#déclassement

  • Comment le #chômage déclasse – Centre d’observation de la société
    http://www.observationsociete.fr/travail/comment-le-chomage-declasse.html
    La véritable finalité du chômage : démolir les conditions de #travail de tous.

    Ces données minimisent de beaucoup l’impact final : dans son étude, l’Insee prend en compte tous les chômeurs de 2016 et observe la situation de ceux qui ont retrouvé un emploi au bout d’un trimestre. Mais seul un cinquième des chômeurs est dans ce cas. Plus le temps passe, plus le prix à payer est grand pour les chômeurs qui doivent faire des concessions de plus en plus grandes et de plus en plus nombreuses : sur le salaire, les conditions de travail, l’éloignement du domicile, etc. Du coup, le taux de chômage pris à un moment donne une image faussée de l’impact du chômage dans la société : la proportion de personnes passées par la case chômage et déclassées ne cesse de s’accroître quand le manque d’emploi dure comme c’est le cas depuis 30 ans. Pour les plus jeunes, l’espoir de retrouver un emploi de meilleure qualité existe. L’impact du déclassement par le chômage est particulièrement fort pour les plus âgés qui ont adopté des modes de vie correspondant à leur ancien emploi (logement, équipements, loisirs, etc.) et, une fois au chômage, qui doivent revenir en arrière en réduisant la toile : déménager, ne plus prendre de congés, dépenser moins, etc. La logique de la loi du marché entre en collision avec celle de la vie en société où les individus ne s’attendent pas à devoir revenir en arrière.

    #régression #déclassement

    https://seenthis.net/messages/655861 via Agnès Maillard


  • « Tu sors de tes études, tu proposes ton énergie, et personne n’en veut » - Libération

    Marion a 29 ans. Après son master communication et gestion de projets culturels, obtenu en 2010 à Sciences-Po Lyon, elle a accepté un poste à temps partiel d’attachée d’élu, où elle s’est ennuyée, puis a enchaîné sur des petits boulots de bureau, de la recherche de financement en auto-entrepreneur pour une association culturelle… tout en continuant sa recherche active d’emploi.

    Elle s’expatrie à Berlin, passe par une start-up de production de textes techniques, à mi-temps et sous une terrible pression à la rentabilité, puis par de longs mois de chômage avec des allocations de misère et des cours de FLE (français langue étrangère) au noir… « Je n’envisageais pas un retour en France dans cette situation d’échec, après trois ans de galère. J’avais sous-estimé la violence de la posture dans laquelle me plaçait la recherche infructueuse d’emploi. Tu sors de tes études, tu proposes ton énergie, et personne n’en veut. C’est annihilant. Je me suis énormément isolée. »

    Elle finit par rentrer en France, choisit Grenoble et retrouve un peu de confiance en elle grâce à une formation proposée par l’Apec (Association pour l’emploi des cadres). Elle trouve un emploi aidé, à temps partiel et 1 100 euros net à Cap Berriat, association d’éducation populaire et d’accompagnement de jeunes porteurs de projets. « Enfin une structure avec laquelle je me sens en accord. » Elle aime son job, espère un CDI prochainement, mais son équilibre est fragile. Son compagnon allemand, bac + 5 en sociologie, n’a trouvé à Grenoble qu’un petit boulot en périscolaire, à 400 euros par mois. Elle n’attend pas grand-chose de la présidentielle. Elle se sent « en décalage générationnel », « en colère » contre « cette société et son système éducatif qui nous dénie la capacité de choisir ce qui est bon pour nous ». Elle ira voter, sans grand intérêt.

    http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/04/11/tu-sors-de-tes-etudes-tu-proposes-ton-energie-et-personne-n-en-veut_15620
    http://md1.libe.com/photo/1012030-claire.jpg?modified_at=1491930373&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600

    #generationY #déclassement #emploi #chômage #précarité #France #société

    https://seenthis.net/messages/588878 via Maude Libellule


  • Philippe Meirieu : Modestes remarques sur le rôle des « pédagogues prétentieux »
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/11/25112016Article636156526083470927.aspx

    Disons-le tout net : alors que de « vrais politiques », réalistes et « en prise avec la grande majorité des Français », ont parfaitement compris que le choix de l’établissement et de son uniforme, les examens d’entrée égrenés à tous les niveaux de l’institution, les sanctions contre les « mauvais parents » et la mise en place d’une #orientation précoce, correspondent parfaitement à la montée d’un #individualisme, que nul, désormais, ne prend le risque de critiquer, les « pédagogues » sont tout simplement aujourd’hui des adeptes du « rapt d’enfants ». Ils sont là, tapis en embuscade, pour tenter d’assigner à l’#École une mission sociale… autant dire pour voler ostensiblement aux parents leur progéniture, pour former, autant que possible, des #citoyens capables de prendre en charge ensemble leur avenir quand, un peu partout, on voudrait simplement les voir « réussir », faire la fierté de leurs parents ébahis, se positionner dans la #hiérarchie sociale pour mettre en échec cette crainte du #déclassement qui tenaille tant de nos concitoyens.
     
    Que des « pédagogues » s’intéressent aux vertus de la mixité sociale, aux effets de l’entraide entre pairs et entre générations, à l’enrichissement que pourrait représenter, pour toutes et tous, des activités dites « manuelles »… que ces mêmes pédagogues veuillent, au-delà de l’indispensable #apprentissage des règles de la langue, donner à chacune et à chacun le goût de l’écrit et l’exigence d’une expression précise et rigoureuse, qu’ils veuillent faire de l’entrée dans la culture non un privilège mais un droit… voilà qui a de quoi inquiéter des politiques dont l’objectif premier reste, semble-t-il, de laisser entendre à chaque parent : « Vous allez enfin pouvoir choisir votre établissement pour vos enfants. Comme vous-mêmes, ils connaîtront les joies subtiles de « l’entre soi ». Votre fils ou votre fille ne risqueront pas de mauvaises fréquentations. Ils seront toujours triés sur le volet et n’auront pas à se préoccuper de ceux et celles qui, accidentés dans leur vie personnelle et sociale, pourraient avoir besoin d’eux. Soyez sereins : au royaume du » développement personnel », on ne leur demandera jamais de s’inscrire dans des collectifs pour faire l’expérience de la #solidarité. L’École de la République va devenir celle des familles, des ghettos et des clans. L’École de la culture pour tous celle de l’excellence pour quelques élus ». (1)

    https://seenthis.net/messages/545835 via Agnès Maillard


  • Cachez ces #femmes que je ne saurais voir… - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Cachez-ces-femmes-que-je-ne

    Que la #mixité des #métiers en général soit un but vers lequel la société doit tendre, nous ne pouvons qu’en convenir. Que les métiers où les femmes sont majoritaires soient très souvent moins attractifs (en termes de reconnaissance sociale et matérielle) c’est un fait. Cependant, tout comme Antoine Compagnon qui déclarait dans Le Figaro que « la féminisation avait achevé de déclasser [le métier de professeur] », ce rapport confond singulièrement la cause et l’effet.

    Ce n’est pas la #féminisation des effectifs qui déclasse les métiers. On peut penser que c’est au contraire le #déclassement social, dû à des raisons concrètes (les conditions matérielles d’exercice : salaires, moyens, nombre d’élèves, affectations) ainsi qu’à des raisons symboliques (manque de reconnaissance par les autorités étatiques) qui provoque, parmi d’autres facteurs, la féminisation des métiers [1].

    https://seenthis.net/messages/537209 via Agnès Maillard