« Le crépuscule d’une époque »

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  • Non, la #Grèce n’a pas reçu l’aide à la Grèce... Par Romaric Godin | 04/05/2016
    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/non-la-grece-n-a-pas-recu-l-aide-a-la-grece-569296.html

    « Le quotidien allemand Handelsblatt publie une étude montrant que 95 % de l’aide à la Grèce sont allés à ses créanciers. Un fait connu dont il faut à présent tirer les conséquences ... »

    Grèce : le rapport très embarrassant qui met en cause le FMI
    http://information.tv5monde.com/info/grece-le-rapport-tres-embarrassant-qui-met-en-cause-le-fmi

    "Il y eut les « erreurs de calcul » du FMI sur les effets des politiques d’austérité budgétaire (lire notre article « Quand le FMI avoue s’être trompé sur les effets de l’austérité »), et désormais, il y a l’embarrassant rapport de l’Office Indépendant d’Evaluation du Fonds monétaire international (OIE)."

    "Un exemple : le bureau exécutif du FMI a approuvé une mesure « d’exception systémique » pour débloquer les 30 milliards de prêts à la Grèce mais sans aucune restructuration préventive de la dette"

    « soulignent que la direction du FMI assurée à l’époque par Dominique Strauss-Khan n’a pas suivi les règle habituelles »

    « La nouvelle directrice du FMI, Christine Lagarde, continue de défendre la politique d’austérité sans restructuration de la dette grècque, comme son prédécesseur. »

    " C’est par ce constat d’une trop grande proximité entre les décideurs de la zone euro et le FMI, que les raisons des « arrangements » de 2010 sur les aides (sans restructuration de la dette) prennent tout leur sens : Dominique Strauss-Khan, refuse alors cette restructuration et passe outre les protocoles habituels de décisions, tandis que les décideurs européens insistent pour que de nouveaux prêts soient effectués au fur et à mesure des plans de sauvetage. Le but ? Protéger les banques françaises et allemandes très fortement exposées à la dette grecque, selon le quotidien économique La Tribune."

    (Pour l’OFCE) « Il est donc clair que la forte hausse du ratio dette sur PIB depuis 2007 (et encore plus depuis 2010) n’est pas principalement le fait de l’irresponsabilité budgétaire du gouvernement grec, mais est d’abord le résultat d’une stratégie de consolidation erronée, fondée sur une logique d’austérité comptable et non pas sur un raisonnement macroéconomique cohérent. »

    CADTM - Grèce : la responsabilité du FMI mise au jour, mais tout continue comme avant
    http://www.cadtm.org/Grece-la-responsabilite-du-FMI

    « Selon une étude parue en 2015 aux Etats-Unis, les équipes avaient proposé cette possibilité au directeur général d’alors du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier l’aurait cependant rejeté et aurait refusé de le proposer aux Européens. Et ceci pose un autre problème majeur posé par l’étude de l’IEO : les amours coupables entre le FMI et la zone euro. Car les causes de ce refus de la restructuration de la dette en 2010 sont connues : c’est la protection des banques européennes, principalement françaises et allemandes, exposées à la dette grecque »

    L’occasion d’une piqûre de rappel :
    http://zinc.mondediplo.net/messages/2838
    http://zinc.mondediplo.net/messages/3029
    http://zinc.mondediplo.net/messages/3645
    http://zinc.mondediplo.net/messages/3866
    http://zinc.mondediplo.net/messages/4167
    http://zinc.mondediplo.net/messages/4183
    http://zinc.mondediplo.net/messages/4352
    http://zinc.mondediplo.net/messages/10797
    http://zinc.mondediplo.net/messages/4875
    http://zinc.mondediplo.net/tag/gr%C3%A8ce?follow=olivier_nahas

    • L’Allemagne a réalisé 1,34 milliards de bénéfices en prêtant à la Grèce - Sud Ouest.fr
      http://www.sudouest.fr/2017/07/14/l-allemagne-a-realise-1-34-milliards-de-benefices-en-pretant-a-la-grece-361

      CADTM - La BCE se comporte comme un fonds vautour à l’égard de la Grèce. par Eric Toussaint
      http://www.cadtm.org/La-BCE-se-comporte-comme-un-fonds

      « Il faut également ajouter les profits réalisés par les 14 pays de la zone euro qui ont octroyé un prêt bilatéral à la Grèce en 2010 à un taux d’intérêt abusif d’environ 5 %. »

      « Ces achats de titres allemands ou belges ne lui rapportent quasiment rien tandis que les titres grecs qu’elle détient pour un montant dix fois inférieur lui ont rapporté 7,8 milliards d’euros. Chacun sait donc à qui profite cette politique de la BCE. »

      « le problème principal était posé par les banques privées grecques, au bord de l’insolvabilité, dont la possible faillite constituait une sérieuse menace pour leurs prêteurs. »

      « Effectivement, elle effectue au bénéfice du gouvernement Samaras un remboursement de 3,3 milliards d’euros en 2013 et 2014 pour soutenir sa politique néolibérale. En revanche, pendant les six premiers mois du gouvernement de Tsipras, elle refuse d’effectuer une quelconque rétrocession. Depuis lors, la BCE et les banques nationales de la zone euro n’ont rien reversé à la Grèce.

      La mécanique est implacable : chaque fois qu’une partie des profits de la BCE sur les titres grecs a été transférée à Athènes, la somme est immédiatement repartie vers les créanciers pour rembourser la dette. »

      La #BCE refuse à la Cour des comptes l’accès au dossier grecque – EURACTIV.fr
      https://www.euractiv.fr/section/institutions/news/ecb-denies-eu-auditors-access-to-information-on-greek-bailouts

      « La Banque centrale européenne (BCE) a contesté la décision de la Cour des comptes de l’UE d’examiner le rôle de la banque dans le programme de sauvetage de la Grèce et refusé de donner accès à certaines informations en invoquant le secret bancaire »

      « la BCE a contesté le mandat de la Cour »

      Où sont passés les milliards dus à la Grèce ? | Euronews Par
      Christophe Garach
      http://fr.euronews.com/2017/10/24/ou-sont-passes-les-milliards-dus-a-la-grece

      "« Pour des raisons légales, il n’est pas possible pour les Etats membres de déclarer des montants spécifiques transférés par les banques centrales nationales à la Grèce », explique une source européenne."

      "si la Grèce parvient à récupérer l’intégralité des 7,8 milliards qui lui sont dus “cet argent servira sans doute à payer de nouvelles échéances pour sa dette”, estime Christopher Dembik."


    • Europe : DiEM perdidi, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 16 février 2016)
      http://blog.mondediplo.net/2016-02-16-DiEM-perdidi

      -"Fidèle à la tradition oulipienne, on pourrait généraliser l’exercice et demander de faire une phrase en interdisant certains mots ou groupes de mots (lipolexe ? liporème ? liposyntagme ?). Par exemple demander à Yves Calvi de faire une phrase sans « réforme », ou à Laurent Joffrin sans « moderne », Christophe Barbier sans « logiciel » (« la gauche doit changer de logiciel » – on notera au passage cet indice du désir constant de l’éditocratie que la gauche devienne de droite que jamais personne n’enjoint la droite de « changer de logiciel »), etc.(...) La langue altereuropéiste elle aussi fait face à ses propres défis lipolexiques. Qu’il ne lui soit plus permis de dire « repli national » et la voilà à son tour mise en panne." ;
      –"Ça n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de dire des choses, et depuis un certain temps déjà. D’avoir fait remarquer par exemple la parfaite ineptie de l’argument « obsidional » qui fait équivaloir sortie de l’euro et retranchement du monde" ;
      –"Il entre aussi dans ce « devoir » la logique plus politique du partage public des responsabilités. Car la question démocratique sera posée à tous, et chacun sera sommé de répondre : si l’on appelle démocratie la prérogative souveraine de délibérer et de décider de tout, comment l’eurozone peut-elle justifier l’anomalie patente d’y avoir soustrait des choses aussi importantes que la politique budgétaire, le statut de la banque centrale, la nature de ses missions, les orientations de sa politique monétaire, etc. ? On verra bien alors qui répond quoi à cette question. C’est-à-dire qui est vraiment démocrate et qui ne l’est pas. À ce moment précis, ceux qui ne pratiquent pas la restriction mentale quant au périmètre de la démocratie seront entièrement légitimes à ne plus vouloir appartenir au même ensemble que ceux qui la pratiquent – puisque c’est bien là l’issue qu’on anticipe : il y aura d’irréductibles opposants à la déconstitutionnalisation des politiques économiques. Aussi, revêtus de leur plein droit à vivre sous une constitution entièrement démocratique, et d’ailleurs prévenus de longue date de cette issue, les démocrates réels pourront désigner les démocrates factices, rompre avec eux, et reprendre en main leur propre destin. L’euro sera mort, mais on saura par la faute de qui." ;
      –"DiEM échouera… et en prime DiEM nous fera perdre dix années supplémentaires – puisque tel est bien l’horizon qu’il se donne à lui-même pour refaire « démocratiquement » les traités." :
      –"Quand tout lui échappe, il reste toujours à l’éditocratie la planche de salut des sondages frauduleux. Elle en aura recueilli du monde cette planche-là, lors de l’été grec 2015 : « la population ne veut pas » – c’étaient les sondages qui l’assuraient. Mais les sondages n’assurent rien d’autre que leur propre ineptie quand ils posent à brûle-pourpoint une question à des personnes dépourvues du premier moyen, notamment temporel, d’y réfléchir, individuellement et surtout collectivement. Comme on sait les sondages de janvier 2005 donnaient le TCE gagnant haut la main – malheureusement pour eux, cinq mois plus tard, après un vrai débat… Si un sondage n’a de sens qu’après (et non avant) un débat collectif, force est de constater que, de débat sur la sortie de l’euro, il n’y en aura jamais eu d’ouvert en Grèce." ;
      –"La « catastrophe », voilà alors le destin systématiquement promis à ceux qui oseraient.

      À DiEM, pas moins qu’ailleurs, on n’est pas feignant de l’évocation apocalyptique – « le cataclysme qu’entrainerait la sortie de l’euro », prophétise l’économiste Julien Bayou . Il n’est pas une année depuis le début de leur crise où l’on n’ait averti les Grecs du « désastre » qui les attendait si jamais leur venait l’idée de s’extraire. Mais au juste, comment pourrait-on nommer la situation où ils ont été rendus selon les règles européennes… sinon un désastre ? 25% d’effondrement du PIB, 25% de taux de chômage, plus de 50% chez les moins de 25 ans, délabrement sanitaire, misère, suicides, etc., est-ce que ce ne serait pas par hasard le portrait-type du désastre ?"

      "La grande force de l’ordre en place, c’est qu’il tolère les désastres accomplis dans les règles, selon ses conventions, et qu’en réalité le pire désastre n’y recevra jamais la qualification de désastre – celle-là on la réserve à toute expérience alternative et à la première difficulté qu’elle rencontrera. L’ordre en place peut avoir échoué pendant des décennies, on n’en réclamera pas moins de la politique qui rompt avec lui qu’elle réussisse dans le trimestre, sous le regard distordu des médias bien sûr, certificateurs asymétriques des « désastres »." ;

      –"Le travail politique a aussi pour effet de le déplacer, en faisant voir comme anormal ce que l’idéologie en place donne pour normal, comme… désastreux ce qu’elle donne pour habituel, comme contingent ce qu’elle donne pour naturel. Et surtout comme possible ce qu’elle donne pour impossible.

      On n’a d’ailleurs jamais si belle attestation du mensonge de l’impossibilité que lorsque c’est l’ordre en place lui-même qui, pour se sauver de l’écroulement, révoque d’un coup ses propres partages allégués du faisable et de l’infaisable. Ainsi à l’automne 2008, où l’on ne compte plus les choses faites qui quelques mois à peine auparavant auraient été déclarées délirantes – procédures extraordinaires des banques centrales, nationalisations flash et massives, oubli soudain du droit européen des aides d’Etat, etc. Mais si tout peut de nouveau être envisagé quand il s’agit pour le système de se sauver lui-même, pourquoi tout ne pourrait-il pas l’être quand il s’agit de le congédier ?"

      #UE #Novlangue #Médias #Sondages

      L’Europe divise la gauche de gauche. Par Bruno Amable - Libération
      http://www.liberation.fr/debats/2016/02/15/l-europe-divise-la-gauche-de-gauche_1433507

      "C’est certainement le pire des débats au sein de la gauche, qui voit s’opposer les internationalistes à ceux qu’ils accusent de dérives nationalistes. Il y a une confusion dans cette opposition. Pour les partisans des plans B, le « retour au national » n’est qu’un moyen de recouvrer des marges de manœuvre de politique économique, pas une fin. En revanche, pour les internationalistes prompts à fustiger les dérives « patriotardes » réelles ou supposées, l’union des peuples dans la fraternité est bien une fin.

      Pour trouver une solution politique de gauche en Europe, il faudrait au minimum admettre la différence d’horizon temporel des deux projets évoqués. L’un propose des solutions imparfaites à l’urgence économique, l’autre un avenir radieux mais lointain."

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