• Comprendre la doctrine Macron sur les revenus des salariés, retraités, chômeurs Olivier Passet - 4 Septembre 2018 - Xerfi
    http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-Comprendre-la-doctrine-Macron-sur-les-revenus-de

    Sur le papier, il y a une doctrine derrière les arbitrages budgétaires du gouvernement : privilégier les revenus du travail à ceux de l’inactivité. Et effectivement, lorsque l’on regarde les contours du projet de loi de finance 2019, c’est bien les revenus de la dépendance et certaines aides sociales que rogne en priorité le gouvernement.
     
    Des choix en ligne avec la doctrine 
Les pensions de retraites, l’ensemble des prestations familiales et les aides personnalisées au logement (APL), ne seraient pas indexées sur l’inflation. Elles ne progresseraient que de 0,3% en 2019 et 2020. Ce coup de frein n’est pas anecdotique. Dans un contexte où l’inflation devrait se situer entre 1,5 et 2% en 2019, le pouvoir d’achat de ces prestations sera sérieusement laminé. De l’ordre de 1,5%. Un nouveau coup dur pour les retraités notamment. La dégressivité des allocations chômage devrait également être posée sur la table des négociations avec les partenaires sociaux. Là, ce sont les chômeurs cadre qui sont en première ligne. Le gouvernement devrait encore poursuivre sa cure d’amaigrissement des emplois aidés non marchands. Après une baisse de 120 000 en 2018, leur contingent devrait encore diminuer de 25 000 en 2019. Autrement dit, l’emploi aidé non marchand est considéré comme un dispositif inefficace qui s’assimile à du chômage déguisé, ou plus crûment à de l’inactivité rémunérée. Seuls seront sanctuarisés le RSA, le minimum vieillesse, l’allocation pour les adultes handicapés, c’est-à-dire les aides ciblées sur les plus vulnérables. Conformément au modèle beveridgien.

    VIDEO https://player.vimeo.com/video/287073249

    A contrario, le gouvernement entend booster le pouvoir d’achat des salariés en supprimant les cotisations salariales sur les heures sup. C’est un transfert de 2 milliards à destination des actifs en emploi. La prime d’activité, qui fournit un complément de revenu aux travailleurs pauvres, incitant le retour à l’emploi sur des mini-jobs sera elle aussi revalorisée.

     
Les choix opérés sont donc bien en ligne avec la doctrine. Et derrière cette doctrine il y a deux idées-forces : 1/ le chômage a un fort contenu volontaire en France. Les entreprises souffriraient de l’étroitesse de l’offre de travail ; 2/la rémunération trop généreuse des personnes en situation de dépendance, des 16 millions de retraités notamment, mais aussi des juniors (à travers l’érosion des allocations familiale, de l’allocation de rentrée scolaire, de la prime de naissance, du complément de libre choix du mode de garde), à quoi s’ajoute une assurance chômage qui couvre à proportion du dernier salaire induit un charge sur le coût du travail, qui nuit à la compétitivité du travail.
     
    Un raisonnement contestable 
La première assertion concernant le caractère massif du chômage volontaire est très contestable. Elle ne mérite pas qu’on s’y attarde. Elle n’est pas attestée empiriquement. Cette composante est minoritaire, et il est clair qu’après 10 ans de croissance molle, la réduction du chômage passe d’abord par un raffermissement de l’activité. Les années récentes ont montré que la job machine, loin d’être bloquée, s’anime dès que l’activité dépasse 1 à 1,5% de croissance.

     
La seconde assertion en revanche est beaucoup plus recevable. Oui, le financement des différentes formes de dépendance (senior, junior) induit un coût pour l’ensemble des agents économiques parmi les plus élevés des pays développés. Oui, son financement pèse in fine sur le coût du travail. Et oui, il existe un certain nombre de travaux convergents attestant que le coin socialo-fiscal élevé en France, pèse négativement sur le niveau de l’emploi. Les cotisations retraites sont certes du revenu différé, voire le chômage. Elles pourraient en théorie diminuer les revendications salariales des salariés. C’est vrai dans un monde parfait. Ce mécanisme joue certes en France, mais partiellement du fait de la rigidité des salaires, à laquelle participe le Smic.
     
Ceci étant dit, il ne suffit pas de diminuer les revenus de la dépendance pour booster l’emploi. Encore faut-il un choc simultané et significatif de diminution du coût du travail. Or ce n’est pas le cas. Même si la réforme du CICE entraine un double chèque en 2019, cette baisse n’est pas extrapolable et n’affectera pas le comportement d’embauche. Encore faut-il aussi que l’impact négatif sur l’activité de la réduction du pouvoir d’achat des dépendants soit compensé par un moteur externe puissant, où une dynamique cyclique robuste. Et là encore ce n’est pas le cas. Bref, comme souvent en économie, le timing compte autant que la doctrine. Et là paradoxalement, le gouvernement est en train d’enrayer une job machine qui paraissait pourtant bien repartie.

    #en_marche #revenus #Emploi #salaires #travail #Retraité #Chômeurs, #Aides sociales #croissance #doctrine

    https://seenthis.net/messages/720465 via BCE 106,6 Mhz


  • Violences policières : un rapport dénonce un risque d’impunité des forces de l’ordre
    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/14/violences-policieres-un-rapport-denonce-un-risque-d-impunite-des-forces-de-l

    Au moment où l’Etat dote les brigades anticriminalité de la #police d’armes de #guerre, et alors que le Parlement discute d’un assouplissement des règles d’ouverture du feu par les forces de l’ordre, l’ONG française de défense des droits de l’homme Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (#ACAT) publie lundi 14 mars un rapport cinglant sur les #violences_policières. « On s’est demandé si notre message serait audible dans le contexte post-attentats, reconnaît Aline Daillère, auteure du rapport « L’ordre et la force ». En réalité, le moment est propice, car nous craignons des dérives dans un cadre législatif où les forces de l’ordre ont des possibilités d’usage des armes élargies. »

    Au terme d’une enquête de dix-huit mois, l’ACAT dresse un état des lieux peu reluisant. Elle s’est en particulier penchée sur 89 cas de blessures graves survenues entre 2005 et 2015, et ayant entraîné la mort pour 26 d’entre eux. Ces affaires ont été recensées par le biais d’associations, d’avocats ou à travers des articles de presse, puisqu’il n’existe pas en France de recensement exhaustif et officiel.

    Leur analyse fait apparaître un changement dans la #doctrine_du_maintien_de_l’ordre. Pour Aline Daillère, « on glisse d’une conception où l’on maintenait à distance des manifestants à une conception où l’on vise ces manifestants. C’est flagrant avec le #Flash-Ball », capable de tirer des balles en caoutchouc « à la vitesse d’un TGV ».

    « Le recours de plus en plus important à des armes intermédiaires, à compter des années 1990, a entraîné un nombre important de blessés graves », relève l’ONG, en particulier à l’occasion de manifestations ou « d’opérations de sécurité dans des quartiers jugés sensibles ou des zones à défendre (Notre-Dame-des-Landes, Sivens) ». L’ONG dénombre depuis 2005 au moins 1 mort et 39 blessés graves par Flash-Ball, dont 21 ont perdu l’usage d’un œil.

    Trente pour cent de ces victimes sont mineures. Les risques, compte tenu notamment de l’impossibilité d’obtenir une visée précise sur une foule en mouvement, sont « totalement disproportionnés au regard des objectifs policiers », estime l’ACAT, qui recommande leur retrait total. (...)

    ... en 2014, sur 5 178 signalements reçus de la part de particuliers, seuls 32 ont donné lieu à des enquêtes de l’Inspection générale de la police nationale.

    L’ORDRE ET LA FORCE
    https://www.acatfrance.fr/rapport/l-ordre-et-la-force

    L’ACAT publie un rapport d’enquête sur les violences policières en France ces dix dernières années qui montre qu’il existe de graves défaillances dans les enquêtes administratives et judiciaires effectuées à la suite de plaintes pour violences policières, et souligne le lourd bilan humain de l’utilisation de certaines armes (Flashball, #Taser) et techniques d’interpellation.
    Rapport « L’ordre et la force »
    Dossier de présentation du rapport
    Visuels et infographies

    https://paris-luttes.info/home/chroot_ml/ml-paris/ml-paris/public_html/IMG/jpg/affiche-finale.jpg

    http://seenthis.net/messages/469741 via colporteur