#flexibilité

  • Deliveroo débarque à Tours, et ce n’est pas une bonne nouvelle
    https://larotative.info/deliveroo-debarque-a-tours-et-ce-n-2096.html

    https://larotative.info/home/chroot_ml/ml-tours/ml-tours/public_html/local/cache-vignettes/L700xH469/arton2096-2d8d8-2c37b.jpg?1488299198

    L’entreprise spécialisée dans la livraison à vélo de plats cuisinés va s’installer en Indre-et-Loire. Son fonctionnement étant basé sur l’exploitation des livreurs, il n’y a pas de quoi se réjouir.

    Contrairement au modèle traditionnel de livraison organisé par des pizzerias ou des restaurants de sushis, dont les livreurs sont salariés, le modèle Deliveroo fait appel à des travailleurs « indépendants », qui sont généralement auto-entrepreneurs. Les coursiers ne signent pas un contrat de travail, mais un contrat de prestation de services. Ce modèle, popularisé en France par l’entreprise Uber, est de plus en plus vivement critiqué. L’autoentrepreneuriat est devenu un outil utilisé par ces boîtes « pour faire bosser les gens sans gérer l’emploi, sans embaucher, sans payer de cotisations », comme l’explique la sociologue Sarah Abdelnour.

    (...)

    Dans un premier temps, les livreurs Deliveroo pouvaient espérer gagner un minimum de 7,50 euros par heure, auquel s’ajoutait le montant des « courses » réalisées pendant cette heure. Désormais, les minimums garantis ne concernent que certains créneaux horaires, et la course est payée autour de 5 euros brut. Compter donc deux courses par heure pour atteindre un salaire brut de 10 euros, sur lequel le livreur devra payer les cotisations et charges diverses liées à son statut d’auto-entrepreneur [1]. Le montant des bonus, versés en cas d’intempéries ou pour garantir une rémunération motivante certains soirs, peut varier sur décision unilatérale de Deliveroo. A une époque, Deliveroo promettait aux coursiers de « gagner jusqu’à 20€ de l’heure (sans compter les pourboires) ». Pour le recrutement de livreurs à Tours, l’entreprise annonce désormais « jusqu’à 150€ par week-end », sans préciser le nombre d’heures travaillées.

    (...)

    Depuis, de nombreux « collaborateurs » de Take Eat Easy luttent pour faire requalifier leurs contrats de prestation de service en contrats de travail. A Lyon, un collectif s’est constitué pour organiser la solidarité entre les coursiers. Dans un tract du collectif, on pouvait lire :

    « Les plateformes nous niquent depuis trop longtemps ! Nous n’avons aucun droit au chômage, aucun droit à la retraite, aucune prime de risque, aucun accompagnement en cas de blessure ! Et elles nous imposent leurs rémunérations, elles contrôlent nos horaires, elles ne payent aucune charge patronale ! Il est plus que temps de nous fédérer et de trouver des moyens de nous asseoir à la table des négociations ! »

    #Deliveroo #foodtech #uberisation #flexibilité

    https://seenthis.net/messages/575847 via La Rotative


  • Revue Projet » « Distribuer équitablement les #revenus primaires »
    http://www.revue-projet.com/articles/2017-02_philippe-askenazy_distribuer-equitablement-les-revenus-primair

    Aux divergences salariales s’ajoutent celles des conditions de #travail. L’#intensification du travail pèse principalement sur ceux qui sont en bas de l’échelle sociale. Ils subissent ainsi une double peine : leur #rémunération tend à stagner, du fait du discours sur l’improductivité, et pourtant ce sont eux qui subissent de plein fouet l’intensification du travail. Au contraire, on valorise – et on plaint – les productifs, les créatifs, dont les conditions de travail sont objectivement bonnes et ont même tendance à s’améliorer.

    Cette inégale intensification masque une forme d’#exploitation de l’humain, qui trouve son parallèle dans l’exploitation de la nature. Le #productivisme opère une pression accrue, à la fois sur une masse de travailleurs en équilibre et sur une partie de l’environnement qui s’en trouve menacée. Dans les dernières décennies, les exigences de #flexibilité en termes de #mobilité et d’horaires n’ont cessé de s’accroître. Les temps et la fréquence des déplacements (domicile-travail, multiples lieux de travail) ont explosé. Or cette mobilité contrainte augmente fortement les émissions de CO2.

    https://seenthis.net/messages/565460 via Agnès Maillard


  • Éric Verhaeghe : « Pourquoi je claque la porte du #Medef » | L’Humanité (2011)
    http://www.humanite.fr/eric-verhaeghe-pourquoi-je-claque-la-porte-du-medef

    Non, le coût du #travail n’est pas trop élevé, c’est la rapacité de l’oligarchie qu’il faut attaquer ! Ex-directeur des affaires sociales de la fédération patronale des assurances, Éric 
Verhaeghe claque la porte du Medef. Il dénonce une doctrine économique qui met en péril la société et la démocratie.

    [...]

    Éric Verhaeghe. J’ai voulu exercer un droit d’inventaire sur la pensée économique dominante depuis quarante ans. Né à la fin des années 1960, je suis d’une génération qui n’a jamais connu que la #crise, une génération qui a vécu dans la nostalgie des Trente Glorieuses. Avec l’implosion du modèle soviétique, quand l’économie de marché est restée comme seul système global, il y a eu un pari : plus on développera ce système, plus vite on arrivera à l’essence du #marché en concurrence libre et parfaite, plus vite on sera prospères et on renouera facilement avec la croissance des Trente Glorieuses. Pendant la décennie 1980, on a fait de la privatisation à tout-va ; pendant la décennie 1990, on a abaissé le coût du travail – on a quand même dépensé 1,5 point de PIB en allégements de charges… Le résultat est terrible. En réalité, au bout de quarante ans, non seulement ça ne va pas mieux, mais au contraire, le système est en train de s’autodétruire. Cette crise n’est pas imputable à la rigidité du marché, mais au contraire, à sa #flexibilité. Cela oblige à remettre en cause nos vieilles croyances. Collectivement, les élites de ce pays ne peuvent plus continuer à soutenir que les recettes d’avant 2008 vont nous sortir du marasme, elles sont la cause de la crise !

    [...]

    il y a eu un pari : plus on développera ce système, plus vite on arrivera à l’essence du marché en concurrence libre et parfaite, plus vite on sera prospères et on renouera facilement avec la croissance des Trente Glorieuses. Pendant la décennie 1980, on a fait de la privatisation à tout-va ; pendant la décennie 1990, on a abaissé le coût du travail – on a quand même dépensé 1,5 point de PIB en allégements de charges… Le résultat est terrible. En réalité, au bout de quarante ans, non seulement ça ne va pas mieux, mais au contraire, le système est en train de s’autodétruire.

    [...]

    Lorsque Liliane Bettencourt reçoit un chèque de 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal, ce chèque est financé par de la dette que Liliane Bettencourt achète sous la forme d’emprunts d’État et, du coup, quand on la rembourse, on lui fait un nouveau cadeau. Le bouclier fiscal est une opération de passe-passe qui permet d’accroître le patrimoine des gros revenus en le faisant financer par l’écrasante majorité des citoyens.

    [...]

    Je suis partisan du démantèlement des très grandes entreprises : dès lors qu’une entreprise atteint une taille qui la rend plus puissante qu’un État, il faut la démanteler. On sait le faire quand l’entreprise constitue une menace pour la libre concurrence. Je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas ce pouvoir dès lors qu’elle menace la souveraineté des peuples.

    #économie, #finance, #fiscalité, #revenus, #protection_sociale


  • Comment travaillerons-nous demain ?
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/270416/comment-travaillerons-nous-demain

    Alors que le projet de loi sur le #Travail, porté par la ministre El Khomri, est toujours étudié au Parlement et qu’une nouvelle journée d’action contre cette « loi Travail » est prévue pour le 28 avril, rencontre entre Jean Auroux, ancien ministre du travail et auteur des lois qui portent son nom, la sociologue Dominique Méda, et l’économiste Stéphane Carcillo.

    #Culture-Idées #flexibilité #loi_El_Khomri #Lois_Auroux #protection #salariat #stable #ubérisation


  • Une petite idée de la #violence sociale : Actualités du droit
    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2016/02/01/une-petite-idee-de-la-violence-sociale-925762.h
    http://size.blogspirit.net/20minutes-blogs.fr/lesactualitesdudroit/260/media/00/01/3096888102.JPG

    Butant sur le mur des radicalisés la #flexibilité, Vanessa a du faire défendre ses #droits par la CGT. Devant l’évidence de la violation du droit, le directeur de la supérette a cédé, mais être obligé d’appliquer la loi lui est resté à travers du gosier : « Il a promis oralement qu’au premier faux pas, elle serait renvoyée », affirme Michel Forestier, le délégué de la CGT. Parole tenue…

    http://seenthis.net/messages/456801 via Agnès Maillard


  • Le dysfonctionnement inquiétant du #marché du "travail américain
    http://www.lenouveleconomiste.fr/financial-times/le-dysfonctionnement-inquietant-du-marche-du-travail-americain-28
    http://www.lenouveleconomiste.fr/wp-content/uploads/2015/11/worker.jpg

    Qu’est-ce qui pourrait expliquer que les hommes et les femmes de cette classe d’âge soient si nombreux à se retirer du marché du travail pendant une aussi longue période ? Les joies de l’oisiveté ne peuvent pas être une explication plausible, car les États-Unis ont le système social le moins généreux des pays à revenu élevé. L’hypothèse selon laquelle des salaires minimums élevés bloqueraient la création d’emplois, et persuaderaient ainsi les travailleurs peu qualifiés d’abandonner leur recherche d’#emploi, n’est pas plausible non plus. Selon l’OCDE, le #salaire minimum américain était en 2014 de 20 % inférieur à celui du Royaume-Uni en termes réels, et beaucoup moins élevé que dans la très généreuse France. En outre, les États-Unis ont encore le marché du travail le moins réglementé de l’OCDE.

    Donc, comment expliquer ces tendances ? Dans le cas des femmes des classes d’âge de forte activité, l’absence de services de garde d’enfants abordables semble une explication plausible. La #société semble avoir décidé qu’elle ne veut pas payer pour maintenir les femmes dans la population active.

    Une autre explication possible est que la #flexibilité du marché du travail permet aux employeurs de remplacer les travailleurs des classes d’âge médianes par des jeunes et des vieux. Les États-Unis ont des taux de participation à l’emploi relativement élevés pour les 15 à 24 ans. Ils ont également connu une forte hausse dans le taux de participation à l’emploi des personnes de plus de 65 ans, de 13 % en 2000 à 19 % en 2014 ; ce dernier chiffre place les États-Unis juste derrière le Japon dans le G7. La faiblesse des salaires minimums et les coûts de transport élevés pour les travailleurs vivant dans les villes tentaculaires américaines pourraient aussi rendre le travail à bas salaire non rentable. En particulier dans le cas des hommes, les chiffres de ceux qui ont un casier judiciaire, dus à l’incarcération massive aux États-Unis, pourraient aussi expliquer la difficulté à trouver un emploi et justifier ainsi leur retrait du marché du travail.

    http://seenthis.net/messages/432616 via Agnès Maillard


  • TGVflop
    http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/030815/tgvflop

    La #SNCF expérimente durant l’été le TGVpop qui ne part que si assez de voyageurs s’engagent, sur Internet, à le prendre. Un produit qui rassemble savamment les ingrédients les plus actuels, analyse le juriste Laurent Quessette : réseaux sociaux et démocratie numérique, #flexibilité généralisée même de son temps de vacances et #précarité étendue à sa destination.

    « Si un nombre suffisant d’acheteurs se manifeste, votre train partira. Si la desserte prévue ne recueille pas assez de likes sonnants et trébuchants, elle restera à quai.
    Avec le TGVpop, l’individu croit programmer sa vie alors qu’il subit les injonctions d’une vie que l’économie de marché lui fabrique. »

    #transport #tgv #libéralisme

    http://seenthis.net/messages/395259 via nicod_