• Revealed : how bookies use AI to keep gamblers hooked
    https://www.theguardian.com/technology/2018/apr/30/bookies-using-ai-to-keep-gamblers-hooked-insiders-say

    Artificial intelligence is being used to predict behaviour in ‘frightening new ways’ despite condemnation from MPs and campaigners The gambling industry is increasingly using artificial intelligence to predict consumer habits and personalise promotions to keep gamblers hooked, industry insiders have revealed. Current and former gambling industry employees have described how people’s betting habits are scrutinised and modelled to manipulate their future behaviour. “The industry is using AI to (...)

    #game #algorithme #jeu #gamers #addiction #prédictif #marketing

    https://seenthis.net/messages/690804 via etraces


  • « Sur les réseaux sociaux, nous ne sommes pas loin des pigeons de Skinner »
    https://usbeketrica.com/article/les-reseaux-sociaux-font-de-nous-des-pigeons-de-skinner

    Ofir Turel est professeur en systèmes d’information en Californie, et il est l’un des pionniers de la recherche sur les mécanismes d’addiction liés aux réseaux sociaux. Il nous a expliqué les similitudes et différences entre Facebook et la cocaïne et comment les réseaux sociaux nous prenaient, au sens propre, pour des pigeons. Entre autres choses. Les pigeons de Skinner, ce sont ces volatiles que le psychologue de Harvard soumettait, dans les années 1950, à un exercice diabolique : Skinner les (...)

    #Facebook #algorithme #addiction #marketing

    https://seenthis.net/messages/686995 via etraces


  • The Tyranny of Convenience
    https://www.nytimes.com/2018/02/16/opinion/sunday/tyranny-convenience.html?mtrref=t.co&assetType=opinion

    Convenience is the most underestimated and least understood force in the world today. As a driver of human decisions, it may not offer the illicit thrill of Freud’s unconscious sexual desires or the mathematical elegance of the economist’s incentives. Convenience is boring. But boring is not the same thing as trivial. In the developed nations of the 21st century, convenience — that is, more efficient and easier ways of doing personal tasks — has emerged as perhaps the most powerful force (...)

    #Amazon #algorithme #addiction

    https://seenthis.net/messages/673061 via etraces


  • Facebook, un navire dont le capitaine a perdu sa boussole
    https://usbeketrica.com/article/facebook-morale-dopamine-addiction

    J’évoquais récemment la mauvaise réputation de Facebook, qui vient juste derrière Marlboro quand on demande aux Américains de choisir les entreprises les plus néfastes pour la société. Dans la même veine, Wired a balancé une couverture choc dans son édition de février. Début janvier, Zuckerberg, qui apparaît abimé sur le photomontage ci-dessus, promettait qu’il choisissait comme objectif personnel pour 2018 de « réparer Facebook ». Un mois et demi plus tard, on constate à quel point Facebook ne peut pas (...)

    #Facebook #algorithme #cookies #manipulation #domination #addiction #discrimination

    https://seenthis.net/messages/670566 via etraces


  • « Facebook nous prend en otage »
    https://usbeketrica.com/article/facebook-nous-prend-en-otage

    Olivier Auber est un artiste et chercheur français, spécialiste des réseaux. En janvier 2018, il a décidé de se désincrire de Facebook et de lancé #MyFacebookInvoiceGenerator, un logiciel calculant ce que le réseau social vous doit pour l’ensemble de votre digital labor (travail numérique). Au-delà de ce calcul, le dispositif sert surtout à alerter les utilisateurs de Facebook sur l’usage que le géant américain fait de leurs données. Il nous en dit plus sur sa démarche. Pour la première fois depuis sa (...)

    #Facebook #Instagram #Messenger #WhatsApp #GooglePlay #addiction #domination #données

    https://seenthis.net/messages/665936 via etraces


  • L’#Insee intègre le trafic de #drogues au calcul du PIB
    http://www.boursorama.com/actualites/l-insee-integre-le-trafic-de-drogues-au-calcul-du-pib-22034855797384a449
    http://s.brsimg.com/static-1517406584/cache/i/content/images/e/3/5/e35aac3fc2a42646b0b72255abc20302-300x170.jpg
    #prostitution

    mais non, ils ont osé !

    La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. L’objectif était d’harmoniser les données, ces activités étant considérées comme légales dans certains États (Pays-Bas), ce qui gonfle leur PIB. Après la demande d’Eurostat, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont intégré ces données. Ce nouveau système s’est à chaque fois traduit par une révision à la hausse de leur PIB.

    LA PROSTITUTION RESTE EXCLUE DU CALCUL

    Dans un premier temps, l’’Insee avait accepté de prendre en compte les ressources issues du trafic de drogue dans le « revenu national brut » (RNB), destiné principalement à déterminer la contribution de la France au budget de l’Union européenne, mais pas dans le PIB.

    L’institut refusait par ailleurs de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ». « Sur ce point, nous maintenons notre position », souligne Ronan Mahieu.

    Donc il faut en conclure que la #dépendance est un choix.
    Soit absolument tout le contraire des études sociales ou scientifiques sur les #addictions.
    #libéralisme
    #business
    #cynisme
    C’est Nan Goldin qui va être contente.

    https://seenthis.net/messages/664887 via touti


  • Sur la route mortelle des opioïdes - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2017/06/25/sur-la-route-mortelle-des-opioides_1579449
    http://md1.libe.com/photo/1033702-french-freelance-logan-huntington-sdo-20170413.jpg?modified_at=1498414938&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600

    Aux Etats-Unis, l’addiction aux psychotropes de synthèse fait des ravages, avec la complicité de labos et médecins sans scrupules. Reportage en Virginie-Occidentale.

    La première chose qui frappe, ce sont ses yeux. Vert foncé, surmontés de fard à paupière rose. Pétillants et espiègles sans doute à l’adolescence, mais aujourd’hui empreints d’une profonde lassitude. Comme recouverts d’un voile cotonneux. A lui seul, le regard de Tiffany Vincent trahit une vie d’excès. Son épais maquillage ne gomme pas la dureté des traits de cette femme de 33 ans passée par toutes les drogues ou presque. Et brisée à la fois par l’addiction et le deuil. A l’étage de la modeste maison où elle nous reçoit, dans la petite ville morose de Madison, en Virginie-Occidentale, Tiffany a retrouvé le corps sans vie de sa mère, Mary Kathryn, décédée d’une overdose à l’âge de 50 ans. C’était le 23 décembre 2015, deux jours avant un Noël qui devait être le premier en famille depuis trois ans. « Elle avait acheté des cadeaux pour tout le monde. Elle était si excitée, si heureuse, comme une enfant », se souvient Tiffany, les larmes aux yeux.

    L’addiction de Mary Kathryn a débuté en 1997. Un violent accident de voiture. De lancinantes douleurs au dos. Et un médecin qui lui prescrit de l’Oxycontin, puissant analgésique dérivé de l’opium. Un an plus tôt, ce médicament a été introduit aux Etats-Unis par le laboratoire Purdue Pharma, qui en assure une promotion marketing agressive auprès des docteurs et pharmaciens. Les arguments sont rodés : l’Oxycontin serait un opiacé sûr, capable de soulager des douleurs sévères sans générer d’addiction. La réalité se révèle bien différente. Le cercle infernal est enclenché : on estime qu’au moins 2 millions d’Américains sont accrocs aux opiacés, qui ont tué plus de 300 000 personnes en quinze ans.

    « En quelques mois, Mary Kathryn est devenue dépendante », résume Kay Mullins, la mère de la défunte, et grand-mère de Tiffany. Pendant près de deux décennies, cette mère courage qui, à 70 ans, travaille encore chez un fleuriste de Madison pour faire vivre la famille - Tiffany et ses deux fillettes habitent chez elle - a tenté d’aider sa fille à s’en sortir. A plusieurs reprises, elle l’a envoyée dans de rares et coûteuses cliniques de désintoxication. Sans succès. Pour se procurer les pilules dont elle avait besoin, Mary Kathryn a écumé les cabinets médicaux et pharmacies sans scrupules de la région, roulant parfois près de deux heures pour se procurer ici une ordonnance, là une boîte de médicaments. « Le dernier docteur qui l’a reçue était néphrologue ! Il lui a prescrit du Xanax et de l’oxycodone, deux médicaments que vous n’êtes pas censé associer car cela peut vous tuer. Elle l’a vu le lundi. Le mercredi, elle était partie », se désole Kay.

    Ordonnances

    Après les funérailles de sa fille, la septuagénaire à la voix douce et au regard affable a décroché son téléphone pour appeler le cabinet du néphrologue. A la secrétaire, elle se souvient simplement d’avoir dit que Mary Kathryn ne reviendrait pas pour son prochain rendez-vous, prévu quelques jours plus tard. Si le médecin en question n’a pas été inquiété, d’autres ont en revanche été contraints de fermer boutique. Certains ont été poursuivis en justice. A l’image de Michael Kostenko, qui délivrait des ordonnances à la chaîne dans une clinique au milieu de la forêt, où il animait officiellement des groupes de parole fondés sur la spiritualité. Tiffany, qui y a accompagné sa mère, se souvient : « Les gens passaient la nuit devant le bâtiment pour pouvoir entrer. Il y avait 40 personnes dans une salle. Le docteur te disait que Dieu était le seul à pouvoir soulager ta douleur. Puis il te donnait ta prescription. »

    L’an dernier, le docteur Kostenko a été arrêté et inculpé pour avoir fourni de l’oxycodone sans raisons médicales à de nombreux patients, dont au moins deux ont succombé à une overdose. Le dossier constitué par le procureur donne le tournis. En une seule journée, en décembre 2013, ce médecin aurait par exemple signé 375 ordonnances pour 271 patients, sans en avoir vu un seul. Soit plus de 22 000 pilules d’oxycodone prescrites en échange de plus de 20 000 dollars (18 000 euros) en espèces.

    Le 25 avril, Michael Kostenko a plaidé coupable devant un tribunal fédéral. Il encourt jusqu’à vingt ans de prison et un million de dollars d’amende. Sa peine sera prononcée le 23 août. Certains de ses patients ont déjà écopé, bien malgré eux, de la peine capitale. Mi-juin, pas moins de 47 personnes ont été arrêtées dans l’Etat pour avoir écoulé illicitement de l’oxycodone.

    A une cinquantaine de kilomètres au sud de Madison, Logan symbolise le déclin économique de la Virginie-Occidentale, berceau sinistré de l’industrie du charbon. Dans cette région reculée, à l’ombre des Appalaches, des milliers d’emplois ont disparu dans les mines. Laissant derrière eux une génération de chômeurs en proie à des douleurs physiques et des traumatismes mentaux. Un terreau parfait pour l’épidémie d’opiacés qui, contrairement à celle de crack dans les années 80, touche davantage l’Amérique blanche et rurale.

    Si les experts notent une corrélation entre chômage et consommation de drogue, le fléau n’épargne aucun milieu social. Chelsea Carter peut en témoigner. « J’ai grandi dans une belle maison. Mon père était le maire. Nous allions à l’église deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi », raconte cette femme de 30 ans, blonde aux yeux bleus et à la taille de guêpe. Quand on l’entend raconter son passé de « gymnaste et pom-pom girl au collège », on ne peut s’empêcher de penser à l’adolescente qui fait tourner la tête de Kevin Spacey dans American Beauty. A 12 ans pourtant, l’ado modèle déraille au contact de l’une de ses amies qui lui raconte comment, le week-end, elle « se défonce » avec son père dealer. Chelsea essaie l’alcool puis l’herbe. Suivront pilules antidouleur, cocaïne, méthamphétamine et ecstasy. Le tout avant l’âge de 15 ans.

    « Les opiacés étaient vraiment ma drogue préférée », se souvient-elle. La mort rapprochée de sa grand-mère et d’un ami (d’une overdose) la font basculer. Sa rencontre, à 19 ans, avec un dealer de deux fois son âge l’entraîne vers le fond. Ils entament une relation « drug fueled » (« alimentée par la drogue ») : « A l’époque, je consommais jusqu’à 10 pilules d’oxycodone par jour. Chacune coûtait 100 dollars au marché noir. Je faisais à mon dealer tout ce qu’il voulait et en échange, j’obtenais la drogue dont j’avais besoin. » Chelsea finit par rompre cette relation toxique. Mais pour financer sa consommation, elle monte une bande de cambrioleurs. L’arrestation du gang fait la une du journal local. Condamnée, elle échappe à la prison en échange d’une cure de désintoxication et de contrôles réguliers. Elle replonge presque aussitôt. « J’ai échoué à un test antidrogue. Ils m’ont mis les menottes, une combinaison orange et m’ont conduite en prison. Il n’y a pas d’endroit plus humiliant sur Terre », dit-elle d’un accent traînant.

    « Un fléau familial »

    C’était le 29 septembre 2008. Pour ne jamais oublier cette date, Chelsea l’a fait tatouer récemment sur l’intérieur de son poignet gauche. Précédé de ces quelques mots : « I once was lost » (« Jadis, j’étais perdue »). Depuis ce jour, elle n’a jamais retouché à la drogue. « Cela fait neuf ans que je suis sobre et cela se passe bien. Je ne dis pas que je n’ai pas pensé par moments à replonger. Vous savez, les drogués recherchent la satisfaction immédiate. Se désintoxiquer n’apporte pas de satisfaction immédiate. C’est beaucoup de travail », confie-t-elle. Un travail qui est devenu le sien : après des études de psychologie et de travail social, Chelsea est aujourd’hui thérapeute dans un centre de traitement des addictions à Logan.

    Dans son bureau épuré, la trentenaire à la longue chevelure soignée a accroché quelques cadres « feel good » : « Dreams come true », « Love is all you need », « Follow your heart ». Il y a aussi, dans un coin, une copie de son mugshot - la photo méconnaissable prise par la police le jour de son arrestation - et quelques coupures de presse sur son parcours. Rare exemple de désintoxication et de reconversion réussie, Chelsea tâche de transmettre un message d’espoir aux centaines de toxicomanes qu’elle suit. Tout en constatant à la fois l’ampleur de la crise et le manque de moyens : « Tous les jours, je reçois des gens dont la mère, le fils, le père sont aussi suivis ici. C’est un fléau familial. Nous avons besoin de plus de centres de traitement. Nous avons besoin d’aide. Notre Etat traverse une crise profonde, et nous voyons mourir devant nos yeux des générations entières. »

    « Heroin babies »

    Une étudiante de 21 ans au volant de sa voiture accidentée. Un père de 47 ans et son fils de 26 ans sur le sol de leur salle de bain. Trois amies de 23, 27 et 32 ans dans un jardin. Un homme de 59 ans dans un buisson. Un couple de quadragénaires dans les toilettes d’une station-essence. Le 15 août 2016, ces neuf personnes - et près d’une vingtaine d’autres - ont fait une overdose à Huntington, deuxième ville de Virginie-Occidentale. Vingt-six overdoses en à peine quatre heures. Un traumatisme pour la ville et ses services de secours. « C’est comme si l’enfer s’était déchaîné », dira plus tard Steve Williams, le maire de Huntington, 50 000 habitants. Comme un miracle au milieu de cet enfer, toutes les victimes ont pu être sauvées, la plupart grâce au Narcan, médicament antidote à base de naloxone, administré par intraveineuse ou par voie nasale et qui annule les effets des opiacés.

    Ce jour-là, toutes les victimes avaient consommé la même héroïne frelatée. Face aux contrôles accrus imposés aux médecins et aux pharmaciens, se procurer des opiacés sur ordonnance s’avère de plus en plus complexe. Les toxicomanes se tournent alors vers des médicaments contrefaits ou, de plus en plus fréquemment, vers l’héroïne, bien moins chère mais aussi beaucoup plus dangereuse. Entre 2014 et 2015, les overdoses mortelles d’héroïne ont ainsi bondi de plus de 20 % aux Etats-Unis. Car la drogue, principalement importée par les cartels mexicains, est souvent mélangée avec d’autres molécules, dont le fentanyl. Trois grains de sable de cet opiacé synthétique, cent fois plus puissant que la morphine, constituent une dose mortelle.

    Selon les statistiques du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), plus de 33 000 Américains ont succombé à une overdose d’opiacés en 2015, quatre fois plus qu’en 1999. Avec un taux d’overdoses mortelles de 41,5 pour 100 000 habitants, la Virginie-Occidentale était de loin l’Etat le plus touché, devant le New Hampshire et le Kentucky. Une enquête récente du journal local, le Charleston Gazette-Mail, récompensé au printemps d’un prix Pulitzer, a montré que 780 millions de pilules d’opiacés (oxycodone et hydrocodone) ont été écoulées en Virginie-Occidentale entre 2007 et 2012. Et les chiffres de 2016 indiquent qu’en dépit de la prise de conscience, l’épidémie n’a pas encore atteint son pic. L’an dernier, 818 personnes sont mortes d’une overdose en Virginie-Occidentale - 13 % de plus qu’en 2015.

    Au milieu de cette marée de statistiques, un chiffre stupéfie plus que tout autre : un bébé sur cinq né l’an dernier dans le principal hôpital d’Huntington a été exposé à la drogue au cours de la grossesse. La moitié d’entre eux, soit environ 9 % des nouveaux-nés, ont hérité de l’addiction de leur mère aux opiacés. On les appelle familièrement les « heroin babies », victimes les plus jeunes - et les plus vulnérables - de cette épidémie ravageuse. « Ils souffrent de tremblements très rapides et incontrôlés, d’un sommeil très agité, de crampes, de diarrhées. Ils pleurent de manière effrénée, ont du mal à s’alimenter et à réguler leur température », décrit le néonatalogiste Sean Loudin.

    Outre une unité spécialisée au sein de la maternité, une structure externe baptisée Lily’s Place a ouvert fin 2014 pour accueillir ces nourrissons qui souffrent du syndrome d’abstinence néonatale (SAN). La clinique compte douze chambres et chaque bébé bénéficie d’un traitement médical personnalisé. Du type de drogue et de la quantité consommée par la mère dépend la durée du sevrage. Quelques semaines le plus souvent, plusieurs mois parfois. Les parents, privés de la garde de leur enfant dès que de la drogue est détectée dans son organisme, sont autorisés à venir s’en occuper la journée, sous la supervision des infirmières. « Certains sont présents tous les jours, du matin au soir. D’autres ne viennent quasiment jamais et disparaissent parfois pendant plusieurs semaines », raconte Rhonda Edmunds, l’une des deux fondatrices de Lily’s Place.

    Infirmière depuis trente ans, elle a assisté à l’explosion du nombre de bébés atteints de SAN. « En 2011, nous sommes allés visiter le seul endroit aux Etats-Unis qui s’occupait de ces bébés, dans l’Etat de Washington [nord-ouest du pays, ndlr]. En vingt ans d’existence, ils avaient acquis beaucoup d’expérience. On a compris qu’on ne faisait pas les choses de la bonne manière. » A leur retour, Rhonda et sa collègue infirmière adaptent donc leurs méthodes. A l’hôpital d’abord, puis au sein de Lily’s Place. Finies les lumières vives, place à un éclairage tamisé. Les bercements de haut en bas sont remplacés par des mouvements latéraux, mieux tolérés par les nourrissons.

    Bataille

    Malgré l’ampleur du phénomène - plus de 27 000 bébés américains nés avec le SAN en 2013, dix fois plus qu’en 2000 -, cette expérience acquise par l’équipe de Lily’s Place reste peu connue. Et peu partagée. La recherche sur le sujet demeure embryonnaire et les structures quasi inexistantes. Pour le néonatalogiste Sean Loudin, directeur médical de Lily’s Place, le fait que des milliers de bébés à travers le pays ne reçoivent aucun traitement approprié pour leur addiction s’apparente à de la torture. « Un bébé en manque qui n’est pas traité traverse d’énormes souffrances. Tout le monde serait choqué si, dans un hôpital, on laissait partir sans traitement un adulte dépendant aux opiacés en sevrage. Cet adulte serait en train de hurler, de vomir, il aurait la diarrhée. Si quelqu’un voyait cet être humain, il dirait que c’est une injustice. Et pour les bébés alors ? » s’emporte-t-il.

    Retour à Madison. Devant la maison familiale, Tiffany Vincent s’amuse avec ses deux filles de 7 et 11 ans. Après deux heures d’interview douloureuse, entrecoupée de longs silences et de sanglots, c’est la première fois qu’on la voit sourire. Adossée au porche écaillé, sa grand-mère, Kay, observe la scène. Dans son regard avenant, on perçoit tantôt la joie, celle de voir ses arrières petites-filles heureuses. Tantôt l’angoisse morbide de celle qui en a trop vu et se demande si Tiffany sera encore vivante dans trois, cinq ou dix ans. Car Tiffany, comme sa mère décédée, combat depuis longtemps les démons de l’addiction. Opiacés, speed, héroïne, méthamphétamines : elle a beaucoup testé. Et beaucoup consommé.

    Lors de notre rencontre, elle assurait être sobre depuis six mois environ. Mais sa grand-mère ne semblait guère convaincue. En pleurs, Tiffany s’est confessée sur ses peurs. Et mis des mots déchirants sur sa bataille : « Je peux être sobre pendant plusieurs mois. Mais quelque chose va m’arriver, le sol va se dérober sous mes pieds et je vais aller me défoncer. Et je ne pourrai rien y faire. J’aime mes filles plus que tout. Mais quand je suis défoncée, mon addiction prend le dessus et je commence à aimer la drogue plus que j’aime mes enfants. Ce truc, c’est comme le diable. C’est le diable. Je peux courir pour lui échapper. Je peux ne pas le vouloir. Je peux me cacher. Mais il trouvera toujours son chemin jusqu’à moi. »
    Frédéric Autran Envoyé spécial en Virginie-Occidentale

    #drogue #opiacés #héroïne #Virginie #addiction #overdose #big_pharma
    Très bon article.
    Drogues légales, drogues illégales, dealer en blouse blanche ou dealer de la rue, au final le même résultat, la dépendance dans toute sa cruauté. On notera que comme tout phénomène social, les rapports de classe jouent leur rôle puisque celle qui s’en sort dans l’article est celle qui vient d’un milieu friqué, fille du maire.

    https://seenthis.net/messages/655568 via ninachani


  • Sur Internet, les Anglais regarderaient Facebook et Google toutes les 3 minutes 30
    http://www.numerama.com/tech/281553-sur-internet-les-anglais-regarderaient-facebook-et-google-toutes-le

    Un sondage de Verto Analytics estime que les Anglais vont sur Facebook et Google toutes les 210 secondes. Et vous ? On sait que les réseaux sociaux et les moteurs de recherche ont pris aujourd’hui une part conséquence dans nos habitudes de surf. Mais on ne se rend peut-être pas tout le temps compte à quel point les gros monopoles du web captent nos requêtes et notre temps. Du moins, pas avant qu’on mette des chiffres à côté des noms. Un sondage de l’institut Verto Analytics, relayé par The Register, (...)

    #Google #Facebook #domination #publicité #addiction

    ##publicité

    https://seenthis.net/messages/621390 via etraces


  • Flash - US communities crumbling under an evolving addiction crisis - France 24
    http://www.france24.com/en/20170319-us-communities-crumbling-under-evolving-addiction-crisis
    http://scd.france24.com/en/files/imagecache/home_1024/images/afp/2a66618833a035c057c012b9e4432e1cd75a920b.jpg

    Of the 2,900 babies born last year in Cabell County, West Virginia, 500 had to be weaned off of opioid dependence.

    In Ohio, counties are renting refrigerated trailers to store the mounting number of bodies of drug overdose victims.

    In New Hampshire, hospitals have so many overdose patients they have to treat them in operating rooms and neonatal nurseries.

    And in Palm Beach County, Florida, where President Donald Trump spends his weekends, 10 people died of overdoses on Friday alone, likely from a batch of heroin tainted by #fentanyl, a powerful, synthetic opioid pain medication.

    le rôle des #pharma :

    How prescription opioid producers and distributors fed the crisis is made clear by previously unreleased US Drug Enforcement Agency (DEA) data reported in December by the Charleston (West Virginia) Gazette-Mail.

    It showed that from 2007 to 2012, those companies sold 780 million opioid painkillers in West Virginia, 421 extremely addictive pills for every man, woman and child in the poor eastern state.

    Every state is feeling the impact.

    #drogues #États-Unis #pharma #addiction

    https://seenthis.net/messages/581958 via Fil


  • Comment l’Islande a vaincu l’addiction ?
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/comment-lislande-a-t-elle-vaincu-laddiction

    Mosaïc Science (@mosaicscience), une publication scientifique du Wellcome Trust britannique (Wikipédia), cette fondation dédiée à la promotion de la recherche sur la santé, a publié un long article qui explique comment l’Islande a réussi à combattre l’addiction des plus #jeunes au tabac, à l’alcool et aux drogues. Il y a (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages #addiction #comportements #Education_et_formation #innovation_sociale #politiques_publiques #psychologie #Territoires

    https://seenthis.net/messages/563751 via InternetActu [RSS]


  • Iceland knows how to stop teen substance abuse but the rest of the world isn’t listening | Mosaic
    https://mosaicscience.com/story/iceland-prevent-teen-substance-abuse
    https://mosaicscience.com/sites/default/files/styles/hero_large/public/173-Iceland-00Hero_0.jpg?itok=VXhSNV3C

    Today, Iceland tops the European table for the cleanest-living teens. The percentage of 15- and 16-year-olds who had been drunk in the previous month plummeted from 42 per cent in 1998 to 5 per cent in 2016. The percentage who have ever used cannabis is down from 17 per cent to 7 per cent. Those smoking cigarettes every day fell from 23 per cent to just 3 per cent.

    (...) Milkman was instrumental in developing the idea that people were getting addicted to changes in brain chemistry. Kids who were “active confronters” were after a rush – they’d get it by stealing hubcaps and radios and later cars, or through stimulant drugs. Alcohol also alters brain chemistry, of course. It’s a sedative but it sedates the brain’s control first, which can remove inhibitions and, in limited doses, reduce anxiety.

    “People can get addicted to drink, cars, money, sex, calories, cocaine – whatever,” says Milkman. “The idea of behavioural addiction became our trademark.”

    This idea spawned another: “Why not orchestrate a social movement around natural highs: around people getting high on their own brain chemistry – because it seems obvious to me that people want to change their consciousness – without the deleterious effects of drugs?”

    By 1992, his team in Denver had won a $1.2 million government grant to form Project Self-Discovery, which offered teenagers natural-high alternatives to drugs and crime. They got referrals from teachers, school nurses and counsellors, taking in kids from the age of 14 who didn’t see themselves as needing treatment but who had problems with drugs or petty crime.

    “We didn’t say to them, you’re coming in for treatment. We said, we’ll teach you anything you want to learn: music, dance, hip hop, art, martial arts.” The idea was that these different classes could provide a variety of alterations in the kids’ brain chemistry, and give them what they needed to cope better with life: some might crave an experience that could help reduce anxiety, others may be after a rush.

    #enfance #drogue #addiction #sport #evidence-based #Islande

    https://seenthis.net/messages/562957 via Fil



  • OxyContin goes global — “We’re only just getting started”
    http://www.latimes.com/projects/la-me-oxycontin-part3

    #OxyContin is a dying #business in America.

    With the nation in the grip of an opioid epidemic that has claimed more than 200,000 lives, the U.S. medical establishment is turning away from painkillers. Top health officials are discouraging primary care doctors from prescribing them for chronic pain, saying there is no proof they work long-term and substantial evidence they put patients at risk.

    Prescriptions for OxyContin have fallen nearly 40% since 2010, meaning billions in lost revenue for its Connecticut manufacturer, Purdue Pharma.

    So the company’s owners, the #Sackler family, are pursuing a new strategy: Put the painkiller that set off the U.S. opioid crisis into medicine cabinets around the world.

    A network of international companies owned by the family is moving rapidly into Latin America, Asia, the Middle East, Africa and other regions, and pushing for broad use of painkillers in places ill-prepared to deal with the ravages of opioid abuse and #addiction.

    #opiacés #etats-unis #exportation #mort

    https://seenthis.net/messages/553307 via Kassem


  • We Are Hopelessly Hooked | The New York Review of Books (Jacob Weisberg, 25 février 2016)
    http://www.nybooks.com/articles/2016/02/25/we-are-hopelessly-hooked

    Some of Silicon Valley’s most successful app designers are alumni of the Persuasive Technology Lab at #Stanford, a branch of the university’s Human Sciences and Technologies Advanced Research Institute. The lab was founded in 1998 by B.J. Fogg, whose graduate work “used methods from experimental psychology to demonstrate that computers can change people’s thoughts and behaviors in predictable ways,” according to the center’s website. Fogg teaches undergraduates and runs “persuasion boot camps” for tech companies. He calls the field he founded “captology,” a term derived from an acronym for “computers as persuasive technology.” It’s an apt name for the discipline of capturing people’s #attention and making it hard for them to escape. Fogg’s behavior model involves building habits through the use of what he calls “hot triggers,” like the links and photos in Facebook’s newsfeed, made up largely of posts by one’s Facebook friends.

    (…) As consumers, we can also pressure technology companies to engineer apps that are less distracting. If product design has a conscience at the moment, it may be Tristan Harris, a former B.J. Fogg student at Stanford who worked until recently as an engineer at Google. In several lectures available on YouTube, Harris argues that an “attention economy” is pushing us all to spend time in ways we recognize as unproductive and unsatisfying, but that we have limited capacity to control. #Tech_companies are engaged in “a race to the bottom of the brain stem,” in which rewards go not to those that help us spend our time wisely, but to those that keep us mindlessly pulling the lever at the casino.

    Harris wants engineers to consider human values like the notion of “time well spent” in the design of consumer technology. Most of his proposals are “nudge”-style tweaks and signals to encourage more conscious choices. For example, Gmail or Facebook might begin a session by asking you how much time you want to spend with it that day, and reminding you when you’re nearing the limit. Messaging apps might be reengineered to privilege attention over interruption. iTunes could downgrade games that are frequently deleted because users find them too addictive.

    A propos de quatre bouquins :

    Reclaiming Conversation: The Power of Talk in a Digital Age, by Sherry Turkle

    Alone Together: Why We Expect More from Technology and Less from Each Other, by Sherry Turkle

    Reading the Comments: Likers, Haters, and Manipulators at the Bottom of the Web, by Joseph M. Reagle Jr.

    Hooked: How to Build Habit-Forming Products, by Nir Eyal with Ryan Hoover

    #écrans #conversation #commentaires #addiction #critique_techno #temps #déconnexion via @opironet

    http://seenthis.net/messages/475576 via tbn


  • Camés aux subs - FAKIR
    http://www.fakirpresse.info/Cames-aux-subs-888

    Moins citée, cette analyse : « François Hollande est devenu un puissant dealer de #subventions, un narcotique auquel les #entreprises françaises aiment se shooter… » Qui écrit ça ? Un ancien cadre du Medef, responsable des affaires sociales. Et David Verhaeghe de filer la métaphore : « Les entreprises françaises sont malades de cette #addiction à la subvention déguisée. Celle-ci agit comme la cocaïne : elle donne l’illusion temporaire de la puissance et de la force, mais elle ruine la santé à petits feux. »
    A tel point que la chasse aux subventions est devenue un sport prisé.

    http://seenthis.net/messages/471683 via Agnès Maillard


  • Les #Etats-Unis font face à une épidémie d’overdoses à l’héroïne
    https://www.mediapart.fr/journal/international/140216/les-etats-unis-font-face-une-epidemie-doverdoses-lheroine

    C’est un problème nouveau que les candidats aux élections primaires ont vu surgir : l’augmentation spectaculaire du nombre de décès par overdoses d’opiacés, #héroïne et #médicaments_antidouleurs. Cette épidémie vient souligner les dérives des prescriptions médicales et surtout la faible prise en charge de la toxicomanie.

    #International #addiction #Amérique_du_nord #guerre_contre_la_drogue #New_Hampshire #Staten_Island


  • Les #Etats-Unis en overdose
    https://www.mediapart.fr/journal/international/140216/les-etats-unis-en-overdose

    Aux États-Unis, on parle d’une épidémie : une augmentation significative et rapide du nombre de décès par overdoses d’opiacés, #héroïne et #médicaments_antidouleurs. Le problème concerne avant tout des régions rurales à majorité de population blanche, comme le #New_Hampshire, l’Iowa ou l’Ohio, qui se trouvent au cœur de la course à la présidentielle. Les candidats prennent donc, petit à petit, la mesure de la gravité des problèmes d’addiction que connaît le pays.

    #International #addiction #Amérique_du_nord #guerre_contre_la_drogue #Staten_Island


  • If the internet is addictive, why don’t we regulate it
    https://aeon.co/essays/if-the-internet-is-addictive-why-don-t-we-regulate-it
    https://omicron.aeon.co/images/ca0a12a2-f88e-40c5-aa17-67dd21b8c964/header_SCHULSON-essay-BE069967.jpg

    Sites could even let users set their own cut-off points: If I’ve been on Twitter for more than an hour today, please lock me out.

    Will this work? Probably not. At least in the United States, we’ve been notoriously hesitant to regulate tech companies. But sometimes it’s important to at least discuss regulation, in order to reframe the basic terms of the conversation.

    #internet #addiction #santé_mentale

    http://seenthis.net/messages/432947 via Fil


  • Evgeny #Morozov on digital #addiction - EXBERLINER.com
    http://www.exberliner.com/features/lifestyle/evgeny-morozov-are-we-digital-addicts
    http://www.exberliner.com/downloads/13797/download/FH0A1983.jpg?cb=754086610c1529c0c35b3495488b0b8f

    I would guess that very soon, we’ll see a state-imposed imperative to connect: if you are not connected, on one way or another, how do we know you are entitled to the same health and insurance benefits from the state? Under these conditions, disconnection would be truly subversive and it would be punished: companies will make your life more inconvenient (try booking an apartment on Airbnb if you don’t have a Facebook or Twitter account!) and the state will impose higher insurance payments on you.

    #Connexion #internet

    http://seenthis.net/messages/380867 via Kassem

    • A lire dans le @mdiplo de juin, « Le malade virtuel », par Virginie Bueno http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/BUENO/53095

      « Passez-vous plus de temps sur Internet que vous ne l’auriez pensé initialement ? Y a-t-il des sites que vous ne pouvez éviter ? Trouvez-vous difficile d’être déconnecté durant plusieurs jours ? » Ces questions extraites du test d’Orman, relayé par la presse magazine, permettraient de diagnostiquer une dépendance à Internet. En suivant ce type d’évaluation, près de la moitié de la population connectée serait atteinte. Et la plus formidable pandémie de l’histoire serait en train de se répandre sur la planète. La Chine a déjà fait de cette « pathologie » une priorité de santé publique. Des réseaux internationaux travaillent d’arrache-pied à élaborer des diagnostics standardisés, des essais cliniques, des protocoles de traitement et des campagnes de prévention.

      C’est un fait : un nombre croissant d’internautes peinent à se déconnecter. Leur activité en ligne déborde peu à peu sur les autres secteurs de leur existence, au détriment de leur sociabilité, de leur travail, de leurs études. S’agit-il pour autant d’une maladie ?