• Talents masculins, dons féminins - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Talents-masculins-dons-feminins.html
    http://www.laviedesidees.fr/IMG/arton3179.jpg?1444816745

    Bref, dans les classes populaires, les femmes, comme les hommes, doivent dès leur jeunesse, et pour ne pas sombrer comme tant d’autres, dans le chômage, déployer ascétisme et investissement quasi exclusif dans ce qui constituera leur destin. Et elles aussi bénéficient – à la marge – d’une élection contribuant à fixer ce destin. La différence essentielle est que ce dernier – sans doute parce qu’entièrement tourné vers l’autre – ne laisse aucune place au jeu – quelque peu narcissique – avec le talent. Il est, du coup, beaucoup moins enchanté.
    Une « ressource » féminine très contraignante

    L’ouvrage de Skeggs – même s’il ne va pas au bout de cette analyse différentielle – nous fait aussi pressentir à quoi tient cette opposition fondamentale entre garçons et filles des classes populaires : au caractère singulièrement resserré des contraintes qui s’exercent sur ces dernières, mais aussi au fait qu’elles disposent néanmoins d’une ressource (la formation précoce au dévouement) devenue monnayable sur un marché (celui de l’aide à domicile) tandis que la force physique masculine tend désormais à se dévaluer sur le marché du travail. Mais si elles ont bien cette ressource dispositionnelle-là, elles n’en ont aucune autre à faire valoir : l’auteur explique que leur féminité et leur apparence n’est guère monnayable que dans les relations interpersonnelles et sur un marché matrimonial socialement restreint. Si ces femmes s’orientent massivement vers l’aide à domicile, c’est donc que, comme en France [3], il s’agit d’un choix professionnel par défaut : « c’était soit ça, soit le chômage », « ça me disait rien du tout d’être au chômage », « Ben je suis là parce que je pouvais rien faire d’autre », « J’arrivais pas à trouver un boulot, c’est simple, et c’était là que c’était plus facile de s’inscrire sans diplômes » (p. 112-113). Nous sommes loin du choix professionnel positif et enchanté des jeunes hommes finissant par adhérer à l’illusion sportive. Les jeunes femmes vont simplement et littéralement « faire contre mauvaise fortune, bon cœur », monnayant sur le marché de l’aide leur unique ressource monnayable, si chèrement acquise au cours de leur socialisation primaire.

    #sexisme #domination #patriarcat #discrimination #essentialisme

    http://seenthis.net/messages/418679 via Agnès Maillard


  • Il faut dédommager financièrement les mères de familles
    http://www.slate.fr/story/107187dedommager-financierement-meres-familles?bcsi-ac-b5f45ffb1099c547=24EC08

    D’après une étude de l’Insee, un père sur deux se dit « pas intéressé a priori ». Parmi le tiers des pères qui, très aimablement, « aurait pu l’envisager », certains expliquent que le congé parental n’était pas compatible avec leur travail, d’autres déclarent avoir peur que le congé dégrade leur rapport avec l’employeur, ou encore que leur promotion hiérarchique soit freinée.

    Ce qui témoigne d’une belle clairvoyance de la part de ces pères, mais qui confirme également que ces derniers ont parfaitement conscience des effets délétères du congé parental et de la manière dont la parentalité peut ralentir une carrière.

    #domination #oppression #exploitation #cynisme #emploi

    http://seenthis.net/messages/413808 via mad meg


  • Avant-propos à La #domination adulte, de Yves Bonnardel | Le blog de Christine Delphy
    https://delphysyllepse.wordpress.com/2015/09/18/avant-propos-a-la-domination-adulte-de-yves-bonnardel
    https://delphysyllepse.files.wordpress.com/2015/09/pic3a8ce-jointe-1.jpeg

    Dans toutes les sociétés connues, les #enfants sont les possessions de leurs « parents » – quelle que soit la façon dont ceux-ci sont désignés. Les dispositifs consacrés en Occident à la protection de l’enfance, quand on regarde de près leur action dans les cas de violence avérés, sont en réalité là pour réaffirmer le droit supérieur des parents. Les enfants, les jeunes de notre société, sont livrés, sans contrôle de la communauté, à l’#arbitraire d’un ou deux individus. On pense que les agressions sexuelles sur les enfants, qui sont en majorité le fait des parents – enfin, surtout des pères ou des oncles et grand-pères – sont dues aux particularités psychologiques des agresseurs. Mais ces agresseurs sont en réalité « Monsieur-tout-le-monde ». En fait ils sont dus à ce que les mineurs n’ont pas le droit de disposer d’eux-mêmes. On découvre maintenant que l’inceste est fréquent : mais il l’a toujours été. Simplement, avant, il existait un consensus pour ne pas en parler, pour faire comme si cela n’existait pas, alors qu’en fait, c’était tout simplement permis, à condition de ne pas le révéler. Si fréquent que Freud a renoncé à en parler, et en toute connaissance de cause, l’a maquillé en « fantasme » des victimes.

    http://seenthis.net/messages/410039 via Agnès Maillard


  • http://www.revolutionpermanente.fr/Sexisme-et-elitisme-double-peine-pour-les-etudiantes-en-medecin
    Sexisme et élitisme : double peine pour les étudiantes en médecine

    « 1 fois ! 2 fois ! 3 fois ! 4 fois ! 5 fois ! 6 fois !
    Cette fois tu m’l’as mis j’la sens bien,
    ce n’est plus ton p’tit doigt qui m’chatouille,
    je sens ton nombril contre le mien
    et la chaleur de tes deux couilles !

    Ton doigt n’était pas si mouillé,
    il allait et venait sans cadence,
    maint’nant c’est bien plus régulier,
    au nom de Dieu quelle Jouissance !

    Bite au Cul ! Bite au cul ! Bite au cul !
    Zob »
    La Marche Américaine – chant carabin

    C., étudiante en médecine à la faculté de Lyon

    Au commencement, la fac, ses chants, ses traditions
    Bienvenue en médecine ! A peine arrivée dans l’amphi de première année, après une lutte avec les autres étudiants pour s’assoir à la meilleure place, je me prend « l’esprit carabin » en pleine figure, celui qui m’accompagnera jusqu’à la fin de mes études, censé alléger la dureté du contenu des cours ou des situations rencontrées en stage en désacralisant l’image du corps, et en dégradant celle de la femme au passage. Si la pression pèse sur les étudiants durant les 6 ans passés en fac de médecine, sanctionnés par deux concours, une pression supplémentaire s’abat sur les étudiantes.

    Confrontées en premier lieu aux chants devenus des rengaines, qui les rendent passives entre les mains des hommes, simples objets sexuels. Confrontées ensuite aux remarques incessantes et intégrées aux cours, je me souviens d’un prof de biochimie, qui pour illustrer ses propos et nous « donner envie » d’étudier les atomes nous parlait de « l’Observatrice » qui se penchait langoureusement sur son microscope alors que sa blouse était courte, très courte, trop courte, et qu’elle ne portait pas de culotte. Confrontées enfin aux blagues issues d’un humour ultra-sexiste, loin d’être déconnecté du sexisme ordinaire de la société, mais exacerbé par ce besoin pressant de mise à distance de la réalité médicale.

    Autre tradition pour se mettre dans l’ambiance, le bizutage. J’en subirai 2, en première et deuxième année, avec une sorte d’obligation de participer pour s’intégrer à la promo, ou plutôt à la corpo des étudiants. Je me vois remettre dès mon arrivée dans le car un livret du participant. Outre les infos pratiques, un concours de points, dont les deux plus gros pôles : 50 points par fille « sautée », 100 pour avoir dépucelé une vierge. Femme-objet, sexe non-consenti, incitation au viol... Je boucle ma ceinture de chasteté pour le week-end, résistance personnelle. Arrive l’élection de mister et miss bizut, et l’incitation par les organisateurs pour les participantes à aller le plus loin possible, « allez-y, enlevez vos sous-vêtements... Embrassez-vous », certaines abandonnent, d’autres osent, la plus téméraire selon leurs codes est élue. J’assiste à tout ça, impuissante, avec l’impression de n’être encore une fois qu’un corps, un objet. Et toujours ce refrain, « cette fois tu m’l’as mise... »

    #domination #sexisme #misogynie #culture_du_viol #patriarcat #carabin #medecine

    http://seenthis.net/messages/409761 via mad meg


  • Leur soif de richesse ne connait ni scrupules ni limites.
    http://limprevu.fr/affaire-a-suivre/leur-soif-de-richesses-ne-connait-ni-scrupules-ni-limites-pincon-charlot

    Et si une nouvelle lutte des classes apparaissait sans que l’on s’en rende compte ? Et si le taux de pauvreté français, plus faible qu’ailleurs en Europe, cachait d’autres réalités ? Alors que depuis quinze ans, les inégalités de revenus augmentent en France, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ont accepté de répondre à quelques questions. Le duo – à la ville comme dans leur labo de recherche – a déjà produit près d’une vingtaine de travaux. Le fil rouge ? La violence des classes aisées et la façon dont elles s’assurent de protéger leur classe et leurs richesses.

    #domination #classes #riches #privileges #bourgeoisie

    http://seenthis.net/messages/403337 via mad meg


  • Après un rendez-vous Tinder, la réponse géniale de cette femme à celui qui l’épouserait si elle était « plus mince »
    http://www.huffingtonpost.fr/2015/07/08/rendez-vous-tinder-reponse-geniale-femme_n_7750900.html?ncid=fcbklnkf
    http://i.huffpost.com/gen/3164076/images/o-MICHELLE-THOMAS-facebook.jpg

    « Ce qui n’est pas bien, c’est le fait qu’après quelques heures en ma compagnie, tu prennes le temps d’écrire ce message complètement déplacé. Ce n’est rien d’autre que sadique. Le ton que tu emploies est mielleux et condescendant, mais la façon dont tu exprimes méticuleusement ton dégoût pour mon #corps est vraiment grotesque. La seule raison possible d’écrire ce message est de me blesser. »

    Michelle poursuit : « J’aime ce à quoi je ressemble. Je ne ressemble pas à Charlize Theron et c’est ok - je ressemble à moi, et je m’aime (je suis sûre que j’aimerais aussi Charlize Theron si je la rencontrais un jour). »

    Avant de s’interroger : « J’aime penser que j’ai l’air d’être une femme confiante, heureuse. Mais est-ce une bonne raison de me prendre pour cible ? Lorsque tu m’as vue, est ce que tu t’es dit, ’Elle a une trop bonne opinion d’elle-même, elle a besoin d’être un peu rabaissée’ ? Je pose la question - nous savons tous qu’Internet est un endroit dangereux pour les femmes qui ont un avis. »

    #bodyshaming #domination

    http://seenthis.net/messages/388225 via Agnès Maillard


  • Mon parcours d’homo dans la classe ouvrière
    http://www.revolutionpermanente.fr/Mon-parcours-d-homo-dans-la-classe-ouvriere

    Le parcours de Rachid est loin d’être un cas isolé, et pourtant, son histoire est celle de millions de travailleurs et de travailleuses dans l’ombre. Si assumer sa sexualité, lorsque celle-ci ne correspond pas à la norme hétérosexuelle reste un parcours du combattant dans toutes les couches de la société, ceci est d’autant plus dur lorsqu’on est ouvrier et que les patrons s’en servent pour nous humilier et nous maintenir sous leur domination. Malheureusement, l’histoire des personnes LGBTI dans la classe ouvrière a souvent été aussi celle de la marginalisation de leur lutte au sein de certaines organisations du mouvement ouvrier. Par exemple, l’homosexualité a été pour les appareils staliniens jusque dans les années 1970 “une tradition étrangère à la classe ouvrière”. Or, comme le récit de Rachid le montre bien, la classe ouvrière est aussi gay, lesbienne, bisexuelle, trans, intersexe, etc. Voici un récit de vie et de lutte contre un système qui exploite, opprime et répand son idéologie dans tous les recoins de la société. De quoi donner du courage à l’ensemble des travailleurs et travailleuses dans leurs luttes de tous les jours et celles qui sont à venir.

    #domination #racisme #homophobie #prolétariat #travail #discrimination

    http://seenthis.net/messages/384788 via Agnès Maillard


  • Ne me plains pas, je m’en charge ! - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Ne-me-plains-pas-je-m-en-charge

    Aujourd’hui, on ne dit plus qu’une femme violée est souillée à jamais, déshonorée, intouchable et moralement répréhensible en tant qu’être vivant. On dit que toute sa vie, elle va souffrir. On ne dit plus qu’une pute mérite la mort parce qu’elle séduit nos maris et qu’elle mène la belle vie en Chanel tout en répandant le choléra. On dit que son existence est une souffrance. On n’entend plus grand monde non plus raconter qu’une mère qui s’entête à travailler alors qu’elle ferait mieux de se concentrer sur l’éducation de ses enfants est un corbeau abandonnique et infréquentable. On dit que ses tâches sont une bien trop lourde charge pour une si petite femme.

    #domination

    http://seenthis.net/messages/379797 via Agnès Maillard


  • Ni mère au foyer ! Ni salariée ! - Non Fides - Base de données anarchistes
    http://www.non-fides.fr/?Ni-mere-au-foyer-Ni-salariee

    En devenant des travailleuses salariées les #femmes sont devenues les rouages d’une machinerie sociale créée par les hommes. Elles sont passées d’une #domination à une autre, de celle du mari à celle du patron, d’une #exploitation à une autre, de celle du foyer à celle de l’#entreprise. Elles ont acceptés et se sont appropriées les codes de la virilité avec la promesse sociale par l’effort, la #compétition, la rentabilité, l’opportunisme, l’individualisme.

    C’est ça l’émancipation ?

    #travail

    http://seenthis.net/messages/375793 via Agnès Maillard