#2005

  • Les différentes versions de la « découverte » du clitoris par Helen O’Connell (1998-2005)
    http://journals.openedition.org/gss/4403

    Participant en 2003 en tant que consultante scientifique à un documentaire – « Le clitoris, ce cher inconnu » (Dominici et al., 2003) –, elle y est également interviewée. Dans ce contexte, O’Connell évoque le manuel anatomique de référence utilisé lors de sa formation universitaire au milieu et à la fin des années 1980 pour en critiquer le manque de description du clitoris : « il a sans doute exercé une grande influence, m’incitant à travailler en priorité dans ce domaine, car de fait on ne trouvait pas la moindre description du clitoris lui-même, alors qu’il comportait tout un chapitre sur le mécanisme de l’érection, avec des informations sur l’anatomie neurologique et l’alimentation vasculaire du pénis, sans jamais mentionner le clitoris. J’ai pensé… mmm… ce n’est pas vraiment normal »3 (Dominici et al., 2003, 10e min.). Ce sentiment d’anormalité se renouvelle lorsque O’Connell, par la suite stagiaire, constate une attention particulière dans le geste chirurgical afin de préserver la fonction sexuelle chez les hommes. En revanche, la préservation de la fonction sexuelle des femmes dans le même type d’intervention semble, quant à elle, fortuite. Le résultat hasardeux de l’opération semble logique et O’Connell précise à ce propos dans une autre interview donnée deux ans plus tard à la presse australienne « qu’aucun manuel disponible ne décrivait les nerfs ou apports sanguins du clitoris »4 (Fawcett, 2005). Ainsi O’Connell définit-elle le clitoris comme le lieu de l’orgasme féminin, ce qui fonde son objectif de faire avancer la recherche, qu’elle qualifie de « balbutiante », sur l’anatomie et la physiologie sexuelles féminines (O’Connell, 2004, 129).

    O’Connell établit dans ses articles de restitution, par une forme d’épistémologie critique, un mode de construction différencié des connaissances sur l’anatomie féminine et masculine. À l’instar de la critique féministe des sciences dont elle cite des travaux, O’Connell identifie et dénonce un mode de production de savoirs sur les corps fondé sur la comparaison entre le corps des femmes et celui des hommes – plaçant le masculin comme modèle de référence et produisant du même coup une description inexacte de l’anatomie génitale féminine. Quant à la diffusion de connaissances incomplètes et, par conséquent, de représentations visuelles inexactes, l’article de #2005 invoque une responsabilité des anatomistes, qui auraient « aggravé la représentation pauvre du clitoris en le montrant seulement sur un plan » (O’Connell et al., 2005a, 2062). Ce propos fait référence à la manière de montrer les appareils génitaux féminin et masculin sur un plan de coupe sagittal, une figuration classique dans les planches anatomiques de cette zone. Selon O’Connell, ce type de coupe favorise la présentation d’une structure essentiellement linéaire comme le pénis, mais guère celle multiplanaire du complexe clitoridien. Ainsi l’urologue identifie-t-elle des facteurs historiques, sociaux et scientifiques « responsables de la représentation pauvre de l’anatomie clitoridienne, même dans la littérature actuelle » (O’Connell et al., 2005a, 2062).

    https://journals.openedition.org/gss/docannexe/image/4403/img-4-small580.png

    #clitoris #féminisme #connaissance #plaisir #sexisme_médical #historisation

    https://seenthis.net/messages/753758 via touti



  • https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/d/d5/Descentposter.jpg/220px-Descentposter.jpg
    The descent, Neil Marshall, 2005

    C’est terrible de vieillir... En voyant ce film, je m’aperçois que cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu de film d’horreur. Pourtant je me rappelle très bien de l’époque où je les connaissais tous, je les voyais tous et au cinéma... 50 francs la place que je payais... Beaucoup de gens me disaient d’arrêter ça immédiatement, que je valais mieux que ça et que c’était absolument immonde de les regarder tous aussi méticuleusement. Bref, je constate que c’est bien fini. Peut-être la faute à Scream, et à la cohorte de grosses merdes sorties juste après... En tous cas j’ai du arrêter parce que si je réfléchi le dernier date vraiment de plusieurs mois, et encore, c’était un hasard.
    Alors avant hier je redécouvre des choses, je ne sais pas des petits machins qu’on pourrait appeler émotions. Mais vraiment des toutes petites hein ? Comme si une fois de temps en temps le cynisme et le second degré foutaient le camp pour juste regarder, naïvement. Et peu importe les dialogues de merde et les grosses ficelles. Ce film là en fait ne nous prend pas trop pour des cons, il fait les choses bien. Les héroines ne sont pas trop ridicules (ou alors c’est les deux mois d’hôpital qui m’ont sérieusement ramolli le cerveau) et les images, les cadres, et tout sont vraiment chiadés. Les nanas partent en expédition de spéléo. Au bout de trois quart d’heure il y a des gros monstres dégueulasses qui leur tombent dessus et qui les grignotent... Voilà c’est tout. Et c’est là que je reparle des plans et des cadres hyper claustrophobiques. Les lumières sont terribles. Bon, on va pas dire que ça fait vraiment peur, c’est simplement très beau, et les scènes gorres aussi.

    Du coup je ne regarderais même pas le 2, comme lorsque quelqu’un vous embrasse et que vous ne voulez plus jamais vous laver les dents pour garder un petit peu de cet arôme délicieux.
    https://www.youtube.com/watch?v=CSYg7Z1KS_I


    #the_descent #neil_marshall #2005 #cinéma #horreur #critique_a_2_balles

    http://seenthis.net/messages/473049 via Rémi Gendarme