Zinc

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  • La leçon du CETA ? Trop de démocratie ! - Journal Fakir
    https://www.fakirpresse.info/la-lecon-du-ceta-trop-de-democratie-1217

    « Quand on parle de démocratie, que 3,5 millions de gens prennent en otage le reste de l’Europe, cela pose une difficulté. »
    Sylvie Goulard, députée européenne Les Républicains.

    Guy Verhofstadt, l’ancien Premier ministre belge, l’estime aussi : « Nous devons apprendre de nos erreurs. Avec encore trente accords comme le Ceta en préparation, nous devons nous assurer que le commerce reste une compétence exclusive de l’Union européenne. »

    Pascal Lamy, ancien commissaire européen, ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, se fait plus clair : « On ne devrait pas avoir besoin de la ratification des parlements nationaux » (L’Express, 27/10/2016)

    qui, d’après Jean-Claude Juncker, doit « réfléchir à son modèle de fonctionnement » ? L’Union européenne ? Non : « La Belgique » ! (Le Figaro, 30/10/2016)

    Indignation médiatique : la petite Wallonie « bloque » la grande (et belle) Europe - Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Indignation-mediatique-la-petite-Wallonie-bloque
    https://www.acrimed.org/IMG/png/capture_d_e_cran_2016-10-25_a_21.15.05.png

    Du côté de L’Opinion, c’est Nicolas Beytout qui prend la plume pour faire entendre la voix des « peuples européens » : « Il n’y a pas de doute possible : la priorité des peuples européens, pris dans leur ensemble, était bien de signer le traité commercial avec le Canada.

    #Référendums
    http://zinc.mondediplo.net/messages/11330#message30805

    "Sarkozy, Hollande et Bayrou : les traîtres de Lisbonne"
    http://zinc.mondediplo.net/messages/1489

    « Le référendum, c’est interdit dans la zone euro »
    http://zinc.mondediplo.net/messages/3524


  • "La dette, la dette, la dette !", cet argument antisocial que l’on vous rabâche est bidon | Le Huffington Post
    https://www.huffingtonpost.fr/thomas-guenole/la-dette-la-dette-la-dette-cet-argument-antisocial-que-lon-vous-rabache-est-bidon_a_23473831/?fbclid=IwAR2M-EW5omCtBMjcUys4s6NKWEM1O6aO1GB6M-4PoeaspNqUdBYxJFIkqG0

    "L’incurie des partisans des politiques antisociales « parce que la dette » éclate alors au grand jour : alors que c’est notamment l’existence d’un puissant patrimoine public qui fait de la France un emprunteur solide, les mêmes ne cessent d’affaiblir cette garantie en multipliant les privatisations ! C’est la vieille histoire du pompier pyromane."

    « Pour mémoire, la BCE a déjà créé rien qu’en 2017 720 milliards d’euros pour soutenir les banques privées »

    #Discours_orthodoxes #Dette_publique

    CADTM - Deux ou trois choses que je sais de la dette publique, par Michel Husson
    http://zinc.mondediplo.net/messages/10678
    Coralie Delaume : « Non, la France n’est pas droguée aux dépenses publiques »
    http://zinc.mondediplo.net/messages/74816



  • Hold-up social : comment le droit du travail a été démantelé en Europe, sans aucun bénéfice sur l’emploi et les gens - Basta !
    https://www.bastamag.net/Hold-up-social-comment-le-droit-du-travail-a-ete-demantele-en-Europe-sans-

    "C’est ainsi qu’en octobre 2011, par exemple, Pierre Deleplanque, patron du producteur de ciment Heracles, lui-même filiale du leader mondial des matériaux de construction #Lafarge, a pu transmettre directement ses exigences au chef de la délégation du FMI à Athènes"

    "En #Roumanie, les lobbies patronaux rédigent des lois
    Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), la fin imposée des négociations salariales contrevenait pourtant aux conventions internationales. Ce qui n’a pas suscité d’états d’âme du côté de la Commission européenne."

    "La Commission européenne en a pris bonne note. Lorsqu’un gouvernement ultérieur à Bucarest a annoncé en 2012 qu’il souhaitait encourager à nouveau les accords salariaux nationaux contraignants, les émissaires du commissaire Olli Rehn, avec ceux du FMI, ont mis leur veto. « Nous pressons fortement les autorités de s’assurer que les accords collectifs nationaux ne contiennent pas d’éléments relatifs aux salaires et ne remettent en cause les progrès obtenus avec le nouveau code du travail adopté en mai 2011 », ont-ils écrits au gouvernement."


  • Economie : crack boursier et crise économique seront-ils au menu de 2019 ?
    https://information.tv5monde.com/info/economie-crack-boursier-et-crise-economique-seront-ils-au-menu

    Economie : doit-on craindre les morts-vivants de la dette ?
    https://information.tv5monde.com/info/economie-doit-craindre-les-morts-vivants-de-la-dette-238025

    « La dette privée est donc devenue un problème plus important que la dette des Etats ? Pour autant les responsables politiques ne semblent pas alerter sur ce problème de dette privée et continuent de vouloir uniquement réduire la dette publique : pourquoi ?

    D.L : Ça l’était déjà à l’époque des subprimes (prêts immobiliers à taux d’intérêt variable aux États-Unis à l’origine de la crise financière de 2007-2008, ndlr). On nous fait de la dette publique une obsession, alors qu’on devrait être beaucoup moins inquiet à son propos : contrairement à un ménage, un Etat ne part jamais à la retraite. Il n’y a aucun moment où un Etat devra rembourser toute la dette qu’il a, puisqu’une fois qu’une dette arrive à échéance, un Etat peut toujours réemprunter. Une dette devient un problème pour un Etat quand le taux d’intérêt qu’il paye est supérieur à son taux de croissance économique (la France a depuis deux ans des taux d’intérêt d’emprunts à 10 ans de seulement 0,8% en moyenne et sa croissance actuelle du PIB est de 2%, ndlr). Là, ça peut devenir un problème et il faut se désendetter, mais on n’est pas du tout dans cette situation.

    Avant la crise des subprimes, la dette publique des Etats n’était pas élevée, comme celle de l’Irlande, qui était de 20%, ce qui est très peu. Mais la dette privée a été transformée en dette publique, c’est ce qui explique l’élévation de la dette de l’Irlande après la crise, par le sauvetage des banques en rachetant leurs créances douteuses. Si les dirigeants n’alertent pas sur ce problème de dette privée c’est qu’ils sont conseillés par des économistes néo-classiques. Dans les modèles utilisés par cette théorie, les banques n’existent pas. Donc, comme les banques n’existent pas, il n’y a pas de dette privée. Tout comme la monnaie qui n’est pas véritablement prise en compte. Etonnamment, les banques centrales commencent à ne plus utiliser cette théorie néo-classique et utilisent de plus en plus des modèles post-kéneysiens. »

    « En Chine, l’Etat a ordonné aux banques de continuer de prêter pour alimenter une bulle immobilière qui est absolument délirante.

    L’économie réelle ne se porte pas si bien que ça, en particulier dans des pays comme l’Irlande, qui malgré ce qui est dit, a une croissance du PIB absolument artificielle, puisqu’elle est liée à ce que des multinationales déclarent leur activité là-bas. »

    "Les économies « zombifiées » telles que nous les définissons sont le problème qui va créer le krach : ce sont des pays comme le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Japon, tous « shootés » au crédit avant la crise des subprimes et dans lesquels le niveau de la dette privée reste extrêmement élevé. Ce sont des « zombies de la dette ». Aux Etats-Unis, en ce moment, ils se sont remis à faire des subprimes, en particulier avec les véhicules Uber : les chauffeurs de VTC qui achètent des voitures Uber ont des taux d’intérêt de 25% ce qui est délirant et tout le monde sait qu’ils ne rembourseront jamais. Donc les banques titrisent pour passer ces emprunts à d’autres… Mais pour autant, on pense que le krach ne viendra pas des Etats-Unis, parce que malgré tout, leur taux de croissance du crédit est raisonnable par rapport à d’autres, comme la Suède, l’Irlande, la Norvège, l’Australie."

    " Nous suggérons donc que la Banque centrale procède à de la création monétaire directement sur les comptes des ménages et des entreprises surendettés, en posant comme condition que cette création monétaire soit utilisée pour rembourser les dettes. C’est ce qu’on appelle le « Quantitative easing for the people », (création monétaire pour les gens, par jeux d’écriture comptable, ndlr).

    Il faut aussi faire des politiques de relance et stopper celles d’austérité. Quand les ménages ne consomment pas, quand les entreprises n’investissent pas, il faut que l’Etat dépense. Le Portugal a depuis 2 ans et demi entamé cette politique là et va mieux : augmentation du salaire minimum, baisse des impôts pour les classes moyennes et populaires, hausse des pensions de retraite, etc. Le problème en Europe n’est pas un problème d’offre mais de demande, et la demande est relativement atone sur le continent. La question n’est donc pas de savoir s’il va y avoir une prochaine crise majeure, la question est de savoir quand. Nous, de notre côté, nous disons 36 mois."

    Dix ans après la crise financière, les ingrédients du choc (Le Monde diplomatique, septembre 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/dossier/krach2008

    Vers une nouvelle crise financière ? Philippe Lamberts- International - LeVif.be
    http://zinc.mondediplo.net/messages/90455

    Après « l’Europe sociale », « l’Europe démocratique »… (ou l’art de regarder ailleurs), par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 17 mai 2019)
    https://blog.mondediplo.net/apres-l-europe-sociale-l-europe-democratique-ou-l

    "en matière d’européisme à gauche, il faut partager avec ses interlocuteurs la même passion de la tache aveugle, le même désir de l’évitement. Auxquels il est plus loisible de s’adonner maintenant que la Grèce cesse de nous tympaniser et que le « consensus » s’entend à considérer que la crise de l’euro « est derrière nous »"

    "Malheureusement, il se pourrait que les conditions qui permettent de détourner le regard soient très bientôt détruites à nouveau. C’est que ces conditions sont tout entières liées à l’effacement graduel de la crise financière de 2008"

    "Tous les ressorts de la prise d’otage structurelle des pouvoirs publics par la finance sont donc réarmés"

    "si on commence à mettre quelques idées l’une derrière l’autre à partir de cette hypothèse, c’est tout le cauchemar des années 2010 qui revient aussitôt : crise financière / effondrement bancaire / contraction du crédit / récession monumentale / évaporation des recettes fiscales / creusement immédiat des déficits / explosion de la dette. Et toutes les alarmes de la zone euro qui commencent à striduler car, à ce moment-là, les règles foldingues des traités renforcés (two-pack, TSCG) s’activent toutes seules, et automatisent le pire : austérités sanglantes, hystérisation allemande qui se voit aussitôt « payer pour les autres », boulons serrés jusqu’à ce que Grèce s’ensuive, etc. À ce moment-là, il est à craindre qu’il (re)devienne difficile de parler d’Europe démocratique."

    "il faudra pouvoir se regarder en face, soi et ses impasses, ses impensés, et ses promesses en toc, lorsque le tsunami de mouscaille reviendra, et la dictature de la monnaie unique avec"

    Les clients institutionnels retirent 1 milliard de dollars par jour de la #Deutsche_Bank - Express Dominique Dewitte 17 juillet 2019
    https://fr.express.live/deutsche-bank-bank-run/?fbclid=IwAR3SEQ20EyDCT_MjAfFT9s_-byCIexwnWxiZErZya06vufdMU7PBSD4xw6o

    Vers une nouvelle crise financière ? Philippe Lamberts- International - LeVif.be
    http://zinc.mondediplo.net/messages/90455

    « Le défaut grec éclipse le krach boursier chinois »
    http://zinc.mondediplo.net/messages/3830


  • Le Mediascope » (Vidéo) Canal + « Il faut une nouvelle république » Clémentine Autin ( Grand Journal)
    http://lemediascope.fr/video-canal-il-faut-une-nouvelle-republique-clementine-autin-grand-jour

    commentaire ancien (http://zinc.mondediplo.net/messages/11330#message14039) :

    "De mémoire :
    Dans le contexte de "l’affaire" Cahuzac, C.Autain affirme qu’il ne s’agit pas, contrairement à ce que certains disaient (sur le plateau ?) d’un fait isolé mais qu’il s’agit d’un problème plus large qui appelle à un changement d’institution (VIème République ?). Duhamel agite alors son doigt accusateur (faisant ici office de crocs des chiens de garde) dans sa direction en lui faisant les gros yeux et l’accuse de tenir le discours du FN.
    Personnellement, je ne me souviens pas avoir entendu le FN remettre en question la Vème République et son côté monarchie de droit divin, c’est à dire son fonctionnement sur le mode de l’homme ou de la femme providentiel(lle).
    A en croire cette séquence, tout ce qui remet en cause l’ordre institutionnel (et bien souvent il en va de même pour l’ordre économique) existant est assimilable à un discours FN. Cela confère donc à ce dernier le monopole de toute contestation du conservatisme ou de l’orthodoxie => l’attitude de Duhamel est une campagne en faveur du FN qu’il prétend combattre.❞"

    2018 donc :

    Politique | Marine Le Pen ne veut pas d’un renversement de la Ve République | La Provence
    https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5276924/marine-le-pen-ne-veut-pas-dun-renversement-de-la-ve-republique.html

    « la remise en cause de nos institutions, y compris avec une prétendue VIe République, me paraît totalement malvenue »

    « il m’apparaît, au contraire, utile de réaffirmer notre attachement à la République, à ses valeurs et tout particulièrement au régime politique, dont le général de Gaulle nous a fait les héritiers »

    J’attends avec impatience le ralliement officiel d’A.Duhamel au RN/FN.


  • Egalement sur academia.edu, en pdf (plus commode pour l’impression)
    #turquie #kurdistan_turc #PKK #Öcalan
    [Article écrit en 2013 - L’optimisme des premières phrases vous étonnera peut-être] En 1998, Abdullah Öcalan, leader du PKK, est arrêté à Rome. La Turquie exige son extradition. Mais Öcalan sera rapidement libéré. Analyse d’une campagne d’opinion où l’on peut voir à l’oeuvre le consensus exigé par l’Etat sur la question kurde : gauche, droite, il n’y a pas de différence dans le traitement de l’événement par la presse (première partie)https://www.academia.edu/37339289/Esquisse_n_42_Abdullah_%C3%96calan_arr%C3%AAt%C3%A9_%C3%A0_Rome_-_La_campa

    Zinc - Etienne Copeaux
    http://zinc.mondediplo.net/people/etienne1


  • « La #Grèce ne sera pas maîtresse de ses budgets » : malgré l’accord sur la dette grecque, le pays reste sous le contrôle de ses créanciers #UE #Austérité
    https://www.francetvinfo.fr/economie/crise/crise-europeenne/la-grece-ne-sera-pas-maitresse-de-ses-budgets-malgre-l-accord-sur-la-de

    « n’oublions pas que les privatisations vont se poursuivre : la quasi totalité des infrastructures de la Grèce ont été vendues. Les 15 meilleurs aéroports du pays ont été cédés à une société allemande, le port du Pirée a été vendu aux Chinois et maintenant c’est celui de Thessalonique qui est disputé entre les Chinois et d’autres. L’équivalent de la SNCF grecque a elle aussi été vendue à l’Italie et on assiste en ce moment à la vente à la découpe de DEI, l’EDF grec. »

    Accord sur la dette grecque : la fin d’un « long épisode dramatique » mais « encore des moments difficiles »
    https://mobile.francetvinfo.fr/economie/crise/crise-europeenne/accord-sur-la-dette-grecque-la-fin-d-un-long-episode-dramatique-

    Grèce : une annonce de réduction de dette en trompe-l’œil
    http://www.cadtm.org/Grece-une-annonce-de-reduction-de-dette-en-trompe-l-oeil

    Pourquoi le cauchemar grec est loin d’être terminé
    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/08/24/31002-20180824ARTFIG00263-pourquoi-le-cauchemar-grec-est-loin-d-etre-termin

    "Comme l’explique le politologue belge François Foret, « l’euro constitue en lui-même un nouveau sacré européen justifiant tous les sacrifices économiques, sociaux et culturels »."

    "en quatre ans seulement, la BCE a réalisé 7,8 milliards de bénéfices sur les titres hellènes. Il est question depuis des années que ces sommes soient rétrocédées à la Grèce, mais on trouve toujours une excellente raison de ne pas le faire. L’Eurogroupe s’y est une nouvelle fois engagé au mois de juin de cette année, mais seulement pour les bénéfices sur les obligations grecques réalisées à partir de 2017, pas sur ceux réalisés les années précédentes. Par ailleurs, ces rétrocessions demeureront « conditionnées au maintien des réformes acceptées par la Grèce »"

    "insolvable, la Grèce l’est puisque son « stock de dette » n’a pas été allégé, contrairement à ce qui avait été promis à Tsipras en 2015 en échange de son acceptation du « troisième mémorandum »"

    "’est ce qu’expliquait Pierre Moscovici le 20 août : « La Grèce va pouvoir se financer seule sur les marchés et définir sa politique économique. C’est un pays totalement libre, mais il y a une surveillance renforcée ». Libre, mais sous surveillance renforcée ! « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force », écrivait Orwell dans 1984. Nous avons affaire à la même sémantique folle avec les dirigeants de l’Union européenne..."

    " comme le disait Klaus Regling, le patron allemand du MES dans une interview datée de juin 2018 au quotidien grec Ta Nea, un « système d’alerte précoce » demeurera en vigueur « jusqu’à ce que tout l’argent ait été remboursé », c’est-à-dire jusqu’en 2060. Il s’agira notamment de s’assurer de la poursuite de l’austérité car « la mise en œuvre des réformes est une tâche permanente. Ce n’est jamais fini. Et c’est vrai pour tous les pays du monde, pour tous les pays de l’Union européenne et, par conséquent, pour la Grèce »"

    "L’exemple grec témoigne du fait qu’on ne peut rompre avec l’austérité en demeurant dans le cadre supranational actuel. Celui qui essaie est immédiatement foudroyé et subit un sort proche de celui d’un pays vaincu et occupé."




  • Zinc - etienne cheron
    http://zinc.mondediplo.net/#ajouter=Zinc+-%20etienne%20cheron&url_site=http%3A%2F%2Fzinc.monde

    http://etiennecheron.hautetfort.com/archive/2017/12/02/etienne-cheron-rencontre-obama-macron-le-maitre-et-l-eleve
    Ce samedi 2 décembre, Barack Obama est arrivé en France. Il est pour nous l’éternel Président des Etats-Unis. Idéalisé, nous le pensons l’incarnation parfaite de nos aspirations. Mais les Américains, dans tout leur souveraineté ont choisi un chef radicalement différent en la personne de Donald Trump.

    Alors la visite d’Obama est un évènement. Rencontre avec la Maire de Paris, avec François Hollande, conférence mais surtout déjeuner avec le Président Macron. Tout le monde se bat pour être sur la photo telle l’adolescente attendant dans le froid la possibilité de faire un selfie avec sa youtoubeuse préférée.


  • Zinc - etienne cheron
    http://zinc.mondediplo.net/people/etienne2

    [Etienne CHERON] 40 ans du RER : à quand un véritable plan de déplacement en Ile de France ?

    Il y a donc 40 ans naissait le RER.

    Compagnon quotidien avec lequel nous passons davantage de temps qu’avec notre propre famille.

    Endroit de réflexion, de décision, d’ennui, d’exaspération, ces petits trains sont pour nous, franciliens de véritables compagnons.

    Nous adorons les détester. Sans eux, impossible de travailler, impossible de visiter des proches sans d’interminables embouteillages.

    40 ans, c’est l’heure d’un bilan, il faut de nouvelles lignes, une fréquence plus grande, des rames rénovées, des gares plus accueillantes. Alors, les autorités de décision doivent décider (!!!), ensemble par delà leurs divergences politiques et enfin imaginer un véritable grand plan de déplacement en Ile de France.

    Etienne CHERON


  • Paradise Papers. Évasion ou optimisation fiscale : « Attention à la distinction »
    https://www.ouest-france.fr/economie/impots-fiscalite/paradise-papers/paradise-papers-attention-bien-faire-la-distinction-5361441
    Evaluations à recouper/comparer

    "En France, c’est 700 milliards d’euros qui échappent au fiscal, dont 300 milliards pour les personnes physiques. 80 milliards de plus s’y ajoutent chaque année. Au niveau mondial, Gabriel Zulman a établi scientifiquement dans son ouvrage « La richesse cachée des nations » que l’évasion représentait 10 % à 12 % de la richesse mondiale."

    "En revanche, sur la répression de l’évasion fiscale, il n’y a aucun progrès."

    "l’Office central de répression de la corruption a vu ses objectifs régresser de 25 % au cours du quinquennat Hollande"

    Les chiffres astronomiques de l’évasion fiscale
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/11/07/20002-20171107ARTFIG00163-les-chiffres-astronomiques-de-l-evasion-fiscale.p

    "Si par définition, il ne peut y avoir de statistiques officielles, pour autant, plusieurs études permettent de se faire une idée de ce que représente les avoirs cachés à travers le monde, et les milliards qui ne rentrent pas dans les caisses des États."

    " selon une étude publiée en 2012 par le groupe de pression Tax Justice Network, entre 21.000 et 32.000 milliards de dollars, (soit 17.000 à 25.500 milliards d’euros), continueraient à être dissimulés dans les zones défiscalisées du globe. Difficilement imaginables, ces montants représentent une somme supérieure au PIB combiné des États-Unis et du Japon"

    "A l’échelle des 28 membres de l’Union européenne, « environ 1000 milliards d’euros sont perdus chaque année à cause de l’évasion et de la fraude fiscales » estime le Parlement européen"

    "Un rapport sénatorial datant de 2012 chiffrait entre 30 et 36 milliards le coût pour l’Etat français de l’évasion fiscale, au minimum. Mais en réalité, ce manque à gagner chiffre pourrait même atteindre les 50 milliards, soulignait le rapport parlementaire. L’ONG britannique Oxfam estime pour sa part que la fraude fiscale « coûte chaque année 60 à 80 milliards d’euros à la France », soit un montant plus ou moins équivalent au budget de l’Education nationale"

    La #Fraude_fiscale bondit jusqu’à 100 milliards d’euros cette année
    https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/la-fraude-fiscale-bondit-jusqu-a-100-milliards-d-euros-cette-annee-7794769580
    L’Assemblée autorise les entreprises accusées de fraude fiscale à s’en sortir par une simple amende
    https://www.marianne.net/economie/l-assemblee-autorise-les-
    #PS #Macron

    « Cette convention a été introduite dans le droit pénal français à l’occasion de l’adoption en décembre 2016 de la loi Sapin II relative, entre autres, à la transparence et à la lutte contre la corruption. Elle permettait jusqu’alors aux personnes morales d’éviter des poursuites judiciaires pour corruption, trafic d’influence, blanchiment, blanchiment aggravé et blanchiment de fraude fiscale, contre le paiement d’une amende ou la réparation des dommages subis par les victimes. »

    L’hypertrophie des paradis fiscaux dans les profits des multinationales
    https://theconversation.com/lhypertrophie-des-paradis-fiscaux-dans-les-profits-des-multinationa

    « l’économiste français Gabriel Zucman estime ainsi que 40 % des profits seraient détournés vers les paradis fiscaux chaque année. »

    Le casse du siècle : l’énorme fraude fiscale à 55 milliards d’euros des "CumEx"
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/le-casse-du-siecle-l-enorme-fraude-fiscale-a-55-milliards-d-euros-des-cume
    « CumCum », « CumEx » : le scandale des dividendes expliqué simplement
    https://www.lemonde.fr/cumex-files/article/2018/10/18/cumcum-cumex-le-scandale-des-dividendes-explique-simplement_5371018_5369767.


  • Vers une nouvelle crise financière ? Philippe Lamberts- International - LeVif.be
    http://www.levif.be/actualite/international/vers-une-nouvelle-crise-financiere/article-opinion-746061.html

    "une véritable « marche arrière » réglementaire est actuellement à l’oeuvre, dont le vote intervenu ce jeudi en séance plénière du Parlement constitue certainement la manifestation la plus emblématique. Un majorité d’eurodéputés s’est en effet prononcée en faveur de la relance du marché de... la titrisation ! Oui, vous avez bien lu.

    Officiellement, le texte adopté - qui fait l’objet d’un accord conclu avec les ministres européens des Finances - vise à soutenir davantage le financement de l’économie réelle, en incitant les banques à octroyer plus de crédits aux Petites et Moyennes Entreprises (PME). Pourtant, la Banque centrale européenne (BCE) reconnaît elle-même que l’accès au financement constitue le « problème le moins important » pour les PME de la zone euro."

    « La relance de la titrisation au sein de l’Union européenne constitue un signal très alarmant. Elle démontre combien les leçons de la crise financière de 2007 n’ont pas été tirées par nos dirigeants politiques. »

    Alerte générale, tous les indices annoncent un nouveau krach boursier | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/154898/nouvelle-crise-boursiere-menace

    "« Depuis le début de la crise, les banques n’utilisent pas les liquidités supplémentaires pour relancer la machine à crédit. [...] Le montant des crédits n’augmentent pas. L’excès de liquidité étant réinvestit directement par les banques sur les marchés financiers. […] Cet excès peut avoir un impact sur le prix des actifs financiers et faciliter l’apparition de bulles. »"

    La montagne de dettes privées des entreprises sera au coeur de la prochaine crise financière
    http://www.cadtm.org/La-montagne-de-dettes-privees-des



  • Coralie Delaume : « Non, la France n’est pas droguée aux dépenses publiques »
    http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2017/07/07/31007-20170707ARTFIG00304-coralie-delaume-non-la-france-n-est-pas-droguee-a
    #Bêtisier_permanent #Discours_orthodoxes

    "Bruno Le Maire, lequel affirmait quelques jours auparavant « Depuis 30 ans, la France est droguée aux dépenses publiques. Oui, il faut les réduire : c’est une question de souveraineté nationale ».
    On se demande bien en quoi le fait de tout faire pour respecter des « critères de convergence » arbitraires tel celui des 3 % de déficit imposé par l’appartenance à l’Union européenne ( quand il ne s’agit pas de « faire des réformes pour regagner la confiance de l’Allemagne » ) au détriment du bon fonctionnement de nos administrations et de la pérennité de nos services publics serait bon pour la souveraineté nationale"

    "si l’on utilisait les mêmes modalités de calcul pour rechercher le montant des dépenses privées rapportées au PIB"

    "C’est bien à cela que sert le ratio dépense publiques / PIB : à donner un indice du type de société auquel on à affaire, des grands choix qui y ont été faits, des modalités de fonctionnement des différentes économies. En aucune façon à mesurer la part de la richesse nationale qui « partirait » en dépenses publiques."

    L’arène nue : « S’échiner à faire baisser la dette publique n’a aucun intérêt. Un monde sans dette n’existe pas ! » entretien avec Bruno Tinel
    https://l-arene-nue.blogspot.com/2018/10/sechiner-faire-baisser-publique-na.html

    "Une telle sortie est tragique et consternante. Elle témoigne de l’époque que nous traversons, celle du gouvernement par la peur, celle des raccourcis et des abus de langages permanents. Contrairement à ce qui est trop souvent dit, ceci n’est pas en premier lieu le fait des extrêmes. Ce sont les responsables dits « modérés » qui recourent constamment à ces procédés rhétoriques manipulatoires.[...] Les mots ne doivent pas être dévoyés par ceux qui sont en position de prendre des décisions politiques qui engagent la vie des peuples et des nations. La crise politique profonde que nous vivons a une dimension linguistique. [...] Nos gouvernants doivent comprendre que bon nombre de citoyens sont las de la propagande perpétuelle. Ils doivent miser avant tout sur l’intelligence plutôt que sur le paternalisme et la culpabilisation, qui blessent l’estime de soi des gouvernés (« on nous prend pour des idiots ! »)"

    "Il suffit de voir comment l’Italie est en train de faire sécession. Voyez la morgue avec laquelle Pierre Moscovici (encore lui) a accueilli jeudi 27 septembre le projet du gouvernement italien de resserrer un peu moins que prévu son budget"

    "La question de la dette publique fait particulièrement l’objet des manipulations langagières qu’Orwell avait très bien identifiées dans 1984"

    "ces responsables politiques nous expliquaient alors qu’il fallait réduire les déficits pour que baissent les taux d’intérêts qui étaient très élevés en 1990. Pourtant, à l’époque, la dette publique ne représentait que 35 % du PIB. Depuis, le ratio est monté à quasiment 100 % et les taux d’intérêts sont autour de 0 %. Cherchez l’erreur."

    "Ce sont les mêmes qui nous prédisent tous les jours des catastrophes, depuis trois décennies, en raison de la dette publique pour justifier des coupes"

    "Avec sa sortie ridicule, M. Moscovici crie « au loup » mais il ne fait qu’agiter un vieux chiffon usé jusqu’à la trame."

    "il faut sortir d’une approche purement comptable"


  • Vendredi 19 mai au Cinéma AltiCiné - 6, Rue du port 45200 Montargis - Ciné-débat autour du film : « Un paese di Calabria » - Partenariat AMD du Gâtinais/ Amnesty International Montargis/Gien. Le débat sera animé par Cécile Coudriou, Vice-Présidente et porte-parole d’Amnesty International France. - En lien, l’affiche du film et une critique du film sur LeMonde.fr (M cinéma)
    http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/02/07/un-paese-di-calabria-quand-les-refugies-ressuscitent-un-village_5075720_3476
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  • « Les vieux habits de l’homme neuf » | Emmanuel Macron, la finance et le pouvoir

    par François Denord & Paul Lagneau-Ymonet
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    Étroitement associé à la politique économique du président François Hollande, le candidat du mouvement En marche ! se présente pourtant comme un homme « hors système », loin des partis et des coteries. Cautionnée par la presse, la métamorphose de M. Emmanuel Macron en évangéliste politique masque mal la trajectoire banale d’un technocrate dont l’entregent lui a permis de brûler les étapes.

    Ce 17 mars 2015, l’agenda de M. Emmanuel Macron s’annonce chargé. À 7 h 45, la revue Politique internationale attend le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique pour un petit déjeuner-débat. Au menu : exposé face à un aréopage de patrons, de diplomates et de responsables politiques. Une heure plus tard, direction Bercy. Le ministre participe à l’ouverture d’une conférence sur les dispositifs publics de soutien à l’exportation, où se mêlent hauts fonctionnaires et dirigeants du privé, avant de s’entretenir avec les sénateurs socialistes au sujet de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques.

    Vers 13 h 15, il retrouve les convives du Cercle Turgot pour un déjeuner-débat. Le président en exercice de ce think tank, M. François Pérol, patron du groupe Banque populaire - Caisse d’épargne (BPCE), l’accueille : « Bienvenue, Emmanuel. Tu arrives juste du Sénat. Y a-t-il trop d’articles à ton projet de loi ? Comme on disait en d’autres temps, trop de notes s’agissant de la musique de Mozart ? » Pareil hommage tient en partie de l’autocélébration, tant la carrière de M. Macron ressemble à celle de M. Pérol : fils de médecin, énarque, passé par l’inspection des finances, par la banque Rothschild et par les services de l’Élysée. Le ministre a vite fait d’emballer financiers, journalistes et autres cadres, qui l’intronisent membre d’honneur de leur cercle. Après les questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, M. Macron s’attarde pour un long entretien avec M. Pierre Gattaz, président du Mouvement des entreprises de France (Medef). Puis, Saint-Patrick oblige, il reçoit M. Richard Bruton, son homologue irlandais.

    Une succession d’apparitions brèves dans les sphères du pouvoir, avec la volonté de faire forte impression à défaut de laisser une empreinte profonde : ce 17 mars 2015 résume à bien des égards la trajectoire du candidat à l’élection présidentielle française.

    Il se rêvait normalien, il atterrit à Sciences Po. Là, l’historien François Dosse le présente en 1999 au philosophe Paul Ricœur, qui cherche une petite main pour achever le manuscrit de La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli (1). Cette collaboration ouvre à l’étudiant les portes d’Esprit, revue intellectuelle française proche de la « deuxième gauche » qui soutint par exemple le plan de réforme de la Sécurité sociale du premier ministre Alain Juppé en 1995. Il y théorise sa conception de l’exercice du pouvoir : « Le discours comme l’action politique ne peuvent plus s’inscrire dans un programme qu’on proposerait au vote et qu’on appliquerait durant les cinq années du mandat (2). » Au politique, il faudrait, selon lui, un horizon plutôt qu’un catalogue de mesures. C’est auprès de piliers de la « deuxième gauche » qu’il trouve l’idéologie donnant sens à son engagement.

    Sous le fouet de la sainte concurrence

    Énarque stagiaire dans l’Oise à l’automne 2002, M. Macron se lie d’amitié avec Henry Hermand. Enrichi dans l’immobilier commercial, l’homme d’affaires (décédé en 2016) a été l’une des figures tutélaires et nourricières d’une gauche chrétienne et « anti » : anticommuniste, anticolonialiste et antijacobine (3). Puis, en 2007, le chef de l’inspection des finances, M. Jean-Pierre Jouyet, débauché par M. Nicolas Sarkozy pour le secrétariat d’État chargé des affaires européennes, présente ce jeune homme prometteur à M. Jacques Attali.

    L’ancien conseiller de François Mitterrand, qui préside la commission pour la libération de la croissance, le nomme rapporteur général adjoint. On discerne en sourdine dans le document final cette volonté de dépasser des clivages ordinaires que le candidat vocifère désormais sur toutes les estrades. « Ceci n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n’est ni partisan ni bipartisan : il est non partisan. » Les « non-partisans » de la commission pourfendent « la rente (...) triomphante : dans les fortunes foncières, dans la collusion des privilégiés, dans le recrutement des élites » (4) et défendent un projet de société fondé sur la concurrence et la déréglementation.

    Ces esprits inspirés ne se contentent pas de recommander la réorientation massive de l’épargne des Français vers les marchés d’actions six mois avant l’effondrement financier de 2008. La mise en concurrence généralisée revient à opposer entre elles des fractions des classes populaires : fonctionnaires et salariés du privé, artisans taxis contre chauffeurs Uber. Une telle vision du monde sied bien à un fringant inspecteur des finances qui, outre le comité de rédaction d’Esprit, qu’il intègre, fréquente des cénacles sociaux-libéraux et partisans de la construction européenne telle qu’elle se fait, comme En temps réel ou les Gracques. Le premier se présente comme un « lieu de rencontre entre acteurs publics et privés soucieux de confronter leurs expériences et analyses, (…) dédié à la construction de puissantes bases intellectuelles d’un agenda réformiste ». Le second proclame que le marché « est le moyen de remettre en cause les situations acquises, les privilèges et les rentes ».

    La rente sociale de M. Macron, elle, reste à l’abri des grands vents de la « modernité ». En 2008, M. Xavier Fontanet, alors président d’Essilor, M. Serge Weinberg, ancien conseiller de M. Laurent Fabius, président du fonds Weinberg Capital Partners, M. Jean-Michel Darrois, avocat d’affaires, et M. Alain Minc — le seul à ne pas avoir été membre de la commission Attali — le recommandent auprès de la banque Rothschild. Son ascension y sera fulgurante, grâce à un marché conclu en 2012 pour le compte de Nestlé, dont le président, M. Peter Brabeck-Letmathe, avait participé à ladite commission.

    M. Attali a présenté M. Macron à M. François Hollande en 2010, lorsque celui-ci ne dirigeait plus le Parti socialiste (PS) et que M. Dominique Strauss-Kahn ou Mme Martine Aubry semblaient assurés de jouer les premiers rôles aux primaires de 2011. Le jeune trentenaire coordonne pour le futur président le travail d’économistes comme Philippe Aghion (encore un membre de la commission Attali). Après la victoire de 2012, M. Attali et M. Jouyet — revenu de son aventure sarkozyste et à nouveau intime de M. Hollande — appuient sa candidature au poste de secrétaire général adjoint de l’Élysée, chargé des questions économiques.

    En 2014, c’est encore M. Jouyet qui, en sa qualité de secrétaire général de l’Élysée, annonce la nomination de son protégé au ministère de l’économie. « C’est quand même exaltant, à cet âge-là, d’avoir en charge l’économie, les entreprises, l’industrie, tout ça, lui explique-t-il au téléphone juste après l’annonce du remaniement. Tu te rends compte, le numérique, tout ce que j’aurais aimé faire ! Je pensais, quand même, à l’inspection des finances, être le maître, maintenant, c’est toi qui vas être le maître (5). » Le nom du jeune prodige sera vite associé à une loi qui promeut le bus plutôt que le train, à l’ouverture dominicale des commerces et au travail de nuit. Il assouplit les règles des licenciements collectifs et hâte la privatisation de la gestion d’aéroports régionaux.

    À ce stade d’une trajectoire de météore, on distingue déjà l’épure d’un style : être introduit dans une institution de pouvoir par un influent pygmalion, n’y passer que le temps nécessaire à la constitution d’un dense réseau de relations, puis recommencer à un poste d’un prestige supérieur. M. Macron ne restera pas plus longtemps à Bercy qu’à l’inspection des finances, chez Rothschild ou au secrétariat de la présidence : moins de trois ans. Quand il lance à 38 ans, en avril 2016, son mouvement En marche !, il mobilise les contacts accumulés à chaque étape de sa carrière.

    À Sciences Po, où il enseigna à sa sortie de l’École nationale d’administration (ENA), M. Macron se lie d’amitié avec M. Laurent Bigorgne. C’est à l’adresse privée de ce dernier qu’il domiciliera En marche ! Fin 2010, M. Bigorgne devient directeur général de l’Institut Montaigne. Du très libéral institut, le candidat débauchera Mme Françoise Holder, codirectrice du groupe du même nom (boulangeries Paul et pâtisseries Ladurée), et recourra un temps aux services de l’agence de communication, Little Wing. Il ne boude pas pour autant les think tanks de l’autre bord politique : il est proche de M. Thierry Pech, ancien cadre de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et directeur général de la fondation Terra Nova, proche du Parti socialiste.

    D’anciens membres de la commission Attali se mettent aussi « en marche ». L’essayiste Erik Orsenna était au premier rang pour le lancement du mouvement à la Mutualité (La Tribune, 31 août 2016). La rapporteuse de la commission, Mme Josseline de Clausade, passée du Conseil d’État à la direction du groupe Casino, M. Jean Kaspar, ancien secrétaire général de la CFDT désormais consultant en stratégies sociales, M. Darrois ainsi que M. Stéphane Boujnah, président d’Euronext, la société qui gère les Bourses d’Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne et Paris, ont fait le déplacement pour le premier grand meeting de campagne, le 10 décembre 2016, à la porte de Versailles. C’est d’ailleurs M. Boujnah, ancien « DSK boy », vice-président d’En temps réel, qui aurait présenté à M. Macron l’homme qui désormais lève des fonds pour sa campagne présidentielle : M. Christian Dargnat. Cet ancien patron de la gestion d’actifs de BNP Paribas et du Crédit agricole a également présidé le comité « Monnaies et système monétaire international » du Medef de 2010 à 2013. Le patron du cabinet de conseil Accenture, M. Pierre Nanterme, autre ancien de la commission Attali et de la direction du Medef — sous la présidence de Mme Laurence Parisot —, a déclaré avoir versé 7 500 euros (le plafond autorisé) à En marche ! (Les Échos, 27 janvier 2017).

    Côté syndical, outre M. Kaspar, la connexion macronienne se nomme Pierre Ferracci. L’homme a transformé le cabinet d’expertise Secafi, proche de la Confédération générale du travail (CGT), en un groupe spécialisé dans le conseil aux syndicats, aux représentants du personnel et aux directions d’entreprise, le groupe Alpha. Son fils Marc et sa belle-fille Sophie occupent une place importante dans la garde rapprochée du candidat. Témoin de mariage du couple Macron, le premier est professeur d’économie, chercheur associé à la chaire « Sécurisation des parcours professionnels » que cofinancent à Sciences Po le groupe Alpha, la société de travail intérimaire Randstad, Pôle emploi et le ministère du travail. Avocate d’affaires, la seconde fut cheffe de cabinet du ministre à Bercy avant d’intégrer son équipe de campagne.

    D’autres anciens membres du cabinet ministériel ont rallié En marche ! Son directeur (6), M. Alexis Kohler, qui a rejoint la direction financière du deuxième armateur mondial, MSC, continue de conseiller M. Macron, quand son adjoint, M. Julien Denormandie, se consacre à temps plein à la campagne. Tous deux sont passés par le cabinet de M. Pierre Moscovici, aujourd’hui commissaire européen.

    Le conseiller chargé de la communication et des affaires stratégiques de M. Macron à Bercy, M. Ismaël Emelien, fait appel à des entreprises spécialisées dans la collecte et l’analyse de données de masse afin de caler l’« offre » politique sur les desiderata des électeurs (Le Monde, 19 décembre 2016). Le porte-parole d’En marche !, M. Benjamin Griveaux, ne faisait pas partie de son cabinet ministériel, mais il cumule les propriétés de ses jeunes membres : surdiplômé — École des hautes études commerciales (HEC) de Paris, Sciences Po —, formé au sein de la droite du PS (auprès de MM. Strauss-Kahn et Moscovici), passé par un cabinet ministériel (celui de Mme Marisol Touraine). En outre, il a exercé des mandats électoraux (à Chalon-sur-Saône et dans le département de Saône-et-Loire), tout comme le secrétaire général d’En marche !, le député et conseiller régional du Finistère Richard Ferrand, ancien directeur général des Mutuelles de Bretagne.

    Héritier de la noblesse d’État
    Ainsi l’homme qui se présente comme neuf, sans passé et sans attache incarne-t-il, tant personnellement que par son entourage, l’héritage cumulé de la noblesse d’État (Bercy), de l’expertise et de la haute finance : le noyau du « système », en somme, que sanctionne son appartenance au club Le Siècle.

    Trente ans après que M. Hollande, M. Jouyet et quelques autres caciques socialistes ont proclamé que « la gauche bouge (7) », la vieille garde et les Jeunes-Turcs de M. Macron rejouent l’éternelle histoire du modernisme : un homme situé au-dessus des partis qui agrège les bonnes volontés, les compétences techniques et les méthodes dernier cri pour piloter le pays. Dès lors, l’essentiel n’est pas d’avoir un programme. C’est de rassembler, de la droite de la gauche (par exemple M. Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, connu pour sa sollicitude envers la hiérarchie catholique) à la gauche de la droite (comme la députée européenne Sylvie Goulard, auteure de l’inénarrable L’Europe pour les nuls).

    C’est surtout de pouvoir compter sur l’appui d’individus influents, tel M. Jean Pisani-Ferry, ancien commissaire général à la stratégie et à la prospective, et sur les nombreux experts qu’il draine dans son sillage. Cet ancien conseiller de M. Strauss-Kahn et de M. Jouyet sait pourtant l’inconvénient d’un tel positionnement. Peu après le « Brexit », il constatait : « Nous sommes les experts, ceux que 52 % des Britanniques détestent » (Le Figaro, 4 juillet 2016). Il faudra à M. Macron beaucoup de charisme pour maintenir l’illusion qu’il appartient à l’autre camp. Lui suffira-t-il de croiser le mythe pompidolien du banquier lettré sachant conduire les affaires avec le fantasme giscardien du jeune homme progressiste ?

    François Denord & Paul Lagneau-Ymonet

    Sociologues. Auteurs de l’ouvrage Le Concert des puissants, Raisons d’agir, Paris, 2016.

    Le Monde diplomatique Mars 2017

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