#bienveillance


  • Reflexions - Quand le sexisme se veut bienveillant...
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    Dans un article récent intitulé Be kind to a woman, she’ll feel incompetent : benevolent sexism shifts self-construal and autobiographical memories towards incompetence (1), des chercheurs du service de psychologie sociale de l’Université de Liège abordent la question du sexisme bienveillant, cet « autre sexisme » plus discret mais aussi plus insidieux que le sexisme hostile du macho ou du misogyne. Il revêt les traits du paternalisme et a généralement un impact plus délétère sur les performances cognitives des femmes que le sexisme pur et dur qu’est le sexisme hostile. C’est ce qu’ont montré les travaux du professeur Benoît Dardenne et de Marie Sarlet.

    À travers les recherches qu’il mène actuellement, le service de psychologie sociale de l’Université de Liège s’intéresse précisément au sexisme bienveillant et à ses conséquences sur les performances des femmes. Dans cette forme de sexisme, les femmes sont jugées sociables, dépendantes des hommes et peu compétentes. Elles sont perçues comme des « petites choses » faibles et merveilleuses qui doivent être protégées, aimées et placées sur un piédestal. Cette vision est en phase avec le concept de « complémentarité de genre », où les hommes sont décrits comme possédant des traits positifs dont les femmes seraient dépourvues, et vice-versa. La compétence, l’affirmation de soi et l’indépendance seraient des caractéristiques masculines, tandis que les femmes se distingueraient par leur chaleur et leur sociabilité. « Les stéréotypes véhiculant l’idée d’une complémentarité entre hommes et femmes auraient une fonction de maintien et de justification du système social, car chaque groupe de genre serait vu comme détenteur d’une série de forces qui compenseraient ses propres faiblesses et les rendraient acceptables », explique Marie Sarlet.

    Un des grands problèmes soulevés par le sexisme bienveillant est qu’il est difficile à identifier. Sa forme subtile le rend peu visible, et il pourrait être confondu avec un comportement de galanterie. Plusieurs laboratoires ont montré que, contrairement à son homologue hostile, très facilement détecté par les femmes, le sexisme bienveillant ne l’est quasi jamais. Des expériences simulant un entretien d’embauche révèlent cependant que si les femmes qui y ont été confrontées ne l’étiquettent pas comme tel, elles évoquent néanmoins une situation déplaisante.

    « Être à la fois hostile et bienveillant est d’une efficacité redoutable pour maintenir un groupe dans son état de subordination », renchérit Benoît Dardenne. Cette stratégie n’est probablement pas le fruit d’un calcul explicite, délibéré, mais, dans certains cas, peut néanmoins être consciente et verbalisable.

    La question des conséquences du sexisme bienveillant sur les performances cognitives de ses cibles constitue l’un des principaux thèmes de recherche du service de psychologie sociale de l’ULg. Dans une première expérience, qui reposait sur une simulation de tests d’embauche, des étudiantes de 18 à 25 ans furent placées dans la peau de candidates à un emploi. Selon les cas, le « recruteur » leur tenait des propos relevant du sexisme hostile ou du sexisme bienveillant, ou alors des propos neutres, sans coloration sexiste. Par exemple, le sexisme bienveillant transparaissait à travers le paternalisme sous-jacent à certaines attitudes galantes ou à des phrases telles que « Les hommes doivent aider les femmes à s’adapter et les protéger ». Les candidates, elles, étaient soumises à une double tâche de mémoire de travail (le reading span test - RST) où elles devaient déterminer si une phrase énoncée devant elles était correcte et en retenir le dernier mot en vue d’un rappel ultérieur.

    Il apparut que les femmes exposées au discours hostile ou au discours neutre réalisaient des performances équivalentes, mais que les femmes confrontées au sexisme bienveillant obtenaient de moins bons scores. « Ce constat est en accord avec la thèse défendue par différents auteurs, dont Mary Jackman, selon laquelle les groupes dominants maintiennent plus efficacement les inégalités sociales à travers l’influence persuasive de la bienveillance qu’à travers l’hostilité », commente Marie Sarlet.

    Que dévoila l’expérience ? Que des termes tels que « intelligence », « compétence » ou « performance » perturbent avec une acuité particulière la réalisation de la tâche. Mais surtout qu’il en va de même avec des mots se référant à la sociabilité positive : « aimante », « sympathique », « disponible », « charmante »... Cela témoigne de l’intériorisation par les femmes des stéréotypes pesant sur leur groupe et de l’impact négatif que la simple évocation de ces derniers peut susciter chez elles en termes de performance. Ce qui les amène à confirmer les visions caricaturales dont elles font l’objet.

    Comment expliquer la chute de performance enregistrée chez les femmes plongées dans un contexte de sexisme bienveillant ? Benoît Dardenne et ses collaborateurs ont montré qu’elle était causée par la présence de pensées intrusives liées à la nature fondamentalement ambiguë de cette forme de sexisme.

    Toujours selon notre interlocutrice, le sexisme bienveillant génère plus de pensées intrusives dans l’esprit des femmes que le sexisme hostile ou le discours neutre, en raison de sa forme subtile et ambiguë. La charge mentale résultant de ces intrusions consommerait une partie des ressources limitées de la mémoire de travail, lesquelles ne seraient plus disponibles pour la bonne exécution de tâches réclamant beaucoup de ressources cognitives - cas des doubles tâches comme le reading span test.

    #sexisme #bienveillance

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  • On a les utopies qu’on mérite : la bienveillance - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/bienveillance

    La #bienveillance, ce pourrait être cette manière d’être ensemble sans s’user, sans se faire trop de mal les un-e-s aux autres, pour continuer à militer, faire venir du monde et ne pas se retrouver avec trois warriors et deux tondus dans des rangs clairsemés. Sauf qu’aujourd’hui la bienveillance est devenue une doxa et une fin en soi. Pourquoi être bienveillant-e-s ? Mystère.

    Cet appel à la bienveillance a pris un nouvel essor avec Nuit debout où l’expression est omniprésente.

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  • https://unodieuxconnard.com/2016/04/25/une-nuit-a-coucher-dehors

    #intersectionnalité #féminisme #véganisme #nuitdebout #nuit_debout #policé vs. #violence #insurrection vs. #bienveillance

    Bon, vu la place d’hommes sachant et parlant sur la place, c’est un peu abuser de se plaindre des féministes et des libérateurs/rices qui ont imposé leurs préoccupations. On aurait pu faire la même blague sur l’excès de formalisme à propos de mouvements très masculins et bourgeois, des soulèvements étudiants bientôt quinquagénaires, par exemple. Mais ça donne envie de critiquer la notion de bienveillance et la place qu’elle prend dans les luttes.

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