#gentrification

  • Les Gafa dans la ville : un quartier de Berlin repousse Google
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/les-gafa-dans-la-ville-un-quartier-de-berlin-repousse-google_1689452
    https://medias.liberation.fr/photo/1168817-fuckoffgoogle_sticker.jpg?modified_at=1541168975&width=960

    L’alliance inattendue entre les riverains anticapitalistes et de jeunes expats hacktivistes dessine le nouveau combat des années à venir contre l’irruption des géants du Web dans la ville.

    Il y a toujours de bonnes raisons de détester son voisin. A fortiori quand il s’appelle Google. Depuis deux ans, des affiches « Google ist kein guter Nachbar ! » (Google n’est pas un bon voisin), s’affichaient partout sur les murs du quartier berlinois de Kreuzberg. Après une longue et intense mobilisation, les riverains viennent d’obtenir une éclatante victoire qui résonne dans le monde entier : la société renonce à installer comme prévu un « Google campus » au bord du canal de Kreuzberg. Oui, un petit quartier peut à lui seul repousser un géant du Web.

    Au nom de quoi Google ne ferait-il pas un bon voisin ? Après tout, Google est propre, poli, pas trop bruyant et paye sans doute sa tournée à la fête des voisins. Le maire de Berlin, d’ailleurs, se montrait ravi de l’investissement de Google. La capitale allemande se targue d’être une nouvelle capitale européenne des start-up, une « Silicon Allee » capable de rivaliser avec Paris ou Londres, avec son vivier de jeunes créatifs venus du monde entier. Dans ce contexte, l’argent de Google est toujours le bienvenu et la ville cherche maintenant un nouveau quartier pour installer ce campus Google. Un élu du quartier voisin de Lichtenberg propose de loger Google (sans ironie aucune)… dans l’ancien QG de la Stasi. Un haut lieu du traitement des données personnelles.

    Le vrai problème c’était Kreuzberg, et sa sociologie si particulière. Ce quartier est toujours présenté comme le foyer historique de la contre-culture et de l’anticapitalisme berlinois. C’est oublier que depuis une dizaine d’années, le quartier s’est profondément gentrifié et internationalisé, devenu l’épicentre du Berlin hipster. L’arrivée de Google, dans des locaux de 3 000 mètres carrés, n’aurait pas fondamentalement changé la donne. Au début de l’année, Factory, un immense incubateur à start-up de 150 000 mètres carrés, a ouvert ses portes quelques centaines de mètres plus loin. Un projet financé en partie par… Google. Mais le combat contre le campus est devenu hautement symbolique en coalisant les deux populations très différentes qui peuplent maintenant le quartier : les anars allemands et la jeune génération d’expats. Pour les premiers, se battre contre Google est le prolongement naturel des combats contre la gentrification. Pour les seconds – qui sont ironiquement une force majeure de gentrification de quartier –, ce n’est pas tant une question de voisinage que de combat global contre Google.

    Le site Fuck off Google, porte-étendard de la lutte, a été monté par un hacktiviste français, ancien de la Quadrature du Net. Arrivé il y a deux ans, il se fait appeler Sergey Schmidt, en référence aux noms des deux fondateurs du moteur de recherche. Dans une interview donnée à Exberliner, il raconte qu’au départ, il n’osait pas aller aux « cafés anti-Google » dans une petite librairie anarchiste… parce qu’il ne parle pas assez bien allemand. Plus que la gentrification, Sergey Schmidt dénonce une entreprise qui pratique l’évasion fiscale et la collecte massive de données et veut imposer « un futur dystopique dans laquelle la fusion entre les humains et les ordinateurs est vendue comme inévitable ». Dans les réunions de quartiers, l’activiste français haranguait les riverains : « Ce n’est pas une gentrification normale. Ceux qui veulent transformer Kreuzberg en Silicon Valley ont une idéologie derrière ».

    L’alliance hétéroclite des anars berlinois et des hacktivistes expats préfigure ce qui sera un des grands combats des années à venir : la lutte contre l’invasion pernicieuse des Gafa dans les villes. « Quatre entreprises états-uniennes (Google, Apple, Facebook, Amazon), opérant partout dans le monde et disposant de moyens financiers colossaux sont en train d’investir nos quartiers. Après avoir complètement restructuré des filières entières – l’économie numérique, l’informatique, la musique, le livre, l’alimentaire – leur prochain terrain de jeu est déjà choisi : la ville », dénonce l’adjoint au maire de Paris Ian Brossat, dans son livre Airbnb, la ville uberisée. A Paris, l’élu communiste ne lutte pas (encore ?) contre Google mais contre Airbnb, qu’il accuse de vider les quartiers de ses habitants et de promouvoir une ville-Potemkine, un Disneyland pour visiteurs étrangers.

    Les théories quelque peu paranos qu’on pouvait entendre aux réunions anti-Google à Kreuzberg – « Cela commence avec un campus et ça se termine avec Google, propriétaire de tout le quartier, qui récolte les données des habitants » – ne sont plus si dystopiques que cela. A Toronto, une filiale de Google, Sidewalk Labs, a récupéré une vaste friche industrielle de 325 hectares, pour y développer un projet test de smart city, un SimCity géant où Google pourra construire des logements, des bureaux, des parcs et surtout placer des milliers de capteurs pour recueillir des données. Toronto pose le problème de l’irruption sans élection d’un acteur majeur qui pourrait prendre à terme le pouvoir sur la ville. A Seattle, Amazon a pris possession d’une partie du centre-ville pour construire son siège social. Avec de véritables ambitions urbanistes : « Nous ne bâtissons pas un campus, mais un quartier. » Le mot « campus » lui-même, qui a sans doute agité le chiffon rouge pour les activistes de Kreuzberg, est un terme utilisé par tous les géants du Web américains pour désigner leurs sièges sociaux et bien signifier leur intervention sur la ville.

    Le projet de campus berlinois était bien plus modeste mais a fini par prendre une grande importance symbolique. Chaque victoire d’un quartier, d’un voisinage contre un géant du Web va maintenant s’inscrire dans ce combat pour la suprématie sur les villes du futur. Google n’est définitivement pas un voisin ordinaire. Peut-être qu’il paye sa bouteille à la fête des voisins, mais il souhaiterait surtout payer le wi-fi à tout le monde. Et siphonner au passage les données.

    Vincent Glad

    #Google #Gafa #gentrification #fuck_off_google #dégooglelisons #Berlin

    https://seenthis.net/messages/733786 via riff-raff


  • je m’appelle rue

    Entre politique et autobiographie, un regard et une réflexion sur Paris, le fait d’avoir ou de ne pas avoir « les codes », le rap comme parole portée à la limite du chant, la ville vitrifiée, notre violence, la leur :

    Violence de la non-violence, du non-contact, de la non-rencontre, de la séparation ; les opérations de police ne sont que la face spectaculaire et visible du processus. Tout commence dans / par la vie privée, dans / par les formes de vie.

    #rap #hip-hop #Paris #exclusion #gentrification #rue #graffitis #tags

    https://oulaviesauvage.blog/2018/04/26/je-mappelle-rue

    https://seenthis.net/messages/689964 via kaparia


  • #La_Plaine : une construction contre la destruction

    Hier des émissaires de la Zone à Défendre de Notre-Dame-des-Landes sont arrivés avec un cadeau de solidarité avec la Plaine : La Cabane « le Gourbi 8 », symbole de fraternité et de résistance est désormais en place.

    http://www.primitivi.org/spip.php?article816

    https://vimeo.com/296300098

    #luttes_sociales #urbanisme #gentrification #Marseille #ZAD #NDDL

    https://seenthis.net/messages/730703 via jeanmarie




  • Si vous allez à San Francisco, vous y verrez des seringues et de la merde (par Nicolas Casaux)
    http://partage-le.com/2018/07/si-vous-allez-a-san-francisco-vous-y-verrez-des-seringues-et-de-la-merde

    (Revue de presse Les Crises : https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-12-08-2018 )

    La ville de San Francisco est régulièrement promue dans les médias de masse comme un modèle de gestion écologique des déchets pour son taux de recyclage de 80%. En France, le film documentaire #Demain, réalisé par #Mélanie_Laurent et #Cyril_Dion, a beaucoup participé à la diffusion de cette idée. Partout où il passe, Cyril Dion brandit le cas de San Francisco comme une preuve de ce qu’il est possible de rendre une ville écolo-durable (« L’exemple le plus impressionnant, que nous présentons dans le film, est celui de la ville de San Francisco qui recycle 80 % de ses déchets »). Si seulement.

    Affirmer que San Francisco est un modèle de ville durable est une sacrée performance. Ou peut-être est-ce au contraire d’une simplicité confondante : il suffit de répéter cette affirmation sans l’étudier, sans aucun esprit critique. En creusant un peu, on réalise rapidement qu’elle se base sur un certain nombre d’absurdités. À commencer par le fait que le taux de 80% est une arnaque comptable[1]. La ville comptabilise en effet dans son calcul du taux de déchets recyclés, entre autres bizarreries, les déchets du bâtiment et des travaux publics. Ce qu’aucune ville ne fait[2]. Sans ce tour de passe-passe, le taux de recyclage de la ville serait plutôt de l’ordre de 60%. Au passage, on notera que Recology, l’entreprise chargée de la gestion des déchets de la ville, a été condamnée à payer 1,3 million de dollars en 2014 pour des pratiques frauduleuses. Mais cette arnaque comptable n’est rien au regard de ce qui suit.

    La ville de San Francisco (870 000 habitants) produit chaque année toujours plus de déchets, en 2013 elle en a produit plus de 2 millions de tonnes, quand la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (plus d’un million d’habitants) n’en produisait que 653 226 tonnes. Un modèle. La ville de San Francisco génère chaque jour environ 1 200 tonnes[3] de déchets non recyclables et non compostables qui sont enfouies sous terre. Un modèle.

    En outre, ce qu’ils (les gouvernements, les entreprises et les médias de masse) qualifient de #recyclage n’a rien d’écologique. Le traitement des déchets se fait toujours loin hors de la ville, dans des usines énergivores (sauf pour le bois/papier qu’ils brûlent en usine de biomasse, une autre catastrophe écologique). Dans le film Demain, on ne voit que la part des déchets qui est compostée, et c’est tout. Sachant que les déchets compostés constituent la part la moins importante des déchets collectés dans la ville. Ce qu’ils n’expliquent pas dans le documentaire, c’est qu’une grande partie des déchets (métaux, plastiques, etc.), uniquement triée, est exportée et disséminée à travers le globe, jusqu’en Chine, aux Philippines et au Vietnam — d’ailleurs, depuis que la Chine a restreint ses importations de déchets en 2017, #Recology se retrouve face à un problème relativement gênant, celui de trouver comment écouler les tonnes d’ordures qu’elle expédiait habituellement vers l’empire du Milieu. C’est-à-dire que ces déchets produits par les San-Franciscains sont compressés en balles en usine puis expédiés à l’autre bout du monde pour être recyclés — sachant que le recyclage n’est pas une véritable solution, d’abord parce que le recyclage infini est un mythe[4], ensuite parce que le recyclage du plastique est particulièrement inefficace[5], et enfin et surtout parce que le recyclage, dans le cadre d’une société industrielle capitaliste de croissance, ne résout aucun des problèmes fondamentaux qu’elle implique (de #surconsommation de ressources, y compris énergétiques, de pollutions en tous genres, d’étalement urbain, de croissance démographique, etc., etc.).

    Récapitulons. Ce qu’ils nous présentent comme un #modèle de vertu écologique, de durabilité, c’est une ville dont la production de déchets par personne, relativement élevée, ne cesse de croître, et dont la gestion de ces #déchets consiste à en enfouir une partie, à en expédier une autre en Chine et ailleurs, et à en brûler une partie en incinérateur  ; c’est aussi une ville qui trafique ses calculs de taux de recyclage. Un modèle.

    Mais nous ne devrions pas avoir besoin de discuter ainsi de la soi-disant #durabilité d’une ville comme San Francisco. Comme toutes les grandes métropoles du monde, San Francisco dépend directement de l’ensemble des infrastructures et des pratiques toutes plus insoutenables les unes que les autres de la civilisation industrielle. Il faut une sacrée dose d’ignorance historique et écologique pour ne pas comprendre que l’urbanisation de la baie de San Francisco a dramatiquement ravagé ce qui était jusqu’à il y a moins de 300 ans un écosystème sain (non pollué) et plein de vie. Où sont passés les condors de Californie, les wapitis, les ours, les loups et ainsi de suite, qui pullulaient dans la baie  ? Les conséquences du développement de la civilisation industrielle dans la baie de San Francisco rappellent les conséquences de son développement partout sur la planète : extermination et disparition de nombreuses espèces vivantes, pollution des eaux (aujourd’hui, on retrouve un peu de tout dans les eaux de San Francisco, du mercure, des résidus de médicaments en tous genres, des huiles de moteur usagées, des déchets plastiques, et ainsi de suite  ; cinq des plages les plus polluées de Californie se trouvent dans la baie, qui ne cesse de s’acidifier), pollution de l’air (en ce moment, la qualité de l’air dans la baie n’est pas loin d’être la pire de tous les États-Unis[6]), etc.

    Leur manière de mesurer la qualité écologique de la ville — et d’une ville en générale — est grotesque. Comme si on pouvait se contenter de statistiques concernant le « recyclage » des déchets produits par une ville pour l’estimer. Comme si on pouvait occulter les nombreux impacts environnementaux (sans parler des impacts sociaux), entre autres choses, de la production mondialisée des appareils électroniques les plus couramment utilisés par les San-Franciscains — iPods, iPads, iPhones, Google Glass… — ou de leurs voitures, réfrigérateurs, téléviseurs, ou de leur nourriture, ou de la construction des infrastructures qu’ils utilisent et des bâtiments dans lesquels ils vivent, et ainsi de suite. Si toutes ces choses étaient prises en compte, on s’apercevrait immédiatement de l’insoutenabilité totale de la civilisation industrielle et de son mode de vie. Mais elles ne le sont pas, évidemment, propagande oblige.

    Et comment ne pas parler des inégalités sociales  ? San Francisco est une des villes les plus chères des USA. La gentrification en cours n’a pour cesse d’épurer la ville de ses habitants les plus pauvres[7] :

    « La ville de San Francisco connaît un processus de #gentrification d’une violence sans commune mesure avec ce que l’on peut constater en France. On l’a longtemps appelé embourgeoisement, ou changement urbain dans le contexte de la recherche académique française, sans pour autant y mettre les significations que contient le terme anglo-saxon. Il faut pourtant être clair : il est bien question ici de processus similaires dans leurs conséquences, bien que la rapidité à laquelle ils se produisent diffère, ou que leur visibilité ne permette pas de les identifier aussi facilement. »

    Et comment ne pas voir toute la folie et l’inhumanité de la civilisation industrielle dans le fait que la ville ne parvient toujours pas à gérer les problèmes qui découlent de la présence des nombreux #sans-abri, souvent atteints de troubles psychiatriques, qui errent dans ses rues, résultat des politiques calamiteuses des gouvernements qui se sont succédé et symptôme du mal-être qui ronge la modernité  ? On estime qu’ils sont 7 500 à vivre dehors sur une population totale de 870 000 habitants (presque 1% de la population). Très récemment, la nouvelle maire de San Francisco, London Breed, dans une des premières interviews[8] qu’elle a accordées depuis son entrée en fonction, a expliqué qu’il y avait « plus d’excréments sur les trottoirs » que jamais, et qu’on « ne parle pas que de crottes de chiens, mais de matières fécales humaines ». Au cours des six premiers mois de l’année 2018, plus de 16 000 plaintes concernant des « excréments » ont été déposées auprès des autorités de la ville. La présence de déchets en tous genres, y compris de seringues, est actuellement un véritable problème pour la municipalité. Ainsi que l’explique le San Francisco Chronicle dans un article[9] intitulé « Pourquoi San Francisco fait face à un déluge de seringues » : « La ville de San Francisco distribue plus de seringues gratuites aux toxicomanes — 400 000 par mois, un chiffre qui ne cesse de croître — que la ville de New York, dix fois plus peuplée ». La consommation de drogue en public est un problème croissant dans toute la ville. Des habitants se plaignent, entre autres, de « devoir enjamber des gens qui s’injectent de l’héroïne dans les stations de métro ».

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=HWdurZWys4I

    Ainsi que l’a récemment titré[10] le Business Insider, « Le centre-ville de San Francisco est davantage jonché de seringues, de déchets et d’excréments que certains des plus pauvres bidonvilles du monde ». Dans l’article, on apprend notamment que « la contamination de certains quartiers de San Francisco est pire que celle de certains endroits du Brésil, du Kenya ou de l’Inde ». Un modèle.

    Je me suis promené dans les rues de San Francisco. Je ne connaissais pas grand-chose de l’histoire de la ville. J’ai été stupéfait par le nombre de #clochards, de #toxicomanes et de malades mentaux qu’on y rencontre. Parfois au pied d’immeubles de luxe réservés aux super-riches, ou devant les bureaux d’#Uber, de #Microsoft, ou de #Twitter. J’ai vu les gratte-ciels, ces manifestations délirantes de l’hubris de la société industrielle, dont les constructions sont autant de désastres écologiques. Les travaux incessants qui font de toutes les villes d’interminables chantiers. Les magasins de luxe de l’#hypercapitalisme actuel. Les businessmen pressés — de faire du profit, toujours plus, en exploitant les hommes et en détruisant la planète, toujours plus — qui ignorent machinalement tous les clochards qu’ils croisent lors de leur jogging matinal. Je n’ai pas vu « des gens doux et gentils, le long des rues de San Francisco », me parler de fleurs et devenir mes amis. Je n’ai pas vu de fleurs dans les cheveux mais des oreillettes Bluetooth et des smartphones dans les mains. Bref, j’y ai vu la démence commune de la modernité.

    Il n’y a rien de #durable à #San_Francisco. Comme beaucoup d’autres, cette ville incarne précisément l’insoutenabilité, l’iniquité et la folie qui gangrènent la civilisation industrielle. Ceux qui se servent de son cas pour suggérer qu’on pourrait la rendre durable ou écologique sont les idiots utiles du #capitalisme_vert. C’est l’évidence même. Ceux qui ne le comprennent (toujours) pas aujourd’hui ne manqueront pas de le constater d’ici quelques années.

    https://seenthis.net/messages/714664 via BCE 106,6 Mhz


  • La France « périphériche »
    | par Xavier Molénat pour Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/france-peripheriche/00085592
    https://www.alternatives-economiques.fr/sites/default/files/public/styles/for_social_networks/public/field/image/gettyimages-935681816.jpg?itok=U_nUjCv-

    Souvent présentés comme des territoires de relégation, la banlieue et le périurbain affichent les niveaux de vie, en moyenne, les plus élevés. Les villes-centre restent des territoires très hétérogènes, accueillant notamment une forte proportion de population à très bas revenus. De quoi revoir bien des explications toutes faites sur les dynamiques de la société française.

    #urbanisme #gentrification #cartographie

    https://seenthis.net/messages/713909 via ¿’ ValK.


  • Enquête sur le 3eme arrondissement de Marseille (1/2) : l’arrondissement le plus pauvre de France
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/enquete-sur-le-3eme-arrondissement-de-marseille-12-larrondissement-le-
    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2018/01/627f3561-a1b4-4ed8-a8f1-5f6ba194c857/738_entree_dimmeuble_marseille_3eme_arrondissezment_.jpg

    En plein centre de la ville, à dix minutes de la gare et du Vieux-Port, l’arrondissement jouxte Euroméditerranée, l’une des opérations de rénovation urbaine les plus ambitieuses d’Europe. En marge des grands axes rénovés à coup de millions d’euros, les marchands de sommeil continuent à prospérer dans ce quartier aux allures de faubourg, surnommé “la zone des oubliés”, par ses habitants. Samia, 21 ans, et Sherazade, 16 ans, racontent comment elles vivent dans des logements insalubres.

    Le passage sur la teigne m’a vraiment choquée, et la réaction de l’école de la gamine qui menace de refuser l’enfant au cas où il n’y aurait pas de certificat médical. Par contre aider la famille dans ses problèmes de logement, apparemment c’était pas 1 option. Dans wikipedia on explique que « l’éviction scolaire n’est plus indispensable chez l’enfant correctement pris en charge ». Correctement pris en charge, voilà vraisemblablement le problème.
    Faudrait en parler au haut personnel de l’Assemblée Nationale logé gratuitement dans le luxe et un environnement spacieux, ils ont peut-être des bons plans à Marseille.
    Nous vivons clairement dans une oligarchie sociale et raciale et le pays n’a rien à envier aux pays les plus discriminants.
    #logement #insalubrité #marseille #gentrification #quartiers_populaires #logement_social #discriminations #lutte_des_classes #racisme

    https://seenthis.net/messages/663135 via ninachani


  • Dans le centre de #Lisbonne, les dégâts du #tourisme et de la #gentrification
    https://www.mediapart.fr/journal/international/040118/dans-le-centre-de-lisbonne-les-degats-du-tourisme-et-de-la-gentrification

    Dans la « tasca » de Mario Rui Da Cruz, à #Alfama © AP Le quartier d’Alfama, dans le centre historique de Lisbonne, est envahi par les logements Airbnb et les restaurants. Le tourisme, moteur de la reprise portugaise, est lourd de conséquences pour la population locale qui s’organise pour tenter de résister.

    #International #logement #Portugal #urbanisme


  • À Paris, les « Arabes du coin » ferment le rideau
    https://www.vice.com/fr/article/evdwya/a-paris-les-arabes-du-coin-ferment-le-rideau
    Philippe Pilliot connaît bien la profession. Délégué général de la Fédération nationale de l’épicerie, il a rencontré de nombreux épiciers en novembre dernier. Arrondissement par arrondissement, banlieue par banlieue, dans le but de rameuter le plus d’indépendants possible pour faire bloc contre des projets de lois ou des arrêtés préfectoraux. « Je constate depuis quelque temps que beaucoup d’entre eux ont vendu leur fonds de commerce à des chaînes. » (...)
    Autrefois situées en périphérie, les chaînes de supermarchés visent aujourd’hui les centres-villes. Selon les chiffres de l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme), en 2010, à Paris, quelque 830 petites supérettes labellisées ont ouvert leurs portes. Serge Papin, PDG de Système U, n’a pas surfé sur la vague. Il analyse donc la disparition progressive de l’épicier indépendant avec un certain recul : « Dans les années 1980, on était sur du développement horizontal. Vous aviez la banlieue pavillonnaire, son centre avec les petits indépendants, et, à l’extérieur, les pôles commerciaux, les magasins de périphérie. On invitait les gens à aller faire leurs courses en voiture. Les chaînes ne s’intéressaient pas aux milieux urbains. Mais depuis une quinzaine d’années, on est sur un mouvement centrifuge. Les gens veulent de la proximité, tout en voulant des prix compétitifs. » Souvent mieux agencées, plus propres, compétitives sur les prix et toujours à la recherche de nouveaux concepts, les chaînes sont plus que jamais une source d’inquiétude pour le petit commerçant.
    #urbanisme #villes #commerces #changement #gentrification #franchises

    https://seenthis.net/messages/618360 via Supergéante


  • In their rush to become «global», cities risk creating spatial apartheid, by Melissa Tandiwe Myambo
    http://theconversation.com/in-their-rush-to-become-global-cities-risk-creating-spatial-aparthe
    https://cdn.theconversation.com/files/168091/width1356x668/file-20170505-21027-t3wuvn.jpg

    Maboneng represents one strand of the type of urban “development” that’s advocated for by the proponents of “global cities”. The problem with this type of development is that it often leads to cities becoming more spatially unequal as urban regeneration or gentrification displaces people.

    The city’s core areas are occupied by the wealthy. Low-income residents are pushed to the urban peripheries in search of affordable housing. This trend is intensifying around the world: in New York, London, Sydney, Los Angeles and Vancouver as well as in globalising or emerging cities like Johannesburg, Accra, Beijing, Cape Town, Jakarta, Mumbai and Shanghai.

    We have seen this model before. It was called the apartheid city.

    #urban_matter #gentrification #afrique_du_sud #global_cities #apartheid

    https://seenthis.net/messages/617435 via Fil


  • Les #idéopôles s’affirment entre Macron et Mélenchon
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040517/les-ideopoles-s-affirment-entre-macron-et-melenchon

    Dans les métropoles gagnantes de la #Mondialisation, les votes divergent de ceux du reste du pays. Le FN y est plus que jamais sous-représenté, et la gauche y progresse ou résiste plus qu’ailleurs. Macron y apparaît comme un médiateur entre les élites du marché et celles du savoir.

    #France #gentrification #géographie_du_vote #Metropoles


  • Choisir ses occupants - Métropolitiques
    http://www.metropolitiques.eu/Choisir-ses-occupants.html
    http://www.metropolitiques.eu/IMG/arton1047.jpg?1483718576
    Quand le #squat artistique valorise un quartier en perte de vitesse : ou comment le #capitalisme #foncier se refait la pomme sur le dos de ses contestataires.

    La théorie de la rente foncière suggère que l’occupation temporaire peut augmenter la valeur d’un bien, à travers la conversion de la valeur d’usage créée par le #collectif occupant en une valeur d’échange au moment de la vente du bien. Les collectifs disposent, en effet, des compétences pour mettre en visibilité un lieu. Même un hangar standardisé comme la halle Papin à Pantin ou une structure hospitalière comme Saint-Vincent-de-Paul deviennent singuliers, attractifs, valorisés, grâce aux savoir-faire et au travail de décoration et d’animation des associations SoukMachines et Plateau urbain [6]. En créant des événements (ateliers, soirées, expositions), ces collectifs captent des populations extérieures aux quartiers concernés et qui, autrement, ne les fréquenteraient pas [7]. Ce travail revient à la production de « goodwill » (Veblen 1908), c’est-à-dire à la création de perspectives positives sur un actif matériel. Au moment de la vente du bien, ce goodwill permet une « création de richesses matérielles à partir d’actifs immatériels » accumulés lors de l’occupation (Veblen 1908, p. 120 ; traduction de l’auteur).

    Cette valorisation ne se limite pas au périmètre du site occupé, mais à des effets (supposés, au moins) sur son environnement. Dans le cas du 6b, la structure et son animation sont maintenues, alors que Brémond, propriétaire du bâtiment, vend les appartements qu’il construit sur les terrains alentours. Ce dernier met en avant « un nouvel art de vivre » dans « un patrimoine valorisé par la présence d’artistes » [8]. Cette utilisation des artistes à des fins de #gentrification est, de fait, employée de façon assez systématique par les promoteurs immobiliers à New York [9]. Il renvoie à l’internalisation de la « critique #artiste » par les entreprises (Boltanski et Chiapello 1999), ici pour faire des profits au moyen de la rente foncière.

    https://seenthis.net/messages/570156 via Agnès Maillard


  • Paris sans le peuple - Le blog de Bernard Gensane
    http://bernard-gensane.over-blog.com/2017/02/paris-sans-le-peuple.html
    https://img.over-blog-kiwi.com/0/54/91/86/20170206/ob_637d00_capture-d-ecran-2017-02-06-a-14-29.png
    La question ne se limite plus à Paris. La métropolisation est une #recentralisation qui a pour résultat visible de rendre les villes inaccessibles aux classes populaires. Cette nouvelle ségrégation est d’autant plus grave que les #périphéries, elles, sont vidées de tous les services publics, de tous les emplois de qualité, elles sont inféodées aux besoins impérieux des métropoles et de leurs habitants, ce qui correspond à une logique #coloniale intérieure, une #néoféodalité.

    Dans Paris sans le peuple, la géographe Anne Clerval analyse finement l’éviction des classes populaires de la capitale. Ce processus, appelé #gentrification, ne tombe pas du ciel. Il est autant le fruit de la #métropolisation que de l’absence, au niveau local, de #politiques publiques permettant aux #classes populaires de se réapproprier la #ville. Reste-t-il encore des espaces 
populaires à Paris ?

    https://seenthis.net/messages/568855 via Agnès Maillard


  • [infokiosques.net] - Le collectif d’architectes : les fées clochettes de la #gentrification et du #néocolonialisme
    https://infokiosques.net/lire.php?id_article=1379

    Ce texte a été écrit durant l’année 2016 suite à diverses expériences de son auteure. Critique vive du monde des collectifs d’architectes, ce fanzine propose de porter un regard aiguisé sur les interventions d’architectes-constructeurs dans les #villes, et en particulier dans les quartiers populaires.

    https://seenthis.net/messages/561553 via Agnès Maillard


  • Aaron Shkuda, The Lofts of SoHo. #Gentrification, Art, and Industry in New York, 1950-1980
    http://lectures.revues.org/21754

    Les forces économiques, politiques, sociales et culturelles ne cessent de redessiner les espaces urbains aux États-Unis, et la configuration de New York illustre parfaitement ce phénomène, tant sa géographie continue de refléter les transformations sociétales. Le concept de gentrification, c’est-à-dire l’embourgeoisement d’un quartier populaire, revient très souvent pour expliquer ces évolutions. La simple notion de classe sociale ne suffit pourtant pas à rendre compte de la #complexité du phénomène de gentrification, puisque ce dernier fait également intervenir, entre autres, des perspectives raciales et ethniques. Aaron Shkuda prend d’abord le quartier de Bushwick, dans l’arrondissement (borough) de Brooklyn, comme une illustration contemporaine des vagues de transformations urbaines, qui ont fait de zones industrielles mal famées, des colonies artistiques, puis des quartiers résidentiels huppés, Il se tourne ensuite vers SoHo, considéré comme le premier quartier à avoir connu de telles transformations. L’auteur retrace alors l’histoire de SoHo, qui reste encore associé à un milieu bohème et artistique, bien que cette représentation soit de moins en moins pertinente à l’heure actuelle, puisque le processus de gentrification a fait de SoHo l’un des quartiers les plus opulents de la ville. Ce processus n’est d’ailleurs pas récent, comme en témoigne l’évolution des populations habitant SoHo dans la période suivant la Seconde Guerre mondiale.

    https://seenthis.net/messages/544021 via Agnès Maillard


  • Le #troquet de la dernière chance - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Le-troquet-de-la-derniere-chance

    Six mille débits de boisson sous licence IV disparaissent chaque année en France. La fréquentation a même chuté de 50 % depuis 2006. Vers 1900, à Roubaix, ville ouvrière par excellence, on trouvait plus de 3 000 #estaminets pour 120 000 habitants, contre à peine soixante bars recensés aujourd’hui pour moins de 100 000 Roubaisiens. 79 % des communes rurales ne possèdent plus aucun bistrot. Plus au nord, la situation des #pubs britanniques n’est pas meilleure : près de trente pubs ferment chaque semaine et on est passé de 67 800 en 1982 à 50 800 en 2015. Les causes de la fermeture des #cafés et de la chute de la fréquentation sont identifiables. D’un côté, les usages ont changé : la tendance au pantouflage devant sa télé et l’excitation sur le Net, la multiplication des loisirs, les cafétérias intégrées à l’entreprise, etc. De l’autre, l’extension de la biopolitique : la lutte draconienne contre l’alcoolisme et le tabac (loi de 2007), la #gentrification, la #désertification rurale, la #désindustrialisation, les restructurations urbaines, le harcèlement préfectoral, etc. Ou plus prosaïquement, la baisse des revenus et l’augmentation du coût de la vie… La pratique des "bistrots tend à devenir un sport de riches !

    https://seenthis.net/messages/539437 via Agnès Maillard



  • Place d’Austerlitz à Strasbourg, quand les cafés ne servent plus de cafés
    http://www.rue89strasbourg.com/cafes-place-austerlitz-111218
    http://www.rue89strasbourg.com/wp-content/uploads/2016/08/cafe_bale.jpg
    Ce qui est important de comprendre, c’est qu’on fait surtout la #guerre_aux_pauvres quand les conditions sociales les surproduisent.

    En fait, les bars de la place se battent pour la même clientèle : les étudiants, les jeunes actifs et les Strasbourgeois qui sortent régulièrement. « Les poivrots, les oisifs et les branleurs, personne n’en veut » souligne, sous couvert d’anonymat, un serveur de la place. Il continue :

    « On peut le regretter, mais c’est une politique qui se retrouve de plus en plus dans les centres-villes et qui s’étend à Strasbourg. »

    #gentrification #guerre_aux_pauvres

    https://seenthis.net/messages/518354 via Agnès Maillard


  • #Sarah_Schulman: «Trump est un fasciste»
    https://www.mediapart.fr/journal/international/160816/sarah-schulman-trump-est-un-fasciste

    © Drew Stevens Romancière, essayiste, activiste #queer, ancienne d’Act Up, militante pro-Palestine : Sarah Schulman est une figure de la gauche radicale américaine. Rencontre à #New_York, sa ville, dont elle déplore l’embourgeoisement et le conformisme.

    #International #Etats-Unis #gay #gentrification #LGBT #néolibéralisme #privatisation #SIDA


  • Fighting spatial apartheid in South Africa - Al Jazeera
    http://www.aljazeera.com/indepth/features/2016/08/fighting-spatial-apartheid-south-africa-160808093343293.html
    http://www.aljazeera.com/mritems/Images/2016/8/8/42cc2e0185364511a27fba3b1742069d_18.jpg

    “This #gentrification thing, it could be a good thing because it creates jobs for people, but people are losing their houses. And these developers, they don’t care about the people that have been living so many years here,” Beukes told Al Jazeera.

    zackie #afrique_du_sud #logement #inégalités #photographie
    http://www.aljazeera.com/mritems/Images/2016/8/8/36b098d91d864e43ad7e4b56a42647ee_18.jpg

    https://seenthis.net/messages/516030 via Fil


  • Welcome to AirSpace, by Kyle Chayka | Illustrations by Daniel Hertzberg | The Verge
    http://www.theverge.com/2016/8/3/12325104/airbnb-aesthetic-global-minimalism-startup-gentrification
    https://cdn3.vox-cdn.com/thumbor/M7G2Q7Vk7nOWrB2HczFUB_2lRy0=/0x15:1273x731/1600x900/cdn0.vox-cdn.com/uploads/chorus_image/image/50282523/vrg_1170_airspace_05.0.0.gif

    “Every coffee place looks the same,” Schwarzmann says. The new cafe resembles all the other coffee shops Foursquare suggests, whether in Odessa, Beijing, Los Angeles, or Seoul: the same raw wood tables, exposed brick, and hanging Edison bulbs.

    It’s not that these generic cafes are part of global chains like Starbucks or Costa Coffee, with designs that spring from the same corporate cookie cutter. Rather, they have all independently decided to adopt the same faux-artisanal aesthetic. Digital platforms like #Foursquare are producing “a harmonization of tastes” across the world

    (...)

    #Airbnb is a prominent example. Even as it markets unique places as consumable goods, it helps its users travel without actually having to change their environment, or leave the warm embrace of AirSpace.

    (...)

    In April of this year, another [Airbnb] spot parodied tourist behavior — selfie sticks, Segway tours — and set it against the “authentic” activities — falling asleep on the couch reading a book or watching your child build a pillow fort — enabled by a stay with one of the platform’s hosts. It offered a vision of possessiveness, in which visitors consume recognizable symbols rather than encountering unfamiliar ones: “The local coffee shop is yours, too.”

    #design #uniformisation #faux #goût #silicon_valley #tourisme #gentrification

    https://seenthis.net/messages/514357 via Fil



  • L’APU de Lille Fives-Hellemes-Saint Maurice, La voix sans maître

    Quartier populaire, Fives c’est tout un symbole !
    http://zonepull1.cdncampus.netdna-cdn.com/images/stories/EulBCE/Art65/APU_Lille_Fives_b.jpg
    Un quartier ouvrier, industriel qui commence à se transformer sous les coups de bulldozers de la mairie et des promoteurs, une population qui se transforme peu à peu mais aussi encore beaucoup de familles modestes, d’habitat indigne et de marchands de sommeil…

    Le quartier a déjà une histoire de luttes urbaines et sociales :
    • Contre les fermetures d’usines,
    • Contre les projets urbains de la voie rapide ou de l’îlot Alma-Jacquet
    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/LibrePensee/APU160318.mp3


    On s’inscrit dans cette histoire, pour la faire vivre et pour que les habitants se ré approprient leur quartier.

    Nos objectifs sont les suivants :
    – Accompagner, Former et Informer
    – Se mobiliser avec les habitants et construire avec eux le quartier qu’ils vivent
    – Interpeller les pouvoirs publics
    – Prendre notre pied en luttant !

    La voix sans maitre, c’est tous les Vendredi à 20h, sur Radio Campus Lille, l’actualité vue par les anars, les libertaires de lille et d’ailleurs, avec Lucien, Van, Saint-Marc . . . .

    Source : http://www.campuslille.com/index.php/entry/l-apu-de-Lille-Fives-Hellemes

    C’est quoi l’APU de Fives ?  : http://www.apufives.org

    Le Triton Libéré – Le journal de L’APU Fives
    Le Triton Libéré est le journal de l’Atelier Populaire d’Urbanisme de Fives-Hellemes-Saint Maurice. Écrit, pensé, dessiné, maquetté, confectionné collectivement par les militant-e-s de l’APU, il est distribué dans ces quartiers à prix libre, à l’occasion d’évènements ou pendant des ventes à la criée.
    Le Triton Libéré est l’occasion de partager nos analyses et sentiments sur les différents projets urbains sur nos quartiers, de décrire le travail quotidien de l’association, de relayer divers témoignages sur nos quartiers, sur les luttes locales passées ou actuelles. Et aussi de se marrer !
    http://www.apufives.org/cat/numero-3

    Les Ateliers Populaires d’Urbanisme lillois : un “syndicat du cadre de vie”
    40 ans après les luttes urbaines à Roubaix, les Ateliers Populaires d’Urbanisme (APU) lillois sont toujours là et essaiment aux quatre coins de l’agglomération pour mieux défendre les habitants. Nous avons rencontré l’APU historique du Vieux-Lille et le tout nouvel APU de Fives.
    La suite : https://espascespossibles.org/2015/11/11/les-ateliers-populaires-durbanisme-lillois-un-syndicat-du-cadre-d

    Alma-Gare : Actualité brûlante d’une lutte passée - La Brique
    Au début des années 1970, alors que le quartier de l’Alma, à Roubaix, est voué à une démolition certaine, ses habitant-es entrent en résistance. Récit d’une bataille victorieuse au cours de laquelle durant dix ans, ouvriers, femmes et immigrés se sont réapproprié leurs vies. 

    Au début des années 1970, pouvoir local et patronat s’engagent dans une vaste entreprise d’hygiénisme social. L’objectif : rénover l’habitat de ce quartier populaire pour attirer les classes moyennes. Mais rien ne se passe comme prévu. À l’initiative de militant-es chrétiens de gauche (issus de la JOC et de l’Association Populaire des Familles), le fameux couple Leman en tête, d’activistes maoïstes et d’habitant-es de l’Alma, l’Atelier Populaire d’Urbanisme (APU) voit le jour. Il refuse la perspective de vivre dans des « cages à lapins » – censées remplacer les courées – et cherche à préserver l’identité ouvrière du quartier.

    Pendant dix ans, il se réunit chaque mercredi à l’occasion d’une sorte d’assemblée générale du quartier. Rejetant toute forme de délégation, son slogan est clair : « L’APU ne représente pas les habitants, il est les habitants ». La réunion du mercredi est un espace démocratique radical, plaçant au centre la parole d’habitant-es à qui on dénie en général toute capacité d’action politique. Cette expérience permet ainsi de penser les conditions d’accès des sans-voix à une forme de pouvoir.
    La suite : http://labrique.net/index.php/thematiques/histoires-du-bocal/112-alma-gare-actualite-brulante-d-une-lutte-passee

    L’Alma-Gare à Roubaix : quand les habitants prennent l’initiative 1979
    http://www.dailymotion.com/video/xoccuo_l-alma-gare-a-roubaix-quand-les-habitants-prennent-l-initiative-

    #audio #radio #Radios_libres #dal #Droit_au_logement #Lille #Fives #APU #Ateliers_Populaires_d_Urbanisme #urbanisme #gentrification #Triton

    http://seenthis.net/messages/473859 via BCE 106,6 Mhz


  • Jeunes, bobos, coupables : et si on n’avait rien compris à la gentrification ?

    Entretien avec Anne Steiner, qui revient sur cette notion fourre-tout de #gentrification. En gras, ce qui pour moi est éclairant dans cet article.
    http://i-d.vice.com/fr/article/jeunes-bobos-coupables-et-si-on-navait-rien-compris-la-gentrification

    Le souci, lorsqu’on déplore la gentrification, c’est qu’on se trompe de cible : on ne tape jamais sur les gens du 8ème ou du 6ème qu’on trouve très légitimes à vivre dans ces quartiers là ! La véritable bourgeoisie occupe de vastes appartements dans les arrondissements bourgeois (territoire assez étendu par rapport à la surface de Paris), vit dans l’entre-soi, et on ne lui reproche rien. Les analyses radicales de certains sociologues ou de certains journalistes sont en réalité extrêmement bénéfiques aux véritables classes dominantes : les membres de ces classes là sont épargnés, ne sont jamais accusés d’être illégitimes de vivre là où ils vivent. Ils habitent dans leurs quartiers historiques et achètent à leurs enfants dans ces mêmes quartiers.

    En revanche, on reproche à des jeunes diplômés qui gagnent 1500 euros par mois et qui se contentent de toutes petites surfaces, d’habiter ces quartiers de l’Est parisien. Eux sont considérés comme illégitimes sur des territoires dont ils priveraient le peuple ! Et bien, il faut accepter l’idée que le peuple c’est aussi cette jeunesse qui enchaîne les CDD, les stages, les statuts d’intermittents. Et fait parfois les fins de marchés pour se procurer des légumes frais. Alors oui, c’est une jeunesse qui s’habille bien, souvent pour pas cher dans les friperies, c’est une jeunesse qui est belle, comme on est beau à cet âge, qui boit en terrasse des cafés et qui vit avec pas grand chose, sans voiture, sans permis, sans équipement électro-ménager...etc. Mais cette jeunesse, c’est le peuple ! Une partie du peuple ! Je me demande comment ces gens qui pourfendent la gentrification au nom d’un certain peuple rêvent Paris. Si l’on réfléchit un peu sociologiquement, je suis le peuple et toi aussi tu es le peuple. En terme d’origine sociale et en terme de revenus, et aussi parce que plus d’un tiers de la population est aujourd’hui diplômée du supérieur. Donc ce n’est plus un critère permettant de tracer une ligne de démarcation entre peuple et non peuple. C’est une petite minorité qui fait partie de la véritable bourgeoisie. C’est à peine 10% de la population française. Le reste c’est le peuple. Celui qui n’a ni pouvoir, ni biens. Et qui a vocation à se soulever, à inventer un autre monde, c’est le peuple. Ce ne sont pas les seuls travailleurs manuels dont les effectifs ont drastiquement fondu. Le peuple n’est jamais semblable à ce qu’il a été. Il mute. Après, ce qui est déplorable, c’est que ces quartiers seront bientôt dépourvus de familles de classe moyenne car lorsqu’on a on a des enfants, qu’on est juste au-dessus des revenus qui permettent l’accès à un logement social, et qu’on doit vivre (contrairement aux jeunes) dans un espace suffisamment grand, Belleville n’est plus assez abordable. À partir du deuxième enfant, il faut souvent se résoudre à partir.

    Cette notion de #bobo me fait de plus en plus hurler. En fait, elle masque une mutation profonde qui est qu’on a de plus en plus de pauvres et de classes moyennes basses qui ont de hauts niveaux d’étude et des goûts culturels intermédiaires forts (ils ne se paient pas des abonnements annuels au premier rang des opéras hein, mais les items culturels, la vie des idées et la vie culturelle a beaucoup de place dans leur quotidien) entre culture légitime et culture populaire.

    Je pense souvent à des remarques qui sont faites à propos des gens qui n’ont pas la télé. T’as pas la télé, t’es un bobo et les grands écrans à crédit, c’est un truc de prolo. Sauf qu’en fait, on est dans le gros cliché là. Si tu prends les revenus, qui objectivent quand même les questions de classe sociale, plus rien n’est si simple.

    Par contre, où vont les priorités dans les dépenses, la distinction culturelle, l’habitus et l’éthos de classe des milieux populaires et moyens est entrain de changer pour une partie d’entre (j’allais mettre eux mais en fait non) nous. Pour ceux qui ont eu accès à la méritocratie scolaire et pour qui au final, ça ne change pas tant de chose en matière purement économique.

    Alors il y a des différences, sur la propriété par exemple, peut en être un - mais cela dépend encore des territoires - mais je suis frappée quand même, si je prends l’exemple de là où je vis : les revenus de l’imposition locale ne varient pas ce qui fait que malgré son image arty bobo, cette commune reste une des plus pauvres de Belgique (on peut également savoir qui est exonéré grâce aux passe-passe fiscaux - très peu de gens en l’occurrence).

    On y voit beaucoup de jeunes, des cafés, des gens d’autres quartier, mais au final, les grands bourgeois ne viennent pas vivre là. J’en ai entendu deux (français exilés fiscaux) au sortir d’une visite d’appartement dire à l’agent immobilier avec qui ils parlaient sur le trottoir : très bel appartement, mais on a été un peu surpris en venant, vous pensez que ce quartier est sur ? C’est un peu pauvre dans le bas, là.

    Ben oui, chou.

    http://seenthis.net/messages/447953 via Supergéante