• ’Data is a fingerprint’ : why you aren’t as anonymous as you think online
    https://www.theguardian.com/world/2018/jul/13/anonymous-browsing-data-medical-records-identity-privacy

    So-called ‘anonymous’ data can be easily used to identify everything from our medical records to purchase histories In August 2016, the Australian government released an “anonymised” data set comprising the medical billing records, including every prescription and surgery, of 2.9 million people. Names and other identifying features were removed from the records in an effort to protect individuals’ privacy, but a research team from the University of Melbourne soon discovered that it was simple (...)

    #algorithme #smartphone #anonymat #géolocalisation #métadonnées

    https://i.guim.co.uk/img/media/aae1a6d63ff6471a7dda5c34646de016ba01e22a/0_296_5921_3553/master/5921.jpg

    https://seenthis.net/messages/708138 via etraces


  • Sur internet, tout le monde sait que tu es un chien
    http://imagesociale.fr/6330

    Il y a 25 ans était publié dans le New Yorker le dessin de Peter Steiner qui allait devenir la première icône d’internet. Peu après l’abandon des droits du CERN sur les outils du world wide web, en avril 1993, cette manifestation d’attention précoce de la part d’un grand média marque le démarrage du réseau, et symbolise ses nouvelles caractéristiques. La liberté égalitaire de la publication en ligne, l’anonymat des auteurs, mais aussi la promesse de l’accès à des mondes virtuels où chacun peut recréer son (...)

    #données #anonymat #procès #BigData #harcèlement #profiling

    https://i2.wp.com/imagesociale.fr/wp-content/uploads/Steiner_Ontheinternet_NewYorker1993.jpg

    https://seenthis.net/messages/707459 via etraces


  • Procès Nadia Daam : la « revanche de la réalité »
    http://www.liberation.fr/debats/2018/07/06/proces-nadia-daam-la-revanche-de-la-realite_1664362

    La condamnation de deux internautes pour harcèlement à l’encontre de la journaliste prouve que la justice n’est pas impuissante sur internet. Elle rappelle à ceux qui se croient tout permis sur la toile que « Troll, ça n’existe pas dans le code pénal. » Avant, on pouvait dire qu’on ne savait pas. Qu’on n’imaginait pas qu’un simple commentaire sur un forum puisse mener au tribunal. Qu’on ne soupçonnait pas qu’un jour, un juge nous demande d’expliquer mot par mot pourquoi on a écrit « la milf brunette, je (...)

    #anonymat #harcèlement #procès

    http://md1.libe.com/photo/1128015-043_bc_g00q1206-1jpg.jpg

    https://seenthis.net/messages/707423 via etraces


  • Au Royaume-Uni, des pass pour consulter anonymement les sites pornographiques
    https://www.nextinpact.com/brief/-au-royaume-uni--des-pass-pour-consulter-anonymement-les-sites-pornograp

    Outre-Manche, un projet de loi prévoit de vérifier l’âge des internautes de manière beaucoup plus radicale sur les sites classés X. La méthode retenue est pour le moins simple : prouver qui l’on est via une pièce d’identité. Le projet crée évidemment de nombreux remous, beaucoup estimant qu’il serait trop simple de lister les habitudes de navigation. Nos voisins envisagent donc de permettre aux vendeurs de journaux de délivrer des « pass » à condition que la pièce d’identité leur soit présentée. Sur la (...)

    #anonymat #pornographie #Identité #VPN

    ##Identité

    https://seenthis.net/messages/694412 via etraces


  • En Allemagne, des conditions et la politique du nom réel de Facebook jugées illégales
    https://www.nextinpact.com/brief/en-allemagne--des-conditions-et-la-politique-du-nom-reel-de-facebook-jug

    Un tribunal berlinois a condamné Facebook à revoir ses conditions d’utilisation, sous menace d’une amende. Cette décision suit une attaque de la Fédération des associations allemandes de consommateurs (VZBZ), qui estime les paramètres par défaut et des conditions d’utilisation contraires au droit allemand. Sur smartphone, l’application active par défaut la localisation aux tiers dans une discussion. Les paramètres de confidentialité voient des cases précochées, permettant aux moteurs de recherche de (...)

    #Facebook #smartphone #terms #géolocalisation #procès #anonymat

    https://seenthis.net/messages/668724 via etraces


  • 21 degrés de liberté – 03
    https://framablog.org/2018/01/29/21-degres-de-liberte-03

    Voici déjà le 3e article de la série écrite par #Falkvinge. Le fondateur du Parti Pirate suédois s’attaque aujourd’hui à la question de la #Publication sous #Anonymat. Une traduction du groupe Framalang, qui a trouvé intéressant de soumettre à votre … Lire la suite­­

    #21_degrés_de_liberté #Internet_et_société #Libertés_Numériques #Analogique #Légalité #numerique #ViePrivee


  • Handful of “highly toxic” Wikipedia editors cause 9% of abuse on the site, by Annalee Newitz | Ars Technica
    https://arstechnica.com/information-technology/2017/02/one-third-of-personal-attacks-on-wikipedia-come-from-active-editors
    https://cdn.arstechnica.net/wp-content/uploads/2017/02/1-GT46vE6ip8lwjMFJMf_Bvw-760x380.jpeg

    “Perhaps surprisingly, approximately 30% of attacks come from registered users with over a 100 contributions.” In other words, a third of all personal attacks come from regular Wikipedia editors who contribute several edits per month. Personal attacks seem to be baked into Wikipedia culture.

    The researchers also found that a large percentage of attacks come from a very small number of “highly toxic” Wikipedia contributors. Eighty percent of personal attacks on Wikipedia come from people who rarely make personal attacks. But a whopping 9% of attacks in 2015 came from 34 users who had made 20 or more personal attacks during the year. “Significant progress could be made by moderating a relatively small number of frequent attackers,” the researchers note. This finding bolsters the idea that problems in online communities often come from a small minority of highly vocal users.

    les #trolls #agressions_verbale #wikipédia détectés par du #machine_learning

    (pertinent aussi pour le débat #realname ou #anonymat)

    https://seenthis.net/messages/568824 via Fil


  • Telegram launches Telegraph, a long-form publishing platform | VentureBeat | by Ken Yeung
    http://venturebeat.com/2016/11/22/telegram-launches-telegraph-a-long-form-publishing-platform
    http://1u88jj3r4db2x4txp44yqfj1.wpengine.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2016/11/telegram-telegraph-780x420.jpg

    [Telegram] launched Telegraph, a publishing platform with striking similarities to Medium and Quip. What’s interesting about the service is that no account is needed — simply visit the website and begin typing away. When you’re done, hit publish and it’s immediately on the web.

    (...) Because it doesn’t require you to log in, Telegraph is different from Medium in that you won’t be able to catalog your past work or assign them into collections. Each post has a dedicated web address following the format of “telegra.ph/[title]-[date of publishing]”. It appears that currently the only way for you to edit published work is if your computer has stored cookies. If you clear your cache, view it in an incognito browser, or access it from another device, you won’t be able to edit the post.

    test: http://telegra.ph/xx-11-26-2

    #partage #publication #anonymat

    https://seenthis.net/messages/545591 via Fil


  • Zcash, a Harder-to-Trace Virtual Currency, Generates Price Frenzy - The New York Times
    http://www.nytimes.com/2016/11/01/business/dealbook/zcash-a-harder-to-trace-virtual-currency-generates-price-frenzy.html
    https://static01.nyt.com/images/2016/11/01/business/01DB-VIRTUAL/01DB-VIRTUAL-facebookJumbo.jpg

    Speculators are snapping up a new virtual currency known as Zcash that was designed by university academics and built to be all but untraceable. (...)

    The company behind Zcash, led by a developer named Zooko Wilcox, has the support of privacy activists and computer scientists at Johns Hopkins University and Massachusetts Institute of Technology. It has already secured $3 million in backing from a number of Silicon Valley venture capitalists who are involved in the virtual currency industry.

    #monnaie #anonymat #bitcoin via @Snowden

    https://seenthis.net/messages/541941 via Fil


  • La Chine durcit encore sa surveillance d’Internet
    http://www.lesechos.fr/monde/chine/0211468492183-la-chine-durcit-encore-sa-surveillance-dinternet-2040972.php

    Le Parlement chinois vient de voter une nouvelle loi interdisant l’anonymat des internautes et contraignant les entreprises étrangères à collaborer. C’est un nouveau moyen de faire pression sur les internautes chinois. Déjà réputé comme l’un des plus fermés du monde, devant l’Iran, la Toile chinoise va devenir encore plus censurée et contrôlée. A la base de ce tour de vis : une loi sur la cybersécurité votée ce lundi 7 novembre par le Parlement chinois. Adoptée par le comité permanent de l’Assemblée (...)

    #anonymat #web #surveillance #The_Great_firewall_of_China

    https://seenthis.net/messages/540206 via etraces


  • Plaidoyer pour l’auteur anonyme, par Fanny Taillandier
    https://questionssubsidiaires.wordpress.com/2016/10/15/plaidoyer-pour-lauteur-anonyme

    L’uniforme et a fortiori l’armure policière visent à désindividualiser une #violence qui ne doit pas pouvoir être soupçonnée d’être le fait de quelqu’un. De même le code juridique ne saurait avoir d’auteur – lequel serait, le cas échéant, celui qui dicte la loi, à savoir le dictateur. La force de la violence policière est de ne jamais être le fruit de personne ; à la fin du Procès, Joseph K regrette de ne jamais avoir vu le juge – c’est pourquoi il meurt « comme un chien ».

    D’une certaine façon, la violence – la puissance corrosive – est donc décuplée par l’anonymat. Dans le cas de la police, il s’agit de rendre palpable l’étendue du Léviathan, ce corps constitué de tous les corps qui lui ont abandonné leur force.

    On peut penser qu’il en va de même pour l’anonymat littéraire : si L’Insurrection qui vient, comme avant elle De la misère en milieu étudiant, font peur à la police, c’est parce que cet anonymat cache sans doute un « collectif radical écrivant », tout comme l’obscurité cache des hordes de crocodiles sous le lit des enfants. Effroyable.

    #anonymat #littérature #pseudonyme #identité #individu #secret

    https://seenthis.net/messages/535176 via tbn


  • « Elena Ferrante » : le nom d’une polémique littéraire mondiale
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/051016/elena-ferrante-le-nom-dune-polemique-litteraire-mondiale

    La révélation de la véritable identité de la célèbre romancière italienne a provoqué une controverse internationale inédite, suscitant l’indignation de nombreux lecteurs de l’auteure à succès, de journalistes et d’écrivains. Dictature de la transparence ou légitime droit à appliquer les outils de l’investigation financière au monde de la #Littérature ? Le débat fait rage.

    #Culture-Idées #anonymat #auteur #Claudio_Gatti #Elena_Ferrante #Journalisme #livres #Michel_Foucault #pseudonyme


  • Le projet #TOR se dote d’un contrat social
    https://framablog.org/2016/08/19/le-projet-tor-se-dote-dun-contrat-social

    Le projet Tor (Tor Project), est l’organisation à but non lucratif à l’origine du réseau de communication anonymisé et du logiciel éponyme. Il a décidé, à l’instar d’autres projets libres comme Debian ou Gentoo, de se doter d’un contrat social dans … Lire la suite­­

    #Internet_et_société #Libertés_Numériques #Anonymat #Internet


  • “Il faudrait décréter l’anonymat obligatoire de tout auteur d’attentat” - Idées - Télérama.fr
    http://www.telerama.fr/idees/richard-rechtman-psychiatre-daech-se-comporte-comme-les-nazis,145555.php

    Pour certains, l’attentat de Nice est l’acte d’un déséquilibré. Pour d’autres, c’est un attentat terroriste. Vous ne semblez à l’aise avec aucune de ces deux interprétations...

    Permettez-moi d’abord de dire un mot sur l’acte pathologique : on n’a jamais vu un malade mental commettre un acte pareil avec une telle détermination. Ni un psychotique ni un psychopathe ne seraient capables de faire cela de cette manière. Un paranoïaque délirant ne massacrerait jamais des gens qui lui sont inconnus. Quant au psychopathe, c’est l’impulsivité et l’immé­diateté de la violence qui le caractérisent, et sûrement pas la préparation méthodique des jours à l’avance. Donc l’interprétation psychopathologique seule ne suffit pas. En revanche, il existe une offre — celle de #Daech — qui invite à commettre des #meurtres_de_masse, et qui rencontre un certain nombre de personnes susceptibles d’y répondre. J’emploie à dessein l’expression « meurtres de masse », car je ne crois pas qu’il s’agisse de terrorisme à proprement parler. L’attentat de Nice s’apparente plus, selon moi, à des meurtres de type #génocidaire, déterritorialisés depuis le #Proche-Orient, où ils sont désormais monnaie courante, et perpétrés avec les mêmes techniques ici que là-bas.

    “On est loin du terrorisme classique.”

    Qu’entendez-vous par meurtres génocidaires ?

    Tuer à la chaîne le plus de gens possible avec le minimum de moyens. ­S’attaquer à des personnes sans défense, qui ne peuvent ni parer les coups ni répondre. Des victimes innocentes, qui n’ont aucune raison de se méfier, aucune raison de réagir. A Mossoul et Raqqa, Daech se comporte comme les nazis, les Khmers rouges, les extrémistes hutu ou les nationalistes serbes à Sarajevo et Srebrenica. Avec la même technicité. On est loin du terrorisme classique : qu’ils soient basques, corses ou irlandais, les terroristes s’excusent en effet presque toujours de la mort donnée, au nom du symbole visé. Souvenez-vous de l’assassinat du préfet Erignac. Pendant des années, ses auteurs ont laissé entendre qu’ils regrettaient d’avoir tué l’homme, mais qu’il le fallait pour s’attaquer au symbole. Avec Daech, il y a plutôt une volonté de tuer en masse les impurs, tous les ­impurs, en Occident comme dans les pays musulmans. Le symbolisme du meurtre s’efface au profit du chiffre.

    Comment lutter contre ces crimes génocidaires ?

    Leur objectif, rappelons-le, est de créer le #chaos, la scission tous azimuts dans la société. Ils ont donc impérativement besoin d’une très grande #publicité autour de leurs #crimes. Or, malgré tous ses relais sur les réseaux sociaux, Daech ne dispose pas des mêmes moyens de diffusion que l’Occident. C’est dire à quel point ils ont besoin de nos canaux de diffusion pour donner l’ampleur qu’ils souhaitent à leurs actions et, par là même, recruter encore plus de candidats. L’#information est donc bien dans ce contexte un enjeu stratégique, pour ne pas dire #militaire. Cela veut dire que les informations dont nous disposons sur l’identité des auteurs d’attentats devraient être tenues secrètes quand ces crimes ont déjà eu lieu. Que l’on cherche à comprendre qui sont les personnes susceptibles d’agir, pour essayer d’anticiper et de prévenir leurs actes, c’est évidemment utile, et les travaux du psychanalyste tunisien Fethi Benslama, par exemple, nous éclairent beaucoup sur les candidats potentiels au martyre. En revanche, une fois le meurtre accompli, dire qui était la personne, raconter son passé et diffuser sa photo, c’est se transformer en caisse de résonance du crime et devenir l’allié objectif de Daech. La bonne question n’est pas de savoir pourquoi ces gens sont capables de commettre ces actes, mais bien pourquoi ils s’imaginent obtenir, grâce à leur forfait, une célébrité que rien ni personne ne peut leur offrir si ce n’est... nous-mêmes, et surtout les politiques et les médias. L’homme qui a brisé tant de vies à Nice s’est préparé pendant plusieurs mois à ce moment glorieux — et non religieux. Il a anticipé cette jouissance #narcissique dont il s’imaginait pouvoir profiter post mortem, en se projetant sur le moment où, après la mort, il pourrait observer les effets de son acte sur la population. En offrant une tribune exceptionnelle à ce fantasme, les politiques et les médias créent le terreau nécessaire à la naissance de dizaines d’autres candidats à la gloire. On le sait très bien avec le #suicide des #adolescents par exemple, plus on glorifie le sui­cidé, plus on en parle (en bien ou en mal), et plus on crée des vocations chez des jeunes et des moins jeunes qui parviennent à s’imaginer défier la mort en se représentant leurs propres obsèques ou ce que l’on dira d’eux une fois morts.

    “Les tueurs de Daech rêvent d’abord d’une mort glorieuse, et nous devons tuer cet espoir.”

    Que faire, alors ?

    Puisque nous sommes en guerre avec Daech, il faut commencer par identifier le cœur de sa stratégie de propagande, et la contrer. Cette stratégie consiste à utiliser toutes les chaînes de fonctionnement de la société occidentale pour donner une ampleur démesurée aux actes commis par les djihadistes. Je suggère donc que les responsables politiques décrètent l’#anonymat obligatoire de tout auteur d’atrocités, l’interdiction de diffuser ses images, ou tout renseignement sur son identité, l’interdiction de relayer le moindre élément permettant de l’identifier, bref de classer secret-défense tout ce qui concerne les personnes commettant ces attentats. La démocratie exige certes un libre accès à l’information, notamment sur le déroulement et les conséquences de ces crimes, mais elle exige aussi que l’on interdise de divulguer des informations susceptibles de mettre en danger la population. Or rendre impossible l’identification des assassins est une façon de faire que personne ne puisse s’identifier à eux. Que celui qui souhaite mourir avec la gloire sache qu’il mourra dans l’anonymat le plus total.

    Il faut donc « dé-héroïser » les auteurs d’attentats ?

    Ceux qui s’imaginent que les tueurs de Daech rêvent de trouver des vierges disponibles à leur arrivée au paradis se trompent. Ils rêvent d’abord d’une #mort_glorieuse, et nous devons tuer cet espoir en annonçant qu’ils ne sont pas des héros en devenir, mais des lâches qui retourneront à leur condition ­initiale d’anonymes, et le resteront pour l’éternité.

    Est-ce compatible avec le désir, légitime dans un pays démocratique, de donner du sens aux événements qui frappent ce pays en identifiant les criminels pour savoir ce qui a motivé leur geste ?

    Dans les crimes génocidaires, le véritable ennemi n’est pas la petite main qui commet le crime, mais le responsable qui l’inspire ou le commandite. J’ai pu le constater pendant les longues années que j’ai passées à étudier les Khmers rouges. Cela ne signifie pas que les acteurs sur le terrain ne sont pas responsables de leurs actes. Cependant, nous devons nous rappeler que nous ne luttons pas contre un individu mais contre une organisation qui développe des moyens gigantesques pour faire connaître sa cause. Tuer le plus de monde possible à moindre coût, en recevant la plus grande publicité disponible, c’est quasiment une stratégie commerciale pour Daech — et ça marche. Tous les régimes génocidaires ont fait cela. Les Einsatzgruppen assassinaient des milliers de Juifs à la chaîne au bord de fosses communes qu’ils leur avaient fait creuser ou avaient demandé aux villageois de préparer. Ils pensaient la mort à grande échelle et à rentabilité maximale. Sortons donc de la logique de focalisation sur les origines du soldat de Daech pour nous concentrer sur le rôle qu’il joue dans l’organisation génocidaire et le priver du bénéfice anticipé de ses actes. Il faut décréter — et le dire haut et fort — que ces « #soldats » mourront ici dans l’oubli le plus total, pour créer le doute dans la tête des candidats au martyre, et leur faire entrevoir le néant d’une mort anonyme.

    “Si on imagine que les tueurs de Daech sont simplement des produits de nos cités frappées par les difficultés sociales, on n’a rien compris.”

    Pourquoi les responsables politiques n’ont-ils pas pensé à cette stratégie ?

    Parce qu’ils n’ont pas saisi où réside le véritable danger de Daech. Ils pensent encore que si l’on décortique les motivations de ceux qui rejoignent l’organisation de l’Etat islamique, on va enfin comprendre et mieux protéger la population. Le phénomène est bien plus complexe, car ceux qui vont devenir des tueurs de masse ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux qui ont souhaité partir. Parmi ces derniers, beaucoup ne deviendront pas des tueurs. Dès lors, si on imagine que les tueurs de Daech sont simplement des produits de nos cités frappées par les difficultés sociales, on n’a rien compris. Certains viennent de la banlieue, c’est vrai, mais le meurtre de masse n’est pas le produit de ces difficultés ! C’est comme si vous disiez que les SS étaient le simple produit des circonstances de leur enfance, et que vous cherchiez à expliquer le nazisme, le polpotisme et leurs effets dévastateurs à partir de cette seule composante vaguement psychosociologique ! Une fois que la barrière génocidaire est franchie, ce ne sont plus les origines sociales préexistantes qui sont déterminantes. L’anonymat est la réponse adaptée car elle contre la propagande de Daech sur son propre terrain. C’est l’anthropologue en moi qui arrive à cette conclusion. Quant au psychiatre, il vous dira que tout ce qu’il a pu lire sur le tueur de Nice ces derniers jours ne lui apprend strictement rien sur les motivations de son acte. Il battait sa femme ? Plein d’hommes battent leur femme, c’est très grave mais cela ne fait pas d’eux de futurs criminels de masse. L’offre de Daech s’adresse à des gens qui peuvent être issus de n’importe quel quartier, qui peuvent être des convertis récents ou des pratiquants de longue date, des gens posés ou des personnes instables, des gens tristes ou des personnes heureuses... Le génocidaire hutu était capable de tuer ses voisins simplement parce que Radio Mille Collines lui avait dit : « Ce sont des cafards, il faut aller les tuer. » Il était responsable de son acte, ce n’était pas un malade mental, chacun avait ses propres raisons de commettre ces atrocités. L’important, c’est donc bien la rencontre d’un individu avec l’offre qui lui est faite — et ce qu’il espère en retirer. En l’occurrence, pour celui qui répond à Daech, une semaine de gloire médiatique que rien ni personne ne pourrait lui offrir...

    Craignez-vous qu’une partie de la population ne finisse par se retourner contre les Français musulmans ?

    La situation se tend. La population arabo-musulmane issue de l’immigration postcoloniale — désormais française à part entière — n’a pourtant rien à voir avec ces histoires et compte de très nombreuses victimes dans les attentats. Mais il faut un bouc émissaire... Quand j’entends un homme politique proposer comme première mesure après le massacre de Nice d’interdire le voile, alors qu’on sait que plusieurs femmes portant le voile ont été tuées à Nice, je me dis : « Quelle indécence ! Quelle irresponsabilité ! » Etre candidat à la présidentielle et faire exactement ce que Daech attend de vous...