• Nouer des liens avec les parents d’élèves allophones
    http://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/relations-ecole-familles/dispositifs/nouer-des-liens-avec-les-parents-deleves-allophones

    Françoise Estival est une professeure des écoles expérimentée qui exerce dans la Drôme. Depuis 2002 elle a une mission d’accueil et d’accompagnement de parcours de scolarisation d’élèves allophones nouvellement arrivés au sein du dispositif UPE2A. Dès le départ, cette enseignante a rapidement constaté que le temps dédié à l’apprentissage de la langue française et celui de l’accompagnement dans le processus d’acculturation à l’école étaient bien insuffisants. Elle a alors fondé une association Faciliter le langage aux enfants (FLE).

    #interculturel #accompagnement_à_la_scolarité #élèves_allophones #école-familles #langues_et_langage #dispositifs #Didactique #accueil_parents #Différenciation #étayage #didactique_du_plurilinguisme #Document


  • L’altérité en éducation : les #élèves_allophones nouvellement arrivés
    http://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/relations-ecole-familles/dispositifs/lalterite-en-education-les-eleves-allophones-nouvelleme

    Suite à la présentation du dispositif associatif « Faciliter le langage aux enfants », Cécile Goï, professeur d’université et didacticienne en FLS/FLE à l’université de Tours, analyse les enjeux des constructions de l’altérité dans les relations avec les familles en situation de migration récente.

    #interculturel #recherche #école-familles #langues_et_langage #accueil_parents #Document


  • Réponse au rapport Bergé sur la déconnexion des profs sur le terrain social
    https://twitter.com/Karenine2/status/958904083729051648

    Chère Aurore Bergé et chère autre rombière inconnue, qui avez commis ce Rapport Bergé.
    Pour vous et vos amis de la France 2.0, la petite chronique d’un #professeur déconnecté des réalités sociales vécues par ses #élèves.

    Lundi, il fallait faire cours pour la dernière fois à M. (6eB) sans pour autant lui dire au revoir. Sa mère et les gendarmes viendraient le chercher à l’interclasse.

    A l’interclasse, c’était mieux, cela éviterait des heurts à la sortie du collège : son père y est presque toujours posté, titubant.

    M. ne savait pas qu’il ne reverrait sans doute plus jamais ses copains ni ses professeurs et il levait la main pour participer, souriant comme d’habitude, ses lunettes de la sécurité sociale sur le nez.

    Je lui ai prêté un livre - Tom Sawyer - dont j’avais parlé en classe et qu’il voulait lire. Il l’a mis, tout content, comme un trésor, dans son cartable. Et puis la porte s’est refermé et il est parti.

    Mardi, on a fait un petit travail d’écriture avec les 4e, à partir de scènes de repas de la littérature. Ça marche toujours bien, on bosse notamment le vocabulaire des 5 sens.

    Je n’étais pas du tout satisfait du travail de R. Quelques lignes d’une extrême platitude. Je le convoque donc à la fin de l’heure pour lui passer un savon. Oui, c’est ma bienveillance à moi quand ils ne foutent rien.

    Il est venu vers mon bureau, avec sa maladroite carcasse, je voyais bien qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. J’ai fait semblant de finir de corriger une copie avant de relever la tête et de m’intéresser à lui (un truc classique de prof un peu expérimenté).

    Le père de R. vient de perdre son boulot. Il touche le chômage mais il est terrifié. « Alors maintenant, on bouffe des pâtes. Ou du riz. »
    Ainsi, le festin de Babette ou les étals du Ventre de Paris, eh ben ça l’avait démoralisé, R.

    R. a aussi une grande soeur qui pleure pour 5 euros d’APL comme le dit votre distinguée grande gueule O’petit ; c’est pas sûr qu’elle puisse finir ses études. Pourtant, une élève très brillante.

    Bref, c’est pas la fête. Pas grand chose dans la copie mais pas grand chose dans l’assiette non plus et le moral dans les chaussettes. J’ai dit à R. que c’était très chic d’être vegan, très tendance, et ça l’a fait marrer.

    Il avait deux heures de permanence : « Je vous rapporte une bonne rédaction à 17h00, Monsieur ». A la récréation, je suis allé voir la PP de la classe. Pas de mauvaise surprise : l’assistante sociale suivait le dossier.

    J’ai lu la copie de R. à 17h10. C’était pas terrible. Je lui demanderai de refaire son travail. Mais sans l’aider plus que ça, parce que c’est un garçon qui écrit très bien.

    Mercredi (aujourd’hui), rien. Je ne travaille pas au collège. Je corrige des copies, installé dans ma véranda qui surplombe la vallée minière où s’entassent les pauvres gueux. Note : comme vous avez l’air un peu niaises, Mesdames, je précise que c’est une amère plaisanterie.

    Jeudi matin (tout à l’heure), semaine A ou B ? Je ne sais jamais, je sais juste que c’est jeudi et que c’est restitution des dictées. Et c’est, avec les 3eF, un moment que je déteste, quand je dois rendre sa copie à S.

    Pourtant, c’est très chouette les dictées. Ils aiment bien ça, je choisis de beaux textes, parfois on les prépare avant, parfois pas du tout, parfois un peu. Ils en bavent, c’est dur, mais ils progressent. Ils s’en sortent tous plus ou moins bien.

    Enfin pas tous. S. ne s’en sort pas bien du tout. Et elle me regarde un peu de travers quand je rends les résultats, un peu comme si c’était ma faute. Elle progresse aussi mais pas comme elle le voudrait. Elle est passée de 0 à 5. Moi je suis très content d’elle.

    S. est arrivée en France quand elle avait 6 ans. Dans une rédaction, l’an dernier (je l’avais aussi l’an dernier), elle avait écrit un très beau texte qui racontait sa bataille pour apprendre à lacer des chaussures. Avant son arrivée en France, elle n’en avait jamais porté.

    Je me souviens que sa rédaction se terminait par « J’aimerais tant marcher de nouveau dans mes montagnes, sur un sol qui ne me serait pas étranger. » Elle avait souligné le mot étranger (qu’elle avait aussi orthographié « étrangé »)

    Les parents de S. ne savent ni lire ni écrire. Ils parlent à grand peine quelques mots de français. Quand ils viennent en réunion parents-profs, S. assure la traduction. Je la soupçonne de ne pas toujours restituer exactement ce que je dis (elle est maline) mais passons...

    Son père parvient quand même à me dire directement des trucs quand il évoque le petit frère de S. : « Si déconne, tu tapes. » Et je vois S. qui rigole, elle a sans doute en tête une scène où j’en colle une à son frangin. Elle se dit peut-être que ça ne lui ferait pas de mal.

    Bref, S. est une des élèves les plus intelligentes et persévérantes que je connaisse. Je pense qu’elle peut mener son projet au bout, elle veut être prof (bon, là elle est un peu stupide). Mais pour ça, il ne faudra plus faire de fautes.

    Alors, elle y travaille. Elle travaille même très dur et il faut mettre les bouchées doubles car le temps ridicule consacré à l’enseignement du français ne permet plus aux enfants nés en dehors de la langue d’espérer la maîtriser un jour.

    J’espère que demain, quand je vais lui rendre son 5, je pourrai passer 20 minutes avec elle pour reprendre 2 points précis. Mais elle a 27 condisciples : ce sont les budgets que vous votez.

    J’espère surtout qu’un jour, S., M. et R. auront été suffisamment instruits par mes soins et ceux de mes collègues pour vous cracher très convenablement à la gueule que la misère sociale, c’est vous, les politiques, qui la fabriquez.

    J’espère que vous descendrez alors de vos carrosses et que vous salirez vos jolies robes.

    Dans l’immédiat, gardez vos leçons de dame patronnesse pour vous et croyez bien que les enseignants, tout comme les policiers ou le personnel hospitalier, ont une parfaite conscience des réalités sociales vécues par ceux qu’ils instruisent, protègent ou soignent.

    Au sujet du rapport Bergé http://www.lcp.fr/actualites/les-enseignants-sont-ils-deconnectes-de-la-realite

    #éducation #instruction #mépris_de_classe

    https://seenthis.net/messages/665142 via Agnès Maillard


  • Le mystère des classes d’accueil vides pour les élèves étrangers
    https://www.mediapart.fr/journal/france/141017/le-mystere-des-classes-d-accueil-vides-pour-les-eleves-etrangers

    Depuis la rentrée, plusieurs #élèves_allophones n’ont toujours pas été affectés dans les classes qui leur sont destinées. Résultat : des professeurs se retrouvent face à des classes quasiment vides notamment en Seine-Saint-Denis. Les professeurs dénoncent la longueur des délais d’affectation qui empêchent des enfants d’être scolarisés.

    #France #classes_d'accueil #NSA #scolarisation #UPE2A


  • L’un d’eux (Monsieur Samovar)
    https://monsieursamovar.wordpress.com/2016/10/12/lun-deux

    Je suis l’un de ces profs qui travaillent là où les voitures brûlent. Là où des policiers sont mutilés. Là où il se chuchote que les règles de la République ne s’appliquent plus.
    […]
    Je suis l’un de ces profs qui voient les élèves des « Territoires » mettre en place des projets photos délirants, s’investir dans la ventes de babioles plastique pour partir en voyage. Je suis l’un de ces profs qui pense que c’est ainsi, en projetant cette immense envie d’ambition et de rigueur sur ceux qui viennent, que les flammes s’apaiseront.

    Nous pouvons aider, nous pouvons demander à ces mômes que nous fréquentons chaque jour d’allumer leurs petites lumières, ces lueurs qui dévoileront que les actions abominables ne sont qu’une atroce exception. Une exception que nous pouvons éradique, par l’instruction, par l’ambition, par une éducation en lien avec tout le reste de la vie de ces mômes. Parents, associations, clubs, municipalité, justice.

    Si vous saviez, si vous voyiez tout ce qu’ils font de beau, de bon dans la ville où des ombres dealeuses se dissimulent dans les discours asthmatiques de responsables politiques, dans les cris de haine et dans la peur.

    Je suis l’un de ces profs qui ne détourne pas les yeux de la réalité, mais qui voit dans le travail de ses collègues, qui voit dans la rigueur, l’ambition et le beau, la porte de sortie.

    #éducation #secondaire #éducation_prioritaire #effet_pygmalion #élèves #territoires #inégalités #discriminations #discours_politiques #témoignages

    https://seenthis.net/messages/533860 via Heautontimoroumenos


  • « Une école stricte et compliquée » (L’Est Républicain)
    http://www.estrepublicain.fr/education/2016/10/11/une-ecole-stricte-et-compliquee

    « Épuisante et stricte. Dès le matin il faut se mettre en rang, c’est bizarre. Nous n’avons pas non plus ce fameux ‘’cahier de correspondance’’. En Allemagne, par exemple, si je suis en retard parce que mon bus a pris du retard, il n’y a pas de mot d’absence ou de retard à faire signer. J’ai également trouvé que l’emploi du temps est très compliqué. Cela change d’une semaine à l’autre. Je n’y ai pas compris grand chose. J’ai été surprise des techniques d’apprentissage de langues. Chez nous, nous apprenons essentiellement du vocabulaire. Pendant mon séjour en France, cela n’a pas été le cas.

    Par ailleurs j’ai été étonnée du nombre de contrôles et des contrôles ‘’surprise’’. Je n’avais jamais vu cela.

    Finalement, j’ai pris conscience que l’école allemande est très cool, relativement agréable et moins stressante qu’en France. Je n’en avais pas conscience avant ! »

    #éducation #collège #comparaison_internationale #élèves #France_Allemagne #programme_Schuman

    https://seenthis.net/messages/532339 via Heautontimoroumenos


  • Le sommeil des enfants, un enjeu politique (Libération)
    http://www.liberation.fr/debats/2016/09/19/le-sommeil-des-enfants-un-enjeu-politique_1502951

    Les départements leur ont offert des tablettes, ils ont des smartphones, on attend d’eux qu’ils se projettent dans l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde. Ils sont notre avenir, ils paieront nos dettes, nos retraites et ils sauveront le climat. Avec un peu de chance, ils se sont bien reposés, et ils vont même peut-être réussir à reprendre le rythme. Eux ? Ce sont les 12,3 millions d’écoliers, de collégiens et de lycéens qui viennent de reprendre les cours.

    Mais si, au lieu de parler de révolutions technologiques, on parlait de qualité d’attention, de force de concentration ? Si au lieu de rythmes scolaires, on parlait aussi de leur socle : le sommeil des enfants ? Sans un sommeil suffisant et de qualité, c’est toute la vie sociale qui se trouve minée. Mal dormir entraîne des souffrances physiques, psychiques et sociales ainsi que des difficultés scolaires importantes. Pas d’enfance heureuse sans sommeil heureux. N’oublions jamais que c’est allongés, chaque nuit, que nos enfants grandissent, mémorisent, mûrissent leurs émotions.

    Cette nécessité est scientifiquement documentée.

    […]

    Mais, ce n’est pas parce que notre sommeil a une dimension intime que les conditions qui le favorisent ne concernent pas la société dans son ensemble. Le bruit, des voisins comme de la rue, la lumière, du magasin d’en face ou d’un écran allumé dans la chambre, les horaires de travail, l’organisation de la vie de famille, l’alimentation, les rythmes sociaux : tous ces facteurs ont une incidence sur le sommeil.

    La soi-disant liberté de se coucher à l’heure qu’on veut, comme on veut, est un mirage. On sait notamment que les familles les plus défavorisées sont celles où les enfants accumulent les plus grosses dettes de sommeil.

    […]

    Que faire ? Commencer par encourager la sieste à l’école élémentaire au-delà de la moyenne section ; promouvoir une véritable éducation au sommeil comme sur les autres questions liées à l’hygiène ; introduire dans le carnet de santé de l’enfant des repères de sommeil ; décaler l’heure de début des enseignements, notamment au lycée ; aborder avec les parents la question du sommeil des enfants pendant la grossesse et durant le séjour à la maternité ; cesser enfin de vendre à la jeunesse l’ouverture des villes vingt-quatre heures sur vingt-quatre comme le summum de la modernité, alors que tous ceux qui travaillent de nuit de façon régulière paient leurs horaires décalés en années d’espérance de vie.

    #éducation #enfants #élèves #familles #inégalités #sommeil #réforme_rythmes_scolaires

    https://seenthis.net/messages/526106 via Heautontimoroumenos


  • Pourquoi dois-je aller à l’école ? (The Conversation)
    https://theconversation.com/pourquoi-dois-je-aller-a-le-cole-1-52342

    Depuis l’âge de 13 ans, l’école a perdu tout sens à mes yeux. Je l’ai toujours vue comme une boîte sombre. Une boîte dans laquelle vous devez rentrer, peu importe les conséquences, même si vous devez renoncer à tout ce que vous aimez.

    Une boîte qui ne permet pas la créativité, la diversité, la liberté, l’exploration et, le plus important, le questionnement. […]

    Quel est le but de l’école si elle ne nous permet pas d’explorer, d’exprimer notre créativité et d’élargir notre esprit et notre cœur ?

    Je suis en train de mourir intellectuellement à l’école.

    #éducation #élèves #objectifs #système_scolaire #créativité #sens

    http://seenthis.net/messages/453516 via Heautontimoroumenos