Modi en visite en Iran

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  • Modi en visite en Iran
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    Le président chinois Xi Jinping et le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif avaient chacun choisi d’enchaîner les étapes de Riyad et Téhéran lors de leur tournée respective du Proche-Orient en janvier dernier. Narendra Modi qui, contrairement à Barack Obama a reçu un traitement royal lors de sa visite en Arabie saoudite en avril 2016 a choisi de visiter les États du Proche-Orient séparément, comme pour bien marquer qu’il n’y a pas de lien entre ces visites. On peut y voir des raisons de calendrier, mais plus vraisemblablement, il s’agit là de bien marquer que les relations que New Delhi entretient avec l’un des pays de la région ne sauraient avoir de conséquences sur celles qu’elle a avec un autre — surtout lorsque, comme c’est le cas ici, les deux pays en question nourrissent mutuellement une hostilité notoire.

    PÉTROLE ET LUTTE ANTITERRORISTE

    Indépendamment de la configuration régionale, les sujets bilatéraux ne manquent pas entre New Delhi et Téhéran. Si l’Inde importe massivement ses hydrocarbures des États arabes de la péninsule Arabique, il est essentiel de diversifier ses approvisionnements pour d’évidentes raisons de sécurité des approvisionnements, mais aussi parce que la croissance indienne est extrêmement vorace en énergie. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en 2040, la dépendance de l’Inde au pétrole importé atteindra 90 % de sa consommation totale1. Or, l’Iran est non seulement un producteur de pétrole, mais ses réserves en gaz naturel sont les deuxièmes au monde après la Russie. C’est avant tout ce besoin vital de sécuriser ses approvisionnements qui explique que l’Inde ait constamment résisté aux pressions américaines visant à prendre ses distances avec la République islamique d’Iran. C’est dire combien la signature de l’accord nucléaire conclu à Vienne le 14 juillet de l’année dernière a été bien accueillie à New Delhi, suscitant l’espoir d’une levée progressive des sanctions.

    À l’heure où dans toute l’Asie, le maître mot est la « connectivité », l’Inde place également de grands espoirs dans le port iranien de Chabahar, sur la mer d’Arabie dans la province du Sistan Baloutchistan, comme point d’entrée d’une route lui permettant d’accéder à l’Afghanistan et à l’Asie centrale sans avoir à traverser le Pakistan. En janvier, le gouvernement indien a accordé un prêt de 150 millions de dollars au projet de développement du port. Aux termes d’un accord conclu en mai 2015, l’Inde doit équiper et avoir la responsabilité opérationnelle de deux quais de Chabahar pendant une période de dix ans au terme de laquelle la responsabilité sera rétrocédée aux Iraniens.

    Enfin, l’Inde et l’Iran partagent en grande partie une même préoccupation face au terrorisme des groupes djihadistes sunnites (organisation de l’État islamique, Al-Qaida et les groupes qui évoluent dans leur mouvance). Le fait que ces groupes aient souvent des liens, pour ne pas dire davantage, avec les services secrets pakistanais rapproche encore davantage New Delhi et Téhéran. Lors de ses déplacements à Abou Dhabi en août 2015 et à Riyad en avril dernier], Modi avait obtenu le soutien des autorités de ces pays dans la lutte contre le terrorisme. S’il se confirme que les relations indo-iraniennes comprennent bien un volet antiterrorisme, ce ne sera pas un mince succès pour le chef du gouvernement indien, jusqu’alors connu pour son nationalisme hindou et peu apprécié des musulmans indiens, d’avoir gagné à sa cause les dirigeants de trois pays musulmans d’importance et qui, dans le cas de l’Iran et de l’Arabie, s’accusent mutuellement de soutenir le terrorisme !

    COLLABORATION DISCRÈTE AVEC ISRAËL

    Narendra Modi devrait ensuite effectuer son voyage tant attendu (et retardé) en Israël et en Palestine. Compte tenu de son admiration pour Israël et pour Benyamin Nétanyahou, ses faits et gestes seront scrutés avec attention lors de ce voyage. Lorsqu’elle s’est rendue sur place pour préparer le terrain, la ministre des affaires étrangères Sushma Swaraj a pris soin de réitérer le soutien de l’Inde à la cause palestinienne. Mais pour les Palestiniens, qui ne se font plus guère d’illusions, ce ne sont que de bonnes paroles sans effet pratique.

    La discrétion avec laquelle l’Inde et Israël collaborent de très longue date dans le domaine de la défense et de la sécurité ne trompe pas davantage. L’ancrage est profond et remonte aux années 1960, lorsque le pays était fermement dirigé par le parti du Congrès. Longtemps, Israël a été pour l’Inde comme une maîtresse que l’on fréquente sans la montrer en public. Il s’agissait alors principalement de ne pas heurter les pays arabes. Cette façon de faire a perduré pratiquement jusqu’à ce jour. Pourtant, non seulement les secrets entourant cette relation n’en sont plus, mais de surcroît, il n’y a plus aucun risque de fâcher les États arabes en se rapprochant ouvertement d’Israël avec lequel certains d’entre eux — notamment les monarchies du Golfe — affichent sans complexe une convergence stratégique face à l’Iran.

    #Inde #Proche-Orient


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    Après les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, le premier ministre indien Narendra Modi est attendu à Téhéran le 22 mai pour son troisième voyage au #Proche-Orient. Le président chinois Xi Jinping et le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif avaient chacun choisi d’enchaîner les étapes de Riyad et Téhéran lors de leur tournée respective du Proche-Orient en janvier dernier. Narendra Modi qui, contrairement à Barack Obama a reçu un traitement royal lors de sa visite en Arabie saoudite en avril 2016 a (...)

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    « http://www.worldenergyoutlook.org/media/weowebsite/2015/IndiaEnergyOutlook_WEO2015.pdf »
    « http://series.fountainink.in/gulf-countries-role-uprising »
    « http://eprints.nias.res.in/1006/1/2016-NSF02-RanjitGupta.pdf »