Comment les supporteurs marquent des buts, par David Garcia (Le Monde diplomatique, juin 2014)

/50505

  • Des contre-pouvoirs s’organisent dans les tribunes. Comment les supporteurs marquent des buts, par David Garcia (juin 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/06/GARCIA/50505 #st

    Peut-on « éliminer » les éléments incontrôlables pour « sauver » le #football ? Au Brésil, certains rêvent d’imiter l’exemple britannique. De Londres à Liverpool en passant par Manchester, le rêve de stades pacifiés est devenu réalité. Au prix d’une mise à l’écart des moins fortunés.

    La montée de la #violence a coïncidé avec l’emprise croissante de l’argent sur le football, dans les années 1980. Aux traditionnels chants de soutien à leur équipe, les #hooligans préféraient les rixes entre bandes rivales. Du Royaume-Uni, cette propension s’est répandue sur tout le continent européen.

    Pour en venir à bout, la répression policière a été moins efficace que la construction de nouveaux stades. Conformément aux standards du sport moderne, ces enceintes sont « orientées vers des consommateurs de spectacle », comme le soulignait le Livre vert du #supportérisme remis en 2010 par trois sociologues à la secrétaire d’Etat française chargée des sports d’alors, Mme Rama Yade. Une fois les tribunes debout interdites et les places assises généralisées, le confort des spectateurs augmente considérablement. Le prix des billets aussi : en 2013-2014, un abonnement annuel à l’Emirates Stadium, l’antre du club londonien d’Arsenal, coûte au minimum 1 155 euros. Tant pis pour les amateurs désargentés : qu’ils soient hooligans ou non violents, ils n’ont plus les moyens de soutenir leur équipe de cœur.