#digital_labor

  • Derrière l’application de Google qui trouve votre sosie artistique, du digital labor (gratuit) pour entraîner son IA de reconnaissance faciale http://www.rtl.fr/actu/futur/l-application-de-google-qui-trouve-votre-sosie-artistique-souleve-des-inquietude
    http://media.rtl.fr/online/image/2018/0117/7791879937_l-application-google-arts-culture-est-en-tete-des-telechargements-aux-etats-unis-grace-a-son-outil-de-reconnaissance-faciale.JPG

    (Le seul article un peu critique que j’ai trouvé provient donc de rtl.fr)

    La dernière version de l’application Google Arts & Culture est l’une des plus populaires du moment aux États-Unis. La raison ? L’ajout d’une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de découvrir quel est leur sosie artistique. Intitulée "Is your portrait in a museum ?" ("Votre portrait se trouve-t-il dans un musée ?"), elle propose de comparer un selfie à des portraits célèbres réalisés par des peintres de renom.

    L’expérience repose sur la technologie de reconnaissance faciale Face Net. Développée par #Google, elle scanne la photo envoyée par l’utilisateur pour créer une empreinte numérique de son #visage et la comparer aux 70.000 œuvres de sa base de données. Une fois les correspondances trouvées, les résultats les plus pertinents sont affichés avec leur pourcentage de ressemblance.

    Cette fonction a largement emballé les internautes américains. Depuis sa mise à jour mi-décembre, #Google_Arts_&_Culture truste les premières places des applications les plus téléchargées aux États-Unis sur l’App Store d’Apple et le Play Store de Google. Disponible uniquement outre-Atlantique, elle fait l’objet d’une expérimentation par Google.

    (…) Devant la popularité de l’application, certaines voix se sont élevées aux États-Unis pour mettre en garde le public contre le véritable objectif poursuivi par Google. "Le stagiaire de Google qui a inventé cette application pour tromper les utilisateurs en les incitant à envoyer des images pour remplir sa base de données de reconnaissance faciale a certainement eu une promotion", a observé sur Twitter l’analyste politique, Yousef Munayyer. "Personne ne s’inquiète d’abandonner les données de son visage à Google ou vous estimez tous que c’est déjà le cas ?", s’est aussi émue l’actrice et activiste américaine, Alyssa Milano.

    Google propose régulièrement des outils ludiques et gratuits aux internautes pour faire la démonstration de ses progrès dans l’intelligence artificielle. Ces programmes permettent aussi à l’entreprise américaine de mettre ses réseaux de neurones artificiels à l’épreuve de neurones humains afin de les perfectionner à peu de frais. Les programmes Quick Draw ! et AutoDraw visaient notamment à améliorer la #reconnaissance_visuelle de ses algorithmes. La société utilise aussi la reconnaissance des caractères des #Captcha pour aider ses robots à déchiffrer les pages de livres mal conservés sur Google Book et les indexer par la suite à son moteur de recherche.

    (…)

    Interrogé par plusieurs médias américains sur la portée réelle de son application « Arts & Culture », Google se veut rassurant. Selon la firme américaine, les photos téléchargées par les utilisateurs ne sont pas utilisées à d’autres fins et sont effacées une fois trouvées les correspondances avec des œuvres d’art. La dernière expérience du géant américain illustre à nouveau les craintes suscitées par les progrès rapides de l’#intelligence_artificielle et plus particulièrement de la #reconnaissance_faciale, dont les applications ont pris une place grandissante dans nos vies ces derniers mois.

    Apple a fait entrer cette technologie dans la vie de millions d’utilisateurs cet automne en intégrant le dispositif #Face_ID à l’iPhone X pour déverrouiller l’appareil d’un simple regard. Dans le sillage de la pomme, un grand nombre de constructeurs travaille à généraliser ce système sur des smartphones à moindre prix. Facebook a recours à la reconnaissance faciale depuis décembre pour traquer les usurpations d’identité sur sa plateforme. Google l’utilise déjà dans son service Photos, utilisé par 500 millions d’utilisateurs, capable depuis peu de reconnaître les animaux de compagnies.

    Les défenseurs des libertés craignent que la généralisation de la reconnaissance faciale dans des outils utilisés à si grande échelle ne glisse vers une utilisation plus large par les publicitaires ou les autorités. En Chine, cette technologie est déjà utilisée pour surveiller les citoyens dans les endroits publics. 170 millions de caméras de surveillance sont installées à travers le pays. Un nombre qui doit atteindre 400 millions à horizon 2020. La plupart sont dotées de programmes d’intelligence artificielle pour analyser les données en temps réel et inciter les individus à ne pas déroger à la norme édictée par le pouvoir.

    #digital_labor #IA

    Et puis cf. le thread d’@antoniocasilli sur son fil Twitter :

    Avez-vous déjà vu, partagé, commenté les « art selfies » de l’appli @googlearts ? Savez-vous qu’ils utilisent votre visage pour constituer un fichier biométrique ? J’en veux pour preuve qu’ils ne sont pas disponibles en Illinois—état où les lois sur la biométrie sont plus strictes.

    https://twitter.com/AntonioCasilli/status/953662993480474624

    https://seenthis.net/messages/663641 via tbn


  • The Ghost of the Mechanical Turk | Jacobin
    https://www.jacobinmag.com/2017/12/middle-east-digital-labor-microwork-gaza-refugees-amazon
    https://images.jacobinmag.com/2017/12/15141726/GettyImages-668910070.jpg

    It is significant that the World Bank thinks that Gaza and the West Bank are “particularly relevant” destinations for #microwork. In the global race to the bottom, the “bottom” is an open-air prison and an area under military occupation. According to their 2014 report, these sites pose “limited risks” to employers in terms of having to pay any full-time employment benefits or a minimum wage. Protections may be “risky” for employers. But making someone dependent for their survival on an algorithm with zero accountability is risky. Not paying them an adequate hourly rate to feed themselves or their family is risky. Irregular or excessive working hours resulting in repetitive strain, eye problems, or insomnia are risky.

    One of the big selling points of digital workplaces is also that they are blind to race and gender. But the inherent inequalities of these systems don’t go away just because participants remain anonymous. After Chinese labor camps were exposed for forcing prisoners to play profitable online games, gaming chatrooms began to use “Chinese gold-farmer” as a pejorative for worker-players trying to sell virtual goods. Syrian players in Shatila who viewed their gaming activities as leisure rather than work complained that their broken English or Arab names meant they were viewed by other players as unwanted guest workers or “gold-farmers.” Microworkers have no protection from similar dynamics on digital labor platforms.

    #digital_labor #Proche-Orient via @antoniocasilli

    https://seenthis.net/messages/660450 via tbn


  • Dans les coulisses de la #modération du « 18/25 » de jeuxvideo.com
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/11/16/jeuxvideo-com-les-moderateurs-racontent-les-coulisses-du-forum-18-25_5215777
    http://img.lemde.fr/2017/11/15/534/0/3500/1750/644/322/60/0/cf6af0e_5409-73635e.ntyu45z5mi.jpg

    (…) Tous racontent l’histoire de mesures prises dans la précipitation. Les modérateurs bénévoles du « 18-25 » auraient été prévenus le jour même, par un simple message privé. « Les explications sont restées floues », raconte Mickaël, 23 ans, le vétéran de l’équipe. « Chez Webedia, ils ont été des grosses billes sur le coup, y va plus franchement Nicolas (prénom modifié), 22 ans. On n’a eu des informations que jeudi soir, après une journée entière de censure durant laquelle les utilisateurs étaient perdus – et nous aussi. »

    Dans la nuit, une équipe de modérateurs salariés (aussi appelés « administrateurs ») est entrée en action. L’un des modérateurs bénévoles parle de dix postes en CDD. Contactés pour certains par Le Monde, ces « admins » ont invariablement expliqué ne pas avoir le droit de parler à la presse.

    Leur tâche, dans un premier temps : nettoyer les forums de fond en comble, sans faire dans le détail. Les insultes sexistes ou racistes sont systématiquement supprimées, mais aussi des termes jugés polémiques, comme « féministe » ou « Shoah », indépendamment du contexte dans lequel ils sont utilisés.

    « On a perdu pas mal de sujets parlant d’Hitler par exemple, et ce sur tous les forums, précise Nicolas. Ce qui a un peu énervé le modérateur du forum Histoire, par exemple. Ça s’est assoupli depuis, heureusement : les nouveaux salariés ont reçu de nouveaux ordres. »

    Mais la brutalité paye : dans une certaine mesure, l’ordre semble être aujourd’hui à peu près revenu sur le forum « 18-25 » de Jeuxvideo.com. Si l’on y trouve encore des messages misogynes et des blagues plus que douteuses, les appels au harcèlement semblent, pour le moment, contenus.

    *Pour combien de temps ? « De ce que j’ai entendu, les CDD courent jusqu’au 31 décembre », croit savoir Nicolas. Qui ne sait pas s’ils seront prolongés à cette issue.¨ « L’un des administrateurs est pour, semble-t-il presque regretter. Mais si les contrats sont prolongés, les bénévoles comme moi n’auront plus trop de raison d’être. »

    Les bénévoles n’ont plus à s’occuper des sujets agressifs qui pullulaient ces derniers jours et ont même été invités à repenser leur rapport au forum. « Animation, sujets à débat, relais entre les utilisateurs et les administrateurs… », énumère Thomas, modérateur expatrié à Londres. L’avenir qui se dessine pour eux semble d’abord être celui de gestionnaires de communautés.

    Du calme revenu, Thomas se félicite. Lui qui « soutient la cause féministe dans tous ses aspects » dit s’être porté candidat à la modération pour en finir avec ces débordements. Il regrette que les efforts de son équipe, lors des derniers mois, aient été si régulièrement niés.

    « Nous réclamions de meilleurs outils depuis longtemps », poursuit-il. Pour les modérateurs bénévoles, ce n’est pas leur bonne volonté qu’il faut mettre en cause, mais l’évolution trop rapide des forums.

    #digital_labor

    https://seenthis.net/messages/645414 via tbn


  • Sur la propriété juridique des données personnelles (et leur valeur marchande)

    https://linc.cnil.fr/vivrons-nous-demain-au-moyen-age

    Alors, nouveau système féodal ? En tout cas, il est intéressant de passer ces analyses au prisme de l’esprit du cadre européen de protection des données : le droit français (en particulier par la modification de l’article 1er de la Loi dite "Informatique et Libertés" suite à la Loi pour une République Numérique, ) et le droit européen (Règlement général à la protection des données) évitent soigneusement cette notion de propriété des #données_personnelles, qui peut paraitre séduisante de prime abord, mais est en réalité probablement une impasse : si l’expression « mes données » est une belle manière d’affirmer la souveraineté de l’individu sur ce qui le concerne au premier chef, tout ce qui vient en droit (et dans une moindre mesure en économie) avec la notion de propriété est extrêmement difficile à mettre en musique quand on parle de données, a fortiori de données personnelles. Par exemple les données génétiques d’un individu peuvent être considérées comme des données « pluripersonnelles » comme le rappelle la nouvelle publication de la CNIL sur le sujet (Le point CNIL : Les données génétiques, à la Documentation française, p. 41) : elles sont héritées et transmissibles, donc partagées avec les ascendants et descendants et peuvent porter atteintes à leurs droits. Comment dès lors "jouir et disposer de la manière la plus absolue" d’elles seul, pour reprendre la définition du droit de propriété du Code civil (article 544) ? 

    Le droit européen et français met plutôt en avant le pouvoir de contrôle des individus et leurs droits fondamentaux, par exemple par l’entremise du principe d’"auto-détermination informationnelle" et par l’existence, réaffirmée par le RGPD, des droits des individus sur les données les concernant (accès, suppression, portabilité, …). Peut-être disposons-nous déjà de la base juridique nécessaires aux Lumières du numérique ?

    Ces données ne seraient donc pas si « personnelles » ? Quid, du coup, de leur valeur ? Peut-on se contenter de dire qu’elle est extorquée par les plate-formes numériques ? Cf. Dominique Cardon dans son bouquin co-écrit avec @antoniocasilli, Qu’est-ce que le #digital_labor ? :

    Les plateformes d’intermédiation ne produisent pas un service substantiel (comme de fabriquer les contenus de programmes), mais procédural : agréger de la méta-information ou opérer de la mise en relation. J’ai parfois l’impression que dans le reproche fait à Google ou Facebook de « ne rien faire » pendant que les internautes « font le travail » peuvent s’entendre encore les présupposés de l’économie industrielle opposant le « vrai travail » au « faux service ». À ne pas prendre au sérieux l’importance cruciale prise aujourd’hui par les procédures d’intermédiation (hébergement, agrégation, classements, algorithmes, etc.), on risque toujours de penser qu’il suffirait d’agir du côté des plateformes, ou d’en créer de nouvelles d’un claquement de doigts, pour se libérer de la captation indue de plus-value par les GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon).

    Sans effet réseau, sans artefact de mise en relation, sans algorithme de recommandation, sans métrique de visibilité, nos productions numériques ne seraient plus du travail extorqué, mais elles auraient aussi perdu leur visibilité, leur réputation, les gratifications de l’échange et les honneurs du commentaire, bref, elles seraient sans aucune valeur, ni monétaire ni symbolique. Ce raisonnement d’économie « industrielle » fait comme s’il existait une valeur « unitaire » des productions individuelles, ou des données, des internautes, alors que, à l’unité, ces productions, ou ces données, sont sans valeur aucune. C’est leur transformation par un mécanisme d’agrégation, de calcul, de comparaison, de filtre, de classement ou de recommandation qui leur confère un sens (pour les internautes) et une valeur (pour les plateformes). Le service rendu par la plateforme, qui consiste à agréger les interactions et à automatiser la révélation d’une « intelligence collective » des productions unitaires grâce à des algorithmes, est négligé ou minoré dans ces travaux, alors que c’est lui qui rend valorisable le travail gratuit des internautes.

    https://seenthis.net/messages/638633 via tbn


  • The secret lives of Google raters | Ars Technica
    https://arstechnica.com/features/2017/04/the-secret-lives-of-google-raters
    https://cdn.arstechnica.net/wp-content/uploads/2017/04/officecrowdfire-640x360.jpg

    Who are these raters? They’re carefully trained and tested staff who can spend 40 hours per week logged into a system called Raterhub, which is owned and operated by Google. Every day, the raters complete dozens of short but exacting tasks that produce invaluable data about the usefulness of Google’s ever-changing algorithms. They contribute significantly to several Google and Android projects, from search and voice recognition to photos and personalization features.

    Few people realize how much these raters contribute to the smooth functioning act we call “Googling.” Even #Google engineers who work with rater data don’t know who these people are. But some raters would now like that to change. That’s because, earlier this month, thousands of them received an e-mail that said their hours would be cut in half, partly due to changes in Google’s staffing policies.

    Though Google boasts about its army of raters, the raters are not Google employees. Instead, they are employed by firms who have contracted them to Google, full time, for years on end. These raters believe that Google has reaped significant benefits from their labor without ensuring their jobs are secure and stable. That’s why 10 raters came to Ars Technica to tell the story of what their lives are really like.

    Du #digital_labor derrière les requêtes Google (et de la politique salariale de cette dernière)

    https://seenthis.net/messages/612633 via tbn


  • Dans les ateliers de la #modération en continu
    http://www.humanite.fr/de-quoi-cauchemardent-les-nettoyeurs-invisibles-de-la-toile-635868

    Sarah T. Roberts, enseignante et chercheuse aux États-Unis, a rencontré ces travailleurs invisibles, qu’ils soient dans la #Silicon_Valley ou dans des centres d’appels aux #Philippines.

    Certains tentent de trouver un sens à ce qu’ils font et m’ont dit : « Je peux le supporter, je fais cela pour protéger les autres, que vous n’ayez pas à voir toutes ces horreurs. » Mais je n’ai rencontré personne qui se sente bien. Cette #violence rejaillit sur leur #vie_privée, leur sommeil. Certains ont sombré dans l’alcool ou la dépression… On ne connaît pas non plus les effets à long terme de ce travail sur les gens. Et, bien entendu, aucun de ces travailleurs n’est formé, préparé à ce qu’il va devoir regarder au quotidien. Il n’y a aucun suivi, aucune aide. Le pire est qu’ils ne peuvent même pas en parler à leurs proches. Deux d’entre eux ont récemment été déclarés en incapacité totale de travailler à la suite d’une expertise médicale et psychologique. Depuis qu’ils ont dû voir des vidéos de viols de jeunes enfants, ils souffrent de stress post-traumatique et ont demandé plusieurs fois à être changés de service. Juste avant le Nouvel An, ils ont porté plainte contre Microsoft, leur employeur. Ce sont les seuls à voir pu le faire puisque dans toutes les autres plateformes, les modérateurs de contenu sont employés par des sous-traitants, ce qui permet aux géants du Web de ne pas être tenus directement responsables. Là, ils travaillaient de plein droit pour Microsoft. On ne sait pas encore quand le procès aura lieu, mais je reste assez surprise que la multinationale ne leur ait pas versé une belle somme d’argent assortie d’une clause de non-divulgation et choisisse de se risquer en justice…

    #travail #entreprise #digital_labor via @cuisineanxious

    Autre entretien avec la dame dans Usbek & Rica
    https://usbeketrica.com/article/les-eboueurs-du-web-moderateurs-invisibles-des-reseaux-sociaux
    https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/usb-prd-upload/images/thumb_700xh/58e498f1d5dd5.png

    https://seenthis.net/messages/599738 via tbn



  • Meet YouTube’s Hidden Laborers Toiling to Keep Ads Off Hateful Videos
    https://www.wired.com/2017/04/zerochaos-google-ads-quality-raters

    Taken together, the scope of the work and nuance required in assessing videos shows Google still needs human help in dealing with YouTube’s ad problems. “We have many sources of information, but one of our most important sources is people like you,” Google tells raters in a document describing the purpose of their ad-rating work. But while only machine intelligence can grapple with YouTube’s scale, as company execs and representatives have stressed again and again, until Google’s machines—or anyone else’s—get smart enough to distinguish, say, truly offensive speech from other forms of expression on its own, such efforts will still need to rely on people.

    “We have always relied on a combination of technology and human reviews to analyze content that has been flagged to us because understanding context in video can be subjective,” says Chi Hea Cho, a spokesperson for Google. “Recently we added more people to accelerate the reviews. These reviews help train our algorithms so they keep improving over time.”

    #digital_labor #google #publicité #IA

    https://seenthis.net/messages/594513 via tbn


  • Le micro-travail : des corvées peu gratifiantes et mal rémunérées (01net, 22 mars 2017)
    http://www.casilli.fr/2017/03/22/le-micro-travail-des-corvees-peu-gratifiantes-et-mal-remunerees-01net-22-mar

    Si internet était un iceberg, la partie émergée serait peuplée de Youtubers et de blogueurs, de patrons de géants du net et de startup… Bref, de tous ceux qui ont décroché le pactole en surfant sur ce nouvel eldorado. Le dessous de l’iceberg, l’invisible et l’essentiel, serait composé de ces petites mains payées au clic ou à la tâche, et pour qui net rime d’abord avec cacahuètes. Ces microtâcherons, comme les nomme le sociologue Antonio Casilli, professeur à télécom Paristech et auteur de Qu’est-ce que le digital labor ? (2015), seraient plus d’une centaine de millions dans le monde. Leur point commun ? ils se sont un jour inscrits sur une plateforme Web de microtravail comme il en existe des dizaines : zhubajie (15millions de travailleurs), Upwork (12 millions), CrowdSource (8 millions)… autant de places de marché qui font miroiter des jobs faciles, réalisables depuis un ordinateur, bien au chaud, chez soi. Le paradis des laborieux ? On finirait presque par le croire, si les missions ne se révélaient pas aussi courtes, répétitives et payées au lance-pierre.

    #cognitariat #digital_labor #exploitation fr. @antoniocasilli

    https://seenthis.net/messages/581430 via tbn


  • « Sur Internet, nous travaillons tous, et la pénibilité de ce travail est invisible »
    http://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2017/03/11/sur-internet-nous-travaillons-tous-et-la-penibilite-de-ce-travail-es
    http://s1.lemde.fr/image/2017/03/11/644x322/5093122_3_5165_des-dizaines-de-millions-de-personnes_4ebde2812e3c97b305c7b8def1161ff7.jpg

    Quelles sont ces plates-formes, et comment nous font-elles travailler ?

    Il en existe quatre types. Le premier type, ce sont les plates-formes à la demande, comme Uber ou Airbnb, qui sous couvert d’une autre activité (transport, location, etc.) font de la production de données, enregistrent nos destinations, notre localisation, nos commentaires, notre réputation, nos évaluations, et qui revendent ensuite ces données.

    Du côté des chauffeurs du VTC, à lire : Uber crée « une nouvelle population de travailleurs pauvres et mal couverts »

    Le deuxième type, ce sont les plates-formes de microtravail comme Amazon Mechanical Turk, Upwork, l’application mCent… Des sites sur lesquels des millions de personnes dans le monde réalisent des tâches extrêmement simples [chercher sur Internet l’adresse d’un magasin, numériser les informations d’une carte de visite, décrire les éléments d’une image…] pour des rémunérations extrêmement faibles, de l’ordre de quelques centimes d’euros par minute.

    Le troisième type, ce sont les plates-formes de gestion de l’Internet des objets. Nos smartphones, nos montres connectées, mais aussi nos télévisions, nos ampoules ou nos thermostats connectés produisent de la donnée qui est ensuite exploitée. Nos maisons se transforment en usine à données, et cette production converge vers les immenses serveurs de Google ou d’Amazon.

    Le dernier type, enfin, ce sont les plates-formes sociales. Ecrire un post, formuler un tweet, filmer une vidéo pour la partager, mais aussi faire circuler des contenus, signaler ceux qui sont choquants ou inappropriés, c’est du travail, même s’il y a un côté jeu, un côté qui procure du plaisir.

    #digital_labor #plateformes #Antonio_Casilli

    https://seenthis.net/messages/577243 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • Du but de l’automatisation
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/du-but-de-lautomatisation

    Evoquant le fonctionnement de Facebook M, l’assistant personnel de la messagerie instantanée de Facebook, Sam Lavigne (@sam_lavigne), rappelle sur The New Inquiry (@newinquiry) que les employés de Facebook M, qui permettent au système automatisé de s’améliorer, agissent comme des tuteurs. « Chaque fois que les employés de FB approuvent ou ajustent (...)

    #A_lire_ailleurs #Gouvernance #digital_labor

    https://seenthis.net/messages/558780 via InternetActu [RSS]


  • #Modération : #YouTube encourage les internautes à lui prêter main forte
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/09/21/moderation-youtube-encourage-les-internautes-a-lui-preter-main-forte_5001463

    Parmi les actions valorisées par YouTube, on trouve par exemple la rédaction de sous-titres ou « le partage de connaissances », mais aussi et surtout, le signalement de contenus violant les règles de la plate-forme. Comme Facebook ou Twitter, YouTube modère les contenus après leur publication, qu’il s’agisse de vidéos ou de commentaires. A condition que ceux-ci soient signalés par des internautes. N’importe quel utilisateur peut le faire, mais cette action fera spécifiquement partie des missions des « héros », qui leur permettra de gagner des points. YouTube ne précise pas si les signalements de ses « héros » seront traités différemment des autres par ses équipes de modération.

    #CM #digital_labor #gamification

    https://seenthis.net/messages/526722 via tbn


  • Le #digital_labor : une question de société
    http://www.inaglobal.fr/numerique/article/le-digital-labor-une-question-de-societe-8763

    Pourquoi la notion de digital labor liée au numérique suscite-t-elle autant d’intérêt en France, après d’autres pays ? Antonio A. Casilli embrasse la complexité de ce phénomène qui fait écho aux inquiétudes liées aux transformations du monde du travail.

    Comment expliquer le succès, à son échelle, de l’ouvrage auquel vous avez collaboré sur le digital labor (Qu’est ce que le digital labor, INA éditions, 2015) ?

    @antoniocasilli : Le digital labor est un sujet sur lequel, dans le domaine des sciences sociales, on mène des études depuis des années, notamment aux États-Unis. L’intérêt qui se développe actuellement en France fait écho aux interrogations qui se portent sur le numérique, et surtout aux inquiétudes face aux transformations du monde du travail. Il s’agit donc d’un questionnement relatif au futur de l’emploi plutôt qu’un questionnement sur la société et Internet. On a beaucoup dit qu’après avoir exploré pendant des années toutes les possibilités associées à Internet, les chercheurs exprimeraient aujourd’hui une sorte de désenchantement, qu’ils développeraient une vision plus pessimiste, concentrée sur les effets de domination, d’exploitation, etc. En plus, certains semblent vouloir m’associer à cette mouvance. Mais c’est faire peu de cas du fait que je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision. D’abord, je n’ai de cesse de souligner la puissance de libération et de création de diversités inscrites dans les usages d’Internet. Ensuite, s’il y a une attitude critique, je pense qu’elle a toujours été consubstantielle des études sur les technologies.

    On n’a pas dû attendre Evgeny Morozov ou Andrew Keen pour qu’une école de pensée, très française par ailleurs, développe un refus a priori et total des technologies de l’information et de la communication. Des voix reconnues comme celle de Paul Virilio, de Jean Baudrillard, de Michel Serres à une certaine époque, avant qu’il ne se réinvente... Ces intellectuels réfléchissaient sur les technologies, mais pour les condamner sans appel. Ce n’était pas mon point de vue ni celui de la majorité des gens qui ont étudié ces sujets. Au contraire, les acteurs de la recherche qui restent attentifs aux réalités des terrains d’Internet, aux utilisateurs, aux usages, se partageaient entre deux tendances : ceux qui mettent l’accent exclusivement sur les possibilités de participation, de capacitation des publics, et ceux qui, tout en admettant le potentiel positif, demeurent extrêmement vigilants sur l’emprise industrielle, commerciale, politique, de ces technologies. Ces deux points de vue coexistent depuis les années 1990.

    L’intérêt pour le digital labor n’est pas l’effet d’une bouffée paranoïaque soudaine à l’encontre du numérique.

    http://seenthis.net/messages/458982 via tbn


  • affordance.info : Les Coolies de la pop économie. Quand les humains travailleront pour les algorithmes.
    http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2015/06/les-coolies-de-la-pop-economie.html

    D’abord il faut se souvenir que les #robots vont supprimer plein d’emplois, y compris, « qualifiés » ou « intellectuels » (ce qui ne veut pas dire qu’il n’en créeront pas d’autres). Pour comprendre pourquoi (et surtout comment et accessoirement quand), relire (notamment) ce billet.

    Ensuite il faut acter que dans leur sillage, l’#automatisation du monde est en marche et soulève une foule de questions éthiques irrésolues parce que souvent non posées et/ou avec un corpus doctrinaire qui semble pour l’instant réservé aux seules forces armées américaines alors que l’essentiel de l’automatisation concernera pourtant la société civile. Derrière cette automatisation, si les #algorithmes ne contrôlent pas encore le monde, au moins 10 d’entre eux circonscrivent déjà l’essentiel de nos vies.

    Enfin, il faut rappeler que les problématiques du « #Digital_Labor », dans le sillage et l’héritage du capitalisme linguistique, voient émerger de nouveaux modèles dont celui de l’acopie et du copytalisme, lesquels redéfinissent entièrement la question même de la #propriété (privée), du #travail (qui est l’employeur ? Qui est l’employé ? Et à quel moment ?) et de l’appropriation.

    Et puis il faut aussi ne jamais oublier l’histoire. Celle des Coolies par exemple, ces travailleurs qui - suite notamment à l’abolition de l’esclavage - fournirent une main d’oeuvre à bas coût à de grandes exploitations agricoles par le biais de grandes vagues d’émigration. S’en souvenir et l’inscrire dans la trajectoire menant du lumpen-prolétariat marxiste à un nouveau cognitariat de l’économie de la connaissance.

    cc @shaber33 @prac_6 @brunhilde

    http://seenthis.net/messages/382432 via tbn