• Les détenus canadiens ne mangent pas à leur faim 1 novembre 2017 - Hélène Buzzetti

    L’enquêteur correctionnel juge que de petites portions risquent d’engendrer de gros problèmes de sécurité

    « Le fait de jouer avec la nourriture de personnes affamées et frustrées peut avoir des conséquences néfastes involontaires », écrit l’enquêteur correctionnel Ivan Zinger.
    http://www.ledevoir.com/politique/canada/511776/gastronomie-carcerale
    Les prisonniers fédéraux ont faim. C’est du moins la conclusion à laquelle arrive l’enquêteur correctionnel du Canada, qui montre du doigt la refonte des cuisines carcérales effectuée sous le régime conservateur de Stephen Harper. La centralisation de la préparation des repas a certes réduit le coût des portions, mais celles-ci sont également réduites, moins soutenantes et moins goûteuses.

    L’insatisfaction a tellement augmenté qu’elle a conduit, dans le cas le plus extrême, à une émeute mortelle en Saskatchewan.
    http://media1.ledevoir.com/images_galerie/de_563803_417387/image.jpg
    Le Service correctionnel du Canada (SCC) a mis progressivement en place, dans le cadre du plan de réduction du déficit du précédent gouvernement, un système de « cuisson refroidissement » . La nourriture consommée dans l’établissement n’est plus préparée sur place par les détenus eux-mêmes. Elle est plutôt apprêtée, jusqu’à deux semaines d’avance, dans des cuisines centralisées régionales, puis congelée et distribuée dans les établissements qui la réchaufferont. Le coût quotidien de la nourriture fournie à chaque détenu ne doit pas dépasser 5,41 $.
     
    Chaque détenu reçoit un total de 2600 calories par jour, ce qui correspond, selon le Guide alimentaire du Canada, à l’apport recommandé pour un homme peu actif de 31 à 50 ans. L’apport recommandé pour les hommes de 18 à 30 ans varie plutôt de 2450 à 3300 calories, selon leur niveau d’activité. Or la moyenne d’âge dans les prisons canadiennes est de 37 ans, et les hommes de moins de 30 ans composent « la majeure partie de la population », selon l’enquêteur correctionnel.
     
    Résultat : le niveau de tension a augmenté dans les établissements. « Le fait de jouer avec la nourriture de personnes affamées et frustrées peut avoir des conséquences néfastes involontaires », écrit l’enquêteur correctionnel Ivan Zinger, qui signe ici son premier rapport annuel depuis sa nomination en janvier.
     
    « La nourriture […] est essentielle à la santé et à la sécurité dans le milieu carcéral. » Elle a été, écrit-il, « un des facteurs » qui ont fait éclater l’émeute au pénitencier de la Saskatchewan en décembre 2016. Cette émeute avait duré trois heures et demie et s’était soldée par la mort d’un détenu. Les prisonniers se plaignaient de la taille des portions de nourriture et du trop faible apport en protéines.
     
    De manière plus générale, note l’enquêteur, cette réforme a entraîné « des centaines de plaintes et a créé de la tension dans tous les pénitenciers ». Le Service correctionnel estime que la transformation a généré des économies de 6,4 millions de dollars.
     
    En Grande-Bretagne, note M. Zinger, son homologue a conclu que la mauvaise qualité de la nourriture servie et la petitesse des portions pourraient « servir de catalyseur d’agressions et de dissidences ». M. Zinger recommande au SCC de mener une étude pour comparer le prix des portions et leur taille avant et après le changement. La réforme est pleinement en vigueur depuis environ deux ans, indique-t-on.
     
    Port-Cartier fait exception  
    Le pénitencier à sécurité maximale de Port-Cartier, sur la Côte-Nord, est exempté de cette réforme culinaire, comme quelques autres établissements trop isolés. Or, note l’enquêteur, la prison a réussi à respecter le budget alloué par prisonnier tout en fournissant une nourriture plus appréciée. On y cuisine le pain et les muffins, par exemple. Selon les témoignages entendus, des prisonniers refuseraient de se faire transférer vers des établissements à sécurité intermédiaire afin de ne pas être soumis au nouveau régime.
     
    « C’est un peu renversant, quand on sait les restrictions à la liberté qui existent dans un pénitencier à sécurité maximale, que les détenus préfèrent rester dans cet environnement plutôt que de bénéficier de moins de restrictions simplement à cause de la nourriture », a lancé M. Zinger en conférence de presse.
     
    Cette centralisation culinaire a aussi affecté négativement la formation professionnelle des prisonniers en réduisant le nombre d’emplois disponibles (entre 300 et 400 emplois de moins, selon le bureau de l’enquêteur) et la qualité de ceux-ci.
     
    « Ce sont de grandes marmites et les détenus ne font qu’y déverser des contenants avec des codes barres, des aliments pré-pesés. Ils font tout bouillir. Que ce soit poulet, boeuf, porc, tout est bouilli pendant 45 minutes ou une heure et demie. Au fond des marmites, il y a un gros boyau qui déverse le liquide dans des sacs de plastique avec des codes barres. […] Ce genre de travail requiert très peu d’habiletés ou de compétences comparativement au système d’avant ou comme à Port-Cartier, où on pense même à introduire un programme de formation professionnelle de cuisinier. »

    #faim #prison #rétention #carcéral #Canada #détenus #cuisson_refroidissement #beurk #alimentation

    https://seenthis.net/messages/641579 via BCE 106,6 Mhz


  • #Amiante : Ottawa n’exclut pas d’en bannir l’exploitation | Le Devoir
    http://www.ledevoir.com/politique/canada/487246/l-amiante-finalement-au-ban

    http://media1.ledevoir.com/images_galerie/de_473232_331070/image.jpg
    Photo : Sean Kilpatrick La Presse canadienne
    Les ministres Judy Foote (Services publics et Approvisionnement), Kirsty Duncan (Sciences), Jane Philpott (Santé) et Catherine McKenna (Environnement) ont participé à une conférence de presse conjointe afin d’annoncer le bannissement de l’amiante au Canada.

    Le gouvernement de Justin Trudeau passe à l’action comme promis et interdira d’ici 2018 la production, l’utilisation, l’importation et l’exportation des produits d’amiante. Et si Ottawa insiste pour dire qu’il a écouté les doléances du Québec en autorisant l’exploitation des résidus d’amiante, il ne s’engage pas à tenir cette promesse éternellement, soulignant que des « consultations » auront lieu dans le futur.

    Juste pour le plaisir de la photo…

    https://seenthis.net/messages/552213 via Simplicissimus


  • La « #discrimination_génétique » au coeur d’une guerre de lobbyistes | Le Devoir
    http://www.ledevoir.com/politique/canada/478749/la-discrimination-genetique-au-coeur-d-une-guerre-de-lobbyistes

    Un projet de loi visant à interdire la « discrimination génétique » donne lieu à une partie de bras de fer entre la puissante industrie de l’assurance et une quinzaine de groupes qui défendent les droits des malades.

    [...] La nouvelle loi interdirait aux compagnies d’#assurances d’obliger leurs futurs assurés à divulguer les résultats de tests génétiques. À l’heure actuelle, les assureurs n’ont pas le droit d’exiger un test d’#ADN, mais ils peuvent demander aux futurs assurés qui ont volontairement subi un test génétique de leur en révéler les résultats.

    #Canada

    https://seenthis.net/messages/519744 via AF_Sobocinski


  • Les conservateurs réussissent à diviser les libéraux sur la campagne BDS | Le Devoir |
    23 février 2016 |La Presse canadienne | Canada
    http://www.ledevoir.com/politique/canada/463673/les-conservateurs-reussissent-a-diviser-les-liberaux-sur-la-campagne-bds

    Les conservateurs ont réussi à diviser les libéraux sur la question d’Israël, une quinzaine d’élus libéraux ayant refusé, lundi, d’appuyer une motion qui condamne la campagne BDS — boycottage, désinvestissement et sanctions contre Israël.

    Plus d’une douzaine de députés libéraux ont préféré rester assis au moment du vote à la Chambre des communes, lundi après-midi. Quelques-uns ont brillé par leur absence. Mais seulement trois d’entre eux se sont levés pour voter contre la motion : René Arseneault, du Nouveau-Brunswick, Larry Bagnell, du Yukon, et Nick Whalen, de Terre-Neuve.

    Cette motion, présentée par les conservateurs jeudi dernier, se lisait ainsi : « La Chambre rejette la campagne du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui encourage la diabolisation et la délégitimation de l’État d’Israël, et prie le gouvernement de condamner toute tentative de la part d’organismes, de groupes ou de particuliers du Canada de promouvoir le mouvement BDS, ici et à l’étranger. »

    Durant le débat de jeudi, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, avait annoncé que le gouvernement appuierait la motion parce qu’il est d’accord « sur le fond » même s’il a « des réserves quant à la forme ».

    « [Les conservateurs] ont fait de l’appui à Israël et à la communauté juive canadienne un enjeu partisan. Cela n’a pas fonctionné pour eux, mais ils semblent n’en avoir tiré aucune leçon. Ils nous reviennent aujourd’hui avec cette motion et nous savons très bien que son but est de créer la division. Personne ne sort gagnant de ce genre d’exercice », prévenait le ministre Dion.(...)

    #BDS

    http://seenthis.net/messages/463912 via Loutre