• Tuer pour civiliser : au cœur du colonialisme

    http://www.revue-ballast.fr/tuer-pour-civiliser-au-coeur-du-colonialisme


    « Halte à la repentance ! » piaffent-ils en chœur de leurs perchoirs. « Les Français » n’auraient qu’une passion : « la haine de soi » pour mieux expier un passé dont ils ne sont plus fiers. Le siècle dernier fut celui des luttes d’indépendance ; l’affaire, puisqu’entendue, serait donc à classer — à l’heure où Eric Zemmour, jurant à qui veut l’entendre de l’évidence du « rôle positif » de la colonisation, caracole sur les étals des librairies ; à l’heure où Alain Finkielkraut, assurant que les autorités hexagonales ne firent « que du bien aux Africains », est sacré à l’Académie ; à l’heure où l’auteur de Vive l’Algérie française !, nous nommons Robert Ménard, a transformé la ville de Béziers en sujet d’actualité, les « vieilles lunes » n’ont-elles pas encore certaines choses à dire ? L’historien Alain Ruscio remonte le temps pour nous faire entendre ces voix qui, de gauche à droite, appelèrent à la guerre par souci de « pacification »

    http://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2014/11/affiche-300x300.jpg

    Commençons en 1580. Un penseur français, des plus fameux, écrit ces lignes, devenues célèbres, que les plus intransigeants anticolonialistes du XXe siècle n’auraient sans nul doute pas désavouées : « Tant de villes rasées, tant de nations exterminées, tant de millions de peuples passés au fil de l’épée, et la plus riche et belle partie du monde bouleversée pour la négociation des perles et du poivre ! […] Jamais l’ambition, jamais les inimitiés publiques ne poussèrent les hommes les uns contre les autres à si horribles hostilités et calamités si misérables. » On aura reconnu Michel de Montaigne, l’auteur des Essais.

    Combien, depuis cette époque et ces lignes, à l’ombre des drapeaux des puissances colonisatrices, d’autres « villes rasées », de « nations exterminées », de « peuples passés au fil de l’épée » ? On pourrait se contenter de cette question, sans crainte d’être contredit, et entrer dans les détails et les descriptions, pour le moins horrible, des fusillades, des razzias, des décapitations, des corvées de bois, des tortures, des viols, de l’utilisation de l’aviation, des armes chimiques, du napalm… On pourrait citer mille auteurs qui protestèrent, de Victor Hugo (« L’armée faite féroce par l’Algérie ») à Anatole France, en passant par Albert Londres, André Gide, Malraux, Aragon, Sartre ou encore François Mauriac… On pourrait, certes. Mais nous resterions dans le comment ; nous devons plutôt tenter de comprendre le pourquoi.

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  • Promenade à travers la foire coloniale de Vincennes — par Daniel Guérin

    http://www.revue-ballast.fr/foire-coloniale-guerin

    http://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2017/02/16507206_160182811147878_1928849357_n.jpg

    La rubrique MEMENTO publie des textes introuvables sur Internet
    Nous retracions dans nos pages l’engagement de Daniel Guérin : « 1927. Daniel Guérin découvrit la Syrie, alors sous mandat français depuis sept ans. Le jeune homme avait 23 ans. Je vis à l’œuvre les colonialistes, militaires, civils, ecclésiastiques, leur racisme, leur brutalité, leur cynisme, leur fatuité, leur sottise, écrivit-il plus tard dans Ci-gît le colonialisme. Il fit la connaissance de nationalistes arabes puis se rendit en Indochine. […] Il ne put supporter de voir les colons dans les rues, sangsues agrippées aux flancs de ce pays qui ne leur appartenait pas mais dont ils se croyaient pourtant les maîtres. Il rencontra le leader nationaliste Huyng Thuc Khang et n’oublia jamais cette entrevue : tout Blanc qu’il fut, l’indépendantiste le traita comme un frère. » Rentré à Paris en 1931, le militant doit faire face à cet autre pan de la réalité coloniale : l’Exposition coloniale se tient dans le bois de Vincennes. Dans ce court texte écrit dans les colonnes du Cri du peuple1, Guérin s’en prend à l’exotisme affiché qui cache la mainmise des empires industriels ; avec les surréalistes de l’époque, il distribua le tract « Ne visitez pas l’Exposition coloniale »2. Aux détours des stands et des pavillons, un appel à l’émancipation des colonisés.

    « On oubliera le revers de la médaille, les sanglantes conquêtes coloniales, la domination maintenue à coups de bottes, à coups de trique, à coups de bombes, l’expropriation des fellahs, les monopoles de l’alcool et de l’opium, le travail forcé. »

    « Plus de foire impérialiste, plus de chiqué, mais le vrai voyage autour du monde, mais l’occasion de se mieux connaître, de faire tomber les barrières et les préventions absurdes qui séparent les races. »

    https://seenthis.net/messages/569032 via enuncombatdouteux


    • http://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2017/01/ade.jpg Nimrod, poète et romancier tchadien dont on lira par ailleurs les beaux livres chez Actes Sud ou aux éditions Obsidiane, frère spirituel de Senghor et de Césaire, nous donne ici un beau texte coup de poing (dans l’âme). Il ressuscite la figure, quasiment inconnue en France, de la poétesse sud-africaine Ingrid Jonker : fille d’un haut fonctionnaire de l’apartheid, elle prend parti dans les années 1960 pour ceux qui sont écrasés, méprisés, tués à bout portant — comme ce bébé, Wilberforce Mazuli Manjati, tué dans le ghetto de Nyanga tandis que sa mère tentait de l’amener à l’hôpital. Pour lui, elle écrit un poème qui va bouleverser la société afrikaner. Son père la renie. Elle se bat avec ses démons et avec ses amants, avec la dureté du monde et avec son désir impérieux mais impuissant de le changer. Le lundi 19 juillet 1965 au matin, on retrouvera sur un plage de Cape Town la dépouille d’une femme blanche, le manteau enroulé autour de la tête. Ce qu’elle ne saura jamais, c’est que Mandela, lui, de sa prison de Robben Island, la lit et se répète ses vers. En mai 1994, devant le premier parlement démocratiquement élu d’Afrique du Sud, ce sont ses mots qu’il prononce : « L’enfant n’est pas mort / ni à Langa ni à Nyanga / ni à Orlando ni à Sharpeville / ni au poste de police de Philippi / où il gît une balle dans la tête […] l’enfant qui voulait simplement jouer au soleil à Nyanga est partout / l’enfant devenu homme traverse toute l’Afrique / l’enfant géant voyage de par le monde / sans laissez-passer. » L’assemblée stupéfaite s’interroge. Mandela répond. Elle s’appelait Ingrid Jonker. Elle était Afrikaner et Africaine : « au milieu du désespoir elle a célébré l’espoir. » En vingt très courts chapitres ciselés, Nimrod réussit l’exploit de proposer à la fois une méditation puissante sur le racisme et sa violence et le beau portrait torturé d’une femme libre.



    • http://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2016/11/rex.jpg C’est donc bien lui, Kenneth Rexroth, l’anarchiste féru de poésie orientale, qui se fait passer pour Marichiko avant de reconnaître un peu plus tard la mystification. Car il y a du doux dingue chez cet autodidacte à l’érudition folle. Il traduit des poèmes de l’espagnol, du japonais, du chinois, du grec ; il aime le poète Reverdy plus que toute l’avant-garde surréaliste du siècle ; il rédige des dizaines d’essais et d’articles encyclopédiques sur la littérature depuis Homère ; il fait de la prison et de la randonnée, l’amour et un peu de politique. Nul ne peut le ranger dans une case, même et surtout pas celle de « père fondateur » du mouvement Beat américain auquel on l’associe trop souvent — en réalité, la Renaissance de San Francisco telle qu’il l’imaginait dans le petit cercle libertaire qu’il anima n’a pas grand-chose à voir avec les techniques hallucinées, les vagabondages alcooliques et les postures spontanéistes de Kerouac, Ginsberg ou Burroughs. Là où les Beats ne croient plus en rien, et s’en font une religion, Rexroth déploie au contraire une ardeur à vivre et à aimer qui contredit tout cynisme. Dans l’ordre amoureux ou érotique comme dans l’ordre mystique et intellectuel, Rexroth fait partie de ces libertaires qui désirent admirer plutôt que détruire : il est venu à la politique par la lecture de Kropotkine et d’Emma Goldman, par celle de Voltairine de Cleyre et de Makhno, par la déchirure des marins trahis de Kronstadt. Il reste en politique quand il a compris les procès de Moscou, l’amertume du rêve soviétique dévoré par l’ogre stalinien, l’anéantissement de l’Espagne libertaire. Tout cela est trop sérieux pour supporter la fuite dans les paradis artificiels. Lui aussi part « sur la route », et même trente ans avant Kerouac, mais c’est pour s’y retrouver, non pour s’y perdre. Rexroth ne cherche pas à oublier mais à se souvenir, il n’aime rien tant que d’aimer, il n’aime que quand il partage — lecture ou caresse, c’est tout un.


    • Avec entre-autres :

      Pourquoi je hais l’indifférence, d’Antonio Gramsci

      http://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2016/03/ca1.jpg

      « Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant vingt ans », clama le procureur Isgro avant d’envoyer le militant communiste Antonio Gramsci en prison, le 8 novembre 1926. Il s’éteindra à sa sortie, en 1937, après avoir légué aux socialistes de tous les pays ses fameux Carnets de prison — travail d’orfèvre élaboré au rythme de ses allées et venues dans sa geôle. Le présent recueil d’articles, majoritairement écrits dans les années 1917 et 1918 (c’est-à-dire avant l’aventure conseilliste de Turin), est une belle clé d’entrée dans son oeuvre. On y saisit les germes des futurs apports conceptuels et pratiques du penseur. L’ouvrage est construit en cinq sections, montrant l’immersion de cet intellectuel dans le monde réel des exploités : l’indignation, la politique et les politiciens, l’éducation des Italiens, les maux de l’État italien et l’opposition à la guerre. Antonio Gramsci y aborde des notions ordinaires, telles que l’hôpital, la religion, la guerre, la propagande, la bureaucratie, l’éducation, la famille, le milieu carcéral, le productivisme ou encore la modernité technicienne… Il le fait avec le langage du cœur et de la camaraderie, jetant aux bûchers des vanités le jargon de la « science » révolutionnaire. Chaque page fait montre d’une empathie pour le commun — non pas comme masse laborieuse, mais comme genre humain qui survit déjà par la solidarité. À l’écoute du peuple tel qu’il est, le communiste n’hésite pas à puiser dans un référentiel chrétien et teinte son socialisme d’un romantisme qui n’est pas sans rappeler celui de Walter Benjamin ou de Rosa Luxemburg. Les exploités, écrit-il à grands traits, ne peuvent échapper au pouvoir qui impose son hégémonie. Pour ne pas sombrer dans l’indifférence — marqueur de la liberté des dégagés de la vie —, l’individu doit cheminer avec colère et indignation, sans jamais, toutefois, perdre de vue le sens de l’empathie. La destination ? Une sorte de confrérie guidée par la sensibilité (pour percevoir), l’intelligence (pour analyser) et l’imagination (pour trouver une solution). Et l’œuvre complète de Gramsci de passer de la seule dénonciation de l’indifférence à la promotion directe d’une organisation collective, arme de subversion contre l’hégémonie dominante et premier pas vers l’action.

      Éditions Payot|Rivages, 2012



  • BALLAST François Ruffin : « Camping est un bon film politique »
    http://www.revue-ballast.fr/francois-ruffin
    http://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2016/02/ruff-300x90.jpg

    Je me méfie de l’« #éducationpopulaire » et des expressions où il y a « populaire » dedans. Je ne prétends pas faire quelque chose de « populaire » car, en général, il y a neuf chances sur dix pour que ça ne le soit pas du tout. Est-ce que le peuple a besoin d’être éduqué ? Peut-être, mais la petite bourgeoisie aussi. Depuis trente ans, nous vivons un grand moment de disjonction de classes ; la petite #bourgeoisie s’est foutue de la manière dont vivaient les classes populaires. Elle leur faisait des bras d’honneur. Non seulement les classes populaires étaient dans la merde socialement, mais on leur a rajouté des stigmates politiques et culturels : le vote #FrontNational, le béret, les boules de pétanque, la picole... Dans les années 1990, le vote #FN était vraiment un vote populaire : c’était même un marqueur social de ne pas voter Front national, dans la petite bourgeoisie. Aujourd’hui, si on suit les analyses de Todd, le vote populaire pour le FN serait plutôt en résorption et le parti de Marine Le Pen gagnerait du terrain chez les profs. Le film Dupont-Lajoie est une incarnation de ce stigmate. Il est encore applaudi par des gens de gauche comme un grand film politique, de nos jours... L’histoire se passe dans les années 1970. Les classes populaires sont présentées à travers un patron de bistrot qui va tous les ans au camping, au même endroit. Le mec est con et raciste ; il viole une fille et dit que ce sont « les bougnoules » qui l’ont fait. La chasse aux « bougnoules » est menée dans le camping. Voilà la vision des classes populaires par un grand réalisateur de gauche ! En bon populiste, je préfère #Camping. C’est un bon film politique. Et c’est l’inverse qui se produit : le bourgeois (Gérard Lanvin) arrive et c’est lui qui doit s’intégrer à la sociabilité populaire. Avant le film, j’avais fait un papier pro-camping, favorable à la sociabilité qui s’y crée, alors que la petite bourgeoisie qui tient les médias se moque de ce mode de vacances. Ce papier avait bien fonctionné et certaines personnes m’avaient dit avoir changé de regard sur les campings. Si un journal comme #Fakir est sans doute essentiellement lu par la petite bourgeoise intellectuelle (mais je n’ai pas fait d’étude sociologique sur le sujet), on fait notre possible pour essayer de faire comprendre la manière de penser et de voter des classes populaires, même quand elle ne nous convient pas. Et comparé aux autres médias alternatifs, je pense qu’on a une bonne frange qui est plus populaire que les autres.

    #MerciPatron #Cinema


  • Belle illustration du monde merveilleux vanté par les êtres supérieurs que sont les gens "responsables", "rationnels", "sérieux", "bons gestionnaires", "courageux" etc.

    Cash investigation - Santé : la loi du marché / intégrale - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=2pPCt0XqZLs

    Cash investigation - Santé : la loi du marché

    Laboratoires pharmaceutiques un lobby en pleine santé (Les infiltrés - France 2) - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=d7dPq8F6k1k


    #Santé #Sciences #Multinationales #Marketing #Documentaires

    Maladies à vendre, en VOD - ARTE Boutique
    http://boutique.arte.tv/f7062-maladies_a_vendre
    Maladies à vendre - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=-8R-h76mjp8

    Les médicamenteurs - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=oXKZyok0V_o

    « L’#OMS : dans les griffes des lobbyistes ? » : un documentaire troublant diffusé sur Arte
    https://mrmondialisation.org/loms-dans-les-griffes-des-lobbyistes
    #Conflits_d'intérêts #Documentaires #Organisations_internationales #Santé #Sciences #Multinationales

    « au cours des trois dernières décennies, la structure internationale a perdu son indépendance financière : Aujourd’hui, ses principales ressources proviennent de plus en plus de fonds privés et d’entreprises dont les intérêts dépendent de ses décisions »

    « Bien qu’elle ait toujours été financée pour partie par des mécènes privés, cette part ne s’élevait qu’à 20% dans les années 1970 : les autres 80% provenaient des États membres des Nations Unis. Or, aujourd’hui, la situation s’est inversée. »

    « la structure est de plus en plus dépendante des financements en provenance de mécènes privés, comme Bill Gates ou les industriels pharmaceutiques, car elle manque d’aides publiques »

    Hôpital public sous pression : la raison du malaise - Chronique Mediapart #01 - Osons Causer
    http://osonscauser.com/hopital-public-pression-raison-malaise-chronique-mediapart

    BALLAST Hôpital public à l’agonie. Par Sarah Kilani
    http://www.revue-ballast.fr/hopital-public-a-lagonie
    http://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2016/07/HOPBAN-300x90.jpg

    " Les cotisations ont été rebaptisées « charges », le système de santé a été accusé de « coûter » et on ne présente plus le fameux « trou de la Sécu »."

    " La part de la valeur ajoutée affectée à la masse salariale (renommée « coût du travail ») a commencé à décroître, faisant perdre à la Sécurité sociale plusieurs centaines de milliards d’euros"

    "Alors que, de longue date, les hôpitaux publics étaient financés par une dotation globale forfaitaire (allouée à chaque établissement), la réforme de l’assurance maladie de 2004 a profondément bouleversé le fonctionnement des établissements de santé. La grande majorité de leur financement s’effectue désormais sur le principe de la tarification à l’activité (ou T2A) et dépend dès lors du nombre et de la nature des actes et des séjours réalisés2. À chaque acte correspond un code, lequel donne droit à un remboursement de la part de l’assurance maladie."

    "Ce système pousse très fortement les hôpitaux à orienter leur politique vers une course aux actes lucratifs afin de leur permettre d’engranger de l’argent et de survivre. Les médecins sont incités à augmenter leur activité (notamment les chirurgiens et ceux qui ont une activité de consultation). Les dérives sont nombreuses et les patients opérés hors indications ne sont pas rares. Les activités peu lucratives et coûteuses pour les hôpitaux sont, de fait, délaissées.

    Certains médecins, afin de faire survivre leur service, sont amenés à dépasser très largement les limites acceptables de l’éthique — en mettant en place des soins inutiles ou en maintenant artificiellement certains patients en vie pour pouvoir coder ces actes ou débloquer les enveloppes allouées à ce type de soins."

    "Afin de « récupérer des parts de marché » dans l’offre de soin, les hôpitaux se placent en concurrence directe avec les cliniques pour les actes lucratifs (notamment chirurgicaux). La concurrence a parfois même lieu au sein de l’hôpital, où certains services s’arrachent les activités lucratives (...) la T2A désavantage nettement l’hôpital public par rapport aux cliniques puisque le premier gère les pathologies lourdes, assure une activité de recherche et d’enseignement et, en tant que service public, ne peut sélectionner ses patients."

    "Afin d’optimiser au maximum ce codage, de nombreux hôpitaux ont désormais recours à des « cabinets d’optimisation » — comme Altao."

    "Plusieurs témoins, dans des hôpitaux différents et même d’anciens employés de ces entreprises privées, affirment l’existence d’une triche lors du codage visant à déclarer des actes non réalisés ou à aggraver l’état des patients afin d’arnaquer la Sécurité sociale"

    "Il arrive alors que des patients hospitalisés soient gardés un ou deux jours de plus que nécessaire, avant leur transfert dans une autre unité, lorsque le service dispose de lits vides — et ce afin d’augmenter artificiellement son taux d’occupation et d’éviter à terme les fermetures de lits jugés pas assez rentables pour les administrations. (...) Ce système les incite parfois à exagérer la gravité de l’état des patients lorsqu’ils codent le séjour du patient, sous peine de ne pas voir débloquer le financement forfaitaire associé : en deçà d’un certain seuil de gravité du patient (...) celui-ci n’est pas rémunéré. Les médecins sont prisonniers d’un dilemme omniprésent : tricher ou voir leur service ou une partie de leurs lits fermés "

    "Les tentatives de rappel des administrations à l’ordre et de légiférer sur le temps de travail des internes12 se sont souvent soldées par un échec. Pour cause : ces derniers ne dénoncent que très rarement leurs conditions de travail de peur de perdre des opportunités professionnelles (durant leurs études, ils sont mis en compétition pour l’accession aux postes très prisés de chef de clinique-assistant)"

    "Alors que les médecins disposent d’une enveloppe annuelle pour leur formation continue, certains préfèrent se faire financer les congrès hors de prix par les laboratoires pharmaceutiques afin d’épargner ce coût à leur hôpital : cela génère les problèmes d’indépendance que l’on sait"

    "La dégradation de la qualité de vie au travail pour les soignants a rendu l’hôpital public de moins en moins attractif, au profit, bien souvent, des établissements à but lucratif qui pour la plupart appartiennent à des groupes financiers"

    "Avec la loi Touraine, un nouveau cap a été passé. Sous un prétexte totalement fallacieux d’accès aux soins, le tiers-payant a été généralisé : véritable cheval de Troie des mutuelles. Son opacité va pouvoir masquer aux yeux des citoyens une réalité qui ne se fera probablement pas attendre : le déremboursement progressif des soins par l’assurance maladie au profit des assurances privées. Le patient n’ayant plus à avancer le tarif des soins, il ne verra plus quelle part est prise en charge par l’assurance maladie et quelle part est remboursée par sa mutuelle. Le transfert du financement de la santé de la cotisation sociale vers les marchés privés peut commencer en toute discrétion."

    "La loi Touraine impose également la création des groupements hospitaliers de territoire (GHT). La mise en place de ce projet, inspiré par le rapport Larcher de 2008 (remis sous la présidence de Nicolas Sarkozy), a débuté ce mois-ci et doit être abouti en 2021. Cette procédure prévoit la création de pôles d’activité clinique inter-établissements visant à « coordonner l’offre de soins ». Sauf que, dans le contexte de restrictions budgétaires, au nom de « l’optimisation » et de « la mutualisation des moyens »15, il ne faut pas douter que cela donnera lieu à la fermeture de certains services "

    "Quand les hôpitaux seront définitivement précarisés et redevenus des dispensaires, comme avant la construction des CHU financée grâce à la cotisation sociale dans les années 196018, les patients n’auront plus que le choix de se diriger vers les cliniques pour se faire soigner. S’ils en ont les moyens. Car le gel des cotisations, la compression continue de la masse salariale, le chômage et les nombreux cadeaux de l’État aux entreprises en termes de cotisations patronales finiront par mettre à terre l’assurance maladie, au bénéfice des mutuelles qui auront la part belle."

    "Que les médecins ne se fassent plus d’illusions : la sécurité de l’emploi et la liberté d’exercice dont ils disposent en France seront sans tarder balayées quand les mutuelles et les cliniques soumises aux objectifs actionnariaux de rentabilité seront reines. Les patients n’auront probablement plus le choix de leur médecins ; les mutuelles les dirigeront vers ceux avec qui elles auront passé des contrats aux prix qui leur conviendront."

    #Lobbying : les labos pharmaceutiques ne lâchent rien | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/lobbying-labos-pharmaceutiques-ne-lachent-rien/00082521

    L’hôpital, objet de convoitises des labos | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/lhopital-objet-de-convoitises-labos/00082527

    Enième illustration du bouclage de la boucle :

    « Faute de budget public, la formation médicale des praticiens continue en effet à être financée à hauteur de 98 % par l’industrie pharmaceutique, selon l’Igas »

    « Pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un médicament, un laboratoire doit en effet effectuer des essais cliniques, qui sont encadrés par des normes internationales et doivent obligatoirement avoir lieu en CHU. D’où la nécessité pour les industriels de trouver des équipes médicales au sein de ces établissements »

    Comment les labos s’immiscent dans les facs de médecine | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/labos-simmiscent-facs-de-medecine/00082529
    Quand les labos soufflent à l’oreille des pouvoirs publics | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/labos-soufflent-a-loreille-pouvoirs-publics/00082530

    Overdoses sur ordonnance aux États-Unis, par Maxime Robin (Le Monde diplomatique, février 2018) #Multinationales
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/ROBIN/58390

    Vaccinations obligatoires, le débat confisqué, par Leïla Shahshahani (Le Monde diplomatique, janvier 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/01/SHAHSHAHANI/58252

    Overdoses sur ordonnance aux États-Unis, par Maxime Robin (Le Monde diplomatique, février 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/ROBIN/58390
    #Lobbying

    "à l’origine réservé aux malades du cancer en phase terminale et à la chirurgie lourde. Un marché très limité. Pour l’étendre, le laboratoire lance en 1995 une campagne de lobbying agressive : il entend repenser totalement le rapport à la souffrance du patient. La douleur, quelle que soit son intensité, devient le nouvel ennemi du corps médical. Des études financées par l’entreprise recommandent aux praticiens de la considérer comme un « cinquième signe vital », au même titre que le pouls, la température, la pression artérielle et la respiration."

    L’heure des comptes pour Purdue Pharma, par Maxime Robin (Le Monde diplomatique, février 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/ROBIN/58388

    « L’activité philanthropique des Sackler rayonne dans les plus grands musées du monde. Elle a valu à l’un de leurs patriarches, Mortimer Sackler, d’être nommé chevalier par la reine d’Angleterre en 1999. »
    "Le laboratoire dispose de moyens immenses pour assurer sa défense. Jusqu’à présent, il s’est tiré d’affaire en versant de l’argent, dans des règlements à l’amiable qui lui ont permis d’éviter des condamnations pénales"

    La médicalisation de l’expérience humaine, par Gérard Pommier (Le Monde diplomatique, mars 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/03/POMMIER/58465
    #Multinationales #Conflits_d'intérêts #Lobbying #Etats-Unis #Marketing #Santé #Sciences

    "ils savent se montrer plutôt généreux (par exemple en offrant des croisières de « formation » aux jeunes psychiatres)."

    "Le lobbying de « Big Pharma » a gagné aussi les facultés de médecine, où l’on n’enseigne plus que le DSM. Mieux encore, il arrive que les laboratoires dispensent eux-mêmes les enseignements — de multiples conflits d’intérêts ont été dénoncés."

    "Le marketing du DSM est simple : il suffit d’inventer à intervalles réguliers de nouveaux troubles"

    "des associations de parents, dont certaines sont subventionnées par les laboratoires pharmaceutiques (par exemple l’association HyperSupers TDAH France, soutenue par les laboratoires Mensia Technologies, Shire, HAC Pharma et NLS Pharma)."

    "Jerome Kagan, professeur à Havard, déclarait dans un entretien en 2012 que le TDAH n’est pas une pathologie, mais « une invention. Quatre-vingt-dix pour cent des 5,4 millions d’enfants sous Ritaline aux États-Unis n’ont pas un métabolisme anormal (4) »"


  • BALLAST Les tribunaux d’arbitrage contre les peuples
    http://www.revue-ballast.fr/les-tribunaux-darbitrage-contre-les-peuples
    http://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2015/08/ImageALAUNE.bmp

    Le 10 juin 2015, le Parlement européen devait se prononcer sur la poursuite des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis pour l’édification du Grand marché transatlantique (GMT, TAFTA ou encore TTIP). L’opacité générale qui entoure ces tractations ainsi que le reste de sens démocratique de certains députés sociaux-démocrates ont forcé le président du Parlement, Martin Schulz, à reporter le vote1. Ce raté dans la procédure d’acceptation tient en grande partie aux dissensions portant sur une clause particulière du texte : la création de tribunaux indépendants d’arbitrage. La plupart des traités de libre-échange signés dans le monde ont mené à la création de tels tribunaux. Quelles leçons pouvons-nous tirer de ces expériences ?

    Rappel : Grande semaine de mobilisation internationale contre les traités de libre- échange en cours de négociations du 10 au 17 octobre 2015


  • Édouard Louis : « Mon livre a été écrit pour rendre justice aux dominés »
    http://www.revue-ballast.fr/edouard-louis-mon-livre-rend-justice-aux-domines
    http://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2015/01/ed-louis-300x89.jpg

    Et si l’on voulait parler des valeurs que je garde du prolétariat, l’une d’elle, et sûrement la plus importante pour moi, est un certain rapport à la politique. Il y a, dans les milieux dominés, une sorte de rage dans le rapport à la #politique. Quand j’étais petit, on répétait tout le temps, c’était une sorte de topique : « Au moins, sous Mitterrand on avait un beefsteak dans l’assiette ! » On disait tout le temps ça, moi compris. J’avais deux ou trois ans quand Mitterrand est mort et pourtant je le disais. Et même si le mitterrandisme n’a pas été un âge d’or pour les classes populaires et qu’on pourrait faire l’histoire des réformes qui leur ont été défavorables, ce qu’on peut dégager de cet énoncé, c’est qu’il existe, dans les classes populaires, un rapport presque vital à la politique. Que j’ai gardé. C’est ce qui m’a marqué quand je suis arrivé à Paris : la politique, c’est vrai, a finalement peu d’emprise sur la bourgeoisie.

    Vous pouvez vous plaindre d’un gouvernement de droite ou de gauche quand vous êtes bourgeois, mais la plupart du temps, sauf en situations très particulières, ça ne change pas profondément votre vie, ça ne vous empêche pas de manger. Je peux le dire de moi aujourd’hui. Quand j’étais petit, la politique changeait tout : comment se nourrir, comment se chauffer. C’est une des choses qui m’a le plus marqué. On parlait des APL, du RMI, tous ces acronymes étaient des événements mythiques qui bouleversaient le quotidien. À l’inverse, la #bourgeoisie, puisque son capital économique et culturel la protège en grande partie des variations politiques, défend la plupart du temps (dans ses institutions, comme l’ENS, l’ENA, Sciences po, ainsi que dans ses universités) une vision de la politique comme communication et échange : c’est la vision habermassienne, qui revient à une sorte de dévitalisation de la politique. Je l’ai vu en arrivant à Paris. Quand vous êtes privilégié, la politique est un plus, que vous le vouliez ou non, c’est une question de conditions matérielles d’existence. C’est une activité qui s’ajoute au reste. C’est un exercice de style.

    #grandes_écoles #éducation #inégalités

    http://seenthis.net/messages/394261 via tbn


  • BALLAST Franck Lepage : « L’école fabrique des travailleurs adaptables et non des esprits critiques »
    http://www.revue-ballast.fr/franck-lepage
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    Ancien directeur du développement culturel à la Fédération française des maisons des jeunes et de la culture, auteur des conférences gesticulées « Inculture(s) 1 — L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu (une autre histoire de la culture) » et « Inculture(s) 2 — Et si on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les pauvres (une autre histoire de l’éducation) », cofondateur de la coopérative d’éducation populaire Le Pavé et de l’association l’Ardeur, militant se refusant artiste, décrit comme un « Desproges bourdieusien¹ », Lepage affirme que « la démocratie ne tombe pas du ciel, elle s’apprend et s’enseigne » et que « pour être durable, elle doit être choisie : il faut donc que chacun puisse y réfléchir ». Il défend qu’il « incombe à la République d’ajouter un volet à l’instruction publique : une éducation politique des jeunes adultes² ». Dans l’une de ses conférences, il explique à travers son propre parcours et ce qu’il appelle « son échec d’ascension sociale » comment le système éducatif français actuel favorise la reproduction des inégalités de classe et comment son regard sur l’éducation a été profondément influencé par ses études à feu l’Université expérimentale de Vincennes, dans les années 1970. Entretien, quelque part en Guadeloupe.

    http://seenthis.net/messages/383324 via Agnès Maillard


  • BALLAST Pour un #féminisme socialiste et inclusif
    http://www.revue-ballast.fr/feminisme-socialiste
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    Dans ce texte, initialement paru en langue anglaise en 2014, la féministe et sociologue américaine Johanna Brenner retrace la débâcle néolibérale de ces dernières années, et l’impact, aussi profond que délétère, qu’elle eut sur le mouvement féministe mondial. Et en appelle, pour penser de nouvelles #alternatives émancipatrices et sociales (à même de fédérer sur des bases larges et inclusives, c’est-à-dire prenant en compte, en plus du combat de classe, les inégalités liées à l’ethnie ou l’orientation sexuelle), à puiser dans la riche et incontournable tradition féministe socialiste et ouvrière.

    #émancipation

    http://seenthis.net/messages/380381 via Agnès Maillard


  • BALLAST Victor Hugo, la grande prose de la #révolte
    http://www.revue-ballast.fr/victor-hugo-la-grande-prose-de-la-revolte
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    Le philosophe et dramaturge Alain Badiou, reconnu, décrié ou parfois craint pour ses positionnements anticapitalistes et communistes, interroge ici Les Misérables de l’illustre Hugo. Que peut nous apprendre ce #roman, paru en 1862, pour notre temps (ce temps, estime le philosophe, de l’homme nihiliste puisqu’il ne croit plus en rien et se contente du monde pour n’avoir pas à le bouleverser) ? En quoi ce #livre est-il porteur de révolte ? Quelles différences entre l’émeute, l’#insurrection, la révolte et la révolution ? La République garantit-elle l’émancipation ? Pourquoi Hugo n’aurait-il jamais pu considérer le « populisme » comme une injure ? Autant de questions que ce texte prend en main.

    http://seenthis.net/messages/379301 via Agnès Maillard


  • BALLAST Les chemins oubliés du #socialisme
    http://www.revue-ballast.fr/les-chemins-oublies-du-socialisme
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    Dans le #capitalisme d’aujourd’hui, les actionnaires font porter l’ensemble des risques sur les salariés et, plus globalement, sur les populations. Les lois nationales ne présentent plus de barrières réelles à leur soif d’argent. La fiscalité est inopérante pour les freiner. Les #droits du travail nationaux ne se sont pas adaptés à cette évolution. Les représentants des salariés n’ont comme interlocuteurs que les dirigeants des entreprises, souvent des maillons interchangeables, surpayés pour se soumettre aux injonctions des actionnaires de l’entreprise qu’ils pilotent. En Europe, le processus d’intégration de l’Union européenne accélère ces évolutions en favorisant les échanges internationaux et la #dérèglementation du travail. Les plans d’austérité étendent l’exploitation capitaliste à tous les domaines de la vie. Déjà exclus de la valeur qu’ils créent dans les #entreprises, les salariés sont désormais exclus également de la valeur collective qu’ils ont créée — par la diminution des dépenses publiques et la libéralisation des services publics. Les capitalistes reconfigurent l’organisation des villes et façonnent le temps et l’espace¹. Les peuples d’Europe s’enfoncent dans la misère et dans le découragement. Nul ne sait plus par quel levier changer l’ordre des choses.

    http://seenthis.net/messages/378798 via Agnès Maillard


  • BALLAST Vous avez dit Soral ?
    http://www.revue-ballast.fr/vous-avez-dit-soral
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    Le chapitre sur les #femmes vaut aussi son pesant de cacahuètes.
    En tout cas, une vraie somme de travail d’égoutiers pour ceux qui ont dû se taper sa vie et son œuvre pour décortiquer le personnage et son #idéologie de merde.

    Soral possède néanmoins trois pirouettes en la matière : la première, revendiquer les écrivains juifs qu’il affectionne (Marx, Goldmann, etc.) ; la seconde, mettre en avant, selon la logique bien connue, ses « amis » juifs (ils sont deux : Jacob Cohen et le musicien Gilad Atzmon — ce dernier a même été désavoué publiquement, du fait de ses « arguments racistes », par un collectif de penseurs palestiniens22...) ; la troisième, répéter qu’il n’est pas antisémite mais judéophobe ou judéocritique (autrement dit : qu’il cible « l’idéologie juive », comme système de pensée, et jamais les êtres en tant que personnes de chair et d’os), et, surtout, qu’il ne s’en prend jamais à ceux qu’il nomme les « Juifs sur les bords » ou « Juifs du quotidien ». La défense s’écroule pourtant dès l’instant où il déclare, en juin 2014 : « On a vu le petit Elkabbach – là, c’est mon analyse un peu plus racialo-communautaire –, qui est le petit sémite séfarade, se soumettre finalement comme une femme à quelqu’un [Poutine] qui représente encore, je dirais, la virilité aryenne, d’une certaine manière - même si elle est slave. Et ça, c’est la juste hiérarchie traditionnelle, vous voyez. Quand Poutine ouvre sa gueule, un Elkabbach la ferme. Et c’est comme ça que doit se concevoir un monde qui fonctionne bien23. » Jean-Pierre Elkabbach est très clairement attaqué en tant qu’individu membre d’une communauté ethnique déterminée. Autre exemple : un journaliste interroge Soral et lui demande ce qu’il juge obscène, en matière de littérature. Sans étonnement, Soral embraie sitôt, le visage traversé de successives moues écœurées : « J’ai ressenti un vif dégoût en lisant des pages plus ou moins autobiographiques de... ce n’est pas un hasard... Albert Cohen. Le type qui a écrit Belle du Seigneur et Mangeclous. Ça, ça me répugne. Il y a ce côté... je ne vais pas dire le mot pour ne pas m’attirer d’ennuis, mais ce côté complaisant, mis en scène, y’a du Elie Wiesel chez Albert Cohen. C’est pas un hasard. Ça m’insupporte. Moi je suis un goy du Nord, il y a le côté on se tourne pour pleurer, on pleure jamais face à la caméra. Sinon tout le reste c’est la famille, c’est Claude Lelouch, Boujenah, ça sent l’huile quoi... […] J’ai d’ailleurs ressenti cette gêne sans jamais identifier qu’il y avait une origine ethnico-culturelle là-dedans. J’ai toujours détesté les films de Woody Allen, qui sont incroyablement narcissiques et complaisants, et médiocres. Ça m’a toujours insupporté. Même les films des frères Cohen. […] Pleurer face à la caméra pour tirer les larmes du goys et lui faire les poches. C’est une évidence, on le voit. Mangeclous et Belle du Seigneur, c’est insupportable. En plus d’énormes pavés, comme ça, c’est gras, c’est gras. C’est une culture, quoi. Quand on aime ça... Aujourd’hui on est submergé par cette merde. […] Mon monde à moi, qui est le monde de la pudeur du Nord, de la pudeur héléno-chrétienne, de la retenue, de l’émotion subtile, etc., a été dévasté par la vulgarité séfarade, il faut le dire, judéo-méditerranéenne. C’est une souffrance terrible pour nous24. » Le sionisme n’a, ici, strictement rien à faire. Pas plus que la critique de l’Ancien Testament ou de la métaphysique juive. Seulement le #racisme crasse.

    #confusionisme #antisémitisme #politique #analyse #fascisme

    http://seenthis.net/messages/377646 via Agnès Maillard



  • BALLAST Philippe Marlière : « La République est un consensus mou »
    http://www.revue-ballast.fr/philippe-marliere-la-republique-est-un-consensus-mou
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    Dans les sociétés démocratiques – d’un point de vue culturel et cultuel – un État peut-il imposer à ses citoyens des normes de conduite et exiger d’eux qu’ils se conforment aux « valeurs » essentielles de la France ? C’est une question fondamentale sur le plan des libertés publiques. Je réponds sans équivoque négativement à cette question : un État démocratique doit traiter ses citoyens comme des sujets autonomes et responsables. Il doit donc se tenir à l’écart de leur choix de vie. C’est un principe démocratique essentiel, quelle que soit d’ailleurs la nature du régime (une république ou une monarchie constitutionnelle). J’aborde de front, sans plus tarder, la question du #hijab (le foulard musulman) dans les établissements scolaires, ou celle du port de la burqa (le voile intégral) dans les espaces publics. Au nom du principe de non-domination, du respect des choix de vie de chacun et de l’autonomie individuelle, l’État n’a ni à les interdire, ni à légiférer sur ces questions. En votant les lois de 2004 et de 2010, le législateur est devenu un acteur partisan, voire liberticide. Son rôle est de préserver la #liberté et l’autonomie de tous, dans le cadre de la #loi. Que l’on ne m’accuse pas de promouvoir une laïcité « positive » ou « ouverte » (en sous-entendant que mon interprétation de la #laïcité serait erronée ou laxiste). Cette qualification est hors-sujet et, bien sûr, mal intentionnée car elle veut disqualifier toute personne qui pose, comme je viens de le faire, le principe de la #neutralité de l’État vis-à-vis de tous. S’il faut distinguer entre deux interprétations idéal-types de la #laïcité en France aujourd’hui, j’opposerai une laïcité communautarienne à une laïcité pluraliste.

    #démocratie

    http://seenthis.net/messages/376859 via Agnès Maillard


  • BALLAST Journal d’un résistant vietnamien
    http://www.revue-ballast.fr/journal-dun-resistant-vietnamien
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    Le Journal d’un combattant Viet-Minh, signé Ngo-Van-Chiêu, a paru au Seuil en 1955. Il s’agissait de documents épars, couverts de boue, que Jacques Despuech, correspondant de presse, traduisit et agença sous la forme d’un livre. Épuisé depuis longtemps, nous en publions ici un extrait, tiré du chapitre « En pays occupé ». La scène se déroule en janvier 1951 et l’auteur, ancien employé des postes entré dans la lutte indépendantiste, a trente ans ; il fuit, blessé au bras après un bombardement au napalm.

    http://seenthis.net/messages/375941 via Agnès Maillard