• Sur le style académique – Contagions

    https://contagions.hypotheses.org/1343

    Une réflexion intéressante - ce n’est pas fréquent - sur le style d’écriture (mal écrit, bien écrit, quels critères ?)

    https://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1371/files/2015/01/Christine-de-Pizan.png

    Le beau #style

    Le beau style dans les articles académiques me laisse souvent de marbre. Je n’ai pas besoin qu’un article soit joliment écrit. Mais c’est une question qu’il est en réalité assez difficile de bien expliquer.

    D’abord, je ne crois pas que le genre de langue standardisée et sans ressource stylistique qu’on appelle l’anglais académique soit très profitable à l’enrichissement de nos idées. J’ai entendu des histoires de certains auteurs dont on lissait le style en anglais, pour en retirer des expressions idiomatiques, des tournures un peu compliquées ou des mots trop éloignés des internationalismes, et si de semblables corrections sont souvent justifiées, elles conduisent parfois à un assèchement préoccupant de nos ressources linguistiques.

    Ensuite, j’aime bien quand un article est parfois drôle. Parfois seulement. Les articles qui tentent de me faire rire de bout en bout me gênent, à la fois parce qu’ils ne réussissent presque jamais, et que c’est très embarrassant d’être le spectateur de blagues qui tombent à plat, et parce que j’ai l’impression qu’ils sont pour ainsi dire impolis, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas bien jugé des circonstances sociales dans lesquelles ils s’exprimaient et de ce qui y était le plus utile à tous. C’est un peu le même problème avec les auteurs qui veulent avoir l’air très élégant, ou très intelligent, ou très instruit.

    #écriture

    https://seenthis.net/messages/741505 via Reka



  • Langue : un exemple
    http://www.elianeviennot.fr/Langue-exemple.html

    L’article prouve que, quand on parle au masculin (exclusivement ou pour l’essentiel), on pense au masculin.

    Je pensais que cet article serait déjà passé ici. C’est un exercice d’Éliane Viennot sur un article du Monde pour le rendre inclusif. Il s’agit bien de parler d’une classe mixte de lycée agricole, et même de déplorer le manque de parité de la profession, alors pourquoi ne pas faire mieux apparaître les femmes, plutôt que de les invisibiliser - comme si elles n’avaient justement pas leur place dans la profession, ce qui est contradictoire avec le propos ? L’article finit sur les problèmes matrimoniaux des seuls hommes agriculteurs et on n’en saura pas plus sur ceux des femmes : ont-elles un marché matrimonial plus favorable ou sont-elles simplement priées de vivre leur solitude plus discrètement ?

    #écriture_inclusive #journalisme

    https://seenthis.net/messages/708893 via aude_v







  • Stylistique de l’écriture viriliste – ex cursus
    https://excursusblog.wordpress.com/2018/03/13/stylistique-de-lecriture-viriliste/#more-2678
    https://excursusblog.files.wordpress.com/2018/03/image-20161015-30244-quykp3.jpg

    L’idée d’un genre de l’écriture, masculin féminin, n’est pas chose neuve : le style des auteurs permettrait de révéler leur genre, une certaine douceur et une mollesse – toutes relatives – placeraient Renan du côté des prêtres efféminés, quand d’autres caractéristiques, comme l’attention au détail, permettrait de ranger les textes de femmes sans trop d’inconvénient. Les thèses d’Hélène Cixous, entre autres, sur ce sujet me paraissent essentialistes, en plus de se consacrer seulement aux femmes : je suis bien plus sensible, en tant que lectrice, à ce qui me semble être non une écriture masculine, mais une volonté de virilisme.

    Le mot de Buffon, « le style, c’est l’homme », résumerait en peu de syllabes cet imbroglio d’attributs et de lexèmes. La question me semble cependant mal posée : la question se pose à un niveau plus idéologique que biologique ou psychologique. Le choix de certaines caractéristiques stylistiques montrerait au contraire la volonté de s’éloigner de ce qui est considéré comme féminin – quel que soit le genre des détenteurs de la plume – et de construire une masculinité idéologique et compétitive. Comment se caractériserait cette écriture, présente en fiction comme en non-fiction ? Quelques pistes, non exhaustives, pour la reconnaître peuvent être relevées.

    La lecture récente de L’Infinie Comédie et du Roi pâle de David Foster Wallace montre dans un premier temps que la virtuosité syntaxique, conjuguée à un vocabulaire pléthorique et à des effets de listes donnent cet effet viriliste, certes atténué dans Le Roi pâle. La longueur démesurée, et parfois véritablement jouissive, des phrases souligne la maîtrise grammaticale de leur auteur : elle montre la capacité qu’a celui-ci de mener son lectorat où lui-même l’a décidé, plus qu’elle ne l’accompagne – et elle ménage ainsi à l’auteur une position de surplomb. La longueur des phrases, en plus de valider le brio auctorial, conduit en outre à un style régulièrement haché, fait d’incises et de parenthèses, renforcé dans le cas de Wallace par l’abondant recours aux notes de bas de page et de fin de volume. Le choix d’une structure résolument heurtée et jouant des effets de gradation, particulièrement perceptible dans l’essai « Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas », narrant ses déboires lors d’une croisière, montre que cette structure syntaxique peut se retrouver à l’échelle d’un texte dépassant les 80 pages – dans l’édition française. L’ensemble se découpe en effet en une longue protase, marquant une montée de la tension narrative, avant de se précipiter en une acmé spectaculaire, exécutée en peu de pages lapidaires.

    Cette structuration syntaxique et rhétorique, particulièrement visibles et maîtrisées chez un auteur comme Wallace, se trouve complétée, chez lui comme d’autres, par un vocabulaire particulièrement riche, fait de quelques néologismes et de nombreux technolectes. C’est là un procédé particulièrement employé par Céline, conjugué avec une syntaxe heurtée, mimant souvent une fiction d’oralité : le texte est alors celui d’un texte logorrhéique et ininterrompu, depuis la désinvolte décision d’enrôlement au début du Voyage au bout de la nuit jusqu’aux pamphlets, portés par la même logorrhée. La truculence verbale écrase alors le lectorat de son érudition qui, nécessairement, dépasse la sienne – d’autant plus quand les mots sont inventés. Le procédé du ton singulier, marqué par des mots rares et recherchés, parfois détournés de leur sens premier, se retrouve dans Orange mécanique d’Anthony Burgess – et Kubrick n’a pas oublié de mimer le procédé par la voix off.

    @mona #genre #sexe #style #littérature #écriture #femmes

    https://seenthis.net/messages/676815 via mad meg


  • Hackathon écriture inclusive - romy.tetue.net
    http://romy.tetue.net/hackathon-ecriture-inclusive

    Mon compte-rendu du premier hackathon de création d’outils aidant au développement de l’écriture inclusive : 75 participant·es, 25 idées dont une dizaine de projets développés durant le weekend.

    http://romy.tetue.net/IMG/jpg/ecran-de-codeur-ou-de-codeuse-lors-du-hackathon-ecriture-inclusive.jpg

    #HackEcritureInclusive #EcritureInclusive #langue_française

    https://seenthis.net/messages/664143 via tetue


  • « L’#Europe a construit sa #domination en écrivant l’#histoire des autres »
    https://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20171222.OBS9679/l-europe-a-construit-sa-domination-en-ecrivant-l-histoire-des-au
    https://media.nouvelobs.com/referentiel/1200x630/16370374.jpg

    Les Espagnols ont fait entrer les Indiens dans une chronologie qui est celle du calendrier chrétien, avec un passé qui commence en l’an 0, et une conception du temps qui se découpe entre passé-présent-futur. Les Européens ont obligé les Indiens à penser leur monde à travers leurs « lunettes », ils ont marginalisé les modes d’#expression indigènes, ils ont domestiqué leurs #imaginaires. L’un des piliers de ce processus d’#occidentalisation du monde est la cristallisation de la parole sous la forme du #livre. La #suprématie de l’#écrit a bouleversé l’#imaginaire jusque-là prédominant.

    Ce qui se joue est symboliquement et intellectuellement très violent. En imposant un cadre de #pensée, les Européens ont colonisé ces populations définitivement. Ils ont aboli leur monde. Dès lors, ces autres peuples ne pouvaient plus se regarder que dans le miroir de l’#Occident : ils ont été sommés d’imiter le #modèle européen.

    https://seenthis.net/messages/656033 via Kassem


  • Les Détricoteuses. Les académicien.nes n’aiment pas trop les nénufars
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/251217/les-detricoteuses-les-academiciennes-n-aiment-pas-trop-les-nenufars

    Le français, une citadelle menacée ? Alors que les crispations sont légion, les Détricoteuses revisitent l’histoire du français, une langue vivante, changeante, construite comme un instrument de domination. Une #Histoire faite de coups de force, mais aussi de résistances et de merveilleux métissages qui n’ont aucune raison de cesser.

    #Culture-Idées #Académie_française #clovis #écriture_inclusive #langue_française #première_guerre_mondiale


  • Écriture inclusive : „On caricature le débat” Le Point - Baudouin Eschapasse - 27/10/2017

    Les promoteurs de l’écriture inclusive se défendent de créer une "novlangue". Raphaël Haddad et Éliane Viennot reviennent sur leur projet... Entretien.

    L’universitaire Éliane Viennot, spécialiste de l’histoire de la langue, et le chercheur Raphaël Haddad, par ailleurs fondateur du cabinet de conseil en communication MOTS-CLES http://www.motscles.net/nous-rejoindre https://seenthis.net/messages/654776 , plaident, depuis plusieurs années, pour que le français se débarrasse de traditions langagières qui perpétuent des préjugés sexistes. À l’heure où leur projet est largement débattu, Le Point.fr a souhaité les rencontrer pour qu’ils détaillent leur projet.
    http://www.lepoint.fr/images/2017/10/27/10966120lpw-10978036-article-jpg_4673657_660x281.jpg
    Le Point : Vous promouvez, depuis plusieurs mois, une nouvelle écriture que vous qualifiez d’inclusive. Comprenez-vous la bronca suscitée par votre projet ? Et avez-vous été surpris(e) par la polémique qui l’a accompagnée ?
    Éliane Viennot  : Pour être totalement franche, cela ne m’a pas vraiment étonnée. Pour avoir étudié l’histoire de la langue, je sais combien certaines personnes deviennent hystériques dès lors qu’on leur propose d’utiliser des termes féminins pour certaines activités prestigieuses. Je me suis penchée récemment sur la manière dont l’Académie française a traité ce dossier depuis la création de la commission instituée en 1984 par Yvette Roudy (à l’époque ministre des Droits de la femme, NDLR), qui préconisait de féminiser les noms de métiers, fonctions, grades et titres. Notamment pour désigner les femmes qui accèdent à de hautes fonctions administratives ou ministérielles. La levée de boucliers avait été terrible. Et à nouveau en 1998, quand des ministres ont demandé qu’on les nomme au féminin. Dans les deux cas, certains médias ont réagi avec une incroyable violence. Je pense surtout au Figaro. Mais faut-il s’en étonner quand on sait qu’à l’époque, les académiciens avaient table ouverte dans ce journal ?

    Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication (enseignant en communication à Paris I), Raphaël Haddad est, par ailleurs, fondateur de l’agence. Il est l’auteur du "Manuel d’écriture inclusive ».
    Raphaël Haddad  : Il est intéressant de souligner que la féminisation des métiers ne pose problème que quand il s’agit de professions intellectuelles ou de fonctions de responsabilité. Les académiciens n’ont jamais remis en cause le fait qu’on parle de boulangère ou d’infirmière. En revanche : préfète ou chancelière, cela semblait heurter leurs oreilles. De mon point de vue, cette réaction montre surtout que ces hommes se sentent en danger. L’idée même de féminiser ces termes les amène à considérer l’idée qu’ils devront un jour partager le pouvoir.
    E. V.  : J’ajouterai que les mots féminins que nous promouvons existent de longue date. On parlait au début du XVIIe siècle de philosophesse, d’écrivaine et d’autrice dans la meilleure société, et professeuse était employé au XIXe.
    Nous entendons juste renouer avec des règles grammaticales qui ont existé par le passé et existent toujours dans les autres langues romanes.

    Quand cela a-t-il changé ?
    E. V.  : Les premiers coups de boutoir datent des années 1600-1630, sous l’influence probable de personnes qui entouraient Malherbe, et qui voulaient « purifier » la langue des nombreux néologismes gascons et italianisants créés à l’époque. Mais ils en ont profité pour « masculiniser » la langue. Les résistances ont néanmoins été nombreuses jusqu’à ce que l’instruction devienne obligatoire. C’est l’école primaire obligatoire du XIXe sièce qui va achever ce mouvement.

    Votre projet n’ambitionne pas seulement de féminiser les noms de métier. Il va bien au-delà. Vous voulez débarrasser la langue française des règles grammaticales que vous présentez comme sexistes…
    E. V.  : Oui. Pour autant nous ne voulons pas créer une « novlangue » comme on l’écrit parfois. Ceux qui soutiennent cette idée caricaturent le débat. Nous entendons juste renouer avec des règles grammaticales qui ont existé par le passé et existent toujours dans les autres langues romanes. Nos détracteurs prétendent défendre la langue française. Mais la connaissent-ils vraiment ? J’en doute. Je veux par exemple réhabiliter l’accord de proximité, hérité du latin. Dans Athalie, Racine écrit : « Armez-vous d’un courage et d’une foi nouvelle. » Si l’on en croit nos bons académiciens qui veulent que le masculin l’emporte sur le féminin, nous aurions dû écrire « nouveaux ». De la même manière, Madame de Sévigné répondant à Gilles Ménage, qui se dit fatigué, lui répond : « Je la suis aussi. » Ce brave grammairien (né en 1613 et mort en 1692, NDLR) tente de la reprendre mais elle se refuse à dire « je le suis aussi ». Elle affirme que, si elle le faisait, « [elle] croirai[t] avoir de la barbe au menton » !
    Une langue « phallocentrée » (...) traduit une vision du monde dominée par les hommes

    R. H.  : Michel Foucault l’a bien dit. « Le discours n’est pas simplement ce qui traduit les luttes ou les systèmes de domination, mais ce pour quoi, ce par quoi on lutte, le pouvoir dont on cherche à s’emparer. » Une langue « phallocentrée », pour reprendre une terminologie de la chercheuse Marlène Coulomb-Gully, traduit une vision du monde dominée par les hommes.

    On vous opposera que les nations dont les langues n’ont ni masculin ni féminin, comme le persan ou le turc, ne sont pas toutes des modèles d’égalité entre hommes et femmes.
    R. H.  : C’est un sophisme extraordinaire. Le langage inclusif est une condition nécessaire mais pas suffisante pour qu’une société soit moins sexiste. Sur un plan strictement logique, la seule objection valable à l’écriture inclusive serait celle-ci : l’existence d’une société strictement égalitaire où la langue ne le serait pas. Mais ce contre-exemple n’existe pas !
    E. V.  : J’ai entendu aussi parler de la langue bantoue qui cumulerait un nombre incroyable de genres. Ces références m’amusent d’autant plus que ceux qui les utilisent ne connaissent rien à cette langue africaine. C’est un peu comme les médecins de Molière qui prétendaient en imposer avec leur latin.

    Comment est né votre projet de langage inclusif  ?
    R. H.  : Cela fait longtemps que des intellectuel(le)s, travaillé(e)s par la question féministe y réfléchissent. J’ai découvert leurs travaux au moment de mes recherches doctorales sur les discours politiques. Les choses se sont ensuite décantées. J’ai publié un manuel de réflexion sur cette question, avec Carline Baric, (téléchargeable gratuitement ici) qui s’appuie notamment sur les travaux du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE).
    E. V.  : L’objet du langage inclusif est social et non grammatical. Nous souhaitons promouvoir une société plus égalitaire. Cela passe par la langue et par la déconstruction des stéréotypes « genrés » qu’elle véhicule. Cette démarche habite tous mes travaux…
    C’est l’Académie qui est interventionniste quand elle entend proscrire certains usages. Elle est censée enregistrer la manière dont une langue évolue...

    Cela passe par une forme d’interventionnisme difficile à supporter dès lors que cela concerne la manière de s’exprimer…
    R. H. : Cette objection de l’interventionnisme est amusante. Que fait-on d’autre chaque fois que l’on énonce un néologisme par exemple ? On intervient sur la langue ! Les jeunes, et les moins jeunes, qui parlent de « like », de « twittos » ou de « stiletto », trois termes entrés dans les dictionnaires récemment, n’ont pas attendu l’autorisation de l’Académie française. Critiquer l’écriture inclusive pour son interventionnisme, c’est lui refuser ce qu’on accepte et encourage volontiers de tout autre usage langagier.
    E. V.  : C’est l’Académie qui est interventionniste quand elle entend proscrire certains usages. Elle est censée enregistrer la manière dont une langue évolue... C’est pour cela que les dictionnaires s’enrichissent chaque année de mots nouveaux. Une langue n’est pas figée une fois pour toutes.

    Au final, ce qui choque les gens, n’est-ce pas simplement la graphie du point milieu ? Écrire les mots suivants, « chroniqueur·euse », « chercheur·e », « transporteur·euse », « président·e », ce n’est pas très esthétique.
    E. V.  : Je regrette qu’on restreigne le débat à cette simple question de point milieu. Nous préconisons simplement d’user des mots féminins chaque fois que c’est possible. Cela peut passer par la flexion (le fameux « mesdames et messieurs » lorsqu’on s’adresse à une population mixte, NDLR). Cela peut passer aussi par les termes épicènes : c’est-à-dire l’usage d’un mot neutre (exemples : « astronome » ou « membre »). Cela peut enfin passer par le point milieu ou d’autres signes graphiques. Nous ne sommes pas bloqués là-dessus. Personnellement, je suis pour « intellectuel·es » mais contre « acteur·trices ». Mais c’est un débat en cours, les protocoles vont s’affiner.
    R. H.  : L’écriture inclusive ne se limite pas au point milieu ! Ce point milieu résulte de la volonté d’abréger certaines formulations, exactement comme on écrit M. pour « Monsieur ». Quiconque a tenté de redonner de la place au féminin dans son écriture se rend compte de son utilité, surtout face à un e muet par exemple. Écrire « ami·e·s » peut paraître par exemple plus commode qu’« amis et amies ». Mais on peut appliquer pleinement l’écriture inclusive, sans ne jamais mobiliser le point milieu !
    Aucune entreprise ne peut mobiliser l’écriture inclusive (...) sans s’interroger sur les écarts de salaires entre femmes et hommes

    Vous dites que l’écriture inclusive fait progresser l’égalité. Quelles preuves en avez-vous ?
    R. H. : Sur le plan social, l’écriture inclusive produit deux effets principaux. D’abord, c’est un formidable levier de féminisation des effectifs. C’est la raison pour laquelle les écoles, les entreprises qui manquent de candidatures féminines observent cette démarche avec un intérêt prononcé. Ensuite, c’est un ancrage pratique sur les enjeux d’égalité. Aucune entreprise ne peut mobiliser l’écriture inclusive dans sa pratique institutionnelle sans s’interroger sur les écarts de salaires entre femmes et hommes, qui, rappelons-le, stagnent à 23 % en France, ou s’attaquer au « plafond de verre » qui bloque les carrières des femmes. J’en suis pour ma part convaincu : l’inconfort sémantique dans lequel on laisse les femmes produit et entretient de l’inconfort social.

    Vous expliquez que votre démarche est soutenue par 75 % de la population. En êtes-vous si sûr ?
    R. H.  : Quand on regarde les résultats de l’étude d’opinion, que constatons-nous ? Que 84 % des 1 000 personnes interrogées par l’institut Harris Interactive les 11 et 12 octobre derniers sont acquises à la féminisation des noms de métiers, de titres, de grades et de fonctions. Et que 81 % des personnes interrogées sont pour l’usage du féminin et du masculin plutôt que du masculin « générique » lorsqu’on s’adresse à la fois à des femmes et des hommes. Et 3 personnes sur 4 sont favorables aux deux dimensions simultanément, qui sont en fait les deux principes directeurs de l’écriture inclusive.
    E. V.  : Le général de Gaulle l’avait bien compris, lui qui veillait à commencer tous ses discours par la double flexion : « Françaises, Français ». Au grand dam de l’Académie !
    R. H.  : Tous les hommes politiques s’y sont mis depuis. Je m’intéresse de longue date aux discours de meetings. En 2002, Robert Hue était le seul homme à utiliser la double flexion (avec Arlette Laguiller et son célèbre « Travailleurs, Travailleuses », NDLR). En 2017, ils l’ont tous fait. C’est pleinement rentré dans les mœurs. Ce qui me fait dire que la bataille menée par nos détracteurs et nos détractrices est une bataille d’arrière-garde. Elles et ils ont déjà perdu, mais ne le savent pas encore. D’importants responsables institutionnels, comme Pierre Gattaz par exemple, utilisent aujourd’hui l’écriture inclusive ! Et les tweets vont l’imposer, puisque la place est restreinte !

     #écriture_inclusive #langage #langue #femmes #agence-de-publicité #publicitaire #lobbyistes #lobby #parole #communication #Raphaël-Haddad #Mots-Clés

    https://seenthis.net/messages/654778 via BCE 106,6 Mhz


  • Les Détricoteuses. Les académicien.nes n’aiment pas trop les nénufars
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/251217/les-detricoteuses-les-academiciennes-naiment-pas-trop-les-nenufars

    Le français, une citadelle menacée ? Alors que les crispations sont légion, les Détricoteuses revisitent l’histoire du français, une langue vivante, changeante, construite comme un instrument de domination. Une #Histoire faite de coups de force, mais aussi de résistances et de merveilleux métissages qui n’ont aucune raison de cesser.

    #Culture-Idées #Académie_française #clovis #écriture_inclusive #langue_française #première_guerre_mondiale


  • Écriture inclusive : faisons le point autour de la cheminée – 24 jours de web
    https://www.24joursdeweb.fr/2017/ecriture-inclusive-faisons-le-point-autour-de-la-cheminee

    Salut les fées et les lutins ! Si t’as pas entendu parler d’écriture inclusive dernièrement, c’est que tu vis au fond d’une grotte. Et quelle chance, parce que la polémique actuelle nous rebat les oreilles ! Mais y’a des petits trucs qu’il te faut savoir, pour bien faire ton métier dans le Web. Et peut-être as-tu des questions à ce sujet… Faisons le point, veux-tu ? Viens, prends ce plaid et installe-toi au chaud près de la cheminée…

    https://media.24joursdeweb.fr/2017/12/petit-train-inclusif-768x273.png

    #ÉcritureInclusive #LangueFrançaise #PointMédian

    https://seenthis.net/messages/654153 via tetue


  • Enquêter avec les verriers de Givors. Entretien avec Pascal Marichalar
    http://www.contretemps.eu/enqueter-verriers-givors

    Dans Médecin du #travail, médecin du patron ?, paru il y a trois ans, Pascal Marichalar proposait une réflexion sur l’indépendance médicale en partant d’un paradoxe : comment les médecins du travail […]

    #Diaporama #Enquête #Stratégie #classe_ouvrière #crime #délinquance #écriture #justice #licenciements #monde_ouvrier #santé




  • Egalité femmes-hommes : l’écriture dite « inclusive », sujet qui divise
    http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2017/10/07/egalite-femmes-hommes-l-ecriture-dite-inclusive-un-sujet-qui-divise_
    http://img.lemde.fr/2017/07/25/415/0/3800/1898/644/322/60/0/1f46f06_14761-1w3jp0.kanr85b3xr.jpg

    Si l’expression « écriture inclusive » est assez récente, la réflexion a été amorcée il y a une vingtaine d’années autour de l’idée de neutralité dans l’écriture – on parlait alors de « langage épicène », comme le rappelle France Culture. Le terme « inclusif » a ensuite été jugé plus juste pour refléter la volonté d’une égalité des sexes.

    Parmi ses défenseuses de la première heure, Eliane Viennot, professeuse émérite de littérature et historienne, souvent citée sur le sujet. Selon elle, « la langue française n’est pas inégalitaire par nature », mais offre au contraire « tous les outils pour parler à égalité des deux sexes ». Ce que l’on a pu voir par exemple à la Renaissance, « où l’écriture était bien moins sexiste qu’elle ne l’est aujourd’hui », juge l’historienne.

    Impressionnant de voir dans la suite de l’article les mâles profondément réactionnaires qui s’opposent à l’écriture inclusive.
    On finira par trouver une forme qui soit courante (des mots comme auteure, écrivaine, professeure, députée,...) et des expressions qui représentent l’égalité en limitant quand même les lourdeurs. Mais surtout, l’écriture est la forme durable de l’oral... comment dit-on à l’oral va nous aider à trouver l’écrit.

    #Ecriture_inclusive

    https://seenthis.net/messages/635717 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • L’écriture inclusive, ça marchera jamais (et tant mieux) | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/152102/ecriture-inclusive-marchera-jamais
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/capture_2017-10-04_a_12.49.26.png

    Alors qu’on s’écarte, j’ai une confession à faire. Il s’avère que je suis féministe –je suis persuadée qu’il vaut mieux vivre dans une société où les femmes et les hommes ont des droits égaux et je suis disposée à me battre pour pouvoir vivre dans une telle société et offrir au maximum de monde cette possibilité–, mais aussi assez fermement opposée à l’écriture inclusive. Comment se fait-ce ? Parce que je suis par ailleurs pragmatique et sais que les ambitions de l’écriture inclusive –être « un premier pas dans la lutte contre les inégalités », un « levier puissant pour faire progresser les mentalités [et] faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes »– ont toutes les chances de ne jamais se réaliser, vu qu’elle inverse le lien généalogique entre langage et représentations socio-culturelles.

    Les secondes ne sont pas engendrées par le premier. Le langage n’est pas une baguette magique qui façonne le monde à sa guise –et à celle de provisoires « dominants »–, mais un outil d’encodage, de description et de retranscription d’un réel qui lui préexiste. Un travail qui s’effectue depuis plusieurs milliers voire millions d’années dans le cadre (alias les limites) de notre « nature humaine », avec ses structures mentales universelles désormais bien connues.

    La première erreur que commettent les partisans de l’écriture inclusive, c’est de croire à la performativité du langage, telle que l’ont théorisée des personnes comme Judith Butler sur la base d’une lecture fallacieuse de John Langshaw Austin. Un tour de passe-passe qui aura transformé les actes de langage que sont les énoncés performatifs –toutes les formules faisant fonction d’action dans des circonstances précises, comme le « je vous déclare mari et femme » du bureaucrate en charge de vos épousailles– en langage agissant et détenteur de facultés littéralement thaumaturgiques. Une théorie trop super cool, si elle pouvait compter sur un ou deux faits objectifs susceptibles de la soutenir.

    Malgré la fabuleuse diversité « structurelle » des langues de par le monde, toutes les cultures assignent en tendance et spontanément les mêmes caractéristiques psychologiques à leurs hommes et à leurs femmes –les fameux « stéréotypes genrés »

    L’autre marigot épistémique dans lequel patauge joyeusement l’écriture inclusive a pour nom le déterminisme linguistique. L’hypothèse de Sapir-Whorf en est le spécimen le plus célèbre et toujours le plus redoutablement nuisible, qu’importe que sa réfutation soit pliée depuis une bonne quarantaine d’années, comme a pu notamment le démontrer en long et en large le psycholinguiste Steven Pinker dans son ouvrage L’Instinct du langage, publié aux États-Unis en 1994 et traduit en français en 1999.
    Le langage façonne le monde ?

    Le nœud théorique du déterminisme linguistique est le suivant : nos pensées sont déterminées par des catégories façonnées par notre langue et, dès lors, les multiples spécificités langagières présentes sur notre chic planète accouchent de modes de penser spécifiques chez leurs différents locuteurs.

    Il y a plein de choses intéressantes sur le langage dans ce texte. Mais il s’attaque aux intégristes de l’écriture inclusive. C’est toujours plus facile que de rechercher les divers usages de ce type d’écriture. Pour ma part, j’en fait un usage pour appuyer certains éléments dans lesquels l’absence de marqueur de genre serait une priorité au genre masculin. Pour le reste, on s’en passe très bien. Dans mon usage (modéré et consensuel ;-) l’écriture inclusive a un rôle pour souligner quelque chose sans avoir à y mettre des parenthèses insistantes ou des notes de bas de page. À ce titre, elle m’apparaît semblable à l’usage des emoticones : une manière de souligner, de dire en passant quelque chose que la voix ou le comportement pourraient très bien faire passer en situation orale. Bien évidemment, je n’ose imaginer un roman entier en écriture inclusive.

    #Féminisme #Ecriture_inclusive #Langage #Austin #Ecrit

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  • Tout comprendre à l’écriture inclusive, que les antiféministes adorent détester
    http://www.francetvinfo.fr/societe/tout-comprendre-a-l-ecriture-inclusive-que-les-antifeministes-adorent-d
    http://www.francetvinfo.fr/image/75eckg2t5-560f/1500/843/13159461.jpg

    Qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

    L’écriture inclusive est une technique d’écriture qui englobe des règles de grammaire et de syntaxe permettant d’assurer une représentation plus égalitaire des femmes et des hommes dans la langue française. Cette méthode recouvre plusieurs grands principes. Elle encourage non seulement à féminiser les noms de métiers et les titres de fonctions pour désigner une femme ("la présidente", « une agricultrice » plutôt que « Mme le président » ou « une femme agriculteur »), mais également à combiner le masculin et le féminin pour désigner un groupe qui comprend des femmes et des hommes ("les électeurs et les électrices").

    Le Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe, édité en novembre 2015 par le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, invite également à bannir les termes « homme » et « femme » lorsqu’ils sont employés pour désigner l’espèce humaine d’une part ("les droits de l’homme") ou l’ensemble des femmes de l’autre ("la journée de la femme"). Pour le Haut Conseil, parler de « la femme » évoque « le fantasme, le mythe, qui correspondent à des images stéréotypées et réductrices telles que la figure de ’l’Arabe’ ou ’du Juif’. »

    La règle grammaticale selon laquelle le masculin l’emporte sur le féminin est également dans le viseur des partisans de l’écriture inclusive. En 2011, trois associations publiaient une pétition intitulée « Que les hommes et les femmes soient belles ! » qui invitait à s’en débarrasser pour revenir la règle de la « proximité ». Celle-ci consiste à accorder le genre de l’adjectif avec celui du plus proche des noms qu’il qualifie, et le verbe avec le plus proche de ses sujets, comme le titre de la tribune l’indique.

    #Ecriture #Typographie #Féminisme

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