• On ne sait pas savoir
    https://goa-l.be/on-ne-sait-pas-savoir

    Après un an de résistance des #Gilets_Jaunes et un nouvel élan syndical, le rouleau compresseur de la « République en marche » semble hésiter devant les arrêts de travail, la masse de contestataires et l’opinion qui soutient cette lutte. Le ras-le-bol est général, mais la #grève pas encore. Mais la neige tombera-t-elle à la nativité ?

    #Divers #Médias #Solidarités #Syndicats #Vidéos/Films #France #manifestation #solidarité #syndicat


  • « Avec les gilets jaunes, nous sommes sorties de notre impuissance » : des femmes racontent leur année de révolte - Basta !
    https://www.bastamag.net/femmes-gilets-jaunes-maison-du-peuple-mouvement-social-mobilisation-greve-

    Comment sort-on d’un an d’engagement dans le mouvement des gilets jaunes ? Transformées et pleine d’énergie, répondent des femmes engagées au sein de (...) #Selection #Gilets_jaunes_:_un_an_d’un_mouvement_inédit


  • Saison jaune, par Hélène Richard (Le Monde diplomatique, décembre 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/168/RICHARD/61012

    En serait-il du climat social comme de l’élévation des températures sur la planète ? Depuis la fin de l’été, la probabilité d’un soulèvement populaire semble avoir rattrapé le risque de tempête tropicale. Des insurrections ont éclaté en Irak, en Équateur, au Chili, au Liban. Elles rejoignent les mobilisations en cours en Haïti, à Hongkong, en Algérie, au Soudan. Le mouvement des « gilets jaunes » s’inscrit dans cette traînée de poudre internationale autant qu’il s’en écarte.

    #Gilets_jaunes_:_un_an_d’un_mouvement_inédit


  •  ! #WAKEUP ! Joyeux Jauniversaire : « Refuse ce monde égoïste »
    La belle carte postale sonore #Depêche de Livo / #Olivier_Minot sur ARTE Radio...
    Avec, ce qui me fait l’apprécier si beaucoup, une place de choix pour les nuances qui grincent, un refus d’angélisme (et un choix musical éclectique ne reculant devant aucune glue, même si ça, je suis moins sûre d’apprécier... voir plus bas !)
    https://www.arteradio.com/son/61662740/joyeux_jauniversaire
    https://www.arteradio.com/sites/default/files/pictures/depeche_52_-_1_an_gilets_jaunes.png

    Cette semaine, Livo prend un coup de vieux avec les 25 ans de « La cité de la peur ». Du coup il divague sur les anniversaires : celui de sa fille, celui des Droits de l’enfant, et le premier des Gilets Jaunes. Entre une école occupée pour mettre à l’abri des écoliers sans abri et des tirs de lacrymo, il trouve le temps d’un karaoké. Avec Guy Corazzol, adjoint à l’éducation de la mairie de Lyon, le collectif « Jamais sans toit », Alain le gilet jaune officiel de Dépêche et France Gall.

    * cf un petit échange sur twitter https://twitter.com/ValKphotos/status/1197468439020998657 qui nous ramène, boomrang, par ici https://seenthis.net/messages/753277#message753366... et que je renvoie par là : https://invidio.us/watch?v=so49WpSj9bo ! Na :p

    #radio #sonore #anniversaire #gilets_jaunes #

    https://seenthis.net/messages/812116 via ¿’ ValK.


  • Manuel, le « gilet jaune » éborgné samedi, porte plainte contre le préfet de police Lallement
    https://www.mediapart.fr/journal/france/201119/manuel-le-gilet-jaune-eborgne-samedi-porte-plainte-contre-le-prefet-de-pol

    Manuel, gilet jaune, a été éborgné samedi à Paris par un tir de grenade. Il a déposé plainte pour « violences volontaires ayant entraîné une mutilation par personne dépositaire de l’autorité publique ». Cette plainte vise également Didier Lallement. Manuel accepte de témoigner et explique pourquoi il refuse d’être entendu par l’IGPN.

    #Gilets_jaunes_:_un_an_d’un_mouvement_inédit




  • À Lyon, un an en Gilets Jaunes et toujours autant de colère
    https://radioparleur.net/2019/11/19/gilets-jaunes-lyon

    Samedi 16 novembre les Gilets Jaunes ont salué les 1 an du mouvement. Une année passée sur les ronds-points et dans les grandes villes chaque week-end. Une année de lutte pour réclamer plus de justice sociale, de justice fiscale, de justice écologique ou encore le RIC … A Lyon, Samedi 16 novembre, (...)

    #Gilets_jaunes_:_un_an_d’un_mouvement_inédit



  • Un couple de « gilets jaunes » jugé pour un vol de fourchettes au Fouquet’s
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/11/16/un-couple-de-gilets-jaunes-en-proces-pour-un-vol-de-fourchettes-au-fouquet-s
    https://img.lemde.fr/2019/11/14/426/0/5118/2559/1440/720/60/0/dd2ddf5_5030811-01-06.jpg
    Géolocalisation « pour trois fourchettes »

    « On la repère, on la voit faire ses courses au marché, acheter ses poireaux, on la suit un peu partout en temps réel, raille Me Alimi. Ces dispositifs sont habituellement utilisés en matière de crime organisé. Là, on l’a utilisé pour trois fourchettes, et sans autorisations expresse du procureur de la République. »

    #gilets_jaunes #justice_de_classe

    https://seenthis.net/messages/811830 via Vanderling



  • Manifestations : la carte de presse ne protège plus (du tout)
    https://www.arretsurimages.net/articles/manifestations-la-carte-de-presse-ne-protege-plus-du-tout

    Entravés dans leurs déplacements en reportage, contrôlés en permanence, risquant des blessures, certains journalistes vont désormais en manifestation la peur au ventre. Ils ont beau travailler pour de grands groupes de presse, ils considèrent que la carte professionnelle ne les protège plus de (...)

    #Gilets_jaunes_:_un_an_d’un_mouvement_inédit


  • Gilets jaunes, un an : une féroce répression contre l’union des colères
    https://reporterre.net/Gilets-jaunes-un-an-une-feroce-repression-contre-l-union-des-coleres

    Paris, (reportage) Gazé et matraqués sans sommation. Voilà le sort réservé aux personnes venues en soutien à l’évacuation de la première Maison des Peuples de Paris, ouverte samedi 16 novembre par une vingtaine de collectifs militants. Ils avaient pris possession de l’ancienne salle de concert de la (...)

    #Gilets_jaunes_:_un_an_d’un_mouvement_inédit



  • Gilets jaunes : « Le gouvernement a choisi de dramatiser la violence »
    http://www.alternatives-economiques.fr/gilets-jaunes-gouvernement-a-choisi-de-dramatiser-violence/00090932

    Un an après le mouvement des gilets jaunes, le politologue Sebastian Roché estime que le maintien de l’ordre en France n’évoluera pas et qu’à court terme aucune désescalade ne se dessine.

    #Gilets_jaunes_:_un_an_d’un_mouvement_inédit



  • Revivez notre direct les manifestations pour les un an du mouvement des « Gilets jaunes »
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/suivez-en-direct-les-manifestations-pour-les-un-an-du-mouvement-des-gilets

    17 novembre 2018, un mouvement social inédit éclate en France. 16 novembre 2019, un an, 53 actes et des centaines de blessés plus tard, les « Gilets jaunes » sont toujours là.

    #Gilets_jaunes_:_un_an_d’un_mouvement_inédit


  • Un an après, le mouvement compte ses blessures

    Par Chloé Pilorget-Rezzouk pour Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/11/14/un-an-apres-le-mouvement-compte-ses-blessures_1763478
    https://medias.liberation.fr/photo/1270235-1095849449jpg.jpg?modified_at=1573762576&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600

    Un an après la première journée de mobilisation nationale des gilets jaunes, le 17 novembre 2018, cette contestation sociale née sur les ronds-points de France se prépare à un 53e acte. Une longévité inédite, même si les rangs de chasubles fluorescentes se sont peu à peu dégarnis. Surtout, le mouvement restera particulièrement marqué par les très nombreuses blessures souvent provoquées, pour les plus graves, par les armes du maintien de l’ordre comme les lanceurs de balle de défense (LBD), les grenades de désencerclement ou les grenades explosives GLI-F4. Ainsi, 2 448 personnes ont été blessées parmi les manifestants et des passants, 1 797 du côté des forces de l’ordre, selon le dernier décompte du ministère de l’Intérieur, arrêté à la mi-mai. « Des crânes fracassés, des yeux éclatés, des artères coupées, des visages lacérés, des rates explosées… Ce sont des blessures qu’on ne voit que lors de graves accidents de voiture ou lorsque des gens se défenestrent », rappelle à Libération le neurochirurgien Laurent Thines. « Extrêmement choqué en tant que médecin », ce professeur à l’hôpital de Besançon (Doubs) avait lancé en janvier une pétition - qui a recueilli plus de 177 000 signatures- dans laquelle il réclamait un moratoire sur les armes dites « intermédiaires », et dénonçait leur dangerosité.

    #gilets_jaunes #mutilations #repression #guerre_sociale #guerre_aux_pauvres

    https://seenthis.net/messages/811382 via ¿’ ValK.


  • Têtes de mule | Cahiers du Cinéma, Édito n°752 – février 2019
    https://www.cahiersducinema.com/produit/edito-n752-fevrier-2019

    (…) On voit déjà les accusations de « récupération » pleuvoir sur le cinéaste / journaliste / acteur / député qu’est François Ruffin, mais alors que devrait faire un représentant sinon rencontrer, écouter la parole et s’en faire l’écho ? Faire un #film, c’est aussi représenter. Il faut d’ailleurs défendre plus largement l’idée de #représentation, avec la mise à distance qu’elle implique, la réflexion, la composition, mais aussi le jeu et l’humour. Quand on voit l’état ne pas supporter des simulacres de pendaison ou de décapitation dans les manifestations, alors qu’ils tiennent du théâtre de rue ou du Grand-Guignol, il est clair que les notions de mise en scène et de représentation sont en train d’être niées par un pouvoir incapable de penser le symbolique et qui raisonne immédiatement en termes archaïques d’ »outrage » et de « provocation ». Or l’État ne peut avoir deux sons de cloche, car c’est précisément ce qu’on reprochait aux fanatiques terroristes : prendre tout au pied de la lettre, rejeter la satire, être incapable d’adopter la distance que requiert toute représentation. Il faut que le pouvoir accepte de voir représenter l’expression des passions, sinon c’en est fini pour tous de la liberté d’expression.

    cc @opironet

    Dans ce numéro, un dossier « Filmer les #gilets_jaunes » :
    – Aller voir de plus près - entretien avec François Ruffin et Gilles Perret
    – Dans l’urgence - entretien avec Pierre Carles
    – Les gilets jaunes et l’intelligence artificielle - entretien avec Florent Marcie
    – « Monter n’est pas manipuler » - rencontre avec Street Politics

    Dont @lucile parlait ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-dispute/cinema-le-petit-salon-synonymes-los-silencios

    https://seenthis.net/messages/808594 via tbn


  • #Crises sociales, crises démocratiques, crise du #néolibéralisme
    21 OCTOBRE 2019
    PAR #ROMARIC #GODIN

    Les tensions sociales dans le monde ont un point commun : le rejet des #inégalités et de la perte de contrôle démocratique. Le moteur de la #contestation pourrait bien être la perte de pertinence face aux défis actuels du néolibéralisme, qui aggrave sa propre #crise et ouvre la porte à l’affrontement.

    Les militaires dans les rues de Santiago du #Chili, la place Urquinaona de #Barcelone en flammes, des barricades qui hérissent les rues de #Beyrouth… Pendant que la France politique et médiatique se passionne pour un voile, le monde semble s’embraser. Car ces scènes d’#émeutes violentes qui ont marqué les derniers jours ne sont pas isolées. Elles viennent après des scènes similaires en #Équateur, en #Haïti (où le soulèvement populaire se poursuit), en #Irak, en #Égypte, en #Indonésie, à #Hong_Kong, en #Colombie… Sans compter les mouvements moins récents au Zimbabwe, au Nicaragua, en Roumanie et en Serbie durant l’hiver dernier ou, bien sûr, le mouvement des #gilets_jaunes en France.

    Évidemment, il est possible de ne voir dans tous ces événements que des mouvements locaux répondant à des cas précis : la pauvreté endémique en Haïti, la persistance du militarisme de la droite chilienne, la dollarisation partielle ou totale des économies équatorienne et libanaise, le refus de l’#Espagne de reconnaître l’existence d’une « question catalane » ou encore l’aspiration démocratique de Hong Kong. Toutes ces explications sont justes. Mais sont-elles suffisantes ? Les mouvements sociaux ou démocratiques locaux ont toujours existé, mais qu’on le veuille ou non, la particularité du moment est bien qu’ils surgissent au même moment. Immanquablement, cet aspect contemporain des #révoltes sur les cinq continents amène à penser qu’il existe bien un lien entre elles.

    Le néolibéralisme veut vivre et aggrave sa propre crise

    Ce lien pourrait bien se trouver dans la grande crise dans laquelle le monde est entré en 2007-2008. Au-delà de ce qu’en retiennent la plupart des observateurs, le « grand krach » qui a suivi la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, cette crise est bien plus profonde et elle s’est poursuivie jusqu’à nos jours. Car ce n’est pas une simple crise financière ou économique, c’est la crise d’un mode de gestion du capitalisme, le néolibéralisme, qui se fonde sur la mise au service du capital de l’État, la financiarisation de l’économie et la marchandisation de la société.

    Comme celle des années 1930 ou 1970, la crise actuelle remet en cause profondément le fonctionnement contemporain du capitalisme. Ces crises sont souvent longues et accompagnées de périodes de troubles. Comme l’a montré l’historien Adam Tooze dans Le Déluge (Les Belles Lettres, 2015), la crise de 1929 n’est pas le début d’une perturbation du capitalisme, laquelle a commencé pendant la Première Guerre mondiale et n’a réellement trouvé son issue qu’après cette Grande Guerre. Quant au néolibéralisme, il ne s’est imposé que dans les années 1990, vingt ans après le début de la crise de l’ancien paradigme.

    Aujourd’hui encore, la crise est longue et s’approfondit à mesure que le néolibéralisme se débat pour ne pas mourir. Or en voulant survivre, il pousse le monde dans l’abîme. Car, certes, le néolibéralisme a survécu au choc de 2008 et il a même pu revenir après 2010 pour proposer comme solutions au monde l’austérité budgétaire et les « réformes structurelles » visant à détruire les protections des travailleurs et des plus fragiles. Mais en cherchant à rester dominant, le néolibéralisme a encore approfondi sa propre crise.

    Le premier salut de ce système économique mondial a été en effet une fuite en avant dans la croissance menée principalement par un régime chinois soucieux de continuer à alimenter la demande occidentale, dont vit son système économique. Et cette fuite en avant s’est traduite par une surproduction industrielle inouïe qui n’est pas pour rien dans la dégradation brutale de la situation climatique actuelle. Quelques chiffres le prouveront aisément. La Chine produit en deux ans plus d’acier que le Royaume-Uni, qui fut longtemps le premier producteur mondial, en 150 ans et plus de ciment que les États-Unis au cours de tout le XXe siècle. Cette stratégie a échoué. Elle a conduit à un ajustement de l’économie chinoise qui a frappé directement ses fournisseurs émergents, du Brésil à l’Argentine en passant par l’Équateur et le Venezuela. Tous ont vu disparaître la manne des matières premières et ont dû ajuster leurs politiques.

    L’autre moteur de la sauvegarde du néolibéralisme a été la politique monétaire conçue comme un moyen d’éviter toute relance budgétaire dans les pays occidentaux, mais qui, en réalité, n’est parvenue à sauver que le secteur financier et les grands groupes multinationaux. Ce plan de sauvetage du néolibéralisme a profondément échoué. La croissance mondiale n’a pas redécollé et la productivité est au plus bas malgré la « révolution technologique ». Le secteur privé investit trop peu et souvent mal. Depuis quelques mois, l’économie mondiale est entrée dans une phase de nouveau ralentissement.

    Dans ces conditions, l’application continuelle des réformes néolibérales pour sauvegarder les marges des entreprises et les revenus des plus riches a eu également un effet aggravant. On l’a vu : les profits sont mal ou peu investis, la productivité ne cesse de ralentir et la richesse à partager est donc moins abondante. Mais puisque, pour réagir à ce ralentissement, on donne encore la priorité aux riches et aux entreprises, donc à ceux qui investissent mal ou peu, alors les inégalités se creusent encore plus. Dans cette logique, dès qu’un ajustement doit avoir lieu, on réclame aux plus modestes une part d’effort plus importante : par une taxe proportionnelle comme celle sur les appels Whatsapp au Liban, par la fin des subventions pour les carburants en Équateur ou en Haïti ou encore par la hausse du prix des transports publics au Chili. Toutes ces mesures touchent de plein fouet les besoins des populations pour travailler et générer des revenus.

    Quand bien même le différentiel de croissance rapprocherait les économies émergentes de celles de pays dits plus avancés et ainsi réduirait les inégalités au niveau mondial, dans tous les pays, les inégalités nationales se creusent plus que jamais. C’était le constat que faisait l’économiste Branko Milanović dans Inégalités Mondiales (2016, traduit par La Découverte en 2018) qui y voyait un retour de la question des classes sociales. C’est donc bien à un retour de la lutte de classes que l’on assiste au niveau mondial.

    Longtemps, on a pensé que la critique du néolibéralisme était un « privilège de riches », réservée aux pays les plus avancés qui ne connaissaient pas les bienfaits de ce système. D’une certaine façon, la hausse des inégalités était le prix à payer pour le développement. Et il fallait l’accepter au nom de ces populations que l’on sortait de la misère. Mais ce discours ne peut plus fonctionner désormais et c’est la nouveauté de la situation actuelle. La contestation atteint les pays émergents. Le coup d’envoi avait été donné dès 2013 au Brésil, juste après le retournement du marché des matières premières, avec un mouvement social inédit contre les mesures de Dilma Rousseff prévoyant une hausse du prix des transports publics. Désormais, la vague s’intensifie et touche des pays qui, comme le Chili, ont longtemps été présentés par les institutions internationales comme des exemples de réussite et de stabilité.

    Dans ces pays émergents, le ressort du néolibéralisme s’est aussi brisé. Son besoin de croissance et de concurrence le mène dans l’impasse : alors que la croissance est moins forte, la réalité des inégalités apparaît tandis que les hausses passées du niveau de vie font perdre de la compétitivité dans un contexte de ralentissement du commerce mondial. Le mirage d’un rattrapage des niveaux de vie avec les pays les plus avancés, la grande promesse néolibérale, disparaît avec les mesures déjà citées. Aucune solution n’est proposée à ces populations autre qu’une nouvelle paupérisation.

    Le retour de la question sociale

    Mais le néolibéralisme n’en a que faire. Enfermé dans sa logique de croissance extractiviste et comptable, il s’accroche à ses fantômes : la « théorie du ruissellement », la courbe de Laffer ou encore le « théorème de Coase » voulant que les questions de justice distributive doivent être séparées de la réalité économique. Il le fait grâce à un autre de ses traits saillants : « l’encadrement » de la démocratie. « L’économique » ne saurait relever du choix démocratique, il doit donc être préservé des « affects » de la foule ou, pour reprendre le mot devenu célèbre d’Emmanuel Macron, de ses « passions tristes ». Mais cet enfermement est de moins en moins possible alors que les inégalités se creusent et que la crise climatique s’exacerbe. Après cinq décennies de démocratie encadrée, les populations réclament que l’on prenne en compte leurs urgences et non plus celles des « marchés » ou des « investisseurs ».

    La crise actuelle du néolibéralisme a donc trois faces : une crise écologique, une crise sociale et une crise démocratique. Le système économique actuel est incapable de répondre à ce qui devient trois exigences profondes. Face à l’urgence écologique, il propose de répondre par les marchés et la répression fiscale de la consommation des plus faibles. Face à l’urgence sociale et démocratique, la réponse est l’indifférence. Car en réalité, répondre à ces demandes supposerait un changement profond de paradigme économique.

    Investir pour le climat supposerait ainsi de réorienter entièrement les investissements et de ne plus fonder l’économie uniquement sur une croissance tirée par les bulles immobilières et financières. Cela supposerait donc une remise à plat complète du système de création monétaire, ce qui est en germe dans le Green New Deal proposé aux États-Unis et qui effraie tant les économistes néolibéraux. Car, dès lors, la transition climatique ne se fera plus contre les classes sociales fragilisées mais avec elles. En assurant une redistribution massive des ressources au détriment des plus riches, on donnera ainsi aux classes les plus modestes les moyens de vivre mieux sans détruire la planète. Enfin, une association plus étroite des populations aux décisions permettrait de contrôler que ces dernières ne se font pas pour l’avantage des plus riches et du capital, mais bien de l’intérêt commun. Or, c’est précisément ce que le néolibéralisme a toujours rejeté : cette capacité de la démocratie à « changer la donne » économique. Précisément ce dont le monde a besoin aujourd’hui.

    Autrement dit : ces trois urgences et ces trois exigences sont profondément liées. Reposer la question sociale, c’est nécessairement aujourd’hui poser une question démocratique et écologique. Mais comme ce changement est profondément rejeté par le néolibéralisme et les États qui sont acquis à sa logique, il ne reste alors que la rue pour exprimer son besoin. C’est ce qui est sur le point de se cristalliser aujourd’hui. Selon les régions, les priorités peuvent être différentes, mais c’est bien un même système qui est remis en cause, ce néolibéralisme global. Au reste, tous les mouvements connaissent une évolution où la question démocratique et sociale se retrouve, parfois avec des préoccupations écologiques conscientes. Partout, donc, la contestation est profonde et touche au système économique, social et politique.

    Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux samedi 19 octobre, on voit des policiers espagnols frappant les manifestants indépendantistes catalans dans les rues de Barcelone. Sur le mur, un graffiti en catalan se détache : « aço és llutta de classe », « ceci est une lutte de classe ». Derrière la question nationale catalane s’est toujours placée la revendication d’une société plus juste et redistributive. Lorsque frappe la répression, cette réalité reprend le dessus. La volonté de reprendre le contrôle démocratique en Catalogne traduit aussi des priorités sociales et écologiques (un des condamnés par la justice espagnol, Raül Romeva, a été un élu écologiste avant de rejoindre le mouvement indépendantiste).

    En France, le mouvement des gilets jaunes ne s’est pas arrêté à une simple « jacquerie fiscale » et la fin de la hausse de la taxe carbone n’a pas mis fin au mouvement. Ce dernier a remis en cause la pratique démocratique du pays et la politique anti-redistributive du gouvernement et le mouvement a même rejoint les mouvements écologistes, comme l’a montré l’occupation d’Italie 2 début octobre. Les angoisses de « fin du mois » et de « fin du monde » commencent à converger. En Équateur, la situation est assez comparable : la lutte contre la fin des subventions à l’essence a permis de mettre en avant l’ampleur des inégalités touchant les populations autochtones, lesquelles sont depuis des années en révolte contre la logique extractiviste de gouvernements à la recherche de dollars.

    Au Liban, où sept personnes détiennent l’équivalent d’un quart du PIB, le rejet du plan de « réformes » prévoyant taxes pour les plus pauvres et privatisations s’est aussi accompagné d’un rejet du gouvernement qui, pourtant, regroupe l’essentiel des partis du pays. Ce lien entre mouvement social et démocratisation est également évident au Chili. À Hong Kong, la contestation démocratique contre un régime chinois qui cherche à tout prix à cacher la crise de son modèle économique a pris un tournant social évident.

    Cette crise n’est qu’un début. Rien ne permet d’espérer que cette crise néolibérale se règle rapidement, bien au contraire. Aux pressions sociales vont s’ajouter les catastrophes climatiques à répétition, comme celles qu’ont connues les Caraïbes depuis quelques années, qui ne feront que dégrader les conditions sociales. Surtout, les États semblent incapables de trouver d’autres solutions que celles issues du bréviaire néolibéral. Certes, en Équateur ou au Liban, les manifestants ont obtenu satisfaction avec le retrait des projets contestés. Au Liban, une mesure redistributive, une taxe sur les bénéfices bancaires a même été accordée. Mais ces victoires sont fragiles et, comme on l’a vu, elles n’épuisent ni les problèmes sous-jacents, ni les revendications démocratiques.

    Confronté à ce conflit permanent et à la contestation de son efficacité, le néolibéralisme pourrait alors se durcir et se réfugier derrière la « violence légitime » de l’État pour survivre. Comme Emmanuel Macron en France qui justifie toutes les violences policières, Pedro Sánchez en Espagne, qui n’a visité que des policiers blessés à Barcelone ce 21 octobre ou Sebastián Piñera, le président chilien invité du G7 de Biarritz en septembre, qui a fait ses annonces sous le regard de militaires comme jadis Augusto Pinochet… Ce dernier a ouvertement déclaré : « Nous sommes en guerre », à propos des manifestants. La guerre sociale devient donc mondiale et elle implique le néolibéralisme et ses défenseurs contre ses opposants.

    Devant la violence de cette guerre et l’incapacité des gouvernants à dépasser le néolibéralisme, on assisterait alors à une convergence du néolibéralisme, autrement dit de la défense étatique des intérêts du capital, avec les mouvements néofascistes et nationalistes, comme cela est le cas depuis longtemps déjà dans les anciens pays de l’Est ou, plus récemment, dans les pays anglophones, mais aussi désormais en Inde et en Chine. Le besoin de stabilité dont le capital a si impérieusement besoin ne pourrait alors être acquis que par une « militarisation » de la société qui accompagnerait sa marchandisation. Le néolibéralisme a prouvé qu’il n’était pas incompatible avec cette évolution : son laboratoire a été… le Chili de Pinochet, un pays alors verrouillé pour les libertés, mais fort ouvert aux capitaux étrangers. Ce retour de l’histoire pourrait être un présage sinistre qui appelle désormais à une réflexion urgente sur la construction d’une alternative sociale, écologique et démocratique.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/211019/crises-sociales-crises-democratiques-crise-du-neoliberalisme?onglet=full

    https://seenthis.net/messages/807318 via kaparia


  • #Politique : sécurité intérieure & maintien de l’ordre
    |> Comment le ministère de l’Intérieur veut s’adapter à la « subversion violente »
    |+|> cas pratiques ce week-end : comment la #Police maintient, non pas l’ordre, mais la terreur.

    Tout d’abord, lecture de l’article de Jean-Dominique Merchet [qui prépare] L’Opinion : https://www.lopinion.fr/edition/politique/comment-ministere-l-interieur-veut-s-adapter-a-subversion-violente-198969
    https://www.lopinion.fr/sites/nb.com/files/styles/w_838/public/styles/paysage/public/images/2018/06/_black_bloc_sipa.jpg?itok=p0e-3Z91

    A la menace terroriste est donc venue s’ajouter celle de la « subversion violente ». C’est dans ce contexte décrit par Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, que se prépare le Livre blanc sur la #sécurité_intérieure. Annoncé en juin dernier par le Premier ministre, ce document devrait être rédigé d’ici à la fin de l’année et servir de base à une loi de programmation. Le précédent livre blanc sur la « sécurité publique » date de 2011, alors qu’un autre, spécifiquement consacré à la lutte contre le terrorisme remonte à 2006. En plein effort doctrinal, comment l’exécutif aborde-t-il la « sécurité intérieure » ?

    La lecture de l’article fait froid dans le dos mais pour qui a suivi de près l’évolution du #maintien_de_l'ordre ces dernières années et la mutation de ces 3 derniers mois, rien de vraiment surprenant... hélas. Le scandale des #violences_policières, le nombre astronomique de blessures graves du mouvement des #gilets_jaunes a obligé les décideurs politiques à trouver une parade. Oui mais voilà, ils sont dans une panique totale d’une révolte qui les vire du pouvoir et au vu des choix d’orientation politique d’extrême-centre du président des riches, on ne saurait donner tord à ceux qui les font flipper. Ainsi donc au fur et à mesure, les #violences_judiciaires faisant beaucoup moins parler d’elles, c’est vers une répression à deux vitesses que souhaite s’orienter le pouvoir en place, et l’expérience du #G7 semble avoir conforté leur choix : arrêter préventivement, même avec des dossiers vides, même avec la plus parfaite mauvaise foi, des cibles connues ou totalement inconnues, et, ils imaginent, paralyser ainsi les "fomentateurs" de révolte. Un passage dans l’article est particulièrement significatif :

    « Nous avons modifié nos modes d’action opérationnels en un temps record, mais nous devons finaliser la doctrine dans les semaines qui viennent ». Un séminaire de travail sur le « schéma national du maintien de l’ordre » a eu lieu en juin place Beauvau, mais peu de voix critiques y avaient été conviées. Depuis lors, le sociologue de la police Sebastian Roché, qui plaide pour une politique alternative de « désescalade », s’est même vu retirer son cours à l’Ecole des commissaires… Le ministère de l’Intérieure ne manque pourtant pas de plaider pour « la concertation la plus large possible. »

    Ainsi donc ce samedi on apprend deux évènements qui font penser que ce nouvel ordre du maintient est acté :

    – à #Toulouse des observateurs de la LDH se font charger, puis prennent une pseudo leçon de loi par [le préfet ?] parce que l’un d’eux a voulu ramasser un projectile d’arme policière que les avait touchés. C’est la troisième fois qu’ils se font ainsi malmener :
    https://twitter.com/Maxime_Reynie/status/1177984007386140674 + chez @gonzo (mais hélas avec RT comme source) : https://seenthis.net/messages/804242

    – à #Montpellier, c’est Ian B. de Desarmons-les, collectif contre les armes de la police, qui se fait arrêter pour la deuxième fois alors qu’il devait faire une conférence le soir même sur les armes de la police. A cette heure, il n’y a toujours pas de nouvelles.
    https://twitter.com/ValKphotos/status/1178342218895171586
    Pour mémoire, la fois précédente : https://desarmons.net/index.php/2019/03/30/ianb-revient-plus-precisement-sur-son-arrestation-des-25-et-26-mars-2019-

    Pendant ce temps, le CM du Syndicat Indépendant des Commissaires de Police s’amuse à titiller @davduf / David Dufresne, tranquilou : https://twitter.com/davduf/status/1178376236395089920 , le syndicat Alliance fait des communiqués auxmenaces à peine voilées : https://twitter.com/davduf/status/1178285515730239488 & https://twitter.com/ValKphotos/status/1178294536155611142 et Linda Kebbab continue de se lâcher avec désormais une photo de profil des plus explicites : https://twitter.com/LindaKebbab/photo

    Bref : #ça_pue !

    https://seenthis.net/messages/804271 via ¿’ ValK.


  • Convoqués pour avoir soutenu #Christophe_Dettinger : « C’est presque de la police politique », dénonce leur avocate
    https://www.europe1.fr/societe/convoques-pour-avoir-soutenu-dettinger-cest-presque-de-la-police-politique-d
    https://cdn-europe1.lanmedia.fr/var/europe1/storage/images/europe1/societe/convoques-pour-avoir-soutenu-dettinger-cest-presque-de-la-police-politique-denonce-leur-avocate-3904289/53151545-1-fre-FR/Convoques-pour-avoir-soutenu-Dettinger-C-est-presque-de-la-police-politique-denonce-leur-avocate.jpg

    En janvier, ils ont participé à la cagnotte Leetchi en soutien à l’ex-boxeur Christophe Dettinger. Aujourd’hui, ils sont convoqués par la police pour témoigner. Des centaines de donateurs ont reçu des emails de la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA), un mois après l’ouverture d’une enquête pour « abus de confiance ». « On va sonder les cœurs et les esprits pour savoir pourquoi les gens ont donné. C’est presque de la police politique ou de la police des pensées », dénonce sur Europe 1 Me Laurence Léger, avocate du couple Dettinger, mais aussi de l’homme qui avait lancé cette cagnotte et de certains donateurs.

    #gj #gilets_jaunes #harcèlement_judiciaire

    https://seenthis.net/messages/801439 via Reka


  • « Le mouvement des gilets jaunes a permis à beaucoup d’inventer une parole politique », Laurent Jeanpierre
    https://www.liberation.fr/debats/2019/08/23/laurent-jeanpierre-le-mouvement-des-gilets-jaunes-a-permis-a-beaucoup-d-i

    Si on raisonne à l’échelle du mouvement, il faut distinguer deux moments : une phase ascendante à partir de novembre 2018, puis une phase de déclin qui débute avec la destruction des abris sur les ronds-points fin janvier 2019. Dans la première période, on observe un des effets quasi miraculeux du mouvement : des divisions très ancrées dans les imaginaires, entre « ceux qui bossent » et « ceux qui ne foutent rien », s’estompent (elles reviendront lors du déclin du mouvement).

    #Gilets_jaunes #subjectivité #reproduction

    https://seenthis.net/messages/798421 via colporteur