• Google refuses legal request to share pay records in gender discrimination case
    https://www.theguardian.com/technology/2017/dec/01/google-gender-pay-discrimination-lawsuit

    Tech company’s lawyers say it should not have to provide data on how men and women are compensated, as judge appears to take firm’s side on key issues Google is resisting a legal request to disclose salary records in a class-action gender discrimination lawsuit, marking the technology company’s latest efforts to prevent scrutiny of how much it pays its female employees. Google attorneys argued in court on Friday that a judge should block a suit brought by former employees alleging systematic (...)

    #Google #travail #procès #discrimination

    https://seenthis.net/messages/649222 via etraces


  • Violences faites aux femmes : au commencement était l’inégalité nutritionnelle - Science - RFI
    http://www.rfi.fr/science/20171124-journee-internationale-violence-femmes-piscille-touraille-inegalite-nut
    http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_16x9_1024_578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/montageviolencefemmes_0.png

    Une étude interdisciplinaire récente suggère que l’écart de taille entre les hommes et les femmes (de 6 à 18 cm en moyenne suivant les populations) aurait pour origine l’appropriation de la meilleure nourriture par les mâles aux dépens des femelles chez les Homo Sapiens depuis la nuit des temps. Spécialiste de l’anthropologie évolutive, la chercheuse Priscille Touraille montre que ce dimorphisme sexuel de stature n’est pas une adaptation « positive » du point de vue de la sélection naturelle. Elle estime que ce sont les femmes qui devraient être aussi grandes, voire plus grandes, que les hommes. Une remise en question de la pensée commune.

    #violences_faites_aux_femmes #inégalités #discrimination ça serait donc une longue, longue, longue histoire ...

    https://seenthis.net/messages/647348 via Reka


  • La plainte contre Sud Education crée une double controverse
    https://www.mediapart.fr/journal/france/231117/la-plainte-contre-sud-education-cree-une-double-controverse

    Jean-Michel Blanquer © Reuters Sud Éducation organise deux jours de réunion sur le #racisme et l’islamophobie dans l’Éducation nationale, avec notamment des ateliers non mixtes. #jean-Michel_Blanquer porte plainte contre les organisateurs.

    #France #discrimination #école #Education_nationale #Enseignement #syndicalisme


  • La plainte contre Sud Education met en cause la liberté syndicale
    https://www.mediapart.fr/journal/france/231117/la-plainte-contre-sud-education-met-en-cause-la-liberte-syndicale

    Jean-Michel Blanquer © Reuters Sud Éducation organise deux jours de réunion sur le #racisme et l’islamophobie dans l’Éducation nationale, avec notamment des ateliers non mixtes. #jean-Michel_Blanquer porte plainte contre les organisateurs.

    #France #discrimination #école #Education_nationale #Enseignement #syndicalisme


  • La plainte contre Sud Education interroge la liberté syndicale
    https://www.mediapart.fr/journal/france/231117/la-plainte-contre-sud-education-interroge-la-liberte-syndicale

    Jean-Michel Blanquer © Reuters Le syndicat Sud Éducation organise en décembre deux jours de réunion sur le #racisme et l’islamophobie dans l’Éducation nationale, avec notamment des ateliers non mixtes. Lesquels suscitent la désapprobation du ministre #jean-Michel_Blanquer qui porte plainte contre les organisateurs. Les organisations s’alarment d’une possible atteinte à leur liberté syndicale.

    #France #discrimination #école #Education_nationale #Enseignement #syndicalisme


  • Un stage syndical antiraciste critiqué par le ministre
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2017/11/21112017Article636468495933383501.aspx

    Pourtant la question de l’apartheid scolaire se pose bien. G Felouzis a été pionnier sur ce sujet, publiant les premières études sur l’apartheid dans les collèges bordelais au début du siècle. Depuis d’autres travaux ont fait avancer les connaissances sur la dimension systémique des inégalités raciales dans l’école. Les enseignants du 93 sont aux premières loges pour en mesurer les effets, notamment comment cette dimension a pénétré les choix scolaires des élèves.

    La question est étroitement liée à un angle mort de la politique ministérielle : le combat pour la mixité sociale à l’école. Les efforts déjà timides du gouvernement précédent ne semblent pas repris par JM Blanquer qui reste muet sur ce thème.

    #école #enseignants #discrimination

    https://seenthis.net/messages/646264 via FabXtra


  • Usul : #islamophobie, un #racisme et de #droite et de #gauche
    https://www.mediapart.fr/journal/france/201117/usul-islamophobie-un-racisme-et-de-droite-et-de-gauche

    À l’heure où #Manuel_Valls tente un retour sur le devant de la scène politique en ciblant les « islamo-gauchistes », Usul et Cotentin décryptent, en collaboration avec le Collectif des raciné.e.s, les expressions toutes françaises de l’islamophobie, qui semblent toujours tolérées à gauche.

    #France #discriminations #islam #religion


  • La #CGT conteste la sanction de deux militants au ministère du travail
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/171117/la-cgt-conteste-la-sanction-de-deux-militants-au-ministere-du-travail

    Mornia Labssi et Thomas Dessalles ont écopé d’un blâme parce qu’ils ont participé à une action de soutien aux sans-papiers dans les locaux de l’administration. La sanction intervient dans le cadre d’un contentieux important sur la #discrimination, au sein même du ministère.

    #Economie #Sans_papiers #syndicats


  • « Si j’avais été blanche, les policiers ne m’auraient pas tabassée »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/151117/si-j-avais-ete-blanche-les-policiers-ne-m-auraient-pas-tabassee

    Assurant avoir été frappée et insultée sans raison par deux policiers en civil, une mère de famille d’Agen porte plainte pour la deuxième fois afin d’obtenir #Justice. Une première enquête avait été classée sans suite. La procureure d’Agen s’en explique, et donne un autre éclairage.

    #France #Agen #bavures #discrimination #libertés_individuelles #Police #violences_policières


  • #metoo : les féministes hongroises ne doivent pas renoncer à éveiller les consciences
    https://hu-lala.org/feministes-hongroises-ne-doivent-renoncer-a-eveiller-consciences

    Dans cette tribune, l’éditorialiste András Jámbor interpelle les féministes hongroises sur les effets de l’affaire Weinstein en Hongrie. En substance, il les invite à se saisir de l’espace médiatique créé pour mener leur combat culturel et « socialiser » les Hongrois au #féminisme.

    Le débat public hongrois et mondial a été marqué ces dernières semaines par des discussions que les féministes hongrois-e-s auraient aimé avoir il y a vingt ans. La campagne #metoo a permis de rapporter de nombreux cas d’abus sexuels et de harcèlement. La société a dû faire face à des faits relatés auxquels nous n’avons jamais été confrontés ensemble, en tout cas sous cette forme. Et de plus en plus de cas d’abus de pouvoir ainsi rapportés ont fait tomber les personnes (...)

    #Idées ##balancetonporc #Article_payant #Discriminations #inégalités_sociales #László_Marton #Lilla_Sárosdi #Mouvement_social


  • L’outre-mer face à l’injustice des tarifs postaux
    https://www.mediapart.fr/journal/france/051117/l-outre-mer-face-l-injustice-des-tarifs-postaux

    Un syndicat et plusieurs associations militantes de gauche dénoncent les tarifs prohibitifs des #colis entre l’outre-mer et la métropole. Les Ultramarins subissent depuis longtemps des prix discriminants, jusqu’à cinq fois supérieurs à ceux pratiqués dans l’Hexagone.

    #France #discrimination #La_Poste



  • Carnet d’un conseiller de Pôle emploi : la discrimination, un combat quotidien - Le Point
    http://www.lepoint.fr/societe/carnet-d-un-conseiller-de-pole-emploi-2-la-discrimination-un-combat-quotidie

    Hier, j’ai bouclé le dossier de candidature d’une jeune femme qui recherche un poste de vendeuse en prêt-à-porter. Elle est pleine de vie, dynamique, passionnée... Bref, elle en veut. Et ce n’est pas si fréquent dans le dédale de Pôle emploi. J’adresse son CV avec un long commentaire sur ses qualités, son expérience à un de mes collègues qui œuvre dans la ville limitrophe à la mienne. Il fait partie des conseillers affectés au service Entreprises, présent dans chaque agence. Ces conseillers n’accompagnent plus directement les demandeurs d’emploi (DE), mais ils gèrent les relations avec le monde des entreprises : ils prennent note des offres, sélectionnent et présentent des candidats... Ce collègue est donc censé valider les compétences de ma candidate et faire suivre son CV à l’employeur. Ah, si tout était aussi évident !

    Quelques heures, à peine, après l’envoi de la candidature, il m’a transmis son refus de soumettre le dossier de ma jeune DE. Motif ? Il a décidé qu’elle habitait trop loin de l’emploi proposé ! Je le rappelle : la ville de la DE et la ville du magasin se touchent… Ce collègue ignore que ce qu’il fait, c’est de la discrimination. Ce n’est pas moi qui le dis, mais la loi. Il devait avoir « piscine » le jour de la formation « lutte contre les discriminations », obligatoire dans le parcours d’un conseiller Pôle emploi. Une simple recherche sur Internet « discriminations + critères » permet de se rafraîchir la mémoire… À cette annonce, je suis tombé de ma chaise, car nous, conseillers de Pôle emploi, sommes censés être les garants de la lutte contre les discriminations en tant que serviteurs du service public de l’emploi.

    Nous sommes confrontés quotidiennement à la discrimination
    J’ai averti mon supérieur hiérarchique. Mais ni lui ni moi ne pouvons passer outre ce collègue. Du coup, la candidature de la jeune fille ne sera pas transmise. Que lui dire ? La vérité ? Cela finirait sans faute sur le bureau de notre médiateur. Avec des conséquences qui pourraient être ennuyeuses pour mon collègue. Lui, conseiller entreprise, tient à satisfaire l’employeur, moi, conseiller à l’emploi, je dois favoriser ceux qui en ont le plus besoin. Pôle emploi devra résoudre ce dilemme né avec la création récente des conseillers « entreprise », et qui conduit à ce genre d’absurdités.

    La discrimination est un sujet sérieux auquel nous sommes confrontés quotidiennement. (...)
    Depuis plusieurs années, j’accompagne deux jeunes femmes d’origine maghrébine dans leur recherche d’emploi. Toutes deux ont un diplôme d’études supérieures dans le tertiaire. Elles sont modernes, compétentes, pétillantes, volontaires ; aucune ne porte de voile. Pourtant, alors qu’habituellement, j’arrive à placer ce type de profil en quelques semaines – avec des prénoms d’origine française –, je n’ai pu jusque-là trouver seulement, pour chacune d’elle, un contrat aidé. Nous arrivons avec difficulté à obtenir des entretiens malgré nos dizaines de candidatures. Pour moi, cela ne fait aucun doute que la discrimination est responsable de ces échecs. Je dois à chaque rendez-vous les motiver. Car pour ceux qui ne sont pas soutenus, la discrimination peut conduire au désespoir, au découragement, à l’oisiveté, parfois mère de tous les vices.

    Il est bien calibré le conseiller avec son « chalenge » à ne pas arriver à vendre de la chômeuse dont il vante le dynamisme...
    #idéologie_du_travail #Pôle_emploi #embauche #discrimination #oisiveté #demandeurs_de_salaire #chômeurs #coaching

    https://seenthis.net/messages/641451 via colporteur



  • La galère des étudiants toujours en attente de leurs bourses du Crous | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201710201101/la-galere-des-etudiants-toujours-en-attente-de-leurs-bourses-du-crous

    Comment payer les frais de sa rentrée universitaire quand la bourse qui doit vous permettre de vivre n’est toujours pas arrivée ? Témoignages d’étudiants en pleine galère.

    Et après on fait mine de se demander pourquoi la France est un des pays où la reproduction des inégalités atteint des niveaux records.
    #pauvreté #bourses #Crous #discriminations #classes_sociales #université #éducation

    https://seenthis.net/messages/639663 via ninachani


  • #Pérou : le #mur de la #honte | Actu et société | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/078636-000-A/perou-le-mur-de-la-honte
    https://static-cdn.arte.tv/resize/bKswpOytO4f3r1BT9RnW2BHOujc=/940x530/smart/filters:strip_icc()/apios/Img_data/22/078636-000-A_2219521.jpg

    Environ deux tiers de la population vit à Pamplona alta, à la périphérie de la capitale péruvienne. Ici, ni gaz, ni électricité, ni eau courante, mais des cabanes en bois et en tôle accrochées à flanc de montagne. De l’autre côté du #mur, à Las Casuarinas et la Molina, des rues goudronnées ourlées d’espaces verts accueillent des villas cossues avec jardins et piscine.

    #richesse #pauvreté #racisme #classes #discrimination

    https://seenthis.net/messages/638732 via odilon


  • Free Money at the Edge of the Tech Boom - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/technology/archive/2017/10/stockton_ubi_basic_income/543036
    https://cdn.theatlantic.com/assets/media/img/mt/2017/10/Pasted_image_at_2017_10_18_12_34_PM-1/facebook.png?1508360139

    a strain of African American thought expressed by no less a leader than Martin Luther King Jr. “The solution to poverty is to abolish it directly by a now widely discussed measure: the guaranteed income,” King argued in 1967. Though Tubbs didn’t mention them, the previous year, the Black Panthers came out with their famous 10-Point Program. And there it is in point number two: “We believe that the federal government is responsible and obligated to give every man employment or a guaranteed income.”

    Perhaps it’s not surprising that different black thinkers in the 1960s came to the conclusion that a guaranteed income would be an effective way to fight the poverty that resulted from structural racism. They’d just seen a generation of federal programs make white Americans much, much wealthier, while also seeing how those same policies discriminated against them. The big programs that were created during the New Deal were boxed in by what historian Ira Katznelson calls “the Southern cage.” In exchange for creating socialistic Federal programs, the then-Democrats of the south required policies that would reinforce the racial hierarchy of the country.

    #revenu_universel #logement #discrimination #silicon_valley

    https://seenthis.net/messages/638811 via Fil


  • Marie Pezé : « Les #violences sexuelles et sexistes sont dans le socle de notre société » - Page 2 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120516/marie-peze-les-violences-sexuelles-et-sexistes-sont-dans-le-socle-de-notre
    https://static.mediapart.fr/files/2016/05/12/peze.jpg

    Pionnière des consultations hospitalières de souffrance au travail, la psychologue clinicienne et psychanalyste Marie Pezé assiste depuis des années à la flambée des violences sexuelles et sexistes faites aux femmes. « Nos #femmes en France sont piégées par notre organisation du travail taillée pour les hommes par les hommes. Certes, il y a le #sexisme et les #agressions sexuelles. Mais c’est la partie médiatisée. Au-dessus, il y a le #viol, en dessous, il y a la #discrimination de système à l’œuvre au quotidien. Ces violences sont dans le socle de notre société. Tant que cette infériorisation du destin des femmes ne sera pas attrapée à bras-le-corps, nous ne réglerons rien », alerte cette experte reconnue de la maltraitance dans l’entreprise. Entretien.

    https://seenthis.net/messages/638294 via Agnès Maillard



  • Laurent Alexandre, prophète du QI artificiel Le Comptoir le 22 septembre 2017 - Michel Juffé
    https://comptoir.org/2017/09/22/laurent-alexandre-prophete-du-qi-artificiel

    Les discussions autour de la technologie sont sujettes à de nombreuses spéculations plus ou moins rigoureuses. Le Comptoir vous propose ici une version remaniée d’un texte initialement paru sur le blog technocritique Mais où va le web ?. Plein de bon sens, le philosophe Michel Juffé y questionne les fondements et les errances intellectuelles des interventions-spectacles de Laurent Alexandre, (fut)urologue (spécialiste) de l’intelligence artificielle et fondateur du site Doctissimo dont le “sérieux” n’est plus à prouver. Le philosophe répond notamment à son entretien publié au Figarovox en juin 2017 et qui donne le ton : « “Bienvenue à Gattaca” deviendra la norme ».

    Laurent Alexandre n’hésite pas à déclarer que :

    « L’intelligence dans une société numérique est la clé de tout pouvoir politique et économique. Nous avons créé une société de la connaissance sans réfléchir aux conséquences. Nous avons bâti une économie de la connaissance, sans comprendre que nous allions donner un avantage immense aux gens maîtrisant les données, dotés de plasticité cérébrale leur permettant de changer régulièrement de métier et de se former leur vie durant : toutes qualités qui sont mesurées par le QI [quotient intellectuel, NDLR]. Un point de QI supplémentaire fera de plus en plus la différence dans la société de la connaissance. Il faudrait rebaptiser le QI et l’appeler QCIA, le Quotient de complémentarité avec l’intelligence artificielle, pour lui ôter son caractère stigmatisant. À partir de 2020, le QI minimum pour avoir un emploi va augmenter de l’ordre de cinq à dix points par décennie. »

    Le QI n’a jamais été présenté, par ses inventeurs, comme une mesure de l’intelligence au sens global du terme – qui mesurerait la capacité de discriminer, jugement, esprit d’analyse et de synthèse, créativité, etc. – mais comme une mesure de performances dûment étalonnées, c’est-à-dire, pour grossir le trait, celles qu’on attend d’un élève qui a appris à lire, écrire, compter et dessiner.
    https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2017/09/test-de-qi-quotien-intellictuel.jpg
    Prenons par exemple un test de QI en ligne (il y a des dizaines de sites du genre, ils sont rarement très sérieux…). On nous dit que : « Ce test de QI en ligne évaluera votre quotient intellectuel ou QI. Ce test QI rapide donne un résultat quantitatif et standardisé lié à l’intelligence abstraite. Nous utilisons la méthode du “QI par rang”. Elle permet à une personne de se comparer à un ensemble d’individus classés par secteur. » En clair, c’est un test comparatif, qui ne peut donner de valeurs absolues. Le QI donne donc un indice de dispersion autour d’une moyenne. En l’occurrence pour le QI standard, la moyenne est fixée à 100 pour des raisons arbitraires et historiques. La dispersion des valeurs de QI se situe généralement entre 60 à 140, sachant que moins de 70 est considéré comme “extrêmement inférieur” et que plus de 130 est “extrêmement supérieur”. À quoi ? Eh bien à la moyenne toujours arbitrairement fixée à 100. On a ainsi pu dire que le QI ne mesure que lui-même !

    Ainsi, quand on lit, par exemple, que le QI moyen des Français est de 98, que celui de la plupart des pays d’Afrique est de 70, et que celui de la Chine est de 105, c’est entièrement faux. N’y voir aucun préjugé racial ! Pour que de tels résultats soient valides, il faudrait placer un échantillon de toute la population mondiale dans un seul lot, un seul “secteur”, lui faire disposer des mêmes éléments culturels, des mêmes conditions de passation du test, et d’une garantie très forte de bonne lecture des résultats. C’est rigoureusement impossible. Ce que révèle l’édification du QI en mesure de l’intelligence ou encore en point de comparaison entre sociétés ou civilisations, c’est surtout une position idéologique très forte. Ce qu’on promeut à travers ce genre de démarche, c’est la correspondance accrue à un certain système de valeurs, à un environnement particulier qui valorise ce genre d’intelligence pour de bonnes ou de mauvaises raisons et avec de bons ou de mauvais effets. Rien ne dit que ces systèmes sont plus “intelligents” que les autres, plus humains, plus sains. L’histoire du QI ne dit pas autre chose : cette mesure a servi à justifier toutes les inégalités sociales, voire à produire des politiques publiques discriminantes.

    « Prendre le QI comme signe d’intelligence, c’est à peu près comme demander à un chien de chasse de sauter dans un cerceau, sans tenir compte de son intelligence de chasseur. »

    Revenons à notre (fut)urologue et calculons un peu. Selon Laurent Alexandre, dans 50 ans il faudra avoir un QI de 150 pour avoir un emploi, et dans 100 ans un QI de 200. C’est bien embêtant, car, en réalité, la moyenne restera toujours à 100, donc seulement 1/1000 de la population, au plus, aura un emploi. Et on ne pourra pas supprimer les autres, car cela ne servirait plus à rien d’avoir un QI de 200 et plus (faute de base : toujours cette satané moyenne !). Ici, je pense à la reine rouge d’Alice : il faut courir deux fois plus vite pour rester sur place.

    Le QI, ce Graal
    Moderniser l’école, bien sûr. Car à présent les « classes populaires » sont dépassées par « la technologie qui galope ».

    Il faut, nous dit Laurent Alexandre, augmenter les « capacités cognitives de la population, puisque dans le futur la quasi-totalité des inégalités seront liées aux capacités cognitives ». Comme c’est simple ! À concevoir tout au moins. Toujours la même erreur de raisonnement : si tout augmente, rien n’augmente.

    « La bétise, mieux vaut la prévenir, car on ne peut pas la guérir. »

    Peu importe. Le rôle de l’école va devenir « la programmation des prothèses cérébrales ». Sous le contrôle de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), bien sûr ! On a eu chaud. Imaginons que le rôle de l’école soit d’augmenter la taille des élèves, leur poids ou la longueur de leurs cheveux, ce serait beaucoup plus difficile. Tandis que là, l’école aura seulement à s’occuper de mieux remplir le cerveau des élèves… Ce qu’elle fait déjà depuis 130 ans (avec l’obligation d’instruire toute la population), avec les programmes ministériels et les manuels scolaires. Ce seront toujours des manuels, mais sous forme d’implants cérébraux. La niaiserie, dont Laurent Alexandre accuse l’école, est plutôt celle des adorateurs des “manipulations cérébrales made in Californie” qu’il invoque comme d’autres invoquent les esprits de la forêt ou dansent devant un totem.
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    D’où cette mâle proposition : « On ne sauvera pas la démocratie si nous ne réduisons pas les écarts de QI. » Le QI devient ainsi une baguette magique… à mettre entre toutes les mains. Faut-il encore répéter – pour les malcomprenants – que le QI est une mesure de performances standardisées qui n’a de sens que par des écarts, sur une échelle conventionnelle ? Bref, le QI ne mesure pas l’“intelligence” mais des capacités combinatoires, numériques et géométriques, soit une faible partie des capacités intellectuelles, une goutte d’eau dans un océan de complexité. Prendre le QI comme signe d’intelligence, c’est à peu près comme demander à un chien de chasse de sauter dans un cerceau, sans tenir compte de son intelligence de chasseur. Par ailleurs, même en se plaçant dans un contexte de concurrence mondialisée “inévitable” qui semble être l’unique système de pensée supportant les analyses de Laurent Alexandre, le QI n’offre aucune garantie qu’on s’en tirera vraiment mieux ; puisqu’il ne mesure ni la créativité, ni le talent, qui seront pourtant les “compétences” les plus utiles dans le monde automatisé qui s’annonce.

    Foin de ces raffinements, ce qui compte est d’augmenter le QI, comme l’annonce le Prophète – Elon Musk – qui sait que l’augmentation “massive” du QI aura lieu par implants cérébraux. « La seule solution, avec le développement de colonies sur Mars, pour éviter que l’humanité tout entière soit exterminée d’un coup. » Elles sont quand même fortes ces IA ! Elles pourraient nous exterminer « d’un coup. »

    Vous ne connaissez pas Elon Musk ? Cet homme, dont le QI doit être très élevé, sûrement plus que 260 (le record officiel, de 250, est détenu par un américain – of course !), a 46 ans, est père de jumeaux et de triplés, pèse 17 milliards de dollars, et dirige plusieurs sociétés, grâce auxquelles il va nous transporter à 2 000 km/h par voie terrestre, nous envoyer sur Mars par millions, supprimer les bouchons des grandes villes et fusionner l’IA et le cerveau humain (dès 2021).

    IA, implantation : fusion et confusion
    Rappelons rapidement ce qu’est l’IA. L’intelligence artificielle est « l’ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence » (Encyclopédie Larousse). C’est sommaire et un peu tautologique, mais cela nous suffira pour la suite.

    Quelles sont les possibilités d’une IA ? On parle d’IA depuis Turing (1950) mais on se heurte toujours à la question du traitement de données non formalisées, autrement dit des connaissances qualitatives – une grande partie de celles qui nous sont utiles. S’il est vrai que le “deeplearning” est un saut qualitatif en matière d’analyse du signal sonore ou visuel – reconnaissance faciale, reconnaissance vocale, vision par ordinateur, traitement automatisé du langage, par exemple – nous restons dans le connu, le perceptible et le sensible. Je veux dire par là que nous n’apprenons pas à créer par automatisme, et que dès que l’objet reconnu comporte un très grand nombre de dimensions (un corps humain en action par exemple), il devient inanalysable… pour le moment.

    « Durant la transmission électrochimique entre nos neurones, l’ordinateur, même s’il ne fonctionne qu’au ralenti a pu accomplir un million d’opérations, tandis qu’un être humain n’a pu en effectuer une seule. »

    Et s’il est vrai que la dictée orale de textes sur ordinateur est un vrai progrès pour ceux qui écrivent beaucoup, les corrections restent longues et fastidieuses. Quant à la traduction automatique, elle réserve de belles et parfois cocasses surprises. Il s’agit bien d’intelligence artificielle, si intelligere est avant tout discriminer, différencier, trier, comme le suggère l’étymologie latine. Mais la modélisation ne peut pas être illimitée, car quelles que soient la vitesse et l’architecture de traitement de données d’un ordinateur, l’augmentation des dimensions à paramétrer excède assez vite toute possibilité de calcul.

    https://comptoirdotorg.files.wordpress.com/2017/09/singularity-c3po_2.jpg

    Ce qui est “profond” est le nombre de couches de traitement de données et non l’apprentissage lui-même, au sens habituel du terme. Et ce qui est important est le service rendu, par exemple à des aveugles pour se diriger et reconnaitre des objets et des personnes. Bref, l’IA ne va pas, par un coup de baguette magique, rendre les gens intelligents, mais elle facilite l’usage de leur intelligence et peut les dispenser des tâches qui requièrent une intelligence répétitive, habituelle, conventionnelle, etc. N’oublions pas, aussi, que l’IA reste opaque pour la plupart des usagers, à commencer par le GPS des voitures et des téléphones mobiles, les moteurs de recherches, et bien d’autres “applis” auxquelles ils ne comprennent rien. D’où non seulement le danger d’une grande fracture numérique mais aussi celui de distorsion et de falsification des informations, aides et renseignements recueillis.

    Il ne faut pas, non plus, surestimer les performances d’une IA. Par exemple, depuis 2016, celle de battre un champion du jeu de Go. Il a bien fallu programmer l’ordinateur – pardon l’IA – pour qu’il combine des successions de coups. Et qui l’a programmé ? Des gens qui savent jouer au Go et ont eu tout leur temps pour bâtir ce programme. Ce qui est nouveau est que les concepteurs ont imité une forme d’intuition, produite par des milliards d’ajustements automatiques dont personne ne comprend la logique.

    Pour le reste, ça n’est qu’une question de vitesse relative : la transmission électrochimique (celle de nos neurones) est au mieux de 100 m/s, donc 1/200 de seconde pour 50 centimètres (entre l’œil et la main, par exemple). Durant cet intervalle, l’ordinateur, même s’il ne fonctionne qu’au ralenti – disons à 10­ 000 km/s – a pu accomplir un million d’opérations, tandis que par ailleurs, un être humain n’a pu en effectuer une seule, car le cerveau ne discrimine que des durées supérieures à 1/25 de seconde.

    L’IA de demain
    Aux dires de 252 experts en apprentissage par ordinateur (les plus qualifiés du monde, bien sûr), l’IA “battra” les humains en traduction des langues (à l’horizon 2024), en rédaction d’essais (2026), en vente (2031), en chirurgie (2050). En ce qui me concerne, encore neuf ans de patience et je pourrai arrêter d’écrire. En revanche rien n’est dit sur la fabrication des tartes aux pommes, où j’excelle, et je vais peut-être pouvoir continuer à en faire jusqu’en 2035 ou plus. Les mêmes prédisent que tous les emplois humains seront remplacés dans 120 ans. Encore une prédiction cocasse : comme on ne sait rien de notre mode de vie dans 120 ans, que peut-on prévoir sur l’emploi ou quoi que ce soit d’autre ? Qui aurait imaginé la machine à laver le linge et la pilule contraceptive au début du XXe siècle ? C’est pourtant ce qui a le plus changé la vie des femmes (donc de l’espèce humaine) durant ce siècle, en incluant les progrès de la chirurgie et de l’imagerie médicale. Personne n’aurait l’idée de parler d’IA à propos de la machine à laver, c’en est pourtant un des plus beaux succès.

    Toujours est-il qu’Elon Musk et ses compétiteurs (car c’est un marché de milliers de milliards de dollars, bien sûr) ne veulent pas que nous soyons dépassés par les IA (au sens fort du terme : machines capables d’apprendre, d’éprouver des émotions, de se reproduire).

    « Pour nous sauver des IA tyranniques, des composants électroniques seraient implantés dans le cerveau “entrelacés entre nos 83 milliards de neurones, ce qui nous transformerait en cyborgs” [sic(k)]. » Laurent Alexandre

    Car, ayant lu trop de science-fiction de médiocre qualité et ayant vu plusieurs fois Terminator I, II et III, ils sont persuadés de la révolte des machines, autrement dit que l’IA va “dépasser” (à droite ou à gauche ?) l’homme, ce qui « nous transformerait en animaux domestiques dans le meilleur des cas. »

    « Elon Musk, nous dit Laurent Alexandre, est très influencé par Nick Bostrom [44 ans, professeur à Oxford], le théoricien des IA hostiles, qui défend l’idée qu’il ne peut y avoir qu’une seule espèce intelligente (biologique ou artificielle) dans une région de l’univers. Ayant comme premier objectif sa survie, toute IA forte se protégera en cachant ses intentions agressives et en attaquant préventivement. » Qu’est-ce qu’une espèce intelligente ? Et pourquoi ne pourrait-il y en avoir qu’une dans une région de l’univers ? Et les fourmis, alors ? Et les rats, qui nous parasitent autant qu’ils veulent ? Et les arbres, sans lesquels nous n’existerions même pas ? J’oubliais : toutes ces choses-là (fourmis, rats, arbres) ne peuvent pas passer un test de QI, alors que les IA le peuvent.

    Bref, pour nous sauver des IA tyranniques, des composants électroniques – je suppose de la taille de quelques micromètres (10-6 µm), avec une finesse de gravure de 10 nanomètres (10-8 nm) – seraient implantés dans le cerveau « entrelacés entre nos 83 milliards de neurones, ce qui nous transformerait en cyborgs » (comme il peut y avoir jusqu’à 20 000 synapses par neurone, on ne sait pas très bien où se passera l’entrelaçage). Difficile de rester plus vague : à quoi serviront ces implants ? Faudra-t-il les remplacer ? À quel rythme deviendront-ils obsolètes ? Qui va les réparer ? Eux-mêmes ? Un couple de médecins et d’IA-médecins ? Leur porteur (puisqu’il est devenu très intelligent) ? Un électronicien ? Un plombier ?

    L’idée même de fusion – étape suivante de l’augmentation cérébrale – entre IA et êtres humains, sous des dehors riants (fusionner c’est augmenter, en mieux) est assez mal venue. La fusion est généralement une régression ; l’amour fusionnel diminue les deux partenaires et augmente leur fragilité. Le métal en fusion perd toute forme (mais le forgeron est là pour lui en donner une). Faire fondre quelque chose (du liquide au solide) peut être très utile, faire fusionner deux choses en les rendant liquides pour les mélanger (amalgame dentaire) aussi. La fusion de deux sociétés est quant à elle pleine d’aléas (si ce sont des réseaux ferroviaires, électriques ou bancaires, on en voit les avantages en termes de solidarité et de fiabilité, mais si ce sont des entités industrielles et/ou commerciales très variées, c’est souvent un échec). Mais fusionner deux organismes tels qu’un réseau de composants électroniques et un cerveau humain, si c’est seulement possible, relève d’une erreur d’attribution : ce n’est pas parce qu’on a parlé de réseaux de neurones en IA qu’il s’agit de vrais neurones artificiels. Cette prétendue fusion aboutirait plus probablement à Brendel/mouche/télépode (cf. le film La Mouche) – soit un abominable mélange régressif et non viable. En réalité, il ne s’agit pas de fusion mais de greffe (si la chose implantée s’incorpore à peu près complètement) ou de prothèse (si elle remplace passivement).

    À la question « Quel est le contraire de l’intelligence artificielle ? », Henri Atlan répondit « La bêtise humaine »

    Revenons au futur proche. “L’augmentation cérébrale”, en supposant qu’elle réussisse, serait-elle d’une quelconque utilité ? Si elle affine nos sens, nous permet de mémoriser plus aisément, de réagir plus vite, d’être plus précis dans nos gestes, elle ne sera pas mal venue. Rendra-t-elle plus intelligent ? Oui, si toutes les qualités susnommées nous rendent plus aptes à discerner, à juger, à nuancer, à peser, à imaginer, à choisir. Ce qui n’a rien de sûr, car les hautes performances corporelles ne garantissent en rien la moindre capacité à faire face aux diverses situations sociales, économiques, techniques, écologiques… auxquelles sont confrontés en permanence les êtres humains (comme tous les autres êtres vivants d’ailleurs). En revanche la saturation d’informations, l’implantation d’éléments à très haute vitesse et inaptes à se régénérer risquent d’induire de graves dysfonctionnements et des phénomènes de types cancéreux.

    D’ailleurs, pourquoi les adorateurs de l’IA n’ont-ils pas pensé à quelque chose de bien plus simple : doubler, tripler ou décupler le nombre de neurones, ce qui nous rendrait – forcément – deux, trois ou dix fois plus “intelligents” ? Il suffirait d’augmenter aussi le volume intérieur de la boîte crânienne ou de la remplacer par un casque hémisphérique en tungstène.
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    Puces RFID implantées dans les mains.

    Revenons à notre ami Laurent Alexandre. Lorsque le journaliste (Vincent Tremolet de Villers) lui dit : « L’homme ne se réduit pas à son cerveau. Il est aussi sensibilité et vie intérieure. Ces deux dimensions sont-elles menacées ? », il a droit à cette réponse digne de figurer dans une anthologie du non-sens : « Vous avez à mon sens tort, l’homme se réduit à son cerveau. Nous sommes notre cerveau. La vie intérieure est une production de notre cerveau. L’Église refuse encore l’idée que l’âme soit produite par nos neurones, mais elle l’acceptera bientôt. »

    À l’appui de cette vérité définitive, Laurent Alexandre cite le révérend Christopher Benek [dont le site “illuminant” vaut le détour], qui souhaite que les machines douées d’intelligence puissent recevoir le baptême si elles en expriment le souhait. Ouf, nous sommes sauvés : c’est bien connu, des machines chrétiennes ne pourront être que des apôtres de l’amour universel et ne chercheront jamais à éliminer l’être humain. Bien mieux que les trois lois de la robotique d’Asimov.

    L’ordre numérique et la loi technologique
    Les élucubrations franchissent un cran dans la mégalomanie, lorsque Laurent Alexandre nous explique que nous, auditeurs moyens, n’avons pas encore compris que les “vrais” maîtres du monde sont les Gafa [Google, Amazon, Facebook, Apple, NDLR] et leurs semblables asiatiques. Ce sont eux qui font la “loi” (on ne sait pas laquelle, mais peu importe) et dictent leur conduite aux gouvernements (NB : avant c’était les Ford, les Rockefeller, etc.). « L’essentiel des règles n’émane plus des parlements mais des plateformes numériques. » Les parlements sont dépassés et même obsolètes, puisqu’ils ne comprennent rien à LA technologie, ne pourraient pas « auditer » les IA (je n’ai pas compris en quel sens Laurent Alexandre emploie le mot “auditer”). Bref, les politiques, comme les éducateurs, vivent dans le passé et feraient bien de se mettre à l’écoute des dirigeants de la révolution numérique, qui vont parvenir, enfin, à créer “l’homme nouveau” dont rêvaient les communistes dans les années 1920.

    « Deux choses sont infinies, l’univers et la bêtise humaine, et pour l’univers je n’en suis pas absolument sûr » citation attribuée à Albert Einstein

    Il est quand même douteux que les politiques y parviennent (à écouter les maîtres du monde) car ils « raisonnent à quinze jours, la Silicon Valley à 1 000 ans », clame Laurent Alexandre (cité par Hubert Guillaud sur le site Internetactu, d’après son discours déjanté à la conférence Unexpected sources of inspiration, centrée sur les enjeux du digital et créée il y a 10 ans ; elle a accueilli 1 800 personnes au Carrousel du Louvre en 2015).

    Quel manque d’ambition de la Silicon Valley (telle que l’imagine Laurent Alexandre). Car, en réalité, ses 6 000 entreprises de haute technologie et ses liens consubstantiels avec l’université de Stanford, une des meilleures du monde, sont capables de réalisations de grande qualité. Des auteurs tels que H.G. Wells, A.E. Van Vogt, A.C. Clarke, I. Asimov, R. Silverberg, etc. anticipent sur des centaines de milliers, des millions et même des milliards d’années (cf. La Cité et les Astres, d’Arthur Clarke, écrit en 1956).

    De plus, ce jugement est faux : les hommes d’État de quelque envergure ont depuis longtemps envisagé le futur sur des centaines d’années ou plus, et ont tout fait pour bâtir pour des millénaires. Il est également faux que tout se passe à la Silicon Valley. Les fabricants de matériel électronique, de systèmes, réseaux et terminaux (tels que les smartphones, par exemple) informatiques, œuvrent dans le monde entier. Et l’inventivité en matière d’usages du “numérique” n’est pas l’apanage de l’Amérique du Nord. Ce qui distingue les Californiens est d’une part une capacité à capitaliser vite et bien, et par suite à monter rapidement de grandes compagnies, d’autre part leur industrie du spectacle (show business) qui en fait les premiers “communicants” (baratineurs et propagandistes) du monde.

    Certes, une branche d’industrie peut vouloir “faire la loi” dans son domaine (comme EDF entre 1945 et 1985), mais ne peut pas voter les lois, et c’est pourquoi le lobbying et la corruption d’élus et de fonctionnaires existent.

    De l’urologie à la futurologie
    Laurent Alexandre est médecin diplômé d’urologie et a suivi les cours de MBA d’HEC, ce qui lui a manifestement réussi puisqu’il a créé Doctissimo – site plusieurs fois dénoncé pour son peu de fiabilité –, qu’il a vendu au groupe Lagardère pour 70 millions d’euros en 2008. Depuis, il a ajouté trois lettres à sa spécialité de départ, « f-u-t » comme dans futé, car il l’est, pour faire avaler de telles énormités. Car ce n’est pas fini : il est aussi généticien, cosmologue et visionnaire à très, très long terme.

    « Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain » Friedrich Schiller, La pucelle d’Orléans, 1801

    Pour lui, l’espèce humaine va devenir immortelle… d’ici 1 000 ans au plus. Pour cela, il faudra avoir fusionné avec l’IA. « Le but ultime de la science est de combattre la mort de l’univers, par la création artificielle de nouveaux univers. Après la mort de la mort, la science se consacrerait à combattre la mort de l’univers. La cosmogénèse artificielle mobiliserait toute l’énergie de l’humanité dans les prochaines milliards d’années. »

    Isaac Asimov avait trouvé plus simple de construire un ordinateur, Multivac, qui, après des milliards d’années d’auto-perfectionnement (et suite à la fusion, hors espace-temps, entre ordinateur et être humain), découvrirait enfin, après la disparition de l’univers, la réponse à la question : « Peut-on inverser l’entropie ? » et engendrerait un nouvel univers en disant simplement : « Que la lumière soit ! » (La Dernière Question, 1956). Mais Laurent Alexandre ne cite pas Asimov.

    En revanche, il croit citer Darwin qui aurait “expliqué” que si l’univers mourrait, alors l’aventure humaine n’aurait eu aucun sens. On peut toujours chercher quoi que ce soit qui ressemble à ce genre de réflexion chez Darwin, ce serait en vain, car Darwin comprenait que l’espèce humaine est une espèce parmi d’autres, vouée à disparaître, comme les autres. Il est vrai que Darwin ne savait rien de l’IA. Quel était son QI, au fait ?

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    Il prétend aussi citer Teilhard de Chardin, qui aurait introduit en 1922 le terme de “noosphère”, alors que, même s’il y a pensé dans les années 1920, le terme a été d’abord utilisé publiquement par Édouard Leroy au Collège de France en 1927, et diffusé par Vernadski, auteur de La Biosphère (1926) – ouvrage traduit en français en 1929 – qui formule le triptyque suivant : lithosphère, biosphère, noosphère. Teilhard en parle dans Le Phénomène humain, qui n’a paru qu’en 1955, ayant été interdit par l’Église catholique durant près de dix ans. Ce qui est certain, c’est que Laurent Alexandre ne comprend rien à la pensée de Theilhard : « Le monde futur décrit par Teilhard est bien cette fusion neurotechnologique où le corps disparaît progressivement. » Teilhard n’a jamais envisagé ce genre de futur. Il voulait concilier la théorie darwinienne et un Dieu « Moteur, Collecteur et Consolidateur, en avant, de l’Évolution » (La place de l’homme dans la Nature : Le groupe zoologique humain, 1956 ; ce livre fut interdit à la publication durant sept ans).

    Laurent Alexandre est quand même un grand humaniste, porteur d’une nouvelle éthique : « Je suis persuadé que le sauvetage de notre corps constitue l’un des trois piliers essentiels de notre humanité avec le maintien du droit à nous déconnecter de la matrice et le maintien d’une part de hasard génétique. » Comme la vie humaine est simple : tous les autres maux dont nous pouvons souffrir ne sont rien à côté des trois qu’il dénonce !

    Par exemple : les maladies dégénératives, les guerres de religion, les pénuries alimentaires, les pollutions (air, sol, eau), les catastrophes naturelles, les accidents industriels, l’exploitation des enfants, les viols et violences continuels, etc. Laurent Alexandre vit déjà dans un monde virtuel où rien ne compte d’autre que la projection permanente de visions manichéennes (transhumains, tous bons – IA, toutes mauvaises) et d’ennemis imaginaires propres aux délires paranoïaques (au vrai sens du terme : se croire menacé de destruction). À moins qu’il ne fasse semblant, parce que ça peut rapporter encore plus d’argent que Doctissimo.

    #Qi #discriminations #IA #Elon_Musk #Laurent_Alexandre #RFID #stupidité #Urologie #futurologie #Doctissimo #Isaac_Asimov #noosphère

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  • Vainqueurs du marathon de Bruxelles : 1000 euros pour l’homme, 300 pour la femme RTBF avec Agences - 1 Octobre 2017
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_vainqueurs-du-marathon-de-bruxelles-1000-euros-pour-l-homme-300-pour-la-

    _ Au cœur de la capitale européenne, le sexisme se porte trés bien.
    Ceci dit, que peut on attendre de ces compétitions sportives créées afin d’enrichir leurs organisateurs(trices) aux frais des contribuables.

    #sexisme #discrimination #inégalités #sexisme_ordinaire #domination_masculine #femmes #bruxelles #sexisme_finacier

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  • Sexisme ordinaire dans les facultés de médecine - Libération
    http://www.liberation.fr/evenements-libe/2017/09/26/sexisme-ordinaire-dans-les-facultes-de-medecine_1598816

    En septembre, l’intersyndicat national des internes (Isni) a lancé la première enquête nationale sur le #sexisme dans les #études_médicales. Comme la dépression et le burn out, le sexisme sévit sur les bancs des facultés de #médecine. Osons enfin parler de ces situations tristement communes que subissent les étudiants et étudiantes tout au long de leur #cursus_universitaire.

    Par cette étude, nous souhaitons faire un état des lieux du sexisme ordinaire, c’est-à-dire repérer les actes, les omissions, les dérives et proposer ensuite des pistes d’amélioration. Il s’agit de briser l’omerta. C’est à cette condition que nous pourrons progresser vers plus d’égalité et de bien-être dans le parcours des étudiants en médecine, puis dans l’exercice de leur profession. Nous dénonçons toute forme de #harcèlement et de #discrimination, en particulier celles qui sont liées au genre. Remarques dégradantes, questions déplacées et chantages à caractère sexuel doivent être combattues. Cette étude doit faire la lumière sur un malaise que nombre d’entre nous ressentons, et y mettre un terme. L’humour carabin ne peut tout excuser.

    via @mona #enseignement encore un effort et #penser_à_la_forme_épicène

    https://seenthis.net/messages/632689 via odilon


  • Les Néerlandaises dénoncent le sexisme des toilettes publiques RTBF - 23 Septembre 2017 - Belga
    https://www.rtbf.be/info/insolites/detail_neerlandaises-denoncent-le-sexisme-des-toilettes-publiques?id=9717103

    « Pouvoir au pipi ! » : c’est sous ce slogan provocateur que des dizaines de Néerlandaises ont entrepris samedi d’utiliser des urinoirs pour dénoncer le manque de toilettes publiques adaptées aux femmes, une riposte à l’amende reçue par une femme qui avait uriné dans la rue.

    Manque de toilettes adaptées aux femmes
    Accroupies, se pinçant le nez ou portant des caleçons d’hommes : des Néerlandaises ont répondu à l’appel du groupe #zeikwijven (littéralement, « les nanas qui pissent ») à « se tenir prêtes près des urinoirs pour montrer de manière humoristique qu’il n’est pas possible pour les femmes de faire pipi de manière nette, propre et digne dans un urinoir conçu pour les hommes ».

    Ce « premier jour national du pipi dans les urinoirs publics » , suivi par plus de 9.000 personnes sur Facebook, est né après la condamnation lundi de Geerte Piening à une amende de 90 euros pour avoir uriné en 2015 dans une allée à Amsterdam durant la nuit, alors que bars et cafés étaient fermés.
    https://ds1.static.rtbf.be/article/image/1248x702/6/c/5/ddeebdeefdb7e7e7a697e1c3e3d8ef54-1506178768.jpg
    Ce débat a eu d’autant plus d’écho que le juge a remarqué que Geerte aurait dû utiliser les urinoirs destinés aux hommes. « Ce n’est peut-être pas agréable, mais cela pourrait être possible », a-t-il conseillé, cité par le journal Het Parool.

    La proposition du juge est une « absurdité » , estime Cathelijne Hornstra, l’une des initiatrices du mouvement, car aucune technique ne garantit l’intimité des femmes dans les urinoirs publics, alors qu’Amsterdam compte actuellement 35 urinoirs pour hommes et seulement trois toilettes publiques adaptées aux femmes.

     #toilettes #urinoirs #santé #femmes #sexisme #racisme #discrimination #misogynie #domination_masculine #patriarcat #domination #machisme #inégalités #Pays_Bas #Hollande #Amsterdam #Pipi

    https://seenthis.net/messages/631893 via BCE 106,6 Mhz


  • « À la croisée du féminisme et de l’antiracisme » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/A-la-croisee-du-feminisme-et-de-l

    je suis arrivée à une vision critique de la société par le #féminisme. Ce que j’ai d’abord lu sur les #discriminations, ce sont notamment les textes de Christine Delphy : sa façon de parler de la « production ménagère » m’a influencée. Dans la société française, on formule plus facilement le fait qu’on est discriminée en tant que femme qu’en tant qu’Arabe. Le milieu social joue aussi. Mes parents sont profs, j’ai grandi dans une banlieue très mixte de Paris, pas « en quartier ». Même si ça ne constituait pas une part énorme de mon identité d’ado, j’ai rapidement pris conscience de la montée du #racisme, du FN.

    Via Twitter, j’ai rencontré des femmes arrivées au #militantisme « par l’autre côté » : en se découvrant d’abord noire ou arabe. Je suis tombée sur tout un microcosme de collectifs de femmes en ébullition, et j’ai découvert les questions de l’#afroféminisme, de l’#intersectionnalité. J’avais déjà participé à des groupes de parole entre femmes, non mixtes (même si ça faisait encore polémique dans les milieux militants), mais j’ai découvert que la #non-mixité racisée était encore moins acceptée.

    Enfin, mon cheminement militant s’est aussi fait par les sciences sociales. J’ai eu l’occasion de travailler pour une enquête de l’Insee sur l’immigration. Une des variables de l’enquête, c’était le pays de naissance des parents. Une approche forcément biaisée. Pour prendre mon exemple : mes parents sont nés en France, ou plutôt en Algérie française. Cette #catégorie administrative occulte l’expérience quotidienne du racisme. De même pour les personnes issues des DOM-TOM : on n’a aucun moyen de saisir leur expérience spécifique, puisque les statistiques ethniques sont interdites. Il y a à peine dix ou quinze ans que des sociologues (blancs pour la plupart) se penchent sur ce hiatus.

    https://seenthis.net/messages/630603 via Agnès Maillard


  • Prestations sociales : les « dérives » de la chasse à la fraude
    http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/09/07/prestations-sociales-les-derives-de-la-chasse-a-la-fraude_5182321_823448.htm

    C’est un document qui permettra peut-être de déconstruire certaines idées reçues. Jacques Toubon, le défenseur des droits, a rendu public, jeudi 7 septembre, un rapport intitulé : « Lutte contre la fraude aux prestations sociales : à quel prix pour les droits des usagers ? » Un sujet sensible, reconnaît le défenseur des droits, à l’heure où « une rhétorique de la fraude [est] alimentée par des discours politiques “décomplexés” ».

    Selon la Délégation à la lutte contre la fraude, la fraude aux prestations sociales (allocations familiales, chômage, RSA…) représente 3 % du montant total de celle détectée en 2015, soit 677 millions d’euros. Et ne recouvre qu’un faible nombre de personnes. A la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF), par exemple, 0,36 % des bénéficiaires étaient concernés en 2016.

    Ce rapport fait suite à une augmentation « significative » depuis 2014 du nombre de réclamations d’allocataires, notamment auprès des délégués territoriaux du Défenseur des droits, liées « au durcissement de la lutte contre la fraude aux prestations sociales ». La politique mise en œuvre, est-il expliqué, est marquée par « certains excès et quelques dérives », « source de nombreuses atteintes aux droits des usagers » aux conséquences parfois dramatiques. Le texte s’appuie sur l’audition des principaux organismes de protection sociale et des cas concrets. Il formule des recommandations afin de mettre en place des règles plus cohérentes, mieux informer les allocataires et renforcer les droits de la défense.
    Erreurs et oublis de bonne foi

    Premier problème : la notion même de « fraude » qui ne fait l’objet d’aucune définition légale et qu’il conviendrait de clarifier. Cette lacune conduit, selon le Défenseur des droits, « à une mise en œuvre d’une définition extensive » et qui « tend à assimiler l’erreur et l’oubli » à la fraude. « Des oublis de toute évidence non intentionnels ou une appréciation purement subjective des faits par les organismes ne sauraient constituer un fondement à une qualification de fraude », souligne le rapport. Un phénomène, est-il précisé, aggravé par « les objectifs chiffrés de détection des fraudes imposés par l’Etat aux organismes ».

    L’information donnée par les caisses à l’usager concernant ses droits est jugée « parfois insuffisante ». C’est d’autant plus regrettable que le système est complexe, ce qui peut facilement provoquer erreurs et oublis de bonne foi. Il est, par exemple, rappelé l’obligation d’assurer le principe du contradictoire avant toute qualification frauduleuse. Le rapport s’interroge également pour savoir s’il existe un « ciblage des “suspects” » et met en garde contre l’usage du « data mining » qui vise à déterminer, grâce à des algorithmes, la probabilité qu’un usager fraude. Le Défenseur des droits s’inquiète notamment de certains critères qui selon lui peuvent s’avérer discriminatoires. Il est ainsi fait mention d’une circulaire interne à la CNAF datant de 2012 qui recommande de « cibl[er] les personnes nées en dehors de l’Union européenne ».

    #racisme #discrimination #chasse_aux_pauvres #data_mining #présumés_coupables #injustices

    https://seenthis.net/messages/627815 via mad meg