• Aux #USA_les flics répriment toujours et même les manifs paisibles.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3871

    Contrairement à ce qui peut être perçu des manifestations antiracistes des Etats-Unis, la police est encore plus virulente et violente, surtout quand son personnel est dénoncé. Et c’est lors des manifestations qu’elle le démontre.

    USA

    / #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, #USA,_Maison_Blanche,_CIA, #fait_divers,_société,_fléau,_délinquance,_religion,_perdition


  • Gaël Giraud : « Le monde financier sait que ses jours sont comptés » | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/politique/gael-giraud-le-monde-financier-sait-que-ses-jours-sont-comptes-183433
    https://www.publicsenat.fr/sites/default/files/styles/pse_accueil_entete/public/thumbnails/image/giraud_template_vignette_horizontal_1.png?itok=U3yoMDXv

    Quelle sera l’ampleur de la crise économique ?

    La crise sera plus grave que celle de 2008. Nous entrons dans une spirale déflationniste extrêmement dangereuse. L’Europe de l’Ouest pourrait connaître une trajectoire à la japonaise. Dans les années 1990, le Japon a connu une grande répétition de la crise des subprimes, avec une gigantesque bulle financière qui a gonflé sur une bulle immobilière. Les deux bulles ont explosé au même moment, et le Japon est entré dans la déflation, c’est-à-dire dans un régime macroéconomique dans lequel il n’y a plus de croissance, plus d’inflation, énormément de dette privée et un chômage de masse. Nous risquons de subir le même sort si nous continuons de pratiquer l’austérité budgétaire.

    Vous êtes très pessimiste, à un moment où les marchés financiers semblent se porter plutôt bien. Comment expliquez-vous cette bonne santé des marchés ?
    Les marchés financiers sont profondément inefficients, irrationnels, traversés par des bulles spéculatives et des mouvements erratiques qui n’ont rien à voir avec l’économie réelle. On ne peut pas demander aux marchés financiers de prédire l’avenir. Ils en sont incapables.

    #Gaël_Giraud, mon #social-démocrate préféré, écolo et tout, sur la #crise_économique à venir. #Cassandre écolo qui comme Cochet et Larrouturou en 2007 doit avoir environ un an, un an et demie d’avance sur les marchés. Ça fait six mois que je les entends dire ça, je me disais que peut-être la crise sanitaire avait atténué la surchauffe mais non... C’est peut-être pour cet automne, avec une deuxième vague par dessus. Et plein de #dettes évidemment.

    https://seenthis.net/messages/864412 via Antonin


  • Une révision déchirante pour l’UE ?
    http://www.medelu.org/Une-revision-dechirante-pour-l-UE

    On comprend que de nombreux dirigeants politiques des deux rives de l’Atlantique, tout particulièrement ceux d’Europe, soient encore nostalgiques de la guerre froide une trentaine d’années après la chute du mur de Berlin et l’implosion de l’Union soviétique. Pendant des décennies, ils avaient utilisé une grille d’analyse de la situation internationale du moment, qui leur était fournie clés en main par la Maison Blanche : d’un côté, et à grands traits, l’Occident (incluant le Japon) avec l’Otan comme (...)

    #Chroniques_du_mois

    / #COVID-19, #Europe, Banque centrale européenne (BCE), #Ecologie, #Réchauffement_climatique, #Géopolitique, #Economie, (...)

    #Banque_centrale_européenne_BCE_ #Crise


  • Nous y voilà, je viens d’avoir confirmation que je ne bénéficierai pas de cette fameuse prime de 1500 euros, mel reçu.

    Nous y voilà, je viens d’avoir confirmation que je ne bénéficierai pas de cette fameuse prime de 1500 euros annoncée en grande pompe par notre président de la république en direct au JT de 20h le 25 mars dernier et destinée à, je cite : « l’ensemble des personnels soignants mobilisés sous forme d’une prime exceptionnelle pour accompagner financièrement cette reconnaissance ».

    Pour rappel, je suis partie à Paris sur la base du volontariat en renfort à l’hôpital [...] pour deux semaines prolongées de deux semaines supplémentaires à la demande de l’APHP devant des services qui ne désemplissaient pas. J’ai donc travaillé en secteur COVID du 11 avril au 10 mai.
    Mais voilà, le décret relatif à cette prime publié le 14 mai stipule que, pour bénéficier de cette prime, les personnels hospitaliers devaient être présents au moins 30 jours entre le 1 mars et 30 avril.
    J’ai attendu le 13 juin que le décret soit publié au journal officiel pour réaliser que cette non éligibilité invraisemblable était bien réelle.

    Alors qu’entendait notre président par « personnels mobilisés » ce 25 mars ?

    Est ce que prendre le train du jour au lendemain sur demande urgente de l’APHP pour débarquer la boule au ventre dans une ville inconnue n’est pas être mobilisé ?
    Est ce qu’abandonner son boulot en se faisant remplacer par ses collègues pour aller travailler dans un établissement inconnu alors que j’ai cessé de travailler à l’hôpital depuis 6 ans n’est pas être mobilisé ?
    Est ce qu’accepter de travailler dans des secteurs COVID avec 1 seul masque par jour, des surblouses artisanales, des surchaussures un jour sur deux et un chaos organisationnel à peine imaginable n’est pas être mobilisé ?
    Est ce qu’accepter de rester deux semaines de plus seule, loin des siens et de son confort n’est pas être mobilisé ?

    Je n’ai pas fait ça pour l’argent, bien heureusement puisqu’à ce jour, plus d’un mois après mon retour, je n’ai toujours pas perçu l’intégralité de mon salaire, la première partie m’ayant été versée seulement la semaine dernière. Il semblerait que les éphémères héros puissent vivre simplement d’applaudissements !
    J’ai fait ça par solidarité avec mes consœurs et confrères parce que je pouvais imaginer leur détresse, j’ai fait ça par amour de mon métier... Mais aujourd’hui, je suis encore une fois déçue par ce manque de considération, abasourdie par tant d’injustice, je me sens trahie et en viens à regretter d’avoir choisi ce métier que j’aimais tant.

    Je voudrais que tout le monde sache que ces belles paroles n’étaient encore une fois que du vent et que beaucoup de réservistes dévoués sont dans la même situation que moi même si cela parait parfaitement inimaginable.

    Soyez sûrs, chers dirigeants que lors de la deuxième vague ou de la prochaine pandémie, les appels incessants et larmoyants de l’ARS, vos belles promesses et hypocrites flatteries demeureront sans réponse et que je resterais au chaud chez moi, près des miens !

    #nibonnesninonnesnipigeonnes

    #crise_sanitaire #hôpital #soignants

    https://seenthis.net/messages/862212 via colporteur


  • Isabelle Stengers : « La science est balbutiante face aux enchevêtrements du vivant »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/06/19/isabelle-stengers-la-science-est-balbutiante-face-aux-enchevetrements-du-viv
    https://img.lemde.fr/2020/05/14/288/0/3500/1750/1440/720/60/0/164b924_FW1_HEALTH-CORONAVIRUS-FRANCE-IMMUNITY_0514_11.JPG

    par Isabelle Stengers (je suis depuis longtemps membre du fan-club).

    Le premier trait de l’événement pandémique est le rapport étonnant qu’il établit entre le local et le global. Bien qu’il ait partie liée avec les désordres écologiques que provoque l’exploitation tous azimuts du vivant et de son milieu, cet événement a pour point de départ une affaire hyper-locale : un être, qui n’existe que pour cette éventualité rare, rencontre un hôte accueillant, avec lequel, grâce auquel, il pourra participer à l’aventure de la vie.

    Une telle rencontre est parfaitement contingente, même si les virus ne cessent de muter, c’est-à-dire d’en augmenter la probabilité. Mais elle a ouvert à celui-ci un destin étonnant, bien différent de celui de ses cousins, qui participent de manière plus ou moins pacifique à la vie de chauve-souris ou de pangolins. Ce qui, pour le virus, est l’accomplissement de sa vocation première et dernière, a réussi à susciter ce qu’a été incapable de provoquer une menace qui, elle, est globale et prévisible : celle du désastre climatique dont les signes avant-coureurs se multiplient aujourd’hui. Certes, des catastrophes se succèdent désormais, imposant le fait qu’il y a « comme un problème », mais il semble entendu que celui-ci devra se résoudre dans le respect de l’impératif de croissance. Quoi que ce soit d’autre est inconcevable. La réussite virale a pourtant provoqué l’inconcevable.

    Nos responsables nous disent qu’ils ont été surpris, qu’ils n’étaient pas préparés à cela. Mais cela veut dire qu’ils n’avaient pas pu ou pas su entendre les experts, pour qui ce monde écologiquement dévasté, où tout circule dans tous les sens (sauf les migrants), verra se succéder des pandémies. De même qu’ils n’entendent pas l’avertissement selon lequel nos monocultures clonées sont hautement vulnérables à des infections épidémiques. Cette incapacité à entendre est une forme d’« idéalisme », une incapacité inculquée de prendre au sérieux ce qui peut entraver, voire seulement compliquer, la logique de marché devenue aujourd’hui la seule source légitime de réponse à nos questions.

    Nos gouvernants demandent aujourd’hui aux Français d’être fiers d’avoir gagné sinon « la guerre » contre le virus, du moins cette bataille. C’est du plus haut comique quand on pense aux contrôles policiers tatillons, à une soumission exigée, faisant des habitants des enfants qui profiteraient de la moindre faille. Tolérance zéro. Mais c’est aussi sinistre quand on pense à l’angoisse et au désespoir des vieux qui sont morts seuls, à la souffrance de leurs proches. Non, il n’y a pas eu de « capacité commune ». Le virus n’a pas créé d’égalité, il a exacerbé les inégalités. Au nom de sa menace, ce sont les vulnérables, les encaqués, les précarisés, les racisés qui ont trinqué.

    La perte de confiance en ceux qui nous gouvernent n’est pas un phénomène sociologique sur lequel disserter. Elle est fondée. Mais ce qu’elle pourra engendrer, personne ne le sait. Les différentes manières de diviser seront utilisées. Les alternatives infernales seront brandies – choisissez entre baisse de salaire ou licenciement. La peur du désordre sera activée.

    Tout cela suffira-t-il à étouffer les pensées qui, peut-être, ont germé dans bien des cerveaux perplexes quant à l’avenir qui se prépare ? Nous vivons un moment d’incertitude radicale, mais l’affaire du Covid-19 nous aura avertis. Nous sommes gouvernés par des « idéalistes », incapables de penser avec ce qui, que nous le voulions ou non, nous attend.

    #Covid-19 #Climat #Crise #Isabelle_Stengers

    https://seenthis.net/messages/862137 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • Après la Russie, Trump compte sur la Chine pour être réélu.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3856

    La Chine occupe une place importante dans le parcours de Trump. Biden compte sur l’adversité guerrière et arrogante envers la Russie ou bien Pékin. Le changement de ton en géopolitique du président lors de la crise du coronavirus.

    USA

    / #USA,_Maison_Blanche,_CIA, #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale, Chine, réforme, développement, environnement, Asie, , #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, #Socialisme,_Amérique_Latine,_Chine,_marxisme,_égalité,_pauvreté,_justice,_sociale

    #USA_ #Chine,réforme,_développement,_environnement,_Asie,


  • Retour à l’anormal - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2020/06/06/retour-a-lanormal
    https://blog.monolecte.fr/wp-content/uploads/2020/06/expect-kermit.jpg

    Je ne peux pas penser la #crise du #coronavirus sans la remettre en perspective le bordel mou qu’étaient déjà nos vies, sans avouer que ce n’a été qu’une couche de #désintégration agglomérée à d’autres situations déjà profondément chaotiques et remarquables.

    En fait, nos vies ne sont que ça  : des périodes plus ou moins longues où il ne se passe pas grand-chose d’intéressant entrecoupées abruptement de déflagrations historiques qui bouleversent à peu près tout, nous laissant dans un état de #sidération dont on ressort lentement, hébétés et vaguement nostalgiques d’un avant dont on a à peu près tout oublié.

    https://seenthis.net/messages/858988 via Agnès Maillard


  • L’odyssée du « Zaandam », bateau maudit
    http://www.medelu.org/L-odyssee-du-Zaandam-bateau-maudit

    Dans son nouveau texte transgenre (il s’agit d’un récit-essai-enquête), Ignacio Ramonet revient sur le drame de ces milliers de touristes surpris, en pleine insouciance, à bord de luxueux bateaux de croisière, par l’arrivée soudaine de la tempête du nouveau coronavirus... Il retrace, en particulier, le périple du Zaandam, un navire parti de Buenos Aires le 7 mars dernier visiter le détroit de Magellan et le cap Horn, avec 1 250 passagers à bord (dont 105 Français) et devenu un véritable « vaisseau (...)

    Actualités

    / #COVID-19, #Crise, #Argentine, #Amérique_latine


  • Réflexion à propos de la crise traversée par l’UPR, par la Commission des relations politiques du PRCF.
    https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/reflexion-a-propos-de-la-crise-traversee-par-lupr-par-la-commi

    https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2020/05/crise-UPR-Asselineau-harcelement-accusation-300x300.jpeg

    De notoriété publique, l’Union populaire républicaine traverse une tempête politique interne. Publiquement, un nombre significatif de cadres de ce parti porte de graves accusations contre le Président-fondateur du parti et ancien candidat à l’élection présidentielle, M. #François_Asselineau. Il revient bien entendu aux seuls adhérents de l’UPR, convoqués prochainement en congrès extraordinaire, de résoudre les […]

    #4-EUROPE:en_sortir,_s’en_sortir ! #articles #crise_à_l'UPR #frexit #harcellement_sexuel #Sortie_de_l'euro #sortie_de_l'UE #UPR


  • Quand l’apocalypse frappe à notre porte
    http://www.medelu.org/Quand-l-apocalypse-frappe-a-notre-porte

    Apparu il y a tout juste cent jours dans une ville lointaine et méconnue, un nouveau virus a déjà fait le tour du monde, obligeant des milliards de personnes à s’enfermer chez elles. Quelque chose que l’on ne pouvait imaginer que dans une fiction post-apocalyptique… L’humanité vit une expérience inaugurale. Elle vérifie que cette théorie de la « fin de l’histoire » est une supercherie… et découvre que l’histoire est, en fait, imprévisible. Nous sommes confrontés à une situation énigmatique. Sans précédent. (...)

    Actualités

    / #Surveillance_de_masse, #COVID-19, #Crise, Santé, A la Une

    #Santé


  • Jacques Rancière / Andréa Inzerillo /viralité/ immunité : dialogue italo-français pour interroger la crise - 2 | Institut français Italia
    https://www.institutfrancais.it/fr/italie/2-jacques-ranciere-andrea-inzerillo

    Andrea Inzerillo – La question que nous aimerions vous poser une fois de plus est la suivante : en quel temps vivons-nous ? Ces temps extraordinaires semblent accentuer encore davantage les temporalités différentes qui caractérisent nos vies. Des gens qui continuent à travailler en sortant quotidiennement de chez eux, des privilégiés qui nous invitent à profiter du temps que nous avons retrouvé, des gens qui n’ont pas de foyer… Il ne fait aucun doute que la crise accentue les différences qui constituent déjà nos sociétés. Et en même temps, on pourrait se demander, comme le font les optimistes, si les bouleversements de la période que nous vivons ne sauraient, au contraire, constituer une opportunité : certains disent que nous découvrons une nouvelle solidarité (nationale ou internationale), que nous reconnaissons l’existence de héros à nos côtés, que nous sommes presque en présence d’une révolution humaine et que nous devons en profiter pour repenser les temps et tout changer. Qu’en pensez-vous ?

     

    Jacques Rancière – Le problème est malheureusement que le confinement nous ôte le moyen de partager ces temporalités sinon par bribes – par exemple les brèves confidences des petits commerçants qui craignent moins la journée dans leur boutique que le transport du retour vers les lointaines banlieues où ils habitent. On applaudit à heure fixe les personnels soignants mais on n’a aucun moyen de partager leur quotidien. Le résultat est que le discours sur le temps est monopolisé par deux sortes de gens : d’une part, les gouvernants qui gèrent l’urgence selon les concepts et les méthodes bien rodés : crise à affronter, sécurité à assurer, dispersion des rassemblements, etc. ; d’autre part, les intellectuels habitués à penser la fin de l’histoire ou celle de l’anthropocène. Ceux-ci nous disent volontiers aujourd’hui que l’épidémie est l’occasion de tout repenser, de renverser la logique capitaliste, de mettre l’humain avant le Capital ou de rendre à la Terre ou à la Planète les droits usurpés par les humains. Ils nous disent que, à la fin de l’épidémie, il va falloir en tirer les leçons et tout changer. Ce qu’ils oublient de nous dire, c’est qui se chargera de « tout changer » et en quel temps cela se passera. Un temps politique se tisse par des pratiques communes qui construisent des emplois du temps et des agendas. Or c’est précisément ce qui manque dans les conditions du confinement. Il n’y a pas de moyen de construire des temporalités qui préparent cet « après » dont tout le monde parle. En conséquence, les analyses qui prétendent répondre à la situation présente et préparer l’avenir sont en fait des analyses qui étaient toutes constituées avant, depuis la théorie de l’état d’exception et la critique de la société de contrôle et du totalitarisme des Big Data jusqu’à la nécessité de repenser de fond en comble les rapports de l’humain et du non-humain. Ce que le confinement révèle plus clairement que jamais c’est cette distribution bien réglée des rôles entre des gouvernants qui ont réduit le temps de la politique à l’urgence et fait de cette urgence leur métier à la petite semaine, et des intellectuels qui placent toute situation dans le temps multiséculaire du Capital ou de l’anthropocène et ne connaissent qu’une seule manière efficace d’y intervenir, à savoir le « retournement » radical de ce temps. Ce face-à-face peut durer indéfiniment. Le cours des choses ne change jamais que par l’action de ceux et celles qui travaillent le temps : ceux et celles qui font vivre quotidiennement nos sociétés en donnant les réponses qu’il faut donner à tout moment ; ceux et celles aussi qui, de temps en temps, envahissent les places, les rues ou les ronds-points pour suspendre l’ordre normal des travaux et des jours et inventer d’autres usages du temps. Tout le reste est imposture.

    #Jacques_Rancière #crise_sanitaire #capitalisme #politique

    https://seenthis.net/messages/850685 via colporteur


  • La moitié des salariés du Monde plus pauvres sous COVID-19.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3813

    Ecouter l’article. À cause de la pandémie qui n’épargne aucun pays du Monde, les revenus de nombreuses familles se sont effondrés. Et pour d’autres, plus gravement, ils ont disparu. Alors que pour ces cellules fondamentales à la société, qui n’avaient aucune économie de côté afin d’en disposer en cas de situation d’urgence, elles se sont trouvées livrées à une paupérisation extrême. L’ONU a déjà, de son côté, averti que la moitié des travailleurs du monde risquent de voir leurs moyens de subsistance (...)

    écologie, planète, mer, sauvegarde, générations futures, avenir, verts, intérêts collectifs, humanité,

    / #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, #chômeurs,_emploi,_social,_syndicat,_revendication,_jeunesse,_travailleurs,_chômage, médecine, sciences, technologie, ADN, vaccin, médicaments, (...)

    #écologie,_planète,_mer,_sauvegarde,_générations_futures,_avenir,_verts,_intérêts_collectifs,_humanité, #médecine,_sciences,_technologie,_ADN,_vaccin,_médicaments,_découvertes
    https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/@dgreports/@dcomm/documents/briefingnote/wcms_743155.pdf


  • La mère de toutes les pandémies
    http://www.medelu.org/La-mere-de-toutes-les-pandemies

    L’irruption et la prolifération incontrôlable d’un simple virus ont déclenché la plus profonde #Crise globale de ces dernières décennies. Se combinant avec la mise à sac de la Planète et avec les agissements d’une finance en folie, cette pandémie pourrait bien faire entrer le monde dans une nouvelle ère. Et pas celle de lendemains qui chantent… Avec la lucidité qu’on lui connaît, Ignacio Ramonet propose une analyse de cette crise, point de convergence du comportement des principales puissances et des pays (...)

    Actualités

    / #COVID-19, Crise, #Surveillance_de_masse, A la Une


  • Pense-bête, 28 avril 2020
    http://www.archyves.net/html/Blog/?p=7940

    Il n’y aura pas d’après viable
    si ce monde reste irrespirable…

    Contre l’union sacrée mortifère,
    reprenons la parole en plein air.

    À la fin des années 70, selon l’adage « En mai, fais ce qu’il te spray », le graffitiste bruxellois Roger Avau avait un aphorisme fétiche qu’il bombait au hasard de ses flâneries : Arrêtez le monde, je veux descendre… L’ayant sans doute vu en photo dans un fanzine, je l’avais recopié mot pour mot au-dessus de mon lit, en écoutant l’album Alertez les bébés d’Higelin. La devise allait bientôt faire des petits dans ma tête, en la rapprochant de celle du film L’An O1 : « On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste » . Et nous y voilà, à l’arrêt, sauf que là c’est malgré nous, via un virus qui nous confine à l’absurde, nous télé-travaille de l’intérieur, renforce les ségrégations urbanistiques, les inégalités de sur-vie. De quoi vacciner la population, se réjouissent nos experts en « distanciation sociale » , cette maladie servira d’antidote contre tout esprit de démobilisation générale, de « grève des gestes inutiles » comme disait l’anarchiste Libertad durant le Belle Époque, sinon d’un farniente à temps choisi, décidé d’un commun accord anti-productiviste pour mieux se répartir les tâches entre bonnes volontés coopératives, sans carottes ni bâtons, ni gâchis ni profit.

    Pris en étau par le chantage ultra-binaire de nos gouvernants (de drauche & groite confondus) – stopper la pandémie vs relancer l’économie –, nous ne sommes plus confrontés qu’à des doubles injonctions culpabilisantes : ne plus sortir pour s’en sortir du côté des télé-employés et bosser en-deçà du minimum sanitaire quand on est au bas de l’échelle salariale, ou pire encore, pointer aux banques alimentaires bien qu’on soit déjà en déficit immunitaire chronique, etc. Tous les ministres et DRH qui depuis des décennies ont mis à sec les précaires pour renflouer les actionnaires, coupé les fonds de l’hôpital public pour préserver les fric des rentiers, mis en coupe réglée le droit du travail pour mieux fournir aux Big Uber Brothers une main d’œuvre corvéable au doigt et à l’œil, sous prétexte d’auto-entreprenariat, vont bientôt nous déconfiner au compte-goutte, une fois les mômes renvoyés à un simulacre de halte-garderie, et puis viendra le temps de rembourser la dette, et de courber l’échine sous la trique austéritaire. On connaît la musique – la « stratégie du choc » – : après les appels martiaux à la « guerre contre un ennemi invisible » , d’autres métaphores officielles nous contraindront à remplir nos devoirs de citoyens pour « retrousser nos manches » , « bosser plus dur en touchant moins » et arrêter de « vivre au-dessus de nos moyens » , comme on l’a tant répété aux Grecs à bout de souffle déjà il y a une douzaine d’années.

    À Montreuil
    http://www.archyves.net/html/Blog/wp-content/uploads/2020/04/20-04-24-GRAFFITI-Montreuil-rueParmentier-1photoYP.jpg

    #covid-19 #crise_sanitaire #travail #économie #police

    https://seenthis.net/messages/848579 via colporteur


  • Cinquantenaire du jour de la Terre en plein COVID-19.
    https://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3806

    Ecouter l’article. Le seul pilier de l’économie mondiale moderne : « la libre entreprise » est finalement une cochonnerie, qu’il faut inéluctablement dépassée, que cela agace les fervents fanatiques du capitalisme. Le coronavirus n’est pas uniquement sanitaire à laquelle s’est confrontée l’humanité. C’est aussi une légende scientifique qui s’écrit sur le marbre angulaire de la protection de l’avenir climatique, qui est tributaire des décisions. Elle coïncide avec le cinquantenaire du "Jour de la (...)

    écologie, planète, mer, sauvegarde, générations futures, avenir, verts, intérêts collectifs, humanité,

    / #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, #Sports,_Ecologie,_environnement,_nature,_animaux, calamités naturelles, séisme, (...)

    #écologie,_planète,_mer,_sauvegarde,_générations_futures,_avenir,_verts,_intérêts_collectifs,_humanité, #calamités_naturelles,_séisme,_tsunami


  • Cinquantenaire du jour de la Terre en plein COVID-19.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3806

    Ecouter l’article. Le seul pilier de l’économie mondiale moderne : « la libre entreprise » est finalement une cochonnerie, qu’il faut inéluctablement dépassée, que cela agace les fervents fanatiques du capitalisme. Le coronavirus n’est pas uniquement sanitaire à laquelle s’est confrontée l’humanité. C’est aussi une légende scientifique qui s’écrit sur le marbre angulaire de la protection de l’avenir climatique, qui est tributaire des décisions. Elle coïncide avec le cinquantenaire du "Jour de la (...)

    écologie, planète, mer, sauvegarde, générations futures, avenir, verts, intérêts collectifs, humanité,

    / #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, #Sports,_Ecologie,_environnement,_nature,_animaux, calamités naturelles, séisme, (...)

    #écologie,_planète,_mer,_sauvegarde,_générations_futures,_avenir,_verts,_intérêts_collectifs,_humanité, #calamités_naturelles,_séisme,_tsunami


  • Il faudrait dire la vérité : une étudiante en médecine face au Covid – L’Avventura, le blog scientifique de Fiamma Luzzati
    https://www.lemonde.fr/blog/lavventura/2020/04/23/il-faudrait-dire-la-verite-une-etudiante-en-medecine-face-au-covid
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/04/f164b225-coronavirus-etudiant-0.jpg
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/04/c2c0412b-coronavirus-etudiant-1.jpg
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/04/23d9e3f8-coronavirus-etudiant-2.jpg
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/04/409ab803-coronavirus-etudiant-3.jpg
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/04/21ac4c13-coronavirus-etudiant-4.jpg
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/04/9c192928-coronavirus-etudiant-5.jpg
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/04/74b7b4fa-coronavirus-etudiant-6.jpg
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/04/4cbf3abf-coronavirus-etudiant-7.jpg
    https://asset.lemde.fr/prd-blogs/2020/04/5265eba7-coronavirus-etudiant-8.jpg

    Maïa est en troisième année de médecine, quand la pandémie de Covid 19 explose, elle répond à l’appel du doyen de sa faculté et va prêter main-forte à l’hôpital. Elle se retrouve à faire les gardes de nuit en tant qu’aide-soignante, une expérience riche et difficile qui va changer sa vie. Je remercie Pablo, Adèle et Ymai, étudiants en médecine, qui m’ont inspiré ce récit.

    L’ AUTEUR DE L’ AVVENTURA
    Je suis un auteur de bandes dessinées indépendant et pas une journaliste du Monde, si ce blog vous plaît, partagez-le ! Vous pouvez me suivre sur Twitter, Facebook, Instagram, Linkedin . La femme qui prenait son mari pour un chapeau est mon dernier livre (disponible sur https://www.lalibrairie.com qui paie ses impôts et livre à domicile même pendant le confinement parce que le livre est un bien de première nécessité !

    Enfermer 10h les 150 plus hauts dirigeants du pays en condition d’exam et sans accès à aucune source avec pour consigne de rédiger quelque chose sur « La #crise_sanitaire, le #soin et le #dire_vrai » ; jury populaire, les recalés sont envoyés en stage à la charge de leur famille à la désinfection des transports en commun 6h par jour (restons magnanimes) jusqu’à la fin de la pandémie.

    #BD #récit #hôpital #élève #aide_soignante #vérité

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  • Allô Pénicaud ? Des travailleur·euses meurent du Covid-19, entretien avec Matthieu Lépine, recenseur des accidents du travail, par Mickaël Correia | jef klak
    https://www.jefklak.org/allo-penicaud-des-travailleur%C2%B7euses-meurent-du-covid-19
    https://www.jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2020/04/Une_Allo_Penicaud_SiteJK.jpg

    Depuis janvier 2019, le compte Twitter « Accident du travail : silence des ouvriers meurent » recense quotidiennement les accidents graves ou mortels du travail. Derrière cette tâche de longue haleine se cache Matthieu Lépine, professeur d’histoire-géographie dans un collège de Montreuil (93). Depuis le début du confinement, il répertorie et cartographie les salarié·es qui meurent du coronavirus après l’avoir contracté assurément ou très probablement au travail. L’objectif ? Mettre en lumière les victimes derrière l’anonymat de ces chiffres et dénoncer l’impact des politiques gouvernementales sur les travailleur·euses les plus précaires. Entretien.

    Qu’est-ce qui t’a amené à te pencher sur les accidents mortels au travail ?

    Au départ, je n’ai pas de connaissances spécifiques en termes d’accidents du travail. Mais tout a basculé en janvier 2016, lorsque Emmanuel Macron, alors ministre en charge de l’économie, a affirmé qu’un entrepreneur « prend des risques », que « la vie d’un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d’un salarié. », et qu’« il peut tout perdre, lui ». Ce petit « lui » m’a vraiment interpellé, comme si un·e salarié·e ne prenait aucun risque et qu’iel ne pouvait pas tout perdre, notamment sa vie.

    J’ai commencé dès lors à recenser plus ou moins régulièrement sur mon blog les différents accidents du travail. Une tâche fastidieuse qui m’a permis de découvrir l’ampleur du phénomène. En janvier 2019, j’ai décidé d’ouvrir un compte Twitter, « Accident du travail : silence des ouvriers meurent », pour effectuer un recensement quotidien des accidents en France. Je venais d’être profondément marqué, à quelques jours d’intervalle, par l’histoire de deux victimes.

    Le 3 janvier, Michel Brahim, un ouvrier de 68 ans, est mort en tombant du toit de la préfecture de Versailles. Deux semaines plus tard, Franck Page, un livreur à vélo d’Uber Eats, décédait après avoir été percuté par un camion à Pessac. C’était un étudiant d’à peine 18 ans… Il y avait là deux cas extrêmes : un jeune et une personne âgée qui étaient obligés de travailler car l’un avait une bourse d’études insuffisante et l’autre une trop petite retraite. Qui plus est, tous deux étaient auto-entrepreneurs : les personnes qui les ont fait travailler ont donc pu être dédouanées de toute responsabilité.

    Nous étions alors en plein mouvement des gilets jaunes, et le journaliste David Dufresne recensait les violences policières avec son fameux « Allô place Beauvau ». J’ai décidé de faire le même type de signalement en interpellant directement la ministre du Travail : « Allô Muriel Pénicaud ? ».

    Le compte Twitter est vite monté en audience et dénombre aujourd’hui plus de 22 000 abonné·es. En janvier dernier, après un an de recensement, j’ai comptabilisé au total 412 mort·es au travail, 644 blessé·es graves et effectué 861 signalements à Muriel Pénicaud.

    Le compte
    https://twitter.com/DuAccident

    #travail #accidents_du_travail et aussi #crise_sanitaire

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  • Coronavirus : l’aide alimentaire confrontée à l’arrivée de nouveaux publics
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/22/coronavirus-l-aide-alimentaire-confrontee-a-l-arrivee-de-nouveaux-publics_60
    https://img.lemde.fr/2020/04/20/929/0/5568/2784/1440/720/60/0/578f0d0_SDN3ktmM8FC-kYJ6hXqRAhot.jpg
    Distribution d’aide alimentaire organisée par une association de voisins à la cité Maison Blanche, à Marseille, le 31 mars. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

    Alors que certains de leurs sites sont fermés en raison du confinement, les associations doivent prendre en charge davantage de monde, étudiants précaires ou habitants sans ressources.

    Vingt-deux heures, à Montreuil (Seine-Saint-denis), dans une rue déserte pour cause de confinement, un homme frappe au carreau d’un appartement : « J’ai ouvert et il s’agissait d’un sans-abri qui m’a dit avoir faim, à qui j’ai donné des pommes, du chocolat et 10 euros. C’était la première fois que je me retrouvais en face d’une personne affamée » , raconte Jean-Yves Marinière, retraité de la RATP, qui en a pourtant vu d’autres.

    A Gagny, dans le même département, une institutrice, qui souhaite rester anonyme, explique qu’elle a cherché à prendre contact avec l’un de ses élèves et découvert que la famille manquait de tout, y compris de quoi manger. Elle a sollicité ses réseaux et le voisinage pour leur venir en aide.

    S’adapter et innover [troncature neutralisante : la dame dit plus bas : « ... aux institutions de... » ndc]

    A Toulouse, dans le quartier défavorisé de Bellefontaine, Omar, 40 ans, ouvrier du bâtiment privé de chantier, qui souhaite conserver l’anonymat, a déjà, avec son collectif d’habitants Les Invisibles, organisé deux distributions alimentaires pour une centaine de familles « repérées par leurs voisins et le bouche-à-oreille , explique-t-il. Mais notre collectif n’est pas agréé pour accéder à la Banque alimentaire, donc on a dû se débrouiller pour collecter des denrées auprès des commerces du coin. La ville a mis un local à disposition et on a suivi une formation d’hygiène pour faire cela dans les règles, à deux équipes de cinq personnes » .

    Malgré le maillage efficace des grandes associations humanitaires, certains publics et lieux ne sont pas dans les radars… qui plus est en temps de confinement. « A Bellefontaine interviennent d’ordinaire 94 associations, mais leurs bénévoles ne sont en général pas du quartier et dès que le confinement est entré en vigueur elles ont presque toutes arrêté leurs activités. Il n’en reste que deux ou trois » , observe Lina Duprat, de la régie de quartier, restée, elle, sur le terrain pour rendre mille services, par exemple imprimer des attestations, distribuées dans les boîtes aux lettres, et donner un coup de main aux Invisibles.

    « Plus de foot, plus de loisirs, tout a fermé sauf le soutien scolaire, déplore Omar. Et surtout, plus de boulot pour les femmes de ménage, les agents de sécurité ou les intérimaires, ni de cantine pour les enfants. La Poste, seule banque présente dans ces quartiers, n’ouvre qu’entre 9 heures et 13 heures et la file d’attente dépasse 200 mètres, ce qui a, une fois, provoqué une altercation à l’approche de la fermeture » , se souvient-il.

    « Il faut tenir compte des spécificités de cette population vivant dans les cités, très solidaire mais parfois méfiante envers les autorités, et très démunie en informatique et en liaison Internet dont le besoin redouble par temps de confinement » , analyse Lina Duprat. « C’est aux institutions de s’adapter et d’innover » , suggère-t-elle.

    « Une crise sociale majeure »

    Les préfectures et les grandes organisations comme l’Armée du salut, le Secours populaire, le Secours catholique ou les Restos du cœur n’oublient pas les personnes vivant en bidonville, campement ou squat, et la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement alimente une banque de données sur tous ces lieux, environ 413 en France, où vivent 19 000 personnes (selon les chiffres de janvier).

    « Mais en Haute-Garonne, par exemple, la préfecture ne recensait que 939 personnes en campement, alors que nous-même en connaissons 1 800 et que le chiffre total est plus proche de 4 000 » , constate Thomas Couderette, du Collectif d’entraide et d’innovation sociale, dont l’alerte a permis d’organiser une aide mieux distribuée.

    Patrice Blanc, président des Restos du cœur, ne cache pas, lui, son inquiétude. Ses 1 400 centres encore ouverts, au lieu de 1 700 habituellement, font face à une affluence sans précédent. A Bordeaux, les flux à chaque distribution alimentaire sont multipliés par cinq, de 80 à 400 personnes ; à Toulouse, par trois, de 100 à 300 personnes, réparties sur deux sites ; à Paris, au Carreau du Temple (3e arrondissement), les Restos du cœur, associés à cinq autres opérateurs, servent chaque jour entre 800 et 1 000 repas…

    « Nous avons, heureusement, pu faire le plein de denrées grâce à la collecte organisée juste avant le confinement, et nous disposons d’un stock de 600 000 masques qui devrait permettre d’assurer l’activité jusqu’en juin, mais allons-nous tenir jusqu’à l’été ?, s’interroge Patrice Blanc. D’autant que le public est de plus en plus nombreux, avec l’apparition de nouvelles catégories : des étudiants qui n’ont plus accès aux restaurants universitaires, des microentrepreneurs sans boulot ni droit à des indemnités de #chômage… Même pour les personnes éligibles à l’assurance-chômage, nous redoutons les nouvelles règles d’indemnisation plus restrictives qui doivent être mises en œuvre le 1er septembre [après avoir été programmées pour le 1er avril]. Nous allons vers une crise sociale majeure » , craint-il.

    Affamés depuis plusieurs jours

    « A Belfort, des étudiants en IUT et en école de commerce viennent nous donner un coup de main en tant que bénévoles mais aussi s’approvisionner, car certains sont très démunis , témoigne Sylvie Feige, responsable départementale des Restos du cœur. Il y a aussi des jeunes en alternance, un jeune maçon, un apprenti cuisinier, qui auraient dû être embauchés le 1er mars et se retrouvent sans rien. »
    A l’université Paris-VIII, une cinquantaine de volontaires, enseignants, étudiants, syndicalistes ont, avec l’aide de l’antenne locale du Secours populaire, organisé le financement et la distribution de colis alimentaires : en à peine trois jours, du 18 au 20 avril, 700 étudiants, dont certains se disant affamés depuis plusieurs jours, ont demandé à en bénéficier.

    « Dans nos permanences, nous rencontrons des personnes qui ne fréquentent pas, d’habitude, les services sociaux , confirme Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. Ils ne perçoivent ni RSA [revenu de solidarité active] ni allocation logement, leurs revenus se situant juste au-dessus des seuils, et beaucoup ont de plus en plus de mal à payer leur loyer. Il faut très vite les aider pour éviter d’accumuler les dettes » , recommande-t-il.

    Dans un communiqué sur les oubliés du confinement daté du 16 avril, le Collectif des associations unies, qui en fédère trente-six parmi les plus importantes, d’Emmaüs à ATD Quart Monde, appelle, pour l’après-confinement, « à des changements profonds pour éviter, à chaque crise ou chaque hiver, de bricoler des solutions palliatives en urgence » et réclame « de s’orienter vers le logement d’abord, d’augmenter les minima sociaux et de faciliter les régularisations administratives » .

    #crise_sanitaire #faim #aide_alimentaire #solidarité #entraide #droit_au_chômage #pauvreté #précaires

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  • Coronavirus : le Conseil d’Etat demande une « vigilance particulière » avec les épandages agricoles, Stéphane Mandard
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/20/coronavirus-le-conseil-d-etat-demande-une-vigilance-particuliere-avec-les-ep

    Les épandages agricoles sont à l’origine de pollution aux particules fines dont des études montrent qu’elles aggravent la mortalité du Covid-19.

    S’appuyant sur plusieurs études scientifiques démontrant le lien de plus en plus solide entre la pollution de l’air et la mortalité du Covid-19, l’association Respire et son avocate, Corinne Lepage, avaient demandé en référé au Conseil d’Etat d’enjoindre au gouvernement de prendre toutes les mesures pour limiter les sources de pollution, en particulier les épandages agricoles (lisiers, engrais). Dans une ordonnance rendue lundi 20 avril, le juge des référés du Conseil d’Etat rejette la requête de l’association spécialisée dans la préservation de la qualité de l’air.

    La haute juridiction encourage toutefois l’administration à « faire preuve d’une vigilance particulière dans le contexte actuel d’état d’urgence sanitaire, en veillant à ce que soient prises, au besoin préventivement en cas de menace avérée de franchissement des seuils, des mesures propres à éviter la survenue ou au moins à réduire la durée des épisodes de franchissement des seuils, notamment en limitant les pratiques agricoles polluantes, l’activité agricole demeurant, en raison de la très forte diminution des pollutions liées à l’industrie et aux transports, la principale source d’origine humaine d’émission de particules avec celle provenant du secteur résidentiel, à plus forte raison dans la période actuelle d’épandage » .

    Pics de pollution printaniers

    Malgré une baisse historique de la pollution liée aux émissions d’oxydes d’azote (principalement dues au trafic routier et aux activités industrielles), la pollution aux particules fines, les plus dangereuses car elles pénètrent plus profondément les voies respiratoires, n’a en effet pas disparu avec le confinement. Des pics (avec des dépassements des normes) ont même été constatés fin mars en Ile-de-France ou dans le Grand-Est, les deux régions les plus touchées par le coronavirus. Selon Atmo-France, la fédération des organismes de surveillance de la qualité de l’air, qui doit publier, mardi 21 avril, un nouveau bilan, ces épisodes de pollution printaniers sont notamment dus aux épandages agricoles. Le mécanisme est bien connu : lors des épandages de lisier, de l’ammoniac est libéré qui va favoriser la formation de particules fines.

    « Ces particules fines [PM 2,5, de diamètre inférieur à 2,5 micromètres] abîment les muqueuses des voies respiratoires et du poumon, ce qui fait pénétrer plus facilement les virus au fond des voies aériennes » , explique Isabella Annesi-Maesano, directrice du département d’épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires de l’Inserm et membre du collectif Air-Santé-Climat. Regroupant une dizaine de médecins et chercheurs, le collectif avait également interpellé les préfets pour leur demander de « limiter drastiquement les épandages agricoles, afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus » . En vain
    .
    Une hausse de seulement 1 μg/m3 de particules fines dans l’air est associée à une augmentation de 15 % de la mortalité du Covid-19
    L’association Respire avait de solides arguments. Plusieurs publications scientifiques montrent que la pollution de l’air est un facteur aggravant des impacts sanitaires du coronavirus. La dernière en date, publiée le 7 avril par des chercheurs de l’université Harvard, aux Etats-Unis, établit un lien entre pollution de l’air et létalité du Covid-19. A partir de l’analyse des données d’environ trois mille comtés américains, ils concluent qu’ « une légère augmentation de l’exposition à long terme [dix à quinze ans] aux particules fines PM2,5 entraîne une forte augmentation du taux de mortalité par Covid-19 » . Ainsi, une hausse de seulement 1 μg/m3 de particules fines dans l’air est associée à une augmentation de 15 % de la mortalité du Covid-19.

    Une étude italienne, publiée le 17 mars, par la Société italienne de médecine environnementale, montrait aussi une corrélation entre les niveaux de pollution élevés en Lombardie et le nombre important de victimes du coronavirus. Et, en 2003 déjà, une étude publiée dans la revue scientifique de santé publique Environmental Health et consacrée au SRAS montrait que les patients chinois vivant dans des zones fortement polluées avaient deux fois plus de risques de mourir du SRAS que ceux des régions peu polluées.

    Le Conseil d’Etat fait valoir que ces études ne concernent pas explicitement les épandages. Il estime surtout que l’Etat a appliqué l’arrêté de 2016 permettant aux préfets de prendre des mesures pour réduire la pollution lors des pics. Ainsi, du 25 septembre 2017 au 15 avril 2020, 237 arrêtés préfectoraux mettant en place des mesures prévues dans le cadre d’un dépassement des seuils de pollution ont été pris, dont 227 comportaient des mesures relatives aux pratiques agricoles, selon l’ordonnance du juge des référés.

    « Principe de précaution »

    « Je suis très surprise par ce chiffre. A ma connaissance, il n’y a jamais eu d’arrêté de pris pour réduire les épandages » , indique au Monde Corinne Lepage. L’ancienne ministre de l’écologie se dit à la fois « déçue » par cette décision et « pas surprise » . « On sent bien l’embarras du Conseil d’Etat, qui demande au gouvernement d’appliquer des mesures contre la pollution de manière rigoureuse et préventive, car, aujourd’hui, ce n’est absolument pas le cas » , estime l’avocate.

    Pour le président de Respire, Olivier Blond, « il est criminel de ne pas mettre en œuvre tous les moyens dont nous disposons contre le virus. Or, lutter contre la pollution de l’air en fait partie. Et il est bien évidemment trop tard d’attendre les pics pour agir, d’autant que les épandages vont se poursuivre et que les effets de la pollution sur la pandémie se font sentir même en dessous des seuils légaux dont la réglementation ne prend pas en compte les PM2,5 » . M. Blond regrette que le Conseil d’Etat ne fasse pas « respecter le principe de précaution » .

    Le gouvernement, dont seul le ministère de l’agriculture avait répondu au référé de l’association, n’a pas réagi à la décision du Conseil d’Etat. Mme Lepage prévoit, elle, de se retourner de nouveau dans les prochains jours devant la haute juridiction. Il s’agira, cette fois, de dénoncer, avec le collectif des maires antipesticides, les épandages de pesticides qui continuent à proximité immédiate des habitations malgré le confinement.

    #crise_sanitaire #particules_fines #agriculture #conseil_d'État

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  • « On n’a pas fait une médecine de guerre, on a fait une médecine de pénurie » – ACTA
    https://acta.zone/on-na-pas-fait-une-medecine-de-guerre-on-a-fait-une-medecine-de-penurie

    Exacerbations des inégalités de santé avec un taux de mortalité surélevé dans le 93, pénurie structurelle de moyens comme aboutissement de vingt ans de restructurations de l’hôpital, aveuglement politique même au cœur de la crise. Mais aussi solidarités collectives, auto-organisation des soignants, conscience que le changement ne pourra venir que par la lutte … Nous avons rencontré Yasmina, infirmière à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis.

    Tu peux nous décrire ton quotidien, dans quelle structure tu es et comment se passe ton travail dans la période actuelle ?

    Je m’appelle Yasmina, je suis infirmière à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis, au service d’urgence adulte. J’y travaille depuis bientôt quatre ans et depuis quatre ans mon quotidien a beaucoup changé en termes de conditions de travail, et ça c’est accéléré depuis le début de la crise du Covid. Au début il y a eu une espèce de sidération parmi les hospitaliers et les collègues, quand on a commencé à voir ce qu’il se passait en Chine, puis progressivement quand ça se rapprochait avec la situation en Italie. Il y a eu tout un discours politique pour dire que le système de santé italien était quand même moins bon et qu’il n’arrivait pas à faire face. Là-dessus, je pense qu’on a été assez clair dès le départ en disant qu’on ne ferait pas mieux. Quand on voyait les difficultés très importantes notamment sur les respirateurs et les places en réanimation, on a commencé à se dire « comment ça va se passer chez nous ? », en sachant que la parole gouvernementale n’était pas très claire. On n’a pas été beaucoup mieux informés que vous au départ sur cette crise et les patients commençant à arriver progressivement, un certain nombre de protocoles ont été mis en place. Début mars surtout, notre hôpital est passé en « plan blanc élargi », un plan de crise qui a permis qu’on n’accueille plus les patients considérés comme du « non-urgent », pour pouvoir dégager à la fois du personnel et des lits pour des patients Covid. On a fermé ce qu’on appelle les consultations et l’hôpital de semaine, mais en les fermant on savait que ça allait forcément poser des problématiques de suivi des pathologies chroniques, que ça allait avoir un impact sur la santé de nos patients. Donc pour nous, en commençant par fermer le « non-urgent », on commençait déjà à rentrer dans le problème. Par ailleurs, on a transformé deux éléments dans l’hôpital : l’unité de soins intensifs pédiatriques et la salle réveil post-opératoire ont été réaménagées en deuxième et en troisième « réa ». On a su assez tôt que le nombre de lits de réanimation allait être compliqué à gérer parce qu’au début de la crise on nous a annoncé une fourchette entre 400 et 1000 patients en « réa » pour le Covid et il y avait 1250 places de réanimation au maximum en Ile-de-France. Au tout début, on ne gardait pas les patients, on les détectait dans nos hôpitaux et on les renvoyait à Paris. On devait appeler les hôpitaux parisiens pour « valider » nos suspicions Covid et pour avoir le droit de tester le patient parce que les critères étaient restreints alors qu’on voyait des patients qui avaient des symptômes évocateurs. Ceux qui avaient été en contact avec un Covid avéré ou ayant voyagé dans les zones à risques étaient considérés comme Covid, les autres non, mais en même temps on savait que le virus commençait déjà probablement à circuler dans le pays. Il y a eu une période de flottement pendant laquelle on ne comprenait pas trop.

    Quand tu parles de cette période, c’est avant le confinement ?

    Oui, au moment du confinement c’est là qu’on a vraiment fermé des lits et qu’on s’est transformé en hôpital Covid, le jour de la première annonce de Macron [le jeudi 12 mars]. On a commencé par recevoir des patients assez graves donc ça nous a mis une petite claque, surtout des patients qui n’étaient pas si vieux, souvent avec des comorbidités associées qui peuvent favoriser le développement d’un Covid grave. Progressivement, on n’a plus reçu de patients hors-Covid, avec la grande question de « qu’est-ce que ces gens-là deviennent ? » parce que les AVC et les infarctus continuent d’exister. Après, c’est devenu 99,9% de patients Covid jusqu’à maintenant [entretien réalisé le mardi 14 avril] où les autres patients ne sont pas encore revenus, ou alors au compte-goutte. Entre-temps, on a connu trois semaines de véritable enfer dans le 93 avec bien dix jours sans places en réanimation. Ça a été très dur à vivre et à gérer. Il a fallu faire des choix, il a fallu gérer comme on pouvait et on ne pouvait pas transférer rapidement des gens parce qu’on était déjà en sous-effectif au sein même de notre service, alors qu’on était en « plan blanc » et qu’on était censé être dans une situation sanitaire exceptionnelle. Le Covid, c’est une crise sanitaire qui arrive au milieu de ce qu’on pouvait déjà considérer comme une crise sanitaire, qui percute une crise déjà établie au sein de l’hôpital public. Les problématiques qu’on avait avant se démultiplient maintenant. Par exemple, beaucoup de collègues ont été contaminés dès le départ, du coup le sous-effectif était aussi lié à ça, on est rentré dans un cercle vicieux. Maintenant, les collègues commencent à revenir, on a baissé notre activité, ça va beaucoup mieux chez nous, ça va moins bien dans les services de gériatrie, ça va moins bien dans le reste de l’hôpital, mais aux urgences ça s’est vraiment apaisé.

    #soin #travail #crise_sanitaire #pénurie #médecine_de_pénurie

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  • Coronavirus : Emmanuel Macron en première ligne face à l’opinion
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/12/covid-19-emmanuel-macron-en-premiere-ligne-face-a-l-opinion_6036391_823448.h
    Photo du pet de la nation avec masque, main dressée, « lors de sa visite d’un centre médical à Pantin (Seine-Saint-Denis ), le 7 avril »

    Lundi, le président s’adressera une nouvelle fois aux Français et pourrait annoncer une prolongation du confinement d’ « un mois minimum » , selon un conseiller de l’exécutif.

    Depuis le début de la crise du coronavirus, un rituel est en passe de s’installer dans le quotidien des Français : s’asseoir devant sa télévision pour écouter parler Emmanuel Macron. Le soir de sa première allocution consacrée à l’épidémie, le 12 mars, 25 millions de téléspectateurs étaient massés devant leur poste. Pour la deuxième, quatre jours plus tard, 35 millions de personnes − près d’un Français sur deux − étaient cette fois à l’écoute. Un record d’audience absolu. De quoi réjouir un homme qui ne conçoit l’exercice de sa fonction que dans une dimension verticale, « jupitérienne », selon son expression, utilisée pour critiquer et se différencier de François Hollande. Un rôle assumé de « père de la nation », dixit un proche. « Emmanuel Macron considère que la fonction de président est une fonction paternante, qu’il faut accepter comme telle, quand bien même on a toujours envie de tuer le père » , assure un autre. Depuis le début de la crise, M. Macron n’a de cesse que de vanter le concept de « France unie », comme François Mitterrand lors de sa campagne présidentielle de 1988 ; le socialiste avait alors été réélu triomphalement. Le rendez-vous donné aux Français, lundi 13 avril, pour une nouvelle allocution, représente une occasion de plus d’essayer de se couler dans le moule.
    Selon son entourage, le président de la République doit profiter de cette adresse pour fixer « un cap et un horizon : mettre en perspective, nous projeter, mais sans démobiliser sur le confinement, au moment où il commence à produire ses effets » . Samedi 11 avril au soir, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a annoncé que le nombre de patients en réanimation a diminué pour le troisième jour d’affilée. De quoi permettre, en théorie, de desserrer − un peu − l’étau. Néanmoins, Emmanuel Macron compte annoncer une prolongation du confinement au-delà du 15 avril, et pourrait dessiner une perspective de fin. « Ce serait dans l’ordre des choses que le chef de l’Etat soit plus précis sur la durée du confinement », assure un proche. Selon un conseiller de l’exécutif, il est « assez probable » que la durée de cette prolongation soit d’« un mois minimum ».

    Se poserait alors la question de la réouverture des écoles, ou bien des frontières, à plus ou moins long terme. Pas question pour autant de provoquer un relâchement des Français, alors que l’exécutif dit craindre une deuxième vague de l’épidémie. « Le président est concentré sur la crise. Le cœur de son discours, c’est la stratégie, les résultats. Pourquoi on est confinés et pourquoi il faut continuer », explique un conseiller, quand un dirigeant de la majorité estime que « son rôle, c’est de dessiner un horizon, de faire monter les consciences de la dureté de la période ». « Il n’y aura pas le jour d’après. Il y aura des jours après » , prévient un macroniste influent.

    Il bouge partout et parle souvent

    Au cours de ses précédentes interventions, le chef de l’Etat s’est emparé de cette crise pour amorcer un virage dans son quinquennat, directement inspiré du slogan des partisans du Brexit au Royaume-Uni : « Reprendre le contrôle. » « De son point de vue, il est clair aujourd’hui − c’est ce que disaient les “gilets jaunes” − que les Français sont dépossédés de leur pays et d’une part de maîtrise de leur destin, estime un habitué de l’Elysée. L’enjeu, c’est de renouer avec une France souveraine dans une Europe souveraine. De redéfinir les formes d’un nouvel Etat-providence, qui soit protecteur, sur quatre points : ordre, justice, écologie et santé. »

    « Il y a une hésitation, chez Macron, qui porte un double registre de disruption et de protection » , note un député de la majorité
    Cette posture vient brouiller l’identité politique de l’ancien ministre de l’économie, chantre de l’émancipation individuelle, de la « société ouverte » et promoteur de l’échelon européen comme remède aux problèmes nationaux. « Vous ne changez pas tout d’un coup d’image. Après trois ans de pouvoir, elle est structurée, figée , rappelle Bernard Sananès, président de l’institut de sondages Elabe. Cette figure du président protecteur, ce n’est pas ce qu’il incarnait en premier. Les adjectifs positifs qui lui sont accolés sont “dynamique” et “courageux”. Il incarne la conquête plus que la protection. » L’intéressé, néanmoins, n’a jamais voulu choisir entre ces deux items. « Votre façon de faire la guerre est déterminée par ce que vous défendez. En l’occurrence, il y a une hésitation très profonde chez Macron, qui porte un double registre de disruption et de protection, note un député de la majorité. Il passe de la disruption absolue, en janvier, sur la réforme des retraites, à la protection absolue aujourd’hui. Ça crée un petit choc. »

    Depuis le début de la crise, Emmanuel Macron n’est pas figé en son palais. Il bouge partout, et parle souvent. Un jour dans le Maine-et-Loire pour visiter une usine de production de masques. Un autre à Marseille pour rencontrer le microbiologiste Didier Raoult. « Emmanuel Macron sait parler comme un père de la nation s’il le veut : il connaît l’histoire, les lettres… Mais il a tendance à vouloir tout faire lui-même, regrette un “marcheur” de la première heure. Il faudrait qu’il arrête de nous expliquer comment mettre des masques, ce n’est pas de son niveau. » « Le président est élu au suffrage universel direct, il y a une relation particulière entre ses concitoyens et lui. Il est normal qu’il soit à leurs côtés dans les semaines que nous vivons », juge au contraire la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

    Pas d’union nationale

    Dans cette séquence, Emmanuel Macron entend utiliser toutes les cartes qui lui sont offertes pour camper ce rôle. Selon son entourage, le chef de l’Etat doit diffuser un message vidéo de remerciements, mercredi 15 avril, aux personnes impliquées dans la reconstruction de Notre-Dame de Paris, un an jour pour jour après l’incendie de la cathédrale. Il avait envisagé, dans un premier temps, de les recevoir à l’Elysée. Quoi de mieux que l’évocation d’un édifice quasi millénaire pour tenter de faire corps avec le pays ? « Les mots nation, drapeau, patrie, ne sont pas des gros mots » , défend un proche.

    En 2019, déjà, le chef de l’Etat vantait dans certains discours « l’art d’être français ». « Il est dans le rôle que sa fonction le conduit à endosser, mais cela pose, quoi qu’il en dise, la question de son rapport à la nation , estime l’historien Olivier Dard. Emmanuel Macron ne s’est pas construit sur une logique nationale. Il essaye d’y revenir parce qu’il y a une demande d’Etat, de nation, et on ne voit d’ailleurs pas ça qu’en France. Mais comment articuler la défense de la nation et un discours consistant à dire qu’il faut encore plus d’Europe ? » « La souveraineté européenne qu’il promeut est un concept radical, qui suppose un Etat fédéral si les mots ont un sens » , soupire un élu.

    Moment d’ordinaire fédérateur, la crise n’a pas permis, pour l’heure, à Emmanuel Macron de réaliser l’union nationale. Comme celle de François Hollande après les attentats, sa cote de popularité remonte dans de nombreux sondages, mais les Français doutent aussi. Selon Elabe, 59 % des sondés lui faisaient confiance, le 13 mars, pour lutter contre l’épidémie ; ils ne sont plus que 43 % aujourd’hui. « La confiance avant la crise était altérée de manière forte et durable, au point de devenir une hostilité chez certains. Cette hostilité ne peut pas se transformer , souligne Bernard Sananès. Il n’y a pas de déplacement des frontières politiques dans la confiance au président de la République, qui reste dans ses zones de force électorales. Tout est clivé. »

    Une situation dont la Macronie se montre consciente. « Je ne connais pas de crise dont les gouvernants sortent indemnes » , souffle un visiteur du soir d’Emmanuel Macron. Le mal est mondial, néanmoins, répète-t-on au sein de l’exécutif, comme pour diluer les reproches. « Je serais très intéressé de connaître les pays qui avaient été très bien préparés à cette pandémie », grince un intime du chef de l’Etat. Ce qui n’empêchera pas le président de devoir affronter les critiques à plus ou moins brève échéance. A cette occasion, lui et ses proches espèrent ne surtout pas voir se confirmer les intuitions de Jean de La Fontaine. Dans la fable Les Animaux malades de la peste, le lion prévient que toute épidémie a son bouc émissaire. « Que le plus coupable de nous/Se sacrifie aux traits du céleste courroux/Peut-être il obtiendra la guérison commune. »

    #crise_sanitaire #communication

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  • Technologies de #crise, mais avec la démocratie
    https://framablog.org/2020/04/10/technologies-de-crise-mais-avec-la-democratie

    Le scénario d’une accentuation dramatique de la surveillance de masse est déjà sur la table, il suffit de jeter un œil à l’actualité planétaire de la #pandémie pour s’en rendre compte. Pistage des déplacements géolocalisés, reconnaissance faciale, restriction des droits … Lire la suite­­

    #Droits_numériques #Internet_et_société #Libertés_Numériques #Non_classé #COVID-19 #Democratie #Sante #SIAD #technologues #ViePrivee


  • Les agriculteurs isérois lancent un appel à venir travailler dans les exploitations

    En #Isère comme partout en #France, la FNSEA, l’Anefa et la #start-up #Wizifarm incitent les personnes sans emploi à s’inscrire sur la plateforme « Des bras pour nos assiettes » (https://desbraspourtonassiette.wizi.farm) pour proposer leurs services aux agriculteurs en manque de main-d’œuvre sur fond de #crise_sanitaire.

    « L’#agriculture a besoin de #bras pour vos assiettes. » Tel est le cri lancé au niveau national par certains acteurs du monde agricole : la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), l’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa) et la start-up Wizifarm. Un appel relayé en Isère par la FDSEA, visant à « limiter les impacts de la crise du Coronavirus sur la production agricole ». Il s’agit ainsi pour les agriculteurs de maintenir ou d’augmenter leur production et d’assurer la sécurité sanitaire de leurs salariés, tout en absorbant la « hausse sensible » de l’absentéisme.

    https://www.placegrenet.fr/wp-content/uploads/2019/08/agriculture.jpg

    C’est pourquoi Wizifarm a lancé la plateforme « Des bras pour nos assiettes », qui incite les personnes désirant travailler dans l’agriculture à postuler et les agriculteurs en manque de main-d’œuvre à le signaler. Le tout suivi d’une mise en relation entre l’internaute qui propose ses services et l’employeur potentiel, selon les profils, les types de compétences et le positionnement géographique de chacun.

    « Une volonté forte de participation à cet effort national »

    « De nombreuses démarches individuelles ou d’entreprises démontrent d’ores et déjà une volonté forte de participation à cet effort national », notent les partenaires, non sans saluer « un signe réconfortant pour la profession agricole ». Plusieurs dizaines de milliers de personnes se seraient ainsi inscrites en l’espace de quelques heures. Cependant, les chiffres au niveau local, et notamment isérois, ne sont pas encore connus.

    Avec cette initiative, les acteurs agricoles espèrent avant tout mobiliser les personnes actuellement privées d’emploi pour cause de coronavirus et de confinement. Une initiative des agriculteurs d’ailleurs relayée par le gouvernement avec une certaine maladresse en matière de communication, lorsque sa porte-parole Sibeth Ndiaye a pris pour exemple les enseignants qui « ne travaillent pas »… avant de faire son mea culpa.

    La Confédération paysanne dénonce l’opération

    Mais pour la Confédération paysanne, c’est l’ensemble de l’opération qui relève de la bévue. « Cet appel à rejoindre les champs témoigne d’un certain mépris vis-à-vis des savoir-faire paysans et de l’emploi agricole, perçu comme non qualifié », lance le syndicat. Qui attend une amélioration des conditions de travail dans les professions agricoles, et non des travailleurs « considérés comme de simples outils de production ».

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    #coronavirus #covid-19

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  • Le général Lizurey, qui a expulsé la Zad, assiste Édouard Philippe dans la lutte contre le Covid-19
    https://reporterre.net/Le-general-Lizurey-qui-a-expulse-la-Zad-assiste-Edouard-Philippe-dans-la

    « Rien de tel qu’un militaire pour remettre un peu d’ordre dans l’organisation du travail gouvernemental », écrit, en introduction, le journal Le Monde. Selon ses informations, le général Richard Lizurey, a été chargé d’évaluer l’organisation interministérielle de la gestion de crise du Covid-19. Il possède depuis une semaine un bureau à Matignon. « Il est très bon en gestion de crise », a assuré un proche d’Édouard Philippe.

    Depuis 2016, cet ancien directeur général de la gendarmerie nationale a été en première ligne dans la répression des mouvements sociaux et écologistes. Cette nomination vient illustrer la place grandissante que prennent les militaires dans « la guerre contre le coronavirus ».

    En 2018, il avait mené l’évacuation de la Zad de Notre-dame-des-Landes. Une opération militaire qui avait blessé plusieurs centaines de personnes. Un homme avait également eu la main arrachée. À l’époque, le général avait affirmé « regretter cet incident qui malheureusement fait partie des choses qui peuvent arriver ».

    Le général Richard Lizurey a aussi affronté la fronde des Gilets jaunes. À la veille de la manifestation du 8 décembre 2018, il expliquait sur C News : « On n’exclut pas les coups de feu. Nous serons sur leur route et nous les empêcherons de passer. »

    Revenant sur la crise des Gilets jaunes en juin 2019, le général expliquait dans Le Figaro avoir dû transformer la gendarmerie « en termes de formation, d’équipement et de limitation de l’usage de la force. (…) Face à un mouvement spontané, dispersé, imprévisible et une violence accrue, il a fallu nous adapter. Cela a été l’occasion de nous interroger sur notre modèle pour être meilleur encore demain au profit de la sécurité ». D’après lui, la polémique sur un usage disproportionné de la force a été « excessive », car, « au total, le discernement a été à la manœuvre », soulignait-il.

    Autre fait d’arme, Richard Lizurey avait aussi promu Alexandre Benalla au grade de lieutenant-colonel dans la réserve. « C’est une décision personnelle et j’assume », avait- il dit devant le Sénat.

    #crise_sanitaire #medecine_de_guerre #Covid-19

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