• Réforme des retraites : les femmes toujours plus perdantes - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/06/12/reforme-des-retraites-les-femmes-toujours-plus-perdantes_1658307

    Le Haut Commissaire à la réforme des retraites a annoncé que les pensions dépendraient de la somme des rémunérations tout au long de la vie, ce qui sera très défavorable aux femmes… tant que dureront les inégalités de salaires, de carrières et de partage des tâches parentales.

    En France comme dans la plupart des pays, la tendance des réformes de retraite depuis les années 90 est au renforcement progressif de la contributivité du système, c’est-à-dire au resserrement du lien entre la somme des pensions perçues par une personne pendant sa retraite, et la somme actualisée des cotisations versées au cours de sa carrière (qu’on pense, par exemple, au passage des dix aux vingt-cinq meilleures années de salaire pour calculer la pension). Cette tendance s’accompagne d’une baisse de la part dans la pension des dispositifs de solidarité (minima de pension, droits familiaux liés aux enfants, etc.) attribués gratuitement, c’est-à-dire sans contrepartie de cotisations. Ces dispositifs constituent le socle de la redistribution en faveur des personnes qui n’ont que peu de droits directs à la retraite, car elles n’ont pas eu une activité professionnelle suffisante du fait qu’elles ont élevé des enfants, connu des périodes de temps partiel ou de chômage, de précarité, eu de faibles salaires, etc. Les femmes sont les bénéficiaires principales de ces dispositifs. Tout renforcement du lien entre pensions et carrières professionnelles les pénalise donc plus fortement, comme l’ont déjà montré les réformes passées. Or aujourd’hui, ce qui est à l’étude est un système de retraites par points basé sur une logique purement contributive.

    Dans un régime par points, on accumule des points en cotisant tout au long de sa vie active. Au moment de la retraite, les points sont convertis en pension. Les paramètres sont calculés chaque année de manière à équilibrer les finances des caisses, il n’y a pas de taux de remplacement (rapport entre la pension et le salaire) fixé à l’avance, pas de visibilité sur sa future pension. L’exemple des régimes par points Agirc et Arrco n’est pas enviable : entre 1990 et 2009, le taux de remplacement a baissé de plus de 30% dans chacun d’eux. Malgré la présence de quelques droits familiaux, la pension des femmes ne représente que 60% (Arrco) et 40% (Agirc) de celle des hommes, contre 75% sur l’ensemble des régimes.

    Le document du Haut Commissariat à la réforme des retraites affiche l’objectif de « proportionnalité entre les cotisations versées et les pensions versées ». Le haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye, ayant déclaré qu’« il n’y aura pas de points gratuits », la pension dépendrait uniquement des cotisations versées, donc de la somme des rémunérations tout au long de la vie, ce qui sera très défavorable aux femmes… tant que dureront les inégalités de salaires, de carrières et de partage des tâches parentales entre les femmes et les hommes (qu’il reste indispensable de réduire par des mesures volontaristes). Selon une simulation réalisée avec le modèle Destinie de l’Insee sur les générations nées entre 1950 et 1960, la somme des salaires perçus au cours de sa carrière par une femme ne représenterait en moyenne que 58% de celle d’un homme. Le ratio serait alors le même pour les pensions !

    Jean-Paul Delevoye a assuré que la réforme « maintiendra et consolidera les solidarités ». Mais puisqu’il n’y a pas de points gratuits, que deviennent les droits familiaux, la réversion, les minima de pension, etc. ? Le document indique qu’il faut « redéfinir leurs objectifs et clarifier la nature de leur financement ». Ne relèvent-ils pas plutôt de la solidarité nationale via l’impôt ? demande M. Delevoye. La question préfigure la réponse, en phase avec la logique libérale.

    L’évolution des retraites vers un système essentiellement contributif répond en effet à la doxa libérale qui promeut l’idée que chacun·e doit « récupérer sa mise » au moment de sa pension comme s’il s’agissait d’une épargne, avec l’illusion que l’on arbitrera soi-même le moment de partir en retraite en fonction de son nombre de points. Dans cette optique, la retraite n’a plus à assurer de solidarités puisque chacun·e est libre de décider du niveau de sa pension. Les solidarités qui resteraient nécessaires relèveraient de la responsabilité de l’État et donc de l’impôt. Dans le contexte de recherche tous azimuts de baisses de dépenses publiques et d’aides sociales, il y a là un risque majeur de régression !

    Le système actuel par annuités a certes des défauts, notamment en ce qui concerne les femmes. Car il ne fait pas que répercuter sur les pensions les inégalités entre les sexes qui existent sur le marché du travail, il les amplifie : les salaires féminins, tous temps de travail confondus, valent en moyenne 74,3% des salaires masculins (2014), mais les pensions de droit direct des femmes (y compris majoration pour enfants) ne représentent que 60% de celles des hommes. Le calcul de la pension de droit direct se base en effet sur deux paramètres, le salaire moyen et la durée de carrière, qui chacun défavorise les femmes du fait de carrières insuffisantes et de salaires plus faibles. Ce calcul accentue l’inégalité et discrimine les femmes. Avant de demander, comme le fait le document de travail : « La retraite doit-elle compenser les inégalités de carrière entre les femmes et les hommes ? » il serait bienvenu de garantir qu’elle ne les augmente pas !

    La bonne stratégie ne consiste pas à augmenter les droits familiaux pour les femmes, car s’ils restent indispensables pour atténuer les inégalités de pension, ils sont à double tranchant parce qu’ils enferment les femmes dans le rôle de mère. La logique à mettre en œuvre vise à augmenter leurs droits directs à pension : notamment modifier le calcul de manière à renforcer le lien entre pension et meilleurs salaires (exemple : calculer le salaire moyen sur les n meilleures années, n étant défini relativement à la durée de carrière effectuée, 25% par exemple. Pour une carrière de vingt années, calcul sur les cinq meilleures) ; réduire la durée de cotisation exigée à une durée réalisable. C’est-à-dire une direction opposée aux réformes passées et plus encore à celle projetée.
    Christiane Marty est coauteure de Retraites, l’alternative cachée, Syllepse 2013

    Les points gratuits, non mais qu’est ce qu’il faut pas entendre ! Le fait de ne pas travailler pour s’occuper de ses enfants, de ses proches vieux et/ou malades c’est du coup assimilé à des vacances sur une plage des Bahamas peut-être… points gratuits, je lui en foutrais des poings gratuits dans sa tronche à cet oligarque !
    #discrimination #genre #retraite #travail #minima_sociaux

    https://seenthis.net/messages/701534 via ninachani


  • Le Parcoursup des filles
    http://www.laviedesidees.fr/Le-Parcoursup-des-filles.html

    La plateforme Parcoursup régule désormais l’orientation vers les études supérieures. Loin d’être uniforme, ce dispositif va produire des effets d’exclusion sur les publics les plus sensibles aux verdicts scolaires : les filles, et plus encore celles issues de milieux populaires.

    #Essais

    / #genre, université, #classes_populaires

    #université

    https://seenthis.net/messages/698821 via La Vie des idées


  • Trans//border, Nathalie Magnan forever

    À propos des rencontres hommage (femmage) à @volt

    Du 16 au 18 mars, le Mucem consacrait trois journées aux « enseignements de Nathalie Magnan », cinéaste et activiste des médias, des cultures LGBT et queer, du cyberféminisme et du postcolonialisme, décédée l’an dernier.
    http://www.makery.info/2018/03/20/transborder-nathalie-magnan-forever

    http://cdn.makery.info/wp-content/uploads/2018/03/IMG_9048_resultat.jpg

    Où il a été question de #seenthis, de #technologies de #migration de #navigation de #feminisme d’#ecosexe de #genre de #frontieres de #privacy

    http://www.sosmediterranee.fr

    https://seenthis.net/messages/678710 via Supergéante


  • Stylistique de l’écriture viriliste – ex cursus
    https://excursusblog.wordpress.com/2018/03/13/stylistique-de-lecriture-viriliste/#more-2678
    https://excursusblog.files.wordpress.com/2018/03/image-20161015-30244-quykp3.jpg

    L’idée d’un genre de l’écriture, masculin féminin, n’est pas chose neuve : le style des auteurs permettrait de révéler leur genre, une certaine douceur et une mollesse – toutes relatives – placeraient Renan du côté des prêtres efféminés, quand d’autres caractéristiques, comme l’attention au détail, permettrait de ranger les textes de femmes sans trop d’inconvénient. Les thèses d’Hélène Cixous, entre autres, sur ce sujet me paraissent essentialistes, en plus de se consacrer seulement aux femmes : je suis bien plus sensible, en tant que lectrice, à ce qui me semble être non une écriture masculine, mais une volonté de virilisme.

    Le mot de Buffon, « le style, c’est l’homme », résumerait en peu de syllabes cet imbroglio d’attributs et de lexèmes. La question me semble cependant mal posée : la question se pose à un niveau plus idéologique que biologique ou psychologique. Le choix de certaines caractéristiques stylistiques montrerait au contraire la volonté de s’éloigner de ce qui est considéré comme féminin – quel que soit le genre des détenteurs de la plume – et de construire une masculinité idéologique et compétitive. Comment se caractériserait cette écriture, présente en fiction comme en non-fiction ? Quelques pistes, non exhaustives, pour la reconnaître peuvent être relevées.

    La lecture récente de L’Infinie Comédie et du Roi pâle de David Foster Wallace montre dans un premier temps que la virtuosité syntaxique, conjuguée à un vocabulaire pléthorique et à des effets de listes donnent cet effet viriliste, certes atténué dans Le Roi pâle. La longueur démesurée, et parfois véritablement jouissive, des phrases souligne la maîtrise grammaticale de leur auteur : elle montre la capacité qu’a celui-ci de mener son lectorat où lui-même l’a décidé, plus qu’elle ne l’accompagne – et elle ménage ainsi à l’auteur une position de surplomb. La longueur des phrases, en plus de valider le brio auctorial, conduit en outre à un style régulièrement haché, fait d’incises et de parenthèses, renforcé dans le cas de Wallace par l’abondant recours aux notes de bas de page et de fin de volume. Le choix d’une structure résolument heurtée et jouant des effets de gradation, particulièrement perceptible dans l’essai « Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas », narrant ses déboires lors d’une croisière, montre que cette structure syntaxique peut se retrouver à l’échelle d’un texte dépassant les 80 pages – dans l’édition française. L’ensemble se découpe en effet en une longue protase, marquant une montée de la tension narrative, avant de se précipiter en une acmé spectaculaire, exécutée en peu de pages lapidaires.

    Cette structuration syntaxique et rhétorique, particulièrement visibles et maîtrisées chez un auteur comme Wallace, se trouve complétée, chez lui comme d’autres, par un vocabulaire particulièrement riche, fait de quelques néologismes et de nombreux technolectes. C’est là un procédé particulièrement employé par Céline, conjugué avec une syntaxe heurtée, mimant souvent une fiction d’oralité : le texte est alors celui d’un texte logorrhéique et ininterrompu, depuis la désinvolte décision d’enrôlement au début du Voyage au bout de la nuit jusqu’aux pamphlets, portés par la même logorrhée. La truculence verbale écrase alors le lectorat de son érudition qui, nécessairement, dépasse la sienne – d’autant plus quand les mots sont inventés. Le procédé du ton singulier, marqué par des mots rares et recherchés, parfois détournés de leur sens premier, se retrouve dans Orange mécanique d’Anthony Burgess – et Kubrick n’a pas oublié de mimer le procédé par la voix off.

    @mona #genre #sexe #style #littérature #écriture #femmes

    https://seenthis.net/messages/676815 via mad meg


  • Hommage à Nathalie Magnan - aka @volt sur seenthis.

    Cela fait un moment qu’un groupe de personnes dont quelques seenthisiens (@fil, @demeter ...) et amis, préparent une série de rencontres, ateliers, projections, soirées et conférences, inspirées du travail de Nathalie. Des rétrospectives de ses films ont eu lieu, des écoles sont au travail sur ses thématiques de cœur.
    http://www.mucem.org/sites/default/files/2018-02/Nathalie-Magnan-%C2%A9-Reine-Prat.jpg
    Un temps fort de ces hom/fem/mages s’appelle :
    Trans//border, les enseignements de Nathalie Magnan.
    http://nathaliemagnan.net/transborder
    http://www.mucem.org/programme/exposition-et-temps-fort/trans-border
    Et se tiendra du 14 au 18 mars à Marseille.

    Difficile de synthétiser, ça me prendra plusieurs posts.
    Je vais commencer avec la séquence la plus seenthis, puisque comme seenthis elle est fille d’une période que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (minirezo, uzine, altern, samizdat, zelig, penelopes, melanine et j’en passe), à savoir la :

    Rencontres Zelig LTS .

    Ces rencontres au sein de trans//border réuniront au cours d’ateliers - programme encore en cours de stabilisation - les 14 et 15 mars à la Friche de la belle de mai et alentours, h/a/g/c/ktivistes en tout genre, de 10h à 19h pour discuter, expérimenter.
    #genre #féminisme #activisme #media #santé #corps #hactivisme #bidouille #genderfucking #genderbender #serveurs #chatons

    puis le Samedi 17 mars de 11h à 19h
    ce sera la
    Zelig RTM – (H)acktivismes : l’information veut toujours être libre

    Au Mucem – Auditorium - Entrée libre
    #media #surveillance #chelsea_manning

    Tables rondes, projections et performance
    http://www.mucem.org/programme/zelig-rtm-hacktivismes-linformation-veut-toujours-etre-libre
    Quelle articulation entre les paroles et pratiques féministes/LGBT et les questions
    technologiques (internet, logiciels, outils techniques)
     ? Depuis l’élection américaine de 2016,
    internet peut être perçu comme une arme de « désinformation massive ». L’opposition binaire des années 1990-2000 entre « mass médias » et « médias alternatifs » est
    aujourd’hui à réévaluer. À l’heure des réseaux sociaux omniscients et des « téléphones espions » (
    smart-phones), une analyse critique d’internet s’avère indispensable.

    Plus d’infos et discussion du programme de la #zelig peuvent s’échanger ici sur #seenthis puisque certains d’entre nous (@aris, @valentin, @manhack, @etraces @constant ...) sont au programme.

    Il y aura pas mal d’autres, choses, on parlera #archivage_militant #ecosexe, #cancer, #internet, #technologie #cartographie #migration... mais j’y reviendrai ou @fil :)

    https://seenthis.net/messages/670712 via Supergéante


  • Invisible pénibilité du travail féminin

    Pour faire passer le recul de l’âge de la retraite, le précédent gouvernement français avait promis la création d’un compte personnel de pénibilité, ouvrant le droit à un départ plus précoce. Non seulement les critères ont été réduits par l’actuelle équipe, mais la plupart avaient été définis en fonction du travail masculin. Les facteurs de risques encourus par les femmes demeurent occultés, comme les gestes répétitifs ou les tâches liées au nettoyage et aux services à la personne. (...)

    Construite dans des branches comme le bâtiment, la chimie ou la métallurgie, la notion de pénibilité s’est d’abord définie en fonction de critères masculins. « Les recherches ne sont quasiment jamais faites dans une perspective de genre, constatait le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en 2010. L’impact des facteurs de risques au travail sur la santé des femmes conserve ainsi à bien des égards un caractère d’invisibilité entraînant méconnaissance ou sous-estimation et donc faible prise en compte. » (...)

    Si les accidents du travail avec arrêt baissent globalement de 15,3 % entre 2001 et 2015, ils progressent pour les femmes.

    #retraite #pénibilité #travail #travail_féminin #travail_invisible #risque #femmes #gestes #tâches #nettoyage #accidents_du_travail #genre #santé

    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/12/ANDRZEJEWSKI/58205

    https://seenthis.net/messages/662659 via kaparia


  • Catherine Vidal : « Les stéréotypes de genre jouent sur l’attitude des médecins comme des patients » (L’Obs)
    https://www.nouvelobs.com/sante/20180111.OBS0488/les-stereotypes-de-genre-jouent-sur-l-attitude-des-medecins-comme-des-pat

    Les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. Pourtant elles vivraient en moins bonne santé. Comment l’explique-t-on ?

    Cela s’explique d’abord par la précarité économique. Il faut quand même rappeler que 70% des travailleurs pauvres sont des femmes [chiffres de l’Insee, NDLR]. Elles ont des petites retraites, vivent souvent seules ou dans des familles monoparentales… Face à cette précarité, les femmes vont plus facilement renoncer aux soins.

    Cela peut aussi s’accompagner d’une mauvaise hygiène de vie, d’une consommation d’alcool, du surpoids. Ajoutez à cela le fait que les femmes sont les premières victimes de violences et d’agressions sexuelles. Ces violences se répercutent sur leur santé morale et physique. Enfin, il y a le poids des stéréotypes de genre qui influencent encore nos pratiques médicales et la recherche.

    #santé #inégalités #genre #sexisme

    https://seenthis.net/messages/659574 via Pierre Coutil


  • La couleur du mâle
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/020118/la-couleur-du-male

    Sociétés « pigmentocratiques », imaginaires sur la sexualité noire, féminicides… La chercheuse colombienne #Mara_Viveros_Vigoya, depuis l’Amérique latine, livre, avec un ouvrage ambitieux intitulé Les couleurs de la masculinité, une étude inédite des relations entre #genre, « #race » et #Classe.

    #Culture-Idées #Alvaro_Uribe #Colombie #Études_de_genre #Féminicide #Masculinité



  • Qui sont les personnes les plus victimes d’insultes dans la rue ?
    http://www.20minutes.fr/societe/2183607-20171207-personnes-plus-victimes-insultes-rue

    Dans la rue, le métro, au bar, un « mademoiselle » resté sans réponse se transforme rapidement en « salope »… Depuis des mois, le harcèlement de rue et les agressions sexuelles sont sous le feu des projecteurs avec #balancetonporc, #metoo et l’intérêt politique sur la question des inégalités entre hommes et femmes. Une large étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined), l’enquête Virage (Violences et rapports de genre) (1), aide à objectiver cette violence verbale et physique subie par nombre de femmes aujourd’hui en France.

    L’Ined dessine une carte-type du harcèlement de rue https://t.co/41UXcAhJNh
    — lacroix.com (@LaCroix) December 7, 2017

    Globalement, on peut retenir que les jeunes femmes vivant dans les grandes villes sont les plus touchées par ces violences, drague en tête, harcèlement, atteinte sexuelle et insultes ensuite.

    >> A lire aussi : Les jeunes femmes des grandes villes sont les plus touchées par les violences dans les espaces publics

    C’est sur ces agressions verbales en face-à-face, un catalogue d’expressions fleuries, que se concentre la chercheuse Amandine Lebugle, qui prépare une publication pour l’été 2018. Autant de (gros) mots qui révèlent le poids du sexisme ordinaire.
    Seule violence aussi courante chez les hommes que les femmes

    Si les hommes et les femmes ne sont clairement pas égaux face au harcèlement sexuel et à la drague de rue, une seule violence touche autant les deux genres : les insultes. En effet, 8 % des femmes et 8 % des hommes interrogés ont été injuriés dans l’année écoulée. C’est la violence la plus répétée pour les hommes. Et la deuxième pour les femmes, loin derrière le fait d’être sifflé(e), interpellé(e) ou abordé(e) (20 %). Des insultes si courantes qu’elles choquent peu : 55 % des femmes et 97 % des hommes insultés déclarent que cela n’est pas grave.

    Comme pour l’ensemble des violences dans les espaces publics, elles sont l’apanage du sexe masculin : « 75 % des femmes ont été insultées par des hommes ainsi que 90 % des hommes », précise Amandine Lebugle.
    Des injures qui augmentent avec l’âge

    Autre enseignement de ce focus sur les insultes dans l’espace public : les hommes en sont victimes quel que soit leur âge. En revanche, les femmes, plus elles prennent de rides, plus elles sont ciblées par ces attaques verbales. Mais moins elles mentionnent des situations de harcèlement et d’atteinte sexuelle…

    >> A lire aussi : « Tu m’aimes, tu me respectes ». La campagne contre les violences sexuelles pour les 15-18 ans
    Et l’insulte number 1 est…

    En s’appuyant sur l’analyse de 2 300 insultes, Amandine Lebugle a catalogué les plus usitées. Et constate que les attaques varient selon le genre de la victime. Les insultes les plus fréquentes pour une femme sont « salope » (23 %), « connasse », « pute », « conne ». Pour les hommes, c’est le mot « connard » (25 %) qui se classe en tête, avant « con », « enculé », « fils de pute ». Des injures souvent amplifiées par un adjectif comme « sale », « vieux », « grosse ».

    >> A lire aussi : Injures, violences physiques, menaces... Plus de mille victimes d’infractions « anti-LGBT » ont été recensées en France en 2016
    Les femmes attaquées sur une sexualité libérée… les hommes sur l’homosexualité

    Le registre le plus mobilisé concerne la sexualité et vise surtout les femmes : 40 % des femmes contre 4 % des hommes. « On voit que les insultes faites aux femmes ont trait à une sexualité libérée, en revanche les hommes sont victimes de propos sur l’homosexualité ou la sexualité libérée de leur mère », reprend la chercheuse à l’Ined. Les femmes ont toujours tort…

    Deuxième registre identifié : l’incapacité physique ou intellectuelle. Ces attaques sur le manque d’intelligence visent plus fréquemment les hommes (45 %), même si les femmes ne sont pas en reste (30 %). « On constate que les insultes sur le registre sexuel viennent plus d’hommes et de jeunes, reprend la chercheuse de l’Ined. Alors que les femmes et les personnes plus âgées ont recours à des attaques sur l’incapacité physique et intellectuelle. »

    Enfin, dernier registre, les mots doux qui dévalorisent l’apparence physique. Certains vont s’attacher à une partie du corps, comme « la blondasse », « grosses couilles »… D’autres soulignent la répulsion physique « grosse », « naine », « habillée comme un clodo », prend comme exemple la chercheuse. « On constate une ambivalence : on reproche à une femme d’être trop attirante… mais celle qui ne l’est pas assez se fait aussi insulter », synthétise-t-elle.

    >> A lire aussi : Marlène Schiappa. « La lutte pour l’égalité femmes-hommes est un combat culturel »

    Et Amandine Lebugle de conclure : « Globalement, les stéréotypes de genre sont très présents dans les insultes dans l’espace public : dans 79 % des violences verbales à l’encontre des femmes et 77 % à l’encontre des hommes. On parle beaucoup d’insultes à caractère raciste, qui existent certes, mais cette étude montre l’importance des insultes à caractère sexiste, qui sont moins relevées. »

    Le #sexisme et les stéréotypes de #genre sont très présents dans les #insultes proférées entre inconnus dans les espaces publics pic.twitter.com/98WMjEuys1
    — Ined (@InedFr) December 7, 2017

    (1) L’enquête Virage, qui porte sur les violences interpersonnelles sur les douze mois précédents, a été réalisée en 2015 auprès de 15 556 femmes et 11 712 hommes.

    #insultes #injures #sexisme #domination_masculine

    https://seenthis.net/messages/650591 via mad meg


  • À lire : un extrait de « La croisade « anti-genre » » de S. Garbagnoli et M. Prearo
    http://www.contretemps.eu/extrait-croisade-anti-genre

    Sara Garbagnoli, Massimo Prearo, La croisade « anti-genre ». Du Vatican aux manifs pour tous, Paris, Textuel, coll. « Petite encyclopédie critique », 2017

    #Conjoncture #Diaporama #catholicisme #contre-révolution #féminisme #genre #LGBT #manif_pour_tous #pape #réaction #révolution_sexuelle




  • Le genre : théorie et pratique

    L’#Encyclopédie critique du genre dirigée par Juliette Rennes est beaucoup plus qu’un panorama des études sur le #genre. Elle montre comment le genre réinvente les sciences sociales traditionnelles et fait naître de nouveaux questionnements. Dépassant largement les controverses, la notion de genre révèle l’étendue de sa force critique.

    http://www.laviedesidees.fr/local/cache-vignettes/L274xH400/arton3889-c8b76.jpg?1510266601#.jpg
    http://www.laviedesidees.fr/Le-genre-theorie-et-pratique.html
    #théorie #livre #études_genre

    https://seenthis.net/messages/643587 via CDB_77



  • PANTHERE PREMIERE | PP ?
    http://pantherepremiere.org/le-dilemme-de-cologne.html

    Ce carcan de femme si serré qu’il fait corps, qui démange atrocement dès lors qu’on remarque son existence, que je sens chaque jour, il croise ses mailles avec le filet de la race, et jamais mon expérience concrète ne démêle ce tissage étroit. Cette double appartenance sociale s’incarne, je crois, chez l’individu dans son inextricable unité. Il n’y a pas de rapports sociaux de genre qui ne soient médiés par la race ; il n’y a pas de rapports sociaux de race qui ne soient médiés par le genre. On n’est jamais que femme : on est femme-arabe, femme-blanche, femme-pauvre ; et alors femme n’est plus exactement la même chose.

    par #Mélusine
    #genre #race #intersectionnalité #féminisme

    https://seenthis.net/messages/642977 via Panthère Première



  • Qu’on le voie comme binaire ou comme un spectre, le genre demeure une hiérarchie

    Avant-propos : Ce texte est le cinquième essai de ma série sur le sexe, le genre et la sexualité. Les quatre premiers sont disponibles sur mon blog (Sister Outrider) et en français ailleurs sur TRADFEM. Avec cet essai, je conteste la notion selon laquelle le genre peut être récupéré comme autre chose qu’un système hiérarchique. Ce texte est dédié à E, une lesbienne et féministe exceptionnelle.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/11/02/quon-le-voie-comme-binaire-ou-comme-un-spectre

    #féminisme #genre



  • Philippe Briand et les danseuses de samba : éléments d’analyse d’un buzz
    https://larotative.info/philippe-briand-et-les-danseuses-2471.html

    https://larotative.info/home/chroot_ml/ml-tours/ml-tours/public_html/local/cache-vignettes/L700xH512/arton2471-51b6d-f5d1e.jpg?1508580956

    Retour sur l’inauguration de la station d’épuration de Luynes et le sexisme qui s’est donné à voir à cette occasion.

    A l’inverse, le premier adjoint à la mairie de Luynes, Gilles Ferrand, s’est élevé dans un post Facebook contre « les réactions de certains pisse-froid », et faisait mine de s’inquiéter :

    « Il y a une quarantaine d’années nous aurions vu pour la même occasion des majorettes avec des jupettes pas plus large qu’un cache-nez mais personne ne s’en serait offusqué ! Je pense que nous nous dirigeons vers une société où l’on va finir par interdire les carnavals avec leurs danseuses (...) car "l’image de la femme" y est dégradée... Probablement nous aurons des danseuses en niqab car ce doit être plus "politiquement correct" pour certains. »

    Pour l’élu UDI, la dénonciation du sexisme serait forcément une forme de soumission au rigorisme religieux — musulman en l’occurrence —, et on n’est pas loin des thèses d’extrême-droite sur le grand remplacement. Cette sortie, à la fois raciste et sexiste, n’est pas sans rappeler certains propos qui avaient fleuris suite à l’affaire DSK, accusé de viol par une femme de chambre d’un hôtel new-yorkais : le pauvre homme n’avait rien fait de mal, il était simplement victime du « puritanisme américain » [1]. Même son de cloche récemment, à l’occasion de la vague de dénonciations d’agressions sexuelles sur les réseaux sociaux via le hashtag #balancetonporc : pour l’intellectuel médiatique Alain Finkielkraut, « on est en train de transformer la France en province de l’Amerique néo-puritaine » [2]. Les hommes comme Gilles Ferrand veulent des femmes à moitié nues et livrées à leur convoitise : les autres sont renvoyées dans les rangs des religieux-ses, des pisse-froid et des peine-à-jouir.

    (...)

    En comparaison du buzz provoquée par la photo sur laquelle figurent les deux danseuses, cet article est passé relativement inaperçu. Alors que la présence sur la photo de femmes en jupes et brassières a énormément fait réagir (et à juste titre), la publication régulière de photos dont les femmes sont totalement absentes semble avoir été intégrée comme une situation normale. Ce sont pourtant les mêmes dynamiques sexistes qui sont à l’origine de l’absence totale de femmes ou de leur présence en qualité de faire-valoir.

    #sexisme #métropole #genre #pouvoir

    cc @reka @mad_meg

    https://seenthis.net/messages/638985 via La Rotative



  • La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation
    https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=239
    http://2.bp.blogspot.com/-TUxqJ0ydD6g/Ua1aL6sPXiI/AAAAAAAAuQw/KpfM2dgmh3U/s1600/Toilette+double.png

    Contrairement à l’impression première que l’on a, la conversation n’est pas une activité à laquelle on se livre spontanément ou inconsciemment. Il s’agit d’une activité structurée, ne serait-ce que par son ouverture, ses séquences et sa fermeture, et elle a besoin d’être gérée par les participant-e-s.

    Nous parlerons indifféremment de conversations, de dialogues ou de discussions pour faire référence à tout échange oral. Nous les caractériserons par le fait qu’aucun scénario n’en a été fixé à l’avance et que ces conversations sont en principe égalitaires, à la différence des entretiens dirigés, des cérémonies ou des débats. Nous allons donc nous intéresser à la gestion du dialogue mixte au regard du genre des personnes impliquées. Ainsi, nous verrons que les pratiques conversationnelles sont dépendantes du genre et nous en chercherons les conséquences sur le déroulement de la conversation.

    La conversation est une forme fondamentale de communication et d’interaction sociale et, à ce titre, elle a une fonction des plus importantes. Elle établit et maintient des liens entre les personnes, mais c’est aussi une activité « politique », c’est-à-dire dans laquelle il existe des relations de pouvoir. Dans une société où la division et la hiérarchie des genres est si importante, il serait naïf de penser que la conversation en serait exempte. Comme pratique sur laquelle nous fondons notre vie quotidienne, elle ne peut que refléter la nature genrée de la société. Nous nous demanderons si, au-delà du fait d’être un miroir de la société, elle ne réactive et ne réaffirme pas à chaque fois les différences et les inégalités de genre.

    #femmes #genre #conversation
    @mona

    https://seenthis.net/messages/630313 via mad meg