• « Pourquoi on n’a aucun mal à dire coiffeuse et beaucoup plus à dire professeuse »
    https://www.slate.fr/story/156221/feminisation-metiers-pouvoir

    Auteure, professeure... On voit surgir de nombreux néologismes pour qualifier certains métiers exercés par les femmes. Pourtant, des mots existaient déjà depuis des siècles pour les décrire. Petite histoire d’une tentative d’effacement.

    Beaucoup de très bonnes choses dans ce papier :

    Certaine fonctions au féminin passent pour avoir désigné l’épouse de l’homme qui l’occupait. Il s’agissait d’un usage sans valeur sémantique. Ainsi l’épouse se voyait décerner le titre féminisé de son mari à une époque où ces professions étaient fermées à la gent féminine, ce que le linguiste #Bernard_Cerquiglini appelle le « #féminin_conjugal » qu’il qualifie de « grammaticalement scabreux » :

    « Le mauvais usage de la langue, c’est celui-là : celui qui consiste à interférer dans le parallélisme des formes masculine et féminine d’un même mot en y introduisant cette dimension conjugale. Ce sous-entendu de “femme de…” est un parasitage de la vraie nature de la langue. »

    (...) Auteur, comme professeur, est un métier bloqué dans sa forme masculine. Il s’est récemment féminisé en auteure, qui est là encore inaudible à l’oral, alors que le féminin d’auteur existe : c’est #autrice. Mais il a disparu de l’usage alors qu’on a bien traductrice, éditrice, actrice, locutrice, créatrice, oratrice, spectatrice, amatrice, agricultrice, factrice, tutrice, sénatrice, inventrice, fondatrice. Et même, torréfactrice.

    Autrice vient du latin auctrix, féminin d’auctor qui a donné auteur en français. Une variante genrée que l’italien a su conserver avec autrice, féminin d’autore (auteur) ; tout comme actrice se dit attrice, féminin d’attore. Autrice a donc une vraie légitimité historique et linguistique, contrairement à auteure, qui est un néologisme récent.

    L’emploi du mot autrice en France est attesté dès le Moyen-Âge. Il est défini dans le Dictionnaire du moyen français (DMF) comme « femme qui compose un ouvrage ». La plupart des linguistes et historiens imputent sa disparition à la création de l’Académie française en 1635. C’est le moment où autrice devient l’objet de violents débats qui aboutiront à l’utilisation d’auteur en terme générique.

    (...) #Aurore_Evain a étudié l’évolution du terme en parallèle à celui d’actrice :

    « La survalorisation de l’actrice à l’époque moderne a participé à l’effacement de la femme qui écrit, l’autrice, figure devenue illégitime et innommable en français moderne. À travers la bataille des mots, s’est jouée une guerre symbolique, qui a permis la consécration de la créature au détriment de la créatrice. Le XVIIe siècle a vu l’éradication d’autrice. »

    (...) Le point commun de ces métiers réfractaires à la variation genrée : leur statut élitiste et valorisé. Ils sont liés à des postes de direction ou des métiers intellectuels. Pour la linguiste Maria Candea :

    « C’est comme si une règle de grammaire marchait en fonction du salaire. Plus le salaire est bas, plus on accorde en genre. Plus il est haut, plus le masculin s’impose. »

    (...) La linguiste #Maria_Candea en a fait un combat : « L’#Académie invente des règles pour bétonner son idéologie sexiste, pour renforcer le masculin. Les académiciens n’ont pas désarmé même après avoir perdu toute autorité dans le domaine de la grammaire. Dans leur seule et unique grammaire, publiée dans les années 1930, qui a été la risée de tout le monde pour son amateurisme, ils avaient trouvé moyen, entre autres, d’essayer d’imposer une nouvelle règle en ce sens. Ils ont voulu empêcher que le pronom “certains, certaines” reste variable en genre ! Ils voulaient rendre le féminin “certaines” incorrect, comme ils avaient, par le passé, réussi à rendre d’autres accords incorrects. Cette histoire semble leur tenir énormément à cœur. »

    (...) #Chrystel_Breysse, socio-linguiste, ironise : « Si l’on suit l’Académie française qui revendique le masculin comme le genre non marqué, pourquoi alors ne pas mettre tous les noms de métier au masculin ? Pourquoi ne pas dire : Madame l’infirmier, Madame le boulanger, l’acteur français Brigitte Bardot ou le chanteur Dalida ? Pourquoi féminiser certains métiers et pas d’autres ? »

    (...) L’éminent Alain Rey, lexicographe et père du Petit Robert, s’est récemment fourvoyé dans un article du Figaro. Il revient sur le masculin et le féminin qu’il décrit comme arbitraires concernant les choses et les animaux : « On dit une girafe et pourtant on pense au mâle. Comme on croit que le crapaud est le mari de la grenouille. Or, ce sont deux espèces différentes […] Mais l’arbitraire de la langue est une donnée première contre laquelle on ne peut absolument rien ! »

    Alain Rey semble oublier que tous les #animaux domestiqués et certains animaux sauvages sont marqués en genre : chien-chienne, chat-chatte, bélier-brebis, bouc-chèvre, cochon-truie, cheval-jument, taureau-vache, buffle-bufflonne, lion-lionne, etc. Ces animaux-là sont bien marqués en genre. L’arbitraire ne touche les noms d’animaux que lorsqu’ils ont une moindre interaction avec les humains. La langue française, comme la société, sont éminemment genrées.

    #histoire #langue #femmes

    https://seenthis.net/messages/665430 via intempestive


  • Auteur, auteure ou autrice ? | Page Seauton | Audrey Alwett
    http://www.audreyalwett.com/auteur-auteure-ou-autrice
    http://www.audreyalwett.com/wp-content/uploads/2016/02/costauds30.jpg

    [Richelieu] a créé l’Académie Française et a ordonné à cette institution, composée uniquement d’hommes, d’effacer les femmes de la vie intellectuelle et politique.
    (...) À l’époque, on disait #philosophesse, #poétesse, #autrice, #mairesse, #capitainesse, #médecine, #peintresse, etc. Tous ces mots ont été supprimés pour ne garder que leur masculin

    https://seenthis.net/messages/574038 via Fil


  • Manifeste pour une écriture libre dans la lignée des Nuits Debout.
    http://www.psychee.org/blog/manifeste-pour-une-ecriture-libre-dans-la-lignee-des-nuits-debout

    Pour une majorité d’entre nous — auteurs et autrices —, le modèle proposé par les industries culturelles ne fonctionne plus. Pire, ce système censé nous protéger n’a fait qu’aggraver la situation. Prenant acte de celle-ci, il est temps de poser les bases d’une alliance et d’inventer des solutions qu’aucune institution, parti, gouvernement ou industrie ne nous apportera. Car sans une refonte complète, ce n’est pas seulement ce système qui court à sa perte : c’est la création tout entière, et avec elle celles et ceux qui la rendent possible.

    #auteurs #autrices #création

    http://seenthis.net/messages/486364 via fzs600


  • Des chiffres et des lettres : la question de la #rémunération des écrivains | L’odeur de la ville mouillée
    https://lodeurdelavillemouillee.wordpress.com/2015/10/15/des-chiffres-et-des-lettres-la-question-de-la-rem

    Étant à la fois traductrice et #autrice (je vous assure on reviendra sur le mot « autrice », chaque chose en son temps) je perçois de la part d’éditeurs des droits d’auteur relatifs aux #livres que j’ai écrits et à ceux que j’ai traduits. Et c’est là que je ne m’explique toujours pas comment je peux, d’un côté, refuser des tarifs ridiculement bas pour mes traductions, mais accepter des tarifs ridiculement bas pour mes propres livres. Je vais même vous avouer une chose dont je ne suis pas fière du tout : j’ai publié mon premier livre sans aucune avance. Rien. Nada. Zéro. Que dalle. Cela flattait tant mon égo de voir mon livre publié avec dessus le nom d’une maison prestigieuse que j’ai dit oui. C’est-à-dire que j’ai moi-même intégré l’idée qu’écrire n’est pas un #travail qui mérite #salaire. Autre fait amusant : si je compare les montants que m’ont rapportés comparativement mon premier livre et ma première traduction, je constate que ma première traduction s’est vendue deux fois moins que mon premier livre, mais m’a rapporté cinq fois plus. Parce que pour une traduction, on a trouvé légitime de payer mon travail, indépendamment des ventes de l’ouvrage. En revanche, pour un texte que j’avais écrit, je devais déjà être contente d’être publiée. Et je l’étais, c’est ça le pire.

    Et il en va de même pour la plupart des auteurs. On peut se baser pour cela sur le dernier baromètre des relations auteurs-éditeurs publié par la Société Civile des Auteurs Multimédias (SCAM) en mars 2015 où l’on peut lire : « Seul un auteur sur deux (49%) se voit aujourd’hui proposer systématiquement des contrats avec un à-valoir. Plus de la moitié des auteurs n’en perçoivent que « quelquefois » (29%) ou « jamais » (22%). Qui plus est le montant de ces à-valoir est à la baisse. Ainsi près des trois quarts des à-valoir proposés dans les derniers contrats sont inférieurs à 3.000 euros. Aujourd’hui, 38% des auteurs concernés par un à-valoir ont perçu pour leur dernier contrat un à-valoir inférieur à 1.500 euros et 28% d’entre eux, un à-valoir supérieur à 3.000 euros. »

    On imagine aisément que quand vous êtes payé moins de 3000 euros pour un, deux, cinq ans de travail ou plus, les revenus accessoires que sont les interventions en milieu scolaire ou les tables rondes puissent être des revenus non plus accessoires, mais indispensables.

    http://seenthis.net/messages/418672 via Agnès Maillard


  • Voltaire n’a jamais dit : « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai… »
    http://www.projet-voltaire.fr/blog/actualite/voltaire-citation-apocryphe-je-ne-suis-pas-daccord-avec-vous

    On doit cette phrase à…

    … l’Anglaise #Evelyn_Beatrice_Hall qui, dans un livre, The Friends of Voltaire , publié en 1906 sous le #pseudonyme de S. G. Tallentyre, utilisa la célèbre formule pour résumer la pensée voltairienne. « « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it », was his attitude now », écrit-elle. Elle confirmera par la suite que c’était sa propre expression et qu’elle n’aurait pas dû être mise entre #guillemets. Qu’elle soit due à la maladresse de l’auteur ou de l’éditeur, la citation a été rapidement traduite en français avant de connaître le succès que l’on sait.

    #autrice

    http://seenthis.net/messages/417108 via touti