• Alger 1957 - des #Maurice_Audin par milliers

    Après soixante et un ans, le Président de la République française a reconnu officiellement que Maurice Audin a été torturé par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile et que sa mort a été rendue possible par un système légalement institué qui a favorisé les disparitions. Pour tous ceux qui ont lutté depuis 1957 pour faire reconnaître la vérité, c’est une grande victoire — posthume pour l’historien Pierre Vidal-Naquet, le mathématicien Laurent Schwartz, les universitaires Madeleine Rebérioux et Gérard Tronel, engagés dans le Comité Maurice Audin (1957-1963) puis, depuis 2002, dans l’Association Maurice Audin.
    Le meurtre de ce jeune mathématicien de 25 ans, grossièrement maquillé en évasion, fut loin d’être un cas isolé. Ce fut l’un des nombreux cas d’enlèvement, séquestration, torture, suivis souvent de mort, produits, à Alger, de janvier à septembre 1957, par un véritable système de terreur militaire délibérément instauré et rendu possible par des dispositions législatives adoptées par les institutions de la République française. Algérien d’origine européenne, Maurice Audin s’était rangé, avec le parti communiste algérien, du côté de la lutte d’indépendance de ce pays, dans un moment où l’ensemble de la population autochtone d’Alger était la cible d’une terreur visant à la dissuader de faire ce choix et à la maintenir par force sous la domination coloniale.
    Il y eut alors des Maurice Audin par milliers…
    C’est massivement que des hommes et des femmes ont été enlevés, détenus au secret, torturés, et pour certains l’objet d’exécutions sommaires. La seule victoire des responsables de cette terreur, ces « seigneurs de la guerre aux terrifiants caprices », selon les mots de Jean-Paul Sartre dans L’Express, à la publication de La Question d’Henri Alleg, est l’ignorance par l’opinion française de son bilan humain véritable et des noms mêmes de ceux qui ne sont jamais réapparus. Comme pour toutes les répressions de masse en situation coloniale, le statut politique des Algériens autorisait à la fois le recours à des méthodes universellement réprouvées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et l’absence complète d’attention au nombre et à l’identité des victimes. « Français musulmans » colonisés, sous-citoyens racisés, tout juste sortis officiellement de l’indigénat et dénués d’une existence politique réelle, ils étaient collectivement suspects de complicité avec une « rébellion » qualifiée d’« antifrançaise ». Ils formaient une population dépourvue de recours judiciaire et politique et de moyens d’alerter une opinion française peu disposée à s’inquiéter de leur sort. Quelques cas ont eu un écho. Ceux de Maurice Audin, d’Henri Alleg et de l’avocat algérien Ali Boumendjel, connu de juristes parisiens, torturé et « suicidé » par ses geôliers. Mais pas les autres, restés des invisibles dont le sort n’est jamais devenu une « affaire française ».
    Un vrai républicain, Paul Teitgen, secrétaire général à la préfecture d’Alger, tenta, selon les mots de Pierre Vidal-Naquet, de « comptabiliser les vivants et les morts, ou plutôt les survivants et les disparus ». Mais les « 3 024 disparus » qu’il dénombra dans l’exercice de ses fonctions ne sont qu’un ordre de grandeur plausible, le sort des personnes enlevées par l’armée lui étant largement dissimulé par les militaires.
    C’est dans ce contexte qu’une archive publique devenue accessible en 2017, sur laquelle a travaillé Fabrice Riceputi, est importante. Ce fichier, conservé aux Archives nationales d’Outre-mer (ANOM) depuis la fin de la guerre d’Algérie, dans le fonds d’un service de la préfecture d’Alger, fournit des informations sur une partie conséquente de la masse anonyme des « humiliés dans l’ombre », selon les mots de Paul Teitgen à Robert Lacoste, de la Grande répression d’Alger, appellation préférable à celle, impropre, de « bataille d’Alger ». C’est la source essentielle qui nous permet de publier ici des données sur plus d’un millier d’Algéroises et Algérois dont nous savons trois choses : ils furent arrêtés au cours de l’année 1957 par l’armée française ; leurs proches réclamèrent aux autorités de connaître leur sort, très souvent en vain ; beaucoup furent torturés et certains ne reparurent jamais.
    Librement consultables, environ 850 « fiches de renseignement » remplies entre la fin février et le début d’août 1957 sont ce qui subsiste du fichier du Service des liaisons nord-africaines (SLNA). En septembre 1958, selon un bilan statistique conservé, il en aurait compté 2 049. A ces cas, nous avons ajouté plus d’une centaine d’autres provenant de sources différentes. En particulier du « Cahier vert », publié dans Témoignages et documents en octobre 1959, puis la même année dans Les Temps modernes et aux éditions La Cité, à Lausanne. Et de l’ouvrage L’Affaire des enseignants d’Alger, édité en 1958 par le Comité de défense des enseignants, qui contient de nombreuses plaintes officielles d’européens, communistes ou chrétiens progressistes, victimes et témoins de tortures, en mars et avril 1957, dans l’un des principaux lieux de terreur, la Villa Sésini.
    D’où les plus de mille notices individuelles que nous rendons publiques au lendemain de la déclaration présidentielle du 13 septembre 2018 au sujet du sort de Maurice Audin et de l’institutionnalisation de la torture durant la guerre d’Algérie. Ces notices portent sur des personnes enlevées et séquestrées à Alger, en 1957, dont les proches ont cherché à avoir des nouvelles et dont certaines ne sont jamais réapparues. Leur nombre ne manquera pas de s’accroître lorsque d’autres cas documentés nous seront signalés. Cette publication est aussi un #appel_à_témoignages, notamment vers une #mémoire familiale que nous savons encore vive.
    Puisse ce site contribuer à rendre justice à ces personnes et à mieux faire connaître un pan d’histoire trop longtemps occulté.

    http://1000autres.org/wp-content/themes/codilight-child/bandeau.jpg
    http://1000autres.org
    #Algérie #guerre_d'Algérie #histoire #disparitions #archive #exécutions #torture #France #mémoire_familiale

    cc @reka @albertocampiphoto

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  • INFO FRANCEINFO. À quelques heures d’un dîner à l’Élysée, Mohammed ben Salmane visé par une plainte à Paris pour « complicité d’actes de torture »
    https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/yemen/info-franceinfo-a-quelques-heures-dun-diner-a-lelysee-mohamed-ben-salma
    https://www.francetvinfo.fr/image/75ir2i91g-3fe5/1500/843/14775074.jpg

    Alors qu’il est en voyage officiel à Paris depuis dimanche 8 avril, le prince héritier d’#Arabie_saoudite, #Mohammed_ben_Salmane, fait l’objet d’une #plainte avec constitution de partie civile, déposée lundi 9 avril auprès de magistrats du pôle spécialisé sur les #crimes_de_guerre du tribunal de grande instance de Paris, spécialisés dans les crimes de guerre.

    L’avocat pénaliste français #Joseph_Breham représente l’association yéménite de défense des Droits de l’homme à l’origine de cette plainte. Il accuse l’homme fort du régime saoudien de « complicité d’actes de #torture » pour son rôle joué dans la guerre contre les rebelles houthis au #Yémen. Depuis le début de ce conflit, en 2015, l’Arabie saoudite aurait déployé 150 000 militaires et une centaine d’avions de combat dans le pays. L’intervention de la coalition militaire, menée par Riyad, a déjà fait plus de 10 000 morts et 50 000 blessés. [...]

    Dans la plainte de quinze pages que nous avons pu consulter, l’héritier du trône et ancien ministre de la Défense d’Arabie saoudite est accusé d’avoir sciemment pris pour cible des populations civiles yéménites avec des frappes sur des camps de déplacés, sur des marchés, des immeubles résidentiels et des hôpitaux. [...]

    La plainte évoque aussi l’utilisation d’#armes_à_sous-munitions, une catégorie d’armes interdite par une convention internationale approuvée par 108 États, dont l’Arabie saoudite ne fait pas partie. Ainsi que des « #disparitions_forcées » et des prisons secrètes qui seraient tenues par des Émiratis.

    #crimes_contre_l'humanité

    https://seenthis.net/messages/685053 via odilon


  • 100 missing women: Drawings at African American museum tell a powerful story of loss
    http://www.latimes.com/entertainment/arts/la-et-cm-kenyatta-hinkle-caam-20170327-htmlstory.html

    https://static01.nyt.com/images/2017/04/15/arts/15kenyattahinkle1/15kenyattahinkle1-blog427-v2.jpg

    http://www.latimes.com/resizer/QmkK6JeYHDMBtT3haMnIGgJVrv8=/1200x0/www.trbimg.com/img-58d9953f/turbine/la-et-cm-kenyatta-hinkle-caam-20170327#.jpg

    One hundred drawings by Kenyatta A.C. Hinkle of 100 missing African American women simultaneously startle and beguile. Their subject represents the tip of a statistical iceberg of almost unfathomable scope — thousands of black women disappear every year in the United States, whether through criminal activity or for other motives, but their names and faces most often remain obscure.

    http://www.trbimg.com/img-58d32863/turbine/la-1490233526-u6wsswpl6t-snap-photo#.jpg
    #art #femmes #Kenyatta_A.C._Hinkle #disparitions #trafic #meurtres

    autre source
    https://www.nytimes.com/2017/04/14/arts/design/one-artists-melancholy-look-at-missing-african-american-women.html

    “It’s sublime,” Ms. Hinkle said, “64,000 missing African-American women. For all of those faces, there’s a family. There’s a whole set of circumstances. They have favorite colors. All of those things that they like to do.”

    To evanesce means to disappear gradually, vanish or fade away, and Ms. Hinkle’s work is poignant, timely — and coincidental. In March, a social media campaign was started to raise awareness about missing young women of color in Washington. The hashtag, #MissingDCGirls, started trending, helped by celebrities like Ludacris and Viola Davis. [...]

    In Ms. Hinkle’s eyes, it was a major theft of identity. “My mother always taught me that if I feel an injustice or an abuse of authority, to never be afraid to speak up about it,” she said. “She really instilled in me this powerful self-possession.”

    https://seenthis.net/messages/672155 via odilon


  • Vente de matériel de #surveillance à l’#Egypte : le parquet de Paris ouvre une information judiciaire

    Paris, le 22 décembre 2017 – En réponse à la demande d’ouverture d’#enquête de la FIDH et de la LDH, soutenue par le Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS), le Pôle crimes contre l’humanité du Parquet de Paris vient de décider d’ouvrir une information judiciaire pour la vente de matériel de surveillance par une entreprise française à l’Égypte. En faisant la lumière sur le contrat passé entre le régime autoritaire d’Al Sissi et l’entreprise #Nexa_Technologies (ex #Amesys) et ses conséquences, l’enquête pourrait conduire à une mise en examen pour #complicité de #tortures et #disparitions_forcées. Un signal puissant à destination des entreprises de surveillance et d’#armement, et des autorités françaises.

    https://www.fidh.org/local/cache-gd2/0b643221e10e85288cf35f68cd972523.jpg
    https://www.fidh.org/fr/regions/maghreb-moyen-orient/egypte/vente-de-materiel-de-surveillance-a-l-egypte-le-parquet-de-paris-22574
    cc @marty @albertocampiphoto @daphne
    #France

    https://seenthis.net/messages/654870 via CDB_77


  • Sur les traces des Zetas, à la recherche des #disparus, morts ou vivants
    https://www.mediapart.fr/journal/international/220717/sur-les-traces-des-zetas-la-recherche-des-disparus-morts-ou-vivants

    Manifestation des familles de disparus à Mexico en août 2012 © Reuters Dans un pays qui compte officiellement 30 000 disparus, face à l’indolence et à l’inefficacité des autorités, les proches de disparus s’organisent eux-mêmes et parcourent en caravane le nord du #Mexique pour enquêter sur les liens entre ces #disparitions et le trafic d’êtres humains.

    #International


  • Missing Hong Kong bookseller Lee Bo ‘doesn’t do evil things’, friends insist | South China Morning Post
    http://www.scmp.com/news/hong-kong/law-crime/article/1898230/missing-hong-kong-bookseller-lee-bo-doesnt-do-evil-things
    http://cdn3.scmp.com/sites/default/files/styles/620x356/public/images/methode/2016/01/06/ae31e14e-b3b9-11e5-8295-b78d94b9df5f_image_hires.jpg?itok=4y9uWr4k

    While mystery looms over the disappearance of bookseller Lee Bo, more details are coming to light about the quiet, 65-year-old Hong Kong native who, as his acquaintances remembered, was a “low-profile, intellectual-looking” figure, along with his writer wife.

    “The last time I saw Lee Bo, I remember, was when he visited our bookshop over last Chinese New Year and gave us packs of chocolate as gifts,” said Paul Tang, owner of People’s Recreation Community, a book cafe also selling banned books. “He was friendly, and not high-profile.”

    Compared with more well-established publishers of banned books, such as Mirror Media which traces its roots to the 1980s, Lee’s Mighty Current was new on the scene, said Tang, adding: “And there is little reason for it to be extraordinarily outstanding or insightful among its more than a dozen peers.”

    A news stand vendor near the Causeway Bay bookshop that was taken over by Lee’s publishing house around three years ago, who gave his name only as Billy, said he would have occasional chats with the missing owner.

    “He was slim, often wearing a pair of glasses,” he said. “He was not talkative, and looked like a typical intellectual.”

    “As a friend of Lee, I would say he is an upright man, and doesn’t do evil things,” said Ngan Shun-kau, former chief editor and now senior adviser to Cosmos Books.
    n the early 2012, Lee’s wife, Choi Ka-ping, founded Mighty Current, a publisher specialising in books critical of the Chinese Communist Party, together with a German-based man who later transferred all of his shares to Gui Minghai and Lui Por, company records show.

    Both Gui and Lui are also missing.

    Choi, 61, is a writer who boasts a portfolio of multiple Chinese-language novels, essays and poetry collections.

    Writing under the pen name So Fai, the mainland-educated writer has a regular column in the city’s pro-Beijing Ta Kung Pao newspaper with her latest offering dated January 4.

    She was in the city’s publishing industry as early as 1997, her biography shows. Her name was also mentioned as an editor with Joint Publishing Hong Kong, one of the biggest and most respectable publishing houses in the city, in a few of the culture books published in 2007 and 2008.

    While the city’s banned-book trade became lucrative after the Bo Xilai scandal broke, Billy, who helps with logistics with Lee’s bookshop at times, said he was told that the business wasn’t faring well over the last two years.

    “And that is why he sold some of his holdings of the shop in 2014 to keep it running.”

    The 65-year-old was last seen on Wednesday at the Chai Wan warehouse of Mighty Current, the company that owns his store.

    #HongKong, #Disparitions