• 17 octobre 1961 : le témoignage de Daniel Mermet
    https://la-bas.org/5705

    Le 17 octobre 1961, Daniel Mermet, alors étudiant aux Beaux-Arts, assistait au massacre d’un manifestant par un policier. Trente ans plus tard, en 1992, suite au livre de Jean-Luc Einaudi, La Bataille de Paris, et à notre série d’émissions, Daniel Mermet témoignait dans le film de Philipp Brooks et Alan Hayling, Une Journée portée disparue.Continuer la lecture…

    #Vidéo #Immigration #Histoire_coloniale #Mémoire
    https://la-bas.org/IMG/arton5705.png?1571325330



  • Intersectionnalité
    http://mouvements.info/intersectionnalite
    http://mouvements.info/wp-content/uploads/2019/02/Popowa-e1549964967149.png

    À l’automne 2018, l’historien Gérard Noiriel a publié sur son blog personnel1 un long texte particulièrement relayé et discuté parmi les chercheur.e.s en #sciences_sociales sur les réseaux sociaux. Il y commente la controverse entre Mark Lilla et Eric Fassin au sujet du concept de « #gauche_identitaire » et élargit son propos à l’écriture de l’histoire des #classes_populaires. Il reprend notamment une idée développée dans l’introduction de son nouveau livre, Une histoire populaire de la France : « la crise du mouvement ouvrier a considérablement affaibli les #luttes_sociales au profit des conflits identitaires. Le projet d’écrire une #histoire_populaire du point de vue des vaincus a été accaparé par les porte-parole des #minorités (religieuses, raciales, sexuelles) pour alimenter des histoires féministes, multiculturalistes ou postcoloniales, qui ont contribué à marginaliser l’histoire des classes populaires. Il suffit de consulter la bibliographie des articles et ouvrages publiés en histoire ces dernières années ou de regarder les recrutements sur des postes universitaires pour être convaincu de cette remarque »2. L’accueil enthousiaste de ce texte auprès de certain.e.s chercheur.e.s en sciences sociales nous a étonné.e.s et interpellé.e.s. En tant que chercheur.e.s travaillant sur ces questions, il nous était difficile de rester silencieux/euses, pour au moins deux raisons.

    Dossier #intersectionnalité (lu que l’intro) #genre #minorités

    https://seenthis.net/messages/759770 via odilon



  • Jean-Marie Hullot, informaticien visionnaire, technologiste exceptionnel | binaire
    http://binaire.blog.lemonde.fr/2019/06/20/jean-marie-hullot-informaticien-visionnaire-technologiste-excep
    http://binaire.blog.lemonde.fr/files/2019/06/Jean-Marie_Hullot_in_Bhutan-18April2004-300x200.jpg

    Jean-Marie Hullot fut un très grand professionnel de l’informatique. Outre les apports scientifiques du début de sa carrière de chercheur IRIA détaillés plus loin, peu de personnes ont eu des impacts aussi forts et permanents sur l’informatique de Monsieur Tout-le-monde. On lui doit directement les interfaces et interactions graphiques et tactiles modernes, développés d’abord à L’IRIA, puis chez NeXT computers, dont la superbe machine est restée dans les mémoires et a servi en particulier à Tim Berners-Lee pour créer le World Wide Web, et enfin chez Apple à travers le Macintosh et son système MacOSX puis l’iPhone, véritables révolutions dans le domaine qui ont largement engendré le développement de l’informatique conviviale à grande échelle que nous connaissons maintenant, avec en particulier la révolution des smartphones.

    Ces interfaces particulièrement élégantes et intuitives ont marqué une nette rupture avec tout ce qui s’était fait avant, et qu’on a d’ailleurs largement oublié. Il faut bien comprendre qu’elles résultent de la conjonction d’un goût esthétique très sûr et de la création et de la maîtrise de nouvelles architectures de programmation subtiles et éminemment scientifiques, que Jean-Marie Hullot avait commencé à développer lorsqu’il était chercheur à l’IRIA. Un autre apport majeur a été celui des mécanismes de synchronisations d’appareils divers, ici Macs, iPhones et iPads, pour que les calendriers, listes de choses à faire ou autres soient automatiquement à jour dès qu’on les modifie sur un des appareils, sans besoin de la moindre transformation et quels que soient les réseaux utilisés. Cette transparence maintenant habituelle était difficile à réaliser et inconnue ailleurs. Il faut rappeler que le domaine concerné de l’IHM locale et synchronisée est profond et difficile, et les réussites de ce niveau y sont fort rares. Celle de Jean-Marie Hullot chez NeXT puis Apple, particulièrement brillante, a aussi demandé de très nombreuses interactions avec des designers et surtout directement avec Steve Jobs, dont l’exigence de qualité était légendaire.

    Mais, avant sa carrière industrielle, Jean-Marie Hullot a fait bien d’autres apports scientifiques de premier plan. Après l’École normale supérieure de Saint-Cloud, il s’est vite passionné pour la programmation, particulièrement en LISP. Cela s’est passé à l’IRCAM où se trouvait alors le seul ordinateur en France vraiment adapté à la recherche en informatique, le PDP-10 exigé par Pierre Boulez pour monter cet institut. S’y trouvaient en particulier Patrick Greussay, auteur de VLISP et fondateur de l’école française de LISP, et Jérôme Chailloux, auteur principal du système Le_Lisp qui a longtemps dominé la scène française de l’Intelligence Artificielle et auquel Hullot a beaucoup participé et apporté.

    Avec sa rencontre avec Gérard Huet, dont il suivait le cours de DEA à Orsay, il rejoint l’IRIA à Rocquencourt pour son travail doctoral. Il débuta sa recherche en réécriture de termes, problématique issue de la logique mathématique et de l’algèbre universelle, et par suite essentielle aux fondements mathématiques de l’informatique. Parti de l’algorithme de complétion décrit dans l’article séminal de Knuth et Bendix, il réalisa un système complet de complétion de théories algébriques, incluant les dernières avancées en traitement des opérateurs commutatifs et associatifs, permettant la transition avec le calcul des bases polynomiales de Gröbner. Le logiciel KB issu de son travail de thèse avait une algorithmique particulièrement soignée, permettant d’expérimenter avec des axiomatisations non triviales, comme par exemple la modélisation canonique des déplacements du robot de l’Université d’Edimbourg. La renommée de ce logiciel lui valut une invitation d’un an comme chercheur invité au Stanford Research Institute en 1980-1981. Là, en tandem avec Gérard Huet, il développa les fondements de la théorie de la réécriture algébrique, alors en balbutiement. Son article Canonical forms and unification, présenté à l’International Conference on Automated Deduction en 1980, présente un résultat fondamental sur la surréduction qui permit d’établir le théorème de complétude de la procédure de narrowing (Term Rewriting Systems, Cambridge University Press 2003, p. 297.)

    Sa thèse de Doctorat à l’Université Paris XI-Orsay Compilation de formes canoniques dans les théories équationnelles fut soutenue le 14 novembre 1980. Point d’orgue de son travail en algèbre effective, elle devint la bible des chercheurs en réécriture, désormais domaine essentiel de l’informatique fondamentale. Elle fut le premier document technique français composé avec le système de composition TeX, alors en développement par Don Knuth à Stanford, où Jean-Marie Hullot s’y était initié. Il était frappé par l’étonnante qualité graphique des documents traités par TeX, mais aussi des écrans bitmap alors développés au laboratoire PARC de Xerox.

    En 1981 il retrouve l’INRIA à Rocquencourt où démarrait le Projet National Sycomore dirigé par Jean Vuillemin, et que venait de rejoindre Jérôme Chailloux, concepteur du langage Le_Lisp. Il y découvrit le premier Macintosh, ordinateur commercial pionnier profitant des avancées de PARC (bitmap display, interface de fenêtres, ethernet) et du SRI (souris). Mais il a vite trouvé la façon dont ses interfaces étaient programmées assez infernale. Comme c’était l’époque de la naissance des langages objets, il a d’abord décidé de développer le sien au-dessus de Le_Lisp, nommé Ceyx, en privilégiant les aspects dynamiques non présents dans les autres langages de l’époque (il est ensuite passé à Objective C, langage du même type mais bien plus efficace.) Ce langage remarquable, dont l’implémentation était un bijou de simplicité et d’intelligence, a servi notamment à Gérard Berry pour écrire son premier compilateur Esterel.

    Ce travail a débouché sur la création du premier générateur d’interfaces mêlant conception graphique directe et programmation simple, SOS Interfaces. C’est en présentant ce système aux idées très originales dans un séminaire à l’université Stanford qu’il a rencontré Steve Jobs, alors chassé d’Apple, et qui a immédiatement souhaité l’embaucher pour créer sa nouvelle machine NeXT. Même si cette machine n’a pas été un succès commercial, elle reste connue comme probablement la plus élégante jamais fabriquée, et a eu le rôle de précurseur de tout ce qui s’est passé ensuite.

    Jean-Marie Hullot a ensuite pris le leadership des interfaces et interactions du nouveau Macintosh en tant que directeur technique du service des applications d’Apple. Ses créations et celles de son équipe marquent toujours l’informatique moderne. Il a ensuite quitté un moment Apple et la Californie pour s’installer à Paris. Là, Steve Jobs l’a rappelé pour régénérer l’esprit créatif d’Apple, mais il a refusé de revenir en Californie, et proposé plutôt de créer un téléphone, ou plutôt un smartphone comme on dit maintenant. Après quelques difficultés pour convaincre Steve Jobs qui n’y croyait pas trop, il a créé l’iPhone dans un laboratoire secret d’une vingtaine de personnes à Paris. La suite est connue, et assez différente de ce que disait Steve Ballmer lors de la première démonstration par Steve Jobs : « Cet objet n’a aucun avenir industriel » ! Avec plus d’un milliard d’exemplaires vendus, il s’agit probablement d’un des plus grands succès esthétiques et industriels de l’histoire.

    En outre, il mena plusieurs entreprises technologiques en France. La société RealNames qu’il a créé en 1996 avait pour objet de doter le réseau Internet alors en plein essor, mais anarchique au niveau du nommage, d’un espace de nommage standardisé. Plus tard, il chercha à créer une infrastructure ouverte pour le partage de photographies, en suivant le modèle de l’encyclopédie libre Wikipedia , et créa la société Photopedia à cet effet. Ces entreprises n’ont pas été pérennes, mais elles ont permis à de nombreux jeunes professionnels de se former aux technologies de pointe, et d’essaimer à leur tour de nouvelles entreprises technologiques.

    Mathématicien créatif, informaticien visionnaire, programmeur élégant, ingénieur rigoureux, technologiste hors-pair, esthète raffiné, Jean-Marie Hullot aura marqué son époque. Les résultats de son travail ont tout simplement changé le monde à tout jamais. La Fondation Iris, qu’il a créé avec sa compagne Françoise et dont l’objectif est de sauvegarder la fragile beauté du monde, continue de porter son message humaniste : http://fondationiris.org.

    Gérard Berry et Gérard Huet

    #Histoire_numérique #IHM #iPhone #Interface #Synchronisation

    https://seenthis.net/messages/788390 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • RECIT. « Personne n’a compris quoi que ce soit » : comment Tim Berners-Lee a créé le web il y a 30 ans
    https://www.francetvinfo.fr/internet/recit-personne-na-compris-quoi-que-ce-soit-comment-tim-berners-lee-a-cr
    https://www.francetvinfo.fr/image/75naujdlb-cc8e/1500/843/17117039.jpg

    Super article, avec des insights que je ne connaissais même pas !

    En tout cas, c’est clair, avec cette histoire, il devrait y avoir moyen de fêter les 30 ans du web tous les jours pendant quatre ou cinq ans...

    « Il m’arrivait d’avoir 50 comptes ouverts sur différents logiciels et sur différents ordinateurs pour échanger des données avec des collègues. » L’ingénieur français François Flückiger, qui a fait sa carrière au Centre européen pour la recherche nucléaire (Cern), a encore des sueurs quand il se souvient des difficultés à partager des informations avant la création du web, qui fête ses 30 ans mardi 12 mars.

    A la fin des années 1980, il fait partie de la poignée de scientifiques à être sur internet. Le Cern est connecté au réseau dès 1988. Cette année-là, le campus suisse situé entre le lac Léman et le massif du Jura est en pleine effervescence. Un immense chantier touche à sa fin : les équipes composées de scientifiques du monde entier ont enfin relié les 27 km de tunnel du grand collisionneur électron-positron (LEP), l’accélérateur de particules qui a précédé le LHC.
    De la difficulté d’échanger des données

    Pour avancer, cette communauté de chercheurs dispersée aux quatre coins de la planète a besoin de partager une immense masse de données disparates. « Les physiciens doivent échanger tous les documents de travail qui permettent aux collaborations de fonctionner. Ce sont les notes de réunion, les articles écrits en commun, mais surtout les documents de conception et de réalisation des détecteurs » du LEP, explique François Flückiger, alors chargé des réseaux externes au Cern.

    Mais les échanges sont lents et fastidieux. Avant chaque action, les utilisateurs doivent s’identifier. Puis, pour que les échanges aient eu lieu entre deux machines, un premier ordinateur doit en appeler un autre et ce dernier doit rappeler son homologue. « Partager de l’information, à l’époque, c’était compliqué et ça marchait mal », résume François Flückiger, évoquant la « tyrannie des logins » et la « guerre des protocoles ».

    C’était extrêmement complexe d’utiliser internet. C’était infernal.François Flückigerà franceinfo

    Aujourd’hui, dans le langage courant, les termes « internet » et « web » sont devenus interchangeables. Mais il convient de les distinguer. Internet, qui est né dans les années 1970, est, en résumé, l’infrastructure qui permet d’interconnecter des ordinateurs et des objets. Le web, lui, n’est que l’une des applications qui utilisent ce réseau, comme, entre autres, la messagerie électronique, la téléphonie ou la vidéophonie.

    Et avant l’arrivée du web, l’utilisation d’internet relève du parcours du combattant. Face à ces difficultés, des membres du Cern cherchent des solutions. Parmi eux se trouve Tim Berners-Lee. Ce Britannique, physicien de formation et autodidacte en informatique, fait partie d’une équipe qui déploie la technologie Remote Protocol Control, permettant d’appeler depuis son ordinateur des programmes se trouvant sur d’autres machines.
    Au commencement était un schéma

    Il n’y a pas eu de « moment Eureka », comme le raconte la légende concernant Isaac Newton sous son pommier, répète souvent Tim Berners-Lee. Mais à la fin de l’année 1988, le physicien de 34 ans fait part à son supérieur, Mike Sendall, de sa réflexion sur l’amélioration du partage de données. Il lui parle d’un système fondé sur internet et l’hypertexte, autrement dit les liens tels que nous les connaissons toujours aujourd’hui (comme ce lien qui renvoie vers les mémoires de Tim Berners-Lee). En réalité, le Britannique lui propose une version améliorée d’Enquire, un système qu’il avait mis au point quelques années auparavant. Ce système, lui aussi fondé sur l’hypertexte, liait les noms des chercheurs à leurs thèmes de travail.

    Mike Sendall lui demande de rédiger une note à ce sujet. Tim Berners-Lee la lui remet le 12 mars 1989. Le document de 16 pages, disponible sur le site du Cern (PDF), est sobrement intitulé « gestion de l’information : une proposition ». Il montre un schéma buissonnant avec des ronds, des rectangles et des nuages, tous reliés par des flèches. L’idée est de lier entre eux des documents variés du Cern qui, à l’origine, n’ont rien à voir entre eux. « Vague but exciting » ("vague mais excitant"), écrit laconiquement Mike Sendall en haut de la première page de ce document, aujourd’hui considéré comme l’acte fondateur du web.

    Aperçu de la note de Tim Berners-Lee déposée en mars 1989, présentant le principe du web, avec le commentaire écrit de son supérieur Mike Sendall \"vague but exciting...\"
    Aperçu de la note de Tim Berners-Lee déposée en mars 1989, présentant le principe du web, avec le commentaire écrit de son supérieur Mike Sendall « vague but exciting... » (CERN)

    « En 1989, je peux vous assurer que personne n’a compris quoi que ce soit », affirme François Flückiger, qui travaillait dans le même bâtiment que Tim Berners-Lee, à un étage de différence. Et d’insister : "Mike Sendall a écrit ça ["vague but exciting"] mais c’était vraiment incompréhensible." « Je ne pense pas que quelqu’un ait dit que c’était fou », commente dans le documentaire The Web, Past and Future Peggie Rimmer, l’une des supérieures de Tim Berners-Lee.

    Vous devez d’abord comprendre quelque chose avant que vous puissiez dire que c’est fou. Nous n’avons jamais atteint ce point.Peggie Rimmerdans « The Web, Past and Future »

    Aussi incompréhensible soit-elle, cette proposition n’est pas totalement isolée. La même année, sur le même campus, à un kilomètre d’écart, Robert Cailliau a une intuition proche de celle de Tim Berners-Lee. « J’ai écrit une proposition pour étudier les hypertextes par les réseaux du Cern parce que je voyais beaucoup de physiciens qui transportaient des disquettes ou les envoyaient les uns aux autres alors qu’en fait il y avait un réseau », a-t-il expliqué en 2016 lors d’une conférence donnée à l’université de Fribourg (Suisse).

    Mais le Belge met rapidement de côté son projet et se joint au Britannique. Selon ses explications, la proposition de Tim Berners-Lee, « fondée sur internet », « était beaucoup plus ouverte, beaucoup plus utilisable ». Si Tim Berners-Lee fait un premier converti, ses supérieurs l’ignorent poliment. Ils ne peuvent lui allouer de moyens : son idée concerne d’abord l’informatique et non la physique, l’objet premier du Cern. Cela n’empêche pas son supérieur de l’encourager passivement en le laissant faire sur son temps libre.
    Un puissant ordinateur et un nom temporaire

    Le tandem britannico-belge se met au travail. Le Britannique se penche sur l’aspect technique, tandis que le Belge, présent au Cern depuis longtemps, fait marcher ses réseaux et joue les évangélistes au sein de l’institution. « Il a beaucoup œuvré à formuler la pensée de Tim Berners-Lee avec des mots simples et compréhensibles par d’autres communautés », explique Fabien Gandon, directeur de recherches en informatique à l’Inria, qui connaît Tim Berners-Lee. Selon François Flückiger, Robert Cailliau est un « excellent communicant » contrairement à Tim Berners-Lee qui, à l’époque, est plutôt perçu comme un « professeur Tournesol ». Pour lui, l’apport de Robert Cailliau est crucial.

    Robert Cailliau n’est pas le co-inventeur du web, comme cela a pu être écrit, mais il n’y aurait pas eu de web sans lui.François Flückigerà franceinfo

    Au début de l’année 1990, un ordinateur NeXT – la marque fraîchement lancée par Steve Jobs – arrive au Cern. Tim Berners-Lee, impressionné, demande à son supérieur la possibilité d’en acquérir un. Cet outil, particulièrement puissant pour l’époque, est idéal pour développer son projet. Mike Sendall valide : il justifie cet achat en expliquant que Tim Berners-Lee va explorer les éventuelles utilisations de cet ordinateur pour l’exploitation du LEP.

    Tim Berners-Lee et Robert Cailliau posent avec l\’ordinateur NeXT sur lequel le Britannique a codé les premiers outils du web, à Genève (Suisse), le 13 mars 2009.
    Tim Berners-Lee et Robert Cailliau posent avec l’ordinateur NeXT sur lequel le Britannique a codé les premiers outils du web, à Genève (Suisse), le 13 mars 2009. (MARTIAL TREZZINI/AP/SIPA)

    En attendant que l’ordinateur arrive, la réflexion de Tim Berners-Lee progresse. En mai 1990, il fait une seconde proposition (PDF) et y évoque le vocable de « mesh » ("filet") pour désigner son idée. Le même mois, en compagnie de Robert Cailliau, il se penche sérieusement sur le nom du projet. Le Belge raconte dans une note (en anglais) vouloir écarter d’emblée les références à des dieux grecs ou à la mythologie égyptienne, une habitude à la mode chez les scientifiques. « J’ai regardé dans la mythologie nordique mais je n’ai rien trouvé qui convenait », précise-t-il auprès du New York Times (en anglais) en 2010.

    Tim Berners-Lee, lui, a plusieurs pistes. Il pense donc à « mesh » mais l’écarte rapidement car il trouve que la sonorité ressemble trop à « mess » ("bazar"). La possibilité de l’appeler « Mine of information » traverse également son esprit mais il trouve que l’acronyme MOI est trop égocentrique. Même réflexion pour « The information machine » dont l’acronyme TIM résonnerait comme une autocélébration. Le Britannique affectionne également « World Wide Web » ("la toile d’araignée mondiale"). Ses collègues sont sceptiques. Ils soulignent que l’acronyme « www » est long à prononcer en anglais : « double-u, double-u, double-u ».

    Dans ses mémoires, Tim Berners-Lee précise que pour Robert Cailliau, qui parle flamand, et comme pour ceux qui parlent des langues scandinaves, « www » se prononce simplement « weh, weh, weh ». « World Wide Web » finit par figurer sur la proposition commune des deux hommes déposée le 12 novembre 1990 (PDF). Mais il ne s’agit, pensent-ils, que d’une solution temporaire.
    Il ne fallait surtout pas éteindre le premier serveur

    Entre temps, l’ordinateur NeXT a fini par être livré, en septembre 1990. De quoi ravir Tim Berners-Lee, se souvient Ben Segal, le mentor du Britannique. « Il m’a dit : ’Ben, Ben, c’est arrivé, viens voir !’ Je suis allé dans son bureau et j’ai vu ce cube noir sexy. » Tim Berners-Lee peut enfin donner forme à son projet. Il s’enferme et propose, à quelques jours de Noël, le 20 décembre, la première page web de l’histoire et un navigateur appelé lui-même World Wide Web. Ce premier site, visible à cette adresse, pose l’ambition encyclopédiste du web et affirme que le projet « entend fournir un accès universel à un large univers de documents ». Il propose, entre autres, une présentation, une bibliographie et quelques liens.

    Capture d\’écran de la reproduction du premier site web mis en ligne en décembre 1990 par Tim Berners-Lee.
    Capture d’écran de la reproduction du premier site web mis en ligne en décembre 1990 par Tim Berners-Lee. (CERN)

    L’ensemble tient grâce aux trouvailles imaginées et développées par le Britannique : le protocole HTTP (grâce auquel des machines peuvent échanger entre elles sans les lourdeurs jusqu’alors nécessaires), la notion d’URL (qui donne une adresse précise à chaque document disponible sur le réseau) et le langage HTML (langage informatique qui permet d’écrire et de mettre en forme les pages web).

    Si le protocole HTTP et le langage HTML marchent si bien ensemble, c’est parce qu’ils proviennent d’un seul et même cerveau.François Flückigerà franceinfo

    Le fameux ordinateur NeXT de Tim Berners-Lee sert de serveur à ce web embryonnaire. Autrement dit : sans lui, pas de web. Pour que personne ne l’éteigne par mégarde, il colle dessus une étiquette et écrit en rouge « Cette machine est un serveur. NE PAS ÉTEINDRE !! »
    Le web tisse sa toile

    Dix-huit mois après la première proposition, la donne change totalement. François Flückiger le concède sans détour : ce n’est qu’à partir de cette première mise en ligne qu’il est convaincu par l’innovation de Tim Berners-Lee, anticipant au moins un succès au sein de la communauté scientifique. Le projet séduit également le Français Jean-François Groff. Ce jeune ingénieur en télécom de 22 ans vient de débarquer au Cern, dans le cadre de son service civil, « pour travailler sur l’acquisition de données ». « Tim Berners-Lee était un voisin de bureau et c’est un collègue qui nous a présentés assez vite à mon arrivée », raconte-t-il. Aussitôt, c’est l’entente parfaite. « J’avais la culture nécessaire pour comprendre ce qu’il faisait. Et étant exposé au succès du minitel en France, j’ai tout de suite saisi la portée que pourrait avoir son sytème », ajoute-t-il.

    Le jeune Français fait rapidement part de ses idées à celui qui travaille alors seul au développement du projet. Pour lui, le système doit tourner sur tout type de plateforme. « Tim était d’accord. Mais il nous fallait un peu de temps et de ressources pour transférer ce prototype », relate Jean-François Groff. Ce dernier se met alors à travailler « en sous-marin » avec Tim Berners-Lee pour « écrire une librairie de logiciels ». Au cœur de l’hiver, il ne compte pas les heures supplémentaires à coder en écoutant à la radio les dernières nouvelles de la guerre du Golfe.

    Souvent, je terminais vers 17 ou 18 heures ma journée normale. Je rentrais chez moi, je mangeais et je rejoignais Tim à 21 heures jusqu’à 2 ou 3 heures du matin.Jean-François Groffà franceinfo

    Avec le travail accumulé, l’ouverture s’accélère. En mars, le logiciel est mis à disposition à des collègues sur des ordinateurs du Cern. A la même période, Jean-François Groff bascule, de façon non officielle, à plein temps avec Tim Berners-Lee.

    Le 6 août, le Britannique fait part de son innovation à l’extérieur du Cern. Il partage sur un groupe de discussion un texte présentant les grandes lignes de son projet. « Nous sommes très intéressés par le fait de propager le web dans d’autres endroits. (...) Les collaborateurs sont les bienvenus », écrit-il. C’est avec cette annonce que le web commence à intéresser du monde, à tisser sa toile sur d’autres campus et à se répandre sur la planète. Le début d’une révolution historique qui connaît un coup d’accélérateur déterminant lorsque le Cern verse le web dans le domaine public en avril 1993.

    Mais aujourd’hui Tim Berners-Lee se dit « dévasté » par ce qu’est devenu le web. Il regrette la toute puissance d’une poignée de géants comme Google, Amazon ou encore Facebook, et déplore l’utilisation qui est faite des données des utilisateurs. Le Britannique, qui a été anobli en 2004, milite désormais pour un web décentralisé. Avec son nouveau système baptisé Solid (en anglais), il souhaite que les internautes « reprennent le pouvoir » sur leurs données personnelles. « Il n’y aura plus de streaming reposant uniquement sur la publicité, a-t-il anticipé lors d’une conférence, en octobre 2018. Du point de vue des développeurs, leur seule préoccupation sera de construire des services utiles pour les utilisateurs. » Une ambition qui renverse en grande partie le modèle économique du web actuel, et renoue avec l’idéal des débuts.

    #Histoire_numérique #Web #Tim_Berners_Lee

    https://seenthis.net/messages/766657 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • « Cette sélection de onze extraits [vidéo] retrace quelques étapes de ces premiers pas numériques des Français sur le Minitel, puis sur la Toile. » Sélectionnés et annnotés par Valérie Schafer, la spécialiste de l’histoire de l’Internet français.

    http://sites.ina.fr/bref-je-cherche/expo/expo/0005/step/1/histoire-francaise-du-web-par-valerie-schafer.html

    #INA #histoire_Internet #ORTF

    Le déchainement de #propagande de la télé officielle est impressionnant, dès le début : « monstre sans contrôle », « vide juridique », « porno et pédophiles ».

    PS : pour moi, ça ne marche qu’avec Chromium, pas avec Firefox.

    https://seenthis.net/messages/654255 via Stéphane Bortzmeyer


  • Gérard Noiriel : une histoire populaire de la France
    https://la-bas.org/5245

    Rares, très rares sont les intellectuels qui mettent le savoir non pas au service du pouvoir, mais au service du contre-pouvoir. L’historien Gérard Noiriel fait partie de ce courant-là, de ceux qui partagent les armes et les clés pour l’émancipation de tous. Depuis des années, avec notre film sur Howard ZINN, Une Histoire populaire américaine, on nous demande si un tel livre d’histoire existe sur la France. Et bien le voilà !Continuer la lecture…

    #Vidéo #L'Huma_si_j'y_suis_#2018 #Histoire_coloniale #Idées #Mémoire
    https://la-bas.org/IMG/arton5245.png?1542033555


  • Un sculpteur hitlérien débarque à Roubaix
    http://labrique.net/index.php/thematiques/histoires-du-bocal/1024-un-sculpteur-hitlerien-debarque-a-roubaix

    http://labrique.net/images/numeros/numéro56/piscine_web.jpg

    Comment célébrer un artiste pro-nazi en toute discrétion ? Voilà le défi du Musée de La Piscine et de la ville de Roubaix qui s’apprêtent à inaugurer la reconstitution de l’atelier d’Henri Bouchard le 20 octobre 2018 dans sa toute nouvelle extension. Sculpteur Vichyste officiel, militant de la politique culturelle du Reich, il se proposait « d’assainir les Beaux-arts » contre le complot d’une « organisation occulte et internationale de marchands ».

    #En_vedette #Histoire_du_bocal

    https://seenthis.net/messages/729692 via La Brique



  • Qu’est-ce que la mort ?
    https://jeretiens.net/quest-ce-que-la-mort

    https://jeretiens.net/wp-content/uploads/2018/08/goya_deux_vieillards_meangant_soupe_représentation_mort-150x150.jpg

    La mort : définitions et perspectives historique, anthropologique, sociologique et contemporaine Difficile d’avoir des projets à très long terme car il y a toujours la limite de la mort à l’horizon qu’il s’agisse de la mort sociale (autrement dit la retraite) ou de la mort biologique. La mort est l’horizon de toute vie quotidienne. Mais malgré […]

    #Histoire_et_religions #Je_comprends #sociologie


  • https://dl.dropbox.com/s/e564oy4zpght0zh/kaethe-leichter-6.5451026.jpg?dl=0
    Portrait
    Käthe Leichter, née Pick (1895-1942) est une figure importante de l’histoire de Vienne la Rouge (1918-1934). Cependant, en tant que femme, femme de gauche, autrichienne, juive et féministe, la sociologue cumule les handicaps (!) et ne jouit d’aucune reconnaissance internationale. Ses études documentaires et statistiques constituent pourtant de remarquables témoignages sur les conditions de vie et de travail des ouvrières entre les deux guerres mondiales.
    En 1918, elle obtient son doctorat de Staatswissenschaften (sociologie, droit, économie, science politique) à Heidelberg (directeur de thèse : Max Weber) et travaille ensuite à Vienne pour les sociaux-démocrates en dirigeant le Referat für Frauenarbeit (département pour le travail des femmes). Elle diligente et publie alors de grandes études sur la vie professionnelle des femmes.
    En 1932 parait „So leben wir… 1.320 Industriearbeiterinnen berichten über ihr Leben“, une étude sur la vie des ouvrières, dont les résultats sont transcrits selon la méthode de la Bildstatistik (futur Isotype) d’Otto Neurath. Voici un exemple qui montre le mode de garde des enfants pendant que leur mère travaille :
    https://dl.dropbox.com/s/4q2wsxjpv2xyps7/Leichter-9.gif?dl=0
    Sur 10 enfants, 2 sont au jardin d’enfants, 2 sont gardés par les voisinEs ou la fratrie, 3 par les grands-parents, 1,5 par le père et 1,5 sont livrés à eux-mêmes.

    En 1934 éclate la guerre civile et les austrofascistes prennent le pouvoir. Käthe Leichter s’engage dans la résistance et poursuit ses travaux dans la clandestinité. Elle est dénoncée et arrêtée par la Gestapo en 1938, l’année de l’Anschluss. Déportée au KZ Ravensbrück, elle sera assassinée en 1942.

    Une bio pour les germanophones : http://www.portraittheater.net/?page_id=1361

    Un film documentaire (1931) réalisé par les syndicalistes Anna Boschek et Wilhelmine Moik, deux collègues de Käthe Leichter, qui montre la vraie vie des ouvrières :
    https://www.youtube.com/watch?v=WLc2AwC_yIU


    #histoire_des_femmes #ou_sont_les_femmes

    https://seenthis.net/messages/715075 via Nepthys


  • Ce n’est pas seulement l’#histoire_des_femmes qui a été longtemps ignorée, mais aussi, par exemple, l’étude des femelles chez les #oiseaux : « Scientists remind their peers : Female birds sing, too »
    https://www.sciencedaily.com/releases/2018/03/180314092348.htm

    When North American ornithologists hear a bird singing, they’re likely to assume it’s a male. But in many species, the females sing too — and a new commentary in The Auk: Ornithological Advances argues that a better understanding of these unappreciated female songs could lead to advances in many aspects of bird biology.

    Authors #Karan_Odom of #Cornell_University and #Lauryn_Benedict of the #University_of_Northern_Colorado both discovered the world of female birdsong through their own research. “I started studying California towhees 17 years ago, and I was fascinated by the duet vocalization given by females and males,” says Benedict. “That led me to start looking for female song in other North American bird species, and I was surprised to learn that it was much more common than I expected. The reports of female song are buried in odd corners of the literature, but when you put them all together, you start to see some interesting patterns.”

    Remarque linguistique incidente : le terme #oiselle fait partie de ces nombreux mots du langage courant qui marquaient simplement le féminin et se sont vus assigner une connotation extrêmement péjorative pour cette seule raison.
    Selon le Larousse : « jeune fille, naïve, niaise ».
    Selon le Littré : « Femelle d’oiseau. »

    #sexisme_scientifique #ornithologie

    https://seenthis.net/messages/694285 via intempestive


  • La “#Pudicizia”, scultura e segreti

    La “Pudicizia” è opera dello scultore veneziano #Antonio_Corradini (1688-1752) e si trova nella cappella #Sansevero (conosciuta anche come chiesa di Santa Maria della Pietà o “Pietatella”), a Napoli.

    Il progetto iconografico della cappella Sansevero, che si trova nelle vicinanze di piazza San Domenico Maggiore, è il parto della fantasia esoterica di Raimondo di Sangro (1710-1771), illuminista, alchimista, massone e letterato campano.

    Egli volle restaurare questa costruzione sacra risalente agli inizi del XVII secolo per farne la cappella funeraria dei componenti del proprio aristocratico casato, del quale, contestualmente, intendeva celebrare il valore, la nobiltà e le virtù.

    In quegli spazi trasfuse il suo messaggio segreto che è sempre stato oggetto di disparati tentativi d’interpretazione.

    Tra le opere che di Sangro commissionò per decorare gli spazi della cappella gentilizia, tre sono le più importanti: il “Cristo velato” (capolavoro di Giuseppe Sanmartino), il “Disinganno” (di Francesco Queirolo) e, appunto, la “Pudicizia” di Corradini, artista di fama europea.

    La statua, un’allegoria della Sapienza, è dedicata a Cecilia Gaetani dell’Aquila d’Aragona, madre del di Sangro, la quale morì quando il figlio non aveva compiuto ancora un anno.

    Il velo che aderisce con grande naturalezza alle flessuosità del corpo è realizzato con straordinaria maestria.

    Dietro quel velo è nascosto il dolore del figlio.

    E tanti altri suoi segreti che non saranno probabilmente mai rivelati.

    http://www.italianways.com/wp-content/uploads/2013/12/IW_Antonio-Corradini_LaPudicizia_01.jpg
    http://www.italianways.com/wp-content/uploads/2013/12/IW_Antonio-Corradini_LaPudicizia_04.jpg
    http://www.italianways.com/wp-content/uploads/2013/12/IW_Antonio-Corradini_LaPudicizia_07.jpg
    http://www.italianways.com/la-pudicizia-scultura-e-segreti
    #art #histoire_de_l'art #sculpture #voile

    https://seenthis.net/messages/691955 via CDB_77


  • Pologne : une pétition d’universitaires francophones dénonce une « loi liberticide »
    https://courrierdeuropecentrale.fr/pologne-petition-duniversitaires-francais-denonce-loi-libert

    Agnieszka Grudzinska, #Jean-Charles_Szurek et #Jean-Yves_Potel, universitaires français, ont mis en ligne aujourd’hui une pétition appelant « le législateur polonais à reculer » sur le vote de la loi mémorielle sur la responsabilité de crimes nazis attribués à la Pologne et aux Polonais. Adressée ce lundi au président polonais Andrzej Duda et d’ores-et-déjà signée par 350 […]

    #Idées #Agnieszka_Grudzinska #Camps_de_la_mort #Histoire_contemporaine #Holocauste #Jan_Błoński #Jan_T._Gross #Marek_Edelman #Sciences_sociales #Seconde_Guerre_mondiale #Shoah #Valentin_Behr #Władysław_Bartoszewski


  • L’ “Education Nationale” : la régression en marche vers le totalitarisme A.C.I.E.R. ! à propos d’une épreuve de brevet
    https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/l-education-nationale-regression-marche-vers-totalitarisme-a-c

    Que « l’Education nationale » (en réalité, Inéducation territoriale) soit progressivement détruite et devienne le fer de lance de la #propagande d’Etat et de l’idéologie A.C.I.E.R – c’est-à-dire l’idéologie atlantiste-capitaliste-impérialiste-européiste-réactionnaire –, cela ne fait aucun doute depuis très longtemps : l’ambition est clairement affichée dans l’Histoire de l’Europe contemporaine de Pierre Milza et Serge Berstein, lorsque ce dernier […]

    #2-lutte_des_classes_et_renaissance_communiste #articles #brevet_des_collèges #Ecole #Education_Nationale #histoire #histoire_géo




  • Les détricoteuses : Barcelone-Madrid, un match historique
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/151117/les-detricoteuses-barcelone-madrid-un-match-historique

    Détricoter la brûlante actualité pour l’inscrire dans le temps long, faire réfléchir à l’utilité de l’Histoire : voilà les objectifs du nouveau rendez-vous mensuel de Laurence De Cock et Mathilde Larrère. Dans ce premier numéro, les deux historiennes reviennent sur les événements en Catalogne et interrogent le « début » de l’Histoire de France.

    #Culture-Idées #Gaulois #histoire_de_France #Indépendance_de_la_Catalogne


  • Wauquiez et « l’âge d’or » de Vichy
    https://www.mediapart.fr/journal/france/091117/wauquiez-et-l-age-d-or-de-vichy

    Dans une opération intitulée « La région fière de son histoire », la collectivité dirigée par #Laurent_Wauquiez a présenté la ville de Vichy en passant totalement sous silence l’épisode de la Collaboration. L’opposition s’insurge mais le maire de la ville défend, lui, l’exaspération des habitants de Vichy.

    #France #histoire_de_France #Philippe_Pétain #régime_de_Vichy


  • #Histoire, inégalités et classes : de nouveaux angles pour penser l’Europe
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/181017/histoire-inegalites-et-classes-de-nouveaux-angles-pour-penser-l-europe

    Plusieurs ouvrages parus en cette rentrée reprennent le chantier de la réflexion sur l’Europe, en s’intéressant aux impasses et impensés qui peuvent expliquer la défiance qu’elle suscite.

    #Culture-Idées #Alexis_Spire #Cédric_Hugrée #Emmanuelle_Loyer #Étienne_François #Etienne_Panissat #europe #histoire_culturelle #Thomas_Serrier #union_européenne


  • Boucheron/Rediker : la tenaille existentielle de l’Histoire
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/040617/boucheronrediker-la-tenaille-existentielle-de-l-histoire

    Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, et #Marcus_Rediker, historien américain tenant d’une #Histoire « par en bas », ont dialogué, lors des rencontres toulousaines sur « L’Histoire à venir », autour de l’engagement en histoire et par l’histoire. Échange croisé.

    #Culture-Idées #engagement #Histoire_à_venir #histoire_par_en_bas #Patrick_Boucheron


  • Boucheron/Rediker : la tenaille existentielle de l’Histoire
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/040617/boucheronrediker-la-tenaille-existentielle-de-lhistoire

    Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, et #Marcus_Rediker, historien américain tenant d’une #Histoire « par en bas », ont dialogué, lors des rencontres toulousaines sur « L’Histoire à venir », autour de l’engagement en histoire et par l’histoire. Échange croisé.

    #Culture-Idées #engagement #Histoire_à_venir #histoire_par_en_bas #Patrick_Boucheron


  • L’Histoire et ses possibles
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/190517/l-histoire-et-ses-possibles

    « L’Histoire à venir », une nouvelle manifestation qui se tient à Toulouse pendant quatre jours, creuse le sillon d’une #Histoire contrefactuelle qui cherche, en étudiant l’histoire des possibles, à élargir les potentialités de l’Histoire.

    #Culture-Idées #Charles-Henri_Lavielle #Christian_Thorel #Claire_Judde_de_Larivière #Histoire_à_venir #histoire_contrefactuelle #histoire_des_possibles #Jacky_Ohayon #Patrick_Boucheron #Pierre_Singaravélou #Quentin_Deluermoz


  • Juste pour t’espliquer la politique du logement
    Tu prends un pauvre qui a hérité de quelques sous (et qui arrive à ne pas conchier la notion d’héritage) et pour des raisons obscures (genre des moisissures dans les pièces et l’eau qui coule du plafond de la location, voire un truc ou tout son fric passe dans le nucléaire d’EDF) hum, bref, il souhaite avoir son propre logement.
    Comme il n’a pas assez, il lui faut quand même demander un prêt, la banque va alors se baser sur 33% de la moyenne de ses revenus avec les avis des impôts sur 3 ans (j’y reviendrai).
    Le pauvre se dit, ben si je paye un loyer de 350€, je pourrai aussi bien rembourser un prêt de même prix.
    Faut suivre ! bon, si ton pauvre a gagné une moyenne de 900€/mois (pfff c’est juste énorme quand ton pauvre est un indépendant du web), l’éventuel remboursement du prêt s’élèvera donc à 300€/mois, son reste à vivre (c’est comme ça que ça se nomme) sera de 600€. Avec un bon montage financier, au bout de 15 ans, il rembourse les 50.000€ emprunté.
    C’est là que ça se gâte et que tu comprends que ça va pas le faire du tout. Ben ouais, ton pauvre en fait, c’est une femme et en plus, elle a un gamin marqué à sa charge sur ses feuilles d’impôts. Le banquier il va pas lui dire : wao, vous assurez grave, réussir à tenir aussi longtemps sans crever, je vous suis, ben NAN. Le banquier, il calcule : 50% de moins parce qu’enfant en plus. Reste à vivre en dessous de la barre, prêt je te réponds même pas, je t’ignore, je t’emmerde, on parle pas aux pauvresses ici, c’est une banque.
    Ton pauvre s’accroche à son idée, il en a marre de nourrir des proprios qui refusent de réparer le plafond ou les radiateurs. Non seulement il leur lache 350€ par mois mais derrière la CAF (l’Etat quoi) complète de 250€ pour qu’ils aient pas de problèmes pour rembourser le prêt de leur vrai maison à eux, le pauvre occupe la sous maison pourrie, qui se nomme alors un immeuble de rapport, faut bien qu’il serve à quelque chose dans le capitalisme.
    Bon, là, c’est super, parce que ton pauvre s’en sort bien, les potes se cotisent et lui prêtent de l’argent, il accède à son appart à lui. Ok, le proprio lui rend pas sa caution mais il le rechopera au tournant et taguera marchand de sommeil sur l’immeuble histoire de prévenir les autres pauvres, bref il loge infine son gosse sous un toit et c’est le bonheur.
    Evidemment, faudrait pas un coup dur ou qu’il ait à faire des travaux maintenant, vu qu’il n’a vraiment plus un sou.
    Alors, voila maintenant l’épilogue merveilleux, il retourne à la CAF, la dame est fort sympathique, dommage lui dit-elle, que vous n’ayez pas de prêt, la CAF vous aurait aidé à le rembourser.
    #logement #histoire_vraie #sur_la_tête #mère_célibataire

    https://seenthis.net/messages/583755 via touti