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  • En Turquie, anatomie d’une purge

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/02/13/en-turquie-anatomie-d-une-purge_5255858_3214.html

    Accusé d’appartenir au réseau du prédicateur Fethullah Gülen, le cerveau du putsch, selon les autorités turques, le policier Kürsat Cevik comparaît mardi 13 février. Son épouse, franco-irlandaise, se bat depuis la France pour prouver son innocence.

    http://img.lemde.fr/2018/02/13/448/0/4969/2482/644/322/60/0/3516ad8_10847-127hw77.netn.jpg

    La vie sans nuage d’Elaine Ryan, mère de famille franco-irlandaise de 37 ans, s’est assombrie après le putsch raté du 15 juillet 2016, lorsque son mari turc, Kürsat Cevik, commissaire de police, a été arrêté avec une quinzaine de ses collègues.

    Accusé d’appartenir à « une organisation terroriste armée » (le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, le cerveau du putsch, selon les autorités turques), Kürsat Cevik a été incarcéré à la prison de Sanliurfa, non loin de la frontière syrienne, où il partage une cellule prévue pour dix avec vingt-quatre autres prisonniers. La dernière audience de son procès aura lieu mardi 13 février.

    Elaine ne sera pas présente, « l’ambassade de France me l’a déconseillé ». Rentrée en France avec leurs deux enfants en bas âge, elle a très peu de contacts avec son conjoint. Pas de correspondance, c’est interdit. Ils se parlent dix minutes chaque quinze jours par téléphone.

    Comme la plupart des 50 000 personnes arrêtées depuis le coup d’Etat manqué, l’officier de police est accusé d’avoir chargé sur son portable l’application mobile ByLock, décrite par Ankara comme l’outil de communication des conjurés du 15 juillet, ce qu’il nie.

    La justice maintient l’accusation alors qu’« en dix-huit mois d’instruction, le procureur n’a pas pu apporter une seule preuve allant dans ce sens », déplore Elaine, qui se bat depuis la France pour prouver l’innocence de son époux.

    « En deux ans, il a été muté sept fois »

    Avoir l’application sur un téléphone suffit-elle à faire de son détenteur un putschiste ? Tous les doutes sont permis, surtout depuis que le parquet d’Ankara a reconnu, le 27 décembre 2017, que ByLock pouvait être installée sur un smartphone à l’insu de son propriétaire. C’est le cas pour 11 480 téléphones portables, reconnaît le parquet.

    Par ailleurs, ByLock est une preuve seulement « s’il est établi techniquement et de façon irréfutable que la communication a eu lieu dans le cadre de l’organisation [le mouvement Gülen] », a statué la Cour suprême en juin 2017. Débordés, soumis aux pressions politiques, les tribunaux n’en tiennent pas compte. Les dossiers d’accusation sont tous bâtis sur le même modèle.

    « Dans ce genre d’affaires, les procès-verbaux d’interrogatoires comportent sept questions-type systématiquement posées à l’accusé », explique une avocate soucieuse d’anonymat. Avoir eu ByLock sur son téléphone portable, un compte à la banque Asya, des enfants scolarisés dans les écoles du réseau Gülen, une bourse d’études pour une université étrangère, sont autant d’éléments à charge.

    La bourse d’études obtenue en 2008 par Kürsat Cevik, officier de police bien noté qui mena à bien une thèse de doctorat à l’université de Nottingham en Grande-Bretagne, est une tache noire dans son dossier. Proposées alors de façon tout à fait légale aux policiers, ces bourses, constatent aujourd’hui les juges, étaient « monopolisées par les membres du FETÖ », selon l’acronyme utilisé par les autorités pour désigner le mouvement gülen.

    « Les purges ont visé essentiellement des personnes éduquées qui, pour la plupart, avaient fait des études dans des universités étrangères. Les collègues de mon mari les plus diplômés sont aujourd’hui derrière les barreaux », assure Elaine. Avant de partir à l’étranger, l’officier travaillait à direction pour la lutte contre le crime organisé (KOM) à Ankara mais à son retour en Turquie, il en a été écarté.

    Cette direction était notoirement l’une des plus noyautées par le mouvement Gülen. Réelle, l’infiltration des organes de police et de justice par le mouvement a eu lieu avec le plein aval du gouvernement islamo-conservateur. Recep Tayyip Erdogan, alors premier ministre, et Fethullah Gülen, l’imam turc installé en Pennsylvanie (Etats-Unis), furent longtemps les meilleurs associés avant de devenir les pires ennemis. En 2013, leur alliance vole en éclats.

    C’est à ce moment-là que Kürsat Cevik rentre au pays. « Les purges ont commencé. En deux ans, il a été muté sept fois », raconte Elaine, certaine que son mari n’a jamais été güleniste.

    Un verdict inversé après un tweet du gouvernement

    Elle a frappé à toutes les portes, en vain. « Les avocats qui acceptent de défendre des accusés gülenistes demandent des honoraires exorbitants. J’ai tenté d’en trouver par le biais d’ONG, mais je n’ai reçu aucun soutien car mon mari est officier de police, et, en Turquie, les ONG se consacrent à la défense des militants des droits de l’homme et à celle des Kurdes. »

    En avril 2017, le groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unies (WGAD) a qualifié le cas de son mari d’« arbitraire ». Ankara est restée sourde à cette exhortation.

    « En représailles, les médias pro-gouvernementaux ont accusé Kürsat d’être un espion français. »
    Vers qui se tourner ? La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui a vu les requêtes venues de Turquie augmenter de 276 % en 2016, a déclaré irrecevables les dossiers liés à l’état d’urgence imposé après le putsch raté. Le requérant doit d’abord épuiser les voies de recours internes. La Cour constitutionnelle turque en est une, ou plutôt elle l’était avant le 4 février.

    Ce jour-là, ses juges ont ordonné le maintien en prison des journalistes Mehmet Altan (66 ans) et Sahin Alpay (73 ans), en détention provisoire depuis 2016. Le 11 janvier, les mêmes juges s’étaient prononcés pour leur remise en liberté. Il aura suffi d’un tweet de Bekir Bozdag, le porte-parole du gouvernement, dénonçant « un mauvais verdict », de la part d’une Cour ayant « outrepassé ses pouvoirs législatifs et constitutionnels », pour que la décision soit inversée dans le sens voulu par le pouvoir politique.

    https://seenthis.net/messages/668745 via enuncombatdouteux


  • Pour Macron, les évolutions récentes de la Turquie ne « permettent aucune avancée » dans ses relations avec l’UE
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/01/05/pour-macron-les-evolutions-recentes-de-la-turquie-ne-permettent-aucune-avanc
    http://img.lemde.fr/2018/01/05/138/0/3500/1750/644/322/60/0/4c81796_PAR09_FRANCE-TURKEY-_0105_11.JPG

    Le président français a notamment évoqué des visions différentes sur le respect des libertés individuelles et a appelé la Turquie au « respect de l’Etat de droit ».


  • Israël lance un programme d’expulsion de dizaines de milliers de migrants
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/01/03/israel-lance-un-programme-d-expulsion-de-dizaines-de-milliers-de-migrants_52
    http://s1.lemde.fr/image/2018/01/03/644x322/5237178_3_2de8_selon-les-chiffres-du-ministere-de_c0c9152f55cf7a628e4292ee9f110fcc.jpg

    L’objectif est clairement affiché, il faut les « faire partir », a annoncé le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Israël a annoncé, mercredi 3 janvier, le lancement d’un programme destiné à imposer à près de 40 000 migrants en situation irrégulière de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération. Ceux-ci ont jusqu’à la fin mars pour quitter Israël, faute de quoi ils seront emprisonnés pour une durée indéterminée.


  • L’Europe déclenche une procédure sans précédent contre le gouvernement polonais
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/20/l-europe-declenche-une-procedure-sans-precedent-contre-le-gouvernement-polon
    http://img.lemde.fr/2017/12/14/0/0/3336/1666/644/322/60/0/8f59734_45e183bec17c467681c83b033204c68b-45e183bec17c467681c83b033204c68b-0.jpg

    L’Europe déclenche une procédure sans précédent contre le gouvernement polonais

    La Commission européenne a déclenché, mercredi, l’article 7 du traité de l’UE, encore jamais utilisé, estimant qu’« il y a un risque clair d’une violation grave de l’Etat de droit en Pologne ».



  • Corbyn, la renaissance surprise du Labour

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/08/11/corbyn-la-renaissance-surprise-du-labour_5171230_3214.html

    Depuis les législatives du 8 juin, le dirigeant du Parti travailliste triomphe, prêt à remplacer la première ministre, Theresa May.

    http://s1.lemde.fr/image/2017/08/11/644x322/5171225_3_f26b_silhouette-de-jeremy-corbyn-chef-de_cf60284be8f41d7d62d7d943d9269398.jpg

    Jeremy Corbyn est prêt. Prêt à négocier le Brexit, prêt à former un gouvernement. Bref, prêt à remplacer Theresa May à Downing Street. Pour la gauche britannique, qui avait fait son deuil d’un retour au pouvoir dans un avenir prévisible, les législatives du 8 juin ont sonné comme une divine surprise et pris des airs de triomphe.

    « Dans six mois, je serai premier ministre », a confié le chef du Labour à Michael Eavis, le directeur du festival de Glastonbury, grand rendez-vous estival de la scène alternative. Le 24 juin, un discours du vieux dirigeant y a attiré plus de jeunes branchés que le groupe Radiohead, la veille. « Oh, Jer-e-my Cor-byn », scandé au rythme du tube américain Seven Nation Army des White Stripes, en est devenu l’hymne.

    Sur les colliers, les T-shirts, les posters et les sculptures de sable, « Jeremy », 68 ans, était partout. Dirigé par une Theresa May en sursis, le pays prend désormais très au sérieux la possibilité que l’ancien permanent syndical, longtemps présenté comme un loser, se voie confier les clés du « number ten », le siège du gouvernement.

    Corbynmania ?

    D’ailleurs, l’intéressé reprendra sa tournée des circonscriptions dès la mi-août, prévoyant – et souhaitant – de nouvelles élections que les travaillistes pourraient gagner, selon les sondages. Pas un média qui ne s’interroge sur la Corbynmania, pas un politologue qui ne disserte sur la renaissance surprise du Labour.

    L’obscur député de Finsbury Park (nord de Londres), élu de l’aile gauche du parti depuis trois décennies, revient de loin. Voilà tout juste un an, au lendemain de la victoire du Brexit au référendum, les trois quarts des députés de son propre parti avaient voté une motion de défiance à son encontre, l’accusant d’avoir traîné les pieds pour défendre la ligne proeuropéenne du parti. Mais les adhérents de base, qui l’avaient élu une première fois à la surprise générale en septembre 2015, l’ont conforté.

    Partisan d’un grand retour de l’Etat pour lutter contre les inégalités, anti-establishment et sceptique sur l’Europe, sympathisant du Venezuela chaviste, Jeremy Corbyn évoque aujourd’hui une sorte de Jean-Luc Mélenchon britannique. A deux différences de taille près : il a été plébiscité à la tête du Parti travailliste, et se trouve aujourd’hui en position d’accéder au pouvoir.

    Car son programme, qui tourne résolument le dos au néolibéralisme du « New Labour » de Tony Blair, a drainé un nombre spectaculaire d’électeurs. Crédité de 28 % des voix au début de la campagne des législatives, en avril, le Labour de Corbyn en a rassemblé 40 % le 8 juin. Le meilleur résultat depuis M. Blair et la plus forte remontée d’une élection à l’autre depuis… Clement Attlee en 1945.

    Un programme centré sur les principaux problèmes sociaux

    L’un des partis progressistes les plus en difficulté d’Europe est devenu en quelques semaines l’un des espoirs de la gauche. La cote de popularité de son dirigeant, catastrophique à l’été 2016 (16 % contre 52 % à Theresa May), vient de dépasser celle de la première ministre (44 % contre 34 %) qui a perdu la majorité absolue au Parlement.

    « Avec Jeremy, quelque chose de vraiment nouveau est possible, pour une fois. Il est humain, proche des gens ordinaires. Ce n’est pas seulement un homme politique, c’est l’un d’entre nous », résume Louise Emmins, 37 ans, pour qui Jeremy Corbyn symbolise un double espoir : le maintien des allocations sociales pour son mari handicapé et la fin des études supérieures payantes pour leur fils. « Il est authentique, sage, constant. Il parle aux gens, pas à la presse, et donne envie de s’engager en politique », dit Wisam Wahab, un étudiant de 17 ans rencontré lui aussi lors d’un meeting.

    Les réunions de Jeremy Corbyn mêlent toujours deux publics : de vieux électeurs du Labour qui votaient en se bouchant le nez – ou ne votaient plus du tout – pendant les années Tony Blair, Gordon Brown et Ed Miliband, et des jeunes attirés par ce qu’ils perçoivent comme un programme résolument neuf : renationalisation des chemins de fer, fin de l’austérité avec relance des services publics et construction de logements sociaux financées par une hausse de l’impôt sur les sociétés, interdiction des « contrats de travail à zéro heure » sans salaire garanti.

    « For the many not for the few » (« pour le plus grand nombre, pas pour quelques-uns ») : ce slogan est la clé de voûte d’un programme centré sur les principaux problèmes sociaux – la précarité du travail, l’inaccessibilité des logements, le coût et l’inefficacité des transports, l’engorgement des hôpitaux et des écoles.

    « Il représente le changement »

    A l’instar de Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de La France insoumise, ou de Bernie Sanders, le rival d’Hillary Clinton lors des primaires du camp démocrate américain, le vieux militant a trouvé le ton pour séduire en même temps les jeunes et les classes éduquées sans trop s’aliéner les électeurs des milieux populaires.

    Jeremy Corbyn « a réussi à rassembler les principales forces disponibles : le radicalisme anticapitaliste des jeunes, le culte bourgeois de l’authenticité et l’expression la plus crue des intérêts individuels », analyse John Gray, chroniqueur au New Statesman, un hebdomadaire de gauche. « Il représente le changement et pour bon nombre d’électeurs, cela suffit, quelle que soit la nature du changement », rétorque avec dépit Rod Liddle dans The Spectator, publication symétrique à droite qui compare son « populisme » à celui de Donald Trump.

    Les promesses de M. Corbyn, jugées impossibles à financer et démagogiques par les conservateurs, ont fait mouche, de même que son ambiguïté à propos du Brexit. Sachant que trois députés du Labour sur quatre sont élus dans des circonscriptions ayant voté pour la sortie de l’Union européenne en dépit de la consigne du parti, Jeremy Corbyn évite le plus possible d’aborder cet – énorme – sujet qui divise ses partisans. Stratégie gagnante : peu de « leavers » (pro-Brexit) travaillistes ont voté pour les europhobes du parti UKIP, et peu des « remainers » (pro-UE) ont fait défection en faveur des libéraux démocrates (LibDem) proeuropéens.

    Pour l’heure, le chef du Labour, longtemps objet du souverain mépris de Mme May, est en position de force. Les médias, où il se montre désormais très à l’aise, ont cessé de le snober. Dans le Financial Times, il évoque ses lectures de vacances, un essai sur Shelley, poète romantique aux idées révolutionnaires, son amour pour le vélo et pour son chat.

    Sur le Brexit, l’idole des jeunes joue l’ambivalence

    Augmentation du salaire des fonctionnaires, dénonciation de la dérégulation après l’incendie de la Grenfell Tower (au moins 79 morts à Londres le 14 juin), remise en cause des droits d’inscription universitaires… L’ex-outsider dicte désormais l’agenda politique à des Tories tétanisés. Theresa May lui doit probablement d’être maintenue pour l’instant au pouvoir : son éviction pourrait déboucher sur de nouvelles élections et un échec cuisant au profit du parti de M. Corbyn.

    Mais l’ambivalence de ce dernier sur le Brexit masque de moins en moins les fractures béantes du Labour sur le sujet. Comme Theresa May, le leader de gauche défend bec et ongles le Brexit et la sortie du marché unique européen, tout en promettant de négocier avec les Vingt-Sept pour obtenir le maintien du libre accès après la sortie de l’UE. Les élus Labour qui dénoncent le caractère irréaliste et démagogique de cette position sont mis à l’écart ou tancés par ses soins. Or, 66 % des adhérents du Labour sont favorables au maintien dans le marché unique.

    « Corbyn a passé sa vie à répéter que l’Europe était une partie du problème et non de la solution. Il voit le Brexit comme une chance de mettre en œuvre son programme socialiste radical de nationalisations, de retour des aides de l’Etat et de commerce administré », observe le journaliste Larry Elliott dans The Guardian.

    Bien des jeunes, furieux contre le Brexit, se sont mobilisés pour le Labour cette année, attirés aussi par sa promesse d’un retour à la gratuité de l’enseignement supérieur. Jeremy Corbyn leur doit en partie son extraordinaire remontée électorale. Que se passera-t-il lorsque, l’épreuve de vérité des négociations de Bruxelles aidant, le quiproquo sera levé et qu’ils s’apercevront que leur idole, par idéologie, s’accommode tout à fait du Brexit ?

    https://seenthis.net/messages/621693 via enuncombatdouteux



  • 547 enfants victimes d’abus dans un chœur catholique en Allemagne
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/07/18/allemagne-547-enfants-victimes-d-abus-dans-le-ch-ur-catholique-de-ratisbonne

    Au moins 547 enfants du célèbre chœur des Regensburger Domspatzen (« les moineaux de la cathédrale de Ratisbonne ») ont été victimes de maltraitances, dont des viols, commis entre 1945 et le début des années 1990, selon un rapport d’enquête dévoilé mardi.

    Ces centaines d’enfants ont été victimes de maltraitances physiques et soixante-sept ont fait l’objet d’agressions sexuelles, dont des viols, a indiqué un avocat chargé par l’Eglise de faire la lumière sur cette affaire qui a éclaté en 2010, Ulrich Weber. Ces chiffres sont largement supérieurs à ceux publiés en janvier 2016, lorsqu’un rapport intermédiaire avait évoqué 231 victimes. En février 2015, les autorités catholiques locales n’en avaient reconnu que soixante-douze.

    Les faits couvrent des délits et crimes allant de la privation de nourriture au viol en passant par des coups ou des agressions sexuelles. La plupart des cas sont toutefois prescrits et les quarante-neuf auteurs présumés des violences identifiés dans le rapport ne devraient donc pas être poursuivis. Chacune des victimes devrait recevoir en revanche jusqu’à 20 000 euros d’indemnisation, soit près de 11 millions d’euros.
    « Système de punitions sadiques »

    Les victimes ont décrit leur passage dans ce chœur millénaire et mondialement connu comme « une prison, un enfer et un camp de concentration », « le pire moment de leur vie, marqué par la peur, la violence et la détresse », a déclaré M. Weber.

    L’affaire porte notamment sur des maltraitances qui se seraient produites alors que le frère de l’ancien pape Benoît XVI, Georg Ratzinger, dirigeait ce chœur de petits chanteurs, entre 1964 et 1994. Mgr Georg Ratzinger, aujourd’hui âgé de 93 ans, a assuré n’avoir pas eu connaissance d’abus sexuels au sein de cette chorale fondée au Moyen Age, en 975.

    Selon M. Weber, le frère de l’ancien pape savait et aurait au contraire « détourné les yeux » : la « culture du silence » régnait au sein du chœur où la protection de l’institution a semble-t-il primé, selon l’avocat. En 2010, un ancien membre de la chorale, le chef d’orchestre et compositeur allemand Franz Wittenbrink, avait témoigné au magazine allemand Der Spiegel de la violence dont était capable Georg Ratzinger, évoquant plus largement un « système de punitions sadiques relié au plaisir sexuel ».

    #viol #enfance #catholicisme #pédocriminalité #chorale #domination_masculine #violence_masculine #violence_sexuelle #enfance

    Vu que les cathos sont financés par les impôts en Allemagne, cette affaire devrait vidé un peu les vastes poches de ce club violophile.

    https://seenthis.net/messages/615874 via mad meg



  • La France épinglée par la CEDH pour fichage abusif
    (#empreintes_génétiques)
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/06/22/la-france-epinglee-par-la-cedh-pour-fichage-abusif_5149476_3214.html

    La Cour européenne des droits de l’homme a condamné, jeudi 22 juin, la France pour atteinte « disproportionnée » à la vie privée à propos de l’inscription d’un syndicaliste dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (#Fnaeg) qui recense les auteurs d’infraction.

    Jean-Michel Aycaguer, un agriculteur d’Ossès (Pyrénées Atlantiques), contestait sa condamnation à 500 euros d’amende pour avoir refusé d’y figurer après une première condamnation à deux mois de prison avec sursis, consécutive à une bousculade avec des gendarmes. « La condamnation pénale du requérant (...) s’analyse en une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et ne peut passer pour nécessaire dans une société démocratique », affirme la juridiction du Conseil de l’Europe.

    La Cour de Strasbourg ne conteste pas l’existence du Fnaeg mais le fait que la loi ne fasse « aucune différenciation en fonction de la nature et de la gravité de l’infraction commise ». Elle estime que le régime actuel de conservation des profils ADN « n’offre pas, en raison tant de sa durée (quarante ans après une condamnation) que de l’absence de possibilité d’effacement, une protection suffisante à l’intéressé » auquel elle alloue 3 000 euros pour dommage moral.

    Le fichier Fnaeg, créé en 1998, conserve les empreintes génétiques des personnes condamnées ou « mises en cause » dans la plupart des crimes et délits relatifs aux atteintes aux biens et aux personnes, du crime contre l’humanité aux simples violences, en passant par le trafic de drogue et le proxénétisme. Il contenait la trace de 2,5 millions d’individus au 1er septembre 2013, selon la Commission nationale informatique et libertés (CNIL). Les personnes susceptibles d’y être inscrites doivent avoir été « déclarées coupables de l’une des infractions » mentionnées à l’article 706-55 du code pénal.

    L’arrêt de la Cour européenne, qui a été rendu à l’unanimité des juges, est susceptible d’appel. Il suppose, pour être exécuté, une modification de la loi, soit par une définition plus différenciée des infractions concernées, soit en supprimant l’automaticité de l’inscription pour laisser les juges en décider.

    C’est la première fois que la Cour européenne statue sur le sujet du Fnaeg. Des faucheurs d’OGM qui l’avaient contesté ont été déboutés, en janvier 2012, pour n’avoir pas respecté les règles de procédure. De même, une requête introduite par des syndicalistes corses de la Société nationale Corse Méditerranée a-t-elle été déclarée irrecevable jeudi pour non-épuisement des voies de recours.

    Pour mémoire, la #CEDH c’est le Conseil de l’Europe, pas l’Union européenne…

    https://seenthis.net/messages/609195 via Simplicissimus


  • L’encyclopédie en ligne Wikipédia inaccessible en Turquie
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/04/29/l-encyclopedie-en-ligne-wikipedia-inaccessible-en-turquie_5119970_3214.html

    http://img.lemde.fr/2008/11/18/77/0/600/300/1200/0/0/0/ill_1120196_ill_684859_wiki.jpg

    L’organisme de surveillance en ligne Turkey Blocks a relevé samedi 29 avril que l’accès à l’encyclopédie en ligne Wikipédia avait été coupé dès 8 heures du matin, heure locale. Selon l’Agence France-Presse, seule l’utlisation d’un accès VPN (réseau privé virtuel) permettait aux habitants d’Istanbul d’accéder au site samedi matin.

    #Turquie #censure #Internet #Wikipedia

    https://seenthis.net/messages/594260 via Aris


  • L’Allemagne teste le revenu universel... par tirage au sort
    https://reporterre.net/L-Allemagne-teste-le-revenu-universel-par-tirage-au-sort

    À l’initiative d’un chef d’entreprise, près de 80 Allemands tirés au sort bénéficient ou ont bénéficié depuis 2014 d’un revenu mensuel de 1.000 euros sans condition. Ce dispositif, financé par la société civile, connaît des retours positifs. Berlin (Allemagne), correspondance Depuis fin janvier 2017, Jerry Sehgal reçoit 1.000 euros chaque mois, sans condition. L’apprenti menuisier de 23 ans a participé à une loterie un peu particulière, où les gagnants font l’expérience du revenu universel pendant un an. « (...)

    #Alternative

    / #Economie

    « https://www.mein-grundeinkommen.de »
    « http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/01/01/la-finlande-commence-a-experimenter-le-revenu-universel_5056148_3214.html »
    « https://www.buendnis-grundeinkommen.de »



  • Les députés néerlandais légalisent la culture du cannabis

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/02/22/les-deputes-neerlandais-legalisent-la-culture-du-cannabis_5083774_3214.html

    Le texte, approuvé à une courte majorité, représente un tournant dans la politique à l’égard des drogues douces pratiquée par les Pays-Bas depuis 1976.

    http://s2.lemde.fr/image/2017/02/22/534x0/5083773_6_09da_le-secretaire-d-etat-neerlandais-a_5983e03f670068af50827b13431ecbd7.jpg
    Le secrétaire d’Etat néerlandais à l’économie, Martijn van Dam, assiste à une démonstration de drone qui détecte les maladies des plants de cannabis, à Bleiswijk

    Selon les dispositions adoptées par les députés, la production restera en fait interdite mais si elle est contrôlée par les pouvoirs publics et soumise à l’impôt, elle ne fera plus l’objet de poursuites. Les cultivateurs devront obtenir une autorisation du ministère de la santé et soumettre leurs produits à des enquêtes de qualité. Les coffee-shops ne pourraient plus acheter des produits qu’aux personnes officiellement agréées, qui leur livreraient des paquets préemballés de 5 grammes.

    https://seenthis.net/messages/572816 via enuncombatdouteux


  • En Ukraine, « les protagonistes ont les moyens de faire respecter la trêve »
    LE MONDE | 13.10.2016 à 17h23 • Mis à jour le 13.10.2016 à 18h02 |
    Alexander Hug, le chef adjoint des observateurs de l’OSCE, décrit la fragilité du cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine et les limites de sa mission sur le terrain.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/13/en-ukraine-les-protagonistes-ont-les-moyens-de-faire-respecter-la-treve_5013
    http://s1.lemde.fr/image/2016/10/13/644x322/5013269_3_87b6_alexander-hug-chef-adjoint-principal-de-la_0440b1cc29aae0fd485fa9b7448a946d.jpg

    *

    Etes-vous en mesure de déterminer quel camp est responsable de la majorité des violations du cessez-le-feu ?*

    Ce n’est pas réellement notre travail. Lorsque la provenance d’un tir est claire, nous le mentionnons explicitement dans nos rapports quotidiens, mais notre rôle n’est pas d’accuser les uns ou les autres. C’est au Joint Center for Control and Coordination [une structure installée sur le territoire ukrainien et regroupant des officiers ukrainiens et russes] qu’il revient d’enquêter sur les violations que nous constatons et d’obtenir que le cessez-le-feu tienne. Mais comment déterminer qui a commencé ? Un tir d’artillerie enregistré par une de nos patrouilles peut être une réponse à un tir survenu plus tôt, quand notre équipe n’était pas sur les lieux, ou en un autre point du front, ou encore à une incursion de l’autre côté de la ligne de démarcation. C’est une tâche plus facile quand il y a une violation que quand il y en a plusieurs centaines...



  • Bruxelles détaille ses griefs contre Apple et l’Irlande
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/12/20/le-dialogue-de-sourds-persiste-entre-apple-l-irlande-et-bruxelles_5051496_32

    Dublin et la firme américaine réfutent les arguments de la Commission européenne sur l’optimisation fiscale. La Commission européenne a détaillé, lundi 19 décembre, une partie des enquêtes – jusqu’alors, en grande partie, confidentielles – qu’elle a menées durant deux ans sur les avantages fiscaux indus – assimilables, selon elle, à des aides d’Etat –, accordés par l’Irlande au groupe américain Apple. En août, Bruxelles enjoignait à Dublin de réclamer le montant record de 13 milliards d’euros à la société de (...)

    #Apple #optimisation_fiscale

    https://seenthis.net/messages/553589 via etraces


  • L’Allemagne accuse la Russie de cyberattaques
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/11/29/l-allemagne-accuse-la-russie-de-cyberattaques_5040241_3214.html

    Berlin voit dans la multiplication de récents piratages informatiques la volonté de Moscou de perturber le jeu politique à moins d’un an des législatives allemandes A moins d’un an des élections législatives, l’Allemagne redoute une multiplication de piratages informatiques notamment en provenance de Russie pour perturber le jeu politique. « L’Europe est au centre de ces tentatives de déstabilisation et l’Allemagne tout particulièrement », a estimé, mardi 29 novembre, le directeur du renseignement (...)

    #Mirai #hacking #Deutsche_Telekom

    https://seenthis.net/messages/546664 via etraces


  • Royaume-Uni : machines à cash, machines à drames

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/11/24/machines-a-cash-machines-a-drames_5036892_3214.html

    La dernière génération de machines à sous, les « FOBT », qui prolifèrent dans les quartiers populaires britanniques, suscite une dangereuse addiction.

    http://s1.lemde.fr/image/2016/11/24/644x322/5036891_3_79dd_terminaux-de-pari-fobt-en-grande-bretagne_3fce7511ebae34d70054f9ab6a2b534c.jpg

    La déchéance de Darren Farr, patron d’un magasin de dépôt-vente Cash Converters Grimsby, port de pêche en déclin du Lincolnshire (nord de l’Angleterre), n’a fait l’objet que de quelques lignes dans le Grimsby Telegraph, le 12 novembre.

    Ce jour-là, les lecteurs de la rubrique judiciaire du quotidien apprenaient la condamnation du quadragénaire à seize mois de prison avec sursis pour avoir soustrait un total de 23 000 livres (27 000 euros) à son employeur sur deux ans pour financer sa passion des paris dont il était devenu dépendant. Un héritage de 10 000 livres y était aussi passé.

    « Cet homme a tout perdu. Il s’est mis dans tout un tas de difficultés financières mais aujourd’hui, il est sincèrement repentant », a plaidé son avocat, assurant que son client avait commencé à rembourser ses dettes, avait cessé de visiter les officines de pari et fréquentait assidûment les séances de désintoxication des « parieurs anonymes ».

    Darren Farr ne s’en est pas si mal tiré. Les médias britanniques relatent régulièrement les drames de couples qui explosent, de salariés perdant leur emploi, voire de suicides liés à l’addiction à la dernière génération de machines à sous, les « FOBT« (« Fixed-Odds Betting Terminals » pour « terminaux de paris à cotes fixes »). Clinquantes et clignotantes, elles proposent une série de jeux de hasard sur écran – dont la roulette, le loto ou la course de chevaux –, que le client peut enchaîner à un rythme effréné : toutes les vingt secondes.

    Pertes très vite abyssales

    Alors que les mises sont limitées à 2 livres sur les bandits manchots classiques, les fentes à billets de banque des FOBT avalent toutes les coupures jusqu’à 100 livres. A raison de 100 « quids » (livres) chaque vingt secondes, ce sont l’équivalent de 350 euros qui peuvent partir en fumée chaque minute.

    Mais le secret ultime de ces machines infernales se cache dans le taux élevé de chance de gain pour lequel elles sont programmées : 97,3 %. Cette particularité est la source de l’addiction. Les mises sont si élevées et les parties si rapidement enchaînées que les pertes peuvent être très vite abyssales. Sans cesse, la machine vous bombarde d’informations destinées à vous donner l’espoir de gains futurs, comme les numéros qui sont déjà sortis, comme s’ils avaient la moindre influence sur les tirages suivants.

    D’ailleurs la machine est techniquement imbattable, même sur de très longues parties. Chacune des 33 000 FOBT rapporte en moyenne 1 000 livres de bénéfice par semaine au secteur des jeux qui, avec 9 000 boutiques implantées au Royaume-Uni, ramasse 1,7 milliard sur les 46 milliards pariés chaque année.

    Pas une rue commerçante d’un quartier populaire britannique sans une multitude d’officines de paris qui, de « Ladbrokes » à « Coral » proposent de miser aussi bien sur les courses de chevaux que sur toutes sortes de compétitions sportives. A l’intérieur, une clientèle très largement masculine s’affaire sur les « terminaux de jeu ».

    « Un trouble du cerveau »

    L’ambiance est pesante. Les agressions de gérant, souvent seuls dans une boutique pleine d’espèces, sont fréquentes, mais peu médiatisées, tant est lourde la pression exercée sur leurs employés par les rois du secteur.

    Autorisées depuis 1999, les FOBT y ont éclipsé les paris équestres ou sportifs auprès d’une clientèle jeune. Même la loi de 2005 limitant le nombre de ces machines à quatre par pas-de-porte n’a pas freiné leur prolifération : les chaînes de magasins ont multiplié les succursales, parfois à quelques encablures de distance. Les enseignes de dépôt-vente, tels Cash converters, où les clients pauvres peuvent regarnir leur portefeuille, ne sont généralement pas loin.

    Le phénomène est si massif et ses conséquences si lourdes que ces « terminaux » addictifs, surnommés « la cocaïne » des professionnels du jeu de hasard, sont devenus un lourd problème de santé publique et de société.

    Dans un récent documentaire du magazine Panorama de la BBC, Wendy Bendel, une femme dont le compagnon avait mis en cause son addiction aux FOBT dans une lettre de suicide pour expliquer son geste, a témoigné et mené l’enquête. Placé dans un IRM avec une manette de jeu, un joueur dépendant joue les cobayes dans l’émission. « L’addiction au jeu n’est pas un échec de la volonté mais un trouble du cerveau exploité par les sociétés de pari, y explique David Nutt, le neuropsychopharmacologue qui mène l’examen. Le cerveau de la personne dépendante s’est modifié pour être entraîné vers le désir de parier ».

    Intense lobbying du secteur

    Les ravages des FOBT sont tels, les protestations de certains élus et des églises si pressantes, que les chaînes de magasins de paris ont dû prendre des mesures. Les clients repérés électroniquement pour leur addiction sont censés voir apparaître des messages d’avertissement lorsqu’ils jouent.

    Les sociétés du secteur doivent aussi verser une partie de leurs recettes à des associations chargées de soigner les personnes dépendantes. Mais ni l’une ni l’autre de ces obligations n’est sérieusement satisfaite, dénoncent ces dernières.

    Fin octobre, peu après l’émission choc de la BBC, la ministre des sports, Tracey Crouch, a annoncé le lancement d’une réflexion sur le sujet. Le Labour réclame la limitation du montant des paris à 2 livres au lieu de 100 et rappelle que la République d’Irlande interdit les FOBT sauf dans les casinos.

    Mais le gouvernement de Theresa May résistera-t-il à l’intense lobbying d’un secteur qui inclut les populaires bookmakers, emploie 40 000 personnes, inonde de pub les chaînes de télé et rapporte à l’Etat un milliard de livres de recettes fiscales par an, dont 400 millions pour les seules machines à sous infernales ?

    https://seenthis.net/messages/545291 via enuncombatdouteux