• BALLAST Franck Lepage : « L’école fabrique des travailleurs adaptables et non des esprits critiques »
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    Ancien directeur du développement culturel à la Fédération française des maisons des jeunes et de la culture, auteur des conférences gesticulées « Inculture(s) 1 — L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu (une autre histoire de la culture) » et « Inculture(s) 2 — Et si on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les pauvres (une autre histoire de l’éducation) », cofondateur de la coopérative d’éducation populaire Le Pavé et de l’association l’Ardeur, militant se refusant artiste, décrit comme un « Desproges bourdieusien¹ », Lepage affirme que « la démocratie ne tombe pas du ciel, elle s’apprend et s’enseigne » et que « pour être durable, elle doit être choisie : il faut donc que chacun puisse y réfléchir ». Il défend qu’il « incombe à la République d’ajouter un volet à l’instruction publique : une éducation politique des jeunes adultes² ». Dans l’une de ses conférences, il explique à travers son propre parcours et ce qu’il appelle « son échec d’ascension sociale » comment le système éducatif français actuel favorise la reproduction des inégalités de classe et comment son regard sur l’éducation a été profondément influencé par ses études à feu l’Université expérimentale de Vincennes, dans les années 1970. Entretien, quelque part en Guadeloupe.

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  • BALLAST Pour un #féminisme socialiste et inclusif
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    Dans ce texte, initialement paru en langue anglaise en 2014, la féministe et sociologue américaine Johanna Brenner retrace la débâcle néolibérale de ces dernières années, et l’impact, aussi profond que délétère, qu’elle eut sur le mouvement féministe mondial. Et en appelle, pour penser de nouvelles #alternatives émancipatrices et sociales (à même de fédérer sur des bases larges et inclusives, c’est-à-dire prenant en compte, en plus du combat de classe, les inégalités liées à l’ethnie ou l’orientation sexuelle), à puiser dans la riche et incontournable tradition féministe socialiste et ouvrière.

    #émancipation

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  • BALLAST Victor Hugo, la grande prose de la #révolte
    http://www.revue-ballast.fr/victor-hugo-la-grande-prose-de-la-revolte
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    Le philosophe et dramaturge Alain Badiou, reconnu, décrié ou parfois craint pour ses positionnements anticapitalistes et communistes, interroge ici Les Misérables de l’illustre Hugo. Que peut nous apprendre ce #roman, paru en 1862, pour notre temps (ce temps, estime le philosophe, de l’homme nihiliste puisqu’il ne croit plus en rien et se contente du monde pour n’avoir pas à le bouleverser) ? En quoi ce #livre est-il porteur de révolte ? Quelles différences entre l’émeute, l’#insurrection, la révolte et la révolution ? La République garantit-elle l’émancipation ? Pourquoi Hugo n’aurait-il jamais pu considérer le « populisme » comme une injure ? Autant de questions que ce texte prend en main.

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  • BALLAST Les chemins oubliés du #socialisme
    http://www.revue-ballast.fr/les-chemins-oublies-du-socialisme
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    Dans le #capitalisme d’aujourd’hui, les actionnaires font porter l’ensemble des risques sur les salariés et, plus globalement, sur les populations. Les lois nationales ne présentent plus de barrières réelles à leur soif d’argent. La fiscalité est inopérante pour les freiner. Les #droits du travail nationaux ne se sont pas adaptés à cette évolution. Les représentants des salariés n’ont comme interlocuteurs que les dirigeants des entreprises, souvent des maillons interchangeables, surpayés pour se soumettre aux injonctions des actionnaires de l’entreprise qu’ils pilotent. En Europe, le processus d’intégration de l’Union européenne accélère ces évolutions en favorisant les échanges internationaux et la #dérèglementation du travail. Les plans d’austérité étendent l’exploitation capitaliste à tous les domaines de la vie. Déjà exclus de la valeur qu’ils créent dans les #entreprises, les salariés sont désormais exclus également de la valeur collective qu’ils ont créée — par la diminution des dépenses publiques et la libéralisation des services publics. Les capitalistes reconfigurent l’organisation des villes et façonnent le temps et l’espace¹. Les peuples d’Europe s’enfoncent dans la misère et dans le découragement. Nul ne sait plus par quel levier changer l’ordre des choses.

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  • BALLAST Vous avez dit Soral ?
    http://www.revue-ballast.fr/vous-avez-dit-soral
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    Le chapitre sur les #femmes vaut aussi son pesant de cacahuètes.
    En tout cas, une vraie somme de travail d’égoutiers pour ceux qui ont dû se taper sa vie et son œuvre pour décortiquer le personnage et son #idéologie de merde.

    Soral possède néanmoins trois pirouettes en la matière : la première, revendiquer les écrivains juifs qu’il affectionne (Marx, Goldmann, etc.) ; la seconde, mettre en avant, selon la logique bien connue, ses « amis » juifs (ils sont deux : Jacob Cohen et le musicien Gilad Atzmon — ce dernier a même été désavoué publiquement, du fait de ses « arguments racistes », par un collectif de penseurs palestiniens22...) ; la troisième, répéter qu’il n’est pas antisémite mais judéophobe ou judéocritique (autrement dit : qu’il cible « l’idéologie juive », comme système de pensée, et jamais les êtres en tant que personnes de chair et d’os), et, surtout, qu’il ne s’en prend jamais à ceux qu’il nomme les « Juifs sur les bords » ou « Juifs du quotidien ». La défense s’écroule pourtant dès l’instant où il déclare, en juin 2014 : « On a vu le petit Elkabbach – là, c’est mon analyse un peu plus racialo-communautaire –, qui est le petit sémite séfarade, se soumettre finalement comme une femme à quelqu’un [Poutine] qui représente encore, je dirais, la virilité aryenne, d’une certaine manière - même si elle est slave. Et ça, c’est la juste hiérarchie traditionnelle, vous voyez. Quand Poutine ouvre sa gueule, un Elkabbach la ferme. Et c’est comme ça que doit se concevoir un monde qui fonctionne bien23. » Jean-Pierre Elkabbach est très clairement attaqué en tant qu’individu membre d’une communauté ethnique déterminée. Autre exemple : un journaliste interroge Soral et lui demande ce qu’il juge obscène, en matière de littérature. Sans étonnement, Soral embraie sitôt, le visage traversé de successives moues écœurées : « J’ai ressenti un vif dégoût en lisant des pages plus ou moins autobiographiques de... ce n’est pas un hasard... Albert Cohen. Le type qui a écrit Belle du Seigneur et Mangeclous. Ça, ça me répugne. Il y a ce côté... je ne vais pas dire le mot pour ne pas m’attirer d’ennuis, mais ce côté complaisant, mis en scène, y’a du Elie Wiesel chez Albert Cohen. C’est pas un hasard. Ça m’insupporte. Moi je suis un goy du Nord, il y a le côté on se tourne pour pleurer, on pleure jamais face à la caméra. Sinon tout le reste c’est la famille, c’est Claude Lelouch, Boujenah, ça sent l’huile quoi... […] J’ai d’ailleurs ressenti cette gêne sans jamais identifier qu’il y avait une origine ethnico-culturelle là-dedans. J’ai toujours détesté les films de Woody Allen, qui sont incroyablement narcissiques et complaisants, et médiocres. Ça m’a toujours insupporté. Même les films des frères Cohen. […] Pleurer face à la caméra pour tirer les larmes du goys et lui faire les poches. C’est une évidence, on le voit. Mangeclous et Belle du Seigneur, c’est insupportable. En plus d’énormes pavés, comme ça, c’est gras, c’est gras. C’est une culture, quoi. Quand on aime ça... Aujourd’hui on est submergé par cette merde. […] Mon monde à moi, qui est le monde de la pudeur du Nord, de la pudeur héléno-chrétienne, de la retenue, de l’émotion subtile, etc., a été dévasté par la vulgarité séfarade, il faut le dire, judéo-méditerranéenne. C’est une souffrance terrible pour nous24. » Le sionisme n’a, ici, strictement rien à faire. Pas plus que la critique de l’Ancien Testament ou de la métaphysique juive. Seulement le #racisme crasse.

    #confusionisme #antisémitisme #politique #analyse #fascisme

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  • BALLAST Philippe Marlière : « La République est un consensus mou »
    http://www.revue-ballast.fr/philippe-marliere-la-republique-est-un-consensus-mou
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    Dans les sociétés démocratiques – d’un point de vue culturel et cultuel – un État peut-il imposer à ses citoyens des normes de conduite et exiger d’eux qu’ils se conforment aux « valeurs » essentielles de la France ? C’est une question fondamentale sur le plan des libertés publiques. Je réponds sans équivoque négativement à cette question : un État démocratique doit traiter ses citoyens comme des sujets autonomes et responsables. Il doit donc se tenir à l’écart de leur choix de vie. C’est un principe démocratique essentiel, quelle que soit d’ailleurs la nature du régime (une république ou une monarchie constitutionnelle). J’aborde de front, sans plus tarder, la question du #hijab (le foulard musulman) dans les établissements scolaires, ou celle du port de la burqa (le voile intégral) dans les espaces publics. Au nom du principe de non-domination, du respect des choix de vie de chacun et de l’autonomie individuelle, l’État n’a ni à les interdire, ni à légiférer sur ces questions. En votant les lois de 2004 et de 2010, le législateur est devenu un acteur partisan, voire liberticide. Son rôle est de préserver la #liberté et l’autonomie de tous, dans le cadre de la #loi. Que l’on ne m’accuse pas de promouvoir une laïcité « positive » ou « ouverte » (en sous-entendant que mon interprétation de la #laïcité serait erronée ou laxiste). Cette qualification est hors-sujet et, bien sûr, mal intentionnée car elle veut disqualifier toute personne qui pose, comme je viens de le faire, le principe de la #neutralité de l’État vis-à-vis de tous. S’il faut distinguer entre deux interprétations idéal-types de la #laïcité en France aujourd’hui, j’opposerai une laïcité communautarienne à une laïcité pluraliste.

    #démocratie

    http://seenthis.net/messages/376859 via Agnès Maillard