• Il existe des #alternatives aux politiques libérales pour lutter contre le chômage
    http://groupe-crc.org/activite-des-senateurs/les-rapports/article/il-existe-des-alternatives-aux-politiques-liberales-pour-lutter-contre-l

    Afin de réduire le chômage de haut niveau et indemnisé, ces pays européens ont opté pour le recours à des contrats précaires avec toutes les conséquences en termes d’#inégalités salariales et de mise en #concurrence avec les emplois stables. Ces politiques se sont accompagnées d’une #décentralisation de la #négociation collective au niveau de l’#entreprise notamment en matière salariale et de durée du #travail. Une mesure que nous retrouvons dans la matrice de la « Loi travail » que nous combattons vigoureusement tant elle porte gravement atteinte à la protection des #droits des salariés.

    Le rapport parlementaire présente ces politiques libérales comme le cadre unique d’une simple gestion du #chômage et n’apporte pas de critiques sur les conséquences sociales pour les salariés.

    Nous réfutons l’efficacité de ces politiques européennes menées en matière d’emploi qui ont considérablement réduit les droits des salariés et aggravé les inégalités sociales. Elles ont provoqué partout une facilitation des #licenciements, le développement des CDD et de l’intérim.

    Ces politiques convergentes participent d’une offensive ultra libérale de grande ampleur. Elles conduisent, dans tous les pays où elles sont mises en œuvre, à l’explosion de la #précarité et de la #pauvreté.

    https://seenthis.net/messages/531210 via Agnès Maillard


  • Plus de 50 000 chômeurs supplémentaires au mois d’août
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260916/plus-de-50-000-chomeurs-supplementaires-au-mois-d-aout

    Hausse de 1,4 % des demandeurs d’emplois de catégorie A au mois d’août, le coup est rude pour le gouvernement, qui comptait bien capitaliser sur la légère inflexion des deux mois précédents. Au total, pour le mois d’août, on atteint 5 518 200 chômeurs inscrits à #Pôle_Emploi.

    #France #août #chiffres_du_chômage #chômage #courbe_du_chômage #Myriam_El_Khomri



  • Voilà pourquoi le taux de #chômage va exploser dans les mois à venir
    http://www.actuchomage.org/2016091227092/Social-economie-et-politique/le-taux-de-chomage-va-exploser-dans-les-mois-a-venir.html

    En France, près de 2 millions de personnes perçoivent le #RSA. Si 40% d’entre elles ne sont pas inscrites (pourcentage observé dans le Nord), 800.000 bénéficiaires seraient inconnus de Pôle Emploi. Si l’ensemble des départements les contraignent à s’y inscrire, le chômage en catégorie A devrait enregistrer une progression fulgurante malgré les entrées en #formation évoquées plus haut.
    Selon nos projections (forcément aléatoires), le taux pourrait bondir de 20% si tous les départements exigeaient l’inscription des bénéficiaires RSA, auxquels s’ajouteront les chômeurs dont les formations n’auront mené à rien.

    Ce dossier explosif soulève d’autres questions. Ainsi le département du Nord admet implicitement qu’il verse le RSA à 45.000 personnes qu’il abandonne dans la nature, alors qu’il lui revient de leur proposer un accompagnement digne de ce nom. Une fois de plus, face à l’indigence des institutions, on fait porter aux victimes la responsabilité des dysfonctionnements. Car le discours du Conseil départemental du Nord laisse entendre que 45.000 Rsastes ne remplissent pas leur devoir d’insertion. Il s’agit ni plus ni moins d’une inversion des responsabilités, d’autant que la CAF et le ministère des Affaires sociales soutiennent sur leurs sites Web qu’il n’est pas obligatoire de s’inscrire à Pôle Emploi pour toucher le Revenu de Solidarité Active.

    https://seenthis.net/messages/524173 via Agnès Maillard


  • Selon un rapport de l’OIT, le #chômage des #jeunes en hausse pour la première fois depuis trois ans
    http://www.wsws.org/fr/articles/2016/aou2016/roit-a29.shtml

    Les jeunes de 15 à 24 ans ont remplacé les personnes âgées en tant que groupe le plus menacé par la #pauvreté dans les pays que l’ONU qualifie de développés, y compris dans l’Union européenne, aux États-Unis, au Canada, en Australie et au Japon.
    Selon le rapport de l’OIT, 12,9 pour cent des jeunes travailleurs de l’Union européenne sont fortement menacés de pauvreté, ce qui signifie qu’ils gagnent moins de 60 pour cent du revenu médian. Le taux de pauvreté des jeunes travailleurs à l’intérieur de l’UE varie considérablement selon les pays, allant de moins de 5 pour cent en République tchèque à 35 pour cent en Roumanie.
    Les jeunes des pays de l’UE sont de plus en plus contraints d’accepter des emplois à temps partiel à bas salaires, qui n’incluent pas les avantages du travail traditionnel à plein temps, conduisant à des taux plus élevés de pauvreté. L’emploi est particulièrement précaire pour les jeunes vivant dans les pays soumis aux régimes d’austérité brutaux, anti-ouvriers, de l’UE et du FMI depuis 2008, comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie et le Portugal.
    La part des jeunes obligés de prendre un emploi temporaire parce qu’ils n’ont pas pu trouver d’emploi fixe dépasse les 50 pour cent au Portugal, en Grèce, en Pologne et en Italie.
    Les emplois non volontaires à temps partiel représentaient 70 pour cent de tous les emplois à temps partiels en Italie et environ 60 pour cent en Grèce et en Espagne.

    https://seenthis.net/messages/519820 via Agnès Maillard


  • L’homme qui inversait les courbes à mains nues
    https://reflets.info/lhomme-qui-inversait-les-courbes-a-mains-nues

    Il l’avait annoncé, en avait fait un challenge personnel qui déterminerait même sa candidature à la présidentielle de 2017, et il l’a fait : un homme, seul, avec ses petites mains à réussi à inverser une courbe devant les yeux ébahis d’une population de plus de 63 millions de personnes. « Il inverse une courbe à […]

    #France #Politique #Revue_de_Web #Breves #Chômage #François_Hollande #inversion_de_la_courbe #Pôle_emploi #politique_fiction #politique_truquée

    https://seenthis.net/messages/517632 via Reflets [RSS]


  • La courbe du #chômage s’inverse, au grand soulagement de Hollande
    https://www.mediapart.fr/journal/france/180816/la-courbe-du-chomage-sinverse-au-grand-soulagement-de-hollande

    Quatre ans que #François_Hollande attendait cela : le taux de chômage est repassé en dessous des 10 %, pour la première fois depuis 2012, selon l’Insee. Mais cette amélioration tient de l’épaisseur du trait et la précarité continue de progresser. Le gouvernement s’active pour obtenir des chiffres présentables à la fin de l’année.

    #France #Economie #emploi #insee #précarité


  • L’autodestruction du Parti socialiste, par Rémi Lefebvre
    https://mensuel.framapad.org/p/diploPS
    (je publie ici cette critique interne au PS in extenso, si cela pose pb, je modifierais)

    Subjugué par les dogmes du « marché libre » et rivé aux consignes de Bruxelles, le président François Hollande s’obstine à imposer le démantèlement du code du #travail, faute de lutter efficacement contre le #chômage. Comme une majorité de syndicats, de Français et de parlementaires rechignent, il tente un passage en force, au mépris mêjme de toute logique électorale.

    Pour le Parti socialiste (#PS) français, l’heure du bilan approche. Rarement un parti aura été aussi rapidement abîmé par son passage aux affaires. En 2012, il tenait l’ensemble des pouvoirs entre ses mains. Quatre ans plus tard, il a perdu un nombre considérable d’élus et, à moins d’un an de l’élection présidentielle, la cause paraît entendue : M. François Hollande, qui se prépare à l’évidence à solliciter le renouvellement de son mandat, n’est même pas assuré de figurer au second tour. L’impopularité du président comme celle de son premier ministre battent des records historiques.

    Les défaites à toutes les élections intermédiaires n’ont en rien arrêté la fuite en avant libérale dont la « #loi_travail » marque l’apogée. Malgré la timide embellie de l’emploi, qui servira sans doute de justification à la candidature de M. Hollande, la politique de l’offre (1) engagée dès l’automne 2012 ne produit toujours pas de résultats. Pour valoriser l’action du gouvernement, que le peuple de gauche désavoue massivement, le PS reprend mot pour mot les éléments de langage de la droite en 2012 : la nécessité de la « #réforme » s’est imposée pour « préserver le modèle social français ». « La politique de l’offre n’est ni de droite ni de gauche : elle est nécessaire », a pu déclarer M. Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement (2). Désormais, l’aversion suscitée dépasse de très loin les franges de la gauche radicale et la déception que provoque immanquablement l’exercice « réformiste » du pouvoir. Comment comprendre ce qui s’apparente à une autodestruction ?

    Se dirige-t-on vers la fin du PS ? Quelle rationalité électorale poursuivent les élites socialistes, par ailleurs si « raisonnables » ?
    Si leur stratégie apparaît incertaine, elle dérive d’un postulat qui fonde la cohérence et la constance du gouvernement : la politique menée, aussi suicidaire qu’elle puisse paraître, n’est pas négociable. Elle découle dans une large mesure de contraintes européennes que M. Hollande, contrairement à ce qu’il avait annoncé durant la campagne de 2012, n’a pas renégociées. Les choix idéologiques sont si marqués qu’ils prennent le pas sur les intérêts électoraux du parti. Dès lors qu’aucune inflexion n’est envisageable et que le PS n’a plus la base électorale de sa politique, il est condamné à fabriquer un improbable électorat de substitution, au centre gauche, et compte s’appuyer sur la prochaine élection présidentielle pour le faire émerger.

    Jusqu’à présent, le PS appartenait à ce type de parti que le politiste italien Angelo Panebianco a appelé « électoral-professionnel » (3), c’est-à-dire voué à un seul objectif : la maximisation des performances électorales. Entre 2002 et 2012, il est devenu un parti de professionnels de la politique locale — élus et collaborateurs d’élus (4). En 2012, quand il accède au pouvoir national, il dirige la quasi-totalité des régions, 60 % des départements, les deux tiers des villes et même, pour la première fois de son histoire, le Sénat. Quatre ans plus tard, la machine électorale est dévastée. Au cours des vingt-deux législatives partielles qui ont eu lieu dans cet intervalle, le PS a été éliminé dès le premier tour dans la moitié des circonscriptions où il présentait un candidat (5).

    Après avoir fait prospérer le socialisme municipal dans des proportions jamais atteintes, M. Hollande, lui-même ancien président du conseil général de la Corrèze, en est devenu le fossoyeur. En 2014, son parti a perdu 162 villes de plus de 9 000 habitants — un record pour des élections municipales. Il ne dirige plus que cinq régions et vingt-six départements. Le « parti des élus » a été sacrifié sur l’autel d’une politique de #compétitivité aussi inefficace qu’impopulaire. Repliés sur leurs fiefs locaux depuis 2002, les notables socialistes se sont peu à peu désintéressés des débats idéologiques nationaux. Tétanisés par les défaites, ils semblent attendre que le cycle du pouvoir se referme pour retrouver une opposition qui fut jadis confortable.
    Ces échecs électoraux massifs et répétés ont eu des effets considérables sur l’organisation partisane. L’armature du PS se désagrège dans ses profondeurs territoriales. Les assistants, collaborateurs d’élus et permanents ont été victimes de ce qui s’apparente à des plans de licenciement successifs, alors qu’ils exercent souvent des responsabilités essentielles dans l’appareil, à la direction des sections ou des fédérations. Certaines fédérations sont en cessation de paiement. L’historique fédération du Nord a perdu depuis 2012 de nombreuses villes (Roubaix, Tourcoing, Dunkerque, Maubeuge, la communauté urbaine de Lille…), le département, la région et la moitié de ses militants. Pour résorber une dette de 1 million d’euros, la direction fédérale a dû se résoudre à vendre une partie de son siège.

    La « loi travail » piétine le congrès

    Enfin, le parti dans son ensemble connaît une hémorragie de militants sans précédent. Les renouvellements de cartes au 1er décembre 2014 ne dépassaient pas 60 000 adhérents, soit largement 50 000 de moins qu’en 2012 . Le phénomène va bien au-delà des habituels flux et reflux liés à l’exercice du pouvoir.

    À quoi bon demeurer dans un parti exsangue et dévitalisé, qui n’a plus son mot à dire ? Le premier secrétaire, M. Jean-Christophe Cambadélis, donne un peu mieux le change que son prédécesseur, M. Harlem Désir, d’une remarquable passivité ; mais la démocratie interne est inexistante. Le président de la République estime n’avoir pas de comptes à rendre à un parti dont il n’a pas tiré son investiture, puisqu’il doit sa candidature à une primaire ouverte. Les résultats du congrès de Poitiers, en juin 2015, ont été complètement ignorés, alors qu’ils étaient censés définir la ligne politique du parti. Dans la motion majoritaire, dont M. Cambadélis était le premier signataire, une position par anticipation sur la loi El Khomri avait été prise. On y lit : « Il faut rétablir la #hiérarchie_des_normes : la loi est plus forte que l’accord collectif, et lui-même s’impose au contrat de travail. » Soit l’exact inverse de la proposition que le gouvernement s’acharne à défendre. S’appuyant sur le socle de légitimité du congrès, un rapport demandant une réorientation de la politique gouvernementale a été adopté par le bureau national à une très large majorité en juillet 2015. Il a été balayé d’un revers de main par le premier ministre Manuel Valls, qui n’a cessé, depuis, de radicaliser sa ligne sociale-libérale. La « loi travail », qui ne faisait pas partie des engagements de 2012, n’a jamais été discutée au PS ; elle n’a fait l’objet d’aucun vote du bureau politique. La direction du parti a même renoncé à produire un programme en vue de l’élection présidentielle. Mieux vaut orienter le futur candidat à l’aide de « cahiers » que formuler un programme qu’il n’appliquera pas : c’est, en substance, ce que le premier secrétaire a expliqué lors du conseil national du 6 février 2016.

    Comme le parti n’assure plus son rôle de régulation des différends et de production d’un point de vue commun, les débats se sont déplacés dans l’arène parlementaire, où les députés frondeurs organisent une résistance très médiatisée, mais jusqu’ici marginale. Un cap a été franchi avec leur tentative de déposer une motion de censure contre le gouvernement lors du débat sur la « loi travail », en mai 2016. Si beaucoup de députés socialistes désapprouvent sans doute la politique du gouvernement, la plupart d’entre eux, par résignation ou manque de courage, ne souhaitent pas affaiblir le président de la République, pensant que leur sort électoral dépend du sien. L’approche de la débâcle finale n’y change rien : fatalisme et #présidentialisme font leur œuvre.

    Reconnaissant que le PS est au bout d’un cycle, le premier secrétaire prône désormais son « dépassement » autour de la Belle Alliance populaire, fédération de la « gauche de transformation » regroupant associatifs, syndicalistes, intellectuels et partenaires du PS. Il s’agit de s’adresser au peuple de gauche « au-delà des appareils radicalisés contre le PS ». Lors du lancement de cette initiative, le 13 avril, M. Cambadélis s’affichait aux côtés de MM. Jean-Vincent Placé et Jean-Luc Bennahmias (6), ainsi que de responsables du Parti radical. Même M. Robert Hue, habituelle caution communiste du PS, a refusé de participer à ce replâtrage.

    La destruction du parti apparaît comme une stratégie délibérée de M. Valls, qui, avec un cynisme à peine contenu, se projette au-delà de la débâcle à venir. Le premier ministre s’emploie à créer les conditions d’une candidature de M. Hollande, vouée à l’échec, et à entériner le schisme entre « deux gauches irréconciliables (7) ». Fortement minoritaire lors de la primaire de 2011 (8), il cherche à liquider le « vieux parti », comme l’un de ses modèles, M. Anthony Blair, l’avait fait avec le Labour au Royaume-Uni, pour réinitialiser le jeu politique au centre. Selon lui, plus le parti sera dévasté, plus son œuvre aura de chances de réussir. Il est désormais débordé sur sa droite par le ministre de l’économie Emmanuel Macron, qui adopte la même stratégie hors du PS et cherche la surenchère dans la « transgression » des marqueurs politiques de gauche.

    La stratégie de M. Hollande apparaît plus obscure et incertaine. Il semble miser sur les dernières chances de réélection que lui laissent la progression du Front national (FN) et la désunion de la droite, qui s’est lancée dans l’aventure d’une primaire ouverte peu conforme à sa culture politique. L’une des lois de la Ve République est peut-être que le président doit tout sacrifier à l’essentiel, c’est-à-dire sa réélection, quel qu’en soit le prix pour son parti. M. Hollande ne peut plus jouer désormais que sur les ressources de sa fonction.

    Il cherche d’abord à sécuriser sa candidature. Les partisans d’une primaire ont voulu l’entraîner dans cette procédure pour sortir de l’impasse à gauche (9). Le PS a dans un premier temps adopté une position attentiste, avant d’en accepter le principe, mais en excluant tout préalable afin de mieux en compromettre le déclenchement. Après quelques hésitations, communistes et écologistes ont finalement refusé de s’engager dans une démarche qui pourrait les contraindre à soutenir M. Hollande s’il en sortait victorieux. Au terme de ce jeu de poker menteur, les socialistes peuvent pérorer : « Pour le moment, le seul parti qui se bat pour une primaire, c’est le Parti socialiste », déclare ainsi M. Christophe Borgel, secrétaire national chargé des élections (10). M. Cambadélis a envisagé un temps de convoquer un congrès extraordinaire pour modifier les statuts et dispenser M. Hollande de participer à une telle procédure, avant de changer d’avis et de convaincre le président en exercice d’accepter une primaire (conseil national du 18 juin). Comment interpréter ce revirement ? Distancé par la droite et l’extrême droite dans les sondages, rattrapé voire dépassé à gauche par M. Jean-Luc Mélenchon, M. Hollande ne peut espérer retrouver une certaine légitimité qu’en obtenant sa désignation par cette procédure. Il prend de court ses opposants « frondeurs », qui peineront peut-être à désigner un candidat commun. Toujours tacticien plutôt que stratège, le chef de l’État espère sans doute aussi que les électeurs de gauche se détournent de la primaire, limitée aux partis soutenant le gouvernement, ce qui permettrait une surreprésentation des plus légitimistes pouvant lui être encore favorables. D’autant plus que le PS, faute de temps et de moyens militants, sera sans doute dans l’incapacité d’ouvrir autant de bureaux de vote qu’en 2011.

    Les gardiens de la République

    Monsieur Hollande cherche à empêcher la dispersion des candidatures à gauche au premier tour. Il s’est employé à diviser les écologistes, avec un succès certain. La nomination au gouvernement de trois ministres écologistes en janvier 2016 a rempli son office. L’explosion du groupe parlementaire Europe Écologie - Les Verts (EELV) à l’Assemblée nationale en mai a mis encore un peu plus à mal l’hypothèse d’une candidature de Mme Cécile Duflot.
    Enfin, le président peut compter sur la #droitisation du jeu politique, à laquelle il a lui-même largement contribué, mais qui peut le déplacer sur la gauche dans les mois qui viennent. L’action du gouvernement a déporté le centre de gravité du pensable et du dicible vers la droite, comme en témoigne la réécriture de la « loi travail » au Sénat.

    Le président escompte que la surenchère libérale à laquelle donne lieu la primaire des Républicains, pleinement décomplexés (suppression de l’impôt sur la fortune et des trente-cinq heures, réduction massive du nombre de fonctionnaires…), réinstalle le clivage gauche-droite. Une victoire de M. Nicolas Sarkozy à la primaire serait très favorable à M. Hollande. Le PS entonne déjà le refrain des élections législatives de 1986 : « Au secours, la droite revient ! » « Les Français vont enfin comparer », s’écrie M. Le Foll. Le discours convenu sur le « tripartisme », avec la qualification annoncée de la présidente du FN, Mme Marine Le Pen, au second tour de la présidentielle, permet déjà aux dirigeants socialistes de se positionner comme les gardiens de la République. Interrogé par Les Échos (13 juin 2016) sur la stratégie de rassemblement de la gauche d’ici à l’élection, M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement (11), croit en la capacité de rassemblement au centre gauche de M. Hollande : « Avec la tripolarisation, la présidentielle et les législatives de 2017 n’auront rien à voir avec les élections précédentes. Selon toute vraisemblance, le candidat du camp républicain, de gauche ou de droite, aura besoin d’aller chercher les électeurs de l’autre bord pour l’emporter au second tour face à Marine Le Pen. Pour moi, celui qui l’emportera au premier tour sera celui qui proposera la bonne formule de rassemblement pour le second. Ma conviction, c’est que la gravité de la situation ne permettra pas de jouer au jeu des postures traditionnelles. Aujourd’hui, c’est l’emphase, l’hystérie, le déni de la réalité. Mais tout cela va se dissoudre devant la réalité. »

    Si irréaliste que cela puisse paraître, le PS n’a donc pas encore complètement renoncé à l’idée d’une victoire en 2017. M. Mélenchon fait quant à lui le même calcul qu’en 2012 : passer devant le candidat du PS au premier tour pour lui retirer sa rente de position dominante et le « pasokiser » — c’est-à-dire le marginaliser, comme le Parti socialiste grec, en lui retirant son monopole de parti à vocation majoritaire à gauche. Mais, dans cette hypothèse, désormais plus crédible qu’il y a quatre ans, une victoire relative suffira-t-elle à passer le cap du premier tour ?

    C’est à une recomposition de grande ampleur que doit s’atteler la gauche, au-delà de ses corporatismes d’appareil mortifères. Les socialistes les plus progressistes pourraient y contribuer ; à moins qu’ils soient aspirés dans le jeu politicien et le cycle des défaites « refondatrices » au PS. Déjà, Mme Martine Aubry et les frondeurs enjambent la défaite à venir et préparent le futur congrès. Le PS est peut-être à l’agonie ; mais il a démontré au cours de sa longue histoire (le cas de la défaite cuisante de 1993 effacée dès 1997 est exemplaire) une capacité de résilience qui fonde sa longévité historique.

    (1) Politique libérale consistant à tenter de relancer l’activité économique en multipliant les avantages offerts aux entreprises.
    (2) Les Échos, Paris, 17 janvier 2014.
    (3) Angelo Panebianco, Political Parties : Organization and Power, Cambridge University Press, 1988.
    (4) Lire Rémi Lefebvre, « Faire de la politique ou vivre de la politique ? », Le Monde diplomatique, octobre 2009.
    (5) Le Monde, 13 juin 2016.
    (6) M. Placé est secrétaire d’État à la réforme de l’État et à la simplification, ancien président du groupe Europe Écologie - Les Verts au Sénat ; M. Bennahmias est ancien député européen Vert, passé par le Mouvement démocrate (MoDem) de M. François Bayrou.
    (7) Discours à Corbeil-Essonnes, 15 février 2016.
    (8) Il n’avait recueilli que 5,63 % des suffrages des sympathisants.
    (9) Dans un appel « Pour une primaire à gauche » publié par Libération, Paris, 10 janvier 2016.
    (10) L’Opinion, Paris, 23 mai 2016.
    (11) Cet ancien proche de M. Dominique Strauss-Kahn, qui a constitué un « pôle des réformateurs », s’impose au fil des mois comme le théoricien gouvernemental du social-libéralisme.

    Note : la plupart des hiérarques cités, Mélanchon compris, furent lambertistes.

    https://seenthis.net/messages/516458 via colporteur


  • Licenciements chez #Molex : « Le jugement nous donne raison, mais c’est trop tard »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100816/licenciements-chez-molex-le-jugement-nous-donne-raison-mais-c-est-trop-tar

    Victoire au goût amer pour les anciens salariés de Molex, en Haute-Garonne. La justice a reconnu mardi que leur licenciement n’était pas justifié par des raisons économiques, ce qui n’efface en rien la #fermeture de leur #usine en 2009. Entretien sur cet angle mort de la politique économique française avec un ancien syndicaliste de chez Molex, Thierry Bonhoure.

    #France #chômage #industrie #licenciement_économique #loi_travail


  • La France compte cinq fois plus de chômeurs partiels qu’avant la crise de 2008, Social
    http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0211177568321-la-france-compte-cinq-fois-plus-de-chomeurs-partiels-quavant-

    Le déclic a eu lieu à la fin de 2008. En novembre, Nicolas Sarkozy avait alors annoncé un assouplissement du recours au #chômage_technique et une forte revalorisation des indemnités versées aux salariés. S’ensuivit un bond dans l’utilisation de la mesure : au deuxième et au troisième trimestre de 2009, ce sont plus de 260.000 salariés par mois qui en bénéficiaient, pour un total de quelque 25 millions d’heures ­consommées chacun des trimestres. Cette envolée n’a pas duré, les effectifs ­concernés retombant en 2011 en moyenne chaque trimestre en dessous de 45.000 et le nombre d’heures en dessous de 3,5 millions.

    Depuis début 2012, des mesures de simplification et de financement ont redynamisé la mesure. Résultat : si la France n’égale toujours pas l’Allemagne en la matière, sans revenir aux sommets de 2008, l’activité partielle s’est installée dans le paysage, avec, en moins de dix ans, une multiplication par cinq du nombre de salariés concernés, et par trois du nombre d’heures.

    L’industrie y a moins recours

    Et en changeant de dimension, le #chômage_partiel a aussi changé de physionomie. Le poids de l’industrie se réduit, à l’inverse du secteur de la construction (en particulier, le secteur des travaux publics) et des services principalement marchands. Au troisième trimestre de 2015, l’industrie ne représentait plus que 43 % des heures chômées au titre de l’activité partielle (contre 55 % un an plus tôt), tandis que la construction et les services principalement marchands constituaient désormais à eux deux 50 % des heures d’activité partielle consommées (contre 39 % un an plus tôt).

    http://www.lesechos.fr/medias/2016/08/02/2018346_la-france-compte-cinq-fois-plus-de-chomeurs-partiels-quavant-la-crise-de-2008-web-0211174007626.jpg

    https://seenthis.net/messages/514263 via colporteur


  • Le taux de #pauvreté en France se maintient à 14% - Localtis.info - Caisse des Dépôts
    http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250271037617&cid=1250271036480

    Autre phénomène remarquable : les inégalités se sont creusées au cours de la période, mais avec un fort contraste temporel. Ainsi, les inégalités se sont « nettement creusées » entre 2008 et 2011 sous l’effet de la montée du #chômage, même si le système social et fiscal a amorti l’impact de la crise économique sur la croissance des inégalités.

    http://seenthis.net/messages/504961 via Agnès Maillard


  • #chômage : s’il vous plaît, pas de communiqué de victoire !
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160616/chomage-s-il-vous-plait-pas-de-communique-de-victoire

    Dans une « Note de #conjoncture », l’Insee prévoit une baisse du nombre de chômeurs de 106 000 en 2016. Mais le chiffre n’autorise aucun triomphalisme. D’abord parce que ce recul masque une formidable explosion de la précarité. Ensuite parce que le bilan du quinquennat de #François_Hollande restera détestable.

    #France #Economie #croissance #insee


  • En #Finlande, les #syndicats signent pour travailler plus sans gagner plus
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/06/14/en-finlande-les-syndicats-signent-pour-travailler-plus-sans-gagner-plus_4950

    Quelque 87 % des salariés finlandais devront travailler vingt-quatre heures (soit trois jours) de plus par an, sans contrepartie. Les syndicats ont aussi accepté une année de gel des salaires. Les salariés devront enfin supporter une plus grande part des cotisations sociales, et le salaire, lors des congés payés dans le secteur public, sera réduit de 30 % d’ici à 2019. Un fonctionnaire gagnant 3 000 euros par mois devrait voir son salaire amputé de 4,5 %, soit 1 700 euros par an. Le gouvernement a promis de compenser toutes ces mesures par des baisses d’impôts.

    La Finlande a des difficultés à se remettre de la crise de 2008. Après trois ans de récession, la croissance est revenue en 2015, mais reste faible (+ 0,4 %), et le #chômage culmine à 9,1 %. Du fait des sanctions occidentales, les exportations vers la #Russie, qui représentaient 10 % du total en 2012, ont reculé à 5,8 %.

    « En dépit de ces difficultés, le coût du travail a progressé de près de 20 % depuis 2008 : un handicap », rappelle Christopher Dembik, chez Saxo Banque. L’écart s’est creusé avec les voisins nordiques. En particulier la Suède qui, de son côté, a regagné en #compétitivité en dévaluant sa couronne, ce que ne peut pas faire la Finlande avec l’#euro.

    #travail #emploi

    http://seenthis.net/messages/500086 via AF_Sobocinski


  • Economic downturns, universal health coverage, and #cancer mortality in high-income and middle-income countries, 1990–2010: a longitudinal analysis | Richard Sullivan - Academia.edu
    https://www.academia.edu/25722017/Economic_downturns_universal_health_coverage_and_cancer_mortality_in_high-

    both unemployment and PEH are significantly associated with cancer mortality, with associations lasting up to 5 years. We estimate that the 2008–10 economic crisis was associated with about 260 000 excess cancer-related deaths in the OECD alone. Our analysis also suggests that UHC might mitigate the association between unemployment and cancer mortality, lending evidence in favour of ambitions to adopt and deliver UHC across different countries.

    #santé #inégalités #chômage #mortalité

    http://seenthis.net/messages/500019 via Fil


  • « Espace de travail » : deux chercheurs testent virtuellement la loi El Khomri
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/080616/espace-de-travail-deux-chercheurs-testent-virtuellement-la-loi-el-khomri

    Un économiste et un informaticien ont, pour la première fois, testé les effets de la loi El Khomri sur un #marché_du_travail virtuel, qui reproduit les caractéristiques du marché de l’emploi français. Les effets sur le #chômage sont quasi nuls, l’assouplissement du licenciement économique favorise les #CDI tout en les fragilisant.

    #Economie #CDD #emploi #intelligence_artificielle #Work_Sim


  • « La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler » Marie-Antoinette Macron – Le blog de Gérard Filoche
    http://www.filoche.net/2016/05/29/%c2%ab-la-meilleure-facon-de-se-payer-un-costard-c%e2%80%99est-de-travaille

    C’est toujours la même ineptie de droite : si les #chômeurs ne trouvent pas d’emplois, c’est qu’ils n’en cherchent pas et que les indemnités chômage sont trop élevées.

    Il y avait 200 000 demandeurs d’emplois en France, en 1970 contre 6 430 000, aujourd’hui. Quel esprit un tant soit peu sensé pourrait penser qu’une génération spontanée d’un quelconque « virus de la fainéantise » a ainsi infecté 6,5 millions d’habitants de notre pays ? Il faudrait chercher une autre explication un peu plus consistante à la montée du #chômage.

    Les indemnités chômage représentaient en 1970, près de 70 % du dernier salaire et étaient versées sans dégressivité pendant 3 ans, après seulement 3 mois de cotisation. Il n’y avait pourtant que 200 000 chômeurs. Il faudrait, là encore, chercher ailleurs une explication un peu plus cohérente à la montée du chômage et de la #précarité.

    http://seenthis.net/messages/494627 via Agnès Maillard


  • 500 000 personnes seraient mortes du #cancer entre 2008 et 2010 à cause de la #crise économique
    http://www.francetvinfo.fr/sante/la-crise-de-2008-a-pu-causer-la-mort-du-cancer-de-500-000-personnes-aff
    http://www.francetvinfo.fr/image/759m8pp3a-fc6d/1500/843/8619347.jpg

    La crise économique a-t-elle eu des effets sur notre #santé ? Selon une #étude publiée jeudi 26 mai par la revue scientifique britannique The Lancet (en anglais), la crise économique de 2008 pourrait être responsable de la #mort par cancer d’un demi-million de personnes, dans le monde entier, entre 2008 et 2010.

    Si l’étude ne démontre pas de lien de cause à effet direct, elle constate que le #chômage et la #mortalité du cancer ont évolué de manière simultanée. Des résultats qui montrent « l’importance d’un accès aux soins » et les effets concrets des coupes dans les dépenses de santé, selon les chercheurs.

    http://seenthis.net/messages/494313 via Agnès Maillard


  • Comment la banlieue parisienne s’est ubérisée, par Jean-Laurent Cassely | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/117807/uber-banlieue

    En quelques années, les VTC sont devenus le premier secteur de création d’entreprise dans la banlieue parisienne, département de Seine-Saint-Denis en tête. Au point de faire d’Uber la principale perspective d’emploi chez les jeunes touchés par le chômage ?

    (...) l’activité de voiture de transport avec chauffeur (VTC) est tout simplement devenue le premier secteur de création d’entreprises dans de nombreux territoires franciliens défavorisés, Seine-Saint-Denis en tête.

    Un miroir de la carte de la pauvreté francilienne

    https://www.slate.fr/sites/default/files/uber_map2.png

    #uber #chômage #banlieue #paris #cartographie

    http://seenthis.net/messages/490227 via Fil


  • Le patron gagne 35 millions de dollars, les salariés un licenciement
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/070516/le-patron-gagne-35-millions-de-dollars-les-salaries-un-licenciement

    IMS Health, groupe américain coté en bourse, spécialisé dans le conseil pour l’industrie pharmaceutique, connaît une santé financière excellente. Mais tout en augmentant de 40 % la rémunération annuelle du PDG pour la porter à 35 millions de dollars, il a décidé de supprimer un tiers de ses effectifs en France. Des #licenciements_boursiers, dénoncent les syndicats.

    #Economie #chômage #IMS_Health #sante #social


  • Destruction de la ruralité et guerre aux pauvres
    http://rue89.nouvelobs.com/blog/rural-rules/2016/01/28/mais-quest-ce-quils-lui-ont-fait-wauquiez-les-bouseux-235200
    Un billet assez lucide d’un rural.

    Jusque là, on sentait que les hommes politiques de tous bords soignaient tendrement la ruralité. Même mal à l’aise. Ils en parlaient. La flattaient. L’accompagnaient. En vantaient – même sans y croire – les potentiels et les ressources. On voyait périodiquement apparaître des dispositifs idoines, encourageant l’installation, l’innovation et le développement.

    La Datar avait créé ses Pôles d’excellence rurale http://poles-excellence-rurale.datar.gouv.fr – vite abandonnés malgré un succès foudroyant. Les conseils généraux du Cher, de la Creuse, de le Nièvre et de l’Allier avaient conjointement écrit leur manifeste pour les nouvelles ruralités http://www.lagazettedescommunes.com/telechargements/manifeste-ruralite.pdf Et le gouvernement avait même annoncé des assises de la ruralité.

    Et puis, d’un seul coup : exit la ruralité. Exit l’aménagement harmonieux du territoire. Place aux lois pragmatiques et urbano-centrées. A l’application bigote et dogmatique de la #métropolisation européenne. Le culte béat et doctrinaire de la grande banane bleue https://fr.wikipedia.org/wiki/Mégalopole_européenne.

    Place à NOTRe http://www.action-publique.gouv.fr/notrefrance. Une loi écrite par des urbains, pour des urbains, avec de vrais bouts de commisération dedans.

    Les assises de la #ruralité ont bien eu lieu, en décembre 2014. Mais si tu lis le compte-rendu http://www.gouvernement.fr/conseil-des-ministres/2014-12-17/les-conclusions-des-assises-de-la-ruralite , tu ricanes. Il n’est question que de regrouper les écoles et d’augmenter la couverture réseau de ces pauvres bouseux tout les aidant à aller plus facilement en #ville.

    Rien sur l’accompagnement des entrepreneurs en milieu rural. Rien sur les dispositifs de travail à distance. Rien de contraignant sur l’encouragement des filières de proximité, si ce n’est le maigre satisfecit donné à la plateforme Agrilocal.fr http://agrilocal.fr

    Rien sur les valeurs intrinsèques du monde rural : le foncier à portée de ta bourse, la proximité avec les fournisseurs, une demande tonitruante de biens et de services, et surtout un cadre de vie et de travail apaisé. Tranquillisé. Débarrassé des tombereaux de contraintes qu’imposent les villes à leurs usagers : les terribles trajets quotidiens, les empilements des charges, les heures d’attentes aux guichets des administrations, les filières saturées...

    Les assises de la ruralité ? In fine, une visite du gouvernement à sa vieille tata malade. Quelques mots de réconfort. Un œil sur la courbe des températures. Jusqu’à la prochaine visite.
    [...]

    Tu survoles la carte des nouvelles capitales de région, et déjà t’as tout compris. Au broyeur Clermont-Ferrand, Limoges ou Poitiers. A la trappe, Metz, Chalons ou Besançon. La loi NOTRe a dressé un grand filet de mailles étroites à la périphérie des départements ruraux. Un rempart solide contre la diagonale du vide.
    http://latribune-static.fr/495779/carte-des-france-des-prefectures-des-capitales-de-regions.jpg

    Alors nous, dans le bocage bourbonnais, en plein centre de la France, plongés à la frontière de trois nouvelles méga-régions, plaqués par la force centrifuge à des années-lumière de la nouvelle capitale, t’imagines à quel point on nous a rompu les amarres ?
    [...]

    Ça me rappelle cette dame que j’avais croisée à la gare de Vallon-en-Sully. Elle était assez âgée pour dire « tout de même », mais pas assez pour être retraitée. Elle était donc au #chômage – elle disait « au réssa ». Et elle était venue acheter un billet de train pour la première fois depuis des années.

    Je l’ai trouvée dehors, visiblement énervée, en train de fumer. Elle venait de se prendre la tête avec le guichetier : « Tout de même », elle disait. « Tout de même. »

    « Il m’a dit que le seul moyen de rejoindre Vierzon, c’était le bus. Le seul ! Ça veut dire que moi, maintenant, si je veux aller à Paris, je dois aller à la Société Nationale des Chemins de Fer pour acheter quoi… un ticket de bus !

    Tu vas à la gare, tu vas au guichet qui est là, juste à côté de deux rails. Ces deux rails que, si tu les suis, ils te mènent tout droit à Vierzon... Et eux ils te disent qu’il faut que tu sortes de la gare, que tu montes dans un bus où t’as les genoux plantés dans le nez, un bus qui pollue de l’air, qui prend des accidents et des bouchons, qui fait des tas de détours, qui te donne mal au cœur, et tout ça pour quoi ? Pour aller juste un peu plus lentement à Vierzon !

    Et le pire c’est qu’ils m’engueulent, moi, de dire que je trouve pas ça normal ! Mais c’est tout de même pas normal, non ? Faut tout de même pas nous prendre pour des imbéciles, non ? »

    J’en suis venu à lui apprendre que c’était le cas depuis trois ans. Et que c’était bien pire sur les autres axes. Si tu veux aller à Lyon depuis Montluçon, t’as plus vite fait de réparer ton 103. Terminé les directs. Terminé les transits rapides à Saint-Germain-des-Fossés. C’est – au mieux – un bus jusqu’à Vichy puis tortillard jusqu’à Part-Dieu. Tout ça pour la modique somme d’un dixième de son réssa.

    Face à son désarroi grandissant, j’ai entrepris de lui parler de Blablacar, qui est par la force des choses devenu notre principal moyen de sortir du bocage. Mais elle m’a interrompu tout suite.

    « Monsieur, je ne vois tout de même pas pourquoi – alors que j’ai payé la #SNCF avec mes impôts de quand je travaillais – je paierais une entreprise privée pour voyager maintenant que je suis au réssa. Je suis désolé mais ça, je peux pas. »

    « Et puis votre truc, là, je connais par cœur. Ils me bassinent avec ça à Pôle emploi. Ils me disent que ça m’aiderait à trouver du boulot. Mais vous savez ce que ça veut dire, pour moi ? Ça veut dire qu’il faut que j’achète un ordinateur et puis un téléphone machin-chose, là, qu’il me faudra racheter au bout de deux ans parce qu’il sera dépassé.

    Puis après, c’est pas tout d’avoir les bazars, il faut prendre les abonnements et tout... Et avec quel argent tout ça ? Ils me font rire, à #Pôle_emploi. Ils disent qu’ils t’aident à trouver du #travail, alors qu’en vrai ils t’aident juste à dépenser ton réssa. »

    Elle était furax.

    « Parce que du travail, de toute façon, y en a pas. En tous cas pas ici. Ou pas pour moi. »

    Et se rallumait des cigarettes les unes sur les autres

    « Et puis chez moi y’a pas de réseau... »

    C’était incontestable. Et cette dame me l’avait brandi devant les yeux : si tu suis les règles du jeu 2016, t’as que de mauvaises raisons de rester par ici. Petits salaires – ou pas de salaires. Peu de commerces. Peu d’infrastructures. Toutes les mesures censées « désenclaver le #territoire » n’ont pas fait le poids face aux impératifs économiques des #services_publics. Une grande partie de la sous-préfecture de Montluçon vient de déménager à Moulins.

    Et vu qu’il n’y a presque plus de #transports publics, tu dois désormais faire deux heures de bagnole, ou payer des boites privées, pour effectuer tes démarches administratives.

    Tu pourrais certes passer par #Internet, mais le temps qu’ils installent le haut débit dans le département, la norme était déjà passée au 4G. Et le temps qu’ils installent le 4, la norme passera au 7.

    Alors, de fait, peut-être qu’il a raison, notre président de région. Peut être que c’est vraiment de solidarité qu’a besoin d’Auvergne. Un bon vieux plan Orsec. Un grand dispositif d’évacuation de ces zones inutiles et désorganisées, sans #emploi ni avenir. Un grand processus de réunification ville-campagne, avec des quotas réservées aux ressortissants ruraux.

    Au moins les choses seraient claires. Pas de double jeu. Pas d’aménagement à deux vitesses. Les campagnes, vidées de leurs actifs qui y vivaient sous perfusion, redeviendraient des parcs pour les touristes urbains. Des lieux de villégiatures scénographiés pour rappeler à l’estivant les bonnes vieilles valeurs du bon vieux temps. Quand les gens s’appelaient Glaude et se disaient boudiou en remuant la paille.

    Ne resteraient pour de bon que quelques indociles. Ceux qui se planquent ou veulent avoir la paix. Qui se caguent de l’offre, et satisfont à leur demande. Ceux qui savent profondément que l’avenir de l’homme passe par sa déconcentration.

    Qui se retrouveraient seuls, au milieu de grandes terres vides.

    L’avenir est fait d’hypercentres cossus pour minorité blindée (aux deux sens du terme) connectés par aéroports, LGVs et autoroutes, et entourés de #banlieue_totale plus ou moins lointaine et plus ou moins abandonnée, où on laissera survivre puis mourir les pauvres sans aucun service public, dans des logements #containers qui servent aujourd’hui aux réfugiés (provisoire durable), et avec un #revenu_de_base version libérale de 400 euros par mois se substituant à tous les autres #minimas_sociaux.
    Les #périphéries lointaines sont un laboratoire social, le #déménagement_du_territoire et le délabrement volontaire qui y sont faits aujourd’hui seront faits à d’autres territoires demain.
    Les pauvres sont de même un laboratoire social, la #guerre_aux_pauvres qui leur est faite aujourd’hui sera faite à la majorité demain. C’est un tort de ne pas y prêter plus d’attention.

    http://seenthis.net/messages/485253 via koldobika


  • Les intermittents remportent une manche, le Medef surenchérit
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/280416/les-intermittents-remportent-une-manche-le-medef-surencherit

    Les syndicats d’intermittents et les employeurs sont tombés d’accord jeudi matin sur de nouvelles règles d’indemnisation #chômage. Mais la négociation va continuer à l’Unedic, alors même que le Medef durcit le ton.

    #Economie #allocation_chômage #intermittence #occupation_théâtre


  • Les intermittents remportent une manche, le Medef surenchérit
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280416/les-intermittents-remportent-une-manche-le-medef-surencherit

    Les syndicats d’intermittents et les employeurs sont tombés d’accord jeudi matin sur de nouvelles règles d’indemnisation #chômage. Mais la négociation va continuer à l’Unedic, alors même que le Medef durcit le ton.

    #France #allocation_chômage #intermittence #occupation_théâtre


  • Les intermittents remportent une manche, le Medef surenchérit sur l’Unedic
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280416/les-intermittents-remportent-une-manche-le-medef-surencherit-sur-lunedic

    Les syndicats d’intermittents et les employeurs sont tombés d’accord jeudi matin sur de nouvelles règles d’indemnisation #chômage. Mais la négociation va continuer à l’Unedic, alors même que le Medef durcit le ton sur le régime général.

    #France #allocation_chômage #intermittence #occupation_théâtre


  • La baisse du #chômage masque la hausse de la précarité
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270416/la-baisse-du-chomage-masque-la-hausse-de-la-precarite

    L’annonce de 60 000 chômeurs de moins le mois dernier offre un bol d’air frais au gouvernement. Mais les sortants semblent en réalité être passés dans les catégories regroupant les #demandeurs_d'emploi à activité réduite. La pression administrative s’accentue également pour comptabiliser radiations et cessations d’inscriptions.

    #France #François_Hollande #Myriam_El_Khomri #Pôle_Emploi #reprise


  • Du travail qui ne crée point de richesses - Pourquoi la société salariale a besoin de nouveaux valets, par André Gorz (juin 1990)
    http://www.monde-diplomatique.fr/1990/06/GORZ/42679 #st

    #Travail précaire, sociétés duales, #chômage chronique… Mutations et régressions s’additionnent sans que la pensée politique, faute de les comprendre, prenne à bras-le-corps ces phénomènes. Allons-nous continuer à produire des serviteurs, alors qu’il faudrait transformer le #temps en liberté pour tous ?