• L’Oise prive de RSA « les ivrognes » indésirables dans les rues
    http://www.leparisien.fr/societe/oise-un-maire-prive-de-rsa-les-ivrognes-indesirables-dans-les-rues-12-05-

    [le maire de Pont-Sainte-Maxence, Arnaud Dumontier] a ainsi signalé un premier individu — dont l’identité n’a pas été communiquée — au département, chargé de verser le RSA. L’intéressé vient de voir son allocation suspendue, pendant trois mois, de 80 %. Légalement, ce n’est pas l’alcoolisation qui est en cause, mais « le non-respect des obligations en matière d’insertion », comme le fait de chercher du travail. « S’alcooliser n’est pas une clause de sanction, appuie-t-on au conseil départemental de l’Oise. L’obligation d’insertion en est une. Elle est d’ailleurs stipulée par le contrat que le bénéficiaire du RSA signe. »
     
    Le département reçoit chaque mois « de nombreux signalements et des #dénonciations anonymes », à la suite desquels il mène des enquêtes. « Les décisions sont prises de manière collégiale, lors de commissions disciplinaires, rappelle Edouard Courtial, président (LR) du conseil départemental de l’Oise. Nous veillons simplement à la bonne utilisation de l’argent du contribuable. Et à cas lourd, réponse lourde. »

    #RSA #idéologiedutravail #discipline_hors_les_murs #centre-ville #chasse_aux_pauvres

    https://seenthis.net/messages/597711 via colporteur


  • L’école est une machine à produire de la dépression
    (relevé sur twitter)
    https://twitter.com/kinkybambou/status/642340486808780800

    Un vieil ami philosophe (dans les deux sens du terme) qui a été formateur à l’IUFM pour les profs des écoles pendant 15 ans après 20 ans en lycée technique me disait toujours : l’#école c’est une machine à casser les gens. c’est pire que ça. C’est une machine à produire des formes d’individualités délétères.
    Le problème étant que l’alternative actuelle c’est « l’autonomie ». Ou l’autonomie, on sait ce que c’est grâce à la socio du travail et la socio critique de la « #santé mentale » depuis 20 ans : c’est cet idéal-norme qui régit très précisément des manières non seulement de penser, mais aussi d’organiser, d’agir, et de ressentir, qui a produit à une échelle globale un affect typique chez l’individu contemporain : la #dépression, comme fatigue de ne pas parvenir à être ce qu’on est censés être : des individus autonomes, c’est à dire capable d’être des « entrepreneurs d’eux-mêmes », de choisir non seulement leurs conduites mais aussi de contrôler leurs motivations, leurs préférences, leurs désirs, en faisant un tri entre celles qui favorisent cette « autonomie » (et dont le signe et l’affect régulateur est le « bien être »), et les autres.
    La #discipline, c’est la technologie favorite du vieux #capitalisme des corps et des esprits.
    L’autonomie, c’est l’idéal régulateur du « capital humain », c’est à dire du capitalisme néo-libéral qui nous traverse en totalité. Charybde et Scylla.

    #éducation #vie_intérieure #néolibéralisme #management #dressage #psychiatrisation

    Mais surtout, c’est que depuis les années 1960, l’autonomie individuelle n’est plus considérée comme un idéal à atteindre tout au long d’un parcours de la vie de l’adulte, mais bien comme une condition humaine qui se doit donc d’être réalisée au plus tôt dans l’#enfance - ceux qui achoppent étant alors moins rétifs qu’"anormaux" ou « troublés » ou « défaillants ».
    L’école de la Troisième République, c’était celle de la rétivité ; pas encore de la déficience et du trouble, même si Binet, les test de QI, etc. Ce n’était pas encore un schème général, celui de l’échec à être autonome qui est censée témoigner d’un « problème » chez l’enfant.
    La discipline incorpore aussi des normes, mais là, avec ce type d’incorporation, ce sont effectivement des technologies concrètes bien différentes. Ca joue pas sur la crainte et la honte, ça joue sur l’inquiétude - la peur projective dans l’avenir de ne pas être « normal » et de faillir dans tous les domaines de la vie, de ne pas « être à la hauteur » des attentes du monde, etc.
    Tu m’étonnes qu’il soient mal après les mômes … Sacrée #violence intériorisée qu’on a là.
    Et être rétif suffit pas à y échapper : une fois que tu crois que tu n’es « pas à la fauteur », tu peux être rebelle l’inquiétude de soi est bien installée.

    http://seenthis.net/messages/407694 via koldobika


  • Les français ont une mauvaise image de l’école (surtout s’ils sont de droite et sans enfant scolarisé) (L’instit’humeurs)
    http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2015/05/30/les-francais-ont-une-mauvaise-image-de-lecole-surtout-sils-sont-de

    On a ici la confirmation que l’école est devenue un des sujets de sociétés les plus clivant dans ce pays, un enjeu politique majeur car il permet des positionnements tranchés et marqués idéologiquement.

    On retrouve ce clivage sur la question des priorités de l’école : si tout le monde est d’accord pour placer la transmission des connaissances en tête des missions de l’école (80%), les sympathisants de droite placent la transmission du goût de l’effort en deuxième position (50%, à gauche cette mission vient en 5ème position avec 21%), quand ceux de gauche placent au deuxième rang l’épanouissement des enfants (34%, à droite cette mission est 4ème avec 18%). Enfin, si les français se préoccupent globalement peu que l’école puisse réduire les différences sociales, ils sont quand même 23% à gauche à penser que c’est important, contre… 3% à droite.

    […]

    Sur les sujets d’éducation, je suis toujours très étonné qu’on ne distingue pas davantage l’opinion des parents d’élèves de celle des français en général. […]
    Dans ce sondage, l’opinion des parents d’élèves vient nuancer de façon assez sensible celle des français dans leur ensemble.
    […]
    En somme, les parents d’élèves, qui constituent la seule zone de contact entre la société et son école, viennent dire que le collège et surtout l’école fonctionnent mieux que ce que pensent les français, et la maternelle moins que ce que l’on croit.
    […]
    Pour le coup, la droite et la gauche sont d’accord sur les matières à enseigner en priorité : français (95%) et maths (70%) viennent en tête, il y a ensuite un léger désaccord sur les langues (pour 53% des gens de gauche, 37% des gens de droite) et l’histoire-géo (37% et 45%). Derrière, les autres matières viennent bien plus loin : l’informatique, avec 15%, vient nettement avant les sciences (6%, et même 1% pour les sciences naturelles à droite !) et avant le latin et le grec (3%).
    Cette dernière donnée vient relativiser le considérable brouhaha constaté au sujet des langues antiques, dont tout le monde ou presque semble se ficher.
    En revanche, on peut être particulièrement étonné du peu de cas fait des sciences, grandement déconsidérées, ce qui laisse songeur quand on sait le besoin du pays en chercheurs de premier plan.

    #éducation #sondage #système_scolaire #analyse #disciplines

    http://seenthis.net/messages/377100 via Heautontimoroumenos