• L’Algérie face aux migrants : Parle avec elle… - Actualité - El Watan
    http://www.elwatan.com/actualite/l-algerie-face-aux-migrants-parle-avec-elle-28-05-2018-369045_109.php

    Les Algériennes et les Algériens ont hérité à l’indépendance d’un pays complètement dévasté par la guerre, avec des infrastructures détruites et une majorité de la population plongée dans la précarité, la pauvreté, l’analphabétisme et le chômage massif.


  • Mes hommages à Malek Chebel

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Malek_Chebel

    Une terrible perte pour l’Algérie !

    http://mobile.lemonde.fr/disparitions/article/2016/11/12/deces-de-l-anthropologue-malek-chebel-defenseur-d-un-islam-des-lumieres_5030163_3382.html?xtref=android-app://com.google.android.googlequicksearchbox

    L’anthropologue Malek Chebel, défenseur d’un « islam des Lumières », est mort samedi 12 novembre. | FRED DUFOUR / AFP
    L’anthropologue des religions et psychanalyste algérien Malek Chebel, défenseur d’un « islam des Lumières », est décédé, samedi 12 novembre au matin, d’un cancer à l’âge de 63 ans, a appris l’Agence France presse auprès de sa famille.

    « Malek Chebel, c’était l’islam des Lumières et la modernité. Son œuvre dit quel doit être notre ouvrage : bâtir l’islam de notre temps », a tweeté le premier ministre Manuel Valls. Pour Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), interrogé par l’Agence France presse (AFP), sa disparition constitue « une grosse perte pour l’ensemble des musulmans de France ».

    Il sera enterré en Algérie, après une probable cérémonie en région parisienne lundi, a précisé à l’AFP son fils Mikaïl Chebel.

    35 LIVRES PUBLIÉS
    Arrivé à Paris en 1980 pour préparer un doctorat en psychopathologie et psychanalyse, après une licence de psychologie clinique à Constantine, Malek Chebel veut contribuer par ses études à voir l’Orient et l’Occident s’éloigner des « lieux de confrontation » où les extrémistes veulent les conduire.

    Il « a appris le dictionnaire » français en arrivant en France « pour s’approprier les mots, la langue », a raconté à l’AFP son ami Hichem Ben Yaiche. « Il avait une capacité de travail inouïe », avec 35 livres publiés et cinq prévus pour la seule année 2016. Il voulait « ratisser plusieurs thématiques », dans « une quête d’identité personnelle », selon ce proche.

    Parmi ses livres, L’islam pour les nuls et Le Coran pour les nuls s’étaient arrachés dans les librairies après les attentats de janvier 2015. Il a aussi traduit le Coran et publié, entre autres, Mohammed, prophète de l’islam, L’islam et la raison, L’Erotisme arabe, ou L’islam en 100 questions.

    Face au « détournement de l’islam » par ceux qui ont alimenté sa « dérive sectaire » et jihadiste, Malek Chebel a donné naissance au concept d’« islam des Lumières » pour « dire que l’islam n’est pas extrémiste, qu’il n’est pas ce qu’on peut dire à travers les actes de quelques fous de Dieu », a expliqué Hichem Ben Yaiche.

    CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR
    Selon le président du CFCM, Malek Chebel proposait « une démarche innovante, une lecture contextualisée des préceptes de l’islam et de la pratique religieuse ». Et il avait « un rôle précurseur » avec « des analyses pertinentes, notamment sur la place de la femme dans l’islam, de la conception, de la relation de l’homme au plaisir d’une manière générale », des thèmes qui « apportaient une certaine fraîcheur à la vision que pouvait avoir la société française sur la religion musulmane », a souligné Anouar Kbibech.

    En 2008, il avait été décoré chevalier de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy, alors président. « Grâce à vous, la France découvre, ou redécouvre, un islam qui connaît et aime la vie, le désir, l’amour, la sexualité », avait déclaré M. Sarkozy.

    Autres liens :

    http://www.elwatan.com/actualite/deces-de-l-anthropologue-et-penseur-algerien-malek-chebel-12-11-2016-332777

    Quand Malek Chebel décryptait les origines historiques de l’islamophobie

    http://m.nouvelobs.com/bibliobs/idees/20161112.OBS1095/quand-malek-chebel-decryptait-les-origines-historiques-de-l-islamophobie.html?xtref=android-app%3A%2F%2Fcom.google.android.googlequicksearchbox#android-app://com.google.android.googlequicksearchbox




  • Le gouvernement Hollande/Valls de la Honte !
    Après le très contesté projet de loi sur le travail cher à Vall voilà que Hollande remet discrètement la Légion d’honneur à un prince saoudien le 5/03/2016
    http://www.franceinter.fr/depeche-hollande-remet-discretement-la-legion-dhonneur-a-un-prince-saoud
    Dépêches > monde du lundi 07 Mars à 06H48

    Mille raisons pour ne pas honorer ce grand Daesh qu’est l’Arabie Saoudite comme l’a fait François Hollande le 5/3/16

    Arabie saoudite : Légion d’honneur en cachette pour un tyran (plus quelques armes) https://t.co/wJd25MGqMJ
    -- Laurent Mauduit (@LaurentMauduit) 6 mars 2016

    – persécution des femmes
    – exécutions de masse des opposants au Régime
    – absence des libertés fondamentales (liberté d’expression, liberté de circuler, liberté de culte, liberté de penser, liberté de conduire pour les femmes, etc.)
    – esclavagisme
    – tortures et répressions dans les prisons
    – exploitation des enfants et des travailleurs étrangers
    – traite des blanches
    – spéculation à outrance avec les pétro-dollars et l’argent de la Mecque
    – financement des groupes fondamentalistes, activistes et sectes en tout genre (frères musulmans, Daesh, FIS, GIA, Al Qaida, Aqmi, etc.)
    – etc. etc.
    – guerre d’occupation au Yemen
    – il est l’allié inconditionnel d’un autre état d’occupation, d’apartheid et de crimes de guerre (Israël)
    –etc.

    Même au Liban, les réformateurs se détournent du milliardaire Hariri soutien inconditionnel de la cause saoudienne...

    • http://www.elwatan.com/edito/le-royaume-pyromane-10-03-2016-316226_171.php

      Le royaume pyromane
      par El Watan le10/03/2016

      La folie des grandeurs ou la folie tout court s’est emparée des dirigeants du royaume d’Arabie Saoudite. Cette monarchie obscurantiste, qui finance la haine et le terrorisme à travers la planète, ambitionne de prendre le leadership du monde sunnite et, pour cela, ne recule devant aucun moyen, surtout financier, pour arriver à ses fins.

      Riyad a commencé par envahir le Yémen, entraînant des monarchies arabes dans son sillage, pour mater une rébellion des chiites houtis, une ingérence grave dans un pays indépendant qui n’a appelé personne à son secours. En voulant jouer le gendarme de la région, il s’est lamentablement embourbé et ne sait plus comment s’en sortir face à une résistance très mal armée et qui affronte courageusement les F16 et autres armements sophistiqués.

      Sans doute pour faire oublier son échec, le régime wahhabite déclenche ouvertement une offensive contre le chiisme, menaçant notamment l’Iran.Joignant le geste à la parole, il envoie des avions en Turquie pour bombarder les forces de Bachar Al Assad. Jusqu’à ce jour, cette nation n’a pas osé pointer le bout de son nez dans l’espace aérien syrien.

      Dernier avatar de sa guerre de religion contre le chiisme, l’Arabie Saoudite a engagé avec elle les monarchies du Golfe pour déclarer le Hezbollah libanais « organisation terroriste », lequel, comme chacun le sait, a infligé de lourds revers à l’armée israélienne en 2006. Les Saoudiens ont même réussi à entraîner la Ligue arabe dans cette forfaiture qui cherche à pénaliser injustement le peuple libanais. L’Algérie a refusé d’approuver le comportement de la Ligue, s’attirant les foudres de la presse financée par Riyad, comme Ashaq Al Awsat et MBC par exemple.

      Le royaume wahhabite s’est livré à une autre provocation. Son ambassadeur à Rabat vient d’annoncer que son pays va investir au Sahara occidental.

      Depuis que le Maroc a envahi le territoire sahraoui, son armement a été en très grande partie fourni par les monarchies du Golfe, violant les résolutions de l’ONU sur le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Au lieu de pousser le pouvoir marocain à respecter la légalité internationale, elles ont contribué à aggraver la tension en Afrique du Nord qui ne s’en est pas remise à ce jour. En jetant de l’huile sur le feu, sans doute par solidarité monarchique, elles ont encouragé Rabat à persister dans l’aventure et c’est le peuple marocain qui paie l’addition jusqu’à aujourd’hui.

      La dernière sortie saoudienne n’augure rien de bon pour la paix dans la région. La jeunesse sahraouie est en train d’exprimer son impatience et pousse ses dirigeants à la reprise de la guerre. Ce peuple n’a plus rien à perdre

      N Robin

    • http://www.elwatan.com/edito/la-ligue-arabe-ce-machin-13-03-2016-316428_171.php
      La Ligue arabe, ce « machin »

      En décidant de classer le Hezbollah, mouvement chiite libanais, comme organisation terroriste, la Ligue arabe vient de franchir un pas supplémentaire dans l’absurde et la provocation sous la houlette de l’Arabie Saoudite et du Qatar. Une ingérence grave dans les affaires internes du Liban, alors que personne ne le lui a demandé, la Ligue, ce « machin » entre les mains du royaume wahhabite, n’a rien trouvé d’autre que de s’aligner dans cette « guerre de religion » contre le chiisme.

      L’Arabie Saoudite, qui ambitionne de prendre le leadership du mouvement sunnite après avoir convaincu les pays du Golfe de s’engager dans sa croisade contre l’Iran, vient d’entraîner les autres pays arabes dans sa course folle contre le régime de Téhéran qu’elle accuse de tous les maux, jusqu’à la sécheresse qui frappe la région.

      Exception faite du Liban bien sûr — où il ne se trouve personne pour ne pas reconnaître le rôle du Hezbollah, notamment depuis les revers qu’il a infligés à l’armée israélienne en 2006 — et de l’Irak où la communauté chiite a un poids politique déterminant, qui se sont opposés à cette machination, l’Algérie a pour sa part émis de sérieuses réserves. Ce qui lui a valu des attaques en règle dans la presse et les médias inféodés au régime wahhabite de Riyad, dont l’implication dans le financement du terrorisme et dans la propagation de la haine ne fait plus de doute au sein des opinions arabes. Tout comme son voisin le Qatar, d’ailleurs.

      Après avoir entraîné la majeure partie des pays arabes dans l’aventure au Yémen pour mater la rébellion houtie — alors que là aussi personne ne l’avait sollicitée — l’Arabie Saoudite vient de rééditer une seconde grave ingérence dans le seul dessein de « contrer » l’ennemi juré qu’est l’Iran, que beaucoup considèrent aujourd’hui comme incontournable dans la recherche d’une solution en Syrie la stabilité en Irak et au Proche-Orient en général. Ce à quoi le régime wahhabite ne semble pas décidé à se résoudre au point de se dire prêt à conduire une coalition militaire « sunnite » d’une vingtaine d’Etats pour intervenir en Syrie, contre le régime de Bachar Al Assad.

      Maintenant c’est le Liban, à travers le Hezbollah, qui est la cible des attaques de Riyad. La finalité étant d’affaiblir un tant soit peu l’Iran en portant des coups à ses soutiens régionaux. Même si au passage c’est le peuple libanais qui va souffrir le plus de cette politique aventuriste de la monarchie wahhabite qui avait décidé, le mois dernier, de suspendre son aide militaire à Beyrouth, demandant à ses ressortissants et aux sociétés de se retirer du pays. Jusqu’où ira cette vindicte saoudienne contre l’Iran ? Difficile de le savoir, d’autant que pour l’instant, la Ligue arabe semble totalement acquise aux desseins du régime wahhabite. Celui-ci n’hésitant pas à déverser des millions de dollars pour arriver à ses fins.

    • Sahara Occidental : Le jeu trouble de l’Arabie Saoudite
      http://www.elwatan.com/actualite/sahara-occidental-le-jeu-trouble-de-l-arabie-saoudite-10-03-2016-316241_109

      Adepte de positions provocatrices et souvent belliqueuses, l’Arabie Saoudite vient mettre son nez beaucoup plus loin de son nid. Le royaume saoudien, que le monde soupçonne d’être l’un des plus grands sponsors du terrorisme islamiste, compte violer le droit international en allant investir dans les territoires du Sahara occidental.

      L’information a été donnée, il y a deux jours, par l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à Rabat. Abdelaziz El Khouja, qui a rencontré le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, le jour de la présence de Ban Ki-moon en Algérie, a en effet tenu à préciser que les investissements que comptent réaliser le royaume wahhabite au Sahara occidental sont un signe du soutien politique de Riyad à Rabat. « C’est un message fort par lequel nous exprimons notre soutien à l’intégrité territoriale du Maroc.

      Et notre engagement, avec tous nos moyens, au développement de ces provinces », a déclaré l’ambassadeur saoudien qui ajoutera, selon les médias marocains, que « les efforts déployés par l’Arabie Saoudite en faveur du développement économique au Maroc contribueront au développement économique de l’Arabie Saoudite ».

      Le timing de cette annonce saoudienne est minutieusement choisi ; il coïncide avec la tournée qu’a effectuée le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, dans la région. Le responsable onusien, qui s’est rendu en Mauritanie, dans les territoires libérés et en Algérie, a en effet affiché sa volonté de relancer les négociations entre les deux parties autour de l’autodétermination du peuple sahraoui. Une affirmation qui signifie que la proposition marocaine de doter le Sahara occidental d’un statut d’« autonomie avancée » n’est plus d’actualité.

      Cette annone saoudienne est en réalité une réponse à l’appel à l’aide lancé la semaine dernière par le Maroc. Deux ministres marocains, à savoir Mohamed Hassad pour l’Intérieur et Mohamed Boussaid pour les Finances, ont effectué une tournée dans le Golfe pour supplier les pétromonarchies d’aider économiquement leur pays.

      En contrepartie, le Maroc, seul pays africain à faire partie du Conseil de coopération du Golfe, envoie son armée combattre aux côtés des Saoudiens dans plusieurs régions du monde. Ainsi, les forces marocaines, représentées notamment par des avions de combat, pilonnent depuis plusieurs mois des localités au Yémen.

      Rabat avait participé, également, à la coalition internationale qui avait attaqué l’Irak en 1991.
      Au-delà de la coopération économique, l’Arabie Saoudite, qui fait pourtant face à une grave crise économique due à la chute des prix du pétrole, confirme ainsi sa position d’un pays qui se mêle des conflits qui se déroulent loin de ses frontières. Et au lieu d’aider à régler les conflits, le pays des Al Saoud sème le désordre et crée des zizanies dont personne ne veut. -

    • http://orientxxi.info/magazine/en-arabie-saoudite-des-executions-de-masse-qui-aggravent-les-tensions,11

      En Arabie saoudite, des exécutions de masse qui aggravent les tensions confessionnelles
      Fuite en avant du régime
      Orient XXI > Magazine > Olivier Da Lage > 3 janvier 2016

      Dimanche 3 janvier à midi, la France n’a toujours pas réagi à l’exécution de l’opposant chiite saoudien Nimr Baqer Al-Nimr, alors que l’Union européenne et les États-Unis ont chacun exprimé leur inquiétude. L’ambassade saoudienne à Téhéran a été prise d’assaut et brûlée, tandis que la tension avec Riyad est au plus fort. Ces assassinats vont encore aggraver les tensions dans la région et aviver encore plus les tensions confessionnelles entre sunnites et chiites, de la Syrie au Yémen en passant par l’Irak et le Liban.
      Cheikh Nimr Baqer Al-Nimr, dont l’exécution le 2 janvier avec 46 autres « terroristes » suscite la colère des Iraniens.
      talkhandak.com, 2013.

      Les huit bourreaux saoudiens recrutés en mai 2015 par petites annonces ne sont pas restés longtemps inactifs. Il fallait bien ces renforts pour organiser samedi 2 janvier l’exécution simultanée de 47 condamnés dans douze villes différentes du royaume. Il n’y a qu’un seul précédent à ces exécutions de masse : le 9 janvier 1980, moins de deux mois après la prise de la Grande Mosquée de La Mecque (elle durera deux semaines et fera plusieurs centaines de morts), 63 insurgés, parmi lesquels leur leader, Jouhaymane Al-Oteïbi, étaient décapités en public dans huit villes d’Arabie. Le fait d’avoir dispersé le lieu des exécutions indiquait que pour le régime, celles-ci avaient moins valeur de châtiment que d’exemple pour ceux de ses sujets qui seraient tentés de suivre la voie des suppliciés. Il en va de même avec les exécutions du 2 janvier, censées illustrer le caractère implacable de « la guerre contre le terrorisme » endossé publiquement par Riyad depuis plusieurs mois. D’après l’agence de presse officielle, elles se sont déroulées dans douze prisons ; dans quatre d’entre elles, les condamnés ont été fusillés et, dans les huit autres, ils ont été décapités.

      Ce n’est pas davantage une surprise : le 23 novembre 2015, le quotidien Okaz, proche du ministère de l’intérieur et dirigé d’une main de fer par le prince héritier Mohammed Ben Nayef, annonçait l’exécution imminente d’une cinquantaine de « terroristes ».

      Il est vrai que la définition légale du terrorisme par l’Arabie saoudite répond à une acception très large. Il ne s’agit pas seulement des djihadistes d’Al-Qaida ou de l’organisation de l’État islamique (OEI), mais plus largement de tout opposant à la monarchie saoudienne. En février 2014, feu le roi Abdallah promulguait une nouvelle loi1 qualifiant pénalement de « terrorisme » toute activité « visant à affaiblir le système politique », à « nuire à la réputation du royaume » ou relevant de la propagande en faveur de l’athéisme. C’est à ce titre qu’en octobre 2014, un tribunal saoudien a condamné à mort Cheikh Nimr Baqer Al-Nimr, influent religieux chiite qui a joué un rôle important dans la mobilisation des chiites saoudiens lors du « printemps arabe » avorté de 2011.

      C’est principalement dans la province orientale, où est concentrée la très grande majorité de la population chiite du royaume (près de 10 % de l’ensemble de la population), que les soulèvements contre le régime se sont fait sentir. En fait, dès la fin de 2010, des troubles récurrents se sont produits dans la région de Qatif, et notamment dans la localité d’Awamiyya. Depuis, dans l’indifférence quasi générale des médias étrangers, un soulèvement latent secoue Awamiyya, avec une alternance de manifestations, d’emprisonnements, d’attaques contre les policiers, de tirs à balles réelles. Le bilan précis de cette intifada chiite rampante et très localisée n’est pas connu, mais elle a probablement causé plusieurs dizaines de morts depuis cinq ans.
      Des opposants discriminés depuis longtemps

      Depuis la création du royaume en 1932 par le roi Abdelaziz Ibn Saoud, les chiites se plaignent à juste titre des discriminations dont ils sont l’objet. Des mouvements de révolte ont eu lieu périodiquement dans la province orientale ; ils ont culminé à l’automne 1979, en partie sous l’effet de la victoire en Iran de la révolution islamique. Le roi Fahd (1982-2005) a nommé son fils gouverneur de la province et si la discrimination n’a pas pris fin, d’importants investissements et travaux publics ont réduit le sous-développement de la région, comparativement aux autres provinces saoudiennes. Plus tard, dans les années 1990, un dialogue politique s’est esquissé, aboutissant à un accord avec certains leaders en exil en 1993. Ceux-ci, comme le cheikh Hassan Al-Saffar sont rentrés au pays et une poignée de chiites ont été nommés au majlis ach-choura(conseil consultatif). Plus tard, au début des années 2000, alors que les relations avec l’Iran se normalisaient, certaines ouvertures ont paru possibles. Une conférence de dialogue national s’est tenue en 2003, sous l’égide du prince héritier — mais dirigeant de fait — Abdallah, avec des responsables sunnites et chiites, une première dans l’histoire du royaume2. Mais cette ouverture a fait long feu, les promesses se sont dissipées et la dégradation des rapports avec l’Iran n’a fait que confirmer l’opinion de ceux qui, dans la communauté chiite, n’espéraient rien de ces ouvertures.

      C’était le cas de Cheikh Nimr Baqer Al-Nimr qui, pour sa part, campait sur une position intransigeante et refusait de discuter avec le régime, d’où son aura au sein de la jeunesse chiite radicalisée par l’échec du processus politique lors de mouvement de contestation de 2010-2011. Pour autant, contrairement aux assertions du régime, aucune preuve n’a été apportée de son implication dans une action violente. Selon des diplomates en poste à Riyad, leurs gouvernements avaient reçu l’assurance3 que les chiites condamnés à mort après les manifestations ne seraient pas exécutés. Manifestement, c’est une autre logique qui a prévalu au sommet du pouvoir à Riyad.

      Les porte-parole officieux du régime ont été prompts à assurer sur les réseaux sociaux qu’on ne pouvait pas interpréter ces exécutions à l’aune de la fracture chiites-sunnites puisqu’il y a davantage de sunnites que de chiites parmi les suppliciés.
      Le « gendarme » du monde sunnite

      On ne fera pas aux dirigeants saoudiens l’insulte de les croire incapables d’avoir mesuré les conséquences politiques de la mise à mort d’opposants politiques du calibre de Nimr Al-Nimr, qui bénéficie d’un puissant soutien chez les chiites saoudiens ; ni d’avoir mésestimé les conséquences régionales de ces exécutions. Téhéran avait préventivement mis en garde l’Arabie saoudite à ce sujet. Sans surprise, l’Iran, l’Irak et le conseil suprême chiite libanais ont promptement réagi avec fureur à l’annonce saoudienne, le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères allant jusqu’à affirmer que l’Arabie « paiera un prix élevé » à la suite de l’exécution de Cheikh Nimr. La nouvelle a aussitôt suscité des manifestations anti-saoudiennes dans le petit royaume voisin de Bahreïn, où la population est majoritairement chiite mais qui est dirigé par une monarchie sunnite4. Une situation qui n’est pas sans rappeler les émeutes chiites qui avaient enflammé Bahreïn et la province orientale de l’Arabie en avril 1980, après la pendaison en Irak de l’ayatollah Mohammed Bakr Al-Sadr par le régime de Saddam Hussein.

      Il est vrai cependant que la détermination saoudienne à combattre les djihadistes semble connaître un regain de vigueur. Cela est davantage dû au fait que ces derniers, qu’il s’agisse d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA) ou de l’OEI, ont ouvertement déclaré la guerre à la famille Saoud, ce qui ne lui laisse guère d’autre choix que de riposter. C’est ainsi qu’il faut comprendre, le 14 décembre 2015, l’annonce précipitée de la formation d’une « coalition antiterroriste » de 34 pays, parmi lesquels ne figurent ni l’Iran, ni l’Irak auxquels l’invitation n’a pas été adressée. Trois des pays cités par l’Arabie (le Pakistan, le Liban et la Malaisie ont d’ailleurs purement et simplement nié avoir été informés de leur appartenance à cette coalition dont la configuration et le mode de fonctionnement apparaissent particulièrement peu clairs5. De manière significative, les pays occidentaux, États-Unis en tête, qui faisaient depuis plusieurs mois pression pour que l’Arabie intensifie sa lutte contre les djihadistes de l’OEI, se sont montrés particulièrement discrets après la révélation par Riyad de la formation de cette coalition. D’autant qu’au Yémen, dans leur offensive contre les rebelles houthistes, les Saoudiens ferment les yeux, voire encouragent AQPA à étendre ses activités, les deux parties étant liées par une hostilité commune aux chiites.

      Tout comme la guerre menée par l’Arabie au Yémen depuis le mois de mars 2015 qui a déjà causé près de 6 000 morts, les exécutions du 2 janvier paraissent obéir davantage à une logique punitive qu’à un projet politique mûrement réfléchi. Les autorités de Riyad veulent affirmer leur détermination face à l’Iran, se poser en leader du monde sunnite, s’émanciper de la tutelle stratégique américaine. La jeune génération, illustrée par le prince héritier et ministre de l’intérieur Mohammed Ben Nayef et le vice-prince héritier et ministre de la défense Mohammed Ben Salman, veut démontrer que son pays prend l’initiative et ne se contente plus d’être sur la défensive.
      Sombres perspectives pour le royaume

      Soit. Mais après ? Rien ne montre à ce jour que l’Arabie saoudite a une approche politique de l’après-guerre au Yémen. De même, à quel objectif politique répond l’assassinat d’un dirigeant estimé au sein de l’opposition chiite ? La famille Saoud offre-t-elle une porte de sortie pour la minorité chiite ? Ou bien la stratégie saoudienne se limite-t-elle à mener une guerre sans fin au Yémen et une répression continue de la minorité chiite du royaume, au risque de donner raison à l’écrivain algérien Kamel Daoud pour qui « l’Arabie saoudite est un Daesh qui a réussi », The New York Times,20 novembre 2015] ?

      On notera que la guerre au Yémen est menée par Mohammed Ben Salman. La lutte contre les djihadistes, en revanche, est l’apanage du prince héritier Mohammed Ben Nayef, qui a mené le combat de façon déterminée contre l’insurrection islamiste du début des années 2000, au point d’échapper de justesse à la mort en 2009 lors d’un attentat-suicide d’un militant d’Al-Qaida qui avait réussi à l’approcher, et d’être, pour cela, très estimé par l’administration américaine. Se pourrait-il qu’une partie même infime de l’explication de la guerre au Yémen et des exécutions massives de ce début d’année soit à chercher dans la sourde rivalité entre les deux Mohammed, chacun cherchant à prouver qu’il est l’homme fort dont le pays a besoin, alors que la santé du roi Salman, âgé de plus de 80 ans, est fragile ?

      Le royaume, durement affecté par la chute importante et durable des cours du pétrole, auquel il a largement contribué par l’augmentation de sa production d’hydrocarbures, vient d’annoncer des mesures d’austérité draconiennes6 sans précédent, au risque de susciter un mécontentement social que le régime a toujours tenté d’éviter en achetant la paix sociale avec l’argent du pétrole.

      Austérité et crise sociale, pauvreté, enlisement au Yémen, aliénation de la minorité chiite... : les perspectives pour l’Arabie saoudite en ce début d’année sont bien sombres. Et la politique menée par les dirigeants de Riyad pour répondre à ces défis donne le sentiment de relever de la fuite en avant bien davantage que d’une stratégie mûrement réfléchie.
      Olivier Da Lage

      1« Saudi Arabia : New Terrorism Regulations Assault Rights »,hrw.org, 20 mars 2014.

      2Alain Gresh, « Kaléidoscope saoudien », Le Monde diplomatique, février 2006.

      3« Saudi Arabia to execute more than 50 terrorists, say reports », The Guardian,27 novembre 2015.

      4En 2011, un soulèvement démocratique a été maté dans cet émirat suite à une intervention militaire essentiellement saoudienne.

      5« Saudi Arabia Launches 34-State Coalition Against Extremist Militants », The World Post, 15 décembre 2015.

      6Fabrice Nodé-Langlois, « En déficit, l’Arabie saoudite est contrainte à l’austérité », Le Figaro,29 décembre 2015.
      Olivier Da Lage
      Journaliste, auteur de Géopolitique de l’Arabie saoudite, Complexe, 2006.
      Soutenez Orient XXI

    • Lire aussi

      Une France enfermée dans la « guerre contre le terrorisme » Persévérer est diabolique Marc Cher-Leparrain, Novembre 2015
      Rébellion et religion au Yémen Des affrontements confessionnels en trompe-l’oeil Laurent Bonnefoy, Novembre 2013
      Au Yémen, l’invention du confessionnalisme politique La spirale de l’éclatement du pays Azmi Bishara, Février 2015
      Offensive de l’Arabie saoudite dans le Golfe et au Yémen Fâcherie avec Washington, lune de miel avec Paris Nabil Ennasri , Mai 2015
      Au Yémen, un enchevêtrement de conflits et d’ambitions géopolitiques L’Arabie saoudite et l’Iran face à face Alain Gresh, Mars 2015


  • Le #Maghreb va-t-il rapatrier ses « clandestins » partis en #Allemagne ?
    http://orientxxi.info/magazine/le-maghreb-va-t-il-rapatrier-ses-clandestins-partis-en-allemagne,1237

    Le ministre allemand de l’intérieur a effectué un voyage début mars dans les trois capitales du Maghreb pour accélérer le retour chez eux des déboutés du #Droit_d'asile et autres sans-papiers. Avec un succès inégal selon les pays. Rabat et Tunis promettent de jouer le jeu, Alger y met des conditions. Mais la morale et le respect des droits humains ne souffriront-elles pas du précédent allemand que pourraient par ailleurs invoquer d’autres pays européens, dont la France ? Après des semaines d’âpres (...)

    #Magazine

    / Maghreb, #Algérie, #Tunisie, #Maroc, Allemagne, #Migrants, #Droits_fondamentaux, Droit d’asile, Politique (...)

    #Politique_migratoire
    "http://www.elwatan.com/actualite/que-fera-le-gouvernement-avec-ses-migrants-03-03-2016-315720_109.php"


  • Algérie : une réforme qui discrimine les binationaux
    par Rédaction de France Info dimanche 7 février 2016 17:49

    ‘‘la nationalité algérienne exclusive est requise pour l’accès aux hautes responsabilités de l’Etat et aux fonctions politiques’’.

    http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/algerie-une-reforme-qui-discrimine-les-binationaux-764693

    http://www.elwatan.com/actualite/la-diaspora-algerienne-ne-decolere-pas-06-02-2016-313735_109.php
    Projet de la nouvelle Constitution, notamment dans son article 51.

    • Bien que ce projet constitutionnel soit déplorable pour bon nombre de franco-algériens, la question de la binationalité peut se poser en ce qui concerne les hautes fonctions d’un Etat.

      Un Président de la République peut-il être binational ?

      En France cela est possible bien que la question quant à ses orientations politiques soit légitime.

      La question se posait pour pour Dominique Strauss-Kahn présidentiable à un moment de sa carrière politique et réputé pour ses dérives communautaristes.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Strauss-Kahn
      ...Préparatifs d’une présidentielle en France
      En juillet 2009, il est, pour la première fois, désigné « personnalité politique préférée des Français » (ex-æquo avec Jacques Chirac) par le baromètre Ifop de l’hebdomadaire Paris Match, avec 73 % d’opinions positives84. Sa fonction au FMI lui imposant un devoir de réserve, Dominique Strauss-Kahn ne peut s’exprimer sur la politique française durant son mandat...
      ...Pendant la guerre du Golfe, à laquelle participe la France, et alors qu’Israël est bombardé par les Scud irakiens, Dominique Strauss-Kahn déclare : « Je considère que tout juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël32,33. »...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Dominique_Strauss-Kahn/Archive_1#Engagement_sioniste
      ...DSK a aussi avoué au magazine Tribune Juive « Se lever chaque matin en se demandant comment il pourra être utile à Israël. »"...
      http://www.lepoint.fr/politique/qui-est-vraiment-dominique-strauss-kahn-05-05-2011-1329735_20.php
      http://oumma.com/Dominique-Strauss-Kahn-et-Israel

      D’autres comme Bernard Debré vont encore plus loin :
      Bernard Debré défend une mesure radicale alignée sur les idées portées par le FN
      http://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/bernard-debr%C3%A9-veut-%C2%ABsupprimer-la-binationalit%C3%A9%C2%BB-en-france/ar-BBnLc6Q?li=AAaCKnE
      Bernard Debré veut « supprimer la binationalité » en France

      En France, le projet de la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux voulu par Valls a généré naturellement ou d’une façon perverse la question de la double nationalité.
      Quel est l’intérêt de Valls (lui-même binational) dans cette affaire ? Coup médiatique pour se faire élire par les populistes ? Modifier la Constitution ? Pousser vers encore plus d’islamophobie pour plus de communautarisme ? L’inconscience ou l’irresponsabilité ? Contourner les vraies questions pour gagner du temps ? La déchéance de l’Etat ?

      Autant de questions qui feront encore débat et auxquelles il devra répondre.

      Les questions du droit chères à notre 5ème République sont quant à elles totalement occultées par ces dispositions.

      Et maintenant, quel va être le prochain faut débat ? Faut-il appliquer la peine de mort aux violeurs d’enfants ?

      N Robin