• Le gouvernement a créé une #cellule_militaire pour surveiller les opposants à l’agro-industrie
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    Le gouvernement veut « faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’#agriculture_industrielle », dénoncent de multiples défenseurs de l’#agriculture_paysanne et biologique, réunis dans cette tribune. Ils s’inquiètent fortement de la création de la #cellule_de_renseignement #Demeter, lancée fin octobre, soi-disant destinée à lutter contre l’« #agribashing ».

    Il y aura un avant et un après Demeter. Le 13 décembre, le ministre de l’Intérieur de la République française Christophe #Castaner s’est rendu dans le Finistère en compagnie de la présidente de la #FNSEA #Christiane_Lambert. Dans le cadre d’une #convention signée entre son ministère et ce #syndicat_agricole. Cette première anomalie démocratique — depuis quand la #police républicaine est-elle aux ordres d’une structure privée ? — n’est pas la dernière, de loin.

    En effet, ce voyage avait pour but principal de lancer une cellule de la #gendarmerie_nationale appelée Demeter, la déesse grecque des moissons. Et marque reconnue, depuis des lustres, de l’agriculture sans pesticides. Quel en est le but affiché ? La lutte contre « l’agribashing ». Ce terme est une invention des communicants de la FNSEA, qui prétend sans en apporter la moindre preuve qu’on assisterait en #France à une entreprise concertée de dénigrement du monde agricole. Elle permet à ce syndicat de maintenir ce qu’elle fait depuis des dizaines d’années : une pression lobbyiste pour obtenir en retour des avantages économiques.

    Le ministre, confronté avec son gouvernement à une situation politique difficile, a donc décidé de jouer ce rôle dangereux, affirmant par exemple : « Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. »

    Empêtré dans cette imprudente déclaration, le ministre démontre dans le même texte qu’il est incapable de prouver par le moindre fait la réalité de ce phénomène. Les #chiffres qu’il cite pour 2019 parlent d’eux-mêmes : sur la base de 440.000 exploitations agricoles, les plaintes portent sur 314 tracteurs volés, 24 vols avec violence, 657 voitures dérobées.

    Encore faut-il préciser que les vols avec violences ont diminué en un an de 31,4 %. La plupart des centres urbains se damneraient pour de telles #statistiques. Il est visiblement plus simple de mobiliser la police que de régler la situation dramatique de la #paysannerie française.

    Il y a encore plus grave. Volontairement, n’en doutons pas, M. Castaner mélange dans un stupéfiant gloubi-boulga la #délinquance vile — cambriolages, vols de matériel, incendies, dégradations —, les #occupations_de_terres_agricoles par des #gens_du_voyage, les actions antifourrure ou antichasse. C’est mettre sur le même plan criminel le vol, le droit des populations nomades, celui de la critique sociale et politique.

    Il y a encore plus grave. M.Castaner entend s’attaquer dans le cadre de Demeter, ainsi qu’il l’écrit, aux « actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples #actions_symboliques de #dénigrement du milieu agricole ou d’#actions_dures ayant des répercussions matérielles ou physiques ». Cette fois, on aura compris : il s’agit de faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’agriculture industrielle, dont la FNSEA est le principal soutien.

    La #démocratie, ce n’est pas pactiser avec les #lobbies dans le dos de la société

    Qui mène « des actions symboliques » contre ce système ? Le mouvement des #Coquelicots, qui réclame la fin des #pesticides, soutenu par un million de citoyens. Les #maires qui prennent des arrêtés contre ces poisons chimiques. Des dizaines de milliers de paysans qui ont déjà choisi l’agriculture biologique. Beaucoup d’autres, qui défendent le modèle de l’agriculture paysanne contre les projets délirants d’usines à vaches, à cochons ou à poulets. Et au total des centaines de milliers de citoyens engagés contre l’importation massive de #soja_transgénique et donc l’#élevage_industriel, contre la mort des oiseaux et des insectes, pour des rivières débarrassées de la pollution et des rivages sans algues vertes, enfin pour une #alimentation de haute qualité.

    Il ne fait aucun doute, à nos yeux, qu’une ligne a été franchie. La démocratie, ce n’est pas pactiser avec les lobbies dans le dos de la société. Et quand le ministre parle « d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements », chacun comprend ce que cela veut dire. Cela signifie l’#intimidation accrue de tous les adversaires décidés de la FNSEA, qui passe nécessairement par la #surveillance_électronique et informatique, d’éventuelles #écoutes_téléphoniques, voire des #filatures, des #infiltrations, ou pire encore, la #délation.

    Nous prévenons solennellement le gouvernement que nous refusons cette #criminalisation et que nous demandons le démantèlement de la cellule Demeter. Notre contestation de l’agriculture industrielle, non-violente, se fait et se fera au grand jour, dans la conviction d’exprimer la volonté majoritaire de la société française. Nous voulons beaucoup de paysans, beaucoup plus de paysans, heureux et fiers de leur métier, enfin payés au prix convenable pour leur participation au bien commun. C’est en effet un autre monde que celui de la FNSEA.

    https://m.reporterre.net/Le-gouvernement-cree-une-cellule-militaire-pour-surveiller-les-opposan
    #répression #surveillance #résistance #industrie_agro-alimentaire #agriculture_biologique

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  • Les publicitaires digèrent mal la fin des cookies sur Internet
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/14/les-publicitaires-digerent-mal-la-fin-des-cookies-sur-internet_6029510_3234.

    Sans ces fichiers, les entreprises ne pourront plus tracer les internautes pour leur envoyer des publicités ciblées. Tout un pan de leur modèle risque de s’effondrer au profit des « GAFA ». Panique à bord. « Il faut se préparer à un tsunami », « on va dans le mur »… Telles sont les réactions que l’on peut entendre dans le milieu français de la publicité depuis que, le 14 janvier, Google a annoncé la suppression d’ici à deux ans des cookies tiers – qui sont ceux principalement utilisés par les annonceurs – (...)

    #Apple #Criteo #Google #Facebook #Chrome #cookies #Firefox #Safari #domination #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #CCPA #GAFAM #lutte #microtargeting (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##profiling ##publicité ##CNIL
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  • Criteo, star française de la pub ciblée, à l’épreuve d’un monde sans cookies
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/14/criteo-star-francaise-de-la-pub-ciblee-a-l-epreuve-d-un-monde-sans-cookies_6

    L’entreprise, qui avait bâti sa fortune sur l’exploitation des fichiers pistant les particuliers sur le Web, doit revoir son modèle. Peut-on faire confiance aux GAFA (Google, Amazon, Facebook, Amazon) pour laisser de la place à d’autres acteurs dans l’univers de la publicité digitale ? A considérer l’expérience du français Criteo, la réponse est non. En deux ans et demi, le champion du reciblage – qui permet d’afficher sur l’écran d’un internaute de la publicité pour des produits sur lesquels il s’est (...)

    #Apple #Criteo #Google #Facebook #Chrome #cookies #Safari #domination #bénéfices #lutte #microtargeting #profiling #publicité (...)

    ##publicité ##GAFAM
    https://img.lemde.fr/2020/01/15/0/0/3813/1903/1440/720/60/0/186c105_j5V66GJ0axSwz6Ss_7CPcjLB.jpg

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  • The Fractured Future of Browser Privacy | WIRED
    https://www.wired.com/story/chrome-firefox-edge-browser-privacy

    In the 1990s, web browsers like Netscape Navigator and Microsoft Internet Explorer competed bitterly to offer the snazziest new features and attract users. Today, the browser landscape looks totally different. For one thing, Chrome now dominates, controlling around two-thirds of the market on both desktop and mobile. Even more radical, though, is the recent competitive focus on privacy, a welcome change for anyone who’s gotten sick of creepy ad tracking and data mismanagement. But as (...)

    #Apple #Google #Microsoft #Mozilla #Brave #Chrome #cookies #Edge #Firefox #Safari #Netscape #marketing #profiling #publicité (...)

    ##publicité ##BigData
    https://media.wired.com/photos/5e2f7df5d639140009f33c33/191:100/w_1280,c_limit/Browser-Privacy-and-Security_1036138800.jpg

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  • La plate-forme de publicité ciblée Criteo plombée par Google
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/01/16/la-plate-forme-de-publicite-ciblee-criteo-plombee-par-google_6026075_3234.ht

    C’est un nouveau coup dur pour Criteo. Mardi 14 janvier, Google a annoncé sa volonté d’éliminer, d’ici à 2022, les cookies publicitaires sur son navigateur, Chrome. Conséquence immédiate : le champion français de la publicité ciblée a été lourdement sanctionné en Bourse. Ainsi, son action a terminé la séance de mardi au Nasdaq par un recul de 15,9 %. La chute se poursuivait mercredi, (-9,68%), le titre tombant à 13,81 dollars (12,3 euros). Pour la nouvelle dirigeante de la société, Megan Clarken, arrivée en (...)

    #Apple #Criteo #Google #algorithme #Chrome #cookies #Safari #bénéfices #marketing #profiling (...)

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    https://img.lemde.fr/2020/01/16/301/0/4088/2040/1440/720/60/0/ef81fe1_uRu6yIBYrnX2rExHoQGn0x5r.jpg

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  • Internet : Google veut éliminer progressivement les cookies
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/01/15/internet-google-veut-eliminer-progressivement-les-cookies_6025886_4408996.ht

    Google a annoncé, mardi 14 janvier, se donner deux ans pour éliminer de son navigateur les cookies des sites Internet, ces petits modules électroniques d’identification – dénoncés par les militants de la protection de la vie privée – qui suivent les utilisateurs sur la Toile pour mieux cibler la publicité. Le géant du Web a fait savoir que son programme Privacy Sandbox, lancé en août 2019, permettrait néanmoins toujours aux annonceurs de diffuser des messages ciblés, tout en évitant aux internautes (...)

    #Google #Android #Chrome #cookies #data #profiling #publicité

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  • Skype audio graded by workers in China with ’no security measures’ | Technology | The Guardian
    https://www.theguardian.com/technology/2020/jan/10/skype-audio-graded-by-workers-in-china-with-no-security-measures

    A Microsoft programme to transcribe and vet audio from Skype and Cortana, its voice assistant, ran for years with “no security measures”, according to a former contractor who says he reviewed thousands of potentially sensitive recordings on his personal laptop from his home in Beijing over the two years he worked for the company. The recordings, both deliberate and accidentally invoked activations of the voice assistant, as well as some Skype phone calls, were simply accessed by Microsoft (...)

    #Apple #Google #Microsoft #Amazon #Skype #Chrome #Cortana #biométrie #reconnaissance #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #écoutes (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##voix
    https://i.guim.co.uk/img/media/0acf495827ddc03498878509841751c8835a33e7/0_184_3500_2101/master/3500.jpg

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  • Microsoft : des transcriptions Skype et Cortana épluchées par des sous-traitants chinois - Next INpact
    https://www.nextinpact.com/brief/microsoft---des-transcriptions-skype-et-cortana-epluchees-par-des-sous-t

    Nouvel épisode dans la triste suite des scandales liés à l’analyse vocale et aux « assistants ». The Guardian a publié les confessions d’un Anglais travaillant en Chine pour une entreprise ayant eu accès à des fichiers audio provenant de Skype et Cortana. Ce type de travail « humain » a justement été révélé par le dossier des enceintes connectées, où l’on apprenait que les GAFAM se servaient tous de sous-traitants, souvent étrangers, pour perfectionner leur reconnaissance vocale. Dans le cas présent, les (...)

    #Apple #Microsoft #Skype #Chrome #Windows #biométrie #reconnaissance #écoutes #GAFAM #voix (...)

    ##Cortana
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  • How to Stop Your Smart TV From Tracking What You Watch
    https://www.nytimes.com/2018/07/23/smarter-living/how-to-stop-your-smart-tv-from-tracking-what-you-watch.html

    Millions of smart TVs in American homes are tracking everything you watch for the sake of advertisers. If that doesn’t sit right with you, here’s how to turn it off. Your smart TV is probably tracking everything that appears on the screen. While ad tracking is par for the course on the internet in 2018, smart TVs are particularly interesting. They don’t just track the shows you stream on their built-in apps : they can recognize any show you’re watching, any game you’re playing, or any ad that (...)

    #Apple #Google #SambaTV #Roku #Samsung #Sony-Ericsson_ #Vizio #TCL #LG #Amazon #algorithme #Chromecast #data #profiling (...)

    ##publicité
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  • Comme la statue du Commandeur…
    http://www.medelu.org/Comme-la-statue-du-Commandeur

    La vie d’une communauté humaine, et plus particulièrement d’une communauté politique, est jalonnée de conflits qui ont cependant des points communs : un commencement, un milieu et une fin, même si cette dernière est le plus souvent provisoire. Ce flux permanent d’événements, surtout lorsqu’ils ont une forte visibilité médiatique (guerres, attentats terroristes, crises financières, etc.), est régulé tant bien que mal par des institutions locales, nationales, régionales ou planétaires, et il peut déboucher (...)

    #Chroniques_du_mois

    / #Ecologie, #Changement_climatique, #Union_européenne, #Capitalisme, #Néolibéralisme


  • Chiffres Google – 2020
    https://www.blogdumoderateur.com/chiffres-google

    À l’origine, Google n’était qu’un moteur de recherche, sans doute le meilleur au niveau de la pertinence des liens. Il a été créé par Larry Page et Sergey Brin en 1996 pendant leur cursus à l’université de Stanford, aux États-Unis. L’entreprise Google Inc. a officiellement été lancée le 4 septembre 1998. Depuis, Google est devenu une filiale d’Alphabet et ses services se sont multipliés : gestion des emails avec Gmail, du calendrier avec Agenda, stockage et édition de documents avec Drive… Un nombre (...)

    #Alphabet #Google #Edge #Chrome #Firefox #Opera #Safari #domination #bénéfices #GoogleSearch

    https://ressources.blogdumoderateur.com/2013/09/google-logo.png

    https://seenthis.net/messages/819237 via etraces


  • How we survive the surveillance apocalypse
    https://www.washingtonpost.com/technology/2019/12/31/how-we-survive-surveillance-apocalypse

    Online privacy is not dead, but you have to be angry enough to demand it. Go, go gadgets has long been the attitude in my house. Perhaps yours, too : A smartphone made it easier to stay in touch. A smart TV streamed a zillion more shows. A smart speaker let you talk to a smart thermostat without getting out of bed. That’s progress, right ? Now I’ve got a new attitude : It’s not just what I can get out of technology — I want to know what the technology gets out of me. For the past year, I’ve (...)

    #Apple #GoldmanSachs #Google #MasterCard #Amazon #Facebook #algorithme #Chrome #Alexa #carte #cookies #domotique #iPhone #smartphone #thermostat #voiture #WiFi #VPN (...)

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  • Vivre sans Google et cie ? La liste des alternatives aux GAFAM
    https://mrmondialisation.org/vivre-sans-google-et-cie-la-liste-des-alternatives-aux-gafam

    Les GAFAM – ces mastodontes du web – sont régulièrement sous le feu des critiques. Contrôle du marché de l’information et de la publicité en ligne, revente des données personnelles, pouvoir économique mondial hors norme, influence de la démocratie via des lobbies surpuissants, les motifs de se méfier de ces géants ne manquent pas. Difficile pourtant de s’en défaire une bonne fois pour toute tant ils sont partout dans notre univers numérique. Néanmoins, voici quelques pistes pour les remplacer au (...)

    #Alphabet #Apple #Google #Microsoft #Mozilla #Amazon #Diaspora #DuckDuckGo #Ecosia #Facebook #Mastodon_ #ProtonMail #Qwant #Wikimedia #Wikipedia #Firefox #Linux #Windows #Brave #Android #Chrome #Apache #domination #Wikileaks #bénéfices #BigData (...)

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  • La France périphérique un an après : un mythe aux pieds d’argile | AOC media - Aurélien Delpirou et Achille Warnant
    https://aoc.media/analyse/2019/12/11/la-france-peripherique-un-an-apres-un-mythe-aux-pieds-dargile

    En dix ans, le consultant en géographie #Christophe_Guilluy a acquis une forte notoriété et réussi à imposer des formules chocs dans le débat public, à l’instar de sa trop fameuse « #France_périphérique ». Si les critiques sérieux n’ont pas attendu si longtemps pour déconstruire et réfuter cette doxa médiatique, le mouvement des Gilets jaunes est venu lui porter le coup de grâce. Il serait temps d’en prendre acte.
    Un an après l’explosion du mouvement des #Gilets_jaunes, qu’il aurait prophétisé, le géographe et essayiste Christophe Guilluy est considéré comme l’un des plus fins observateurs des recompositions sociales et territoriales à l’œuvre dans la France contemporaine. Théoricien, au début des années 2000, du concept de France périphérique, il se présente volontiers comme le porte-voix des territoires éloignés des métropoles, décrits comme étant relégués spatialement et socialement.

    Mobilisées par des responsables politiques de toutes obédiences et largement relayées par les médias et les réseaux sociaux, ses idées se sont progressivement imposées dans le débat public, comme en témoigne l’usage désormais banalisé de la notion de France périphérique.

    Ce succès politico-médiatique est d’autant plus remarquable que Guilluy s’estime ostracisé par les milieux académiques et « victime du politiquement correct ». Un avis que partage son confrère Laurent Chalard, qui lui a consacré un long article hagiographique en 2017 dans la revue Outre-Terre : « si vous souhaitez vous faire des amis au sein de la (petite) communauté des géographes français, il est vivement conseillé de ne pas aborder avec ses membres la question du plus célèbre de ses représentants vivants, Christophe Guilluy », ironise-t-il.

    Coupable de ne « pas être issu du sérail » et d’avoir « volé la vedette aux mandarins d’une communauté réputée pour sa fermeture et son entre-soi », Christophe Guilluy ferait l’objet de critiques « irrationnelles » de la part des chercheurs[1].

    Comment expliquer ce décalage inédit par son ampleur dans le champ des sciences sociales francophones ? Comment interpréter le succès des thèses de Guilluy malgré les controverses qu’elles ont suscitées ?

    Afin d’apporter quelques éléments de réponse à ces questions, cet article entend s’éloigner des polémiques en reconstruisant de manière factuelle le parcours éditorial du géographe, puis en présentant de manière aussi « rationnelle » que possible les principales critiques adressées à la notion de France périphérique, sans entrer dans les dimensions politico-idéologiques et ethnoculturelles du débat. Nous terminerons en montrant en quoi la crise des Gilets jaunes a signé dans le même temps l’apogée et le dépassement de cette notion.

    La bonne fortune médiatique d’un géographe « hors-circuit »
    Né en octobre 1964 à Montreuil, Christophe Guilluy grandit à Paris où il suit, dans les années 1980, un cursus de géographie à l’université. Dans son mémoire de maîtrise (1987), il s’intéresse aux conséquences des politiques de rénovation urbaine sur les quartiers populaires de Paris.

    Encadré par deux géographes proches du parti communiste, Jean-Philippe Damais et Michel Grosse, ce travail est l’un des premiers à mettre en lumière l’embourgeoisement de l’Est parisien. Faute d’avoir obtenu une bourse de thèse, Guilluy devient d’abord pigiste pour différents médias, avant de se tourner vers le conseil aux collectivités locales en 1989. Cette reconversion est dans un premier temps difficile : ses clients, pour l’essentiel des municipalités gérées par des élus communistes, se raréfient avec l’effondrement du parti.

    En 1995, le géographe crée un bureau d’études ; Maps, qui se spécialise dans l’appui à la rénovation des quartiers de grands ensembles. Dans le cadre de cette activité, il s’engage en faveur de la politique de la ville et prend des positions qui le situent alors à la gauche de la gauche[2].

    Cette même année, l’élection présidentielle est marquée par le discours de Marcel Gauchet et d’Emmanuel Todd sur la « fracture sociale » opposant la « France d’en haut » à celle « d’en bas ». Guilluy y est sensible et débute, à la fin des années 1990, l’écriture de son premier essai, Atlas des fractures françaises, qui paraît en 2000 aux éditions L’Harmattan.

    L’ouvrage s’attache à montrer les effets inégalitaires de la métropolisation sur les territoires à toutes les échelles. Cette analyse le conduit à évoquer, par opposition aux métropoles « qui concentrent l’essentiel du progrès économique et des richesses », des « territoires périphériques » constitués à la fois de « zones industrielles au tissu productif fragile » et de « zones à dominante rurale et tertiaire ».

    Si le succès éditorial n’est pas au rendez-vous, le livre permet à Guilluy d’ordonner ses idées et d’acquérir une certaine légitimité pour intervenir dans le débat public. En 2001, quelques mois avant les élections municipales, Libération lui ouvre ses colonnes : dans une tribune intitulée « Municipales : les bobos vont faire mal », le géographe explique que la gauche est susceptible de remporter la Ville de Paris grâce à l’apparition d’une nouvelle bourgeoisie bohème qui opère une « ghettoïsation par le haut » de la capitale.

    Le concept de « bobo », repris au journaliste américain David Brooks, permet au texte d’être remarqué. Guilluy signe une nouvelle tribune dans Libération l’année suivante, intitulée « Arlette et Le Pen, incarnation du peuple ». Il y explique que ces deux figures politiques sont les candidats « naturels » des catégories populaires, mais aussi que « paradoxalement, les discours des deux mouvements, loin de s’opposer, se complètent en couvrant un large spectre des causes de l’exaspération [sociale] ».

    Pour la première fois, l’auteur parle explicitement de la France périphérique[3], cette « terra incognita des fameuses élites gestionnaires ». La notion est définie en 2003, de manière très large, dans une tribune publiée elle-aussi dans Libération : il s’agit de la France des « régions industrielles, des espaces ruraux, des quartiers de logements sociaux et des zones de lotissements pavillonnaires bas de gamme ». 

    Ces idées sont développées et précisées dans l’Atlas des nouvelles fractures sociales en France, rédigé avec le géographe Christophe Noyé (Autrement, 2004). Les auteurs identifient une double dynamique d’embourgeoisement des centres urbains et de décrochage de la France périphérique.

    Celle-ci est désormais définie, à l’aide de plusieurs cartes et graphiques et dans une perspective plus sociologique, comme celle « des ouvriers ruraux, des petits paysans, des employés de lotissements pavillonnaires bas de gamme et des chômeurs de banlieue ». Le tableau des lignes de fracture du territoire français est encore complexe et nuancé.

    L’ouvrage connait un succès d’estime dans la sphère académique – il entre dans la plupart des bibliothèques universitaires –, tout en suscitant l’intérêt de personnalités politiques de premier plan : Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, invite les deux auteurs à venir lui présenter leurs travaux[4].

    La publication de Fractures françaises en 2010 aux éditions François Bourin marque un tournant. La dimension ethnoculturelle prend une place nettement plus grande dans l’analyse[5], les données empiriques se font plus rares, le ton devient plus polémique sinon vindicatif.

    En opposition aux travaux « idéologiques » des « chercheurs politisés », Guilluy revendique désormais un « discours de vérité ». Le géographe dénonce l’« obsession des banlieues », qui masquerait selon lui les deux principales recompositions socio-spatiales liées à la mondialisation : gentrification et immigration dans les métropoles d’un côté ; relégation des catégories populaires traditionnelles (ouvriers et employés) dans la France périphérique de l’autre.

    Laissée à l’écart de la production de richesses, cette majorité invisible, blanche et laborieuse serait de plus en plus sensible aux idées du Front national en raison de son opposition au « multiculturalisme cosmopolite ». En conclusion, Guilluy en appelle à la reconnaissance du « capital d’autochtonie », au « retour du peuple » et à la réhabilitation du « récit national ».

    En raison de la modestie de son éditeur, le livre rencontre initialement peu d’écho. Selon Laurent Chalard, son destin bascule quand Alain Finkielkraut recommande « la lecture de Fractures Françaises à l’occasion d’une émission télévisée sur France 5 ».

    De fait, plusieurs quotidiens et hebdomadaires nationaux lui consacrent des articles (Le Monde, Le Figaro, Marianne,), tandis que Guilluy est invité dans l’émission Zemmour & Naulleau sur Paris Première, où il est présenté comme l’« idole » du polémiste star de la droite identitaire. L’ouvrage retient même l’attention du président de la République, Nicolas Sarkozy, qui invite le géographe à l’Élysée sur les recommandations de son conseiller spécial Patrick Buisson.

    Aux débuts des années 2010, plus largement, la notion de France périphérique est progressivement reprise dans le champ politique, à droite (Laurent Wauquiez, Jean-François Copé) et à l’extrême droite (Marine Le Pen) aussi bien qu’à gauche (Manuel Valls, Cécile Duflot), dans des versions très différentes toutefois.

    En 2012, François Hollande l’invite à son tour à l’Élysée, où il échange avec Emmanuel Macron qui, selon Guilluy, aurait « valid[é] [son] diagnostic » à l’occasion d’une rencontre informelle entre les deux hommes. De fait, dans son ouvrage Révolution (2016), le futur président cite abondamment la France périphérique.

    Les critiques sont rares ; la plus notable est sans doute celle de Martin Vanier dans la revue Urbanisme. Dans un court texte, il dénonce la « confusion sulfureuse » entretenue par l’auteur et sa façon de caricaturer les « contenus sociologiques, fonctionnels et idéologiques des catégories qu’il oppose ». Adoptant une posture qui sera la sienne jusqu’à aujourd’hui, Guilluy refuse de lui répondre ou même seulement de débattre, malgré de nombreuses propositions.

    Guilluy publie un quatrième essai en 2014, La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires (Flammarion). Si la thèse est sensiblement la même, sa réception change de ton et d’ampleur.

    L’ouvrage est encensé par la quasi-totalité de la presse nationale – l’hebdomadaire Marianne qualifiant l’essai de « seul livre que devrait lire Hollande ». L’analyse prend une dimension nettement plus politique : le géographe dénonce la trahison de la gauche de gouvernement, accusée d’avoir abandonné les classes populaires au profit (seulement apparent) des minorités. Une rhétorique néomarxiste, déployée à travers la question des inégalités territoriales, parcourt tout l’ouvrage.

    Mais celui-ci emprunte aussi le ton de la dénonciation morale en dressant le portrait d’un acteur collectif – les « classes dominantes » – pourvu d’une intentionnalité malveillante visant à exploiter le peuple tout en affichant un « faux altruisme ».

    Pour la première fois, l’ouvrage fait l’objet de quelques critiques, notamment dans Libération. Si l’éditorial de Laurent Joffrin reste plutôt positif, quelques universitaires reprochent à l’auteur sa vision binaire et caricaturale et son absence de prise en compte de la diversité des situations territoriales.

    Certains journalistes critiquent également sa lecture ethnicisée des problèmes sociaux et sa posture victimaire, susceptible d’alimenter les fractures qu’il prétend dénoncer.

    Dans Le Crépuscule de la France d’en haut (2016) et No Society (2018), Guilluy tente de faire monter ses analyses en généralité. Déployant une rhétorique qui emprunte à tous ses travaux antérieurs, il y annonce la fin de la « classe moyenne occidentale » et fait de l’identité la principale clé de lecture des problèmes politiques et sociaux de la France contemporaine.

    Il développe également sa vision de l’« Allemagne périphérique », de l’« Angleterre périphérique » et de l’« Italie périphérique », etc. Les données empiriques se sont presque totalement taries ; les écrits de journalistes ou de philosophes-essayistes (tout particulièrement Alain Finkielkraut) remplacent les cartes, les statistiques et les références aux travaux de sciences sociales[6].

    Le succès médiatique n’en est pas moins au rendez-vous, notamment grâce à la publication de « bonnes feuilles » ou la reprise de « bonnes formules » : la bourgeoisie des métropoles est qualifiée de « nouveaux Rougon Macquart (…) déguisés en hipsters », tandis que les « classes dominantes qui vivent le multiculturalisme à 5000 euros par mois » sont opposées aux « classes populaires qui vivent le multiculturalisme à 1000 euros par mois ».

    Le complotisme qui parcourt les deux ouvrages – « il n’est rien d’aussi puissant que la révélation au monde d’un secret dissimulé depuis des décennies mais connu intuitivement par une majorité de l’opinion » – trouve, par ailleurs, un large écho sur les réseaux sociaux.

    Les deux ouvrages suscitent plusieurs critiques de la part d’experts et d’universitaires. Ainsi, dans Libération, les membres de la revue Métropolitiques, un collectif de jeunes chercheurs en sciences sociales, signent une courte tribune dans laquelle ils dénoncent les « représentations fausses ou biaisées » de Christophe Guilluy qui, « bien qu’usant d’oripeaux scientifiques (cartes, statistiques) », s’affranchissent de « toute précaution et d’objectivité pour alimenter des arguments tronqués ou erronés ».

    Pourtant éparses, ces réactions déclenchent un véritable déchainement des partisans de Guilluy dans les médias et les réseaux sociaux, tandis que le géographe lui-même reste une nouvelle fois silencieux. Ainsi, dans Causeur, la démographe Michèle Tribalat s’insurge contre une entreprise de « démolition médiatique » (sic), tandis que la rédactrice en chef de l’Express regrette que la « lucidité » de Guilluy puisse lui valoir « de mauvais procès d’intentions politiques ». D’autres vont jusqu’à qualifier les auteurs de la tribune de « lâches », de « nouveaux censeurs » ou encore d’« aveugles corporatistes ».

    Le géographe reçoit également le soutien de nombreux sites de la droite identitaire, de l’Observatoire du journalisme à Radio Courtoisie en passant par Breizh Info. Quelques semaines après seulement, la crise des Gilets jaunes lui offre une exposition médiatique sans précédent.

    Cette trajectoire éditoriale singulière est donc marquée par quatre dynamiques : une prise de distance progressive et désormais radicale vis-à-vis des méthodes des sciences sociales en matière de collecte, d’exploitation et de validation des données ; l’affirmation croissante d’une dimension ethnoculturelle dans l’analyse, ouvrant la voie à une rhétorique identitaire victimaire ; une couverture médiatique d’envergure nationale et très largement favorable, y compris depuis 2016 ; une consécration politique précoce, se traduisant par de nombreux liens avec des responsables de tous bords, jusqu’aux trois derniers présidents de la République.

    À l’aune de ces éléments, on peut affirmer, sans esprit de polémique, que ce qui est totalement « irrationnel », c’est de continuer à présenter Guilluy comme une victime du « politiquement correct » ou d’un « lynchage médiatique ». Aveuglement sincère ou stratégie classique de retournement de stigmates ? La question mérite d’être posée.

    Du mythe politique à la mystification scientifique[7]
    Si la France périphérique est devenue le mainstream de la pensée territoriale dans les médias et les partis de gouvernement, elle suscite une très large opposition parmi les chercheurs en sciences sociales. Les critiques adressées à la notion – et plus largement aux thèses défendues par Christophe Guilluy – se sont exprimées à partir du début des années 2010.

    Contrairement à ce qu’affirment régulièrement ses partisans, elles sont dans le même temps largement convergentes et marquées par une grande diversité d’auteurs, de registres et de focales. L’idée qu’il y aurait « deux camps opposés au sein de la géographie française », récemment évoquée à la radio par le romancier Aurélien Bellanger, apparait donc erronée.

    En premier lieu, plusieurs éléments du diagnostic posé par Guilluy sont issus de recherches académiques bien antérieures à ses propres ouvrages. Ainsi, la thèse de la « moyennisation » de la société a été battue en brèche par de nombreux travaux sur « le retour des classes sociales » (selon le titre d’un article fameux de Louis Chauvel paru en 2001), sur le creusement des inégalités sociales (d’Edmond Préteceille à Thomas Piketty) ou sur l’émergence de nouveaux « ouvriers après la classe ouvrière ».

    Par ailleurs, Guilluy s’attribue ou attribue à quelques intellectuels des approches et des notions forgées dès le début des années 2000 par des universitaires, comme le « périurbain subi » (Martine Berger), le décrochage de certaines campagnes subissant la désindustrialisation ou les difficultés de la France des marges.

    Enfin, le consensus idéologique sur certains objectifs politiques, devenus de véritables totems de l’action publique (métropolisation, compétitivité, excellence, etc.), ou encore la théorie du « ruissellement » depuis les métropoles, ont fait l’objet de nombreuses déconstructions stimulantes (de Fabien Desage à Olivier Bouba-Olga, en passant par les travaux de l’ANR Altergrowth sur la décroissance urbaine). La prétention de Guilluy à révéler « un monde secret dissimulé depuis des décennies » (No Society, p. 21) est donc soit le témoignage d’une méconnaissance des références majeures de son champ d’études soit, plus prosaïquement, le fruit d’une mise en scène cherchant à faire le buzz.

    Elle témoigne aussi, plus profondément, de la difficulté des universitaires à diffuser et à valoriser leurs résultats pour construire les bases de controverses utiles au débat public.

    En effet, et en deuxième lieu, l’idée qu’il y aurait une collusion entre monde académique, classe politique et médias est une supercherie. La réalité est que, pour plusieurs raisons comme le quasi-monopole du pouvoir par les hauts-fonctionnaires ou la dévalorisation sociale et économique des diplômes académiques (à commencer par le doctorat), les universitaires français sont très faiblement représentés dans le débat politique et médiatique.

    Dans un récent entretien au média spécialisé Acteurs publics, l’ancien secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la recherche Thierry Mandon confirme et regrette cette marginalisation, unique en Europe par son ampleur : en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne, l’expertise académique est non seulement reconnue mais recherchée ; les cadres des collectivités, les élus et souvent même les ministres sont issus de l’université ; les méthodes des sciences sociales irriguent les débats. Les réactions des chercheurs étrangers au succès politico-médiatique de Christophe Guilluy, oscillant entre incrédulité et exaspération, sont tout à fait significatives à cet égard.

    En troisième lieu, croire ou laisser croire que les chercheurs constitueraient un bloc homogène aux plans scientifique et politique, dont les théories et intérêts seraient convergents relève du fantasme. Bien au contraire, le monde académique est traversé par de nombreuses controverses, parfois très vives.

    Celles-ci s’expriment dans le respect des règles du débat scientifique, qui s’appliquent partout dans le monde : honnêteté et rigueur intellectuelles, validité empirique, confrontation des résultats. Si l’opposition à la notion de France périphérique est l’un des rares objets de consensus au sein des sciences sociales francophones, c’est qu’elle s’adosse à des critiques solidement argumentées – et s’aventurant rarement sur le terrain politico-idéologique, alors que, précisément, Guilluy et ses partisans tentent de les décrédibiliser a priori comme venant d’idéologues, plus militants que scientifiques.

    Un premier ensemble de critiques concerne la méthodologie utilisée par le géographe pour construire « sa » France périphérique. Au fil des ouvrages, les contours de celle-ci ne cessent de changer et sa définition n’est toujours formulée qu’en creux : la France, toute la France, hors des quinze-ou-vingt ou-vingt-cinq aires urbaines les plus peuplées du pays au sens de l’Insee (et une partie de leur couronne périurbaine, jamais définie néanmoins).

    Une telle représentation conduit, par exemple, à classer comme « périphériques » les classes créatives d’Angers, les chercheurs de la Rochelle et les cadres supérieurs d’Annecy, tandis que les dockers de la Seyne-sur-Mer ou les mineurs retraités de Lens seraient pour leur part « métropolitains » – élus et habitants seront heureux de l’apprendre ! De même, l’ensemble de l’espace rural, des vallées désindustrialisées de l’Est aux campagnes viticoles prospères du Val-de-Loire, en passant par les villages touristiques du Luberon, est relégué dans la France périphérique.

    Ces écueils sont directement liés à la fragilité du protocole méthodologique mobilisé par l’auteur. On l’a dit, la présentation des données et des sources se fait de plus en plus floue au gré de ses publications, au point d’être totalement invisibilisée dans No society – ce qui permet de ne plus avoir à en rendre compte. Quelques chercheurs ont néanmoins fait l’effort d’analyser les grandes variables statistiques agrégées servant de base à la démonstration analytique et cartographique de Guilluy.

    La réalité est qu’elles sont presque toujours construites ad hoc pour les besoins de la démonstration. Ainsi, le critère de fragilité sociale, point cardinal de l’analyse dans La France périphérique, est défini de manière particulièrement extensive : près de 25 000 communes françaises, regroupant 65% de la population nationale, sont classées comme « fragiles » ! Leur répartition géographique, leur composition sociale, leur profil fonctionnel sont pourtant extrêmement hétérogènes.

    Pour éviter ces biais homogénéisateurs, les recherches en sciences sociales mobilisent des méthodes qualitatives (par exemple des monographies détaillées de communes ou de quartiers) et des travaux de terrain. En la matière, le bât blesse à nouveau : comme tant d’autres commentateurs après lui, Christophe Guilluy analyse la France périphérique depuis… le cœur de la France métropolitaine.

    Nulle trace, dans ses travaux, d’entretiens avec les élus, d’enquêtes au contact des habitants et des usagers, d’observations participantes dans les associations, les mairies ou les bistrots. Comme le souligne justement le sociologue Benoît Coquard, la représentation de la France périphérique a donc été entièrement produite et appropriée par des personnes qui ne connaissent pas les territoires qu’elles recouvrent et encore moins leurs habitants ! La prétention à parler à leur place et en leur nom n’est pas sans rappeler les écueils de la « classe-objet », dénoncés par Pierre Bourdieu à propos de l’étude des paysans : la France périphérique a été en quelque sorte dépossédée d’elle-même.

    La rhétorique des deux France s’inscrit dans une histoire longue : l’Est urbain et industrialisé contre l’Ouest rural et paysan au XIXème siècle ; Paris et le « désert français » au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ; la « diagonale du vide » des années 1970.

    Ces lignes de fractures se fondaient, au moins partiellement, sur des observations objectives et rendaient compte au moins autant des oppositions que des complémentarités entre les territoires. Au contraire, comme le rappelle le géographe Daniel Béhar, la France périphérique se borne à postuler un clivage vertical et irréductible entre un peuple / des territoires « dominés » et des élites / des territoires « dominants ».

    Pourtant, des dizaines de travaux de sciences sociales ont documenté de manière beaucoup plus rigoureuse, plus précise et plus stimulante que Guilluy les effets inégalitaires de la mondialisation sur les sociétés et sur les territoires. À la suite de Pierre Veltz, pourtant l’un des principaux inspirateurs des premiers travaux du géographe, on peut essayer de résumer leurs principaux résultats.

    En premier lieu, les grandes évolutions socioéconomiques décrites par Guilluy concernent tous les types de territoires, dans des proportions assez comparables entre les métropoles (hors Ile-de-France) et le reste du pays. Ainsi, la part des ouvriers et des employés décline de manière continue et régulière depuis 40 ans dans les espaces ruraux aussi bien qu’urbains – ces derniers accueillant encore, en stock, une large majorité d’entre eux.

    Cette dynamique ne signifie pas pour autant la « fin de la classe moyenne occidentale » (sic). Les professions intermédiaires sont loin d’avoir disparu : elles représentent un quart de l’emploi, un chiffre en croissance. En outre, si la mobilité sociale n’a pas augmenté depuis les années 1980, elle n’a pas non plus diminué et ce sont précisément les enfants issus des classes moyennes qui ont vu le plus progresser leurs chances d’ascension sociale.

    En deuxième lieu, les disparités territoriales ne distinguent plus nettement telles ou telles catégories (urbain / rural, Paris / Province, métropoles / France périphérique). Au contraire, elles s’enracinent désormais à des échelles fines, le plus souvent au sein du monde urbanisé : les grandes villes sont à la fois les lieux privilégiés de concentration des richesses et les points de fixation de la pauvreté (les faibles niveaux de vie y sont systématiquement surreprésentés, y compris dans les villes les plus riches comme Paris et Lyon).

    En troisième lieu ; selon les points de vue, les échelles et les indicateurs considérés, on trouve des « gagnants » et des « perdants » partout en France, dans des combinaisons diverses. Ainsi, la Seine-Saint-Denis est le septième département de France métropolitaine pour la richesse produite mais l’avant-dernier pour le revenu médian des ménages.

    À une autre échelle, l’Occitanie est à la fois la deuxième région française par le taux de chômage et la première par l’accueil de populations nouvelles et la création d’emplois ! Si « le territoire français a plus d’une pente » (selon la formule du géographe Roger Brunet), c’est que les difficultés sont loin d’être toujours cumulatives dans l’espace et dans le temps.

    En quatrième lieu, de très nombreux territoires non-métropolitains sont en bonne santé démographique et économique. Depuis les années 1970, l’espace peu dense a vu sa population progresser à un rythme plus soutenu que celui du cœur des grandes aires urbaines.

    Cette croissance est essentiellement liée au solde migratoire ; autrement dit, ces espaces supposés délaissés attirent chaque année de nouveaux habitants. De même, les zones d’emploi les plus dynamiques du pays sont situées loin des pôles métropolitains (Issoire, Les Herbiers, Avranches, Cluses, etc.).

    Avec un taux de chômage de 5% et un taux de pauvreté de 12%, le département du Cantal, si souvent cité par Guilluy comme emblème de la France périphérique, pourrait presque apparaître comme un havre de prospérité en regard de la métropole la plus attractive de France, Montpellier (13% de chômeurs et 19% de pauvres).

    Comme toujours, toutefois, les statistiques masquent un réalité sociale contrastée et les difficultés des entreprises locales à attirer de jeunes actifs qualifiés.

    Enfin, la France périurbaine est marquée par une grande diversité sociale et fonctionnelle. Elle crée plus d’emplois que les centres des villes ; elle accueille aussi bien des chefs d’entreprises installés que des ouvriers qui quittent le logement social, des employés attirés par la faiblesse relative des prix fonciers que des fonctionnaires se rapprochant de leur lieu de travail, des retraités attachés à l’idéal villageois que des jeunes cadres y déployant leur projet familial.

    À l’échelle nationale, ces périurbains disposent d’un revenu médian annuel (20 975 euros) plus élevé que celui des habitants des villes-centres (19 887). Et ils ne constituent pas un « réservoir naturel de vote FN, comme le voudrait une sociologie simpliste de la haie de thuyas et du chien de garde : leurs votes se répartissent sur tout le spectre, à peu près comme la moyenne du pays » (Pierre Veltz[8]).

    En effet, l’une des raisons principales de l’écho rencontré par les thèses de Guilluy tient dans le lien qu’il établit entre la France périphérique et une colère sociale qui trouverait son exutoire dans le vote pour l’extrême-droite (Front national puis Rassemblement national). Les périodes électorales se suivent et se ressemblent : Guilluy s’empresse de décrypter les résultats à l’aune de ses propres grilles de lecture et d’y voir une validation de ses théories.

    « Macron est […] le candidat des métropoles mondialisées. Inversement, de la même manière que l’Amérique périphérique a porté le vote Trump et l’Angleterre périphérique le Brexit, la France périphérique, celle des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales, porte la contestation populiste. » (Christophe Guilluy, Le Monde, 26 avril 2017).

    Pourtant, les travaux académiques, fondés sur des échelles d’analyse fines et des méthodes pluridisciplinaires dessinent une géographie électorale bien différente. Ainsi, plusieurs chercheurs ont bien montré, en prenant appui sur les résultats électoraux du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, que les voix des électeurs des trois principaux candidats (Macron, Le Pen, Mélenchon) se sont réparties de manière relativement homogène dans l’ensemble du territoire français.

    Emmanuel Macron, candidat ô combien emblématique des « élites parisiennes et mondialisées », a obtenu des scores très proches dans les grandes villes, les villes petites et moyennes et les territoires ruraux (et, au deuxième tour, 78% dans le Cantal ; 75% à Bourges, préfecture désindustrialisée de la « diagonale du vide » ; 72% à Dourdan, dans le lointain périurbain pavillonnaire francilien ; et encore 71% à Thionville, au cœur d’un des bassins industriels en décroissance parmi les plus durement frappés par les crises de 2008 et 2011).

    Si le vote pour Marine Le Pen est plus polarisé spatialement, près de 80% des voix qui se sont portées sur elle sont celles d’électeurs des grandes aires urbaines (cœur et périphérie). Dans une analyse statistique détaillée, des chercheurs du CNRS ont enfoncé le clou en soulignant l’absence de corrélation nette entre le vote pour ces deux candidats et le type de territoire.

    Dans ce champ d’étude aussi, un consensus se dégage : les explications du vote sont avant tout à chercher dans la profonde transformation des rapports au travail, dans l’accentuation des inégalités sociales et dans les déstructurations des instances de régulation collective (dans les lieux d’emplois, dans les activités associatives et dans la vie locale).

    Finalement, il n’est pas si compliqué de comprendre le succès éditorial, politique et médiatique de Christophe Guilluy. D’une part, ses analyses offrent des interprétations simples non seulement des fractures sociales et territoriales, mais aussi du rejet des élites, de la montée du populisme ou des succès électoraux du Front national.

    De l’autre, celles-ci sont parées des atours de la scientificité grâce à une série d’indicateurs et de cartes présentés comme objectifs. Or, force est de constater que certains élus, experts et journalistes sont particulièrement friands de vérités simples et unilatérales, susceptibles de déboucher sur des solutions manichéennes ou de nourrir des discours démagogiques potentiellement mobilisateurs.

    Guilly en est parfaitement conscient : face aux tenants du « c’est plus compliqué que ça », il dénonce « le refus de généraliser » et la tendance qu’auraient les universitaires à « occulter le réel », alors que, précisément, ce sont ses positions qui sont en contradiction avec toutes les données et analyses disponibles.

    Mais si cette rhétorique du « seul contre tous » est utile pour occuper l’espace médiatique et commercial, voire pour construire la mythologie du « chercheur-courage », elle s’effrite à mesure que la fragilité de ses fondements est mise en lumière. Le mouvement des Gilets jaunes a joué un rôle décisif en la matière.

    Les Gilets jaunes, apogée et dépassement de la France périphérique
    Il y a un an encore, Christophe Guilluy ne cachait pas son enthousiasme face à l’irruption des Gilets jaunes. En effet, celle-ci semblait consacrer de manière éclatante sa représentation d’une France coupée en deux entre métropoles dynamiques mondialisées et territoires « périphériques » laissés pour compte (et rassemblant le gros du « peuple »).

    La contestation en cours n’était finalement que l’expression de la revanche des seconds à l’égard des premières. Las, loin de conforter cette théorie, ce mouvement social atypique en a montré toutes les limites et impasses, au gré des rapports de police, des sondages des grands instituts et des enquêtes de terrain réalisées par les chercheurs en sciences sociales sur la base d’échantillons significatifs[9].

    – Les premiers Gilets jaunes, ainsi que plusieurs coordinateurs nationaux, sont originaires de l’agglomération parisienne, métropole mondiale située au sommet de la France métropolitaine. Et pour cause : si les Franciliens utilisent un peu moins leur voiture et réalisent des trajets un peu plus courts que le reste des Français, ils passent en moyenne 75 minutes par jour dans leur véhicule, contre 45 minutes pour les habitants de l’espace rural ! En somme, dans le Grand Paris, le budget-temps compense largement les moindres coûts liés aux déplacements.

    – Les figures charismatiques des Gilets jaunes sont marquées par une grande diversité sociale et résidentielle : ce sont aussi bien des chefs d’entreprises vendéens que des ouvriers d’Amiens, des petits commerçants du périurbain toulousain que des fonctionnaires du centre de Moulins, des retraités bretons que des jeunes cadres franciliens au pouvoir d’achat plombé par le coût du logement ; en somme, une véritable mosaïque socio-professionnelle totalement imperméable aux représentations binaires.

    – La cartographie des lieux de blocage et d’action des Gilets jaunes montre que l’immense majorité des communes concernées est située au sein des grandes aires urbaines. Bien sûr, on ne manifeste pas toujours là où l’on habite. Et pour cause : le mouvement reflète moins des frontières infranchissables que le rôle central des interdépendances territoriales dans les pratiques sociales des Français. De fait les Gilets jaunes dits de la « périphérie » se retrouvent bien souvent pour manifester au « centre », c’est-à-dire là où ils ont fait leurs études, où ils vont faire leurs courses le week-end, où ils emmènent un proche à l’hôpital ou leur famille au cinéma. Ainsi, l’automobile est moins le symbole d’une France périphérique marginalisée qu’un outil – coûteux – qui permet aux ménages de tirer parti des ressources et des services offerts par ces différents espaces. Cette forme de « zapping territorial » contredit frontalement les analyses en termes de relégation ou de sédentarisation.

    – Bien qu’étant encore plurielles, les revendications des Gilets jaunes ont progressivement convergé vers des enjeux de justice fiscale, sociale et spatiale : augmentation des bas salaires, revalorisation du pouvoir d’achat, égalité face à l’impôt, maintien des services publics sont les seuls mots d’ordre partagés par l’ensemble des manifestants. Or, la fragilité sociale traverse les territoires autant que les origines ou les générations : elle concerne aussi bien des familles du Pas-de-Calais frappées par le déclin industriel que des agriculteurs du Berry lourdement endettés ou des travailleurs précaires de la banlieue lyonnaise. Le mélange des uns et des autres au sein du mouvement, ainsi que l’absence de revendication de type identitaire (malgré quelques tentatives de manipulation grossières), montrent que les visions binaires et/ou ethnicisées des divisions des classes populaires relèvent avant tout de la récupération idéologique.

    – Élus et citoyens ont exprimé leur lassitude grandissante face aux grilles de lecture simplistes et caricaturales. Les seconds ne se sentent en aucun cas « périphériques », mais demandent de la considération de la part des médias, des chercheurs et des responsables politiques. Les premiers souhaitent travailler sur la base de données empiriques et d’analyses robustes, qui permettent de regarder la réalité en face, dans sa complexité. Ainsi, les fédérations d’élus, les centres de formation des techniciens territoriaux, les associations se détournent les uns après les autres de la France périphérique. Pour une raison simple : le succès du concept est inversement proportionnel à sa capacité à forger des réponses concrètes aux problèmes des Français ! Aucun responsable ne peut aujourd’hui construire des politiques de solidarité susceptibles de concilier innovation, transition écologique et respect des idéaux de justice sociale et spatiale sur la base d’une représentation incorrecte et purement victimaire ! Opposer grossièrement « territoires gagnants » et « perdants », ou « bons pauvres » et « mauvais pauvres », permet de faire un tri pour réduire le nombre de ceux qui « méritent » d’être aidés. Mais cela n’a jamais réglé leurs problèmes…

    Finalement, le double primat de la question sociale sur la question territoriale d’une part, de l’insécurité économique sur la supposée « insécurité culturelle » de l’autre, est sans aucun doute l’une des grandes leçons du mouvement. Dans ces conditions, il faut un certain art du funambulisme intellectuel pour continuer à interpréter les Gilets jaunes à l’aune de quelques obsessions géographiques.

    Si les climato-sceptiques, les théories du complot ou le mythe du Grand remplacement ont si peu d’audience en France, c’est le fruit d’une maturité collective des chercheurs, des citoyens, des médias et des institutions. Dans les sciences sociales et territoriales, il est temps de forger, avec humilité mais résolution et sans irénisme, de nouvelles manières de penser et d’agir pour répondre aux immenses défis – environnementaux, économiques, migratoires et sociaux – du début du XXIème siècle.

     

    [1] Laurent Chalard., 2017, « Guilluy en politique », Outre-Terre, n° 51, pp. 47-58.

    [2] Romain Ducornet, 2016, Christophe Guilluy dans la presse : étude d’une controverse géographique, Mémoire de Master 2, Reims, Université de Reims Champagne-Ardenne.

    [3] Entre guillemets dans le texte.

    [4] Laurent Chalard, op. cit.

    [5] Guilluy explique par exemple que « le changement de nature et d’origine de l’immigration a fait surgir une question à laquelle la France n’était pas préparée, celle de l’ethnicisation des territoires » (p. 65).

    [6] Les travaux de Pierre Bourdieu, de Nicolas Renahy, d’Éric Maurin ou de François Héran, plusieurs fois cités dans Atlas des fractures françaises et dans Fractures françaises, disparaissent au profit d’écrits d’autres auteurs comme Michèle Tribalat ou Jean-Claude Michéa, des « figures qui ont pour point commun de ne pas faire consensus dans leurs disciplines » comme le remarque Romain Ducornet. En parallèle, les études d’organismes publics sont de moins en moins mobilisées au profit d’articles de presse issus de différents médias, notamment Le Figaro.

    [7] Selon le titre d’un célèbre de Jean-Marc Offner sur les effets structurants du transport paru en 1993 dans L’espace géographique

    [8] Ibid. : Le département des Yvelines offre une illustration frappante de cette situation. Le score d’Emmanuel Macron ne décroit pas avec la distance à Paris, mais il atteint des pics aux franges de l’aire urbaine, dans des communes favorisées comme Houdan (71 %), Rambouillet (73 %) ou Montfort-L’amaury (77 %).

    [9] Voir par exemple : https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-a__Gilets_jaunes_a____hypoth__ses_sur_un_mouvement-978234 ; https://www.seuil.com/ouvrage/le-fond-de-l-air-est-jaune-collectif/9782021426205 ; https://www.pacte-grenoble.fr/programmes/grande-enquete-sur-le-mouvement-des-gilets-jaunes ; ainsi que toutes les enquêtes d’opinion des grands institut de sondage (un exemple parmi d’autres : https://www.institutmontaigne.org/blog/les-gilets-jaunes-la-partie-emergee-de-la-crise-sociale-francaise).

    https://seenthis.net/messages/815856 via colporteur


  • [BD] Lord Baltimore - #Mike_Mignola, #Christopher_Golden et #Ben_Stenbeck
    http://mireille.letrouher.fr/post/2019/11/26/%5BBD%5D-Lord-Baltimore

    https://www.editions-delcourt.fr/images/rsz/b5/b5d238ef7bde7a6d20e14dd45801e243.jpg

    Lire le premier tome des aventures de Lord Baltimore c’est rencontrer un homme dévoué, une sorte de Croisé qui connaît le prix de son engagement. Les conteurs Mignola et Golden possèdent ce talent indéniable qui les autorise à reprendre tous les poncifs éculés. Pour le décor et les personnages, ils n’ont pas hésité : un village de nuit sinistrement isolé sur une île hantée, une vieille sorcière hideuse, des symboles religieux aux pouvoirs telluriques dans un monde où les vampires ont le pouvoir de nuire.

    Tout cela pour démarrer une histoire au mois d’août 1916, à Villefranche, en France. Là, un zeppelin allemand flotte au-dessus de la ville. En dessous, dans la campagne, il n’y a pas que des chaumières. Dans les rues, un unijambiste, doté d’une jambe de bois, pourfend les vampires en uniformes gris. Cet (...)

    #BD


  • #MeToo : Adèle Haenel explique pourquoi elle sort du silence
    https://www.youtube.com/watch?v=QFRPci2wK2Y

    Dans une enquête publiée dimanche 3 novembre sur Mediapart, #Adèle_Haenel accuse le réalisateur #Christophe_Ruggia d’« attouchements » et de « #harcèlement_sexuel » lorsqu’elle était âgée de 12 à 15 ans. La comédienne revient sur son choix de briser le silence qui pèse aujourd’hui sur d’autres victimes de #violences_sexuelles.

    https://www.youtube.com/watch?v=UZH6zJNSjwU

    L’universitaire Iris Brey, auteure de Regard féminin, une révolution à l’écran (à paraître à L’Olivier le 6 février 2020), juge que le témoignage de l’actrice « marque un tournant » et revient sur la représentation du genre et des #sexualités à l’écran.

    https://seenthis.net/messages/809490 via Gastlag



  • Comment j’ai essayé de me passer de Google pour de bon (et pourquoi c’est si difficile)
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/10/27/comment-j-ai-essaye-de-me-passer-de-google-pour-de-bon-et-pourquoi-c-est-si-

    Moteur de recherche, mais aussi navigateur, messagerie électronique, plate-forme vidéo, serveurs… Notre journaliste a tenté d’effacer entièrement Google de son quotidien. C’était la fin des vacances. Ce matin-là, j’avais vérifié que ma carte d’embarquement était bien imprimée : Toulouse-Paris. Soudain, mon smartphone a vibré. Une notification s’est affichée. Vu la circulation, il était temps de partir afin de ne pas rater mon vol. Android, le système d’exploitation développé par Google, avait identifié, (...)

    #Google #Cloud #Maps #GoogleNews #GooglePlayStore #Bing #smartphone #Ecosia #Gmail #Google_Agenda #Qwant #YouTube #Chrome #Android (...)

    ##domination
    https://img.lemde.fr/2019/10/25/93/0/1228/614/1440/720/60/0/d3339fa_AYddCbcRnght27xldnQfsvA6.jpg

    https://seenthis.net/messages/808079 via etraces


  • « Un film en l’honneur de tous les paysans et paysannes que le modèle industriel a tué »
    https://www.bastamag.net/Au-nom-de-la-terre-avec-guillaume-Canet-film-suicide-agriculture-endetteme

    372 agriculteurs et agricultrices se sont suicidés en 2015. Le film Au nom de la Terre – dans les salles ce 25 septembre – retrace avec beaucoup de réalisme la lente dégradation de la situation économique d’un paysan, dont l’avenir semblait pourtant sans inquiétude. Le 29 septembre, un euro par place vendue sera reversé à l’association d’accompagnement « Solidarité paysans ». Il y a vingt ans, Christian Bergeon, paysan, mettait fin à ses jours. Au nom de la terre, le film réalisé par Édouard Bergeon, fils (...) #Chroniques

    / Quelle #Agriculture pour demain ?, #Conditions_de_travail, Agriculture, #Capitalisme

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ?

    https://seenthis.net/messages/803584 via Basta !


  • Convoqués pour avoir soutenu #Christophe_Dettinger : « C’est presque de la police politique », dénonce leur avocate
    https://www.europe1.fr/societe/convoques-pour-avoir-soutenu-dettinger-cest-presque-de-la-police-politique-d
    https://cdn-europe1.lanmedia.fr/var/europe1/storage/images/europe1/societe/convoques-pour-avoir-soutenu-dettinger-cest-presque-de-la-police-politique-denonce-leur-avocate-3904289/53151545-1-fre-FR/Convoques-pour-avoir-soutenu-Dettinger-C-est-presque-de-la-police-politique-denonce-leur-avocate.jpg

    En janvier, ils ont participé à la cagnotte Leetchi en soutien à l’ex-boxeur Christophe Dettinger. Aujourd’hui, ils sont convoqués par la police pour témoigner. Des centaines de donateurs ont reçu des emails de la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA), un mois après l’ouverture d’une enquête pour « abus de confiance ». « On va sonder les cœurs et les esprits pour savoir pourquoi les gens ont donné. C’est presque de la police politique ou de la police des pensées », dénonce sur Europe 1 Me Laurence Léger, avocate du couple Dettinger, mais aussi de l’homme qui avait lancé cette cagnotte et de certains donateurs.

    #gj #gilets_jaunes #harcèlement_judiciaire

    https://seenthis.net/messages/801439 via Reka


  • Google et Firefox décident de bloquer le logiciel espion du Kazakhstan
    https://usbeketrica.com/article/google-facebook-logiciel-espion-kazakhstan

    Google et Firefox ont annoncé leur intention de bloquer le dispositif utilisé par le gouvernement kazakh pour espionner sa population. Cette réponse ferme des géants du Web est sans précédent. Depuis le 17 juillet dernier, les Kazakhstanais subissent la politique autoritaire de leur gouvernement en matière de confidentialité sur Internet. Poussés à renoncer toute vie privée, la plupart doivent accepter que leurs fournisseurs d’accès installent sur leurs navigateurs un dispositif espion pour accéder à (...)

    #Apple #Google #Mozilla #Chrome #Firefox #Safari #spyware #censure #surveillance (...)

    ##web
    https://static.usbeketrica.com/images/thumb_840xh/5d60065789dab.jpg

    https://seenthis.net/messages/798585 via etraces


  • Google and Mozilla Block Kazakhstan’s Browser Spying Tool
    https://www.vice.com/en_us/article/ne8vam/google-mozilla-block-kazakhstan-spying-tool-encryption-certificate

    Browser makers announced they would block the Kazakhstan government’s root certificate, which was designed to spy on citizens’ internet usage. On Wednesday, Google and Mozilla announced they would block an encryption certificate the Kazakhstan government has forced citizens to download. The certificate allows authorities to intercept Facebook, Twitter, Google, and other passwords of the 18 million people in the country. But now with two of the main browser makers pushing back, that (...)

    #Apple #Google #Mozilla #Chrome #Firefox #Safari #censure #surveillance #web

    https://video-images.vice.com/articles/5d5ac0088625e3000844d8c7/lede/1566228610468-google-chrome-logo.jpeg

    https://seenthis.net/messages/798577 via etraces


  • #Histoire de l’#Afrique_de_l’Ouest en un clin d’œil

    De toutes les régions du continent africain, c’est l’Afrique de l’Ouest qui a eu la plus grande concentration d’anciens royaumes et empires dans son histoire précoloniale.

    Ce n’est pas une tâche facile que de tenter de prendre des clichés de l’Afrique de l’Ouest à divers moments de son évolution. Même les royaumes les plus importants de l’histoire de la région — les empires du Mali, Songhai, du Ghana, Ashanti, etc. —, avec leurs frontières toujours changeantes, ne donnent que des images troubles. Les petites communautés et les territoires tribaux, qui ont toujours parsemé le paysage, sont encore plus flous et, bien qu’ils aient eu, sans aucun doute, un impact sur l’histoire culturelle de l’Afrique de l’Ouest, ils ont dû être omis.

    https://www.culturesofwestafrica.com/wp-content/uploads/2018/08/AfriqueOuest300-700-1024x683.jpg
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    https://www.culturesofwestafrica.com/wp-content/uploads/2018/08/AfriqueOuest1200-1024x683.jpg
    ... et ainsi de suite...

    https://www.culturesofwestafrica.com/wp-content/uploads/2018/06/Timeline-French-HQ-1600x1696.jpg

    Pour voir les cartes en une animation vidéo (j’ai pas réussi à l’extraire de twitter pour le mettre ici) :
    https://twitter.com/i/status/1144289420071321602

    #Tékrour

    Établi par le peuple #toucouleur de la vallée du #fleuve_Sénégal, le royaume de Tékrour a été le premier État de la région à adopter l’#Islam. Bien que devenu un État islamique robuste, Tékrour n’a jamais pu se défaire pour très longtemps du contrôle de ses puissants voisins : d’abord sous l’emprise de l’empire du Ghana, il a ensuite été conquis par celui du Mali.

    Écrivant bien plus tard, en 1270, Ibn Saïd a dépeint les aristocrates de Tékrour et leur affinité avec les commerçants blancs du Maghreb, dont ils imitaient les tenues et la cuisine. Il a aussi décrit deux sections distinctes de la population de Tékrour : les sédentaires, ancêtres des actuels Toucouleurs, et les nomades, qui deviendront les Peuls.

    #Gao (ou #Kaw-Kaw)

    Les débuts de la ville de Gao sont obscurs. Elle a été fondée pendant le VIIe siècle, soit comme village pêcheur des #Songhaïs, soit pour servir d’étape aux commerçants d’or berbères. Quoiqu’il en soit, la ville a rapidement fleurit et elle est devenue un centre majeur de commerce en Afrique de l’Ouest. L’empire de Gao s’est étendu depuis la ville le long du Niger sous la direction des Songhaïs. Au IXe siècle, Gao était déjà une puissance régionale.

    La culture de #Nok

    Parmi les sociétés du Néolithique et de l’Âge de Fer en Afrique de l’Ouest, la culture de Nok est peut-être la toute première et la plus connue, datant de 1000 av. J.-C. Cette société très développée s’est épanouie sur le plateau de #Jos qui surplombe la confluence des fleuves Niger et Bénoué, et a exercé une influence considérable sur une vaste étendue. La terre des sites archéologiques de #Taruga et de Jos était parfaite pour préserver les anciennes poteries et statues en terre cuite du peuple de Nok ; leurs sculptures détaillées d’humains et d’animaux varient en échelle de grandeur nature à 2,5 cm.

    Grâce à la découverte d’outils et d’objets en fer à Nok, les chercheurs savent que l’Âge de Fer a commencé en Afrique de l’Ouest aux alentours de 500 av. J.-C., alors que même en Egypte et en Afrique du Nord, l’usage du fer n’était pas encore généralisé. Contrairement à la plupart des autres cultures qui sont passées du #Néolithique à l’#Âge_de_Fer, la culture de Nok a évolué directement de la #pierre au #fer, sans connaître les étapes des âges du bronze et du cuivre. Ceci a amené les chercheurs à se demander si la technologie de production de fer a été apportée d’une autre région, ou si les Nok l’ont découverte par eux-mêmes.

    #Djenné-Djenno

    L’ancienne ville de Djenné-Djenno comptait une population considérable, comme l’indiquent les cimetières bondés qui ont été déterrés. Les habitants faisaient probablement pousser leur propre nourriture : comparé aux conditions arides de la région aujourd’hui, les précipitations auraient été abondantes à leur époque. Les habitants de Djenné-Djenno étaient des forgerons habiles qui créaient des outils et des bijoux en fer.

    La ville faisait partie d’un réseau commercial bien développé, quoique son étendue fasse toujours débat. L’absence de toute source de fer dans les environs pour leur industrie métallurgique, ainsi que la présence de perles romaines et hellénistiques sur le site suggèrent à certains chercheurs que la ville avait des relations avec des terres distantes.

    Les émigrations

    Le peuple #bantou est originaire du centre de l’actuel #Nigeria, mais a commencé son émigration vers le centre, et plus tard, le sud de l’Afrique vers 1000 av. J.-C. À cette époque, il reste peu de #Bantous, voire aucun, dans la région, mais les échos de leurs culture et traditions résonnent encore à travers l’Afrique de l’Ouest.

    Vers 200 av. J.-C., des groupes #akan ont commencé à se déplacer vers l’ouest, depuis la région située autour du #Lac_Tchad. Au cours des siècles suivants, ils traversèrent des rivières et des forêts denses pour atteindre la côte de l’actuel #Ghana.
    https://www.culturesofwestafrica.com/fr/histoire-afrique-de-l-ouest
    #archéologie #chronologie #cartographie #visualisation

    https://seenthis.net/messages/795923 via CDB_77


  • Les #femmes de #pouvoir

    En ce début de XXIe siècle, les voix féminines se font de mieux en mieux entendre. Démonstration avec les parcours de femmes de conviction : Hillary Clinton, Michelle Bachelet, Inna Shevchenko. Une révolution tranquille est en marche. Petit à petit, le combat pour l’égalité des sexes progresse, dans les coulisses du pouvoir comme dans certains villages du tiers-monde. Aux quatre coins de la planète, à travers leurs trajectoires mêmes, des femmes contribuent à inspirer cette volonté de changement. Ce documentaire passe en revue leurs réussites et leurs combats : les militantes indiennes et nigériennes luttant pour leurs droits, mais aussi des personnalités telles que Christine Lagarde, Michelle Bachelet ou la Femen Inna Shevchenko. D’autres femmes engagées, comme Hillary Clinton, la théologienne Margot Käßmann (ex-évêque de Hanovre) et Melinda Gates, s’expriment dans ce film et donnent leur point de vue sur la condition féminine. Un documentaire qui montre comment, peu à peu, leurs comparses font tomber les barrières qui les empêchaient d’avancer.

    https://www.senscritique.com/film/Les_femmes_de_pouvoir/19821282
    #film #documentaire
    #politique_étrangère_féministe #égalité #leadership_féminin #maternité #Christine_Lagarde #Minouche_Shafik #revenu #quota_féminin #Angela_Merkel #droits_des_femmes #féminisme #Michelle_Bachelet #préjugés #politique #Inde #Daphne_Jayasinghe #toilettes #corruption #Suède #Chili

    #Margot_Wallström, qui déclare :

    «Sexual violence against women is not cultural, is criminal»

    #violences_sexuelles #viol

    #viol_comme_arme_de_guerre #sens_de_culpabilité #armes #commerce_d'armes #Haifaa_al-Mansour #invisibilité #invisibilisation #Arabie_Saoudite #sous-représentation_féminine #religion

    #femmes_du_mur (#mur_des_lamentations)

    #Elana_Sztokman —> #mouvement_féministe_juif_orthodoxe
    (#judaïsme #judaïsme_orthodoxe)

    ligne de bus « #meandrine » (= de stricte observance)

    #ségrégation #patriarcat #radicalisme_religieux #Femen #auto-détermination #mariage_forcé #Niger #mortalité_maternelle #droit_à_l'avortement #avortement #droits_sexuels_et_reproductifs #IVG #Morena_Herera

    #El_Salvador #Las_17 (https://las17.org)

    #machisme
    contrôle de la #fertilité

    Incroyable maire d’un village en #Inde :
    #Chhavi_Rajawat
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/51/Chhavi_Rajawat_at_the_World_Economic_Forum_on_India_2012.jpg/220px-Chhavi_Rajawat_at_the_World_Economic_Forum_on_India_2012.jpg
    https://en.wikipedia.org/wiki/Chhavi_Rajawat

    https://seenthis.net/messages/795739 via CDB_77


  • Le procès de France Télécom, déjà « une victoire contre la banalisation des violences managériales »
    https://www.bastamag.net/proces-suicides-France-Telecom-management-tessources-humaines-harcelement

    Le procès des anciens dirigeants de France Télécom touche à sa fin. Pour en rendre compte, Basta ! et « La petite boîte à outils » de l’Union syndicale Solidaires ont publié des récits d’audience écrits par des chercheurs, écrivains, syndicalistes et dessinateurs. Le 3 juillet dernier, c’est Laurent Vogel qui était au tribunal. Juriste, chercheur dans le domaine des #Conditions_de_travail, de la santé et de la sécurité à l’Institut syndical européen, il a écouté la plaidoirie de l’avocate de la famille de (...) #Chroniques

    / #Transformer_le_travail, #Luttes_sociales, #Syndicalisme, Conditions de travail, #Justice

    https://seenthis.net/messages/791764 via Basta !