage
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    Dans un précédent article, nous analysions les conséquences de l’implantation d’une centrale solaire sur les îles Tokelau, et, plus largement, de l’électrification de l’archipel. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à une série d’articles publiée par l’illustre quotidien Le Monde, intitulée « Traversée d’une Afrique bientôt électrique ». Ce que nous essaierons de souligner dans le texte qui suit, c’est que l’électrification de l’Afrique découle directement de l’expansion et de l’ancrage du mode de vie, de penser et d’être, mais surtout d’avoir, profondément antiécologique et aliénant, de la culture occidentale dominante. Que les multiples cultures et les différents modes de vie des populations d’Afrique aient été détruits par l’essor d’états impérialistes africains (royaumes ou empires), puis par le colonialisme, et enfin par le présent néocolonialisme n’est pas tant la question. Ce qu’on remarque, en étudiant le phénomène de l’électrification de l’Afrique (ou d’ailleurs), c’est qu’elle découle de la volonté de populations déjà relativement déracinées, acculturées et aliénées (proches, en cela, des populations occidentales), persuadées que le confort technologique et les « rêves que porte l’électricité » leur apporteront le bonheur. Cependant, ces aspirations ont dû leur être suggérées, certainement par les quelques centres urbains du continent, où le rêve américain, avec son cinéma, son bling-bling, ses télévisions en couleur allumées en permanence et ses appareils électroménagers, transmuté en un « africapitalisme », hypnotise les foules. En philanthropes chevronnées, les multinationales qui exploitent actuellement l’Afrique sont donc aussi les premières à encourager et à subventionner son électrification, dans une perspective d’élargissement du marché mondial (de leur empire), d’obtention de main d’œuvre et de profits financiers.

    https://seenthis.net/messages/555267 via Agnès Maillard


  • Les ravages de l’#industrialisme : les impacts des nouvelles et des hautes technologies – Le Partage
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    La multiplication des équipements et des usages liés aux #TIC engendre de très lourds impacts sur l’#environnement. En effet, l’image d’une #technologie propre, non polluante est loin d’être une réalité dès lors que nous portons notre regard jusqu’en Asie, en Afrique et plus globalement dans toutes les régions du monde où les #ressources nécessaires à la fabrication de ces merveilleux objets sont extraites, où les usines de #production sont implantées et où les #déchets sont traités en dehors de toute précaution. La #mondialisation a poussé hors de nos frontières les savoir-faire associés, mais aussi la majorité des impacts environnementaux directs des TIC à tel point qu’ils nous paraissent inexistants. Nous aborderons dans ce chapitre ces différents types d’impacts environnementaux qu’ils soient directs ou indirects : de l’épuisement des ressources aux impacts sur la #santé humaine en passant par les pollutions, les effets globaux sur la planète et les conséquences sur la perte de la biodiversité.

    https://seenthis.net/messages/554281 via Agnès Maillard


  • La culture de l’abus — Endgame Vol. 1 : Le problème de la civilisation (par Derrick Jensen) – Le Partage
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    Quelque chose de très déplaisant est en train de se dérouler en Irak. Pas plus tard que cette semaine, le commandant d’une compagnie de la première division d’infanterie américaine dans le Nord du pays a admis que, dans le but d’obtenir des informations sur les guérillas qui tuent les troupes américaines, il était nécessaire « d’instiller la peur » chez les villageois locaux. Un traducteur irakien travaillant pour les Américains avait kidnappé une grand-mère afin que ses filles et ses petites filles soient assez terrifiées pour penser qu’elle avait été arrêtée.

    Le commandant d’un bataillon de la même zone l’explique d’une manière encore plus simple : « Avec une bonne dose de peur et de violence, et beaucoup d’argent pour des projets, je pense que nous pouvons convaincre ces gens que nous sommes là pour les aider« . Il s’exprimait depuis un village que ses hommes avaient encerclé de fil barbelé, avec un panneau annonçant : « Cette barrière est ici pour votre sécurité. N’approchez pas et n’essayez pas de traverser, ou vous serez pris pour cible« .

    Robert Fisk

    https://seenthis.net/messages/552122 via Agnès Maillard


  • Sur la nature sauvage des enfants & « Scolariser le monde » (par Carol Black) – Le Partage
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    Au début du 20ème siècle, les théoriciens de l’#éducation étaient assez transparents sur le fait qu’ils concevaient des #écoles en vue d’adapter les #enfants au nouvel ordre industriel. Ces #pédagogues soutenaient que les enfants devaient perdre leur nature sauvage « primitive » et développer des manières « civilisées » telles que la ponctualité, l’obéissance, l’ordre et l’efficacité. En 1898, Elwood P. Cubberley, doyen de L’école d’#enseignement et éducation à l’Université de Stanford, déclare que :

    « Nos écoles sont, dans un sens, des #usines, dans lesquelles les matériaux bruts – les enfants – doivent être façonnés en produits… Les caractéristiques de fabrication répondent aux exigences de la #civilisation du 20ème siècle, et il appartient à l’école de produire des élèves selon ses besoins spécifiques. »

    Dans les esprits de ces architectes de l’éducation moderne, « L’Enfant », « Le Sauvage » et « La Nature » étaient des concepts équivalents ; ils représentaient tous quelque chose d’intrinsèquement déviant, bestial, informe. « La Nature », affirme William Torrey Harris, Commissaire à l’Education de 1889 à 1906 aux Etats-Unis, est « l’exact antithèse » de la « nature de l’homme d’esprit ». Il précise :

    « Hors de l’état sauvage, l’homme s’élève en se créant de nouvelles natures, les unes sur les autres ; il matérialise ses idées en institutions, et trouve dans ces mondes idéaux sa demeure réelle et sa vraie nature. »

    L’objet de l’école, en d’autres termes, était d’élever les enfants hors de leur état naturel (qui était, du point de vue de M. Harris, « totalement vicieux ») et de les entraîner à prendre leur place dans le grand projet humain de « #subordination du monde matériel à son usage ». Comme l’explique Harris, « On classait les nations et les peuples du monde… selon le degré auquel ils avaient achevé cet idéal de l’humanité ». Les cultures qui ne voyaient pas les choses ainsi étaient confrontées à un choix : « adopter notre culture et devenir intellectuellement productives ou disparaître. Voilà le jugement prononcé par les Anglo-Saxons sur les races inférieures ».

    Nous avons oublié qu’il s’agissait de la vocation initiale (de la raison d’être) des institutions-usines dans lesquelles la plupart d’entre nous avons grandi ; nous parlons de notre expérience personnelle de l’école comme s’il s’agissait d’une composante naturelle, d’un élément naturel et essentiel de l’enfance humaine, et non pas de ce qu’elle est réellement : une expérience extrêmement récente d’ingénierie sociale menée à grande échelle. Mais le passé, comme l’a brillamment exprimé Faulkner, n’est jamais mort ; il n’est pas même passé. Ces objectifs originels, comme John Taylor Gatto le souligne, ont été imbriqués avec tant d’efficacité dans la structure de l’enseignement moderne – avec ses systèmes sous-jacents de confinement, de contrôle, de standardisation, d’évaluation et de poliçage – qu’ils s’accomplissent aujourd’hui sans même que nous en ayons conscience et sans notre consentement.

    https://seenthis.net/messages/550312 via Agnès Maillard