#attention

  • John Berger sur l’« #attention créative » chère à Simone Weil
    http://www.monde-diplomatique.fr/1991/12/BERGER/44030
    http://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L650xH825/insane-72b9e.jpg

    En 1942, la philosophe Simone Weil a écrit : « La charité du prochain, faite d’attention créative, est analogue au génie. » En écrivant ceci, elle ne pensait certainement pas à l’art. « La plénitude de l’amour du prochain, dit-elle, c’est simplement d’être capable de lui demander : “Quel est ton tourment ?”. C’est savoir que le malheureux existe, non pas comme une unité dans une collection, non pas comme un exemplaire dans la catégorie sociale étiquetée “malheureux”, mais en tant qu’homme, exactement semblable à nous, qui a été un jour frappé d’une marque inimitable par le malheur. Pour cela il est suffisant, mais indispensable, de savoir poser sur lui un certain regard. »

    Le portrait, par Géricault, de l’homme aux cheveux ébouriffés, au col défait et aux yeux qu’aucun ange gardien ne protège, représente parfaitement l’« attention créative », et matérialise ce « certain regard » auxquels Simone Weil fait allusion.

    cc @opironet

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  • Julien Gracq et la « couche de non-savoir, de non-chaloir, de non-lire, de non-voyager qui [protège] » (1974)

    Tout comme la couche d’air qui nous entoure protège les Terriens contre la continuelle agression cosmique, il existait, il a longtemps existé autour d’eux une couche de non-savoir, de non-chaloir, de non-lire, de non-voyager, qui protégeait leur quiétude d’esprit contre le bombardement tellurique continu des Nouvelles, et qui l’a protégée plus longtemps encore contre celui, plus corrosif encore, des Images. On commence à s’apercevoir, maintenant que notre civilisation la dissipe, que cette couche isolante était vitale. Physiquement, l’homme ne vit pas nu, spirituellement aussi c’est un animal à coquille. Et les effets de ce mortel décapage sont devant nous : érosion continue et intense de toutes arêtes vives, de toute originalité – réduction progressive du refuge central, du for intérieur — contraction frileuse de l’esprit tout – entier exposé sur toute sa surface, comme une pellicule fragile, aux bourrasques cinglantes qui soufflent sur lui de partout, irritation à fleur de peau, état de prurit et de gerçure. On est « mal dans sa peau » : certes c’est bien dit ! à condition de savoir l’entendre. L’esprit longtemps en a eu une, et épaisse, et sainement cornée : il n’a plus qu’une muqueuse.

    Julien Gracq, Lettrines 2, éditions José Corti, 1974, page 66. [Les italiques sont de Gracq]. via @philippe (Arnaud, celui de Zinc)

    #attention #déconnexion #vie #tmi

    https://seenthis.net/messages/556720 via tbn


  • Mes premières méthodes de travail, par Oriane | Haute Résolution
    http://hauteresolution.net/blog/articles/la-these-chez-moi-ou-mes-premieres-methodes-de-travail/11

    après le café, la matinée est dévolue aux lectures théoriques et au travail sur texte. L’ordinateur n’est pas allumé. On travaille hors-ligne (oui, c’est important). Pourquoi le matin ? Tout simplement parce que lire m’est plus agréable le matin avec un café chaud…
    L’après-midi est dévolue, après manger, aux mails, puis au travail qui nécessite l’informatique : recherches bibliographiques, travail sur corpus, travail sur les outils, écriture…

    #thèse #écrire #travail #écran #internet #attention

    http://seenthis.net/messages/495899 via Fil


  • How Technology Hijacks People’s Minds — from a Magician and Google’s Design Ethicist — Tristan Harris
    https://medium.com/@tristanharris/how-technology-hijacks-peoples-minds-from-a-magician-and-google-s-design-eth

    living moment to moment with the fear of missing something isn’t how we’re built to live.
    And it’s amazing how quickly, once we let go of that fear, we wake up from the illusion. When we unplug for more than a day, unsubscribe from those notifications, or go to Camp Grounded — the concerns we thought we’d have don’t actually happen.
    We don’t miss what we don’t see.
    The thought, “what if I miss something important?” is generated in advance of unplugging, unsubscribing, or turning off — not after. Imagine if tech companies recognized that, and helped us proactively tune our relationships with friends and businesses in terms of what we define as “time well spent” for our lives, instead of in terms of what we might miss.

    http://timewellspent.io

    #design #temps #attention #soin #piège #fomo #manipulation #réseaux_sociaux #santé_mentale #attention

    https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*7Gt5k-6sigW8e1QoLARuYg.png

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  • Le ’Bénévolat valorisé’ | Soutenir Framasoft
    https://soutenir.framasoft.org/node/add/benevalo

    il est capital pour l’association de rendre compte de l’activité des bénévoles et de pouvoir chiffrer cette activité en équivalence financière.
    Cela permet de confirmer que Framasoft, malgré un secteur lucratif important (ventes sur EnVenteLibre, prestations…), reste bien une association majoritairement non lucrative.

    Pour nos bilans moraux et financiers annuels, nous avons besoin de calculer ce bénévolat valorisé.

    Pour cela, le formulaire ci-dessous doit être rempli par tous les bénévoles chaque fois qu’ils terminent une tâche pour l’association (ou au moins de manière régulière).

    Il n’est pas nécessaire d’être hyper précis, vous pouvez notez vos heures à la louche . Mais les informations saisies doivent être – autant que possible – correctes et vérifiables (inutile de « gonfler » les chiffres).

    Il faut juste indiquer :

    – votre pseudo + email (vous pouvez créer un compte pour aller plus vite et pouvoir rectifier si besoin)
    – quand vous avez effectué cette tâche ? combien d’heures ça vous a pris ?
    – quel type de tâche ? pour quel projet ? (éventuellement à détailler en bas du formulaire : URL, commentaire…)
    – quelle qualification vous estimez qu’il faut avoir ? (quel « salaire » vous auriez trouvé juste de recevoir : expert=18€/h ; qualifié=13€/h ; non-qualifié ou je ne sais pas=9€/h)

    #bénévolat #valorisation #bénévalo #temps #attention #soin

    http://seenthis.net/messages/491822 via Fil


  • We Are Hopelessly Hooked | The New York Review of Books (Jacob Weisberg, 25 février 2016)
    http://www.nybooks.com/articles/2016/02/25/we-are-hopelessly-hooked

    Some of Silicon Valley’s most successful app designers are alumni of the Persuasive Technology Lab at #Stanford, a branch of the university’s Human Sciences and Technologies Advanced Research Institute. The lab was founded in 1998 by B.J. Fogg, whose graduate work “used methods from experimental psychology to demonstrate that computers can change people’s thoughts and behaviors in predictable ways,” according to the center’s website. Fogg teaches undergraduates and runs “persuasion boot camps” for tech companies. He calls the field he founded “captology,” a term derived from an acronym for “computers as persuasive technology.” It’s an apt name for the discipline of capturing people’s #attention and making it hard for them to escape. Fogg’s behavior model involves building habits through the use of what he calls “hot triggers,” like the links and photos in Facebook’s newsfeed, made up largely of posts by one’s Facebook friends.

    (…) As consumers, we can also pressure technology companies to engineer apps that are less distracting. If product design has a conscience at the moment, it may be Tristan Harris, a former B.J. Fogg student at Stanford who worked until recently as an engineer at Google. In several lectures available on YouTube, Harris argues that an “attention economy” is pushing us all to spend time in ways we recognize as unproductive and unsatisfying, but that we have limited capacity to control. #Tech_companies are engaged in “a race to the bottom of the brain stem,” in which rewards go not to those that help us spend our time wisely, but to those that keep us mindlessly pulling the lever at the casino.

    Harris wants engineers to consider human values like the notion of “time well spent” in the design of consumer technology. Most of his proposals are “nudge”-style tweaks and signals to encourage more conscious choices. For example, Gmail or Facebook might begin a session by asking you how much time you want to spend with it that day, and reminding you when you’re nearing the limit. Messaging apps might be reengineered to privilege attention over interruption. iTunes could downgrade games that are frequently deleted because users find them too addictive.

    A propos de quatre bouquins :

    Reclaiming Conversation: The Power of Talk in a Digital Age, by Sherry Turkle

    Alone Together: Why We Expect More from Technology and Less from Each Other, by Sherry Turkle

    Reading the Comments: Likers, Haters, and Manipulators at the Bottom of the Web, by Joseph M. Reagle Jr.

    Hooked: How to Build Habit-Forming Products, by Nir Eyal with Ryan Hoover

    #écrans #conversation #commentaires #addiction #critique_techno #temps #déconnexion via @opironet

    http://seenthis.net/messages/475576 via tbn


  • La #curation collaborative de données | Pierre Levy’s Blog
    https://pierrelevyblog.com/2016/03/11/la-curation-collaborative-de-donnees

    (…)

    La gestion des connaissances

    Une équipe de travail, une entreprise quelconque – qu’elle soit publique, privée ou associative – se trouve dans la nécessité de « gérer ses connaissances » pour atteindre ses buts. Le terme de gestion des connaissances a commencé à être utilisé vers le milieu des années 1990, au moment même où naissait le Web et alors que l’idée d’une économie basée sur les savoirs et l’innovation commençait à s’affirmer. L’un des principaux fondateurs de cette nouvelle discipline, Ikujiro Nonaka (né en 1935), s’est attaché à décrire le cycle de création des connaissances dans les entreprises en insistant sur la phase d’explicitation des savoir-faire pratiques. A la suite de Nonaka, de nombreux chercheurs et praticiens ont tenté de déterminer les meilleures méthodes pour expliciter les savoirs tacites – nés de l’expérience – afin de les conserver et de les diffuser dans les organisations. Les premiers outils de gestion des connaissances étaient assez rigides et centralisés, à l’image de l’informatique de l’époque. On met en place aujourd’hui (2016) de véritables médias sociaux d’entreprise, dans lesquels les collaborateurs peuvent repérer mutuellement leurs compétences, créer des groupes de travail et des communautés de pratique, accumuler des ressources et partager des données. Indépendamment des outils techniques utilisés, la gestion des connaissances est une dimension transversale de toute entreprise. Cette épistémologie appliquée inclut la conservation des savoirs et savoir-faire, le développement des compétences et des ressources humaines, l’art de créer et de diffuser les connaissances. De fait, en observant les pratiques contemporaines dans les médias sociaux d’entreprise qui supportent la gestion des connaissances, on découvre que l’une des principales activités se trouve être justement la curation collaborative de données.

    Il existe donc une pratique commune à de nombreux secteurs de la culture mondiale contemporaine, pratique dont les cloisonnements sociaux et la disparité des jargons professionnels dissimulent l’unité et la transversalité. Je fais l’hypothèse que la curation collaborative de données est le support techno-social de l’#intelligence_collective à l’époque du médium algorithmique : écrire et lire… sur des flots de données.

    #veille #attention #médias_sociaux #algorithmie #travail #cognitariat

    Tout en sachant que, comme le précise le billet qui suit :

    (…) l’explicitation totale du savoir tacite est hors de portée, comme l’a bien montré Michael Polanyi.

    Dans le médium algorithmique, le savoir explicite prend la forme de données catégorisées et évaluées. Le cycle de transformation des savoirs tacites en savoirs explicites et vice versa prend place dans les médias sociaux, où il est facilité par une conversation créative civilisée : les compétences intellectuelles et sociales (ou morales) fonctionnent ensemble !

    https://pierrelevyblog.com/2016/03/16/la-literacie-en-curation-de-donnees

    http://seenthis.net/messages/475540 via tbn


  • Votre #attention est rare, et chère, par @xporte
    http://www.franceculture.fr/emissions/la-revue-numerique/votre-attention-est-rare-et-chere

    On voit donc qu’il est insuffisant d’analyser cette question de l’attention sous l’angle de la seule #morale personnelle (« moi j’ai mes trucs pour rester attentif ») mais qu’il y a quelque chose de profondément politique dans cette question. Au point que Matthew Crawford propose une solution très séduisante : il faut considérer l’attention comme un bien commun. Au même titre que d’autres ressources menacées de rareté ou de dégradation – l’eau ou l’air par exemple -, il faudrait imaginer une gestion de l’attention qui ne soit pas ni publique (parce que si l’Etat a le monopole de la gestion de l’attention, on peut craindre le pire), ni privée (ça c’est ce qu’on connaît et c’est pas top), mais commune donc. On pourrait décider collectivement de ce qu’on accepte comme sollicitations au lieu de laisser chacun dans l’illusion de sa pseudo autonomie. Il y a de l’utopie là-dedans, certes, mais ça a au moins le mérite de montrer que si on ne fait pas de l’attention une question #politique, on en restera à se plaindre de l’impolitesse de nos semblables, ce qui est peu fertile.

    Et donc je découvre ce bouquin que je vais m’empresser de me procurer (et qui devrait intéresser @mona notamment) :

    Matthew B. CRAWFORD - Éditions La Découverte
    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Contact-9782707186621.html
    http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/DEC/P2/9782707186621.GIF

    http://seenthis.net/messages/463813 via tbn



  • Footballeur : joue et ferme ta gueule
    http://akram-belkaid.blogspot.fr/2015/11/footballeur-joue-et-ferme-ta-gueule.html

    Extraits d’un entretien accordé par Emmanuel Petit, qui vient de publier Franc-tireur, éditions Solar, 232 pages, 18,90 euros à l’hebdomadaire France Football le 16 septembre 2015.

    Emmanuel Petit : (…) quand on ne veut pas entendre quelqu’un, on le marginalise pour le décrédibiliser. Au pire, c’est un malade, au mieux, un écorché vif. De façon générale on n’accepte pas que des joueurs représentatifs puissent avoir une réflexion. On veut qu’ils soient cantonnés à leur valeur marchande, à leur image marketing. Et s’ils peuvent servir d’exemple aux gamins, c’est tout bénéf. Mais qu’un sportif s’exprime sur un fait de société, qu’il donne son avis, qu’il sorte de son pré carré, et il se fait allumer. Regardez Lilian (Thuram), ce qu’il se prend sur les réseaux sociaux ! La génération actuelle a compris ça. Ils ont compris que l’image est l’élément essentiel de leur carrière. En parlant, ils ont peur que cette image soit écornée. Les sportifs sont considérés comme des gueux, des gens avec deux neurones. C’est vrai que certains font tout pour que les préjugés aient la vie dure. Mais si Beckham est une telle icône marketing, c’est parce qu’il ne dit rien sur rien, parce qu’il est lisse. Cette obsession de l’image, cet égoïsme, nuit à l’équipe de France.

    France Football : C’est-à-dire ?

    C’est-à-dire que quand on joue en équipe nationale, on doit être un ambassadeur de son pays. On doit oublier le marketing, l’image, parce que la sélection a une dimension presque citoyenne. Or toutes les normes du milieu pro vous poussent à ne pas penser à cela. Il faut sans cesse rappeler cette priorité. Mais la sélection est devenue un passage obligé pour valoriser son image.

    France Football : Vous dites cela parce que vous avez quelques années de plus, mais étiez-vous conscient de ce rôle lorsque vous étiez en bleu ?

    J’avais ce recul. Et mes coéquipiers également. On avait des discussions sur tout. On n’était pas d’accord, on avait des avis différents sur plein de sujets mais on se respectait parce qu’on assumait quand il s’agissait de défendre son avis. Aujourd’hui, on fait signer des chartes aux joueurs pour leur demander de ne pas évoquer les sujets politiques, religieux. On les cantonne au foot, au cul et à la bagnole. Comme ça, il n’y a pas de risque.

    #football #attention (mutilée) ; surtout plus jamais de Sócrates !

    http://seenthis.net/messages/426609 via tbn


  • Moins de concentration que les poissons rouges à cause des #écrans
    http://www.franceinfo.fr/emission/nouveau-monde/2014-2015/moins-concentres-qu-un-poisson-rouge-cause-des-ecrans-18-05-2015-06-50
    http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/asset/images/2015/05/goldfish-365083_640.jpg

    Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont interrogé 2000 personnes au Canada sur leurs pratiques en matière de nouvelles technologies et étudié les électroencéphalogrammes de 112 volontaires. Ils en concluent que si l’on se concentre moins longtemps c’est que l’on est plus avide d’informations et que l’on est plus apte à faire le tri entre ce qui nous intéresse et ce qui ne nous intéresse pas.

    #information #attention #selon_une_étude_récente (bon bien sûr, toute la question reste de savoir ce qui reste de cette dispersion… Du point de vue de la #mémoire, nous gardons un peu d’avance sur les poissons rouges, pas de panique)

    http://seenthis.net/messages/371504 via tbn