• Le sexe des villes
    http://rebeccarmstrong.net/2050-le-podcast-ep-57-le-sexe-des-villes-en-2050-avec-yves-raibaud

    Yves Raibaud est géographe du genre. C’est à Bordeaux que je l’ai rencontré en début d’année. C’est la lecture de son live « La ville faite par et pour les hommes » qui m’a donné envie de partager avec lui une conversation tournée vers 2050… Femmes, villes, pratiques sportives, hommes : une discussion passionnante qui bouleverse notre façon de voir et vivre les villes… A l’heure de la mobilisation post #BalanceTonPorc et #MeToo il est intéressant de regarder les espaces publics et ce qu’ils peuvent générer d’emprise masculine au détriment des femmes. Durée : 46 min. Source : #2050 le podcast

    https://seenthis.net/messages/686648 via Rezo


  • Sandra Muller : « Ce n’est pas parce qu’on protège les femmes qu’on va entraver leur liberté sexuelle »
    http://www.liberation.fr/france/2018/02/09/sandra-muller-ce-n-est-pas-parce-qu-on-protege-les-femmes-qu-on-va-entrav

    Sandra Muller, 46 ans, est la créatrice du hashtag controversé #BalanceTonPorc, qui a mis le feu à Twitter le 13 octobre. Dans deux tweets consécutifs, cette journaliste française installée à New York appelait à dénoncer nommément les harceleurs et leurs pratiques. Pour Libération, elle a accepté, avec fougue, de revenir (par téléphone) sur les raisons de son initiative, trois mois après le début du mouvement international de libération de la parole féminine, auquel #BalanceTonPorc a contribué. Ces dernières semaines, Sandra Muller avait observé un « silence judiciaire » requis à la suite de la plainte en diffamation d’Eric Brion, son « porc » présumé et ancien patron de la chaîne Equidia qu’elle avait « balancé » dans son deuxième tweet.
    Pourquoi accepter de vous exprimer maintenant ?

    Aujourd’hui, je suis devenue une personnalité publique, et c’est mon devoir de continuer à assumer ma démarche. Je pense aux victimes et je me dis qu’il ne faut jamais lâcher et laisser retomber le débat. J’avais beaucoup parlé au début du mouvement, j’acceptais tous les entretiens des journalistes, c’était un peu la spirale infernale médiatique. Mais bon, je suis moi-même journaliste et je n’aime pas lorsqu’on me refuse une interview, donc c’était aussi par respect pour mes confrères. J’ai été ensuite soumise au respect du « silence judiciaire » durant quelque temps, après la poursuite en diffamation d’Eric Brion, mais j’ai à nouveau le droit de m’exprimer. J’en profite !
    Où en est cette poursuite en diffamation ?

    Début janvier, Eric Brion a décidé de porter plainte contre moi pour diffamation. Un changement de stratégie illogique puisqu’il avait reconnu les faits et s’était excusé fin décembre dans une tribune publiée par le Monde. Une fois la plainte déposée, il m’a aussi, via une mise en demeure, demandé de retirer mon tweet. J’ai refusé. Avec moi, l’intimidation, ça ne marche pas. Et puis ça ne rimait à rien : le tweet avait fait le tour du monde avec des captures d’écran… Je n’allais pas faire machine arrière, j’ai dit la vérité, je ne vois pas pourquoi je devrais la cacher. Concernant le calendrier judiciaire, je sais seulement que mon avocat doit rendre ses conclusions au tribunal le 9 mai.
    Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

    Cette attaque en justice me donne encore plus de hargne ! Aujourd’hui, j’ai décidé de m’engager à fond dans la cause, en parallèle de ma carrière professionnelle. J’ai un livre en préparation et je suis en train de fonder une association pour lutter contre le harcèlement sexuel et les agressions dans le milieu du travail. J’aimerais suivre les entreprises pour voir si elles font des progrès en la matière, créer un fonds d’aide pour les victimes, offrir une aide juridique et psychologique… Avec mon avocat, Alexis Guedj, et son assistante Thaïs Boukella, on vient de juste déposer le nom de l’association : We Work Safe (1).
    Comment avez-vous traversé la période depuis le 13 octobre, ce jour où vous avez lancé #BalanceTonPorc ?

    Ce n’est que cinq ou six heures après mon tweet que j’ai vu les notifications dans tous les sens sur mon téléphone. J’étais déjà dépassée. Tout de suite, trop de médias, de tous pays, m’ont sollicitée et je n’étais pas prête pour tout ça. Alors je me suis mise en mode robot, sans avoir préparé aucun discours, et j’y suis allée avec mes tripes. Je n’ai vite plus vu le jour, j’étais crevée – sur une photo de l’AFP datant de deux jours après le début du mouvement, je ne me reconnais pas ! Aujourd’hui, j’en suis à 800 000 messages reçus concernant #BalanceTonPorc, c’est la folie. Le fait de vivre aux Etats-Unis ne m’a pas permis de prendre tout de suite conscience de l’ampleur du phénomène en France. Ce n’est que le 30 janvier, lorsque j’ai été invitée par l’Elysée et célébrée parmi les « héros 2017 » que j’ai pleinement réalisé les conséquences de mon initiative.
    Comment vous est venu #BalanceTonPorc ? Pourquoi avoir fait le choix de dévoiler dans votre tweet le nom de votre harceleur présumé ?

    C’était à l’heure du thé, j’étais avec une amie au téléphone et on se disait que les « pigs », comme était surnommé Harvey Weinstein, déjà en pleine tourmente, ne se limitaient pas seulement au monde du cinéma. J’ai tout de suite pensé à Eric Brion. Cette soirée m’est revenue en tête, surtout cette phrase : « Je vais te faire jouir toute la nuit. » Je voulais que ces propos restent dans l’esprit des gens comme ils étaient restés dans le mien. Pourquoi avoir décidé de donner son nom ? Sur le coup, la menace de la diffamation ne m’a même pas traversé l’esprit. Et puis, pourquoi je ne l’aurais pas mis ? A un moment donné, quand on dit la vérité, qu’on a toutes les preuves, je ne vois pas pourquoi on devrait continuer à protéger les harceleurs et autres agresseurs. Cela a sans doute aussi été plus facile pour moi parce que je ne travaillais pas avec cet homme [l’incident se serait produit dans le cadre du travail, au Festival de Cannes : Sandra Muller est journaliste à la Lettre de l’Audiovisuel et Eric Brion était à l’époque patron de la chaîne Equidia, ndlr].
    Certains dénoncent une « chasse aux sorcières » et de la « délation »…

    C’est recevable : comme dans un commissariat de police, certaines dépositions sont fausses. Pareil dans les manifestations, il y a des casseurs qui vont contredire le bien-fondé de l’action menée. Evidemment, le risque de mettre en l’air, à tort, la vie d’un homme me navre, et il peut y avoir des « dommages collatéraux ». Mais le bienfait du mouvement est tellement important ! Et il y a plus de victimes que de mythomanes. Aux Etats-Unis, on ne se pose pas trop la question, on n’hésite pas à dénoncer : il y a une culture de l’affichage, et peu d’innocents ont été « balancés » à tort sur la place publique. Il faut arrêter de faire passer les victimes pour les bourreaux, n’inversons rien.
    Que pensez-vous de la tribune des « 100 femmes », dont Catherine Deneuve et Catherine Millet, qui défendaient le « droit d’importuner » dans « le Monde » ?

    Elle m’a paru invraisemblable, rien n’était cohérent. Mais je ne suis pas là pour entrer dans le conflit, alimenter le buzz et donner de la valeur à leur argumentation erronée. Tout ce que je peux vous dire, c’est que cette tribune donne une très mauvaise image de la France et qu’elle a surtout déstabilisé certaines victimes. Bien sûr, tout le monde a le droit d’expression, mais ce genre d’acte de désolidarisation a découragé certaines femmes à libérer leur parole. Certaines d’entre elles m’ont envoyé des messages pour me faire part de leur hésitation. Du style : si je parle, est-ce que je deviens une puritaine avec la croix autour du cou ?
    Cette tribune n’est pas la seule à accuser les mouvements #BalanceTonPorc et #MeToo d’alimenter un climat moralisateur, réactionnaire…

    Rose McGowan et Asia Argento sont-elles des figures du puritanisme ? Il faut arrêter un petit peu ! Ce n’est pas parce qu’on protège les femmes qu’on va entraver leur liberté sexuelle. On n’enlève rien, on ajoute seulement quelque chose de positif. Idem, certains nous accusent de vouloir entrer dans une « guerre des sexes » et je trouve cela consternant. Bien sûr que les hommes peuvent continuer à draguer, ce serait déplorable autrement, mais il y a quand même différentes étapes dans la « séduction ». Et je ne nie pas les violences sexuelles dont les hommes peuvent être victimes ! Dans le numéro du Time Magazine consacré au mouvement de libération de la parole, il y a le portrait de deux de ces hommes, et je trouve cela primordial.
    Vous considérez-vous comme féministe ?

    Si on parle de ces féministes qui signent le manifeste des 343 salopes et qui, derrière, prennent la parole au nom de la « liberté d’importuner », non merci ! Avant toute cette histoire de #BalanceTonPorc, je n’étais ni activiste, ni féministe née, ni rien du tout. Je suis simplement issue d’une famille matriarcale de trois générations dans laquelle je n’ai pas eu besoin de me faire une place par rapport aux hommes. « Silence Breaker », « briseuse de silence », comme m’a surnommée le Time Magazine, je trouve que ça me va mieux. Moi je ne me sens pas féministe, je suis une justicière, une grande gueule, et là, en l’occurrence, c’est tombé sur une cause en faveur des femmes.
    Aux USA, les « porcs » ne cessent de tomber. Que pensez-vous de ce qui se passe (ou ne se passe pas assez) en France ?

    Je crois que les femmes sont plus puissantes aux Etats-Unis et qu’on prend leur prise de parole au sérieux. Quand une femme se dit victime outre-Atlantique, on ne va pas remettre en doute ses propos comme on peut le faire en France. Au contraire, on va tout de suite écouter ce qu’elle a à dire et essayer de la protéger au mieux. Peut-être que c’est une question culturelle. En France, on a peut-être ce côté latin, un peu macho. En tout cas, c’est ce que pensent les Américains. Difficile de les contredire…

    (1) https://www.gofundme.com/balancetonporc
    Anaïs Moran

    https://seenthis.net/messages/670293 via mad meg


  • Au #Canada, les #femmes autochtones veulent en finir avec l’impunité
    Publié le 13 février 2018 à 3:02
    Tandis que les langues continuent de se délier à coup de #BalanceTonPorc et de #MeToo, au Canada, des dizaines de milliers de personnes marcheront demain, en hommage aux femmes et aux filles autochtones disparues ou assassinées.
    http://cheekmagazine.fr/societe/canada-femmes-autochtones-violence

    https://seenthis.net/messages/669148 via Palestine | فلسطين


  • http://anneetarnaud.com/descente-coeur-male-liogier

    APRÈS LECTURE DES FILS TWITTER DE #METOO ET DE #BALANCETONPORC, RAPHAËL LIOGIER A DES CHOSES À DIRE
    1 février 2018

    Ce livre éclairant et percutant nous arme intellectuellement contre l’hypocrisie gouvernant nos sociétés à la lumière de l’affaire Weinstein. Qu’est-ce qu’une femme aux yeux de nos sociétés contemporaines et comment devons-nous, collectivement, prendre conscience et réagir à ce nécessaire changement de paradigme ?

    Le livre
    http://s1.lprs1.fr/images/2018/02/06/7544562_rliogier.jpg

    Après la lecture des fils Twitter de #MeToo et de #BalanceTonPorc, Raphaël Liogier ne pouvait pas rester passif et silencieux. Jamais une déflagration d’une telle ampleur n’avait mis en lumière le système patriarcal qui gouverne nos sociétés modernes.

    L’auteur va au-delà en nous décrivant les racines de la plus profonde et de la plus longue injustice de l’histoire humaine. Les mythes fondateurs des grandes civilisations, les contes romantiques, les archétypes de Don Juan et de Casanova, et même les récits exotiques de « sociétés matriarcales » cachent une virilité négatrice de la Volonté des femmes. En fin de comptes, la négation du consentement des femmes et leur rabaissement systématique puisent leurs eaux dans la peur de leur liberté, une « angoisse de la superpuissance féminine ».

    L’agonie du système viril continue de faire des dégâts mais la modernité, finalement, commence à prendre en compte sa promesse d’égalité grâce à la révolution #MeToo. Dans cette Descente au cœur du mâle, personne n’en sort indemne. Raphaël Liogier nous invite à prendre conscience de cette injustice et de faire le pari de l’égalité, d’une transvaluation des normes en vigueur.

    Ne plus utiliser le corps des femmes pour se rassurer. Grandir avec elles au lieu de chercher à se grandir à travers elles, en les rabaissant physiquement et symboliquement. Ne plus les rendre otages de nos frustrations. Vivre avec elles l’interdépendance sans dépendance. Nous y gagnerions. Raphaël Liogier

    L’auteur

    Raphaël Liogier est Professeur des universités à l’IEP d’Aix-en-Provence et au Collège international de philosophie de Paris. Il a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels Le Mythe de l’islamisation (Seuil), La guerre des civilisations n’aura pas lieu (CNRS), ou encore Sans emploi (Les Liens qui Libèrent).

    Extrait
    J’ai la conviction que, au-delà du battage médiatique, les femmes sont aujourd’hui plus claires avec elles-mêmes que « nous ». Au moins sur ce qu’elles veulent et ce qu’elles ne veulent plus. En revanche, derrière une contenance de façade de plus en plus fragile, mes frères les hommes ont du mal à accepter l’écroulement de leur empire viril, dont le succès planétaire de #MeToo est un indéniable signe annonciateur. Ils ont du mal, j’ai du mal, nous avons du mal à redéfinir nos ambitions d’hommes, nos fantasmes d’hommes, nos comportements d’hommes, nos désirs d’hommes. Bref notre place dans le monde.
    […]

    L’enjeu est de faire enfin entrer dans les mœurs qu’un certain type de comportement n’est plus acceptable. Et, au-delà, de faire changer la façon dont sont encore couramment perçues les femmes. Au reste, cette tentative de discréditer le mouvement démontre juste la paresse de ses détracteurs qui n’ont pas pris la peine de se plonger dans le fil Twitter. Ce qui leur aurait permis de constater que l’accusation personnelle y est l’exception, la dénonciation des situations vécues, la norme. Si peu de noms pour des violences infiniment répétées. […]

    Certes, le mouvement a commencé par les femmes les mieux armées pour se défendre. Des stars en l’occurrence. Les grandes révolutions commencent souvent par la révolte des dominants parmi les dominés. Ce que sont les stars féminines : dominantes en tant que stars, mais dominées en tant que femmes. Par effet d’entraînement, les dominées parmi les dominées élèvent alors elles aussi progressivement leur voix. On ne peut discréditer un mouvement sous prétexte qu’il commencerait par ne concerner que des privilégiés. Par contre, il doit poser les bonnes questions, interroger les fondements de la société. La raison d’être de cet essai est précisément de montrer que #MeToo n’est pas un événement conjoncturel, une simple actualité éphémère. C’est l’amorce d’une des plus justes, fines, incisives et radicales critiques collectives de la Situation existentielle des femmes, qui met en question les fondements les plus archaïques et archétypaux de l’humanité.

    Pages 9, 24 et 28

    Raphaël Liogier, Descente au cœur du mâle, éditions Les Liens qui Libèrent.
    192 pages, 18,50€, parution le 8 mars 2018.


  • *Des hommes appuient #Etmaintenant*

    Vous n’êtes pas sans savoir que les mouvements #Moiaussi, #Metoo, #Balancetonporc, etc. bouleversent l’ordre (patriarcal) des choses. À la suggestion d’amies féministes, nous avons rédigé une lettre d’appui. Nous espérons que vous accepterez de la signer. Son modeste objectif est de renforcer la lutte et de montrer que des hommes s’engagent aux côtés de ces mouvements.

    Veuillez par retour de courriel me dire si vous signez et, dans ce cas positif, m’indiquer ce que l’on peut mettre à côté de votre signature.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/01/28/des-hommes-appuient-etmaintenant

    #féminisme


  • *Une déclaration commune*

    #MoiAussi, #MeToo, #Balancetonporc : depuis octobre et l’affaire Weinstein, des millions de femmes, de plusieurs pays et cultures, ont uni leurs voix pour dénoncer différentes formes de violence sexuelle. Elles ont dit : « C’est assez. » Le silence doit cesser et la honte, changer de camp.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/01/20/une-declaration-commune

    #féminisme


  • "Ce mouvement est historique. Cette parole nous permet enfin de considérer ces violences comme réelles et structurelles, relevant d’un rapport de force politique. C’est un processus de politisation des conditions d’existence d’un groupe social – les femmes – qui subissent au quotidien un continuum de violences dont la caractéristique est qu’elles sont licites. Quand bien même elles sont constituées comme un délit, elles sont licites : pour la plupart des gens, ce n’est pas vraiment une violence, ce n’est pas vraiment une agression, ce n’est pas vraiment un viol…"
    Elsa Dorlin, à propos de son livre : Se défendre, une philosophie de la violence politique.
    « #Meetoo et #balancetonporc s’apparentent à des techniques de sabotage féministe »

    https://www.bastamag.net/Meetoo-et-balancetonporc-s-apparentent-a-des-techniques-de-sabotage-femini


  • Le mouvement #MeToo émerge doucement en Chine
    https://www.numerama.com/politique/321054-le-mouvement-metoo-emerge-doucement-en-chine.html

    À l’instar des nombreuses femmes occidentales qui se sont exprimées avec les mots-clés #MeToo ou #BalanceTonPorc, les Chinoises commencent aussi à dénoncer le sexisme et le harcèlement avec #WoYeShi. Mais le mouvement peine à prendre de l’ampleur. Depuis le mois d’octobre 2017 et le déclenchement de l’affaire Weinstein, des femmes ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour témoigner du harcèlement, des menaces et des comportements sexistes qu’elles subissent dans tous les aspects de leur vie (...)

    #harcèlement #discrimination

    https://seenthis.net/messages/659810 via etraces



  • #BalanceTonPorc : la libération de la parole sous caution médiatique - Acrimed | Action Critique Médias
    http://www.acrimed.org/BalanceTonPorc-la-liberation-de-la-parole-sous
    http://www.acrimed.org/IMG/png/1_speciste.png

    L’ « affaire » Weinstein et le hashtag #BalanceTonPorc lancé le 13 octobre sur Twitter par la journaliste Sandra Muller ont provoqué un mouvement massif de libération de la parole des femmes et porté sur le devant de l’espace public et médiatique le sujet du harcèlement et des violences qu’elles subissent. Très nombreuses sont celles qui ont publié – et continuent de publier – sur les réseaux sociaux, des témoignages de harcèlements, violences et viols, en nommant parfois leurs agresseurs [1]. Parmi elles, de nombreuses journalistes, dénonçant des comportements sexistes et des violences au sein de leurs rédactions.
    Le traitement médiatique – massif – de ce mouvement interroge à bien des titres : de quoi parlent les médias depuis le lancement du hashtag ? Comment parlent-ils des violences ? À qui donnent-ils la parole ? Comment les journalistes traitent-ils des cas de violences et de harcèlement mis en lumière dans leurs propres rédactions ou dans des structures « concurrentes » ? Comment les journalistes enquêtent-ils sur le sujet ? Autant de questions que nous essaierons de traiter dans une série de trois articles.

    A suivre donc après cette première partie bien intéressante !


  • #BalanceTonPorc : la libération de la parole sous caution médiatique | Pauline Perrenot
    http://www.acrimed.org/BalanceTonPorc-la-liberation-de-la-parole-sous

    Le traitement médiatique – massif – de ce mouvement interroge à bien des titres : de quoi parlent les médias depuis le lancement du hashtag ? Comment parlent-ils des violences ? À qui donnent-ils la parole ? Comment les journalistes traitent-ils des cas de violences et de harcèlement mis en lumière dans leurs propres rédactions ou dans des structures « concurrentes » ? Comment les journalistes enquêtent-ils sur le sujet ? Autant de questions que nous essaierons de traiter dans une série de trois articles. Source : Acrimed

    https://seenthis.net/messages/653630 via Rezo


  • Qui sont les personnes les plus victimes d’insultes dans la rue ?
    http://www.20minutes.fr/societe/2183607-20171207-personnes-plus-victimes-insultes-rue

    Dans la rue, le métro, au bar, un « mademoiselle » resté sans réponse se transforme rapidement en « salope »… Depuis des mois, le harcèlement de rue et les agressions sexuelles sont sous le feu des projecteurs avec #balancetonporc, #metoo et l’intérêt politique sur la question des inégalités entre hommes et femmes. Une large étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined), l’enquête Virage (Violences et rapports de genre) (1), aide à objectiver cette violence verbale et physique subie par nombre de femmes aujourd’hui en France.

    L’Ined dessine une carte-type du harcèlement de rue https://t.co/41UXcAhJNh
    — lacroix.com (@LaCroix) December 7, 2017

    Globalement, on peut retenir que les jeunes femmes vivant dans les grandes villes sont les plus touchées par ces violences, drague en tête, harcèlement, atteinte sexuelle et insultes ensuite.

    >> A lire aussi : Les jeunes femmes des grandes villes sont les plus touchées par les violences dans les espaces publics

    C’est sur ces agressions verbales en face-à-face, un catalogue d’expressions fleuries, que se concentre la chercheuse Amandine Lebugle, qui prépare une publication pour l’été 2018. Autant de (gros) mots qui révèlent le poids du sexisme ordinaire.
    Seule violence aussi courante chez les hommes que les femmes

    Si les hommes et les femmes ne sont clairement pas égaux face au harcèlement sexuel et à la drague de rue, une seule violence touche autant les deux genres : les insultes. En effet, 8 % des femmes et 8 % des hommes interrogés ont été injuriés dans l’année écoulée. C’est la violence la plus répétée pour les hommes. Et la deuxième pour les femmes, loin derrière le fait d’être sifflé(e), interpellé(e) ou abordé(e) (20 %). Des insultes si courantes qu’elles choquent peu : 55 % des femmes et 97 % des hommes insultés déclarent que cela n’est pas grave.

    Comme pour l’ensemble des violences dans les espaces publics, elles sont l’apanage du sexe masculin : « 75 % des femmes ont été insultées par des hommes ainsi que 90 % des hommes », précise Amandine Lebugle.
    Des injures qui augmentent avec l’âge

    Autre enseignement de ce focus sur les insultes dans l’espace public : les hommes en sont victimes quel que soit leur âge. En revanche, les femmes, plus elles prennent de rides, plus elles sont ciblées par ces attaques verbales. Mais moins elles mentionnent des situations de harcèlement et d’atteinte sexuelle…

    >> A lire aussi : « Tu m’aimes, tu me respectes ». La campagne contre les violences sexuelles pour les 15-18 ans
    Et l’insulte number 1 est…

    En s’appuyant sur l’analyse de 2 300 insultes, Amandine Lebugle a catalogué les plus usitées. Et constate que les attaques varient selon le genre de la victime. Les insultes les plus fréquentes pour une femme sont « salope » (23 %), « connasse », « pute », « conne ». Pour les hommes, c’est le mot « connard » (25 %) qui se classe en tête, avant « con », « enculé », « fils de pute ». Des injures souvent amplifiées par un adjectif comme « sale », « vieux », « grosse ».

    >> A lire aussi : Injures, violences physiques, menaces... Plus de mille victimes d’infractions « anti-LGBT » ont été recensées en France en 2016
    Les femmes attaquées sur une sexualité libérée… les hommes sur l’homosexualité

    Le registre le plus mobilisé concerne la sexualité et vise surtout les femmes : 40 % des femmes contre 4 % des hommes. « On voit que les insultes faites aux femmes ont trait à une sexualité libérée, en revanche les hommes sont victimes de propos sur l’homosexualité ou la sexualité libérée de leur mère », reprend la chercheuse à l’Ined. Les femmes ont toujours tort…

    Deuxième registre identifié : l’incapacité physique ou intellectuelle. Ces attaques sur le manque d’intelligence visent plus fréquemment les hommes (45 %), même si les femmes ne sont pas en reste (30 %). « On constate que les insultes sur le registre sexuel viennent plus d’hommes et de jeunes, reprend la chercheuse de l’Ined. Alors que les femmes et les personnes plus âgées ont recours à des attaques sur l’incapacité physique et intellectuelle. »

    Enfin, dernier registre, les mots doux qui dévalorisent l’apparence physique. Certains vont s’attacher à une partie du corps, comme « la blondasse », « grosses couilles »… D’autres soulignent la répulsion physique « grosse », « naine », « habillée comme un clodo », prend comme exemple la chercheuse. « On constate une ambivalence : on reproche à une femme d’être trop attirante… mais celle qui ne l’est pas assez se fait aussi insulter », synthétise-t-elle.

    >> A lire aussi : Marlène Schiappa. « La lutte pour l’égalité femmes-hommes est un combat culturel »

    Et Amandine Lebugle de conclure : « Globalement, les stéréotypes de genre sont très présents dans les insultes dans l’espace public : dans 79 % des violences verbales à l’encontre des femmes et 77 % à l’encontre des hommes. On parle beaucoup d’insultes à caractère raciste, qui existent certes, mais cette étude montre l’importance des insultes à caractère sexiste, qui sont moins relevées. »

    Le #sexisme et les stéréotypes de #genre sont très présents dans les #insultes proférées entre inconnus dans les espaces publics pic.twitter.com/98WMjEuys1
    — Ined (@InedFr) December 7, 2017

    (1) L’enquête Virage, qui porte sur les violences interpersonnelles sur les douze mois précédents, a été réalisée en 2015 auprès de 15 556 femmes et 11 712 hommes.

    #insultes #injures #sexisme #domination_masculine

    https://seenthis.net/messages/650591 via mad meg


  • #Polytechnique face au tabou des violences sexuelles
    https://www.mediapart.fr/journal/france/061217/polytechnique-face-au-tabou-des-violences-sexuelles

    Les élèves de Polytechnique lors du défilé du 14 Juillet. © Reuters L’École polytechnique se débat de longue date avec les violences sexuelles. Les filles y sont minoritaires et se plaignent d’essuyer des remarques sexistes. Parfois, les choses sont allées plus loin avec des agressions sexuelles, et un viol signalé au procureur. Depuis quelques mois, l’administration essaie d’agir pour assainir l’ambiance.

    #France ##balancetonporc #l'IK_au_féminin #x


  • Critique de la raison empathique

    En ces temps curieux où la violence tient le haut du pavé, soit par sa manifestation soit par sa dénonciation, des déclarations des plus étonnantes osent s’énoncer, pour le moins réactionnaires. La violence, comme terrain d’action ou simple constat, peut servir de support au racisme – « l’un des objectifs de la campagne #BalanceTonPorc était de noyer le poisson de l’islam », Alain Finkielkraut 20.11.17 – et au sexisme/invisibilisation des crimes sexistes – « Après le drame de Sarcelles, les policiers “resteront armés” hors service », Franceinfo 19.11.17.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/11/26/critique-de-la-raison-empathique

    #politique


  • Charlie Hebdo, Mediapart et l’hystérie triomphante | La plume d’un enfant du siècle
    https://marwen-belkaid.com/2017/11/21/charlie-hebdo-mediapart-et-lhysterie-triomphante
    https://neewram.files.wordpress.com/2017/11/marwen-belkaid5.jpg

    Le plus abject dans toutes ces histoires n’est pourtant pas ici à mes yeux. Le plus abject en effet est que les femmes qui ont dénoncé des agissements honteux et répréhensibles pendant des semaines (harcèlements et agressions sexuels, viols) commis par Tariq Ramadan et bien d’autres, bien trop d’autres, se soient faits dépossédés de leur combat par des politiciens irresponsables et des médias complices. Alors que le sujet initial était la question des droits des femmes ainsi que du comportement et des agissements abjects d’une part considérable des hommes, nous revoilà parti dans des débats rances et identitaires. Cette confiscation de la parole est absolument insupportable, cette instrumentalisation de la parole de femmes dénonçant des agressions sexuelles et des viols l’est tout autant.

    Les #réactionnaires et identitaires ont accueilli comme du pain béni cette affaire Ramadan en cela qu’elle leur permet de faire diversion, leur grande spécialité. Alain Finkiekraut, à qui on peut reconnaitre le mérite de la franchise, n’a pas dit autre chose il y a quelques jours en expliquant que le but de « la campagne #Balancetonporc était de noyer le poisson de l’Islam » et que ledit poisson est désormais de retour grâce à Tariq Ramadan. Cet arc réactionnaire et identitaire se sert de l’Islam pour noyer la question des agressions sexuelles et viols aujourd’hui comme il se servait hier de l’Islam pour ne pas parler des questions économiques et sociales. Dans cette grande diversion dont ils sont les experts, bien aidés par des médias complices, les grands perdants sont toujours les plus dominés de notre société. Il est plus que temps de se lever contre cette dynamique morbide.

    https://seenthis.net/messages/646467 via Agnès Maillard


  • 2017 : Allons nous dire enfin stop aux violences contre les femmes ?

    Le 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences contre les femmes, arrive cette année dans une actualité brûlante. Deux semaines après que le viol d’une enfant de 11 ans ait été requalifié d’« atteinte sexuelle » par le parquet, des centaines de milliers de femmes victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles se mobilisent pour dénoncer publiquement leurs agresseurs, connus ou non, avec les hashtags #BalanceTonPorc et #MoiAussi. Le mouvement est mondial.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/11/18/2017-allons-nous-dire-enfin-stop-aux-violences

    #féminisme #violence


  • #violences_sexuelles : aux Etats-Unis, un « torrent » de révélations
    https://www.mediapart.fr/journal/international/131117/violences-sexuelles-aux-etats-unis-un-torrent-de-revelations

    Plus d’un mois après la révélation des viols et #agressions d’Harvey Weinstein, les scandales s’accumulent. Hollywood est forcé de contempler sa culture machiste. La notion de #consentement sexuel s’invite au cœur des discussions. « Nous ne sommes pas des choses ». Manifestation #metoo à Hollywood, le 12 novembre © Reuters

    #International ##balancetonporc #Donald_Trump #harcèlement


  • #metoo : les féministes hongroises ne doivent pas renoncer à éveiller les consciences
    https://hu-lala.org/feministes-hongroises-ne-doivent-renoncer-a-eveiller-consciences

    Dans cette tribune, l’éditorialiste András Jámbor interpelle les féministes hongroises sur les effets de l’affaire Weinstein en Hongrie. En substance, il les invite à se saisir de l’espace médiatique créé pour mener leur combat culturel et « socialiser » les Hongrois au #féminisme.

    Le débat public hongrois et mondial a été marqué ces dernières semaines par des discussions que les féministes hongrois-e-s auraient aimé avoir il y a vingt ans. La campagne #metoo a permis de rapporter de nombreux cas d’abus sexuels et de harcèlement. La société a dû faire face à des faits relatés auxquels nous n’avons jamais été confrontés ensemble, en tout cas sous cette forme. Et de plus en plus de cas d’abus de pouvoir ainsi rapportés ont fait tomber les personnes (...)

    #Idées ##balancetonporc #Article_payant #Discriminations #inégalités_sociales #László_Marton #Lilla_Sárosdi #Mouvement_social


  • Affaire Tariq Ramadan : le courage des unes, la stigmatisation des autres
    http://www.bondyblog.fr/201711061005/affaire-tariq-ramadan-le-courage-des-unes-la-stigmatisation-des-autres

    Depuis l’affaire Harvey Weinstein, plusieurs femmes dénoncent harcèlement sexuel, agression et viol dont elles ont été victimes à travers les hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo. En France, deux femmes accusent Tariq Ramadan et portent plainte pour viol. Alors que toutes ces femmes ont le courage de dénoncer les agissements présumés d’hommes parfois puissants et influents, d’autres en profitent pour déverser leur haine et stigmatiser.

    Affaire Tariq Ramadan

    #Affaire_Tariq_Ramadan_


  • Ramadan/DSK : indignation à géométrie variable pour Manuel Valls
    https://www.arretsurimages.net/breves/2017-11-07/Ramadan-DSK-indignation-a-geometrie-variable-pour-Manuel-Valls-id209

    Manuel Valls, le retour. À l’heure où Tariq Ramadan est visé par deux plaintes pour viol dans le sillage du mouvement #balancetonporc (lire notre article), le député de l’Essone a saisi l’occasion pour dégainer contre l’islamologue... mais aussi contre ses « complices ».

    Affaire Tariq Ramadan

    #Affaire_Tariq_Ramadan_


  • Affaire weinstein. Il s’agit désormais d’arrêter les coups
    https://www.humanite.fr/affaire-weinstein-il-sagit-desormais-darreter-les-coups-644576
    https://img.humanite.fr/sites/default/files/styles/abonnez_vous/public/images/52905.HR.jpg?itok=2VW8S-ao

    En parlant collectivement, les femmes forcent à reconnaître la réalité d’un même « ennemi principal » : non pas les hommes, non pas même les agresseurs, mais bien le système qui les génère, les fait profiter, les dote de privilèges et les protège.

    Dans le cas du sexisme, la question de la conscientisation politique est un véritable défi : il n’y a ni usine, ni ghetto rendant possible une mobilisation, comme l’évoquait Simone de Beauvoir dans le Deuxième Sexe. Un lieu où les femmes peuvent se retrouver entre elles, politiser leurs vécus et construire ensemble une lutte. Au lieu de cela, les femmes sont dispersées sur le territoire de leurs oppresseurs où la chasse au viol est ouverte toute l’année, isolées dans une réalité à la Walt Disney qui distille comme un mantra : « On ne naît pas princesse, on le devient. » Il se peut que #balancetonporc opère comme un lieu de rassemblement. Il s’agit désormais d’arrêter les coups et non de s’en remettre à l’État pour demander protection comme on demande à son mec ou à un ami de nous raccompagner le soir parce qu’on a peur – surtout quand on sait que la plupart des violences sexistes sont le fait de familiers. La parole solidaire transforme le silence en cri, la peur en rage. Elle libère nos corps puisque nous ne sommes plus seules mais des millions à qui cela arrive et qui désormais ne laisseront plus les coups nous abattre #kickyourpig.

    https://seenthis.net/messages/642706 via unagi


  • Viols. L’affaire Ramadan réveille les haines
    Adrien Rouchaleou | Mardi, 31 Octobre, 2017 | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/viols-laffaire-ramadan-reveille-les-haines-644766
    https://img.humanite.fr/sites/default/files/images/52954.HR.jpg

    (...)
    Mais loin du travail de la justice, sur la Toile, l’affaire Ramadan sert de prétexte à de violentes sorties. Côté soutiens de l’intellectuel, les tweets et commentaires vont de la mise en cause de la victime à l’antisémitisme le plus crasse, en passant par le complotisme. « En islam, comme on le sait tous, il est interdit de s’isoler avec un homme, même s’il est un proche de la famille. Elle a accepté en faisant semblant », écrit par exemple un certain Karim Kheloufi sur la page Facebook de la première plaignante. Sur YouTube, Ha’s58 y voit une « Histoire fabriqé par des juifs pour casser Tarik, c une put tout simplement » (sic.).

    En face, les adversaires de toujours de Tariq Ramadan n’hésitent pas non plus à instrumentaliser l’affaire pour servir leurs agendas respectifs. Ainsi Amine El Khatmi, président de l’association ultralaïque proche de Manuel Valls Printemps républicain, qui, lors du lancement du hashtag #balancetonporc, estimait que le fait « qu’un réseau social tienne lieu de tribunal est tout sauf un progrès, c’est juste terrifiant ! », s’indigne désormais du « silence assourdissant » de l’association féministe musulmane Lallab. Sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes dénoncent aussi la maladresse du quotidien Libération, dont la une d’hier s’indignait du « silence dans les rangs musulmans », comme si l’appartenance à la communauté musulmane entraînait de fait une solidarité avec les agresseurs. Alors que certains annoncent d’autres dénonciations à venir, il semble que cette affaire ne pourra échapper aux tentations de l’instrumentalisation. Dommage, car cette histoire mériterait d’être traitée avec considération pour ce qu’elle est : le révélateur du phénomène très répandu qui s’appelle la domination masculine et qui n’a ni religion ni appartenance communautaire.

    https://seenthis.net/messages/641259 via Loutre


  • Chez BNP Paribas, un scandale réglé en interne - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/10/29/chez-bnp-paribas-un-scandale-regle-en-interne_1606664
    http://md1.libe.com/photo/867442-view-of-bnp-paribas-bank-office-in-paris.jpg?modified_at=1460396155&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600

    Une jeune femme raconte comment elle a été harcelée et agressée par ses supérieurs au sein de la #banque. Elle affirme que l’affaire a été étouffée.

    En voyant déferler la vague de témoignages sur les réseaux sociaux au lendemain des révélations sur l’affaire Weinstein, elle s’est dit que le moment était venu de parler. Dans le flot d’histoires sordides qui commencent à abonder ce week-end-là, aucune ne concerne encore le milieu de la finance, et encore moins celui de la banque dans laquelle elle travaille depuis bientôt cinq ans. Carole (1), 30 ans, est salariée à la gestion financière de BNP Paribas, l’un des services les plus stratégiques de la banque. Elle a été classée dans les « profils à fort potentiel » du groupe. Mais dans son équipe parisienne, personne ne se doute qu’elle a été harcelée sexuellement par deux hauts responsables quelques années plus tôt. A l’époque des faits, l’affaire avait été discrètement réglée en interne. « Etouffée », affirme aujourd’hui Carole, la voix posée, qui dit « avoir honte de ne pas avoir parlé plus tôt ». Elle a commencé par créer un pseudonyme sur Twitter et rédigé un court message : « Le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles jamais sanctionnées chez BNP Paribas, on en parle ? #balancetonporc. » Puis elle s’est rétractée juste avant de l’envoyer. « Ce n’était pas l’endroit », reprend la jeune femme, qui a accepté de raconter à Libération cette histoire qui n’a jamais cessé de la poursuivre.

    « Je veux une fellation »

    En octobre 2011, Carole a 24 ans et vient d’être diplômée d’une grande école de commerce parisienne. Comme beaucoup d’étudiants brillants de cette branche, elle opte pour un contrat en volontariat international en entreprise (VIE), qui permet d’intégrer une grande boîte française dans un bureau étranger. Une place s’est libérée à Hongkong, où son CV a retenu l’attention. Pour la jeune femme, ce poste prestigieux au cœur d’une des premières places financières au monde constitue une opportunité rare. Il y a juste une toute petite ombre au tableau. Quelques semaines avant de rejoindre Hongkong, Carole raconte qu’une ancienne salariée du service croisée lors d’une formation à Paris l’a mise en garde contre le chef d’équipe, Aurélien G., qui traînerait une réputation de « pervers notoire ». Trop heureuse d’avoir vu son dossier sélectionné, Carole ne s’en inquiète pas davantage. Mais dès les premiers jours, la jeune femme commence effectivement à essuyer les remarques sexistes d’Aurélien G., qui vont devenir au fil des semaines de plus en plus appuyées. Un matin, le haut cadre débarque dans son bureau et déclare de but en blanc, un sourire aux lèvres : « Je veux une fellation. » La semaine suivante, il tire le dossier de la chaise sur laquelle Carole est assise pour regarder ses jambes et lui lance : « J’aime ça quand tu es habillée avec une jupe sexy. » A chaque nouvelle sortie outrancière, l’intensité des remarques monte d’un cran. Quelques semaines après l’arrivée de Carole à Hongkong, alors qu’elle se trouve dans son bureau, son patron la prend à nouveau à partie : « Ouvre grand tes oreilles, tu vas bientôt voir ce qu’est un vrai consultant en action ! N’hésite pas à te masturber devant moi pendant que je te parle. Allez, touche-toi ! »

    Dans un sentiment d’impunité totale, Aurélien G. va alors joindre insidieusement le geste à la parole. Comme ce jour où, seul avec elle dans son bureau, il se met à frotter son stylo contre sa cuisse. Alors qu’elle se dégage, gênée, il s’offusque à son tour : « Quoi ? C’est mon stylo, c’est pas comme si c’était mon sexe en érection ! » Un peu plus tard, il tirera sur sa queue-de-cheval devant le reste de l’équipe en suggérant une position sexuelle et en s’esclaffant : « Avec des cheveux comme ça, elle est prête à l’emploi. » Lorsqu’un jeune collègue de Carole prend à partie Aurélien G. sur son comportement, ce dernier rétorque crânement : « J’ai toujours travaillé dans ce genre d’environnement de travail. » Le climat est d’autant plus pesant et malsain que le bras droit d’Aurélien G., Jean-Christophe W., semble s’amuser du comportement déviant de son supérieur et multiplie lui aussi les gestes déplacés, n’hésitant pas à poser sa main sur la cuisse de Carole ou à lui envoyer des textos au milieu de la nuit pour lui proposer de la rejoindre malgré de multiples refus. Une scène va alors faire basculer cet étrange théâtre.

    « Tu n’as pas baisé récemment ? »

    Début mai 2012, alors que Carole entame son sixième mois à Hongkong, Aurélien G. lui demande de le rejoindre dans son bureau, où il l’attend avec Jean-Christophe W. En la voyant arriver, le chef d’équipe commence par lui dire qu’il trouve sa jupe trop large. Puis, joignant une nouvelle fois le geste à la parole, il tire dessus au niveau de la taille en regardant à l’intérieur et en ajoutant, goguenard : « Tu vois, elle est trop large pour toi, on peut voir tes collants ! » Face à la mine déconfite de la jeune femme, Jean-Christophe W. enchaîne alors sur un ton badin : « Pourquoi tu es de mauvaise humeur ? Tu n’as pas baisé récemment ? » « Ça a été le déclic, raconte Carole. C’est mon collègue qui m’a sauvée en prenant l’initiative d’alerter le service "Conformité". » Dès le lendemain, le jeune salarié transmet un signalement à la directrice des ressources humaines de la banque à Hongkong, Annie Ho. Dans la foulée, Carole écrit à son tour un long mail reprenant dans le détail les nombreux écarts de ses deux harceleurs au cours des six derniers mois. Autant de faits qui sont susceptibles de relever d’infractions pénales. A l’époque où ils sont commis, le harcèlement sexuel est un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Pour les agressions sexuelles, la peine encourue est de cinq ans et de 75 000 euros d’amende. Mais au cours de son premier rendez-vous avec la DRH, lorsque Carole évoque la possibilité de mandater un avocat, Annie Ho lui répond que ce n’est pas nécessaire et qu’il est préférable de régler les choses en interne. Afin, précise la DRH, que la jeune femme puisse « aller de l’avant » et préserver son avenir au sein de BNP Paribas. Carole est également incitée à cantonner sa plainte à Aurélien G., pour « éviter la confusion ». « Sa carrière est morte », insiste la DRH pour la rassurer. Comme le veut la procédure interne, un comité de sanction se réunit quelques jours plus tard et ne tarde pas à rendre son verdict. Tout en reconnaissant la culpabilité d’Aurélien G., la banque va alors proposer à Carole une étrange compensation aux agressions sexuelles caractérisées qu’elle a subies pendant des mois. Dans un mail surréaliste, BNP Paribas soumet à Carole une liste de six associations de victimes d’abus sexuels et l’invite à choisir celle pour laquelle Aurélien G. sera condamné à verser un don. Décontenancée par une telle démarche et dépourvue de toute assistance juridique, la jeune femme opte pour Save the Children, sans avoir la moindre idée du montant de la sanction.

    « La question a été traitée de manière appropriée »

    Avant d’être exfiltrée dans une autre succursale de BNP Paribas à l’étranger, Carole demande à Annie Ho une trace des faits survenus à Hongkong et une reconnaissance de son statut de victime. « Chère Carole, lui répond son interlocutrice deux jours plus tard, nous avons pris votre plainte très au sérieux. Nous tenons à vous assurer que la question a été traitée de manière appropriée, en veillant à ce que la norme de comportement attendu de la banque soit respectée, conformément à sa politique d’égalité des chances. Nous avons conscience que cela n’a pas été une expérience agréable pour vous et le service des RH de la banque est bien entendu disposé à vous offrir notre soutien continu. »

    Au cours des années suivantes, à défaut d’un accompagnement, Carole devra subir les rumeurs malveillantes et les allusions sournoises de certains de ses collègues au sujet des faits survenus à Hongkong. Au siège parisien circule ainsi le bruit selon lequel Carole aurait quitté son poste en raison d’un « burn-out ». En interne, personne n’est informé de la situation, pas même la DRH. Aujourd’hui en arrêt maladie, Carole a engagé une procédure aux prud’hommes pour rompre son contrat avec BNP Paribas.

    Contacté par Libération, Aurélien G., muté depuis dans une autre succursale asiatique, dit « sincèrement regretter » cette histoire, reconnaissant des « paroles inappropriées » et des « comportements déplacés ». « J’ai été sanctionné », insiste-t-il, évoquant une double amende. « Plusieurs milliers d’euros » lui auraient été retirés de son bonus cette année-là, et une somme équivalente aurait été versée à l’association choisie par Carole. L’autre cadre dénoncé, Jean-Christophe W., n’a pas répondu à nos sollicitations. Egalement contactée, BNP Paribas confirme l’existence d’une sanction mais refuse d’en préciser le montant, au nom du « respect de la vie privée des collaborateurs ». Pour la banque, qui dénonce des « propos et des comportements inadmissibles », cette affaire est surtout le signe que les cas déviants peuvent être signalés et traités. « Tout a été fait en respectant les procédures internes », se targue la responsable « Diversité » du groupe, qui se félicite d’avoir su « créer un climat respectueux permettant à chaque collaborateur de lancer l’alerte ». Sur l’affaire de Hongkong, la banque réitère avoir pris à l’époque toutes les « mesures appropriées ». Mais se retranche derrière le secret professionnel quand on s’étonne qu’aucun des deux harceleurs n’aient été sanctionnés professionnellement. Me Charles Morel, l’avocat de Carole, s’insurge : « Ce qui est frappant, c’est qu’à aucun moment BNP Paribas ne semble avoir considéré que le harcèlement sexuel, y compris dans le cas où il s’accompagne de gestes pouvant relever de l’agression sexuelle, puisse constituer une cause de licenciement, a fortiori lorsque la personne mise en cause se situe en haut de la hiérarchie. » Et de dénoncer une « volonté d’occultation » de l’entreprise. « Dans la mesure où la banque a fait le choix de l’opacité en dissimulant à la victime le montant de l’amende, on peut supposer que ce montant correspond plus à un tarif qu’à une sanction. » Selon la DRH de BNP Paribas, des cas comme celui-ci « se comptent sur les doigts d’une main » ces dernières années. Tous auraient été traités par la banque.

    #harcèlement #BNP #travail #agression_sexuelle

    https://seenthis.net/messages/641028 via ninachani


  • « Le #harcèlement sexuel est l’exacerbation du sexisme ordinaire »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/271017/le-harcelement-sexuel-est-l-exacerbation-du-sexisme-ordinaire

    Marie-France Hirigoyen Quels sont les écarts et les continuités entre la remarque déplacée et la prédation sexuelle ? Entre le #Harcèlement_moral et le #harcèlement_sexuel ? Et comment en finir avec ces violences faites aux femmes ? Entretien avec la psychiatre #Marie-France_Hirigoyen.

    #Culture-Idées ##balancetonporc ##metoo #Weinstein


  • De la difficulté d’enquêter sur le harcèlement sexuel dans les medias
    https://www.arretsurimages.net/articles/2017-10-26/De-la-difficulte-d-enqueter-sur-le-harcelement-sexuel-dans-les-media

    Article - making-of : Le 16 octobre dernier, au lendemain de la naissance du hashtag #BalanceTonPorc, nous avons publié sur Twitter plusieurs appels à témoignages destinés aux femmes qui voudraient en dire plus sur le ...

    #Violences_sexuelles