#in_retrospect

  • Laurent Lafforgue - « De l’utilité des mathématiques pour comprendre la dynamique des épidémies »
    https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200525.OBS29292/tribune-de-l-utilite-des-mathematiques-pour-comprendre-la-dynamique-des-e

    professeur à l’Institut des hautes études scientifiques, médaille Fields de mathématiques

    On constate que le temps de multiplication par 10, propre à l’épidémie de Covid avant que ne soient prises des mesures de lutte contre la contagion, est d’à peine 10 jours. Ce fait apparaissait déjà dans les statistiques publiques chinoises de la fin janvier : 25 morts au 23 janvier et 259 morts au 31 janvier, soit une multiplication par 10 en 8 jours.

    Il faut maintenant rappeler les nombres de morts du Covid comptabilisés dans les différents pays aux dates de début des confinements pour mieux comprendre dans quelle mesure chaque pays a été plus ou moins rapide à réagir

    (...) si l’Italie, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni ou l’Etat de New York avaient pris 10 jours plus tard les mesures qu’ils ont prises pour casser la progression exponentielle de l’épidémie, ils auraient déjà chacun plusieurs centaines de milliers de morts.

    Pour la même raison, si le confinement avait été décidé 10 jours plus tôt, c’est-à-dire en France le 6 mars, nous aurions aujourd’hui seulement quelques milliers de morts au lieu de dizaines de milliers.

    Quant au niveau restant de contamination, il serait au moins dix fois inférieur et bien moins d’efforts seraient encore requis pour éradiquer le Covid.

    Malheureusement, le Covid est toujours présent et nous devons tous continuer à faire barrage à sa circulation. Il suffirait que les contacts rapprochés dans la population retrouvent un niveau élevé pendant quelques semaines pour que, un mois ou deux plus tard, nos pays se retrouvent avec des centaines de milliers de morts.

    #in_retrospect #démonstration_implacable

    (texte complet trouvé sur https://justpaste.it/4yshz )

    https://seenthis.net/messages/856429 via Fil


  • Two Coasts. One Virus. How New York Suffered Nearly 10 Times the Number of Deaths as California. — ProPublica
    https://www.propublica.org/article/two-coasts-one-virus-how-new-york-suffered-nearly-10-times-the-number-of
    https://assets-c3.propublica.org/images/articles/_1200x630_crop_center-center_82_none/2020050515-nysf-1200x630.jpg?mtime=1589577293

    [San Francisco’s Mayor London] Breed, it turns out, had sent [NYC Mayor Bill] de Blasio a copy of her detailed shelter-in-place order. She thought New York might benefit from it.

    New York Gov. Andrew Cuomo, however, reacted to de Blasio’s idea for closing down New York City with derision. It was dangerous, he said, and served only to scare people. Language mattered, Cuomo said, and “shelter-in-place” sounded like it was a response to a nuclear apocalypse.

    Moreover, Cuomo said, he alone had the power to order such a measure.

    (...)

    Cuomo’s conviction didn’t last. On March 22, he, too, shuttered his state. The action came six days after San Francisco had shut down, five days after de Blasio suggested doing similarly and three days after all of California had been closed by Newsom. By then, New York faced a raging epidemic, with the number of confirmed cases at 15,000 doubling every three or four days.

    6 jours de retard = multiplication par 10 du nombre de morts.

    #in_retrospect

    https://seenthis.net/messages/853778 via Fil


  • La France et les épidémies : 2005-2007, le temps de « l’armement »
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2020/05/03/la-france-et-les-epidemies-2005-2007-le-temps-de-l-armement_6038529_1651302.
    https://img.lemde.fr/2020/05/02/310/0/5846/2923/1440/720/60/0/93c4cf8_gly8IZ0vujbvPbJlW6u-aS4u.jpg

    Aux racines de la crise sanitaire française 1|5. « Le Monde » revisite la stratégie nationale en matière sanitaire depuis vingt ans. Premier volet, la prise de conscience des ministres de la santé, au milieu des années 2000.

    enquête #in_retrospect dans les cercles du pouvoir de différentes époques ; au moins ça devrait mettre un terme à la petite musique macroniste du "on ne pouvait pas prévoir" : tout était assez littéralement prévu, anticipé, préparé…

    https://seenthis.net/messages/850534 via Fil


  • Coronavirus in San Francisco : How City Flattened the Curve - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/politics/archive/2020/04/coronavirus-san-francisco-london-breed/609808
    https://cdn.theatlantic.com/thumbor/Xl2JTJKyTlRzQd628OeqLRLoqY8=/0x43:2000x1085/960x500/media/img/mt/2020/04/WebArt_Londonbreed/original.jpg

    London breed wasn’t going to wait around for COVID-19.

    San Francisco had yet to confirm a single case of the coronavirus when Breed, the city’s 45-year-old first-term mayor, declared a state of emergency in late February.

    (...)

    Breed ordered businesses closed and issued a citywide shelter-in-place policy effective on March 17, at a point when San Francisco had fewer than 50 confirmed coronavirus cases.

    (...) The economic hardship a shutdown would cause was not lost on Breed. She was raised in a public-housing project by her grandmother, from whom, Harris said, Breed inherited a practical streak. Breed’s sister died of a drug overdose, while her brother is currently incarcerated on a 44-year sentence for manslaughter. “Her grandmother was a tough lady,” recalled Harris, who has known Breed for years. “She was practical, practical to her core.”

    “Hindsight these days is not years later; it’s weeks later,” the senator said. “So hindsight tells us London Breed was really smart. She did the right thing at the right time, even though it’s not what people wanted to hear.”

    (...) “This virus has been ahead of us from day one,” Cuomo lamented on Thursday, as he announced that, once again, New York had seen a daily record—799—in coronavirus deaths. That may be true for Cuomo and de Blasio, who dragged their feet, not to mention Donald Trump. But it is not true for Breed.

    (...) Public-health officials in san francisco began monitoring the coronavirus outbreak around the holidays in *December*, Mary Ellen Carroll, who runs the city’s Department of Emergency Management, told me. *By late January, Breed had activated San Francisco’s emergency-operations center* in preparation for an outbreak—the first such move in any major city in the country. (...) Everyone, including Breed, wears a mask when they meet, Carroll said.

    #in_retrospect #San_Francisco

    Politiquement pas très à gauche au sein du parti démocrate :

    Breed, a Democrat aligned with the party’s establishment wing, won the mayoralty in a close special election a few months later, defeating two more progressive candidates with the help of tabulations from San Francisco’s system of ranked-choice voting. She won election to a full term in 2019, but spent much of the year battling progressives on the city’s pervasive homelessness problem and in local elections where candidates she endorsed were defeated.

    https://seenthis.net/messages/842807 via Fil



  • Opération Résiliation, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 31 mars 2020)
    https://blog.mondediplo.net/operation-resiliation

    « Je ne comprends pas : pourquoi n’ont-ils pas encore déclenché le plan pandémie ? On perd un temps précieux ». Ce sont les propos du directeur du SGDN (Secrétariat général de la défense nationale) qui sortent maintenant — on apprend surtout qu’ils ont été tenus le 29 janvier.

    #in_retrospect

    https://seenthis.net/messages/836911 via Fil


  • « Il n’est pas besoin de beaucoup de mots » : #dérogations à tout va dans les #universités

    L’#ordonnance « relative à l’organisation des #examens et #concours pendant la #crise_sanitaire née de l’#épidémie de #covid-19 » a été examinée hier après-midi en conseil des ministres, et est donc parue au Journal officiel de ce matin. Cette ordonnance appartient à la deuxième vague des ordonnances prévues par la loi d’urgence du 23 mars 2020, après la vague des 25 ordonnances du 25 mars, dont les médias se sont largement fait l’écho.

    Il faut bien comprendre que cette ordonnance est une intervention du #pouvoir_exécutif dans ce qui représente normalement le champ de compétences du #Parlement. L’objectif de cette ordonnance n’est donc pas le même que l’objectif d’un #décret : il est d’abord et avant tout de modifier des dispositions de valeur législative, que le #Président_de_la_République et le #gouvernement n’ont normalement pas la possibilité de modifier par eux-mêmes, mais qu’ils peuvent tout de même modifier parce que le Parlement les y a exceptionnellement habilités.

    On est donc en présence d’un #droit_d’exception dans tous les sens du terme : #exception sur la forme, parce que le gouvernement intervient dans le champ du Parlement pour modifier des textes de #valeur_légale, conformément à la procédure des ordonnances (article 38 de la Constitution) ; exception sur le fond, parce cette ordonnance introduit un nombre important de modifications qui sont certes justifiées par l’épidémie et ses conséquences, mais qui, il ne faut pas le perdre de vue, sont aussi, pour nombre d’entre elles, des modifications que le #MESRI souhaite introduire ou généraliser depuis des années (#examens_à_distance, et notamment en #télésurveillance ; délibérations par #visioconférence ; pouvoirs forts des chefs d’établissements ; différenciations entre établissements). Il est très probable, de ce point de vue, que le provisoire actuel se révèle rapidement transitoire : les mesures prévues dans ces ordonnances représentent un galop d’essai fantastique pour le MESRI.

    Il est aussi important de noter, d’emblée, que l’ordonnance est très courte. On pourrait être tenté d’y voir le signe que les dérogations introduites sont en nombre limité. Il faut plutôt l’analyser, nous semble-t-il, comme la marque du caractère très général des nouveaux pouvoirs que l’ordonnance attribue, et du faible nombre de #garde-fous mis en place : il n’est pas besoin de beaucoup de mots pour dire que l’on peut déroger à tout va au droit existant, dès lors que le choix est fait de ne pas encadrer outre mesure ces dérogations.


    *

    Au-delà de ces considérations générales, on peut reprendre le contenu de l’ordonnance dans l’ordre, au risque d’être un peu long.

    1° Temporalité des #règles_dérogatoires

    Les mesures prises dans cette ordonnance ont une durée de vie doublement limitée : limitée dans le temps (elles sont applicables du 12 mars – elles peuvent donc avoir un effet rétroactif – au 31 décembre 2020) et limitée dans la finalité (elles doivent être « nécessaires pour faire face aux conséquences de la propagation de l’épidémie » et aux conséquences « des mesures prises pour limiter cette propagation »).

    Deux remarques sur ce point :

    Comme pour la #prorogation des mandats des présidents et conseils centraux, le choix a donc été fait d’une durée très longue de 9 mois 1/2. Ce choix est un peu étonnant, surtout depuis qu’on a réalisé que le choix du MESRI de proroger possiblement jusqu’au 1er janvier 2021 les mandats des présidents et conseils centraux n’est finalement pas la règle générale applicable aux établissements publics qui ne relèvent pas du MESRI (cf. l’article 6 de l’ordonnance du 27 mars 2020 adaptant le droit applicable au fonctionnement des établissements publics et des instances collégiales administratives pendant l’état d’urgence sanitaire, qui prévoit des prorogations allant, selon les cas, jusqu’au 30 juin et jusqu’au 31 octobre 2020).
    Il sera important de s’assurer que les modifications introduites sur le fondement de cette ordonnance ne perdurent pas dans certains établissements : elles doivent être strictement limitées aux deux barrières temporelles précédemment évoquées. Et dans tous les cas, comme dit plus haut, même si ces #limitations_temporelles existent, le risque est réel que ces modifications soient ensuite pérennisées, conformément à cette logique – maintes fois observée ailleurs – selon laquelle le droit d’exception préfigure le #droit_commun.

    2° Transformation des règles d’accès à l’enseignement supérieur et de délivrance des #diplômes

    Le chapitre Ier de l’ordonnance (articles 2 à 4) concerne l’accès aux formations de l’enseignement supérieur et la délivrance des diplômes de l’#enseignement_supérieur. Ces trois articles ont vocation à réduire (à « assouplir », dit-on en novlangue) de manière très importante les conditions légales du code de l’éducation par l’attribution de pouvoirs exceptionnels.

    Deux questions sont traitées dans ce chapitre : la détermination du contenu des « #adaptations » (articles 2 et 4) ; la détermination de l’#autorité_compétente pour prendre ces mesures d’adaptation (article 3).

    2.1 Le contenu possible des « adaptations » extrêmement large. On note immédiatement deux choses importantes :

    S’agissant des modifications des modalités d’accès aux #formations de l’enseignement supérieur, il n’est rien dit du contenu possible de ces modifications si ce n’est que chaque autorité qui intervient légalement dans la procédure d’accès aux formations (rectorat, universités) a le droit de changer les règles « nonobstant toute disposition législative ou réglementaire contraire », c’est-à-dire sans que les règles existantes puissent y faire obstacle. Ce grand silence, sur un sujet aussi sensible, interpelle car il laisse une marge de manœuvre très importante à chaque université et à chaque #rectorat pour adapter la procédure de l’article L. 612-3 du #code_de_l’éducation. Ce point appelle une vigilance toute particulière.
    Ceci dit, lorsque, s’agissant de la modification des modalités de délivrance des diplômes, une liste est établie, elle est en réalité si large qu’elle permet, là aussi, tout ou presque (modification de la nature des épreuves, de leur nombre, contenu, coefficient, conditions d’organisation, et notamment possibilité de dématérialisation complète).

    La plus grande liberté est donc laissée sur les modifications de contenu, et les pratiques vont vraisemblablement être très variables sur le territoire, mettant définitivement un terme à ce qui restait d’idéal d’#égalité des étudiant·es devant le #service_public de l’enseignement supérieur.

    Il faut bien voir que l’exercice risque d’être particulièrement brutal pour les étudiant·es, en particulier que toutes ces modifications peuvent leur être imposées de manière extrêmement rapide, en l’occurrence dans un délai qui peut être réduit jusqu’à deux semaines, par dérogation à l’article L. 613-1 du #code_de_l’éducation qui prévoit, lui, que les modalités du #contrôle_des_connaissances « doivent être arrêtées dans chaque établissement au plus tard à la fin du premier mois de l’année d’enseignement et elles ne peuvent être modifiées en cours d’année ».

    Mais le problème principal va vraisemblablement se porter, dans les prochaines semaines, sur les #examens_à_distance, que l’ordonnance autorise à mettre en place de manière généralisée. On observe deux points très problématiques à ce sujet :

    Le premier tient dans le fait que l’ordonnance s’est bien gardée d’établir des garanties procédurales et techniques permettant d’assurer l’#égalité_de_traitement des étudiant·es et la lutte contre la fraude, à la différence de ce qu’elle fait, un peu plus loin dans l’ordonnance, pour les examens et concours d’accès à la fonction publique (renvoi à un décret fixant ces garanties). On pourrait penser que les conditions de l’article D. 611-12 du code de l’éducation continuent de s’appliquer1, mais faute de précision, ces conditions ne nous éclairent guère, de sorte que le pragmatisme à toute épreuve de certain·es collègues risque de bien vite les écraser.
    Le deuxième point a trait au fait que ces conditions d’organisation seront décidées sans beaucoup de discussion collective – puisque, comme on va le voir, l’essentiel des pouvoirs est concentré entre les mains du président de l’ université – et pourront même être imposées aux enseignant·es qui les refuseraient, si l’on en croit les termes de l’ordonnance.

    Il est impératif que ces examens à distance ne représentent pas l’aiguillon de leur généralisation pour les années à venir dans les universités. Le débat critique à leur égard reste entier. C’est particulièrement le cas pour ce qui concerne les examens dits « en télésurveillance ». Ils posent des problèmes juridiques multiples — en termes de droit des données à caractère personnel et en termes de droit à l’image, en particulier— quand bien même les règles du code de l’éducation seraient respectées, ils suscitent un fort scepticisme dans la communauté universitaire, qui n’a pas particulièrement envie de devenir le terrain d’essai de l’immixtion des dispositifs de vidéosurveillance à l’intérieur des domiciles privés, ils reviennent à enrichir de nouveaux intermédiaires privés — soit les prestataires de services. Et ils coûtent finalement cher, plus cher qu’un examen en présentiel.

    De ce point de vue, dans le cas où des universités choisiraient de recourir aux examens par télésurveillance dans les prochaines semaines, il est crucial qu’il soit veillé à ce que le plein consentement des étudiant·es soit obtenu : on ne saurait leur imposer d’être filmés à leur domicile. On ne peut qu’être atterré à cet égard, de la réponse de Pierre Beust – l’universitaire de référence, selon la DGESIP, sur les conditions d’examens par télésurveillance en France – lors du webinaire sur « la continuité pédagogique : la question cruciale des examens » (à partir de 1H07), qui explique sans ciller qu’un·e étudiant ·e qui refuserait de passer un examen en télésurveillance bénéficierait de moins de « bienveillance », donc en pâtirait2.

    2.2 S’agissant de la détermination de l’autorité compétente pour prendre ces mesures d’adaptation (article 3), l’ordonnance vient confirmer la tendance lourde du droit de l’enseignement supérieur au renforcement toujours croissant du rôle du président. Celui-ci reçoit compétence pour procéder lui-même – seul, donc – à toutes ces modifications, dès lors qu’il considère que les organes collégiaux sont empêchés de délibérer « dans des délais compatibles avec la continuité du service », ce qui est pour le moins vague. Le court-circuitage des #CFVU est donc très largement ouvert. On note en outre que quand bien même les organes collégiaux délibèrent « dans des délais compatibles avec la continuité du service », ils peuvent toujours décider de déléguer leurs #compétences au président. On reproduit à la petite échelle des universités ce que l’on a observé la semaine dernière au Parlement avec la loi d’urgence : le réflexe systématique devant le caractère exceptionnel de l’épidémie que nous vivons est de renforcer la #concentration_des_pouvoirs, et donc l’#autoritarisme, et ce réflexe semble aujourd’hui être conçu avec une évidence telle qu’il n’est plus même discuté. C’est très inquiétant quant à ce que cela dévoile de nos représentations intellectuelles des processus de prise de décision collective.

    3° Transformation des règles relatives aux examens et concours de la fonction publique

    Le chapitre II de l’ordonnance (article 5 et 6) concerne les examens et concours d’accès à la fonction publique. Pour le résumer simplement, toutes les adaptations sont possibles, et en particulier le recours à la visioconférence peut être généralisé. La question du projet de décret « fixant les conditions de recours à la visioconférence pour l’organisation des concours des chargés de recherche et des directeurs de recherche des établissements publics scientifiques et technologiques et des enseignant·es-chercheur·ses des établissements d’enseignement supérieur au titre de l’année 2020 » n’a donc plus lieu d’être : l’ordonnance permet désormais de ne pas appliquer les dispositions du décret du 22 décembre 2017 fixant les conditions de recours à la visioconférence pour l’organisation des voies d’accès à la fonction publique de l’État, qui impose un nombre minimum de membres du jury physiquement présents.

    Deux observations toutefois : ces règles nouvelles ne sont pas immédiatement applicables puisqu’il est prévu que « les garanties procédurales et techniques permettant d’assurer l’égalité de traitement des candidats et la lutte contre la fraude sont fixées par décret » ; surtout, on ne sait pas à ce stade qui, précisément, prendra la décision de déroger « à l’obligation de la présence physique des candidats ou de tout ou partie des membres du jury ou de l’instance de sélection, lors de toute étape de la procédure de sélection » : est-ce au niveau de chaque établissement qui ouvre un poste ? Ou est-ce au niveau de l’État que seront pris, concours par concours, les décisions ?

    À ce stade, on a aussi encore du mal à voir précisément l’ampleur des conséquences du deuxième point du chapitre II de l’ordonnance. Pour les #concours qui étaient en cours mais non achevés à la date du 12 mars 2020, « la liste complémentaire établie par le jury du concours précédent peut être utilisée afin de pourvoir des vacances d’emplois ». Par ailleurs, diverses mesures destinées à prolonger la validité des listes complémentaires ou des listes d’aptitude des concours sont décidées. Et enfin, point important, lorsqu’un concours est en cours ou a été ouvert entre le 12 mars et le 31 décembre 2020, il est prévu que les candidats doivent remplir les conditions générales prévues pour l’accès au corps auxquels ils postulent au plus tard à la date d’établissement de la liste classant par ordre de mérite les candidats déclarés aptes par le jury, et non, comme c’était le cas jusqu’ici, au jour de la première épreuve.

    https://academia.hypotheses.org/21693
    #université #fac #facs #pérennisation #ESR #stratégie_du_choc #in_retrospect

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    citation pour @etraces :

    Il est impératif que ces examens à distance ne représentent pas l’aiguillon de leur généralisation pour les années à venir dans les universités. Le débat critique à leur égard reste entier. C’est particulièrement le cas pour ce qui concerne les examens dits « en télésurveillance ». Ils posent des problèmes juridiques multiples — en termes de droit des données à caractère personnel et en termes de droit à l’image, en particulier— quand bien même les règles du code de l’éducation seraient respectées, ils suscitent un fort scepticisme dans la communauté universitaire, qui n’a pas particulièrement envie de devenir le terrain d’essai de l’immixtion des dispositifs de vidéosurveillance à l’intérieur des domiciles privés, ils reviennent à enrichir de nouveaux intermédiaires privés — soit les prestataires de services. Et ils coûtent finalement cher, plus cher qu’un examen en présentiel.

    https://seenthis.net/messages/835328 via CDB_77


  • Coronavirus : la mission impossible de Jérôme Salomon, directeur général de la santé
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/03/20/coronavirus-la-mission-impossible-de-jerome-salomon-directeur-general-de-la-
    https://img.lemde.fr/2020/03/06/364/0/3500/1747/1440/720/60/0/f0d9caf_GDN-FR111_HEALTH-CORONAVIRUS-FRANCE_0306_11.JPG

    Dès 2016, l’actuel directeur général de la santé s’inquiétait des insuffisances du système de santé français. Confronté aujourd’hui à la pandémie causée par le coronavirus, il se voit obligé de les justifier.

    Après Buzyn, encore un portrait de « bon petit soldat du macronisme » qui craque, entre son devoir de médecin et celui de porter le chapeau et avaler les couleuvres de son chef.

    #in_retrospect

    https://seenthis.net/messages/832610 via Fil


  • Le premier tour des municipales n’a pas eu lieu - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/le-premier-tour-des-municipales-n-a-pas-eu-lieu_1782174
    https://medias.liberation.fr/photo/1300846-prodlibe-2020-0387.jpg?modified_at=1584534337&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=1080

    [le maintien] résulte d’un pacte « faustien » entre le pouvoir en place d’Emmanuel Macron et les représentant.e.s des principales associations d’élus locaux qui ont poussé en ce sens. Un pacte dont les termes sont aujourd’hui transparents : la formation d’une union sacrée et la mise en sourdine de la critique, si l’exécutif cédait à la demande des élus en place et des principaux partis politiques de maintenir les élections, et de préserver ainsi les intérêts des sortants (et du Sénat). La pression des élus, des intérêts corporatistes de leurs associations et des partis les plus municipalisés (Les Républicains au premier chef), anticipant dans ce contexte troublé une « surprime » aux sortants, a été méthodique et cynique.

    #in_retrospect

    https://seenthis.net/messages/831790 via Fil


  • Coronavirus : la confession d’Agnès Buzyn suscite une double polémique
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/03/18/coronavirus-la-confession-d-agnes-buzyn-suscite-une-double-polemique_6033469
    https://img.lemde.fr/2020/03/18/115/0/5900/2950/1440/720/60/0/0e02d5e_eEuqHnOJ4sOF5WSFWuTmKhKT.jpg

    « Si nous n’avions pas pris au sérieux cet événement sanitaire, je n’aurais pas organisé une réunion dès le mois de janvier » ni « pris des décisions lourdes », a fait valoir M. Philippe sur France 2. Quant à l’alerte d’Agnès Buzyn sur la tenue des élections, il convient qu’elle a eu lieu le 30 janvier. Mais précise habilement qu’« à l’époque, beaucoup de médecins n’étaient pas d’accord avec elle ».

    #in_retrospect

    (Par décisions « lourdes » je suppose qu’il parle du poids de la matraque ?)

    « Qu’Agnès Buzyn ait alerté sur les dangers du coronavirus quand elle était ministre, c’est faux, assure de son côté une source gouvernementale. En public et en privé, elle tenait les mêmes propos. Elle disait qu’il n’y avait pas de risques. »

    En effet c’est la panique à bord !

    PS :

    Un cadre local [de LREM] envoie un SOS aux dirigeants : « Peut-on avoir d’urgence des éléments de langage sur cet article ? Vu la violence des réactions sur nos boucles et les réseaux sociaux, c’est une bombe si on n’arrête pas ça tout de suite. »

    (ici insultes censurées)

    https://seenthis.net/messages/831639 via Fil