• BESANCENOT : On a plus le choix, c’est nos vies ou c’est leurs profits
    https://la-bas.org/6037

    Nos vies valent plus que leurs profits. Rarement un slogan de manif n’aura pris un sens aussi éclatant et aussi profond. Depuis des années, la contestation répète qu’un autre monde est possible. Il est urgent de dire lequel, aujourd’hui.Continuer la lecture…

    #Radio #Economie #Politique #Luttes #Santé #France
    https://la-bas.org/IMG/arton6037.jpg?1586791090


  • « Nous avons besoin de dire que les vies des livreurs valent plus que ça » – Entretien avec Edouard Bernasse, secrétaire général du CLAP
    https://lvsl.fr/nous-avons-besoin-de-dire-que-les-vies-des-livreurs-valent-plus-que-ca-entretie

    Édouard Bernasse est secrétaire général du CLAP, le Collectif des livreurs autonomes de Paris. En pleine épidémie de coronavirus, tandis que nombre de Français sont invités à demeurer chez eux, les livreurs qui travaillent auprès de plateformes continuent leurs courses. Cette situation tant étonnante que (...)

    #Économie


  • Avec l’épidémie COVID-19, l’assaut anti-Hirak en Algérie.
    https://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3767

    Ecouter l’article. Le retour en force du pouvoir qui a rameuté Bouteflika en 1999, sans même laisser Zeroual accomplir son second mandat et le contraindre à un vote présidentiel, s’est effectué avec Tebboune. Le bureaucrate, dont le fils spéculait avec le foncier public avec un trafiquant de drogue, déjà 1er ministre du despote déchu, accomplit de remettre en selle le discours de la haine, l’islamisme rétrograde et tous les aspects du nationalisme corrompu et incompétent. Coup sur coup, les (...)

    #nationale,_fait_politique,_une_et_première_page,_médias,_actualité,_pays,_france,_afrique,_maghreb

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    #Maghreb,Algérie,_Tunisie,_Maroc,_Libye,_Africa,_population,_société #Internet,_Web,_cyber-démocratie,_communication,_société,_médias


  • Avec l’épidémie COVID-19, la démarche de l’abolition du Hirak en Algérie.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3767

    Le retour en force du pouvoir qui a rameuté Bouteflika en 1999, sans même laisser Zeroual accomplir son second mandat et le contraindre à un vote présidentiel, s’est effectué avec Tebboune. Le bureaucrate, dont le fils spéculait avec le foncier public avec un trafiquant de drogue, déjà 1er ministre du despote déchu, accomplit de remettre en selle le discours de la haine, l’islamisme rétrograde et tous les aspects du nationalisme corrompu et incompétent. Coup sur coup, les porte-paroles de la (...)

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  • Masques: après le mensonge, le fiasco d’Etat | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100420/masques-apres-le-mensonge-le-fiasco-d-etat

    Des livraisons en retard, des opportunités ratées, des interlocuteurs fiables méprisés et, in fine, des importations plus efficaces pour les entreprises que pour les soignants : une nouvelle enquête de Mediapart, étayée par des témoignages et des documents confidentiels, démontre les choix stratégiques catastrophiques du gouvernement dans l’approvisionnement du pays en masques.

    Alors que le gouvernement vient d’ajuster son discours sur l’usage des masques face au Covid-19, une nouvelle enquête de Mediapart montre que la France n’arrive toujours pas, trois mois après le début de l’épidémie sur son territoire, à importer suffisamment de matériel pour faire face à ses besoins les plus élémentaires, à commencer par l’équipement des soignants au contact du virus.

    A minima, près de 3 000 personnels soignants ont à ce jour été infectés par le Covid-19, selon les estimations du site spécialisé Actusoins.com portant sur quelques villes seulement.

    Étayées par de nombreux témoignages et documents confidentiels, émanant de sources au cœur de l’État et d’entreprises privées, ces révélations montrent que :

    En termes de livraisons de masques, les annonces ne sont pour l’heure pas suivies d’effets, avec des objectifs seulement remplis à 50 %. Et au rythme où vont les choses, il faudrait en théorie deux ans à la France pour acheminer les 2 milliards de masques promis par le ministère de la santé. 

    En mars, alors que l’épidémie faisait déjà des ravages, le gouvernement a raté l’importation de dizaines de millions de masques, y compris les précieux FFP2 pour les soignants, avec des entreprises pourtant jugées fiables par l’État lui-même.

    La stratégie gouvernementale apparaît toujours aussi incohérente. Alors que les soignants continuent de manquer cruellement de protection, des dizaines de millions de masques arrivent aux entreprises… avec l’aide de la puissance publique.

    Voici notre enquête.

    Des importations ratées
    Les boîtes mails des conseillers du ministre de la santé Olivier Véran détiennent un trésor d’une valeur aujourd’hui inestimable : des millions de masques, dont des FFP2, ce matériel protection qui fait aujourd’hui tant défaut aux soignants, contaminés par milliers par le Covid-19.

    Selon nos informations, plusieurs membres du cabinet du ministère ont en effet reçu de la part d’entreprises françaises, dans le courant du mois de mars, des propositions d’importations rapides et massives de matériel. Ils ont choisi de ne pas y donner suite. Et ils ont de quoi s’en mordre les doigts aujourd’hui. 

    À ce jour, les masques FFP2, les seuls qui protègent leurs porteurs (les masques chirurgicaux empêchent seulement de contaminer les autres), sont une denrée extrêmement rare. Les stocks d’État sont exsangues et le marché international sous haute tension. L’État n’en avait plus que 5 millions en stock le 21 mars, alors même que leur distribution est, aujourd’hui encore, rationnée de façon drastique. De nombreux soignants (hospitaliers, médecins de ville, pompiers) n’en disposent pas. Ils sont pourtant en contact quotidien avec des patients infectés par le Covid-19 (lire notre précédente enquête ici).

    L’entreprise de Lucas* aurait sans doute pu résoudre une partie du problème si son offre avait seulement été traitée en haut lieu. « À l’époque, j’étais capable de livrer 20 millions de FFP2 par mois, il n’y avait pas encore le rush d’aujourd’hui », explique cet importateur, qui a écrit à plusieurs conseillers d’Olivier Véran dans la première quinzaine du mois de mars. 

    Dans l’un des courriels consultés par Mediapart, Lucas donne toutes ses références et certifications. L’usine chinoise avec laquelle il travaille peut sortir 3 millions de masques par semaine, qu’il peut livrer en France huit jours plus tard. Lucas dit n’avoir reçu aucune réponse du ministère de la santé.

    Dans notre précédente enquête, nous avions déjà révélé la situation ubuesque de plusieurs entrepreneurs, dont un expert français en sourcing industriel en Chine, Julien*. Il s’était fait éconduire par le cabinet d’Olivier Véran, le 17 mars, après envoyé deux jours plus tôt une proposition détaillée pour fournir 6 à 10 millions de masques chirurgicaux par semaine (dont 1 million de FFP2). 

    Julien avait aussi pu échanger avec le professeur Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, qui lui avait confirmé les besoins urgents de l’État : « Je vous garantis que nous cherchons tous azimuts [des masques – ndlr] », lui écrivait-il, le 13 mars.

    Interrogé par Mediapart sur le refus opposé à Julien mais aussi à d’autres importateurs, le ministère de la santé avait alors remis en question leur « fiabilité ». « S’autodésigner comme un interlocuteur sérieux n’a jamais constitué une preuve en soi que c’est bien le cas », ajoutait même le cabinet d’Olivier Véran, visiblement sur de son fait, dans la réponse adressée à Mediapart le 1er avril (à relire ici). 

    Il s’agissait d’un nouveau mensonge. Si ce n’est pas le cas de Julien, plusieurs autres importateurs qui nous ont dit avoir été ignorés par l’État ont été officiellement référencés, depuis la fin du mois de mars, par le ministère de l’économie et des finances comme des importateurs fiables pour les entreprises françaises qui veulent acheter des masques, d’après des documents que nous avons consultés.

    Mediapart a pu retracer, en plus de Lucas, les situations de trois autres entreprises françaises, également référencées dans les listings officiels de Bercy, mais dont les offres pour les établissements de santé ont été ignorées au mois de mars par le ministère de la santé. La plupart ont requis l’anonymat, vu la sensibilité du sujet.

    C’est par exemple le cas de Fernand*. Dans la première quinzaine du mois de mars, cet importateur est très inquiet de la situation dans les hôpitaux. Il sollicite, par mail lui aussi, un conseiller du cabinet d’Olivier Véran dont il a obtenu les coordonnées.

    Fernand travaille avec la Chine dans le domaine médical depuis plusieurs années. Il peut livrer des millions de masques chirurgicaux pour les soignants dans les trois semaines. Mais son mail ne reçoit pas la moindre la réponse, ni même un accusé de réception. « J’étais surpris, j’ai essayé plusieurs tentatives sans succès. » Peut-être le ministère a-t-il considéré qu’il n’était pas fiable. « Je fournis pourtant des grands groupes cotés en bourse », répond-il.

    C’est avec la plus grande volonté du monde que Bernard Malaise, à la tête de la société d’import ID Services, et qui travaille avec des fournisseurs industriels chinois depuis plus de dix ans, a lui aussi proposé son aide au ministère. Nous sommes le 21 mars et les masques continuent à faire défaut à la France. 

    Olivier Véran évoque même publiquement la pénurie en conférence de presse. « Lors de son allocution du samedi 21 mars, le ministre de la santé indiquait que les stocks de masques FFP2 en France n’étaient plus que de 5 millions », se souvient M. Malaise (lire ici les déclarations du ministre). 

    Or, la consommation pour les hôpitaux français est, malgré les nombreuses restrictions, passée à 40 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par semaine. Bernard Malaise connaît bien le sujet, l’une de ses sœurs « travaille aux urgences à l’hôpital Cochin à Paris depuis plus de 30 ans » : « Ce qu’elle vit aujourd’hui avec ses pairs est inouï. Chaque jour, chaque nuit, j’y pense… »

    Le chef d’entreprise cherche ce week-end-là à contacter le ministère de la santé pour proposer d’importer des masques, mais ses appels restent vains. Deux jours plus tard, la société ID Services ouvre elle-même un canal d’importation. « Nous sommes une PME semblable à des milliers d’autres en France : sans aucune assistance ni aide externe, nous sommes en train de réceptionner 5 millions de masques chirurgicaux et de FFP2 en moins de quatre semaines. »

    « Comme d’autres salariés d’ID Services », Bernard Malaise est « 24 heures sur 24 au bureau ». Il ne se « repose que quelques heures ici ou là » sur un lit de camp. Dans « moins d’un mois, nous dépasserons les 10 millions de masques importés pour la France » : « C’est peu par rapport aux besoins de notre pays, c’est énorme pour l’usage que nous en faisons. »

    ID Services approvisionne des PME et PMI qui ont besoin de protéger leurs salariés, mais donne aussi des milliers de masques à des professionnels de santé. « Force est de reconnaître qu’en matière d’importation de masques, tout particulièrement les masques FFP2, l’échec de l’administration et des grands groupes qui étaient proches ou non du pouvoir est patent », note Bernard Malaise.

    Les prénoms ont été modifiés à la demande des témoins.

    Un dernier importateur, Franck, lui aussi bien connecté à des producteurs chinois et référencé par Bercy, pouvait également fournir le ministère. Selon nos informations, un membre de la cellule interministérielle qui gère les commandes de l’État a même engagé des discussions très avancées avec lui pour une commande de plus de 20 millions de FFP2, avec un échéancier de livraison sur les semaines suivantes. Mais, pour des raisons inexpliquées, la commande a brutalement été stoppée, dans la dernière semaine de mars, juste avant sa signature. « Je ne veux pas jeter la pierre à l’État, je me suis dit qu’ils avaient un plan pour livrer plus vite le personnel soignant, ce qui est l’essentiel », explique Franck.

    Les embrouilles de la mégacommande 
    Après deux mois de gestion chaotique, le gouvernement pense en effet avoir enfin trouvé la martingale : le 21 mars, le ministre de la santé Olivier Véran annonce que la France a commandé 250 millions de masques, dont une bonne partie à des fournisseurs chinois. 

    L’exécutif est tellement sûr de lui qu’il publie le même jour au Journal officiel un décret daté de la veille, qui libéralise l’importation de masques pour les entreprises et les collectivités. Les importateurs qui ont fait des offres à l’État sont redirigés vers la toute nouvelle « cellule masques » de Bercy, chargée de référencer les importateurs sérieux capables de fournir les entreprises (lire plus bas).

    Bref, l’État signifie aux importateurs qu’il n’a plus besoin d’eux, car il a déjà commandé des masques à foison pour ses personnels soignants.

    À première vue, les annonces du ministre de la santé sont éblouissantes : le 28 mars, Olivier Véran claironne que la commande initiale de 250 millions « dépasse désormais le milliard ». Le 1er avril, à l’Assemblée, il indique que la commande a bondi à « plus d’un milliard et demi de masques », puis à « pas loin des deux milliards » trois jours plus tard, dans une interview à Brut.

    Il y a, en réalité, derrière cette surenchère de milliards, une opacité totale et plusieurs embrouilles. Le ministre de la santé n’a jamais donné, au fil de ses annonces, de chiffres comparables : il s’agit tantôt des commandes en Chine, tantôt des commandes totales incluant la production des usines françaises (8 millions de masques par semaine).

    Lors de sa réponse du 1er avril à notre précédente enquête, le cabinet d’Olivier Véran avait réussi à se contredire dans la même phrase en indiquant que le milliard du 28 mars correspondait uniquement aux achats chinois… et qu’il incluait la production française. 

    Il y a une seconde donnée cachée : le ministre n’a jamais annoncé le nombre de masques FFP2 commandés. Or, ce sont ces masques, les seuls qui protègent leurs porteurs, qui manquent le plus cruellement au personnel soignant. Selon une source anonyme à la Direction générale de la santé citée par France Info, il n’y en aurait que 74 millions dans le milliard annoncé le 28 mars.

    Contacté au sujet du nombre réel de masques commandés en Chine et de la proportion de FFP2, le ministère de la santé n’a pas répondu à nos questions. 

    Une chose est sûre : pour atteindre de tels volumes, le gouvernement a fait le choix risqué de mettre une grande partie de ses œufs dans le même panier. L’exécutif a choisi de passer ses commandes chinoises à quatre gros fournisseurs : Segetex EIF, Aden Service, Fosun et BYD. Cette liste figure dans des instructions écrites diffusées par le gouvernement et les préfets à l’attention des entreprises et des collectivités locales, pour leur demander d’éviter « si possible » de se fournir en masques auprès de ces « quatre fournisseurs privilégiés de l’État ».

    Segetex EIF est le seul groupe français de la liste : cette PME familiale possède une usine de masques près de Roanne (Loire) et une seconde, beaucoup plus grosse, en Chine. Pas de chance, elle est située à Wuhan, épicentre de l’épidémie de Covid-19. Résultat : alors que la plupart des fabricants chinois de masques ont été de nouveau autorisés à exporter fin février, l’usine de Segetex était toujours fermée lorsque l’État a passé commande en mars et n’a pu redémarrer sa production que le 2 avril. Vu l’urgence sanitaire, était-ce vraiment le meilleur choix pour fournir la France ? Segetex et le ministère de la santé n’ont pas répondu.

    Aden Services, le second fournisseur de l’État, est une success story franco-chinoise. Fondé en 1995 par Joachim Poylo, fils d’un armateur du Havre émigré à Shanghai, ce groupe chinois est devenu un mastodonte de 25 000 salariés, spécialisé dans les services aux entreprises (nettoyage, sécurité, restauration, etc.). Mais cette activité semble très éloignée du matériel médical. Aden ne figure d’ailleurs pas dans la liste des fabricants de masques autorisés à exporter, publiée début avril par le gouvernement chinois. Le groupe de Joachim Poylo a-t-il joué un simple rôle de courtier en sélectionnant des fournisseurs pour le compte de la France ? Aden et le ministère de la santé n’ont pas répondu. 

    Très peu connu en France, BYD est un géant industriel chinois, spécialisé dans les batteries et les automobiles, en particulier les voitures électriques. Lorsque l’épidémie a éclaté en Chine en janvier, BYD a reconverti en un temps record l’un de ses sites dans la fabrication de masques. Selon un communiqué de l’entreprise, ce serait aujourd’hui la plus grosse usine du monde, avec 5 millions d’unités produites par jour.

    Le dernier de la liste, Fosun, est le plus gros conglomérat privé chinois, présent dans la santé (hôpitaux, industrie pharmaceutique), la finance, le divertissement et le tourisme (il possède en France le Club Med). Fosun ne fabrique pas de masques. Mais à l’instar d’autres entreprises chinoises, Fosun s’est lancé à corps perdu dans la lutte contre le Covid, comme le détaille ce communiqué.

    Lorsque l’épidémie a touché la Chine en janvier et que le pays manquait de masques, le conglomérat en a acheté des millions à l’étranger, notamment en Europe. Maintenant que la situation s’est inversée, Fosun a lancé une opération de mécénat mondiale, symbolique de la volonté de la Chine de s’afficher en sauveur de la planète. Fosun a acheté à ce jour 2,6 millions de masques pour les offrir aux pays les plus touchés, dont les États-Unis, l’Italie, le Royaume-Uni et la France.

    Interrogé au sujet du rôle du groupe dans la mégacommande passée par la France, Fosun a refusé de nous répondre, nous renvoyant vers le ministère de la santé, qui n’a pas non plus répondu. Le groupe chinois s’est borné à nous confirmer qu’il ne « produit pas lui-même de masques », mais qu’il « essaye de mobiliser au mieux ses ressources globales pour aider les pays affectés par la pandémie ».

    L’exécutif entretient une opacité totale sur les contrats avec ces quatre fournisseurs. Aucune information n’a été communiquée sur les quantités commandées à chacun, les tarifs et les délais de production.

    Même silence sur les conditions de sélection de ces entreprises. Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’est vanté mardi sur BFMTV d’avoir été « le courtier d’Olivier Véran » en Chine, notamment pour y « identifier » les fournisseurs. Mais l’exécutif refuse de dire si la commande a été négociée en tout ou partie avec l’État chinois, et si Pékin a donné des garanties sur le rythme des livraisons. Interrogé par Mediapart, Jean-Yves Le Drian n’a pas répondu.

    Plusieurs importateurs interrogés par Mediapart jugent que la stratégie de l’État, qui a ignoré les « petits » fournisseurs déjà implantés sur le marché du matériel médical et presque tout misé sur quatre gros, est extrêmement risquée, voire absurde.

    Ces professionnels estiment qu’il aurait fallu rafler toutes les capacités de production disponibles au plus vite, même les plus modestes. 

    « Ce n’est pas quatre gros fournisseurs que l’État aurait dû prendre dans une telle situation d’urgence, mais vingt ! La demande est telle en Chine qu’il faut multiplier les canaux d’importation », explique à Mediapart un importateur de matériel médical, référencé par la « cellule masques » de Bercy. 

    Difficile de leur donner tort : trois semaines après l’annonce de la première mégacommande, les milliards de masques chinois ne sont livrés qu’au compte-gouttes. 

    Des « milliards » de masques introuvables

    Lorsque Olivier Véran a annoncé le 28 mars, aux côtés du premier ministre Édouard Philippe, « un pont aérien étroit et intensif entre la France et la Chine » pour acheminer la mégacommande de l’État, les personnels soignants ont dû se sentir rassurés. Souvent utilisé en situation de conflit armé ou de catastrophe humanitaire, ce terme imagé suggère l’idée d’allers-retours incessants pour ramener au plus vite les masques tant attendus.

    Deux semaines plus tard, la promesse du gouvernement a déjà du plomb dans l’aile.

    Selon Le Monde, l’État a commencé à chercher un prestataire le week-end du 21-22 mars, juste après l’annonce de la première commande de 250 millions de masques. C’est le transporteur Geodis, filiale privée de la SNCF, qui a été choisi, là encore dans la plus totale opacité. L’État et l’entreprise n’ont communiqué aucun élément sur la nature du marché public et le processus de sélection, et ont refusé de répondre à nos questions.

    Le 30 mars, deux jours après l’annonce du « pont aérien », un premier avion chargé de 8 millions de masques se pose à l’aéroport de Paris-Vatry, dans la Marne, à 150 km à l’est de la capitale, devant l’objectif des caméras et des photographes. Une belle opération de communication.

    Dans la foulée, Geodis détaille dans la presse les modalités du « pont aérien » opéré pour l’État. L’entreprise dit avoir trouvé en un temps record, grâce à un contrat passé avec la compagnie aérienne russe Volga-Dnepr, des Antonov 124, les deuxièmes plus gros avions cargos au monde, capables d’emporter plus de 10 millions de masques d’un coup. Geodis annonce quatre rotations par semaine, et seize vols au total d’ici la fin avril.

    Mais le compte n’y est pas. Comme l’a reconnu Olivier Véran, deux Antonov seulement se sont posés à Vatry la semaine dernière (le 30 mars et 1er avril), pour 21 millions de masques livrés. Selon nos informations, la situation est identique cette semaine, avec deux Antonov arrivés à Vatry mercredi et jeudi, ce qui correspond à environ 20 millions de masques. 

    « Entre le 30 mars et le 9 avril compris, nous avons reçu huit avions remplis essentiellement de masques », indique à Mediapart le responsable des cargos à Vatry, Yoann Maugran. Parmi eux, cinq ont été affrétés par Geodis, dont les quatre Antonov. Pour chaque Antonov, il estime « entre 8 et 10 millions le nombre de masques transportés ». Géodis travaillant à la fois pour l’État et le privé, on ignore à qui était destinée la cargaison du cinquième vol.

    Air France et CMA-CGM ont indiqué participer au « pont aérien », mais cette terminologie englobe l’ensemble des livraisons de masques depuis la Chine, y compris celles destinées aux entreprises (lire plus bas). Ces deux entreprises ont refusé de nous dire si elles livraient une partie des commandes de l’État. 

    Yoann Maugran n’a pas voulu nous donner de détails, mais indique que son aéroport a servi à acheminer 49 millions de masques, dont « environ 70 ou 80 % qui sont des commandes publiques ». Soit un total de quelque 40 millions de masques en deux semaines pour l’État livrés à Paris-Vatry, ce qui confirme notre estimation.

    Les vols du « pont aérien » opéré pour l’État par les Antonov de Geodis sont donc deux fois moins nombreux que prévu, pour des livraisons hebdomadaires de masques de seulement 20 millions, soit la moitié des besoins actuels. Depuis le 21 mars, l’État consomme en effet 40 millions de masques par semaine, alors même que leur distribution est strictement rationnée, en particulier en matière de masques protecteurs FFP2. 

    À ce rythme, il faudrait deux ans pour acheminer 2 milliards de masques. Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves le Drian a pourtant déclaré le 7 avril sur BFMTV que « le pont aérien que nous avons mis en place se déroule et [que] les masques commandés arriveront […] d’ici la fin du mois de juin ».

    Reste à savoir si le problème vient de Geodis ou des quatre grands fournisseurs auxquels l’État a passé commande. Selon Olivier Véran, c’est la situation en Chine qui est en cause : « Parce que la Chine fait face à un risque de réémergence du virus sur son propre territoire, elle doit se préparer, a-t-il déclaré le 4 avril à Brut. Et donc c’est pas parce qu’on achète et qu’on commande des masques qu’ils vont forcément se retrouver livrés dans l’avion et ensuite qu’ils vont atterrir en France. C’est un enjeu du quotidien que d’être capables de faire en sorte que ces masques que nous avons commandés soient bien produits et qu’ils nous arrivent. […] C’est un travail diplomatique aussi qui est énorme. »

    Le ministre reconnaît ainsi que malgré les gigantesques montants commandés, la France n’a obtenu aucune garantie de ses fournisseurs en matière de volumes livrés chaque semaine, et dépend du bon vouloir du gouvernement chinois.

    Olivier Véran se défend en indiquant que vu la concurrence acharnée sur les achats de masques, tous les pays font face au même problème, et que « la France fait partie des pays qui ont commandé le plus tôt ». 

    Cette information est contredite par notre précédente enquête (à relire ici). Et l’exécutif, en refusant les offres que lui avaient faites plusieurs importateurs au mois de mars, a aggravé la pénurie. Ce choix est d’autant plus discutable que ces importateurs se sont mis au service des entreprises, à la demande de l’État et avec son soutien actif.

    Les entreprises mieux traitées que les hôpitaux 
    Tandis que les commandes d’État arrivent au compte-gouttes, c’est l’effervescence à Bercy. L’exécutif a fait, le 21 mars, un pari risqué. Alors même qu’il n’avait, à l’époque, aucune garantie sur ses volumes de livraison, le gouvernement a mis fin à la réquisition des masques et libéralisé presque totalement les importations. Seules les commandes de plus de 5 millions de masques sur un trimestre sont susceptibles d’être réquisitionnées, à condition que l’État le demande sous trois jours.

    Dès la parution du décret, le ministère de l’économie et des finances a créé, au sein de sa Direction générale des entreprises (DGE), une « cellule masques » chargée d’aider les entreprises à importer. Elle est autonome de la cellule interministérielle chargée d’approvisionner l’État pour le personnel soignant.

    Trois agents de la DGE sont mobilisés. Leur job ? Appeler les fournisseurs potentiels et vérifier leur sérieux avant de les référencer. Les hommes de Bercy n’ont aucun mal à en trouver, puisque le ministère de la santé leur a transmis les coordonnées des importateurs qui se sont manifestés avant le 21 mars. Depuis cette date, ceux qui contactent l’État pour fournir les soignants sont redirigés vers Bercy. 

    Le ministère de la santé leur envoie un courriel type, que Mediapart a consulté. « Considérant […] le nombre de contrats déjà signés par l’État pour assurer l’approvisionnement en masques des services de santé et d’autre part […] l’étendue des besoins à satisfaire hors personnel médical », les importateurs sont priés de contacter la cellule de la DGE. « De nombreuses entreprises sont à la recherche de fournisseurs pour répondre aux besoins qu’implique le maintien ou le redémarrage de leur activité », précise le ministère de la santé (notre document ci-dessous).

    Le message est clair : l’État a ce qu’il faut pour les hôpitaux, il faut désormais servir les entreprises pour limiter l’impact de l’épidémie sur l’économie française.

    Résultat : en moins d’une semaine, la cellule de Bercy est parvenue à dresser une liste de fournisseurs de confiance, compilés dans un tableur. Ce document, que Mediapart a récupéré, listait 32 importateurs dans sa version du 30 mars.

    Un second tableur concerne le « pont aérien avec la Chine » destiné aux entreprises privées. Il recense les contacts de commissionnaires de transport aérien, et a été réalisé pour faciliter les livraisons dans un contexte de forte diminution du trafic aérien. On y trouve les poids lourds français Bolloré Logistics, Ceva Logistics, filiale de CMA-CGM, mais aussi Geodis, qui assure des livraisons du gouvernement. 

    Ces documents ont été transmis par Bercy aux entreprises par l’intermédiaire des fédérations professionnelles, dont la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui regroupe les chaînes de supermarchés.

    Bercy y a ajouté un troisième avec ses instructions : il faut frapper vite et fort. Les commandes doivent être « massives », les « grands donneurs d’ordres » ayant pour mission de « commander des masques en très grandes quantités et au-delà de leurs propres besoins », pour les redistribuer au sein de leur filière. Comme les « capacités de production en Chine sont en train d’être saturées très vite, il y a urgence à commander et à mettre des flux réguliers », précise le ministère de l’économie (notre document ci-dessous).

    Consignes données par le ministère de l’Economie aux entreprises qui veulent importer des masques. © Document Mediapart
    Deux semaines après son lancement, la machine est aujourd’hui bien huilée. Selon un décompte effectué par Mediapart, les entreprises et les collectivités locales françaises, qui ont elles aussi passé de grosses commandes, ont déjà réussi à se faire livrer au moins 50 millions de masques, soit davantage que les 40 millions de livraisons à l’État que nous avons pu recenser, destinés au personnel soignant.

    Sollicités, les services du premier ministre, du ministère de la Santé et de Bercy n’ont pas souhaité commenter ces chiffres.

    Il y a eu par exemple l’atterrissage très médiatisé, le 30 mars à Roissy, de l’avion d’Air France affrété par Bolloré Logistics, avec à son bord 2,5 millions de masques offerts par LVMH à l’État, et 3 millions supplémentaires achetés par des entreprises comme Casino. L’aéroport de Paris-Vatry, où arrivent les masques de l’État, a réceptionné environ 10 millions de masques commandés par le privé. Et, selon nos informations, 13,5 millions de masques sont arrivés jeudi à l’aéroport de Roissy dans un avion de Qatar Airways Cargo.

    Et plusieurs dizaines de millions d’exemplaires supplémentaires sont attendus dans les prochaines jours. CMA-CGM a annoncé ce vendredi participer au « pont aérien » avec six vols par semaine, notamment affrétés auprès d’Air France, qui vont acheminer 20 millions de masques d’ici dimanche. Une partie de la cargaison serait destinée à l’État, selon Challenges. 

    Depuis le changement de discours des autorités sur la nécessité de porter un masque, toutes les entreprises en veulent, de la TPE au groupe du CAC 40, pour pouvoir reprendre leur activité à la sortie du confinement. Plusieurs importateurs de la cellule de Bercy tirent leur épingle du jeu par leur réactivité. Ces entreprises, dont plusieurs petites PME, sont pour la plupart bien introduites en Chine, où elles travaillent avec des fournisseurs depuis des années. Certaines y ont même développé des filiales au fil du temps.

    « Le masque est un dispositif médical, on l’oublie trop souvent. Et acheter ou importer des dispositifs médicaux depuis la Chine, ça ne s’invente pas. Des grands groupes français se sont fait bananer et viennent vers nous maintenant », explique Thibault Hyvernat, de la société Sterimed. « La puissance financière n’est vraiment pas le meilleur argument pour travailler dans la confiance avec les usines chinoises », appuie Bernard Malaise d’ID Services, en insistant sur la qualité des relations tissées au fil des ans avec ses fournisseurs chinois.

    Les tensions sur le marché sont telles que les prix ont été multipliés par 15 depuis le début de l’année, de 2 à 30 cents de dollar pour un masque chirurgical sorti d’usine. « Quand vous êtes en compétition avec des gens qui payent cash sans même prendre le soin de vérifier la marchandise, on est forcément perdants ! », expliquait Gian Luigi Albano, ancien responsable de la Consip, la plateforme d’achats publics nationale italienne, dans une enquête sur le « far west » de l’équipement médical diffusée sur Radio France (à retrouver ici). « Payer directement à la commande, les États acceptent de le faire pour leurs commandes, et, même ça, ça ne suffit plus ! », témoigne un importateur labellisé par Bercy.

    La situation autour des masques est si tendue en Chine que des policiers armés surveillent le chargement des camions à la sortie des usines. © D.R.
    Pour les importateurs interrogés, dont Olivier Colly, en capacité d’importer « 10 millions de masques ce mois », la « vraie problématique, c’est le transport ». « En temps normal, 80 % du fret se faisait dans les avions de ligne sous les passagers. Mais Shanghai, aujourd’hui, c’est un vrai champ de bataille. Un avion cargo complet, habituellement à 300 000 euros, vaut désormais 1 million d’euros, et les américains peuvent monter à 1,5 million ou 2 millions. »

    En plus des vols avec UPS ou Geodis, le fondateur de Medicofi s’est tourné vers une alternative inédite : le train. « Je ne l’avais jamais envisagé avant mais cela s’avère plus fiable, avec un délai de 19 jours entre la Chine et la France via la Russie, la Pologne et l’Allemagne », explique-t-il.

    Programmée dans dix jours, la prochaine livraison de 3 millions de masques de Thibault Hyvernat, qui a déjà « fait passer 2,5 millions de masques la semaine dernière », passera sur un appareil d’Air France qui « a enlevé des sièges dans un avion passager ».

    Difficulté supplémentaire : le marché chinois s’est encore durci depuis le 1er avril et l’instauration de nouvelles règles de contrôle à l’exportation. Après avoir largement subventionné la production de masques depuis janvier, le gouvernement chinois a restreint, pour mieux s’assurer de la qualité de la marchandise sortant du pays, à une liste de 500 noms le nombre d’entreprises autorisées à fournir le reste du monde.

    « Cela a remis à plat tous nos circuits d’approvisionnement. On court de tous les côtés pour trouver des solutions », explique Max Braha-Lonchant, du fournisseur Luquet-Duranton. Preuve de l’impact de la décision : les deux seuls vols Geodis prévus les 5 et 6 avril par Air France-KLM ont été annulés à cause « du changement de la réglementation des règles sanitaires en Chine ».

    « Les douanes chinoises sont de plus en plus tatillonnes. Avant il fallait trois-quatre documents à la douane, maintenant il en faut sept ou huit, note l’importateur Pierre-Michel Rogozyk. Il faut se mettre à leur place. Pour la Chine, c’est un enjeu de réputation mondiale. C’est un produit sanitaire que tout le monde veut, 130 pays ont besoin de masques en même temps. Les Chinois veulent que ce soit parfait. C’est l’heure H pour eux. » 

    Le président de la République Emmanuel Macron, le premier ministre Édouard Philippe et le ministre de la santé Olivier Véran, le 24 mars, à l’Élysée. © Ludovic MARIN/POOL/AFP
    Selon le porte-parole du ministère du commerce Gao Feng, en conférence de presse le 9 avril, pas moins de 130 pays et 14 organisations internationales ont signé des contrats de matériel médical avec des entreprises chinoises, ou sont en passe de le faire. Les statistiques des douanes chinoises indiquent que le pays a fourni 3,86 milliards de masques dans le monde entre le 1er mars et le 4 avril. « En deux mois, de janvier à mars, mon fournisseur a monté 33 lignes de production ! », explique Oliver Colly, de Médicofi.

    Ce vendredi 10 avril, les autorités ont annoncé, « avec effet immédiat », un nouveau durcissement des procédures de contrôle sur 11 produits médicaux à l’export, dont les masques, qui devront systématiquement être inspectés physiquement par les autorités avant le départ.

    Un importateur, qui souhaite rester anonyme, craint que le délai de passage en douane ne s’allonge et ne dure désormais « entre 7 et 14 jours ». « Entre le moment où la commande est passée et le moment où ça va arriver en France, il va se passer un mois. Il risque d’y avoir de grosses ruptures d’approvisionnement pour la France », redoute-t-il.

    Une stratégie gouvernementale incohérente 
    Interviewé le 4 octobre par Brut, le ministre de la santé Olivier Véran déclarait que l’ouverture des importations de masques aux entreprises et aux collectivités locales n’est « pas un grand succès, hélas ».

    Notre enquête montre exactement le contraire.

    Le succès des importations non étatique devient un problème politique majeur pour le gouvernement, qui voit des dizaines de millions de masques lui passer sous le nez, alors que sa mégacommande n’arrive que trop lentement. 

    Résultat : l’État a réquisitionné pour la première fois, le 2 et le 5 avril dernier, sur le tarmac de l’aéroport de Bâle-Mulhouse, plusieurs millions de masques commandés par plusieurs collectivités, dont la région Bourgogne-France-Comté et le conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Ce qui a provoqué la fureur des élus locaux, ces masques étant destinés aux personnels des Ehpad ou aux personnels d’aide à domicile.

    L’affaire illustre au passage la faiblesse de l’État. Sa région étant l’une des plus touchées par la pandémie, l’ARS Grand Est avait pris l’initiative de passer elle-même commande de 6 millions de masques, « en complément des stocks stratégiques nationaux, pour approvisionner les établissements sociaux et médico-sociaux, ainsi que les professionnels de santé libéraux », a-t-elle indiqué à Mediapart. 

    Mais la cargaison des deux avions qui ont atterri à Bâle-Mulhouse, chargés de masques destinés à la fois à l’ARS et à plusieurs collectivités, a été moins importante que prévu. La préfecture a donc fait saisir l’intégralité des masques, afin que l’ARS soit servie en premier.

    Le gouvernement aurait fini par reconnaître « une méthode inopportune » et aurait promis aux collectivités de ne plus se servir « sans prévenir », lors d’une vidéoconférence avec les présidents des trois grandes associations d’élus locaux – mairies, départements et régions, selon Le Monde.

    Dans le même temps, aucune réquisition de masques destinés aux entreprises privées n’a été dévoilée à ce jour. Le gouvernement a refusé de nous dire s’il avait déjà saisi des commandes privées.

    Cette incohérence apparente s’explique en partie par le seuil minimum de réquisition de 5 millions de pièces que le gouvernement a lui-même fixé et que plusieurs collectivités ont dépassé. Mais comme la majorité des commandes des entreprises sont en dessous du seuil, l’État s’est privé du moyen de les saisir. 

    C’est d’autant plus dommage que Bercy connaît très bien l’état des stocks privés : selon nos informations, la DGE demande à toutes les entreprises de lui rapporter chaque semaine, via un tableur informatique, le nombre de masques commandés et livrés.

    L’État ne devrait-il pas abaisser le seuil pour récupérer les commandes des entreprises, au lieu de déshabiller les Ehpad ? Le ministère de la santé et Bercy n’ont pas souhaité répondre. 

    Un importateur confie qu’il a « peur d’être réquisitionné » à l’avenir : « Ce n’est pas un problème en soi s’il y a un besoin urgent. Mais à aucun moment, le gouvernement ne nous a dit quand on serait ensuite payés et à quel tarif. Comment on fait si on a déjà payé la marchandise et un client à livrer ? » Interrogé, Bercy n’a pas répondu sur ce point non plus.

    Certains importateurs référencés par Bercy nous ont indiqué avoir renoncé à commander des FFP2 pour des raisons éthiques, limitant le stock privé qui pourrait éventuellement être réquisitionné à l’avenir par l’État pour les hôpitaux. « Je n’en importe pas, pour moi ils doivent être réservés au personnel soignant, qui n’en a pas assez », explique Christine Tarbis, de l’entreprise À pas de géant. 

    « Je pense qu’on pourrait ouvrir un centre d’approvisionnement unique pour tout le pays, avec une gestion par les plus gros logisticiens », suggère un autre professionnel référencé par le ministère de l’économie. Son plan : « On bourre cet entrepôt, qui approvisionne tout le monde ensuite, de la boulangerie de quartier qui doit reprendre son activité au plus grand des hôpitaux, en définissant des priorités. »

    L’importateur a suggéré l’idée à plusieurs conseillers ministériels par courriel mais ne veut pas les accabler : « Ils n’ont sans doute pas le temps d’organiser cela, ils font de leur mieux et doivent agir vite. »

    Au début de sa mise en place, la secrétaire d’État à l’économie Agnès Pannier-Runacher avait précisé que la « cellule entreprises » se fournissait auprès de fabricants chinois « de plus petite taille », les « volumes les plus importants » étant « fléchés » en priorité vers la cellule qui fournit l’État.

    Mais, là encore, cette approche est démentie par les faits. « On a des très grosses boîtes du CAC 40 qui sont sur des commandes de 7 millions de masques, et qui répartissent sur deux fournisseurs pour assurer. Un groupement de pharmaciens est venu nous voir pour 120 millions de chirurgicaux. On est en train de voir comment on pourrait faire », explique Pierre-Michel Rogozyk. 

    Et même les hôpitaux, pourtant censés être fournis par l’État, cherchent à acheter en direct via les fournisseurs sélectionnés par Bercy. « J’ai eu des demandes de la part d’hôpitaux, raconte l’importateur Mathieu Madec, gérant de la société angevine GMAD. Mais je n’ai pas pu les honorer, faute de solution sur les modalités de financement. Ces établissements ne sont pas en mesure d’avancer l’argent pour des millions de masques. » 

    L’entrepreneur s’est allié à un commissionnaire pour fournir aux établissements de santé une solution 100 % privée, hors du pont aérien : « J’ai la capacité à trouver les masques, il a des avions privés pouvant effectuer des rotations avec 6 millions de masques à bord par semaine. Et nous avons un groupement de dix hôpitaux intéressés. Nous allons peut-être y arriver. »

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    Boite noire

    Nous avons envoyé des questions écrites jeudi à 14 heures au ministre de la santé Olivier Véran, à la secrétaire d’État à l’économie Agnès Pannier-Runacher, au ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et au premier ministre Édouard Philippe, en leur donnant un délai de 24 heures pour répondre. Au regard des circonstances exceptionnelles, nous avons pris soin de limiter au maximum nos questions (10 séries de questions au maximum pour le ministère de la santé).

    Matignon et le Quai d’Orsay n’ont pas répondu.

    Jeudi à 16 h 50, le conseiller presse d’Agnès Pannier-Runacher nous a écrit qu’il ne serait possible de nous répondre que « dans le courant du week-end ». Nous avons accepté de retarder notre bouclage jusqu’à vendredi 18 heures, mais pas au-delà, en soulignant que nos questions étaient simples, peu nombreuses, ne nécessitaient pas de travail de recherche particulier et que Bercy et la secrétaire d’État connaissaient parfaitement le sujet des masques, sur lequel ils ont déjà communiqué. Après d’autres échanges, le conseiller presse d’Agnès Pannier-Runacher nous a répondu vendredi à 17 h 47 que le ministère de la santé centralisait « les réponses du gouvernement » et allait nous « répondre ».

    Le service de presse du ministre de la santé Olivier Véran a accusé réception de nos questions, jeudi à 15 h 20, tout en indiquant que notre délai « n’est pas envisageable vu la charge de travail de [ses] équipes ». Nous avons alors décidé, en soulignant l’importance de ce sujet d’intérêt public majeur, d’accorder un délai exceptionnel pour que le ministère puisse nous répondre. Nous avons ainsi décidé de décaler le bouclage de notre enquête au vendredi à 18 heures. Jeudi soir, à 19 h 45, le ministère nous a indiqué qu’il « essayer[ait] de [nous] répondre dans les meilleurs délais ». Vendredi à 21h45, nous n’avions toujours rien reçu.

    Étant donné cette situation, que nous regrettons, nous avons choisi de publier nos questions aux ministères et à Matignon dans l’onglet Prolonger. Nous intègrerons les réponses de l’exécutif à cet article si elles nous parviennent.

    Nous avons contacté jeudi par courriel les quatre gros fournisseurs de masques « privilégiés » par l’État pour sa mégacommande : Segetex EIF, Aden Services, BYD et Fosun. Seul Fosun nous a répondu, pour nous signifier son refus de répondre : « Pour plus d’informations sur les questions d’approvisionnement, merci de contacter le ministère français de la santé. Comme vous l’avez souligné, Fosun ne produit pas lui-même de masques. Cependant, Fosun est une entreprise mondiale ancrée en Chine, très impliquée dans les initiatives de responsabilité sociale et environnementale. Nous essayons de mobiliser autant que possible nos ressources mondiales pour soutenir les pays touchés par la pandémie. »

    Geodis, chargé d’organiser le « pont aérien » pour rapatrier les masques commandés par l’État en Chine, a refusé de nous répondre : « Comme c’est le cas pour l’ensemble de nos clients, nous ne sommes pas en mesure de partager de plus amples informations sur le contenu des contrats qui nous lient. »

    Contactée mercredi par courriel à deux reprises, la compagnie russe Volga-Dnepr, choisie par Geodis pour acheminer dans ses Antonov les masques commandés par l’État, n’a pas répondu. 

    Yoan Maugran, responsable de l’activité cargo à l’aéroport de Paris-Vatry, où atterrissent les Antonov affrétés par Geodis, nous a répondu jeudi par téléphone.

    L’ARS Grand Est nous a répondu vendredi par courriel.

    Nous avons pu nous entretenir avec neuf entrepreneurs qui ont fait des offres d’importation de masques à l’État au mois de mars, et dont six figurent aujourd’hui dans la liste des fournisseurs de confiance établie par la « cellule masques » de Bercy afin d’aider les entreprises à s’approvisionner. La plupart de ces importateurs ont souhaité rester anonymes. Ils nous ont fourni de nombreux documents attestant de leurs échanges avec l’État et de leurs relations avec des fournisseurs de masques chinois (courriels, photos, certificats de conformité, etc.).

    Afin de dresser un état des lieux des commandes privées de masques, Mediapart a contacté l’ensemble des importateurs listés dans le fichier de la Direction générale des entreprises, soit 32 sociétés. Dix-huit d’entre elles ont accepté de nous répondre, certaines en demandant l’anonymat et/ou à relire leurs citations avant publication. 

    Nous avons demandé à chacun le nombre (approximatif) de masques FFP2 commandés, et le nombre de masques déjà reçus et livrés à ce jour. Nous les avons interrogés sur la nature des commandes : privées ou publiques, sur les modalités de rapatriement des marchandises, ainsi que sur les difficultés qu’ils pouvaient rencontrer pour servir leurs clients.

    Certaines entreprises privées, telles que BNP Paribas, ont été jointes afin de connaître leurs modalités d’approvisionnement en masques mais n’ont pas souhaité s’exprimer.

    Nous avons contacté par SMS, puis par téléphone, les commissionnaires de transport sélectionnés par la « cellule masques » de Bercy pour aider les entreprises à transporter les masques qu’elles commandent en Chine. Ils ont pour la plupart refusé de s’exprimer, nous ont renvoyé vers les services de communication ou n’ont pas répondu.

    Le transporteur ACS France, qui a effectué au moins une livraison de masques à l’aéroport de Paris-Vatry, a refusé de s’exprimer sur les destinataires des cargaisons : « Ce sont les consignes que nous avons reçues, ne pas communiquer sur Vatry. » 

    Bolloré Logistics n’a pas répondu. L’attachée de presse du groupe nous a indiqué ne pas avoir pu recueillir les éléments que nous avions demandés.

    Ceva Logistics, filiale de CMA-CGM, nous a demandé de préciser nos questions par courriel, ce que nous avons fait. Nous n’avons reçu aucune réponse.

    Air France-KLM Cargo nous a répondu via son service de presse, avec lequel nous avons échangé à plusieurs reprises par téléphone et SMS mardi, mercredi et jeudi. 

    Le service de presse de Qatar Airways, qui ne fait pas partie des transporteurs aériens recommandés par Bercy mais a effectué des livraisons de masques en France, a été contacté par courriel mercredi. Nous avons reçu une réponse automatique indiquant que la compagnie avait du mal à traiter le grand nombre de demandes reçues, mais qu’« un membre de l’équipe [de communication] lira [n]otre courriel et [n]ous contactera […] s’il nous est possible de [n]ous aider ». Nous n’avons pas reçu de réponse à nos questions.

    #masques #soignants #économie #Olivier_Véran

    https://seenthis.net/messages/841643 via colporteur


  • Naomi Klein : le coronavirus du capitalisme
    https://la-bas.org/6026

    La crise est-elle une opportunité pour le capitalisme ? Va-t-il appliquer sa stratégie du choc pour nous faire avaler des choses qui nous semblaient impossibles il y a un mois ? Tout dépend des idées qui traînent dans le fond de l’air et de celles qui s’imposeront. Et justement, il y a, dans l’air, des idées qui pourraient nous être favorables.Continuer la lecture…

    #Vidéo #Economie #Environnement #Politique #USA
    https://la-bas.org/IMG/arton6026.jpg?1586469540



  • « En période de crise, l’État pense qu’il fait mieux que tout le monde »
    https://www.politis.fr/articles/2020/04/en-periode-de-crise-letat-pense-quil-fait-mieux-que-tout-le-monde-41662

    Économiste de la santé, Claude Le Pen dénonce le démantèlement d’un organisme, l’Eprus, qui, s’il existait toujours, aurait permis à la France de disposer, entre autres, de tous les masques nécessaires.

    #Économie


  • Quand l’Etat se fait complice de délocalisations et de licenciements boursiers
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080420/quand-l-etat-se-fait-complice-de-delocalisations-et-de-licenciements-bours

    Gorgée d’aides publiques et longtemps soutenue par la BPI, une PME qui produit du matériel chirurgical utile contre le Covid-19, a été revendue à un fonds d’investissement qui organise le transfert de la production vers l’Inde et des (...)

    #Économie


  • Dans le bâtiment, quatre syndicats refusent une reprise du travail
    https://rapportsdeforce.fr/breves/dans-le-batiment-quatre-syndicats-refusent-une-reprise-du-travail-04

    Redémarrera ? Ne redémarrera pas ? Le patronat du secteur du bâtiment et des travaux publics se dit prêt à rouvrir les chantiers après l’édition par le gouvernement le 3 avril d’un « guide de préconisation de sécurité sanitaire pour la continuité […] L’article Dans le bâtiment, quatre syndicats refusent (...)

    #Économie


  • Serena Sorrentino : « Les fonctionnaires malmenés par les politiques d’efficacité sont aujourd’hui au premier plan de la lutte contre le COVID-19 »
    https://www.equaltimes.org/serena-sorrentino-les?lang=fr

    Face à la lutte mondiale contre le COVID-19, l’Italie est le pays qui détient le taux de mortalité le plus élevé. Diverses raisons peuvent expliquer ce phénomène, mais le coronavirus met pleinement en évidence la crise structurelle de la santé (...)

    #Économie


  • PAS DE DIVIDENDES EN 2020, NI JAMAIS !
    https://la-bas.org/6020

    Il n’y a pas que les infirmières qu’il faut soutenir, il y a aussi les caissières, les postiers, les facteurs, les policiers, les saisonniers, les pompiers, les agents d’entretien et de sécurité, et il y a aussi LES ACTIONNAIRES DU CAC 40 QUI SONT PRIVÉS DE 18 MILLIARDS D’EUROS ! Oui, vous avez bien lu : 18 milliards en moins ! VITE, UNE CAGNOTTE !Continuer la lecture…

    #Radio #Economie #Justice
    https://la-bas.org/IMG/arton6020.jpg?1586141193


  • COVID-19 : en route pour la 5G
    https://lagedefaire-lejournal.fr/covid-19-en-route-pour-la-5g

    Le gouvernement a offert grâce à l’état d’urgence sanitaire une liberté totale aux opérateurs de téléphonie mobile pour implanter de nouvelles antennes-relais. Les associations dénoncent une mesure incontrôlable, qui pourrait permettre à l’industrie de préparer discrètement le déploiement de la 5G. « Un (...)

    #Économie


  • Les moyens d’indépendance de l’info en ligne sont introuvables.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3795

    Ecouter l’article. Les informations alternatives, celles qui ne sont que rarement rapportées par les supports et plateformes corporatistes et traditionnelles, ont plus de difficultés d’être rendues publiques. L’aide des lecteurs, des communautés, des entités économiques et des philanthropes assiste les journalistes d’investigations et les lanceurs d’alertes. Mais l’esprit des « infox » leur est attribué… La vérité, que les journalistes épris d’exercer leur métier en toute liberté, se situe quelque part (...)

    #polémiques,_répliques,_réponses,_contradiction,_démenti,_autre_vérité,_témoignage,_authenticité,_appel

    / censure, presse, journaux, dictature, expressions, liberté, journaliste, poète, poésie, livre, écrits, #économie,_politique,_arts,_corruption,_opposition,_démocratie, Internet, Web, (...)

    #censure,_presse,_journaux,_dictature,_expressions,_liberté #_journaliste,_poète,_poésie,_livre,_écrits #Internet,_Web,_cyber-démocratie,_communication,_société,_médias


  • Coronavirus : Les pompes funèbres sont débordées en Seine-Saint-Denis où il y a un « excès de mortalité exceptionnel »
    https://www.20minutes.fr/magazine/2754319-20200403-coronavirus-pompes-funebres-debordees-seine-saint-denis-o

    Entre le 21 et le 27 mars, les décès ont bondi de +63 % en Seine-Saint-Denis par rapport à la semaine précédente. Bien plus que dans les autres départements d’Ile-de-France.

    Plusieurs raisons expliquent cette forte mortalité notamment une circulation plus facile du virus dans ce département très dense et de nombreux habitants du 93 continuent d’aller travailler comme "aides-soignantes, aides à domicile ou travailleuses en Ehpad".

    L’hypothèse d’un non-respect du confinement est balayée par l’ARS Ile-de-France et le préfet du département souligne que les règles du confinement sont, « comme ailleurs, globalement bien respectées ».
    Département le plus pauvre de France métropolitaine, la Seine-Saint-Denis paie un lourd tribu depuis le début de l’épidémie de coronavirus. Les autorités ont publié ce vendredi les chiffres provisoires de l’Insee sur la mortalité et celle-ci a bondi de 63% en une semaine dans le 93. A tel point que les pompes funèbres se disent « débordées » et affirment « n’avoir jamais vu ça » même lors de la canicule de 2003.

    Que disent les chiffres ?
    Plusieurs départements français fortement touchés par la pandémie ont enregistré une mortalité en forte hausse, selon des chiffres provisoires de l’Insee. Mais, en Seine-Saint-Denis, c’est une véritable explosion : entre le 21 et le 27 mars, les décès ont bondi de +63 % par rapport à la semaine précédente. Un niveau « exceptionnel », souligné jeudi soir par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Pour comparaison, la hausse atteint 32 % à Paris et 47 % dans le département voisin du Val-d’Oise.

    Sollicitée par l’AFP, la direction de la santé dit « ne pas avoir d’explication dans l’immédiat » quant à ces chiffres, d’autant plus étonnants que le nombre de décès à l’hôpital est plus faible en Seine-Saint-Denis que dans les autres territoires d’Ile-de-France. Un hiatus que le transfert de malades vers d’autres hôpitaux ne saurait expliquer.

    Les entreprises de pompes funèbres contactées par l’AFP évoquent de « nombreux cas de morts à domicile et dans les maisons de retraite ». « On est tous complètement débordés, je n’ai jamais vu ça ! C’est catastrophique. Même la canicule de 2003, c’est incomparable », témoigne un patron du secteur.

    Comment expliquer cette « surmortalité » ?
    « En Seine-Saint-Denis, il y a plus de morts car il y a plus de contaminés, tout simplement », dit Frédéric Adnet, chef du Samu 93. Dans le département de 1,6 million d’habitants, l’un des plus denses de France, « le virus circule beaucoup plus facilement qu’ailleurs », ajoute-t-il.

    « Le confinement est complexe dans les territoires défavorisés comme le nôtre, où il y a beaucoup de familles nombreuses dans des petits logements, des foyers de travailleurs migrants, des bidonvilles », explique l’urgentiste. « On sait que les maladies infectieuses touchent plus durement les plus précaires, car la transmission est plus facile, et qu’ils sont plus difficiles à suivre », poursuit-il.

    Même constat du côté des médecins de « Place santé », un centre de santé associatif situé au cœur de la cité des Francs-Moisins à Saint-Denis. « L’impression que l’on a, c’est que l’épidémie va être exacerbée dans les quartiers populaires où des inégalités de santé existent déjà », dit la coordinatrice du centre, Gwenaëlle Ferré, qui dénombre « plusieurs foyers avec plusieurs cas » de coronavirus.

    Elle observe aussi que, dans les quartiers, beaucoup d’habitants doivent continuer à aller travailler, du fait de leur profession ou de leur statut précaire. « Dans notre patientèle, il y a beaucoup d’aides-soignantes, d’aides à domicile et de travailleuses en Ehpad », qui vont être « très exposées », explique la coordinatrice. Sans compter « les caissières, les livreurs ».

    Un non-respect du confinement pourrait-il être en cause ?

    Une hypothèse balayée par l’ARS Ile-de-France : « Les gens qui sont entrés en réanimation cette semaine, ce sont des gens qui ont contracté la maladie avant la mise en confinement », explique l’Agence régionale de santé, fatiguée de la polémique.

    Dans le département, les règles du confinement sont, « comme ailleurs, globalement bien respectées », a aussi tenu à souligner cette semaine le préfet du 93, Georges-François Leclerc, saluant « l’esprit de responsabilité » des habitants.

    Certaines populations précaires sont-elles privées d’accès aux soins ?
    Le président PS du conseil départemental, Stéphane Troussel, pointe du doigt « un système de santé plus faible qui pèse dans l’accès aux soins » et le fait qu’il y ait « moins de médecins et moins de lits de réanimation » dans le 93.

    Mais pour le chef du Samu, Frédéric Adnet, l’explication de l’excès de mortalité n’est pas là. Selon lui, les habitants de Seine-Saint-Denis, même les plus précaires, n’hésitent pas à solliciter les secours et « sont soignés comme ailleurs » en France. « Tout le monde appelle le 15, dès que les gens ont du mal à respirer ils appellent. Pour les maladies vitales, les gens vont à l’hôpital », dit-il.

    #travail #économie #mort

    https://seenthis.net/messages/838508 via colporteur


  • Tebboune gracie les délinquants pour interner les activistes du Hirak.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3793

    « Madaniya machich askariya » (civile et pas militaire) est le slogan qui revendique la neutralisation de l’institution qui empêche les islamistes, et les aventuriers qui leurs sont acolytes, de s’accaparer du pouvoir et définitivement en Algérie. C’est l’erreur populiste du Hirak. Elle a pour inspiration le vocable "les généraux" galvaudé à outrance, telle une déclinaison de junte. Mais la réalité montre que l’armée algérienne est pleinement au service des décadents despotes. La dernière relaxation (...)

    mouvement social, monde, revendications, actions, politique, syndicat, lutte, travail, ouvriers,

    / #économie,_politique,_arts,_corruption,_opposition,_démocratie, Maghreb, Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Africa, population, (...)

    #mouvement_social,monde,_revendications,_actions,_politique,_syndicat,_lutte,_travail,_ouvriers, #Maghreb,_Algérie,_Tunisie,_Maroc,_Libye,_Africa,_population,_société


  • Course au vaccin contre le Covid-19 : la recherche du « bien commun » n’a jamais semblé aussi loin
    https://theconversation.com/course-au-vaccin-contre-le-covid-19-la-recherche-du-bien-commun-na-

    L’offre de rachat américaine du laboratoire allemand développant un vaccin contre le Covid-19 souligne que la logique du profit l’emporte toujours, malgré les circonstances exceptionnelles.

    #Économie


  • Leçons d’un sondage ouvert de 2014 à 2019 en Algérie.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3792

    Ecouter l’article. La versatilité de l’opinion algérienne est légendaire. L’esprit de girouette qui tourne selon le sens du vent est souvent comparé à la queue du coq qui plie selon la direction de la bise. Un dicton local compare le changement du point de vue politique avec cette métaphore, en mettant en exergue les marchandages sur les principes. Certains y voient de l’amovibilité. Ce qui n’est pas superflu en démocratie, avec l’idée qu’il n’y a que les idiots qui ne changent pas. Mais il y a plus (...)

    #associations,_mouvement,_vie_associative,_initiatives_citoyennes,_intérêt_commun,_communauté,_Etat,_institution

    / #économie,_politique,_arts,_corruption,_opposition,_démocratie, Maghreb, Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Africa, population, (...)

    #Maghreb,Algérie,_Tunisie,_Maroc,_Libye,_Africa,_population,_société


  • Toulouse : reprise partielle et contestée du travail pour Airbus et ses sous-traitants
    https://www.mediacites.fr/decryptage/toulouse/2020/03/30/chronique-dune-reprise-partielle-et-contestee-a-airbus-et-dans-la-filiere

    Le 18 mars, deux jours après l’annonce présidentielle, Airbus met ses usines françaises à l’arrêt temporairement. Objectif du pilier de l’économie toulousaine : adapter les postes de travail et mettre en place de nouvelles règles d’hygiène pour assurer la santé de ses salariés. L’avionneur prévoit un (...)

    #Économie


  • Du SRAS-cov2 au SRAS-polX
    Du syndrome respiratoire aigu sévère humain
    au syndrome respiratoire aigu sévère politique

    par Louis

    https://lavoiedujaguar.net/Du-SRAS-cov2-au-SRAS-polX-Du-syndrome-respiratoire-aigu-severe-humai

    Le 14 mars 2020, Édouard Philippe (Premier ministre) annonçait « la fermeture à compter de ce soir minuit de tous les lieux recevant du public et non indispensables à la vie du pays ». Par « non indispensables » je voudrais souligner que Philippe, en accord bien entendu avec toutes les strates du pouvoir, pointait justement tous les lieux qui — malgré leurs évidentes limites commerciales — donnent justement un sens à notre existence, tous les lieux qui permettent, malgré leurs limites évidentes, de donner une épaisseur collective à notre vie en société. C’est l’autre qui est le premier besoin de l’humain, l’autre en tant que personne, non en tant que moyen.

    Ont donc été qualifiés de « non indispensables » tous les lieux qui concourent directement à préserver une qualité de vie minimale, tous les lieux de socialisation, ainsi que tous les lieux sans dimension économique directe (parcs, promenades, forêts, plages, etc.). Tout cela permet donc de conclure directement, clairement et sans ambiguïté, que l’indispensable relève de l’économie — mais qui peut bien l’ignorer sur le fond ? — et que le vivant — le « non-indispensable » — n’est qu’à son service. Le cadre général du confinement a donc été on ne peut plus clairement énoncé et révèle avec une indécence crue l’inversion de la réalité dont il procède. (...)

    #coronavirus #politique #État #économie #fragilité #confinement #solidarité

    https://seenthis.net/messages/836312 via la voie du jaguar


  • COVID-19 : le gouvernement booste l’activité des opérateurs télécoms
    https://lagedefaire-lejournal.fr/covid-19-le-gouvernement-booste-lactivite-des-operateurs-telec

    Une ordonnance prise dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire permet aux opérateurs de téléphonie d’implanter des antennes-relais sans information ni autorisation préalable. Une mesure dont il faudra s’assurer qu’elle ne survive pas à la crise… Il faut croire qu’il y avait urgence. En pleine crise du (...)

    #Économie



  • Drareni, Tabbou et le sens du confinement pour un virus de l’an 2019.
    https://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3791

    Ecouter l’article. La rupture avec le personnel politique, des époques passées responsables de l’échec du programme sociétal et de la ruine des ressources matérielles et humaines en Algérie, n’est pas atteinte en dépit de la destitution du dernier cacique ayant squatté El-Mouradiya. A l’heure du COVID-19, ceux qui cherchent à sauver le caricatural pouvoir d’Alger, multiplie les rancœurs contre la jeunesse en sédition. En dépit de l’alerte mondiale, qui a le bilan du jour 21 morts et 302 cas confirmés (...)

    mouvement social, monde, revendications, actions, politique, syndicat, lutte, travail, ouvriers,

    / #économie,_politique,_arts,_corruption,_opposition,_démocratie, Maghreb, Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Africa, population, (...)

    #mouvement_social,monde,_revendications,_actions,_politique,_syndicat,_lutte,_travail,_ouvriers, #Maghreb,_Algérie,_Tunisie,_Maroc,_Libye,_Africa,_population,_société


  • Drareni, Tabbou et le sens du confinement pour un virus de l’an 2019.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article3791

    Ecouter l’article. La rupture avec le personnel politique, des époques passées responsables de l’échec du programme sociétal et de la ruine des ressources matérielles et humaines en Algérie, n’est pas atteinte en dépit de la destitution du dernier cacique ayant squatté El-Mouradiya. A l’heure du COVID-19, ceux qui cherchent à sauver le caricatural pouvoir d’Alger, multiplie les rancœurs contre la jeunesse en sédition. En dépit de l’alerte mondiale, qui a le bilan du jour 21 morts et 302 cas confirmés (...)

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  • Urgent : va-t-on manquer de bouteilles d’oxygène ?
    https://la-bas.org/5999

    Va-t-on manquer de bouteilles d’oxygène pour les malades du CoViD-19 ? C’est à craindre et c’est pourquoi la CGT demande la réactivation et la nationalisation de l’usine LUXFER à Gerzat (Puy-de-Dôme), la seule entreprise en Europe à fabriquer des bouteilles d’oxygène médical et qui a été fermée sans raison légale, selon l’inspection du travail, par l’actionnaire britannique, en mai 2019, en laissant 138 salariés sur le carreau.Continuer la lecture…

    #Radio #Economie #Santé
    https://la-bas.org/audio.api/free/aW5sYnM6Ly9mb2xkZXItNDI0MTkvbXAzLTQ3Ni80ODU2NC1leHRyYWl0dXJnZW50dmF0b25tYW5xdWVyZGVib3V0ZWlsbGVzZG94eWdlbmUubXAz/48564-extraiturgentvatonmanquerdebouteillesdoxygene.mp3