• L’Algérie face aux migrants : Parle avec elle… - Actualité - El Watan
    http://www.elwatan.com/actualite/l-algerie-face-aux-migrants-parle-avec-elle-28-05-2018-369045_109.php

    Les Algériennes et les Algériens ont hérité à l’indépendance d’un pays complètement dévasté par la guerre, avec des infrastructures détruites et une majorité de la population plongée dans la précarité, la pauvreté, l’analphabétisme et le chômage massif.


  • La Journée de la Terre. La résilience du peuple palestinien abandonné. – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/04/07/la-journee-de-la-terre-la-resilience-du-peuple-palestinien-a
    https://www.mondialisation.ca/wp-content/uploads/2018/04/I-love-Gaza-400x256.jpg

    Photo : Sans abri à Gaza, source : nybooks.com

    « Si cette immigration des juifs en Palestine avait eu pour but de leur permettre de vivre à nos côtés, en jouissant des mêmes droits et en ayant les mêmes devoirs, nous leur aurions ouvert les portes, dans la mesure où notre sol pouvait les accueillir. (…) Mais que le but de cette émigration soit d’usurper notre terre, de nous disperser et de faire de nous des citoyens de deuxième catégorie, c’est là une chose que nul ne peut raisonnablement exiger de nous. C’est pour cela que, dès le début, notre révolution n’a pas été motivée par des facteurs raciaux ou religieux. Elle n’a jamais été dirigée contre l’homme juif en tant que tel, mais contre le sionisme raciste et l’agression flagrante. » (Yasser Arafat)

    Vendredi 30 mars un massacre de plus que celui de 17Palestiniens coupables de protester contre la condition infra-humaine dans la prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Toutes factions confondues, les Palestiniens promettent de protester pacifiquement pendant un mois et demi jusqu’au 15 mai mettant à profit la journée de la Terre pour protester contre l’occupation illégale de leur territoire d’où ils furent chassés en 1948 Le 15 mai coïncide avec l’inauguration controversée de l’ambassade américaine à Jérusalem. C’est aussi la commémoration de la catastrophe (Nakba) subie par les Palestiniens lors de la création d’Israël (1948). Ils furent plus de 700 000 à fuir leur terre pour trouver refuge dans la bande de Ghaza, en Jordanie, au Liban, en Syrie. Leur enfermement et la grave crise humanitaire qui sévit à Ghaza donnent plus que jamais corps à la question du « droit au retour ». Cette demande dont les dirigeants israéliens n’en veulent à aucun prix, au contraire encourageant des juifs de la Diaspora au nom de la loi du Retour de revenir quand ils veulent en Palestine, prendre la place des exclus et pousser de plus en plus les Palestiniens restants à partir.

    Tuer délibérément « grâce aux snipers »

    Pour Ibraheem Abu Mustafa de Reuters : « Des dizaines de milliers de Palestiniens, des femmes et des enfants, ont convergé vendredi le long de la barrière frontalière qui sépare la bande de Ghaza d’Israël dans le cadre de ´´la grande marche du retour´´. Ce mouvement de protestation durera six semaines pour exiger le ´´droit au retour´´ des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Ghaza. Des dizaines de Palestiniens se sont approchés à quelques centaines de mètres de cette barrière ultra-sécurisée, régulièrement le théâtre de heurts sanglants contre les habitants de l’enclave par les soldats. Ces derniers ont tiré des balles réelles et fait usage de gaz lacrymogène. Selon le ministère de la Santé dans la bande de Ghaza, 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1410 blessés dans les affrontements avec l’armée israélienne. La ´´grande marche du retour´´ a lieu à l’occasion de la ´´Journée de la Terre´´, qui marque chaque 30 mars la mort en 1976 de six Arabes israéliens pendant des manifestations contre la confiscation de terres par Israël. Les Arabes israéliens sont les descendants de Palestiniens restés sur place à la création de l’Etat d’Israël en 1948 » (1).

    Farès Chahine qui intervient à partir des territoires occupés résume la situation : « L’armée israélienne a mis en exécution ses menaces, lancées en début de semaine, d’utiliser des balles réelles pour réprimer les manifestants. Le chef de l’état-major de l’armée d’occupation avait même déclaré à la presse israélienne qu’il allait lui-même superviser la répression de :

    « La grande manifestation du retour », comme l’ont appelée les organisateurs. Les forces israéliennes, renforcées par une centaine de snipers postés tout le long de la frontière avec la bande de Gaza, n’ont ainsi pas hésité à tirer sur les manifestants désarmés qui ne portaient que des drapeaux palestiniens et lançaient des slogans réclamant le retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres et dans leurs villages d’où ils ont été expulsés de force en 1948. (…) Au lieu de leur faire peur, les menaces israéliennes ont au contraire galvanisé les citoyens qui se sont rendus en masse vers la frontière pour scander leurs slogans. » (2)

    « L’autre point remarquable poursuit Fares Chahine, de cette journée historique était l’absence des bannières des différentes factions palestiniennes. Celles-ci ont laissé place au seul drapeau palestinien, symbole de l’unité du peuple palestinien. Des centaines de tentes ont donc été plantées tout le long de la frontière à une distance de 700 mètres environ de la clôture. Cette présence féminine remarquable a d’ailleurs apporté un démenti au gouvernement israélien de droite qui fournit de grands efforts pour accréditer l’idée que les Palestiniens sont des terroristes, des tueurs sanguinaires et des misogynes. « Malgré le danger, les Palestiniens de la bande de Ghaza, qui vivent dans des conditions inhumaines depuis de très longues années, promettent que ce 30 mars 2018 n’est que le début d’une insurrection civile contre les autorités de l’occupation. (…) La journée de la Terre, qui est célébrée depuis le 30 mars 1976, a toujours bénéficié d’un large consensus au sein de la population palestinienne. En ce jour du 30 mars 1976, les forces israéliennes ont froidement abattu six citoyens palestiniens communément appelés « Arabes d’Israël », Ces Palestiniens avaient pourtant la nationalité israélienne. Mais elle n’a servi à rien. Il s’agit de la preuve que ces « Arabes d’Israël » sont considérés comme des citoyens de seconde zone. » (2)

    Cyrille Louis du Figaro témoigne et rapporte le contenu d’une vidéo mise en ligne :

    « Une fois le fracas interrompu et la poussière retombée, les participants à cette « grande marche du retour » ont mis en ligne les vidéos tournées vendredi avec leur téléphone. L’une d’elles, filmée à l’est de Beit Lahya, a aussitôt inondé les réseaux sociaux. On y voit un jeune homme vêtu d’un jeans et d’un pull noir qui court, un pneu à la main, pour tenter d’échapper aux balles des tireurs d’élite israéliens. Une détonation claque, puis une seconde et le garçon tombe à terre. D’après ses amis, dont le témoignage a été confirmé par les secouristes palestiniens, Abdel Fattah Abdel Nabi est mort sur le coup. À en juger par ce document, l’homme âgé de 18 ans ne présentait aucun risque immédiat pour les militaires qui l’ont abattu. Pour L’ONG israélienne B’Tselem « Tirer sur des manifestants qui ne portent pas d’armes est illégal » et « tout ordre donné à cette fin l’est également ». (3)

    Les réactions

    Dans un discours le même jour vendredi, le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré qu’il tenait Israël pour pleinement responsable de ces morts Les Palestiniens ainsi que la Turquie ont dénoncé un « usage disproportionné » de la force. La Ligue arabe, l’Egypte et la Jordanie ont également condamné la riposte israélienne.. L’Algérie condamne « avec force » et d’un « ton très ferme » la boucherie israélienne commise par les forces d’occupation, à Ghaza, lors de la répression, vendredi, d’une marche pacifique commémorant le quarante- deuxième anniversaire de la « Journée de la Terre », sous le slogan du « grand retour » d’après le communiqué du ministère des Affaires étrangères (MAE).

    Le Conseil de sécurité des Nations unies, pour sa part n’a rien décidé. Réuni en urgence vendredi soir sur les affrontements dans la bande de Ghaza, a entendu les inquiétudes quant à une escalade de la violence, mais n’est pas parvenu à s’entendre sur une déclaration commune. « Le risque de l’escalade (de la violence) est réel », a estimé devant le Conseil le représentant français. « Il y a la possibilité d’un nouveau conflit dans la bande de Ghaza. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont exprimé des regrets quant au calendrier de la réunion -la Pâque juive a commencé vendredi soir- synonyme d’absence de responsables israéliens. « Il est vital que ce Conseil soit équilibré » a dit à la réunion le représentant américain..Israël a rejeté les appels internationaux à une enquête indépendante. L’usage de balles réelles par l’armée israélienne est au coeur des interrogations de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme.

    Israël rejette toute enquête

    Vendredi 30 mars a été la journée la plus meurtrière dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014 : 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1400 blessés, dont 758 par des tirs à balles réelles, selon le ministère de la Santé dans l’enclave. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont réclamé une « enquête indépendante » sur l’usage par Israël de balles réelles, une demande rejetée par l’Etat hébreu. De son côté, le ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a qualifié d’« hypocrites » les appels à ouvrir une enquête. « Il n’y aura pas de commission d’enquête », a-t-il déclaré à la radio publique israélienne. « Il n’y aura rien de tel ici, nous ne coopérerons avec aucune commission d’enquête. » (3)

    Pour M.K.Bhadrakumar, l’horrible attaque de 17 manifestants palestiniens non armés et pacifiques vendredi par les forces de sécurité israéliennes a une fois de plus souligné que l’occupation par Israël des pays arabes demeure toujours la cause première de la crise au Moyen-Orient. La revendication des manifestants est qu’Israël devrait accorder le droit aux 1,3 million de réfugiés (selon les chiffres de l’ONU des réfugiés enregistrés) de « rentrer chez eux » d’où ils ont été chassés, (…)Trump entouré, dont l’islamophobie suinte de ses veines, il s’est maintenant entouré de personnes aux vues similaires, en particulier le nouveau secrétaire d’État Mike Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton ainsi que l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU Nikki Haley. » (4)

    La marche du désespoir des Palestiniens

     Un article du journal Le Monde nous apprend un peu plus sur cette marche pacifique :

    Des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi à quelques mètres de la clôture qui les sépare d’Israël. Au moins 16 ont été tués par l’armée israélienne. Tels des champignons de fer, les casques des tireurs d’élite israéliens se dessinent, immobiles, au sommet des collines. Des officiers assurent la liaison radio à leurs côtés. Une jeep passe dans leur dos. Les manifestants palestiniens, réunis près du camp de Bureij, contemplent ce ballet. La distance qui les sépare des soldats se compte en centaines de mètres. Soudain, une balle siffle, un corps s’effondre. On l’évacue. On continue. Ce face-à-face a duré toute la journée du vendredi 30 mars, le long de la bande de Ghaza. Cette journée marque un succès amer pour les partisans d’une résistance populaire pacifique, qui ont constaté depuis longtemps l’échec de la lutte armée. D’autant que la supériorité technologique de l’armée israélienne ne cesse de s’accroître. La manifestation de vendredi place cette armée sur la défensive, obligée de justifier des tirs à balles réelles sur des manifestants ne présentant aucun danger immédiat pour les soldats. (…) Mais contrairement aux propos calibrés des autorités israéliennes, personne n’a forcé les Ghazaouis à sortir pour réclamer le droit au retour des Palestiniens sur les terres qu’ils ont perdues en 1948, au moment de la création d’Israël. « Je n’appartiens pas à une faction, mais à mon peuple, résume Rawhi Al-Haj Ali, 48 ans, vendeur de matériaux de construction. C’est mon sang et mon coeur qui m’ont poussé à venir. (…) » (5)

    Non loin de lui, dans la zone de rassemblement de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, Ghalib Koulab ne dit pas autre chose, sous le regard de son fils.

    « On veut envoyer un message à l’occupant, résume cet homme de 50 ans. On est debout, on existe. » Dans le conflit israélo-palestinien, les mots aussi sont sacrifiés, vidés de leur sens. Dans chacun des cinq lieux de rassemblement prévus le long de la frontière a conflué le peuple ghazaoui dans sa diversité, et son dénuement. Vieillards et gamins, femmes voilées et jeunes étudiantes apprêtées, mais surtout jeunes hommes sans avenir (…) Mais personne ne contrôlait cette foule éclatée. Il est tentant de dire que ces jeunes défiaient la mort. En réalité, ils défiaient la vie, la leur, qui ressemble à une longue peine : celle des victimes du blocus égyptien et israélien, enfermées depuis bientôt onze ans dans ce territoire palestinien à l’agonie. (…) « On ne sera pas transférés dans le Sinaï égyptien, comme le veulent les Américains et les Israéliens ! On continuera jour après jour, jusqu’à ce qu’on retrouve nos terres. Le processus de réconciliation, amorcé sous les auspices de l’Egypte en octobre 2017, est au point mort, mais personne ne veut signer l’acte de décès. »(5)

    La colonisation continue : personne ne proteste

    Pendant ce temps Israël accentue sa politique de colonisation des Territoires palestiniens. Selon un rapport de La Paix maintenant, le nombre de nouveaux logements a fortement augmenté en 2017. L’an I de la présidence Trump, sans surprise, a été marqué par une poursuite des activités de colonisation en Cisjordanie. Selon le rapport annuel publié lundi par l’organisation anti-occupation La Paix maintenant, 2783 nouveaux logements y ont été mis en chantier en 2017. Ce décompte marque un léger recul par rapport à l’année précédente, mais il traduit une hausse de 17% si on le compare avec la moyenne des 10 années écoulées. Le nombre d’appels d’offres passés pour de nouvelles habitations (3154) a simultanément atteint un niveau…

    Au dernières nouvelles, ce vendredi 6 avril jour de prière. De nouveaux affrontements ont éclaté ce vendredi 6 avril entre manifestants palestiniens et soldats israéliens près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Ces heurts interviennent une semaine après des violences sans précédent depuis 2014 qui ont coûté la vie à 19 Palestiniens.

    Cinq Palestiniens ont été tués et plus de 400 blessés par des soldats israéliens. Des manifestants ont incendié des pneus et lancé des pierres sur les soldats israéliens postés à la barrière de sécurité séparant les deux territoires, selon des correspondants de l’AFP sur place. Les militaires ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles (6).

    Beaucoup de commentateurs ont fait une analogie avec les massacres de Sharpeville , sauf qu’à l’époque le monde occidental avait banni l’Afrique du Sud, qui fut par la force des choses amenée à reconsidérer sa politique d’apartheid.

    Pourtant, la conscience humaine devrait retenir le bras vengeur de cette armée qui se dit « la plus morale du monde » car mettre des dizaines de snipers pour un tir aux pigeons, sauf que le pigeon est un jeune envahi par le désespoir, qui veut vivre à en mourir dans une enclave où son horizon est bouché. Il ne lui reste que la solution finale ; offrir sa poitrine et mourir pour une cause de la liberté. Ce qui est encore plus inhumain, c’est ce que doit penser le sniper dont le tableau de chasse est éloquent en fin de journée. Il ôte la vie à des jeunes comme lui qui ne demandent qu’à vivre comme lui sur cette Terre de Palestine dont il est difficile de parler d’ethnie, la science ayant prouvé que les Palestiniens et Israéliens appartiennent au même peuple de Cananéens.

    Que certains sionistes aient fait de la religion judaïque un fonds de commerce au nom de la race élue, ne doit pas porter préjudice à un peuple qui revendique de vivre sur les 18% de la Palestine originelle. S’il est connu que les Palestiniens n’ont rien à attendre des pays occidentaux tétanisés par la faute originelle, qui leur fait accepter toutes les impunités d’un pays qui brave une quarantaine de résolutions, ils sont encore mal barrés concernant la solidarité des pays arabes, encore plus tétanisés qui regardent ailleurs et se fendent de communiqués qui n’apportent rien de nouveau. La direction palestinienne s’est installée dans les temps morts et il n’y a pas de relève à l’horizon. Il est à craindre que la conscience internationale regarde ailleurs pendant qu’un peuple est en train de disparaître en tant que nation.

    « Est-ce ainsi que les Hommes vivent » aurait dit Aragon.

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique Alger

    Notes

    1.https://www.huffpostmaghreb.com/entry/ghaza-les-palestiniens-poursuivront-leur-protestation-apres-une-pre

    2.http://www.elwatan.com/international/israel-commet-un-massacre-a-ghaza-31-03-2018-365426_112.php

    3.https://assawra.blogspot.fr/2018/04/israel-rejette-toute-enquete.html

    4.http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2018/03/31/palestine-still-remains-core-issue-in-middle-east

    5.http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/03/31/a-la-frontiere-de-la-bande-de-gaza-une-grande-marche-du-retour-pacifique-mai

    6.https://www.nouvelobs.com/monde/20180406.OBS4747/affrontements-a-gaza-5-palestiniens-tues-dans-des-heurts-avec-l-armee-isr

    Article de référence :

    http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/289893-la-resilience-du-peuple-palestinien-abandonne.htm

    La source originale de cet article est Mondialisation.ca
    Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2018


  • Source El Watan.

    http://www.elwatan.com/international/al-aqsa-ultime-faux-pas-du-gouvernement-israelien-23-07-2017-349572_112.php

    Al Aqsa, ultime faux pas du gouvernement israélien ?
    Par Lina Kennouche ()

    L’opération spectaculaire à proximité de la mosquée d’Al Aqsa à Jérusalem-Est et les affrontements entre Palestiniens et forces d’occupation qui s’en sont suivis ont ravivé les craintes chez les Israéliens d’une intifadha généralisée. Après l’attaque du 14 juillet qui a fait deux morts et un blessé parmi les policiers israéliens et coûté la vie à ses auteurs, les forces d’occupation ont mis à profit la dégradation du contexte sécuritaire pour renforcer leur emprise sur l’Esplanade des Mosquées.

    Installation de portes de contrôle et fouilles systématiques sont les mesures de sécurité prises par les autorités israéliennes, mais les Palestiniens, en signe de protestation et de résistance à l’intrusion coloniale dans leur vie culturelle et religieuse, ont refusé d’accéder à l’Esplanade. Après le bouclage permanent et complet de la ville, la mise en œuvre d’une stratégie visant à réduire la population palestinienne à Jérusalem et augmenter la présence juive, cette nouvelle confrontation pourrait être le prétexte à une accélération de la politique de judaïsation de la ville.

    En effet, les restrictions d’accès à la mosquée sont considérées par les Palestiniens comme une violation du statu quo trouvé depuis 1967 (et garanti par le droit international) entre les forces d’occupation israéliennes et l’autorité de la mosquée pour permettre aux fidèles de visiter le site religieux. Profitant du contexte, les colons ont redoublé d’activisme en appelant à une manifestation le 20 juillet pour s’emparer de la mosquée et concrétiser leur projet de construction du 3e temple qui impliquerait la destruction du Dôme du Rocher et de la mosquée Al Aqsa. Vendredi la tension a atteint un pic avec la décision de maintenir les portes équipées de détection de métaux aux abords de l’Esplanade et d’interdire l’accès à la vieille ville aux hommes de moins de 50 ans.

    La politique de judaïsation accélérée s’inscrit en réalité dans une stratégie plus globale, que le sociologue israélien Baruch Kimmerling qualifie de « politicide » dans son ouvrage du même titre, à savoir « une stratégie politico-militaire, diplomatique et psychologique ayant pour but la dissolution du peuple palestinien comme entité économique, sociale et politique légitime et indépendante ».

    Baruch Kimmerling, analysant le défi démographique, montre que l’accroissement de la population palestinienne des Territoires occupés en 1948 et 1967 remet en cause la nature exclusivement juive de l’Etat israélien. Face à ce défi démographique, l’émergence d’une coalition stable de la droite ultra nationaliste israélienne favorise la politique de destruction méthodique des conditions d’existence du peuple palestinien. Or, cette politique pourrait avoir un coût élevé pour Israël dans un contexte régional et interne profondément modifié.

    La résistance, fait politique irréductible du système colonial, se renforce en raison des contradictions du système politique israélien qui le conduit à durcir chaque jour sa stratégie d’expansion et de judaïsation de la Palestine. Bien que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, tente de parier aujourd’hui sur le soutien du président américain, Donald Trump, pour renverser le statu quo, le temps ne joue pas en faveur d’Israël. En écho à la radicalisation du gouvernement israélien, le peuple palestinien intensifie sa résistance au point d’agir en dehors du cadre des partis politiques traditionnels palestiniens : l’entrée en résistance des Palestiniens de 1948, avec l’intifadha des couteaux en 2015, en est l’illustration parfaite. Jérusalem apparaît désormais comme le champ de bataille ultime, où s’affrontent la politique de colonisation et le projet de résistance palestinien, qui, en dépit des apparences, ne cesse de se revigorer. La mobilisation populaire met également à nu le rôle historique de l’Autorité palestinienne qui se réduit à un appareil de répression au service de l’occupation pour démanteler les organisations de résistance palestiniennes.

    En dépit de la gravité de la situation autour de l’Esplanade, le discours prononcé par le président de l’Autorité, Mahmoud Abbas, lors de sa rencontre à Pékin avec le chef de l’Etat, Xi Jinping, mardi, n’y a pas fait la moindre allusion. Dans un contexte où ses soutiens traditionnels sont divisés entre, d’un côté Israël et les Etats-Unis et, de l’autre, l’Egypte et les Emirats arabes unis pariant sur M. Dahlan pour remplacer M. Abbas, le scénario d’un embrasement généralisé pourrait accélérer l’implosion de l’Autorité.

    L’évolution globale au Moyen-Orient, marqué par un changement dans les rapports de force, une autonomisation relative des acteurs régionaux et des contradictions dans les rangs des puissances alliées, rendent la situation imprévisible. Un bouclage durable et étendu de l’Esplanade des Mosquées pourrait constituer le détonateur d’une révolte généralisée. Des organisations de résistance comme le Djihad islamique et le Hamas ont laissé entendre que toutes les options restaient ouvertes. Comme l’a noté le géostratège israélien Arnon Shoffer : « Les facteurs principaux qui menacent la survie d’une organisation ne s’incarnent pas dans un événement dramatique, spectaculaire, mais des processus lents, graduels, dont on n’a, en général, pas conscience. »

    Aveugle à ses propres intérêts, Israël a atteint un seuil critique qui renforce la dynamique, imperceptible, à l’œuvre dans l’effondrement du système colonial. En 2007, dans un entretien accordé à Haaretz, l’ancien président de la Knesset, Avraham Burg, concluait déjà : « L’œuvre sioniste est bâtie sur de l’illusion. Pensez-vous sérieusement que Tel-Aviv va rester éternellement cette entité post-sioniste éthérée ? Israël n’est qu’un corps sans âme. »

    () Doctorante à l’université Saint Joseph
    de Beyrouth


  • « Le monde #arabe est dans un #chaos mental absolu » - International - El Watan
    http://www.elwatan.com/international/le-monde-arabe-est-dans-un-chaos-mental-absolu-15-07-2017-349064_112.php

    #Georges_Corm

    Quand j’évoque le chaos mental, j’entends également qu’il existe du côté arabe et #musulman, puisque nous avons de très nombreux Etats qui se disent musulmans qui sont des alliés inconditionnels de la puissance militaire américaine et soutiennent son déploiement. Dans cet ouvrage, je tente donc de déconstruire les discours canoniques et les images clichés devenues omniprésentes dans les opinions publiques qui sont amenées à approuver ou ne pas s’opposer aux politiques d’interventions militaires musclées, soit au nom des droits de l’homme, soit au nom de la défense préemptive des « #valeurs » occidentales.

    J’essaie également de montrer que si l’image de l’islam est autant défigurée aujourd’hui, la responsabilité n’en incombe pas seulement à ce que j’appelle l’#hubris (notion d’origine grecque désignant la démesure, ndlr) des Etats membres de l’#OTAN et le désir de #dominer entièrement le monde qui va de pair avec la globalisation.

    Le fait que des régimes politiques arabes ou non arabes musulmans, ainsi que de très nombreux intellectuels arabes et d’autres pays musulmans, se mettent à vanter une altérité islamique inconciliable avec les acquis positifs de la modernité, permet d’accréditer la thèse de Huntington. Nous sommes dans le chaos mental absolu.

    L’une des aberrations, c’est qu’il n’existe plus aujourd’hui de connaissance de l’islam. Les nouveaux orientalistes ne connaissent que trois auteurs sur les 13 siècles de civilisation islamique (Sayed Kotob, Mawdudi, Ibn Taymiyya). Leurs œuvres sont diffusées en tous lieux et en plusieurs langues et c’est ce qui tombe entre les mains des jeunes Arabes et musulmans partout dans le monde.

    Par ailleurs, le problème tire ses origines de la création de l’Organisation de la conférence islamique (#OCI), où brusquement on assiste à un regroupement d’Etats sur la base de l’identité religieuse — inédit depuis le temps des #croisades — et cette organisation s’est efforcée de créer et de consolider une altérité islamique, en refusant de façon très abrupte des principes de modernité qui sont devenus universels et auxquels il est difficile de se soustraire, même si les gouvernement de l’OTAN en font un très mauvais usage.

    #dirigeants_arabes #indigents_arabes

    https://seenthis.net/messages/615256 via Kassem


  • « N’ayez pas peur de Trump ! »
    http://orientxxi.info/magazine/n-ayez-pas-peur-de-trump,1669

    « N’ayez pas peur de Trump ! » Cette injonction d’un éditorialiste saoudien résume assez bien la position de la plupart des dirigeants de la région. Sans tous se réjouir aussi ouvertement que le premier ministre israélien Benyamin Nétanayhou, ils voient sans déplaisir partir le président Barack Obama accusé par les uns de ne pas être intervenu en Syrie, par les autres d’avoir favorisé les changements en Egypte. Mais certaines inquiétudes s’expriment, notamment chez les Palestiniens. Le président égyptien (...)

    #Magazine

    / #Élection_présidentielle, #Presse, #Médias, #États-Unis, #Monde_arabe

    "http://www.ahram.org.eg/News/202080/4/560687/%D9%82%D8%B6%D8%A7%D9%8A%D8%A7-%D9%88%D8%A7%D8%B1%D8%A7%D8%A1/%D9%88%D9%85%D8%A7%D8%B0%D8%A7-%D8%A8%D8%B9%D8%AF%D8%9F%C2%AB%D8%A7%D9%84%"
    "http://www.shorouknews.com/columns/view.aspx?cdate=09112016&id=cefc8468-daf0-479e-94e6-e67a3156d391"
    "http://aawsat.com/home/article/781121/%D8%B9%D8%A8%D8%AF-%D8%A7%D9%84%D8%B1%D8%AD%D9%85%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%B1%D8%A7%D8%B4%D8%AF/%D9%84%D8%A7-%D8%AA%D8%AE%D8%A7%D9%81%D9%88%D8%A7-%D8%AA%D8%B1%D9%85%D8%A8"
    "http://www.arabnews.com/node/1008531/saudi-arabia"
    "http://www.middleeasteye.net/news/saudi-arabia-bans-khashoggi-writing-media-appearances-after-trump-rem"
    "http://breakingenergy.com/2016/11/17/a-new-president-and-the-middle-east"
    "http://alrai.com/article/1024547/%D9%85%D8%AD%D9%84%D9%8A%D8%A7%D8%AA/%D8%B9%D9%84%D8%A7%D9%82%D8%A7%D8%AA-%D8%A7%D8%B3%D8%AA%D8%B1%D8%A7%D8%AA%D9%"
    "http://gulfnews.com/news/americas/usa/us-elections-2016/arabs-largely-indifferent-over-trump-victory-1.1926690"
    "http://www.alquds.co.uk/?p=628250"
    "https://www.lorientlejour.com/article/1017526/quel-donald-trump-gerera-le-moyen-orient-.html"
    "http://www.al-ayyam.ps/ar_page.php?id=11a276c0y295859904Y11a276c0"
    "http://www.huffpostmaghreb.com/2016/11/10/donald-trump-maroc_n_12899130.html"
    "http://www.lapresse.tn"
    "http://www.elwatan.com/dyn/imprimer.php?link=http%3A%2F%2Fwww.elwatan.com%2Fedito%2Fcommentaire-vraies"


  • Mes hommages à Malek Chebel

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Malek_Chebel

    Une terrible perte pour l’Algérie !

    http://mobile.lemonde.fr/disparitions/article/2016/11/12/deces-de-l-anthropologue-malek-chebel-defenseur-d-un-islam-des-lumieres_5030163_3382.html?xtref=android-app://com.google.android.googlequicksearchbox

    L’anthropologue Malek Chebel, défenseur d’un « islam des Lumières », est mort samedi 12 novembre. | FRED DUFOUR / AFP
    L’anthropologue des religions et psychanalyste algérien Malek Chebel, défenseur d’un « islam des Lumières », est décédé, samedi 12 novembre au matin, d’un cancer à l’âge de 63 ans, a appris l’Agence France presse auprès de sa famille.

    « Malek Chebel, c’était l’islam des Lumières et la modernité. Son œuvre dit quel doit être notre ouvrage : bâtir l’islam de notre temps », a tweeté le premier ministre Manuel Valls. Pour Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), interrogé par l’Agence France presse (AFP), sa disparition constitue « une grosse perte pour l’ensemble des musulmans de France ».

    Il sera enterré en Algérie, après une probable cérémonie en région parisienne lundi, a précisé à l’AFP son fils Mikaïl Chebel.

    35 LIVRES PUBLIÉS
    Arrivé à Paris en 1980 pour préparer un doctorat en psychopathologie et psychanalyse, après une licence de psychologie clinique à Constantine, Malek Chebel veut contribuer par ses études à voir l’Orient et l’Occident s’éloigner des « lieux de confrontation » où les extrémistes veulent les conduire.

    Il « a appris le dictionnaire » français en arrivant en France « pour s’approprier les mots, la langue », a raconté à l’AFP son ami Hichem Ben Yaiche. « Il avait une capacité de travail inouïe », avec 35 livres publiés et cinq prévus pour la seule année 2016. Il voulait « ratisser plusieurs thématiques », dans « une quête d’identité personnelle », selon ce proche.

    Parmi ses livres, L’islam pour les nuls et Le Coran pour les nuls s’étaient arrachés dans les librairies après les attentats de janvier 2015. Il a aussi traduit le Coran et publié, entre autres, Mohammed, prophète de l’islam, L’islam et la raison, L’Erotisme arabe, ou L’islam en 100 questions.

    Face au « détournement de l’islam » par ceux qui ont alimenté sa « dérive sectaire » et jihadiste, Malek Chebel a donné naissance au concept d’« islam des Lumières » pour « dire que l’islam n’est pas extrémiste, qu’il n’est pas ce qu’on peut dire à travers les actes de quelques fous de Dieu », a expliqué Hichem Ben Yaiche.

    CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR
    Selon le président du CFCM, Malek Chebel proposait « une démarche innovante, une lecture contextualisée des préceptes de l’islam et de la pratique religieuse ». Et il avait « un rôle précurseur » avec « des analyses pertinentes, notamment sur la place de la femme dans l’islam, de la conception, de la relation de l’homme au plaisir d’une manière générale », des thèmes qui « apportaient une certaine fraîcheur à la vision que pouvait avoir la société française sur la religion musulmane », a souligné Anouar Kbibech.

    En 2008, il avait été décoré chevalier de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy, alors président. « Grâce à vous, la France découvre, ou redécouvre, un islam qui connaît et aime la vie, le désir, l’amour, la sexualité », avait déclaré M. Sarkozy.

    Autres liens :

    http://www.elwatan.com/actualite/deces-de-l-anthropologue-et-penseur-algerien-malek-chebel-12-11-2016-332777

    Quand Malek Chebel décryptait les origines historiques de l’islamophobie

    http://m.nouvelobs.com/bibliobs/idees/20161112.OBS1095/quand-malek-chebel-decryptait-les-origines-historiques-de-l-islamophobie.html?xtref=android-app%3A%2F%2Fcom.google.android.googlequicksearchbox#android-app://com.google.android.googlequicksearchbox


  • Riad Benfadel. Rédacteur en chef du Monde diplomatique (version arabe) : « Il y a un véritable gap générationnel chez les gauches arabes »
    http://www.elwatan.com/international/il-y-a-un-veritable-gap-generationnel-chez-les-gauches-arabes-31-05-2016-32

    - Vous avez dit, en ouverture, que Le Monde Diplomatique, coorganisateur de la rencontre, revendiquait sa partialité…

    Le Monde Diplomatique a toujours été du côté des causes de justice sociale et s’est très vite affirmé comme porte-parole de la bataille anticoloniale ; il a été une dynamo dans les batailles contre la mondialisation et les politiques de libre-échange. Le Monde Diplomatique ne cache pas ses engagements pour la démocratie sociale, pour le changement et pour la défense des intérêts des couches les plus défavorisées, c’est un choix philosophique, culturel et politique. Il n’est inféodé à aucun parti mais à une ligne de défense des intérêts des plus démunis. C’est le mensuel qui refuse la loi de la jungle et c’est sur cette base qu’il est engagé du côté des causes justes et les causes de paix dans le monde.

    #A_propos_du_Diplo




  • El Watan

    La Chronique de Maurice Tarik Maschino

    http://www.elwatan.com/culture/paranoia-24-04-2016-319426_113.php
    Paranoïa

    le 24.04.16

    Fasciné au XIXe siècle quand ils découvrirent le monde oriental, puis méprisant au XXe siècle, le regard des Européens est devenu paranoïaque : à les entendre, les musulmans sont en train d’envahir l’Europe et d’imposer à ses habitants leur manière de vivre, de penser et de croire. « Plus de 40% des Européens considèrent que les musulmans vivant dans leur pays représentent une menace pour son identité », écrit le sociologue Raphaël Liogier dans un petit livre remarquable, que tous ceux qui délirent sur « l’invasion musulmane »
    devraient lire.(1)

    A les entendre, il y aurait déjà 52 millions de musulmans en Europe, ce chiffre doublerait d’ici vingt ans, ce qui donnerait 104 millions de citoyens en 2036. D’où la panique des Européens, qui s’estiment menacés dans leur identité, puisque, pour la majorité d’entre eux – 65% des Britanniques, 68% des Français, 75% des Allemands et 77% des Néerlandais – les musulmans ne sont pas intégrés à la société. La plupart en ont peur et, comme le constate Raphaël Liogier, « une atmosphère morbide et nauséabonde » règne actuellement en Europe.

    Bien peu d’intellectuels européens tiennent un langage de vérité et il s’en trouve même qui confortent les préjugés les plus grossiers. Tel le soi-disant philosophe Michel Onfray, qui porte sur l’islam un jugement qui réjouirait le plus borné des islamophobes : « (Dans le Coran), on n’est pas dans une logique pacifiste, on défend la peine de mort, on défend l’égorgement des infidèles. » Onfray se garde bien de citer ce verset : « Tuer une seule personne, c’est comme tuer l’humanité » (Sourate V, verset 32).

    Fanatiques, les musulmans d’Europe ? Il ne semble pas que Michel Onfray les fréquente ou les écoute beaucoup. Comme le souligne R. Liogier, « plus on parle de l’islam, moins on écoute ce que disent les musulmans ». Ce qu’ils disent ? Recteur de la mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou, par exemple, estime que « le fait de considérer un homosexuel musulman comme un apostat est une hérésie ». D’après une enquête Ifop de 2009, « la plupart des musulmanes françaises, même les plus pieuses, accepteraient que leur fille épouse un homme d’une autre confession…

    Les femmes de conviction, ou seulement d’origine musulmane, sont majoritairement favorables au concubinage, à l’avortement, aux rapports sexuels hors mariage… De façon plus superficielle, des courants esthétiques se déploient, comme les hijabs avec jeans moulants, le style lolita musulmane ». 

    Mais la réalité importe peu à tous ceux qui ont une vision paranoïaque de l’islam. De plus en plus mal à l’aise dans une Europe menacée par la globalisation et qui n’impose plus sa loi au reste du monde, ils ont besoin pour se sentir exister et reprendre des forces d’un ennemi intérieur. Il est tout trouvé, puisqu’il est déjà sur place :

    « Le paranoïaque antimusulman a besoin du musulman parce qu’il lui redonne une cause, une raison de lutter. » Boucs émissaires des crises économiques, les musulmans le sont aussi d’une crise d’identité européenne. « Ils sont otages du sentiment d’impuissance, de la blessure narcissique du Vieux Continent ».



  • Le gouvernement Hollande/Valls de la Honte !
    Après le très contesté projet de loi sur le travail cher à Vall voilà que Hollande remet discrètement la Légion d’honneur à un prince saoudien le 5/03/2016
    http://www.franceinter.fr/depeche-hollande-remet-discretement-la-legion-dhonneur-a-un-prince-saoud
    Dépêches > monde du lundi 07 Mars à 06H48

    Mille raisons pour ne pas honorer ce grand Daesh qu’est l’Arabie Saoudite comme l’a fait François Hollande le 5/3/16

    Arabie saoudite : Légion d’honneur en cachette pour un tyran (plus quelques armes) https://t.co/wJd25MGqMJ
    -- Laurent Mauduit (@LaurentMauduit) 6 mars 2016

    – persécution des femmes
    – exécutions de masse des opposants au Régime
    – absence des libertés fondamentales (liberté d’expression, liberté de circuler, liberté de culte, liberté de penser, liberté de conduire pour les femmes, etc.)
    – esclavagisme
    – tortures et répressions dans les prisons
    – exploitation des enfants et des travailleurs étrangers
    – traite des blanches
    – spéculation à outrance avec les pétro-dollars et l’argent de la Mecque
    – financement des groupes fondamentalistes, activistes et sectes en tout genre (frères musulmans, Daesh, FIS, GIA, Al Qaida, Aqmi, etc.)
    – etc. etc.
    – guerre d’occupation au Yemen
    – il est l’allié inconditionnel d’un autre état d’occupation, d’apartheid et de crimes de guerre (Israël)
    –etc.

    Même au Liban, les réformateurs se détournent du milliardaire Hariri soutien inconditionnel de la cause saoudienne...

    • http://www.elwatan.com/edito/le-royaume-pyromane-10-03-2016-316226_171.php

      Le royaume pyromane
      par El Watan le10/03/2016

      La folie des grandeurs ou la folie tout court s’est emparée des dirigeants du royaume d’Arabie Saoudite. Cette monarchie obscurantiste, qui finance la haine et le terrorisme à travers la planète, ambitionne de prendre le leadership du monde sunnite et, pour cela, ne recule devant aucun moyen, surtout financier, pour arriver à ses fins.

      Riyad a commencé par envahir le Yémen, entraînant des monarchies arabes dans son sillage, pour mater une rébellion des chiites houtis, une ingérence grave dans un pays indépendant qui n’a appelé personne à son secours. En voulant jouer le gendarme de la région, il s’est lamentablement embourbé et ne sait plus comment s’en sortir face à une résistance très mal armée et qui affronte courageusement les F16 et autres armements sophistiqués.

      Sans doute pour faire oublier son échec, le régime wahhabite déclenche ouvertement une offensive contre le chiisme, menaçant notamment l’Iran.Joignant le geste à la parole, il envoie des avions en Turquie pour bombarder les forces de Bachar Al Assad. Jusqu’à ce jour, cette nation n’a pas osé pointer le bout de son nez dans l’espace aérien syrien.

      Dernier avatar de sa guerre de religion contre le chiisme, l’Arabie Saoudite a engagé avec elle les monarchies du Golfe pour déclarer le Hezbollah libanais « organisation terroriste », lequel, comme chacun le sait, a infligé de lourds revers à l’armée israélienne en 2006. Les Saoudiens ont même réussi à entraîner la Ligue arabe dans cette forfaiture qui cherche à pénaliser injustement le peuple libanais. L’Algérie a refusé d’approuver le comportement de la Ligue, s’attirant les foudres de la presse financée par Riyad, comme Ashaq Al Awsat et MBC par exemple.

      Le royaume wahhabite s’est livré à une autre provocation. Son ambassadeur à Rabat vient d’annoncer que son pays va investir au Sahara occidental.

      Depuis que le Maroc a envahi le territoire sahraoui, son armement a été en très grande partie fourni par les monarchies du Golfe, violant les résolutions de l’ONU sur le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Au lieu de pousser le pouvoir marocain à respecter la légalité internationale, elles ont contribué à aggraver la tension en Afrique du Nord qui ne s’en est pas remise à ce jour. En jetant de l’huile sur le feu, sans doute par solidarité monarchique, elles ont encouragé Rabat à persister dans l’aventure et c’est le peuple marocain qui paie l’addition jusqu’à aujourd’hui.

      La dernière sortie saoudienne n’augure rien de bon pour la paix dans la région. La jeunesse sahraouie est en train d’exprimer son impatience et pousse ses dirigeants à la reprise de la guerre. Ce peuple n’a plus rien à perdre

      N Robin

    • http://www.elwatan.com/edito/la-ligue-arabe-ce-machin-13-03-2016-316428_171.php
      La Ligue arabe, ce « machin »

      En décidant de classer le Hezbollah, mouvement chiite libanais, comme organisation terroriste, la Ligue arabe vient de franchir un pas supplémentaire dans l’absurde et la provocation sous la houlette de l’Arabie Saoudite et du Qatar. Une ingérence grave dans les affaires internes du Liban, alors que personne ne le lui a demandé, la Ligue, ce « machin » entre les mains du royaume wahhabite, n’a rien trouvé d’autre que de s’aligner dans cette « guerre de religion » contre le chiisme.

      L’Arabie Saoudite, qui ambitionne de prendre le leadership du mouvement sunnite après avoir convaincu les pays du Golfe de s’engager dans sa croisade contre l’Iran, vient d’entraîner les autres pays arabes dans sa course folle contre le régime de Téhéran qu’elle accuse de tous les maux, jusqu’à la sécheresse qui frappe la région.

      Exception faite du Liban bien sûr — où il ne se trouve personne pour ne pas reconnaître le rôle du Hezbollah, notamment depuis les revers qu’il a infligés à l’armée israélienne en 2006 — et de l’Irak où la communauté chiite a un poids politique déterminant, qui se sont opposés à cette machination, l’Algérie a pour sa part émis de sérieuses réserves. Ce qui lui a valu des attaques en règle dans la presse et les médias inféodés au régime wahhabite de Riyad, dont l’implication dans le financement du terrorisme et dans la propagation de la haine ne fait plus de doute au sein des opinions arabes. Tout comme son voisin le Qatar, d’ailleurs.

      Après avoir entraîné la majeure partie des pays arabes dans l’aventure au Yémen pour mater la rébellion houtie — alors que là aussi personne ne l’avait sollicitée — l’Arabie Saoudite vient de rééditer une seconde grave ingérence dans le seul dessein de « contrer » l’ennemi juré qu’est l’Iran, que beaucoup considèrent aujourd’hui comme incontournable dans la recherche d’une solution en Syrie la stabilité en Irak et au Proche-Orient en général. Ce à quoi le régime wahhabite ne semble pas décidé à se résoudre au point de se dire prêt à conduire une coalition militaire « sunnite » d’une vingtaine d’Etats pour intervenir en Syrie, contre le régime de Bachar Al Assad.

      Maintenant c’est le Liban, à travers le Hezbollah, qui est la cible des attaques de Riyad. La finalité étant d’affaiblir un tant soit peu l’Iran en portant des coups à ses soutiens régionaux. Même si au passage c’est le peuple libanais qui va souffrir le plus de cette politique aventuriste de la monarchie wahhabite qui avait décidé, le mois dernier, de suspendre son aide militaire à Beyrouth, demandant à ses ressortissants et aux sociétés de se retirer du pays. Jusqu’où ira cette vindicte saoudienne contre l’Iran ? Difficile de le savoir, d’autant que pour l’instant, la Ligue arabe semble totalement acquise aux desseins du régime wahhabite. Celui-ci n’hésitant pas à déverser des millions de dollars pour arriver à ses fins.

    • Sahara Occidental : Le jeu trouble de l’Arabie Saoudite
      http://www.elwatan.com/actualite/sahara-occidental-le-jeu-trouble-de-l-arabie-saoudite-10-03-2016-316241_109

      Adepte de positions provocatrices et souvent belliqueuses, l’Arabie Saoudite vient mettre son nez beaucoup plus loin de son nid. Le royaume saoudien, que le monde soupçonne d’être l’un des plus grands sponsors du terrorisme islamiste, compte violer le droit international en allant investir dans les territoires du Sahara occidental.

      L’information a été donnée, il y a deux jours, par l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à Rabat. Abdelaziz El Khouja, qui a rencontré le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, le jour de la présence de Ban Ki-moon en Algérie, a en effet tenu à préciser que les investissements que comptent réaliser le royaume wahhabite au Sahara occidental sont un signe du soutien politique de Riyad à Rabat. « C’est un message fort par lequel nous exprimons notre soutien à l’intégrité territoriale du Maroc.

      Et notre engagement, avec tous nos moyens, au développement de ces provinces », a déclaré l’ambassadeur saoudien qui ajoutera, selon les médias marocains, que « les efforts déployés par l’Arabie Saoudite en faveur du développement économique au Maroc contribueront au développement économique de l’Arabie Saoudite ».

      Le timing de cette annonce saoudienne est minutieusement choisi ; il coïncide avec la tournée qu’a effectuée le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, dans la région. Le responsable onusien, qui s’est rendu en Mauritanie, dans les territoires libérés et en Algérie, a en effet affiché sa volonté de relancer les négociations entre les deux parties autour de l’autodétermination du peuple sahraoui. Une affirmation qui signifie que la proposition marocaine de doter le Sahara occidental d’un statut d’« autonomie avancée » n’est plus d’actualité.

      Cette annone saoudienne est en réalité une réponse à l’appel à l’aide lancé la semaine dernière par le Maroc. Deux ministres marocains, à savoir Mohamed Hassad pour l’Intérieur et Mohamed Boussaid pour les Finances, ont effectué une tournée dans le Golfe pour supplier les pétromonarchies d’aider économiquement leur pays.

      En contrepartie, le Maroc, seul pays africain à faire partie du Conseil de coopération du Golfe, envoie son armée combattre aux côtés des Saoudiens dans plusieurs régions du monde. Ainsi, les forces marocaines, représentées notamment par des avions de combat, pilonnent depuis plusieurs mois des localités au Yémen.

      Rabat avait participé, également, à la coalition internationale qui avait attaqué l’Irak en 1991.
      Au-delà de la coopération économique, l’Arabie Saoudite, qui fait pourtant face à une grave crise économique due à la chute des prix du pétrole, confirme ainsi sa position d’un pays qui se mêle des conflits qui se déroulent loin de ses frontières. Et au lieu d’aider à régler les conflits, le pays des Al Saoud sème le désordre et crée des zizanies dont personne ne veut. -

    • http://orientxxi.info/magazine/en-arabie-saoudite-des-executions-de-masse-qui-aggravent-les-tensions,11

      En Arabie saoudite, des exécutions de masse qui aggravent les tensions confessionnelles
      Fuite en avant du régime
      Orient XXI > Magazine > Olivier Da Lage > 3 janvier 2016

      Dimanche 3 janvier à midi, la France n’a toujours pas réagi à l’exécution de l’opposant chiite saoudien Nimr Baqer Al-Nimr, alors que l’Union européenne et les États-Unis ont chacun exprimé leur inquiétude. L’ambassade saoudienne à Téhéran a été prise d’assaut et brûlée, tandis que la tension avec Riyad est au plus fort. Ces assassinats vont encore aggraver les tensions dans la région et aviver encore plus les tensions confessionnelles entre sunnites et chiites, de la Syrie au Yémen en passant par l’Irak et le Liban.
      Cheikh Nimr Baqer Al-Nimr, dont l’exécution le 2 janvier avec 46 autres « terroristes » suscite la colère des Iraniens.
      talkhandak.com, 2013.

      Les huit bourreaux saoudiens recrutés en mai 2015 par petites annonces ne sont pas restés longtemps inactifs. Il fallait bien ces renforts pour organiser samedi 2 janvier l’exécution simultanée de 47 condamnés dans douze villes différentes du royaume. Il n’y a qu’un seul précédent à ces exécutions de masse : le 9 janvier 1980, moins de deux mois après la prise de la Grande Mosquée de La Mecque (elle durera deux semaines et fera plusieurs centaines de morts), 63 insurgés, parmi lesquels leur leader, Jouhaymane Al-Oteïbi, étaient décapités en public dans huit villes d’Arabie. Le fait d’avoir dispersé le lieu des exécutions indiquait que pour le régime, celles-ci avaient moins valeur de châtiment que d’exemple pour ceux de ses sujets qui seraient tentés de suivre la voie des suppliciés. Il en va de même avec les exécutions du 2 janvier, censées illustrer le caractère implacable de « la guerre contre le terrorisme » endossé publiquement par Riyad depuis plusieurs mois. D’après l’agence de presse officielle, elles se sont déroulées dans douze prisons ; dans quatre d’entre elles, les condamnés ont été fusillés et, dans les huit autres, ils ont été décapités.

      Ce n’est pas davantage une surprise : le 23 novembre 2015, le quotidien Okaz, proche du ministère de l’intérieur et dirigé d’une main de fer par le prince héritier Mohammed Ben Nayef, annonçait l’exécution imminente d’une cinquantaine de « terroristes ».

      Il est vrai que la définition légale du terrorisme par l’Arabie saoudite répond à une acception très large. Il ne s’agit pas seulement des djihadistes d’Al-Qaida ou de l’organisation de l’État islamique (OEI), mais plus largement de tout opposant à la monarchie saoudienne. En février 2014, feu le roi Abdallah promulguait une nouvelle loi1 qualifiant pénalement de « terrorisme » toute activité « visant à affaiblir le système politique », à « nuire à la réputation du royaume » ou relevant de la propagande en faveur de l’athéisme. C’est à ce titre qu’en octobre 2014, un tribunal saoudien a condamné à mort Cheikh Nimr Baqer Al-Nimr, influent religieux chiite qui a joué un rôle important dans la mobilisation des chiites saoudiens lors du « printemps arabe » avorté de 2011.

      C’est principalement dans la province orientale, où est concentrée la très grande majorité de la population chiite du royaume (près de 10 % de l’ensemble de la population), que les soulèvements contre le régime se sont fait sentir. En fait, dès la fin de 2010, des troubles récurrents se sont produits dans la région de Qatif, et notamment dans la localité d’Awamiyya. Depuis, dans l’indifférence quasi générale des médias étrangers, un soulèvement latent secoue Awamiyya, avec une alternance de manifestations, d’emprisonnements, d’attaques contre les policiers, de tirs à balles réelles. Le bilan précis de cette intifada chiite rampante et très localisée n’est pas connu, mais elle a probablement causé plusieurs dizaines de morts depuis cinq ans.
      Des opposants discriminés depuis longtemps

      Depuis la création du royaume en 1932 par le roi Abdelaziz Ibn Saoud, les chiites se plaignent à juste titre des discriminations dont ils sont l’objet. Des mouvements de révolte ont eu lieu périodiquement dans la province orientale ; ils ont culminé à l’automne 1979, en partie sous l’effet de la victoire en Iran de la révolution islamique. Le roi Fahd (1982-2005) a nommé son fils gouverneur de la province et si la discrimination n’a pas pris fin, d’importants investissements et travaux publics ont réduit le sous-développement de la région, comparativement aux autres provinces saoudiennes. Plus tard, dans les années 1990, un dialogue politique s’est esquissé, aboutissant à un accord avec certains leaders en exil en 1993. Ceux-ci, comme le cheikh Hassan Al-Saffar sont rentrés au pays et une poignée de chiites ont été nommés au majlis ach-choura(conseil consultatif). Plus tard, au début des années 2000, alors que les relations avec l’Iran se normalisaient, certaines ouvertures ont paru possibles. Une conférence de dialogue national s’est tenue en 2003, sous l’égide du prince héritier — mais dirigeant de fait — Abdallah, avec des responsables sunnites et chiites, une première dans l’histoire du royaume2. Mais cette ouverture a fait long feu, les promesses se sont dissipées et la dégradation des rapports avec l’Iran n’a fait que confirmer l’opinion de ceux qui, dans la communauté chiite, n’espéraient rien de ces ouvertures.

      C’était le cas de Cheikh Nimr Baqer Al-Nimr qui, pour sa part, campait sur une position intransigeante et refusait de discuter avec le régime, d’où son aura au sein de la jeunesse chiite radicalisée par l’échec du processus politique lors de mouvement de contestation de 2010-2011. Pour autant, contrairement aux assertions du régime, aucune preuve n’a été apportée de son implication dans une action violente. Selon des diplomates en poste à Riyad, leurs gouvernements avaient reçu l’assurance3 que les chiites condamnés à mort après les manifestations ne seraient pas exécutés. Manifestement, c’est une autre logique qui a prévalu au sommet du pouvoir à Riyad.

      Les porte-parole officieux du régime ont été prompts à assurer sur les réseaux sociaux qu’on ne pouvait pas interpréter ces exécutions à l’aune de la fracture chiites-sunnites puisqu’il y a davantage de sunnites que de chiites parmi les suppliciés.
      Le « gendarme » du monde sunnite

      On ne fera pas aux dirigeants saoudiens l’insulte de les croire incapables d’avoir mesuré les conséquences politiques de la mise à mort d’opposants politiques du calibre de Nimr Al-Nimr, qui bénéficie d’un puissant soutien chez les chiites saoudiens ; ni d’avoir mésestimé les conséquences régionales de ces exécutions. Téhéran avait préventivement mis en garde l’Arabie saoudite à ce sujet. Sans surprise, l’Iran, l’Irak et le conseil suprême chiite libanais ont promptement réagi avec fureur à l’annonce saoudienne, le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères allant jusqu’à affirmer que l’Arabie « paiera un prix élevé » à la suite de l’exécution de Cheikh Nimr. La nouvelle a aussitôt suscité des manifestations anti-saoudiennes dans le petit royaume voisin de Bahreïn, où la population est majoritairement chiite mais qui est dirigé par une monarchie sunnite4. Une situation qui n’est pas sans rappeler les émeutes chiites qui avaient enflammé Bahreïn et la province orientale de l’Arabie en avril 1980, après la pendaison en Irak de l’ayatollah Mohammed Bakr Al-Sadr par le régime de Saddam Hussein.

      Il est vrai cependant que la détermination saoudienne à combattre les djihadistes semble connaître un regain de vigueur. Cela est davantage dû au fait que ces derniers, qu’il s’agisse d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA) ou de l’OEI, ont ouvertement déclaré la guerre à la famille Saoud, ce qui ne lui laisse guère d’autre choix que de riposter. C’est ainsi qu’il faut comprendre, le 14 décembre 2015, l’annonce précipitée de la formation d’une « coalition antiterroriste » de 34 pays, parmi lesquels ne figurent ni l’Iran, ni l’Irak auxquels l’invitation n’a pas été adressée. Trois des pays cités par l’Arabie (le Pakistan, le Liban et la Malaisie ont d’ailleurs purement et simplement nié avoir été informés de leur appartenance à cette coalition dont la configuration et le mode de fonctionnement apparaissent particulièrement peu clairs5. De manière significative, les pays occidentaux, États-Unis en tête, qui faisaient depuis plusieurs mois pression pour que l’Arabie intensifie sa lutte contre les djihadistes de l’OEI, se sont montrés particulièrement discrets après la révélation par Riyad de la formation de cette coalition. D’autant qu’au Yémen, dans leur offensive contre les rebelles houthistes, les Saoudiens ferment les yeux, voire encouragent AQPA à étendre ses activités, les deux parties étant liées par une hostilité commune aux chiites.

      Tout comme la guerre menée par l’Arabie au Yémen depuis le mois de mars 2015 qui a déjà causé près de 6 000 morts, les exécutions du 2 janvier paraissent obéir davantage à une logique punitive qu’à un projet politique mûrement réfléchi. Les autorités de Riyad veulent affirmer leur détermination face à l’Iran, se poser en leader du monde sunnite, s’émanciper de la tutelle stratégique américaine. La jeune génération, illustrée par le prince héritier et ministre de l’intérieur Mohammed Ben Nayef et le vice-prince héritier et ministre de la défense Mohammed Ben Salman, veut démontrer que son pays prend l’initiative et ne se contente plus d’être sur la défensive.
      Sombres perspectives pour le royaume

      Soit. Mais après ? Rien ne montre à ce jour que l’Arabie saoudite a une approche politique de l’après-guerre au Yémen. De même, à quel objectif politique répond l’assassinat d’un dirigeant estimé au sein de l’opposition chiite ? La famille Saoud offre-t-elle une porte de sortie pour la minorité chiite ? Ou bien la stratégie saoudienne se limite-t-elle à mener une guerre sans fin au Yémen et une répression continue de la minorité chiite du royaume, au risque de donner raison à l’écrivain algérien Kamel Daoud pour qui « l’Arabie saoudite est un Daesh qui a réussi », The New York Times,20 novembre 2015] ?

      On notera que la guerre au Yémen est menée par Mohammed Ben Salman. La lutte contre les djihadistes, en revanche, est l’apanage du prince héritier Mohammed Ben Nayef, qui a mené le combat de façon déterminée contre l’insurrection islamiste du début des années 2000, au point d’échapper de justesse à la mort en 2009 lors d’un attentat-suicide d’un militant d’Al-Qaida qui avait réussi à l’approcher, et d’être, pour cela, très estimé par l’administration américaine. Se pourrait-il qu’une partie même infime de l’explication de la guerre au Yémen et des exécutions massives de ce début d’année soit à chercher dans la sourde rivalité entre les deux Mohammed, chacun cherchant à prouver qu’il est l’homme fort dont le pays a besoin, alors que la santé du roi Salman, âgé de plus de 80 ans, est fragile ?

      Le royaume, durement affecté par la chute importante et durable des cours du pétrole, auquel il a largement contribué par l’augmentation de sa production d’hydrocarbures, vient d’annoncer des mesures d’austérité draconiennes6 sans précédent, au risque de susciter un mécontentement social que le régime a toujours tenté d’éviter en achetant la paix sociale avec l’argent du pétrole.

      Austérité et crise sociale, pauvreté, enlisement au Yémen, aliénation de la minorité chiite... : les perspectives pour l’Arabie saoudite en ce début d’année sont bien sombres. Et la politique menée par les dirigeants de Riyad pour répondre à ces défis donne le sentiment de relever de la fuite en avant bien davantage que d’une stratégie mûrement réfléchie.
      Olivier Da Lage

      1« Saudi Arabia : New Terrorism Regulations Assault Rights »,hrw.org, 20 mars 2014.

      2Alain Gresh, « Kaléidoscope saoudien », Le Monde diplomatique, février 2006.

      3« Saudi Arabia to execute more than 50 terrorists, say reports », The Guardian,27 novembre 2015.

      4En 2011, un soulèvement démocratique a été maté dans cet émirat suite à une intervention militaire essentiellement saoudienne.

      5« Saudi Arabia Launches 34-State Coalition Against Extremist Militants », The World Post, 15 décembre 2015.

      6Fabrice Nodé-Langlois, « En déficit, l’Arabie saoudite est contrainte à l’austérité », Le Figaro,29 décembre 2015.
      Olivier Da Lage
      Journaliste, auteur de Géopolitique de l’Arabie saoudite, Complexe, 2006.
      Soutenez Orient XXI

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    http://orientxxi.info/magazine/le-maghreb-va-t-il-rapatrier-ses-clandestins-partis-en-allemagne,1237

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    "http://www.elwatan.com/actualite/que-fera-le-gouvernement-avec-ses-migrants-03-03-2016-315720_109.php"


  • Fawzi Rouzeik, Professeur et Directeur de Sciences politiques à Alger, est décédé en ce début de mois de février 2016. Ses oeuvres consacrées au système politique algérien sont extrêmement documentées. Il est l’auteur de l’Algérie incertaine, la démocratie confisquée (1990-1993), etc. Fawzi publiait des articles sur le journal El Watan.

    L’hommage d’El Watan
    Le professeur Fawzi Rouzeik n’est plus
    http://www.elwatan.com/culture/le-professeur-fawzi-rouzeik-n-est-plus-22-02-2016-314931_113.php

    Le professeur des sciences politiques Fawzi Rouzeik, âgé de 78 ans, est décédé. Il a été enterré dans l’intimité familiale le 11 février au cimetière de Garidi, Kouba.

    De retour au pays pour un séjour désormais cyclique, je n’ai pas failli à l’habitude d’appeler mon ami et aîné qui ne répondait pas aux premiers appels, jusqu’à ce samedi en fin de matinée où son frère me répondit. Fawzi est donc parti un peu comme il aurait voulu. Du moins, je le pense en raison de circonstances même inexpliquées.

    Sans annonce par voie de presse. En catimini. Cet homme connu pour son élégance et sa discrétion a donc tenu à s’en aller subrepticement pour ne point déranger qui que ce soit. Ses ami(e)s, collègues d’université et étudiants doctorants tout particulièrement. Il était un enseignant volontariste, puis par vocation dès la reprise du fonctionnement de l’université d’Alger à l’indépendance (1962). A la faculté centrale à l’époque, la seule laissée en héritage par l’ère coloniale française.

    Que de chemin accompli depuis avec une formidable explosion à travers le territoire national d’instituts divers et de centres universitaires adaptés aux besoins toujours grandissants de nos jeunes gens, filles et garçons. Il a assumé dans le temps des responsabilités politiques et administratives au rectorat même. Puis, il a eu à diriger la faculté des sciences politiques tout en y enseignant parallèlement. De nombreuses promotions d’étudiants et quelques collègues et confrères s’en souviennent forcément. Il avait soutenu un doctorat sous la supervision de Bruno Etienne de l’université d’Aix-en-Provence (France), auteur d’une magnifique biographie de l’Emir Abdelkader, lui aussi décédé il y a une décennie environ. En ce temps-là, Fawzi se consacrait à l’étude des processus de prise de décisions politiques un peu partout dans le monde et surtout au pays, l’Algérie qu’il avait rivée au cœur.

    Durant sa retraite contraignante en raison d’une lourde maladie, il avait pris un certain recul en tant qu’enseignant et s’est résolu, bien que très diminué physiquement, à écrire pour témoigner. L’intention chez lui était grande et louable. Les projets livresques aussi. Il a terminé courageusement, et c’était un engagement vis-à-vis de son ami Si Djamel, Chérif Belkacem, dans la douleur un livre témoignage suite aux nombreux entretiens que tous les deux ont eus.

    Publié aux éditions l’Harmattan à Paris (France), le livre avait pour titre le regroupement politique post-indépendance, dit Le groupe d’Oujda. L’ouvrage recèle une foule d’informations, d’analyses et aussi d’anecdotes qui renseignent beaucoup sur cette période incontournable dans la connaissance de la prise du pouvoir politique en Algérie et la naissance du système et mode de gouvernance en vigueur encore à ce jour pour l’essentiel.

    Adieu l’ami ! Adieu camarade.-

    Autres liens :
    http://www.persee.fr/doc/remmm_0997-1327_1992_num_65_1_1554

    http://www.elwatan.com/culture/le-professeur-fawzi-rouzeik-n-est-plus-22-02-2016-314931_113.php

    Autres liens
    http://www.idref.fr/026854279
    http://aan.mmsh.univ-aix.fr/Pdf/AAN-1988-27_46.pdf

    http://www.persee.fr/doc/cemot_0764-9878_1994_num_17_1_1096_t1_0323_0000_2
    http://aan.mmsh.univ-aix.fr/volumes/1988/Pages/default.aspx
    http://www.el-djazair.com/aggregator/categories/4%3Fpage%3D38?page=1
    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=45811
    http://www.djazairess.com/fr/author/Fawzi+Rouzeik

    N Robin

    • Algérie 1990-1993 : la démocratie confisquée ?
      Fawzi Rouzeik
      Revue du monde musulman et de la Méditerranée Année 1992 Volume 65 Numéro 1 pp. 29-60
      Fait partie d’un numéro thématique : L’Algérie incertaine
      Référence bibliographique
      Rouzeik Fawzi. Algérie 1990-1993 : la démocratie confisquée ?. In : Revue du monde musulman et de la Méditerranée, n°65, 1992. L’Algérie incertaine, sous la direction de Pierre Robert Baduel . pp. 29-60.
      DOI : 10.3406/remmm.1992.1554
      www.persee.fr/doc/remmm_0997-1327_1992_num_65_1_1554

      Fawzi ROUZEIK
      ALGERIE 1990-1993 : LA DÉMOCRATIE CONFISQUÉE ?
      La victoire du F.I.S. aux premières élections pluralistes de juin 1990 ne procède pas d’une erreur politique, ou d’une longue et lourde série d’erreurs accumulées au cours des trente années de parti unique, mais plutôt de l’émergence au grand jour de luttes sans merci, antérieurement souterraines et très secrètes, prenant leur source dans les appareils même du pouvoir. De cette situation a découlé un déficit de légitimité dû à une lente dégénérescence de l’Etat et du pouvoir dont la gestion a accentué la pauvreté, surtout urbaine, produisant ainsi des sous-cultures intolérables parce que fondées sur l’indignité. Imposant des solutions illusoires accentuant l’incertitude et la pénurie, son discours a été réapproprié par d’autres acteurs proches des millions de nouveaux pauvres réclamant leur part de la richesse sociale.
      Rappelant parfois les Florentins, ignorants de la culture qui a caractérisé cette époque, les complots et les intrigues, les alliances et les répudiations, contrôlées et arbitrées par les belles-mères et les zaouiate, s’organisaient dans la perspective d’une participation dominante au pouvoir en fonction d’intérêts financiers canalisés par les détenteurs de la force légitime. Car deux pouvoirs cohabitaient sans se voir, l’un formel, apparent, désigné, l’autre, mystérieux et secret, réel parce que puissant, chargé de redistribuer les allocations puisées dans les ressources de l’Etat, procédant aux nominations pour les postes déterminants. Qui a exécuté Monsieur Mohamed Boudiaf, président du Haut Comité d’Etat, successeur à la tête de l’Etat de Monsieur Chadli Bendjedid ?
      Il sera répondu : les intérêts politico-financiers, parce que lui-même avait admis, dans l’une de ses prestations publiques, l’existence d’une mafia régentant l’Algérie. La réponse est à la fois vague et précise. Elle peut concerner tous ceux qui depuis plus d’une décennie ont géré le pays. Elle est vague car le pouvoir réel, et les intérêts qu’il véhicule, est inconnu ou à peine supposé, car très cloisonné comme toute organisation secrète.
      Aussi serait-il illusoire de croire que les commanditaires de cette exécution soient un jour connu des Algériens tant les connivences sont nombreuses, auquel cas tout le système politique s’effondrerait.
      RE.M.M.M. 65, 1992/3

      30 / Fawzi Rouzeik
      L’acte a de toute évidence montré les limites, mais aussi la détermination d’une classe politique dévoyée et pervertie où dominent les intérêts financiers procurés par la détention du pouvoir, longtemps protégée par le halo de la légitimité historique soutenue par la technophilie des « clercs organiques ». Il devient alors évident que le F.I.S. pouvait constituer un contre-poids qu’il était utile de présenter comme un épouvantail, encourager son existence en tentant de l’instrumentaliser, lui abandonner un espace de gestion en lui faisant croire que c’est le pouvoir. Il ne restera plus alors, face à face, que le pouvoir et le mouvement islamiste, le reste de la société étant condamné à choisir entre l’islamisme « obscurantiste » et le pouvoir, c’est-à-dire quelques familles détentrices de la force légitime et leurs alliés objectifs, les spéculateurs et patrons de l’économie informelle.
      La mystification entretenue jusqu’alors, et dont les premières victimes furent les électeurs et les militants même du F.I.S., tout au moins ceux de bonne foi, qui voyaient dans ce parti une force d’opposition morale respectueuse de la justice et capable de changer le cours des choses, provenait de certains secteurs du pouvoir proches du chef de l’Etat, de son Premier ministre Abdelhamid Brahimi, et son chef d’état-major Belloucif.
      Car le F.I.S. n’est pas un parti politique autonome dans l’opposition au pouvoir du F.L.N. comme la presse nationale et internationale se plait à le présenter ; il est en réalité un appareil puissant et complexe, « une galaxie », né dans les structures que le F.L.N. va, peu à peu, à force de pressions et de manoeuvres, abandonner aux producteurs du discours politico-religieux anti-Etat.
      C’est bien pour répondre aux besoins des luttes politiques menées essentiellement par la tendance Chadli/Brahimi au sein du F.L.N. et de l’Etat qu’a pu apparaître et croître dans les mosquées, l’école1, l’université et la télévision cet appendice instrumentalisé jusqu’à devenir monstrueux.
      Il faut se souvenir qu’à l’origine, le F.L.N., dès 1954, était composé par un ensemble de courants antinomiques dont le seul programme commun était l’indépendance politique du pays.
      Les luttes entre ces différents courants persistent durant la guerre de libération, perceptibles au congrès de la Soumamm en 1956, étalées publiquement durant le congrès de Tripoli en 1962, s’aggravant et s’approfondissant dès l’indépendance. Le fragile équilibre entre les différentes forces, maintenu au sein du Conseil de la Révolution depuis 1965, va voler en éclat sous Chadli. Celui-ci va s’appuyer sur le courant islamiste au sein du F.L.N. et lui permettra ainsi de se radica- liser en se popularisant.
      La réforme du système scolaire et universitaire, ainsi que l’arabisation totale de l’enseignement et de l’administration, sont les gages que Chadli a donnés. Ce n’est pas un hasard si parmi les personnalités les plus en vue du régime Chadli, certaines sont les héritières des responsables historiques de l’association des Oulémas - une composante certes tardive du F.L.N. - les autres de familles maraboutiques ou de zaouiate.
      S’inscrivant dans une même logique, son projet économique et social répondait au goût du jour, le libéralisme étant devenu un « must », sous un système politique à parti unique. Mais primaire, ce libéralisme se fondait sur une « idéologie » commerçante, c’est-à-dire le Souk, le clinquant, le gaspillage, et la redistribution des ressources par la corruption, la dilapidation du bien public, que favorisaient dans la décennie des recettes pétrolières en ascension. Aussi les luttes ne se mènent-elles pas pour la prise du pouvoir puisque celui-ci a déjà fait l’objet d’un compromis entre les différents chefs de clans, armée y compris, mais pour asseoir une position dominante et bénéficier ainsi des allocations les plus fortes. La rupture de tels compromis entraîne les crises politiques qui se manifestent par les déplacements et les limogeages qui ont jalonné toute la durée des mandats de Chadli Bendjedid.
      Ajoutons-y un F.L.N. en pleine déliquescence, contesté de l’intérieur, pratiquant l’ autoflagellation publique, paralysé par ses contradictions, incapable de présenter des listes de candidats acceptées par la base, et de nombreux partis politiques créés dans l’anarchie, sans programmes n
      Algérie 1990-1993 : la démocratie confisquée ?/31
      moyens, à défaut d’ancrage dans la société, hormis le F.F.S. de monsieur Ait- Ahmed présent en Kabylie, appelant au boycott2.
      Ce « risque » procède de calculs pervers du pouvoir politique dans la mesure où la victoire du F.I.S. semble avoir été encouragée pour démontrer l’incapacité de ses élus à gérer le quotidien. Cette incompétence démontrée sur le « terrain » aurait détourné les voix des électeurs du F.I.S. vers le F.L.N. et évité ainsi une rupture lors des élections législatives.
      Ce « raisonnement » démontre une méconnaissance totale des mutations de la société algérienne, de ses demandes, et en particulier des motivations des militants et sympathisants du F.I.S.. « La société algérienne au miroir des élections (1990/1992) » suscite une première interrogation : dans quel environnement socio-politique se sont-elles déroulées, quels sont les objectifs des forces dominantes en présence, et comment les citoyens réagissent-ils face à celle-ci ?
      Ces deux années charnières ont connu une succession d’événements déterminants considérés comme une rupture avec l’ordre ancien, symbolisés par le multipartisme, le libéralisme économique ou lois du marché, ainsi que l’indépendance de la presse. La « démocratisation » par le haut a permis aux forces détentrices de moyens humains et matériels d’occuper les espaces, que ce soit le champ politique ou économique.
      Je ferai précéder cette réflexion par un rappel, sous forme de parabole, restituant « l’atmosphère » ayant précédé les deux échéances électorales.
      Celui que les observateurs avaient considéré comme un président de transition parce qu’héritier d’un compromis, allait, au cours de son premier mandat (1979-1984), neutraliser et éliminer successivement les héritiers du boumédiénisme et les systèmes de pouvoir qu’ils s’étaient constitués dans l’appareil d’Etat, la haute administration et l’appareil productif. Il avait bénéficié, il est vrai, d’une manne pétrolière exceptionnelle lui permettant de déserrer l’étau de l’austérité correspondant à sa devise « pour une vie meilleure ». Il a pu ainsi s’approprier une grande partie de l’opinion publique qui le soutenait dans sa campagne anti-corruption contre les barons, ou leurs protégés, de la période Boumédienne. Le démantèlement des grosses entreprises publiques, entamé sous forme de restructuration a multiplié, et ainsi banalisé, les postes de leurs responsables, dont certains, ayant survécu à toutes les purges et encore au pouvoir aujourd’hui, plus puissants que certains membres du gouvernement, constituaient un lobby pesant et déterminant dans les décisions.
      C’est au moment où convergent en lui tous les attributs du zaïm algérien - Président de la République, Secrétaire général du F.L.N., ministre de la Défense nationale - que les nuages commencent à apparaître. Le contre-choc pétrolier annonçant la crise ouverte dès 1985 conduit à une chute sans précédent des cours du pétrole, seule ressource avec le gaz naturel, conjointement à la baisse du dollar, monnaie unique de paiement de l’industrie pétrolière. Le cumul de l’effet « dollar » et de l’effet « pétrole » provoque, entre 85 et 91, une baisse des recettes en devises de près de 80 %.
      Mal préparé pour gérer ce déficit de ressources, indécis quant à la gestion de la dette extérieure qui atteint alors 18 milliards de dollars, le gouvernement va faire porter l’essentiel de l’ajustement sur les importations, les diminuant considérablement. Parallèlement, il restreint d’abord, supprime ensuite les acquis de « la vie meilleure » symbolisée par la disponibilité sur le marché des produits de consommation importés : l’électro-ménager, les véhicules ainsi que l’allocation devises pour les voyages à l’étranger.
      Sous prétexte de faciliter les opérations commerciales, instruction est donnée aux entreprises publiques d’emprunter à court terme sur le marché financier international les sommes nécessaires au paiement des matières premières, sans avoir à solliciter l’intervention des banques primaires ou de la Banque centrale d’Algérie. Cette décision prendra quelques années plus tard des allures de catastrophe nationale, augmentant la dette extérieure et par conséquent ses intérêts remboursables sur une courte période, représentant en valeur plus des trois-quarts des recettes. Elle réduira dans

      lire la suite : http://www.persee.fr/doc/remmm_0997-1327_1992_num_65_1_1554


  • Algérie : une réforme qui discrimine les binationaux
    par Rédaction de France Info dimanche 7 février 2016 17:49

    ‘‘la nationalité algérienne exclusive est requise pour l’accès aux hautes responsabilités de l’Etat et aux fonctions politiques’’.

    http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/algerie-une-reforme-qui-discrimine-les-binationaux-764693

    http://www.elwatan.com/actualite/la-diaspora-algerienne-ne-decolere-pas-06-02-2016-313735_109.php
    Projet de la nouvelle Constitution, notamment dans son article 51.

    • Bien que ce projet constitutionnel soit déplorable pour bon nombre de franco-algériens, la question de la binationalité peut se poser en ce qui concerne les hautes fonctions d’un Etat.

      Un Président de la République peut-il être binational ?

      En France cela est possible bien que la question quant à ses orientations politiques soit légitime.

      La question se posait pour pour Dominique Strauss-Kahn présidentiable à un moment de sa carrière politique et réputé pour ses dérives communautaristes.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Strauss-Kahn
      ...Préparatifs d’une présidentielle en France
      En juillet 2009, il est, pour la première fois, désigné « personnalité politique préférée des Français » (ex-æquo avec Jacques Chirac) par le baromètre Ifop de l’hebdomadaire Paris Match, avec 73 % d’opinions positives84. Sa fonction au FMI lui imposant un devoir de réserve, Dominique Strauss-Kahn ne peut s’exprimer sur la politique française durant son mandat...
      ...Pendant la guerre du Golfe, à laquelle participe la France, et alors qu’Israël est bombardé par les Scud irakiens, Dominique Strauss-Kahn déclare : « Je considère que tout juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël32,33. »...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Dominique_Strauss-Kahn/Archive_1#Engagement_sioniste
      ...DSK a aussi avoué au magazine Tribune Juive « Se lever chaque matin en se demandant comment il pourra être utile à Israël. »"...
      http://www.lepoint.fr/politique/qui-est-vraiment-dominique-strauss-kahn-05-05-2011-1329735_20.php
      http://oumma.com/Dominique-Strauss-Kahn-et-Israel

      D’autres comme Bernard Debré vont encore plus loin :
      Bernard Debré défend une mesure radicale alignée sur les idées portées par le FN
      http://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/bernard-debr%C3%A9-veut-%C2%ABsupprimer-la-binationalit%C3%A9%C2%BB-en-france/ar-BBnLc6Q?li=AAaCKnE
      Bernard Debré veut « supprimer la binationalité » en France

      En France, le projet de la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux voulu par Valls a généré naturellement ou d’une façon perverse la question de la double nationalité.
      Quel est l’intérêt de Valls (lui-même binational) dans cette affaire ? Coup médiatique pour se faire élire par les populistes ? Modifier la Constitution ? Pousser vers encore plus d’islamophobie pour plus de communautarisme ? L’inconscience ou l’irresponsabilité ? Contourner les vraies questions pour gagner du temps ? La déchéance de l’Etat ?

      Autant de questions qui feront encore débat et auxquelles il devra répondre.

      Les questions du droit chères à notre 5ème République sont quant à elles totalement occultées par ces dispositions.

      Et maintenant, quel va être le prochain faut débat ? Faut-il appliquer la peine de mort aux violeurs d’enfants ?

      N Robin