• « Il n’est pas besoin de beaucoup de mots » : #dérogations à tout va dans les #universités

    L’#ordonnance « relative à l’organisation des #examens et #concours pendant la #crise_sanitaire née de l’#épidémie de #covid-19 » a été examinée hier après-midi en conseil des ministres, et est donc parue au Journal officiel de ce matin. Cette ordonnance appartient à la deuxième vague des ordonnances prévues par la loi d’urgence du 23 mars 2020, après la vague des 25 ordonnances du 25 mars, dont les médias se sont largement fait l’écho.

    Il faut bien comprendre que cette ordonnance est une intervention du #pouvoir_exécutif dans ce qui représente normalement le champ de compétences du #Parlement. L’objectif de cette ordonnance n’est donc pas le même que l’objectif d’un #décret : il est d’abord et avant tout de modifier des dispositions de valeur législative, que le #Président_de_la_République et le #gouvernement n’ont normalement pas la possibilité de modifier par eux-mêmes, mais qu’ils peuvent tout de même modifier parce que le Parlement les y a exceptionnellement habilités.

    On est donc en présence d’un #droit_d’exception dans tous les sens du terme : #exception sur la forme, parce que le gouvernement intervient dans le champ du Parlement pour modifier des textes de #valeur_légale, conformément à la procédure des ordonnances (article 38 de la Constitution) ; exception sur le fond, parce cette ordonnance introduit un nombre important de modifications qui sont certes justifiées par l’épidémie et ses conséquences, mais qui, il ne faut pas le perdre de vue, sont aussi, pour nombre d’entre elles, des modifications que le #MESRI souhaite introduire ou généraliser depuis des années (#examens_à_distance, et notamment en #télésurveillance ; délibérations par #visioconférence ; pouvoirs forts des chefs d’établissements ; différenciations entre établissements). Il est très probable, de ce point de vue, que le provisoire actuel se révèle rapidement transitoire : les mesures prévues dans ces ordonnances représentent un galop d’essai fantastique pour le MESRI.

    Il est aussi important de noter, d’emblée, que l’ordonnance est très courte. On pourrait être tenté d’y voir le signe que les dérogations introduites sont en nombre limité. Il faut plutôt l’analyser, nous semble-t-il, comme la marque du caractère très général des nouveaux pouvoirs que l’ordonnance attribue, et du faible nombre de #garde-fous mis en place : il n’est pas besoin de beaucoup de mots pour dire que l’on peut déroger à tout va au droit existant, dès lors que le choix est fait de ne pas encadrer outre mesure ces dérogations.


    *

    Au-delà de ces considérations générales, on peut reprendre le contenu de l’ordonnance dans l’ordre, au risque d’être un peu long.

    1° Temporalité des #règles_dérogatoires

    Les mesures prises dans cette ordonnance ont une durée de vie doublement limitée : limitée dans le temps (elles sont applicables du 12 mars – elles peuvent donc avoir un effet rétroactif – au 31 décembre 2020) et limitée dans la finalité (elles doivent être « nécessaires pour faire face aux conséquences de la propagation de l’épidémie » et aux conséquences « des mesures prises pour limiter cette propagation »).

    Deux remarques sur ce point :

    Comme pour la #prorogation des mandats des présidents et conseils centraux, le choix a donc été fait d’une durée très longue de 9 mois 1/2. Ce choix est un peu étonnant, surtout depuis qu’on a réalisé que le choix du MESRI de proroger possiblement jusqu’au 1er janvier 2021 les mandats des présidents et conseils centraux n’est finalement pas la règle générale applicable aux établissements publics qui ne relèvent pas du MESRI (cf. l’article 6 de l’ordonnance du 27 mars 2020 adaptant le droit applicable au fonctionnement des établissements publics et des instances collégiales administratives pendant l’état d’urgence sanitaire, qui prévoit des prorogations allant, selon les cas, jusqu’au 30 juin et jusqu’au 31 octobre 2020).
    Il sera important de s’assurer que les modifications introduites sur le fondement de cette ordonnance ne perdurent pas dans certains établissements : elles doivent être strictement limitées aux deux barrières temporelles précédemment évoquées. Et dans tous les cas, comme dit plus haut, même si ces #limitations_temporelles existent, le risque est réel que ces modifications soient ensuite pérennisées, conformément à cette logique – maintes fois observée ailleurs – selon laquelle le droit d’exception préfigure le #droit_commun.

    2° Transformation des règles d’accès à l’enseignement supérieur et de délivrance des #diplômes

    Le chapitre Ier de l’ordonnance (articles 2 à 4) concerne l’accès aux formations de l’enseignement supérieur et la délivrance des diplômes de l’#enseignement_supérieur. Ces trois articles ont vocation à réduire (à « assouplir », dit-on en novlangue) de manière très importante les conditions légales du code de l’éducation par l’attribution de pouvoirs exceptionnels.

    Deux questions sont traitées dans ce chapitre : la détermination du contenu des « #adaptations » (articles 2 et 4) ; la détermination de l’#autorité_compétente pour prendre ces mesures d’adaptation (article 3).

    2.1 Le contenu possible des « adaptations » extrêmement large. On note immédiatement deux choses importantes :

    S’agissant des modifications des modalités d’accès aux #formations de l’enseignement supérieur, il n’est rien dit du contenu possible de ces modifications si ce n’est que chaque autorité qui intervient légalement dans la procédure d’accès aux formations (rectorat, universités) a le droit de changer les règles « nonobstant toute disposition législative ou réglementaire contraire », c’est-à-dire sans que les règles existantes puissent y faire obstacle. Ce grand silence, sur un sujet aussi sensible, interpelle car il laisse une marge de manœuvre très importante à chaque université et à chaque #rectorat pour adapter la procédure de l’article L. 612-3 du #code_de_l’éducation. Ce point appelle une vigilance toute particulière.
    Ceci dit, lorsque, s’agissant de la modification des modalités de délivrance des diplômes, une liste est établie, elle est en réalité si large qu’elle permet, là aussi, tout ou presque (modification de la nature des épreuves, de leur nombre, contenu, coefficient, conditions d’organisation, et notamment possibilité de dématérialisation complète).

    La plus grande liberté est donc laissée sur les modifications de contenu, et les pratiques vont vraisemblablement être très variables sur le territoire, mettant définitivement un terme à ce qui restait d’idéal d’#égalité des étudiant·es devant le #service_public de l’enseignement supérieur.

    Il faut bien voir que l’exercice risque d’être particulièrement brutal pour les étudiant·es, en particulier que toutes ces modifications peuvent leur être imposées de manière extrêmement rapide, en l’occurrence dans un délai qui peut être réduit jusqu’à deux semaines, par dérogation à l’article L. 613-1 du #code_de_l’éducation qui prévoit, lui, que les modalités du #contrôle_des_connaissances « doivent être arrêtées dans chaque établissement au plus tard à la fin du premier mois de l’année d’enseignement et elles ne peuvent être modifiées en cours d’année ».

    Mais le problème principal va vraisemblablement se porter, dans les prochaines semaines, sur les #examens_à_distance, que l’ordonnance autorise à mettre en place de manière généralisée. On observe deux points très problématiques à ce sujet :

    Le premier tient dans le fait que l’ordonnance s’est bien gardée d’établir des garanties procédurales et techniques permettant d’assurer l’#égalité_de_traitement des étudiant·es et la lutte contre la fraude, à la différence de ce qu’elle fait, un peu plus loin dans l’ordonnance, pour les examens et concours d’accès à la fonction publique (renvoi à un décret fixant ces garanties). On pourrait penser que les conditions de l’article D. 611-12 du code de l’éducation continuent de s’appliquer1, mais faute de précision, ces conditions ne nous éclairent guère, de sorte que le pragmatisme à toute épreuve de certain·es collègues risque de bien vite les écraser.
    Le deuxième point a trait au fait que ces conditions d’organisation seront décidées sans beaucoup de discussion collective – puisque, comme on va le voir, l’essentiel des pouvoirs est concentré entre les mains du président de l’ université – et pourront même être imposées aux enseignant·es qui les refuseraient, si l’on en croit les termes de l’ordonnance.

    Il est impératif que ces examens à distance ne représentent pas l’aiguillon de leur généralisation pour les années à venir dans les universités. Le débat critique à leur égard reste entier. C’est particulièrement le cas pour ce qui concerne les examens dits « en télésurveillance ». Ils posent des problèmes juridiques multiples — en termes de droit des données à caractère personnel et en termes de droit à l’image, en particulier— quand bien même les règles du code de l’éducation seraient respectées, ils suscitent un fort scepticisme dans la communauté universitaire, qui n’a pas particulièrement envie de devenir le terrain d’essai de l’immixtion des dispositifs de vidéosurveillance à l’intérieur des domiciles privés, ils reviennent à enrichir de nouveaux intermédiaires privés — soit les prestataires de services. Et ils coûtent finalement cher, plus cher qu’un examen en présentiel.

    De ce point de vue, dans le cas où des universités choisiraient de recourir aux examens par télésurveillance dans les prochaines semaines, il est crucial qu’il soit veillé à ce que le plein consentement des étudiant·es soit obtenu : on ne saurait leur imposer d’être filmés à leur domicile. On ne peut qu’être atterré à cet égard, de la réponse de Pierre Beust – l’universitaire de référence, selon la DGESIP, sur les conditions d’examens par télésurveillance en France – lors du webinaire sur « la continuité pédagogique : la question cruciale des examens » (à partir de 1H07), qui explique sans ciller qu’un·e étudiant ·e qui refuserait de passer un examen en télésurveillance bénéficierait de moins de « bienveillance », donc en pâtirait2.

    2.2 S’agissant de la détermination de l’autorité compétente pour prendre ces mesures d’adaptation (article 3), l’ordonnance vient confirmer la tendance lourde du droit de l’enseignement supérieur au renforcement toujours croissant du rôle du président. Celui-ci reçoit compétence pour procéder lui-même – seul, donc – à toutes ces modifications, dès lors qu’il considère que les organes collégiaux sont empêchés de délibérer « dans des délais compatibles avec la continuité du service », ce qui est pour le moins vague. Le court-circuitage des #CFVU est donc très largement ouvert. On note en outre que quand bien même les organes collégiaux délibèrent « dans des délais compatibles avec la continuité du service », ils peuvent toujours décider de déléguer leurs #compétences au président. On reproduit à la petite échelle des universités ce que l’on a observé la semaine dernière au Parlement avec la loi d’urgence : le réflexe systématique devant le caractère exceptionnel de l’épidémie que nous vivons est de renforcer la #concentration_des_pouvoirs, et donc l’#autoritarisme, et ce réflexe semble aujourd’hui être conçu avec une évidence telle qu’il n’est plus même discuté. C’est très inquiétant quant à ce que cela dévoile de nos représentations intellectuelles des processus de prise de décision collective.

    3° Transformation des règles relatives aux examens et concours de la fonction publique

    Le chapitre II de l’ordonnance (article 5 et 6) concerne les examens et concours d’accès à la fonction publique. Pour le résumer simplement, toutes les adaptations sont possibles, et en particulier le recours à la visioconférence peut être généralisé. La question du projet de décret « fixant les conditions de recours à la visioconférence pour l’organisation des concours des chargés de recherche et des directeurs de recherche des établissements publics scientifiques et technologiques et des enseignant·es-chercheur·ses des établissements d’enseignement supérieur au titre de l’année 2020 » n’a donc plus lieu d’être : l’ordonnance permet désormais de ne pas appliquer les dispositions du décret du 22 décembre 2017 fixant les conditions de recours à la visioconférence pour l’organisation des voies d’accès à la fonction publique de l’État, qui impose un nombre minimum de membres du jury physiquement présents.

    Deux observations toutefois : ces règles nouvelles ne sont pas immédiatement applicables puisqu’il est prévu que « les garanties procédurales et techniques permettant d’assurer l’égalité de traitement des candidats et la lutte contre la fraude sont fixées par décret » ; surtout, on ne sait pas à ce stade qui, précisément, prendra la décision de déroger « à l’obligation de la présence physique des candidats ou de tout ou partie des membres du jury ou de l’instance de sélection, lors de toute étape de la procédure de sélection » : est-ce au niveau de chaque établissement qui ouvre un poste ? Ou est-ce au niveau de l’État que seront pris, concours par concours, les décisions ?

    À ce stade, on a aussi encore du mal à voir précisément l’ampleur des conséquences du deuxième point du chapitre II de l’ordonnance. Pour les #concours qui étaient en cours mais non achevés à la date du 12 mars 2020, « la liste complémentaire établie par le jury du concours précédent peut être utilisée afin de pourvoir des vacances d’emplois ». Par ailleurs, diverses mesures destinées à prolonger la validité des listes complémentaires ou des listes d’aptitude des concours sont décidées. Et enfin, point important, lorsqu’un concours est en cours ou a été ouvert entre le 12 mars et le 31 décembre 2020, il est prévu que les candidats doivent remplir les conditions générales prévues pour l’accès au corps auxquels ils postulent au plus tard à la date d’établissement de la liste classant par ordre de mérite les candidats déclarés aptes par le jury, et non, comme c’était le cas jusqu’ici, au jour de la première épreuve.

    https://academia.hypotheses.org/21693
    #université #fac #facs #pérennisation #ESR #stratégie_du_choc #in_retrospect

    –----

    citation pour @etraces :

    Il est impératif que ces examens à distance ne représentent pas l’aiguillon de leur généralisation pour les années à venir dans les universités. Le débat critique à leur égard reste entier. C’est particulièrement le cas pour ce qui concerne les examens dits « en télésurveillance ». Ils posent des problèmes juridiques multiples — en termes de droit des données à caractère personnel et en termes de droit à l’image, en particulier— quand bien même les règles du code de l’éducation seraient respectées, ils suscitent un fort scepticisme dans la communauté universitaire, qui n’a pas particulièrement envie de devenir le terrain d’essai de l’immixtion des dispositifs de vidéosurveillance à l’intérieur des domiciles privés, ils reviennent à enrichir de nouveaux intermédiaires privés — soit les prestataires de services. Et ils coûtent finalement cher, plus cher qu’un examen en présentiel.

    https://seenthis.net/messages/835328 via CDB_77


  • Coup d’État sur la « #loi_haine »

    La #loi « contre la haine » s’est transformée en loi sécuritaire au nom de la lutte « anti-terroriste ». Ce bouleversement a été acté hier à 22h30, par un #amendement (http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/2583/AN/161) de dernière minute proposé par le gouvernement et adopté par les députés serviles de l’Assemblée nationale. Ce #coup_de_force du gouvernement, imposé in extremis, est une nouvelle démonstration d’#anti-parlementarisme. L’honneur des députés exige qu’ils rejettent la loi dans son ensemble.

    Alors que la loi exigeait initialement de retirer les #contenus_illicites en 24 heures, elle impose désormais aux #plateformes de retirer en une heure les contenus que la #police lui signalera comme relevant du #terrorisme ou d’#abus_sur_mineurs. La police décidera seule des contenus relevant du terrorisme – sans le contrôle d’un juge. On l’a déjà vu abuser illégalement de ce pouvoir pour qualifier des propos militants de « terroristes » afin de les faire censurer – la justice avait alors attendu plus d’une année pour dénoncer ces abus de la police.

    De plus, alors que la loi ne concernait initialement que les plateformes ayant plusieurs millions de visiteurs par mois (Facebook, Twitter, Youtube…), les nouvelles mesures « anti-terroristes » visent désormais n’importe quelle plateforme, de toute taille. Il pourra s’agir du forum de n’importe quel site de presse, d’une plateforme militante, d’un petit hébergeur associatif ou de tout nœud d’un réseau social décentralisé tel que Mastodon ou PeerTube.

    Le délai d’une heure est matériellement impossible à respecter pour la grande majorité des plateformes Web (typiquement pour les signalements qui leur seraient faits de nuit). Ces plateformes n’auront d’autres choix que de fermer boutique ou de déléguer leur modération aux outils de censure automatisée fournis par Google et Facebook. Dans tous les cas, les grands vainqueurs seront ces deux dernières entreprises, dont la concurrence sera anéantie ou mise sous leur joug.

    Enfin, alors que la loi initiale ne prévoyait que des #sanctions financières, les nouvelles mesures prévoient des sanctions concrètes, drastiques. Si une plateforme ne censure pas un contenu dans l’heure qui suit sa notification par la police, la police pourra exiger que les fournisseurs d’accès à Internet empêchent l’accès à cette plateforme depuis la France.

    Une concentration totale des pouvoirs

    La #concentration_des_pouvoirs dans les mains de la police est totale : c’est à la fois elle qui décide quelles plateformes attaquer, qui qualifie un contenu comme étant illégal et qui met en œuvre sa sanction. L’ensemble du Web français est à sa merci.

    Si la police était mal intentionnée, il lui suffirait de publier anonymement et au milieu de la nuit des messages « terroristes » sur les plateformes de son choix pour les faire censurer (car presque aucune plateforme ne peut avoir des modérateurs réveillés toute la nuit pour répondre dans l’heure à la police). Rien dans la loi n’empêche de tels abus.

    Notons que cette situation n’est pas entièrement nouvelle : c’est la loi anti-terroriste de 2014 qui avait créé ce dispositif de #censure_policière. À l’époque toutefois, le délai pour répondre à la police était de 24 heures. Il passe aujourd’hui à #1_heure, démultipliant les risques d’abus.

    Un coup de force anti-parlementaire

    Le Parlement n’a jamais eu l’occasion de débattre des dangers de ce nouveau délai d’une heure imposé à l’ensemble du Web. Le Parlement n’a même pas eu l’occasion d’en prendre connaissance. Pendant des mois de débats sur la proposition de loi « contre la haine », le Parlement n’a parlé que de sujets bien éloignés du terrorisme. Ce n’est qu’au dernier moment, en séance publique lors de la 2ème lecture à l’Assemblée nationale, et alors que le sujet n’avait pas été abordé en commission des lois, que le gouvernement est parvenu à lui imposer ces changements, par surprise et par ignorance. Il aurait pourtant fallu en débattre pendant des mois, en auditionnant des dizaines d’acteurs, pour prétendre respecter nos principes démocratiques.

    La situation a tout pour rappeler un autre dossier : le règlement européen contre les contenus terroristes, qui prévoit lui aussi un délai de retrait en #une_heure. L’an dernier, la Commission européenne et les États membres avaient exercé une terrible pression sur le Parlement européen pour qu’il adopte en première lecture un texte en urgence avant les élections européennes (voir notre page de campagne : https://www.laquadrature.net/censureterro). Tout avait été fait pour empêcher un véritable débat, mais il avait pu au moins durer quelques semaines – permettant notamment de limiter la censure policière par l’autorisation préalable d’un juge ou d’une autorité indépendante (et la loi française serait ici contraire à la position du Parlement européen).

    Hier, le débat n’a pas même eu lieu.

    Le gouvernement semble s’être lassé de la comédie démocratique. L’avis des parlementaires n’a plus aucune conséquence sur le processus législatif : à quoi bon leur permettre de s’en faire un ? Autant gagner du temps et leur demander de tout signer à la dernière minute et sans leur expliquer.

    Si les députés ont encore un semblant de respect pour leurs fonctions démocratiques, ils doivent s’opposer à cette proposition de loi. Au moins du fait que le gouvernement a entièrement nié et insulté celles-ci hier. Et du fait, aussi, que le gouvernement a manipulé diverses volontés et associations luttant contre la haine afin de dévoyer au final la loi vers ses objectifs purement sécuritaires.

    Formellement, l’Assemblée nationale doit encore décider d’adopter ou non cette proposition de loi dans son ensemble aujourd’hui. Tout député ne qui ne votera pas contre cette loi actera que le gouvernement l’a démis de ses fonctions.

    https://academia.hypotheses.org/8795
    #sécurité #terrorisme #anti-terrorisme #censure #réseaux_sociaux #internet

    ping @isskein @karine4 @reka @simplicissimus @davduf @daphne @marty @mathieup

    https://seenthis.net/messages/821993 via CDB_77


  • Income inequality is likely worse than before the Great Depression

    U.S. wealth concentration, or income inequality, has returned to levels not seen since the 1920s, and it could actually be significantly worse.

    Driving the news: New research from Gabriel Zucman, an economics professor at the University of California, Berkeley, for the National Bureau of Economic Research was unearthed recently by MarketWatch and finds that the top 1% owns about 40% of total household wealth. It reaches 40.8% when including the Forbes 400.

    Further, the top 1% richest U.S. families own 40 times the average family’s wealth.

    “No country (apart from Russia) for which estimates of wealth inequality are available has similarly high recorded levels of wealth inequality,” Zucman writes.

    Between the lines: Perhaps the most interesting part of Zucman’s research may be his point that the top 1% of American households likely hold much more of the nation’s and the world’s wealth than anyone realizes.

    “It is not enough to study wealth concentration using self-reported survey data or tax return data,” Zucman says in the report, estimating that 8% of the world’s household financial wealth is held offshore.

    “Because the wealthy have access to many opportunities for tax avoidance and tax evasion—and because the available evidence suggests that the tax planning industry has grown since the 1980s as it became globalized—traditional data sources are likely to under-estimate the level and rise of wealth concentration.”

    Zucman also notes that data shows the share of total wealth owned by the top 1% has increased by 9 points since 1989 and by 10 points when including the Forbes 400. In capitalized income estimates, it has increased by 11 points.

    “The share of wealth owned by the bottom 90% has collapsed in similar proportions.”

    https://www.axios.com/income-inequality-great-depression-gabriel-zucman-45ba4d26-d349-452e-9ca2-7ef
    #inégalités #Grande_dépression #USA #Etats-Unis #richesse #pauvreté #statistiques #chiffres #concentration

    Tentée de mttre le tag #2029...
    ping @reka

    https://seenthis.net/messages/760853 via CDB_77


  • #Enki_Bilal : « On se bat avec des #technologies qui prennent notre #concentration »

    https://usbeketrica.com/article/enki-bilal-on-se-bat-avec-des-technologies
    https://static.usbeketrica.com/images/thumb_840xh/5a363dd902702.png

    Nous sommes en 2041 et toutes nos données numériques ont disparu d’un coup. Les #smartphones, les #ordinateurs et les voitures autonomes sont encore là, mais leur contenu s’est volatilisé. Sans data, plus de carburant pour faire tourner la machine du monde moderne. Tel est le scénario imaginé par Enki Bilal dans son nouvel album, Bug, paru le 22 novembre aux éditions Casterman. Un album apocalyptique, peu amène envers une espèce humaine en perdition dès qu’on lui retire Facebook... Nous avons discuté avec l’auteur de cette trame très sombre et, plus largement, de l’impact du #numérique sur notre cerveau et sur nos vies.

    #réseaux_sociaux

    https://seenthis.net/messages/653641 via Reka



  • #Vivendi-Havas : Bolloré lance une #concentration sans bornes dans la communication
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120517/vivendi-havas-bollore-lance-une-concentration-sans-bornes-dans-la-communic

    Principal actionnaire d’Havas et de Vivendi, Vincent Bolloré a décidé de faire racheter le premier par le second. Ce rapprochement d’un groupe de publicité et d’un groupe de communication poursuit la construction d’un géant des #médias et de la communication, qui représente une intégration verticale sans équivalent dans le monde. Et surtout une nouvelle menace pour les libertés.

    #France #Economie #Havas #Liberté_de_la_presse #publicité #Vincent_Bolloré


  • L’Italie met un coup d’arrêt à l’offensive de Bolloré
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/200417/litalie-met-un-coup-darret-loffensive-de-bollore

    Accusé d’enfreindre la loi sur les concentrations par l’autorité de régulation des #médias et des télécoms italiens, l’homme d’affaires est obligé de choisir entre les #télécommunications et les médias. Au nom de la #Liberté_de_la_presse.

    #Economie #concentration #Mediaset #Silvio_Berlusconi #Telecom_italia #Vincent_Bolloré #Vivendi_Universal


  • Les #inégalités s’exacerbent à grande vitesse – EurActiv.fr
    http://www.euractiv.fr/section/aide-au-developpement/news/les-inegalites-sexacerbent-a-grande-vitesse
    http://www.euractiv.fr/wp-content/uploads/sites/3/2016/11/shutterstock_176457401-800x532.jpg

    Autre facteur participant à la #concentration des #richesses, la #redistribution de plus en plus inéquitable de la valeur. Selon le rapport, la redistribution de la valeur produite se fait de plus en plus à l’avantage des actionnaires et au détriment des employés ou des producteurs. Par exemple, dans les années 1980, les producteurs de cacao recevaient par exemple 16% de la valeur d’une barre chocolatée, contre seulement 6 % aujourd’hui.

    https://seenthis.net/messages/561000 via Agnès Maillard


  • L’#éloignement du lieu de #travail : un défi majeur pour l’aménagement du territoire - Localtis.info - Caisse des Dépôts
    http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250272208356&cid=1250272133828

    Les créations d’#emplois sont inégalement réparties sur le #territoire avec une #concentration dans les pôles urbains, la couronne parisienne et les façades atlantique et méditerranéenne notamment. Mais surtout, avec la #périurbanisation, l’éloignement du lieu de travail, en particulier pour les ouvriers, pose un défi majeur pour l’aménagement du territoire, estime le CGET.

    https://seenthis.net/messages/552131 via Agnès Maillard


  • De quelques croyances répandues sur la #géographie des activités scientifiques – Mondes Sociaux
    http://sms.hypotheses.org/8552
    https://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1243/files/2016/11/science-379220_960_720.jpg

    Ces travaux montrent que les croyances qui guident beaucoup de politiques scientifiques « territoriales » sont rarement vraies : s’il est avéré que l’activité scientifique est très concentrée, la tendance est davantage à la diversification et à la déconcentration qu’au renforcement des centres les plus importants ; il n’y a pas d’effet particulier de la concentration spatiale sur le niveau de publication des chercheurs ; les contextes nationaux ne s’effacent pas, ils se combinent avec l’accroissement des collaborations internationales dans un contexte global de régression des publications réalisées au sein d’une seule et même équipe de recherche.

    #science #concentration #territoire #urbanisation

    https://seenthis.net/messages/542407 via Agnès Maillard


  • Avec #David_Rousset, penser l’empreinte des camps
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/091016/avec-david-rousset-penser-lempreinte-des-camps

    De David Rousset, on se souvient peut-être de la querelle avec les communistes au sujet des camps soviétiques. Le recueil de ses textes, publié sous le titre La Fraternité de nos ruines, montre un homme qui voulait nous faire voir comment le « concentrationnaire » a contaminé nos sociétés et les mine encore aujourd’hui.

    #Culture-Idées #concentration #Essais


  • Avec Rousset, penser l’empreinte des camps
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/091016/avec-rousset-penser-lempreinte-des-camps

    De #David_Rousset, on se souvient peut-être de la querelle avec les communistes au sujet des camps soviétiques. Le recueil de ses textes, publié sous le titre La Fraternité de nos ruines, montre un homme qui voulait nous faire voir comment le « concentrationnaire » a contaminé nos sociétés et les mine encore aujourd’hui.

    #Culture-Idées #concentration #Essais


  • Comment le monde actuel a privatisé le #silence - Idées - Télérama.fr
    http://www.telerama.fr/idees/comment-le-monde-actuel-a-privatise-le-silence,138904.php
    http://images.telerama.fr/medias/2016/02/media_138904/pour-le-philosophe-matthew-crawford-penser-exige-le-silence-ok-isa,M309798.jpg

    C’est en assurant la promotion de son best-seller que Crawford a été frappé par ce qu’il appelle « une nouvelle frontière du #capitalisme ». « J’ai passé une grande partie de mon temps en voyage, dans les salles d’attente d’aéroports, et j’ai été frappé de voir combien notre espace public est colonisé par des technologies qui visent à capter notre attention. Dans les aéroports, il y a des écrans de pub partout, des haut-parleurs crachent de la musique en permanence. Même les plateaux gris sur lesquels le voyageur doit placer son bagage à main pour passer aux rayons X sont désormais recouverts de publicités... »

    Le voyageur en classe affaires dispose d’une échappatoire : il peut se réfugier dans les salons privés qui lui sont réservés. « On y propose de jouir du silence comme d’un produit de luxe. Dans le salon "affaires" de Charles-de-Gaulle, pas de télévision, pas de publicité sur les murs, alors que dans le reste de l’aéroport règne la cacophonie habituelle. Il m’est venu cette terrifiante image d’un monde divisé en deux : d’un côté, ceux qui ont droit au silence et à la concentration, qui créent et bénéficient de la reconnaissance de leurs métiers ; de l’autre, ceux qui sont condamnés au bruit et subissent, sans en avoir conscience, les créations publicitaires inventées par ceux-là mêmes qui ont bénéficié du silence... On a beaucoup parlé du déclin de la classe moyenne au cours des dernières décennies ; la #concentration croissante de la richesse aux mains d’une élite toujours plus exclusive a sans doute quelque chose à voir avec notre tolérance à l’égard de l’exploitation de plus en plus agressive de nos ressources attentionnelles collectives. »

    http://seenthis.net/messages/467440 via Agnès Maillard


  • En France : « Sept milliardaires contrôlent 95% de la production journalistique | « histoireetsociete
    https://histoireetsociete.wordpress.com/2016/02/10/en-france-sept-milliardaires-controlent-95-de-la-produc

    On est dans une #concentration historique des #médias en France. Sept #milliardaires dont le coeur d’activité n’est pas l’#information – c’est de vendre des armes, de faire du #BTP, de la #téléphonie #mobile, de la banque, #Bolloré c’est un peu tout – ont entre leurs mains 95% de la production journalistique. Et leur chiffre d’affaires dépend pour partie de leurs rapports avec le gouvernement français ou les Etats étrangers. On a une loi de la #presse qui ne défend pas suffisamment la liberté d’informer. Et on a un accès aux documents administratifs qui est pitoyable

    Fabrice Arfi, journaliste à « Mediapart » et co-auteur du livre sur les nouvelles #censures, « Informer n’est pas un délit » (Ed. Calmann-Lévy).

    http://seenthis.net/messages/463094 via Fil


  • Davos voit dans l’instabilité la nouvelle norme mondiale | EurActiv.fr
    http://www.euractiv.fr/sections/innovation-entreprises/davos-voit-dans-linstabilite-la-nouvelle-norme-mondiale-321308
    http://www.euractiv.fr/sites/default/files/swiss_image_bmys2622.jpg

    La révolution numérique s’accompagne pourtant elle aussi de nouveaux défis, et même les techno-optimistes en sont conscients. Les professeurs Erik Brynjolfsson et Andrew McAffee avertissent ainsi que la #numérisation pourrait mener à « une plus grande #concentration des #richesses et du #pouvoir », et donc à une économie encore plus instable.

    À long terme, il faudra s’habituer à une « incertitude et une volatilité à la fois dans l’économie et dans la politique, et cela ne changera pas », confirme Jim Moffat, directeur général de Deloitte. « Les organisations commencent à s’adapter. »

    Les dirigeants politiques, hommes d’affaires et autres personnalités interrogés par EurActiv lors du Forum de Davos peignent tous le même tableau : le monde ne peut plus être divisé entre les optimistes et les pessimistes. La « nouvelle norme » de l’instabilité pourrait apporter un avenir radieux à certaines, mais elle laissera également plus de citoyens sur le carreau.

    #inégalités

    http://seenthis.net/messages/454108 via Agnès Maillard


  • Guillaume Duval, Alternatives Economiques - Favoriser les #métropoles : une efficacité contestable - Libre propos - xerficanal-economie.com
    http://www.xerficanal-economie.com/emission/Guillaume-Duval-Favoriser-les-metropoles-une-efficacite-contest
    http://www.xerficanal-economie.com/img/Video/Guillaume-Duval-Favoriser-les-metropoles-une-efficacite-contestable-4269.jpg

    Xerfi Canal TV a reçu Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques, pour parler de l’aménagement de notre territoire, et pour nous éclairer sur la concentration aujourd’hui des investissements sur les métropoles.

    #économie #aménagement_du_territoire #concentration #inégalités #territoire #géographie #ruralité #ruissellement #ruissèlement

    http://seenthis.net/messages/427613 via Agnès Maillard


  • This unique Tokyo bookstore offers one book title a week
    http://ebookfriendly.com/tokyo-bookshop-one-book-week-pictures
    http://ebookfriendly.com/wp-content/uploads/2015/09/Morioka-Shoten-bookstore-picture-1-540x414.jpg

    Morioka Shoten Ginza (...) offers for sale one title for six continuous days, from Tuesday to Sunday. Every evening an event is organized to discuss the book and connect its author with readers

    @mona #livre #librairie #japon #simplicité #concentration

    http://seenthis.net/messages/405795 via Fil