#consentement

  • Richard Stallman, le RGPD et les deux faces du consentement – – S.I.Lex –
    https://scinfolex.com/2018/04/05/richard-stallman-le-rgpd-et-les-deux-faces-du-consentement
    https://scinfolex.files.wordpress.com/2018/04/800px-richard_stallman_by_anders_brenna_01.jpg

    Par Lionel Maurel

    La question que l’on peut se poser est de savoir si le principe de protection par défaut du RGPD (privacy by default) va aussi loin que l’interdiction par défaut que Stallman propose. Il dit bien qu’un système n’aurait le droit de collecter des données que si ces dernières sont strictement nécessaires à l’accomplissement de ses fonctionnalités. Est-ce que le RGPD de ce point de vue va interdire à la RATP d’identifier les utilisateurs des transports à Paris au motif qu’il y aurait une façon pour le passe Navigo de fonctionner tout en garantissant l’anonymat des personnes ? Le RGPD ne va sans doute pas aussi loin, car il n’emploie pas la notion de finalité exactement de cette manière. Le texte dit qu’un traitement réalisé sans finalité précise est illicite, alors que Stallman propose que la finalité d’un traitement soit en elle-même déclarée illicite s’il y a moyen de faire fonctionner un système sans collecter de données personnelles, ce qui n’est pas la même chose.

    Néanmoins, il semble que le RGPD ne soit pas complètement fermé non plus à une telle interprétation et il n’est pas impossible qu’un service comme celui de la RATP doive revoir en profondeur ses principes de collecte et de traitement de données pour se mettre en conformité avec le RGPD. Mais c’est surtout la jurisprudence à venir qui sera déterminante, car c’est elle qui va fixer la portée exacte de principes comme celui de la protection par défaut des données (privacy by default). D’où l’importance des recours qui vont être lancés dans les premiers temps de l’application du texte, notamment les nouveaux recours collectifs, qui nous permettront de savoir si Stallman avait raison dans sa critique du RGPD ou si cette réglementation s’approchait au contraire de sa vision.

    Néanmoins, on ne peut pas réduire le consentement à cette seule dimension « subjective » étant donné que la notion comporte aussi une face « objective », qui paraît bien plus intéressante en termes de protection des données. Dans cette conception, au lieu de donner à l’individu le pouvoir de fragiliser ses propres droits à travers son consentement, on va au contraire fixer des règles établissant qu’un consentement ne peut être valablement donné s’il a pour effet d’aboutir à une telle fragilisation des droits. C’est ce que permet la manière dont le consentement est défini dans le RGPD comme « toute manifestation de volonté, libre, spécifique, éclairée et univoque par laquelle la personne concernée accepte, par une déclaration ou par un acte positif clair, que des données à caractère personnel la concernant fassent l’objet d’un traitement ».

    Ce caractère « libre, spécifique, éclairé et univoque » du consentement constitue autant de critères « objectifs » qui vont permettre de déterminer des conditions dans lesquelles un individu ne pourra pas consentir valablement à un traitement de données. Il s’agit donc moins en réalité de donner à l’individu un pouvoir de consentir que de définir au contraire ce à quoi il ne peut pas consentir.

    Le G29 a fixé des lignes directrices pour l’interprétation de la notion de consentement dans le RGPD qui vont encore renforcer cette dimension « objective ». Les autorités de régulation européennes considèrent notamment que pour être véritablement libre, le consentement doit être « inconditionné« , c’est-à-dire que la personne doit avoir un véritable choix et que l’absence de consentement ne doit pas avoir de conséquences négatives pour elle. Cela va mettre fin à ce que l’on peut appeler le « chantage au service » qui reste la règle dans l’environnement numérique, vu que les plateformes nous placent généralement face au choix d’accepter telles quelles leurs conditions d’utilisation ou de renoncer au service qu’elles proposent.

    Mais tout ceci ne vaut que dans une conception « subjectiviste » du consentement, alors que le RGPD va accentuer au contraire la dimension « objective » de la notion. Or il existe une chance que le mode de fonctionnement de plateformes comme Facebook soient déclarées par les tribunaux « structurellement » incompatibles avec l’exigence du recueil d’un consentement libre et éclairé. Si cette lecture l’emporte dans la jurisprudence, alors le souhait de Stallman serait exaucé, car cela revient à dire que nous serons en mesure « d’arrêter la surveillance avant même qu’elle ne vienne demander le consentement » ou plutôt que les plateformes dont le modèle économique est intrinsèquement basé sur la surveillance ne seraient plus en mesure de demander un consentement valide. Comme le capitalisme de surveillance repose tout entier sur la « servitude volontaire » des individus, cela revient à dire que le RGPD aurait le potentiel de détruire purement et simplement ce modèle.

    Bien évidemment, les grands acteurs du numérique (mais aussi sans doute les États…) vont tout faire pour empêcher que cette lecture s’impose dans la jurisprudence. C’est la raison aussi pour laquelle ils manoeuvrent déjà dans le règlement ePrivacy pour faire en sorte que certains types de traitements (géolocalisation, profilage) échappent à l’obligation de recueillir le consentement des individus. Et le RGPD comporte lui-même de nombreuses failles qu’ils pourront essayer de faire jouer, notamment en invoquant d’autres fondements comme l’intérêt légitime ou l’exécution d’un contrat pour se passer du consentement individuel (mais surtout se protéger de son redoutable versant « objectif »).

    #RGPD #Consentement #Vie_privée

    https://seenthis.net/messages/683229 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • Vu que le flux rss de @rezo a oublié de poster ce signalement sur seenthis, je le mets :
    « Sexe sans consentement : le rôle des hommes », par Les couilles sur la table (#Binge_Audio)
    https://www.binge.audio/sexe-sans-consentement-le-role-des-hommes

    Elles ont cédé, ou capitulé. Ce rapport sexuel, elles n’en voulaient pas. Le garçon avec qui elles étaient n’a pas compris – ou pas voulu comprendre – leur “#non”.

    La journaliste et réalisatrice #Delphine_Dhilly a rencontré des #femmes qui ont eu des rapports sexuels non désirés au début de leur vie sexuelle : une expérience très répandue et souvent traumatisante. Six d’entre elles témoignent face caméra dans son documentaire « Sexe Sans Consentement », diffusé sur France 2 le 6 mars 2018 à 22h55. Delphine Dhilly a aussi pris le parti d’interroger une cinquantaine de garçons sur la #séduction et le #consentement. C’est à eux, à ce qu’ils disent, et à ce qu’ils racontent de notre culture sexuelle, que l’on va s’intéresser dans cet épisode.

    Pourquoi ces garçons ne comprennent-ils pas, ou refusent-ils d’entendre, le non d’une fille à une relation sexuelle ? Comment leur est (ou non) transmise cette notion de consentement ? Dans quelle mesure ces violences peuvent s’expliquer par des injonctions viriles conquérantes, le poids de l’éducation ? Et si toute notre culture nous montrait que le non-consentement d’une femme est plus excitant que son désir ?

    https://soundcloud.com/lescouilles-podcast/sexe-sans-consentement-le-role-des-hommes

    #audio #podcast

    https://seenthis.net/messages/673616 via intempestive


  • L’Assemblée nationale fixe à 15 ans l’âge minimal pour s’inscrire seul à un réseau social
    http://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2018/02/08/l-assemblee-nationale-fixe-a-15-ans-l-age-minimal-pour-s-inscrire-se
    http://s1.lemde.fr/image/2018/02/08/644x322/5253762_3_3ede_l-assemblee-nationale_e034d63334909d5bd0623cc65344c588.jpg

    Il faudra, désormais, être âgé d’au moins quinze ans pour s’inscrire seul sur un réseau social, comme sur tout autre service en ligne collectant des données personnelles. L’Assemblée nationale a terminé l’examen, mercredi 7 février, en première lecture des articles du projet de loi sur les données personnelles, dont l’une des dispositions fixe un âge minimal pour le consentement d’un mineur seul à la collecte de données. Entre 13 ans et 15 ans, le consentement de l’enfant, ainsi que celui de ses responsables légaux devront être recueillis par les plates-formes. En dessous de 13 ans, toute collecte de données par ce type d’acteur est interdite.

    Nul doute que beaucoup de jeunes utilisateurs tenteront de contourner cette nouvelle limite. Cependant, les très lourdes amendes prévues par le règlement européen inciteront les entreprises à la vigilance. Hasard ? Fin janvier, Facebook confirmait l’acquisition d’une start-up spécialisée dans la vérification des documents d’identité. Les grandes plates-formes seront face à une autre difficulté : le règlement laissant les Etats déterminer l’âge minimal, ce dernier ne sera pas le même dans toute l’Europe. L’Espagne a, par exemple, fixé à 13 ans l’âge à partir duquel un mineur peut consentir seul à l’utilisation de ses données.

    Nous voilà pris dans une tenaille infernale : laisser les géants du web capter les données pour faire fonctionner leur « industrie de l’influence », ou bien confier des données d’identité à un tiers qui validerait les droits d’utiliser les plateformes. Un tiers d’Etat et ce serait la surveillance politique ; un tiers privé et ce serait la surveillance économique.

    On doit juste avoir mal posé le problème quelque part...

    #Consentement #Données_personnelles #Plateformes

    https://seenthis.net/messages/667361 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier



  • #violences_sexuelles : aux Etats-Unis, un « torrent » de révélations
    https://www.mediapart.fr/journal/international/131117/violences-sexuelles-aux-etats-unis-un-torrent-de-revelations

    Plus d’un mois après la révélation des viols et #agressions d’Harvey Weinstein, les scandales s’accumulent. Hollywood est forcé de contempler sa culture machiste. La notion de #consentement sexuel s’invite au cœur des discussions. « Nous ne sommes pas des choses ». Manifestation #metoo à Hollywood, le 12 novembre © Reuters

    #International ##balancetonporc #Donald_Trump #harcèlement


  • Harcèlement sexuel : « Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant » par Irène Théry
    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/10/21/irene-thery-pour-une-nouvelle-civilite-sexuelle_5204044_3232.html
    http://img.lemde.fr/2017/10/16/252/0/1570/778/644/322/60/0/c114cb7_16249-1n7c0he.kc9v6os9k9.jpg

    Aurais-je cédé à l’air du temps, et passé du côté de la délation et du déballage, moi qui, comme tant d’autres, ai pris mon clavier et tracé ces mots sur ma page Facebook, #MoiAussi, en donnant les âges auxquels ça m’est arrivé : 8, 24 et 35 ans. Faudrait-il trier le bon grain de l’ivraie, et séparer celles qui comme moi, ont utilisé le hashtag #MeToo, n’ont dénoncé personne et n’ont pas même exposé les faits, et celles qui ont choisi, au contraire, d’utiliser à plein la force humoristique de #balancetonporc, raconté sans détour ce qui leur était arrivé, et parfois même (très rarement, il faut le souligner) nommé celui qui les avait agressées ?

    Pour moi, la réponse est claire : entre la sobriété et la provocation, la retenue et le récit, c’est une simple question de style, peut-être d’âge ou de sensibilité – peu importe, au fond. Le fait important, c’est justement la rencontre évidente, amicale, solidaire de ces façons d’agir différentes. Ce que nous disons, ce que nous faisons en ce moment, est pour l’essentiel identique. Nous témoignons. Il n’y a pas moins de pudeur chez les unes que chez les autres, pas plus de vulgarité chez les autres que chez les unes.

    Ce pari sur l’intelligence dit une chose simple : ce qui se passe aujourd’hui n’est en rien une mise en cause du charme, du plaisir ou de la séduction. Il faut en finir avec ces amalgames : tout le monde sait parfaitement distinguer la séduction et l’agression. Tout le monde. Que l’on tente de séduire, ou qu’on se laisse séduire, on sait quand l’autre consent, et on sait quand on consent soi-même. La séduction, c’est justement l’art de lever un à un les possibles malentendus.

    Et c’est notre chance que cela ait été dit en premier par les actrices, ces incarnations de la séduction, dont nous admirons les silhouettes, dont nous aimons qu’elles montrent leurs jambes et leurs décolletés. Les comédiennes n’acceptent plus comme une fatalité de risquer les pelotages et les violences. Elles ne sont pas du gibier pour libidineux de petite ou de grande catégorie. Leurs témoignages sont comme ceux de milliers d’anonymes, et comme le mien aussi : l’appel à une nouvelle civilité sexuelle.

    #Féminisme #Consentement

    https://seenthis.net/messages/639005 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • « Affronter le problème du non-consentement »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/211017/affronter-le-probleme-du-non-consentement

    Les hashtags #metoo ou #balancetonporc ont ravivé les débats sur ce que signifie consentir à une proposition de nature sexuelle. #Delphine_Dhilly, documentariste, travaille sur la « zone d’ombre » où les femmes cèdent sans consentir. Entretien et extraits de film.

    #Culture-Idées #consentement #sexe


  • Françoise Vergès (politologue) : « Comment le #capitalisme gère-t-il le #ventre des #femmes #racisées ? »
    http://www.alternativelibertaire.org/?Francoise-Verges-politologue-Comment-le-capitalisme-gere-t-i

    Le point de départ de l’ouvrage est le suivant : en juin 1970, un médecin trouve une jeune fille de 17 ans dans un état comateux suite à un #avortement. La police est prévenue et l’enquête révèle que des milliers de femmes ont été victimes d’avortements et de #stérilisations sans #consentement, c’est-à-dire qu’après leur avoir menti, on les endormait et au matin, elles étaient avortées, et ce, dans une clinique de l’île qui appartient à un homme puissant de la droite locale. Le scandale est tel qu’il est relayé par des journaux et organisations politiques de gauche en France.

    Le verdict du procès est rendu début mars 1971, soit deux mois avant la parution du Manifeste des 343 femmes [3] dans Le Nouvel Observateur qui déclarent publiquement avoir avorté. Or le MLF ne dira mot sur ce qui s’est passé deux mois avant à La Réunion, alors même que Le Nouvel Obs avait couvert l’affaire. La lutte pour l’avortement et la contraception en France est conçue par le MLF comme une lutte qui concerne toutes les femmes de la même manière. Or, ce que nous montre le scandale de La Réunion, c’est que l’État choisit quelles femmes ont le droit de donner naissance (les femmes métropolitaines blanches), et lesquelles ne l’ont pas (les femmes racisées des outre-mer).

    Au procès, les médecins déclarent s’être sentis entièrement légitimes dans leur pratique et ils avaient raison. Tout un système a non seulement rendu leur pratique possible, il l’a encouragée. Les médecins et la clinique se sont aussi considérablement enrichis, car les femmes avortées et stérilisées étant pauvres, l’acte était remboursé par la Sécurité sociale – sous un autre nom évidemment puisque l’avortement était toujours un #crime – et le plus souvent surfacturé.

    C’était un business lucratif, et à ce sujet un médecin, à l’occasion de la présentation de mon livre à La Réunion, m’a confié qu’on lui disait alors qu’il faisait ses études de médecine à Lyon : « Tu veux te faire des couilles en or ? Alors va à La Réunion et pratique des avortements. » Les seuls condamnés ont été un médecin d’origine marocaine et un infirmier réunionnais d’origine indienne (un « malbar »). Aucun médecin blanc n’a été inquiété, ni bien sûr le directeur de la clinique. Un profond #racisme animait les médecins qui n’avaient aucun scrupule à mutiler les corps des Réunionnaises, pouvant pratiquer des avortements non consentis jusqu’à plus de sept mois de grossesse !

    #domination #oppression #intersectionnalité

    https://seenthis.net/messages/609687 via Agnès Maillard


  • Pré-publication...

    Le 14 novembre 2015, j’ai été laissée la tête dans le caniveau par un automobiliste qui, suite à une dispute avec la personne auprès de qui je roulais à vélo, m’a percutée volontairement. Malgré la qualification des faits en « violence avec arme par destination » par la police et malgré l’identification du véhicule par sept témoins, l’enquête piétine encore…

    Un an avant, je venais de décrocher mon premier emploi. Le mari d’une amie, qui m’avait proposé le boulot, après m’avoir recrutée, m’a inexplicablement tenue à l’écart de son équipe. Il a requalifié à deux reprises mon emploi, me privant des moyens d’accomplir ma mission et me plongeant dans une grande détresse que j’ai pu partager avec mes ami-es sans en être plus avancée pour comprendre ce qu’il m’avait fait subir.

    Que nous font les victimes ?
    De ces deux mésaventures je tire quelques enseignements qui ont trait au fait que nous avons du mal avec les victimes. Alors que les paroles des victimes semblent omniprésentes, imposant leur présence lacrymale sur les écrans, réclamant le retour de la peine de mort ou des atteintes toujours plus graves aux libertés civiles ou à l’état de droit (cette semaine une mairie a expulsé un camp de Rroms suite à une agression), finalement l’existence de « bonnes » victimes et de « mauvaises » nous renseigne sur le fait que ce ne sont pas d’elles qu’il est question. Certaines sont utiles au pouvoir et d’autres ne le sont pas, voire sont justement victimes de celui-ci. L’enquête sur la famille de Théo, jusqu’ici impeccable victime de violences policières, a opportunément fuité pour couper court, espère-t-on, à l’empathie qu’on pouvait avoir pour un jeune homme dont le principal tort était d’avoir croisé une patrouille de flics pensant avoir carte blanche pour se livrer à leurs violents instincts. Théo coupable de quoi que ce soit, cela change-t-il quelque chose au viol qu’il a subi ? Pour beaucoup d’entre nous, c’est le cas : à moins de faire sens, d’entrer dans le système de représentation qui a cours communément et qui est souvent celui du pouvoir, la violence nous plonge dans le désarroi et nous préférons éviter de la regarder en face. Les victimes ne trouveront autour d’elles que regards fuyants et gêne.

    Prière de ne pas ressasser
    Il faut dire que les victimes sont pénibles. Elles sont autocentrées, toutes occupées à ressasser ce qui a fait basculer leur vie. Dès 1946, nous apprend Charlotte Lacoste dans Séductions du bourreau (PUF, 2010), le public s’était lassé du sempiternel récit des victimes de la Shoah et leur reprochait de ne pas aller de l’avant. Même quand il s’agit d’un crime inédit par son caractère massif et par sa violence, il est acceptable de demander aux victimes de tourner la page un peu plus vite. Dans l’idéal, il eût fallu que les rescapés des camps nous rassurassent (« C’est passé, c’est passé ») en moins de temps qu’il n’en faut pour pleurer un proche. L’indécence avec laquelle on peut exiger de ne pas entendre la souffrance d’autrui s’exprime avec d’autant plus de facilité dans le cas de violences bien anodines et qui n’engagent pas de responsabilité collective. Devant cet appel à ne pas ressasser ce qui appartient à des temps révolus, on aimerait retourner dans le passé pour voir quand le moment de la plainte était acceptable. Entre la sidération dans laquelle nous met la violence et le temps qui n’est déjà plus celui des plaintes, il ne semble pas y avoir de véritable fenêtre de tir. Le temps de comprendre ce qui nous est arrivé (l’eussions-nous compris plus tôt qu’il eût été peut-être possible de s’en protéger) et cela est déjà tombé dans ce gouffre qu’on appelle le passé et qui se situe à une épaisseur de papier à cigarettes de notre présent.

    Quand aucune vulnérabilité n’oblige
    Le refus d’entendre les plaintes des victimes tient à un autre écueil de nos sociétés, la volonté farouche de croire que nous sommes tou-tes également libres de refuser. Or, malgré un régime libéral qui garantit une égalité de droits, les vulnérabilités existent. Enfant, un adulte nous a proposé, à mes frères et à moi, de nous échanger un bel hameçon contre un trop petit, qui ne nous était plus d’aucune utilité et que nous avons vite jeté, disant ainsi adieu à nos parties de pêche. Pourquoi avons-nous accepté de nous dessaisir d’un objet qui nous appartenait au profit d’un parfait inconnu ? Parce qu’il nous le demandait. Le hameçon qui nous était proposé en échange ne nous faisait aucune, mais alors aucune envie. Mais, confiants dans l’idée qu’il ne pourrait pas nous proposer de marché inique ou intimidés parce qu’il fallait lui signifier un refus qui était un acte trop hostile, nous lui avons tendu l’objet sur lequel reposait l’un de nos plaisirs de cet été-là. Nous aurions pu accepter pire. La confiance et l’intimidation sont deux ressorts de la soumission aux desiderata d’autrui que j’observe encore autour de moi. L’acceptation de leur sort par les victimes n’absout pas les personnes qui se satisfont de passer des marchés si avantageux. Il n’y a pas de contrat qui tienne entre parties inégales et la vulnérabilité de l’autre à l’abus offre parfois des surprises. Ce sont parfois des adultes pleins d’assurance qui acceptent de se faire déposséder de leur hameçon.

    Coupables de ne pas s’être défendues
    Ainsi mon supérieur hiérarchique, pourtant assez au fait de violences au travail qu’il dénonce dans des textes académiques ou d’intervention, et avec d’autant plus de force que des femmes en sont les victimes, me dit n’avoir eu d’autre repère que ma capacité à dire non pour guider son action et me tenir pendant des mois dans un placard. Ni la confiance que je lui faisais, ni mon ignorance des us dans un milieu professionnel que je découvre, ni le pouvoir bêtement hiérarchique qu’il exerçait sur moi ne me protégeaient de lui. À la détresse de la victime il faut donc ajouter une seconde peine, le manque de reconnaissance du préjudice subi, voire la culpabilité d’être à terre. Une culpabilité que son ex-épouse (et mon ex-amie, tout est précaire), pourtant féministe, m’exprime ainsi : « Tu as dû être violée dans ton enfance pour te comporter comme ça et c’est de ta faute parce que tu n’as pas assez travaillé sur toi-même. » Rendues coupables de ce qui leur arrive ou sommées de mettre un mouchoir sur leur détresse, comment les victimes peuvent-elles se reconstruire seules ?

    #victimes #culture_du_viol #libéralisme #consentement

    https://seenthis.net/messages/573480 via Aude


  • Agressions sexuelles en réalité virtuelle (L’ADN)
    http://www.ladn.eu/inspiration/in-vivo/agressions-sexuelles-en-realite-virtuelle

    La question du #consentement et la réalité virtuelle… à pleurer.

    Là où le jeu devient franchement gênant, c’est qu’il permet d’agresser sexuellement les femmes, toutes virtuelles soient-elles, qui peuplent l’île. Oui, agresser sexuellement : elles expriment leur refus, leur volonté de voir le joueur les laisser tranquilles, et pendant ce temps le but est de trouver un moyen de leur toucher le nichon ou de voir ce qu’il y a sous leur culotte.

    #éducation_des_garçons #jeux_vidéos #culture_du_viol #sexisme

    https://seenthis.net/messages/523622 via Heautontimoroumenos


  • Éduquer son garçon à ne pas devenir un agresseur - TPL Moms
    http://www.tplmoms.com/2016/07/14/eduquer-son-garcon-ne-pas-devenir-un-agresseur

    Les garçons doivent apprendre que les corps des autres, notamment ceux des filles, appartiennent à des êtres humains. Qu’elles sont leurs égales. Ça ne va pas de soi, dans notre monde, de comprendre que la virginité d’une femme n’est pas un prix. Qu’on ne « score » pas quand on baise. Que peu importe comment une fille s’habille, ce n’est pas une invitation à faire ce qu’on en veut. — Permalink

    #consentement #feminisme

    https://seenthis.net/messages/512977 via Alda


  • La sexualité des jeunes marquée par les inégalités entre les sexes
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/06/14/la-sexualite-des-jeunes-marquee-par-les-inegalites-entre-les-sexes_4949835_3
    http://s1.lemde.fr/image/2016/06/14/644x322/4949833_3_f916_dans-les-salles-de-zizi-sexuel-l_11f6af15a3084a72171262f6bbcace97.jpg

    Néanmoins, des #stéréotypes pèsent, selon les spécialistes et les enquêtes sur le sujet, passées en revue par le HCE. « Les jeunes filles subissent la double injonction de devoir se montrer désirable mais respectable, “être amoureuse” étant un prérequis pour ne pas devenir celle qui “couche” trop vite avec “n’importe qui”, écrit le HCE. Les jeunes hommes sont quant à eux valorisés selon une norme de #virilité, et notamment une appétence supposée naturelle pour la #sexualité, associée à un “#besoin_sexuel” ». Les individus qui n’entrent pas dans la norme, notamment quand ils sont identifiés comme #homosexuels, peuvent subir des #discriminations.

    « La question du #consentement est également fortement marquée par les normes hiérarchisées de #masculinité et de #féminité (…), relève le rapport. La #possessivité de certains garçons, qui peut se traduire en #violence physique, est perçue comme une marque d’amour. »

    #sexisme #culture_du_viol

    http://seenthis.net/messages/500083 via odilon



  • Viols : Quand le danger vient de son partenaire
    http://le-cercle-psy.scienceshumaines.com/viols-quand-le-danger-vient-de-son-partenaire_sh_355
    http://www.scienceshumaines.com/pics_bdd/images/14484655762_CPSY19_258.jpg

    Le #couple rime toujours avec consentement tacite et peut facilement être considéré comme une zone de #non-droit. Et puis au fait, qu’appelle-t-on une #violence sexuelle ? Car sans parler d’un #viol avec pénétration à proprement parler, il existe mille et une formes de ces violences. Selon la loi, il s’agit de violences à caractère sexuel, avec ou sans contrainte physique, commis par un ou plusieurs individus avec violence, contrainte, menace ou surprise, sans le consentement de la personne visée… Mais quid de la notion de #consentement quand une femme se dit que si elle ne joue pas le jeu sexuel attendu de son compagnon, il la trompera peut-être, la quittera ? Muriel Salmona explique la complexité d’identification des violences sexuelles au sein du couple : « Il y a des contraintes morales et financières importantes dans le couple, et la pression est le plus souvent présente dans les rapports amoureux. Si tu m’aimes, tu vas faire ça pour moi. Et puis, sous couvert d’avoir une #sexualité épanouie, l’idée est largement admise qu’il serait tout à fait excitant de commettre certaines violences. La femme, et cela fait partie de la culture du viol entretenue par une pornographie omniprésente, est encore considérée comme aimant la contrainte. La violence, l’atteinte à la dignité, l’humiliation, tout ça est considéré comme appartenant à la sexualité alors que c’est de la violence ». Et d’ajouter que les femmes, en majorité, ont souvent subi des violences sans même en avoir conscience et que, si elles n’en avaient pas subi, elles auraient exactement les mêmes #désirs que les hommes.

    http://seenthis.net/messages/458660 via Agnès Maillard