des chiffres qui donnent le vertige

/revenu-universel-des-chiffres-qui-donne

  • #Revenu_universel : des chiffres qui donnent le vertige
    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/04/21/revenu-universel-des-chiffres-qui-donnent-le-vertige_4906414_3232.ht
    http://s1.lemde.fr/image/2016/04/21/644x322/4906405_3_7079_a-1500-euros-par-adulte-et-750-euros-par-min_ba2236dbaa08b8b6ee759763bb2a978e.jpg

    Tous les opposants au revenu de base s’accordent à dire qu’une telle mesure coûterait trop cher. Les chiffres bruts sont, il est vrai, assez vertigineux  : un revenu de base de 450 euros pour les 51 millions de Français majeurs et de 255 euros pour les 15 millions de mineurs représenterait 320 milliards d’euros  ; à 800 euros par personne, c’est 450 milliards, soit les dépenses de la Sécurité sociale  ; à 1 500 euros par adulte et 750 euros par mineur, comme le préconisent les partisans d’un ­ ­ «  revenu d’existence  », tel l’économiste et sociologue Bernard Friot (université Paris-Ouest), c’est 1 000 milliards, la moitié du PIB  !

    L’économiste Pierre Cahuc (Centre de recherche en économie et statistique, Crest), spécialiste du marché du #travail, estime que si son montant est bas, le revenu de base ne fera pas mieux que le RSA et les transferts sociaux et fiscaux tels qu’ils existent aujourd’hui  : la nouveauté serait seulement de simplifier le système, ce sur quoi tout le monde est d’accord… à ceci près que chaque niche fiscale ou sociale a ses défenseurs. Mais si son montant est élevé, ajoute Bruno Palier ­ (Sciences-Po), spécialiste de la protection sociale, comment le financer  ? En supprimant les prestations sociales  ? Cela reviendrait à appliquer le programme ultralibéral, alors que la société a plus que jamais besoin d’investissements publics dans l’éducation, la santé, la dépendance, le logement…

    Les partisans du revenu de base rétorquent que ces sommes ne s’ajoutent pas aux budgets existants, mais remplacent nombre d’entre eux. La technique de l’impôt négatif, dit Gaspard ­Koenig, transfère le produit de l’impôt des poches de l’Etat et des administrations sociales à celles des contribuables. Selon le Mouvement français pour le revenu de base (MFRB), le revenu de base se substituerait à la plupart des aides sociales, aux subventions des entreprises en faveur de l’emploi, aux allocations et au quotient familial – remplacé par le forfait enfant.

    Les partisans du revenu d’existence, quant à eux, estiment que des marges de manœuvre fiscales existent (en mettant fin à la fraude et à l’évasion fiscales) et que les banques centrales peuvent s’affranchir des règles budgétaires en versant directement de l’argent dans les poches des citoyens  : c’est ce que l’économiste australien Steve Keen nomme le «  quantitative easing for the ­people  » («  la création de richesse pour le peuple  »).

    #fiscalité #financement