#digital_labor

  • Dans les ateliers de la #modération en continu
    http://www.humanite.fr/de-quoi-cauchemardent-les-nettoyeurs-invisibles-de-la-toile-635868

    Sarah T. Roberts, enseignante et chercheuse aux États-Unis, a rencontré ces travailleurs invisibles, qu’ils soient dans la #Silicon_Valley ou dans des centres d’appels aux #Philippines.

    Certains tentent de trouver un sens à ce qu’ils font et m’ont dit : « Je peux le supporter, je fais cela pour protéger les autres, que vous n’ayez pas à voir toutes ces horreurs. » Mais je n’ai rencontré personne qui se sente bien. Cette #violence rejaillit sur leur #vie_privée, leur sommeil. Certains ont sombré dans l’alcool ou la dépression… On ne connaît pas non plus les effets à long terme de ce travail sur les gens. Et, bien entendu, aucun de ces travailleurs n’est formé, préparé à ce qu’il va devoir regarder au quotidien. Il n’y a aucun suivi, aucune aide. Le pire est qu’ils ne peuvent même pas en parler à leurs proches. Deux d’entre eux ont récemment été déclarés en incapacité totale de travailler à la suite d’une expertise médicale et psychologique. Depuis qu’ils ont dû voir des vidéos de viols de jeunes enfants, ils souffrent de stress post-traumatique et ont demandé plusieurs fois à être changés de service. Juste avant le Nouvel An, ils ont porté plainte contre Microsoft, leur employeur. Ce sont les seuls à voir pu le faire puisque dans toutes les autres plateformes, les modérateurs de contenu sont employés par des sous-traitants, ce qui permet aux géants du Web de ne pas être tenus directement responsables. Là, ils travaillaient de plein droit pour Microsoft. On ne sait pas encore quand le procès aura lieu, mais je reste assez surprise que la multinationale ne leur ait pas versé une belle somme d’argent assortie d’une clause de non-divulgation et choisisse de se risquer en justice…

    #travail #entreprise #digital_labor via @cuisineanxious

    Autre entretien avec la dame dans Usbek & Rica
    https://usbeketrica.com/article/les-eboueurs-du-web-moderateurs-invisibles-des-reseaux-sociaux
    https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/usb-prd-upload/images/thumb_700xh/58e498f1d5dd5.png

    https://seenthis.net/messages/599738 via tbn



  • Meet YouTube’s Hidden Laborers Toiling to Keep Ads Off Hateful Videos
    https://www.wired.com/2017/04/zerochaos-google-ads-quality-raters

    Taken together, the scope of the work and nuance required in assessing videos shows Google still needs human help in dealing with YouTube’s ad problems. “We have many sources of information, but one of our most important sources is people like you,” Google tells raters in a document describing the purpose of their ad-rating work. But while only machine intelligence can grapple with YouTube’s scale, as company execs and representatives have stressed again and again, until Google’s machines—or anyone else’s—get smart enough to distinguish, say, truly offensive speech from other forms of expression on its own, such efforts will still need to rely on people.

    “We have always relied on a combination of technology and human reviews to analyze content that has been flagged to us because understanding context in video can be subjective,” says Chi Hea Cho, a spokesperson for Google. “Recently we added more people to accelerate the reviews. These reviews help train our algorithms so they keep improving over time.”

    #digital_labor #google #publicité #IA

    https://seenthis.net/messages/594513 via tbn


  • Le micro-travail : des corvées peu gratifiantes et mal rémunérées (01net, 22 mars 2017)
    http://www.casilli.fr/2017/03/22/le-micro-travail-des-corvees-peu-gratifiantes-et-mal-remunerees-01net-22-mar

    Si internet était un iceberg, la partie émergée serait peuplée de Youtubers et de blogueurs, de patrons de géants du net et de startup… Bref, de tous ceux qui ont décroché le pactole en surfant sur ce nouvel eldorado. Le dessous de l’iceberg, l’invisible et l’essentiel, serait composé de ces petites mains payées au clic ou à la tâche, et pour qui net rime d’abord avec cacahuètes. Ces microtâcherons, comme les nomme le sociologue Antonio Casilli, professeur à télécom Paristech et auteur de Qu’est-ce que le digital labor ? (2015), seraient plus d’une centaine de millions dans le monde. Leur point commun ? ils se sont un jour inscrits sur une plateforme Web de microtravail comme il en existe des dizaines : zhubajie (15millions de travailleurs), Upwork (12 millions), CrowdSource (8 millions)… autant de places de marché qui font miroiter des jobs faciles, réalisables depuis un ordinateur, bien au chaud, chez soi. Le paradis des laborieux ? On finirait presque par le croire, si les missions ne se révélaient pas aussi courtes, répétitives et payées au lance-pierre.

    #cognitariat #digital_labor #exploitation fr. @antoniocasilli

    https://seenthis.net/messages/581430 via tbn


  • « Sur Internet, nous travaillons tous, et la pénibilité de ce travail est invisible »
    http://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2017/03/11/sur-internet-nous-travaillons-tous-et-la-penibilite-de-ce-travail-es
    http://s1.lemde.fr/image/2017/03/11/644x322/5093122_3_5165_des-dizaines-de-millions-de-personnes_4ebde2812e3c97b305c7b8def1161ff7.jpg

    Quelles sont ces plates-formes, et comment nous font-elles travailler ?

    Il en existe quatre types. Le premier type, ce sont les plates-formes à la demande, comme Uber ou Airbnb, qui sous couvert d’une autre activité (transport, location, etc.) font de la production de données, enregistrent nos destinations, notre localisation, nos commentaires, notre réputation, nos évaluations, et qui revendent ensuite ces données.

    Du côté des chauffeurs du VTC, à lire : Uber crée « une nouvelle population de travailleurs pauvres et mal couverts »

    Le deuxième type, ce sont les plates-formes de microtravail comme Amazon Mechanical Turk, Upwork, l’application mCent… Des sites sur lesquels des millions de personnes dans le monde réalisent des tâches extrêmement simples [chercher sur Internet l’adresse d’un magasin, numériser les informations d’une carte de visite, décrire les éléments d’une image…] pour des rémunérations extrêmement faibles, de l’ordre de quelques centimes d’euros par minute.

    Le troisième type, ce sont les plates-formes de gestion de l’Internet des objets. Nos smartphones, nos montres connectées, mais aussi nos télévisions, nos ampoules ou nos thermostats connectés produisent de la donnée qui est ensuite exploitée. Nos maisons se transforment en usine à données, et cette production converge vers les immenses serveurs de Google ou d’Amazon.

    Le dernier type, enfin, ce sont les plates-formes sociales. Ecrire un post, formuler un tweet, filmer une vidéo pour la partager, mais aussi faire circuler des contenus, signaler ceux qui sont choquants ou inappropriés, c’est du travail, même s’il y a un côté jeu, un côté qui procure du plaisir.

    #digital_labor #plateformes #Antonio_Casilli

    https://seenthis.net/messages/577243 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • Du but de l’automatisation
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/du-but-de-lautomatisation

    Evoquant le fonctionnement de Facebook M, l’assistant personnel de la messagerie instantanée de Facebook, Sam Lavigne (@sam_lavigne), rappelle sur The New Inquiry (@newinquiry) que les employés de Facebook M, qui permettent au système automatisé de s’améliorer, agissent comme des tuteurs. « Chaque fois que les employés de FB approuvent ou ajustent (...)

    #A_lire_ailleurs #Gouvernance #digital_labor

    https://seenthis.net/messages/558780 via InternetActu [RSS]


  • #Modération : #YouTube encourage les internautes à lui prêter main forte
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/09/21/moderation-youtube-encourage-les-internautes-a-lui-preter-main-forte_5001463

    Parmi les actions valorisées par YouTube, on trouve par exemple la rédaction de sous-titres ou « le partage de connaissances », mais aussi et surtout, le signalement de contenus violant les règles de la plate-forme. Comme Facebook ou Twitter, YouTube modère les contenus après leur publication, qu’il s’agisse de vidéos ou de commentaires. A condition que ceux-ci soient signalés par des internautes. N’importe quel utilisateur peut le faire, mais cette action fera spécifiquement partie des missions des « héros », qui leur permettra de gagner des points. YouTube ne précise pas si les signalements de ses « héros » seront traités différemment des autres par ses équipes de modération.

    #CM #digital_labor #gamification

    https://seenthis.net/messages/526722 via tbn


  • Le #digital_labor : une question de société
    http://www.inaglobal.fr/numerique/article/le-digital-labor-une-question-de-societe-8763

    Pourquoi la notion de digital labor liée au numérique suscite-t-elle autant d’intérêt en France, après d’autres pays ? Antonio A. Casilli embrasse la complexité de ce phénomène qui fait écho aux inquiétudes liées aux transformations du monde du travail.

    Comment expliquer le succès, à son échelle, de l’ouvrage auquel vous avez collaboré sur le digital labor (Qu’est ce que le digital labor, INA éditions, 2015) ?

    @antoniocasilli : Le digital labor est un sujet sur lequel, dans le domaine des sciences sociales, on mène des études depuis des années, notamment aux États-Unis. L’intérêt qui se développe actuellement en France fait écho aux interrogations qui se portent sur le numérique, et surtout aux inquiétudes face aux transformations du monde du travail. Il s’agit donc d’un questionnement relatif au futur de l’emploi plutôt qu’un questionnement sur la société et Internet. On a beaucoup dit qu’après avoir exploré pendant des années toutes les possibilités associées à Internet, les chercheurs exprimeraient aujourd’hui une sorte de désenchantement, qu’ils développeraient une vision plus pessimiste, concentrée sur les effets de domination, d’exploitation, etc. En plus, certains semblent vouloir m’associer à cette mouvance. Mais c’est faire peu de cas du fait que je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision. D’abord, je n’ai de cesse de souligner la puissance de libération et de création de diversités inscrites dans les usages d’Internet. Ensuite, s’il y a une attitude critique, je pense qu’elle a toujours été consubstantielle des études sur les technologies.

    On n’a pas dû attendre Evgeny Morozov ou Andrew Keen pour qu’une école de pensée, très française par ailleurs, développe un refus a priori et total des technologies de l’information et de la communication. Des voix reconnues comme celle de Paul Virilio, de Jean Baudrillard, de Michel Serres à une certaine époque, avant qu’il ne se réinvente... Ces intellectuels réfléchissaient sur les technologies, mais pour les condamner sans appel. Ce n’était pas mon point de vue ni celui de la majorité des gens qui ont étudié ces sujets. Au contraire, les acteurs de la recherche qui restent attentifs aux réalités des terrains d’Internet, aux utilisateurs, aux usages, se partageaient entre deux tendances : ceux qui mettent l’accent exclusivement sur les possibilités de participation, de capacitation des publics, et ceux qui, tout en admettant le potentiel positif, demeurent extrêmement vigilants sur l’emprise industrielle, commerciale, politique, de ces technologies. Ces deux points de vue coexistent depuis les années 1990.

    L’intérêt pour le digital labor n’est pas l’effet d’une bouffée paranoïaque soudaine à l’encontre du numérique.

    http://seenthis.net/messages/458982 via tbn


  • affordance.info : Les Coolies de la pop économie. Quand les humains travailleront pour les algorithmes.
    http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2015/06/les-coolies-de-la-pop-economie.html

    D’abord il faut se souvenir que les #robots vont supprimer plein d’emplois, y compris, « qualifiés » ou « intellectuels » (ce qui ne veut pas dire qu’il n’en créeront pas d’autres). Pour comprendre pourquoi (et surtout comment et accessoirement quand), relire (notamment) ce billet.

    Ensuite il faut acter que dans leur sillage, l’#automatisation du monde est en marche et soulève une foule de questions éthiques irrésolues parce que souvent non posées et/ou avec un corpus doctrinaire qui semble pour l’instant réservé aux seules forces armées américaines alors que l’essentiel de l’automatisation concernera pourtant la société civile. Derrière cette automatisation, si les #algorithmes ne contrôlent pas encore le monde, au moins 10 d’entre eux circonscrivent déjà l’essentiel de nos vies.

    Enfin, il faut rappeler que les problématiques du « #Digital_Labor », dans le sillage et l’héritage du capitalisme linguistique, voient émerger de nouveaux modèles dont celui de l’acopie et du copytalisme, lesquels redéfinissent entièrement la question même de la #propriété (privée), du #travail (qui est l’employeur ? Qui est l’employé ? Et à quel moment ?) et de l’appropriation.

    Et puis il faut aussi ne jamais oublier l’histoire. Celle des Coolies par exemple, ces travailleurs qui - suite notamment à l’abolition de l’esclavage - fournirent une main d’oeuvre à bas coût à de grandes exploitations agricoles par le biais de grandes vagues d’émigration. S’en souvenir et l’inscrire dans la trajectoire menant du lumpen-prolétariat marxiste à un nouveau cognitariat de l’économie de la connaissance.

    cc @shaber33 @prac_6 @brunhilde

    http://seenthis.net/messages/382432 via tbn