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  • Quand le travail tue La Brique - Éric Louis - 5 juillet 2017
    http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/912-quand-le-travail-tue

    Louis est cordiste, travailleur itinérant, il nous offre depuis plus d’un an, le récit de ses expériences au travail, dans les usines ou sur des terrains dangereux.
    Chaque année en France, 500 personnes trouvent la mort sur leur lieu de travail.
    Éric Louis met des mots, ses mots, sur ces morts.


    J’arrive ce lundi sur le site industriel Cristanol, à Bazancourt. Je suis d’après-midi. 12 h 30, les gars de l’équipe du matin débauchent. Ils sortent cernés, marqués, transpirants, mais souriants : leurs sept heures de pioche, de pelle et de marteau-piqueur sont derrière eux. Ils nous vannent, évoquant ce qui nous attend. Prennent le temps de fumer une clope avant la douche. Il y a là des connaissances de chantier, Christophe, Raphaël. Des nouveaux venus, Clovis et François. Et puis je revois Quentin. Les retrouvailles sont de courte durée. Le silo nous attend, avec sa chaleur étouffante, sa matière colmatée.

    Un brave, Quentin.
    J’avais rencontré Quentin pour la première fois il y a un an, à cet endroit précis justement. C’était pendant une quinzaine caniculaire. Il ne manifestait aucune plainte, même sous 40 degrés à l’ombre. Et d’ombre il n’est pas question dans cette usine. Le silo métallique dans lequel nous officions étincelle sous le soleil de plomb, que pas un souffle de brise ne vient adoucir. Combien fait-il à l’intérieur ? On n’a pas de thermomètre. Une chose est sûre, il fait plus chaud que dehors. Pourtant, il faut piocher, pelleter, suffoquer sous un masque de caoutchouc anti-poussière. « J’ai jamais transpiré autant de ma vie » m’avait-il dit un jour en enlevant sa combinaison jetable détrempée, au sortir de cette étuve.

    Au fil des discussions, pendant les pauses, il me racontait qu’il venait des Côtes-d’Armor, avec son antique 306 Peugeot à bout de souffle. On est en Champagne ici. Ça fait une tirée pour venir suer sang et eau pour à peine onze balles de l’heure.

    Après une période de glande, assumée, il s’était pris en main. Aucun organisme ne voulait financer la formation de cordiste qu’il projetait d’effectuer ? Il se la paierait lui-même. Pas loin de 4 000 euros quand même ! Et pas au coin de sa rue, dans le sud de la France. La mission locale lui a finalement alloué 500 balles, afin de « couvrir » ses frais de déplacement et d’hébergement. Pour cinq semaines. 14,28 euros par jour. Royal ! Il avait acheté son équipement, nécessaire au boulot. Plus de 1 000 euros.

    Il n’en était pas aigri pour autant. Lors de ses chantier à Bazancourt, il logeait dans un foyer de jeunes travailleurs. En relatait l’austérité, et la rigidité du règlement. Y inviter quelqu’un semblait mission impossible. Pourtant, il y était parvenu, afin de venir en aide à Paul, qui, dans la galère, avait opté pour le camping sauvage dans un bois, à quelques dizaines de mètres de la clôture de l’usine.

    On avait transpiré ailleurs, ensemble. Lors d’un décrassage de cuve, il y a quelques mois. Des heures de nettoyeur haute pression, afin d’enlever une sorte de grosse merdasse marron des parois. Puis d’autres heures au fond, à délayer, racler le tout pour le faire s’écouler dans un pauvre tuyau de 80 millimètres de diamètre. En cette fin de journée qui n’avait de printanière que la date sur le calendrier, je le vois encore tremblant de la tête aux pieds en se rhabillant. « Mets ta capuche, la plus grosse déperdition de chaleur, c’est la tête. » D’autant qu’il a le cheveu ras, Quentin. On se réchauffait au cul des gros compresseurs mobiles d’une société de nettoyage. Enivrés par leurs gaz d’échappement. Assourdis par leurs vrombissements.

    Mercredi 21 juin 2017, aujourd’hui c’est l’été.
    Midi trente, la chaleur nous écrase. Nous attendons l’équipe du matin. Ils tardent à sortir, les gars, on dirait. Autant de répit pour nous.
    Le bruit d’une sirène enfle au loin. Puis se rapproche. Deux véhicules légers de pompiers entrent sur le site. Ils se dirigent vers les silos. Ils s’affairent autour du petit, tout à gauche. Nous on bosse dans le gros, tout à droite, pas d’inquiétude.

    Mais les pompiers grimpent à l’échelle à crinoline. Cela veut dire que les trappes du bas sont fermées. Et seuls les cordistes sont autorisés à intervenir dans les silos par le haut. Il arrive que nos donneurs d’ordre nous fassent bosser ponctuellement ailleurs que sur la mission prévue afin de pallier un problème inopiné. Par cette chaleur, un gars aura fait un malaise. Pas de panique, les secours sont là.

    Seulement, vers 13 heures, d’autres véhicules de secours arrivent. Durant les longues minutes qui suivent, c’est une noria de camions rouges qui passent la barrière d’entrée de l’usine, ralentissant à peine. Une quinzaine, au total. Puis des véhicules de la gendarmerie.

    L’angoisse nous étreint. L’insupportable touffeur caniculaire n’est plus qu’un problème secondaire.

    Charles décide d’aller aux nouvelles.

    Durant son absence, une employée du site arrive du lieu de l’accident, empressée. Je lui quémande des informations, arguant qu’il s’agit d’un de nos collègues. « Je ne peux pas communiquer pour l’instant. »
    Quelques minutes plus tard, même demande à une gendarmette que j’avais vu entrer sur le site auparavant. « Je ne sais rien, je viens d’arriver. »
    Inquiète de nous voir griller clopes sur clopes en plein cagnard, une salariée de l’usine nous apporte des bouteilles d’eau. Propose de nous fournir de quoi manger. On n’a pas le cœur à manger.

    Puis Charles revient. Il nous rapporte les paroles lapidaires et définitives de Christophe, un de nos équipiers du matin : « On a perdu Quentin. »

    Nous savons ce que ça veut dire. Il est enseveli. Même si des paroles chargées de fol espoir tentent inutilement de conjurer l’inacceptable vérité qui s’insinue en nous. Une poche d’air... Peut-être que...

    Nous passons de longues minutes à repousser la dramatique réalité qui nous dépasse, dérisoire réflexe lié à la nature humaine.
    Devant nous passe une camionnette marquée Identification Criminelle. Jefferson, pompier volontaire, nous dit ce que cela signifie.

    Désormais, nous parlerons de Quentin au passé.
    http://labrique.net/images/numeros/numero51/silos_1.jpg

    Dans PQR, il y a PQ.
    Plus tard, rentré à la maison, je consulte un article sur le site internet de L’Union, le quotidien local. Pour accéder à lecture, il me faut fermer une fenêtre de proposition d’abonnement. Sous la rubrique faits divers, je me tape le récit très succinct, au milieu duquel brille une publicité. Le nom de Quentin n’est même pas cité. Contrairement à celui du directeur de l’usine. Je suis écœuré.

    J’y apprends que les pompiers du GRIMP (groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux) n’ont pas voulu descendre dans le silo, estimant les conditions trop dangereuses.

    Des questions seront à poser. À cet instant, à chaud, je prends le parti de ne pas éclabousser la mémoire de Quentin par la polémique.

    Vraiment, c’était un bon gamin. Rien de péjoratif ni condescendant dans ce terme. J’ai très largement l’âge d’être son père. Il n’en était que plus respectueux. Écoutant et appliquant les consignes.

    Posé, enjoué, gentil, attachant, volontaire, courageux... les mots me manquent. J’ai peine à le dire, mais pour quelqu’un d’autre que lui, je n’aurais peut-être pas écrit cette chronique. Pas sous cet angle en tout cas. Hier, il m’a dit « Au fait, j’ai lu ton bouquin. Trop stylé ! Y a des passages qui m’ont bien fait marrer. » Ce sont les dernières paroles que j’aurai entendu de sa bouche.

    Quentin était plein de vie. Et d’envie de vivre. Aujourd’hui, il est mort. Mort loin de chez lui, à l’issue d’une pénible journée d’un travail ingrat. Dans une semi-obscurité. Dans l’épaisse poussière d’un silo en ferraille chauffé à blanc, cependant que dehors le soleil brille.
    Il n’aura pas eu une belle mort, Quentin.

    À 21 ans, il n’y a pas de belle mort.

    Éric Louis

    #La_Brique #Mort_au_travail #Accident_du_travail

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  • La Brique N° 52 - Automne 2017 - L’ombre des statues - Dans les kiosques ! Course à l’Union, Gare sans sauveur, Lille : Antitour, Partout chez nous (LGBT, CCL, Friches, Squats) - De l’info, de l’enquête, sans pub et sans pitié !

    AU SOMMAIRE
    2. Edito. Histoires à lutter debout.
    3. Olieux - Gare sans saveur.
    4-5 Pas d’outrage, pas de paye.
    En bref ! L’APU-Fives à l’asphyxie.
    6. Brèves
    – L’histoire de la métropole revisitée.
    – Pas de paix à Calais.
    – Je t’aime, moi non plus.
    – Syndiqués, vos papiers.
    – Norrent-Fontes : nos abris étaient moins insalubres que leurs idées.
    http://cdn.campuslille.com/images/stories/Libre_Pense/Agenda2017/201711/La_Brique_N_52_Agenda.jpg
    7. DOSSIER L’OMBRE DES STATUES.
    7. Lille City Tour...ne pas rond.
    8-9 L’Union fait la force.
    10-11 Squats : Partout chez nous.
    12-13 CCL : L’opidium du peuple.
    14-15 Friche artistique - Lieux sans nom.
    – Martha Desrumaux, la verve rouge.

    16-17 LGBT : Quand Lille sort du placard.
    – Appel à don de l’Echappée. Elle est où, la « grande cause nationale » ?

    18. Brèves
    – Linken-help
    – C’est dit !
    – Made in Ch’nord
    – Itier recasé
    – Pas assez de profs, ou trop d’étudiant.es ?
    – Un timbre poste pour Franck Hanoh ?
    – Valeureux Vallourec.
    – Région Hauts-de-France. La libération des imbéciles.
    19. Bar « La Pirogue ». « Dégage sale pédé ».
    20-21 BCE : Quels intérêts
    22-23 Un Samedi à Bazancourt
    24. Procès Hermant.... à suivre, ou comment la démocratie se dissout dans le facisme.
    – Le mineur, ce super-héros.

    http://www.campuslille.com/index.php/l-agenda/evenement/2101-la-brique-n-52-automne-2017-l-ombre-des-statues-dans-les-kiosques-

    #Lille #La_Brique #Presse_Alternative #Information #Enquête


  • Le journalisme sacrifié La Brique - AF - 9 Mai 2017

    La Voix du Nord fait rarement sa Une sur les plans de licenciements ou alors pour critiquer les syndicats et les manifestant.es, créer des « casseurs » et sanctifier le patronat. Quand il s’agit de sa propre liquidation, c’est le vide sidéral. Pourtant un plan de licenciement concerne directement les 700 salarié.es du groupe VDN, 178 vont perdre leur emploi dont 55 journalistes. Pour la holding Rossel, propriétaire de dizaines de quotidiens, un journal se doit d’être rentable. Le combat des syndicats était-il perdu d’avance ?
     
    La Voix du Nord n’est qu’un des petits rouages de la grosse machine de presse du groupe Rossel. Ce consortium belge possède plus de 160 filiales, dont des dizaines de quotidiens régionaux belges et français parmi lesquels La Voix du Nord, Nord Éclair, La Meuse, L’Aisne nouvelle... En gros quasi toute l’information belge et les quotidiens du Nord-Pas de Calais-Picardie sont à leurs bottes. Le groupe possède aussi dans le Nord les quotidiens gratuits 20 minutes et Direct Matin, des radios (RTL Belgique), des chaînes de TV (Wéo, TV News) . Autant dire que si la famille Hurbain, à la tête de cet ensemble à 560 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, ne veut pas qu’une info sorte, elle ne sera pas publiée.

    La Voix du Nord n’en est pas à son premier plan « social ». En 2000, le journal tombe partiellement entre les mains de Rossel. Une grève de dix jours est alors organisée mais la lutte ne payera pas. Dassault (2004-2005) rachète le titre puis le revend l’année suivante à Rossel. Le groupe fait fusionner les deux quotidiens La Voix du Nord et Nord Éclair et débarque les anciens dirigeants empêtrés dans les affaires de revente d’actions1. En 2008, le groupe VDN SA rachète Le Courrier Picard puis L’Union et L’Est Éclair en 2012. Début 2017, la direction annonce un plan de licenciement de 25 % des effectifs du journal, 170 personnes vont être virées.

    Alors que La Brique se paye le traitement journalistique de La Voix du Nord depuis sa création, Robert2, journaliste dans le quotidien depuis 20 ans, a pourtant accepté de répondre à nos questions.

    http://labrique.net/images/numeros/numero50/rossel_carte3.jpg
    Télécharger la carte en A3 : http://labrique.net/images/numeros/numero50/rossel_carte.pdf
     
    Première application de la loi travail
     
    Pour pouvoir licencier, l’entreprise a trois mois maximum pour négocier les départs volontaires ou les conditions de licenciement avec les syndicats. . . . . .

    La suite : http://labrique.net/index.php/thematiques/histoires-du-bocal/895-le-journalisme-sacrifie

    #Journalisme #Presse #médias #la_voix_du_mort #La_Brique #Nord_Éclair #La_Meuse #L_Aisne_nouvelle #Le_Courrier_Picard #L_Union #L_Est_Éclair #Rossel #RTL_Belgique #Wéo #Le_Soir #Hurbain


  • La Brique Lille sur les ondes - le numéro 50 : Les chiens ne font pas des chats
    On a pris le magnétophone, l’escalier (400 marches) , et on a frappé à la porte, au milieu du chant des sirènes lilloises.
    – Présentation du N° 50 : Ré création Permanente et de son dossier : L’enfance et l’éducation, l’offensive.
    
- Le collège sécuritaire de Lille Moulin : Bienvenue à Alcatraz ! Chacun(e) à sa place.

    – Le beau bar de génération identitaire : La Citadelle à Lille.
    
- Métro de Lille, drôle d’odeur à Saint Maurice Pellevoisin.

    – Plus il y a de riches au M2, plus il y a d’arbres : L’Argent des Mulliez planqué chez les 3 Suisses. Notre bourgeoisie locale.

    (Le lien direct vers le MP3 fonctionne)
    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/LibrePensee/LB170502.mp3


    http://cdn.campuslille.com/images/stories/EulBCE/ART93Brique50/Lille_le_Beffroi.jpg
    Les Soeurs Chamots (Ta geule)
    https://www.youtube.com/watch?v=6TVYc-nylf8

    Leur Soundcloud : https://soundcloud.com/les-chamots

    Loïc Lantoine : Quand les Cigares
    https://www.youtube.com/watch?v=GFzmO5_KMoQ


    Rappel : Les Willot, quatre frères dans le vent (Images d’archive INA)
    https://www.youtube.com/watch?v=IN5k6zx_4ik

    A propos du rachat des usines Boussac par la société Ferinel (Bernard Arnault)
    https://www.youtube.com/watch?v=2hgBYD10MZs

    #La_Brique #Lille #Enfance #Education #Ecole #Lille_Moulin #Collège #identitaire #fn #Métro #kéolis #Parfum #Mulliez #Croix #3_Suisses #Immobilier #Audio #Radio #Radios_Libres #Radio_Campus_Lille #violence_sociale


  • Récréation permanente ! La Brique dans LVSM Radio Campus Lille - La voix sans maitre - Vendredi 7 avril 2017
    http://www.campuslille.com/index.php/entry/recreation-permanente-la-brique-dans-lvsm

    Vendredi 7 avril 2017, plusieurs membres du collectif du journal La Brique étaient invité.es dans l’émission La Voix sans Maître pour présenter leur dernier numéro consacré aux enfants.

    (Le lien direct vers le MP3 fonctionnera 2 mois)
    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/2017-04-07/Voix_sans_maitre_07-04-2017_20h00.mp3

    (la présentation du journal La Brique débute à 19 minutes et 24 secondes après l’agenda de la semaine à venir et un morceau du groupe Kre Ke Ke Kex Koax Koax qui s’intitule Crotte de Nez !)

    Dans la suite de l’émission, on peut aussi entendre une reprise par Les Frères Jacques de la chanson La Chasse à l’Enfant, poème de Jacques Prévert sur la mutinerie de 1934 à la colonie pénitentiaire de Belle-Île en mer initialement chantée par Marianne Oswald. Puis on peut entendre Qu’as-tu appris à l’école mon fils ? de Graeme Allwright.
    http://labrique.net/images/numeros/numero50/unen50.jpg
    La Brique n°50 Printemps 2017 - Récréation permanente
    http://labrique.net/index.php/numeros/887-n-50-recreation-permanente
    p2. Edito « 2017 n’aura pas lieu »

    p3. Revers de médaille pour Aubry

    p4-5. Le journalisme sacrifié
    
p6. L’argent des Mulliez planqué à Croix
    
p7-18. Dossier Récréation permanente
    
p7. On ne nait pas enfant, on le devient

    p8-9. Révolutionner l’école
    
p10-11. Bienvenue au collège d’Alcatraz

    p12-13. L’école émancipatrice

    p14-15. Politique : ne pas laisser à la portée des enfants

    p16-17. Coupez le cordon, mettez-les en wi-fi !
    
p18. Deligny, la fuite entre les lignes

    p19. Le « Beau bar » de génération identitaire
    
p20. Grand Stade
p21. Les matins qui piquent

    p23. Un stade de foot. Coûte que coûte
    
p24. Brèves générales

    #La_Brique #Lille #Féminisme #Ecole #Education #Enfants #Audio #Radio #Radios_Libres #Radio_Campus_Lille


  • Un stade de foot. Coûte que coûte La Brique - AF - 6 Avril 2017

    Le grand stade de Lille résonne plus des plaintes pour faux, usages de faux et favoritisme que des cris des supporters du LOSC. Quand les élu.es et les grands patrons du BTP chuchotent, parfois des échos reviennent. Corruption, dites-vous ?

    En 2004, le stade Grimonprez-Jooris dans le Vieux-Lille ne correspond plus aux nouvelles exigences de l’UEFA pour que le LOSC devienne une équipe de foot rentable. Pour les édiles, il suffit de le reconstruire pour accueillir 50 000 supporters et l’immense parking qui va avec. Mais dans le seul parc de la ville et à proximité du monument classé de la citadelle, une association d’habitant.es fait en sorte que cette idée absurde soit abandonnée. Pierre Mauroy, président de la communauté urbaine, choisit donc un autre lieu : le site de la Haute Borne situé entre Villeneuve d’Ascq et Lezennes. La communauté urbaine, ne pouvant financer les quelque 350 millions d’euros nécessaires, met trois entreprises de BTP en concurrence : Vinci, Eiffage et Norpac-Bouygues pour un partenariat public-privé.

    http://labrique.net/images/numeros/numero50/stade1.jpg
    Petits arrangements entre ami.es
    Le 23 janvier 2008, après des mois de concertation, vient l’ultime réunion préparatoire au vote en comité restreint à la communauté urbaine, alors LMCU1. Michelle Demessine2 (PCF) intervient en tant que présidente de la commission chargée du suivi et de l’évaluation du grand stade. Elle livre le dossier d’études des experts qui conclut que la proposition de Norpac-Bouygues a le meilleur rapport qualité-prix. Un système de notation complexe et 75 pages d’analyse le prouvent. Stéphane Coudert, directeur du projet grand stade, l’appuie sur ce point. Pierre Mauroy acquiesce, tout est enfin bouclé et, les élections approchant, il va pouvoir prendre sa retraite sur ce grand projet.
    Intervient alors le vice-président Henri Ségard, le perdant à la présidence de la communauté en 2001. Il se livre à un véritable travail de lobbyiste pour Eiffage, pourtant plus cher de 108 M€ et classé second choix. Mauroy est déstabilisé et s’inquiète : pourquoi remettre en question l’expertise, à une semaine du vote ? Marc-Philippe Daubresse (UDF) approuve l’argumentaire et Martine Aubry (PS) est soudainement du même avis. Henri Ségard, chef du groupe des 50 petites communes, aurait-il fait quelques promesses en vue des prochaines élections de la communauté urbaine ? Et qu’a Ségard à y gagner ? Comment faire voter pour le projet Eiffage alors que le rapport d’expertise dit le contraire ? Dans ce retournement de situation, le directeur général des services, Bernard Guillemot, propose de modifier le rapport de 75 pages : « Il faut vite travailler ensemble pour produire le rapport correspondant à votre analyse et qui viendra en appui de la délibération. » En gros, il faut bidouiller les notations et aller à l’encontre du code général des collectivités territoriales. Sinon, « dès la semaine prochaine, il est probable que nous aurons quelques recours ».
    Une semaine plus tard, le 1er février, Pierre Mauroy administre son dernier conseil à la communauté urbaine. Les élu.es suivent les consignes de leur groupe respectif et votent à 82 % pour Eiffage à 440 millions d’euros contre le projet à 310 M€ de Norpac-Bouygues. Personne ne s’étonne. Avril 2008, Pierre Mauroy part à la retraite et Martine Aubry ravit à Marc-Philippe Daubresse le poste de présidente de LMCU. Et ce, notamment grâce au vote du groupe de Ségard.

    Lettres anonymes et dénonciations

    http://labrique.net/images/numeros/numero50/STADE2.jpg

    . . . . . . La suite : http://labrique.net/index.php/thematiques/politicaille/888-un-stade-de-foot-coute-que-coute

    #Lille #La_Brique #stade #Losc #Michelle_Demessine #Pierre_Mauroy #Norpac #Bouygue #Henri_Ségard #Lille #MEL #Villeneuve_d_Ascq #barons #baronnes #HDF #59


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    N°50 - Printemps 2017 - Récréation permanente *
    http://labrique.net/index.php/numeros/887-n-50-recreation-permanente
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    p2. Edito « 2017 n’aura pas lieu »
    p3. Revers de médaille pour Aubry
    p4-5. Le journalisme sacrifié
    p6. L’argent des Mulliez planqué à Croix
    p7-18. Dossier Récréation permanente
    p7. On ne nait pas enfant, on le devient
    p8-9. Révolutionner l’école
    p10-11. Bienvenue au collège d’Alcatraz
    p12-13. L’école émancipatrice
    p14-15. Politique : ne pas laisser à la portée des enfants
    p16-17. Coupez le cordon, mettez-les en wi-fi !
    p18. Deligny, la fuite entre les lignes
    p19. Le « Beau bar » de génération identitaire
    p20. Grand Stade
    p21. Les matins qui piquent
    p23. Un stade de foot. Coûte que coûte
    p24. Brèves générales

    #Lille #La_Brique


  • La Brique dans La Voix sans maître
    http://www.campuslille.com/index.php/entry/la-brique-dans-la-voix-sans-maitre

    Vendredi 13 janvier 2017, l’émission La Voix sans maître (sur Radio Campus Lille) invitait l’équipe du journal La Brique pour discuter du dernier numéro « La Conquête de l’espace » et notamment sur trois articles du dossier sur les femmes dans l’espace public.
    L’entretien débute à 20 minutes et 45 secondes)

    (Le lien direct vers le mp3 fonctionne)
    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/2017-01-13/20h.mp3


    http://zonepull1.cdncampus.netdna-cdn.com/images/easyblog_images/450/b2ap3_thumbnail_brique49.jpg

    DOSSIER p.9-13 du N° 49

    L’émancipation sous contrainte
    Depuis 2014, la ville de Lille expérimente les « marches exploratoires » par des femmes en non-mixité dont l’objectif est de favoriser les prises de parole des femmes dans l’espace public. Chouette, qu’on s’est dit : une initiative organisée par la mairie pour parler entre femmes de sexisme, pourquoi pas ? Après enquête, entretiens et tout le tintouin, on a un peu déchanté : tout n’est pas à jeter mais force est de constater que le résultat est un peu moins reluisant que sur la plaquette. Longue est la route vers l’égalité !
     
    Des femmes pour l’excuse sécuritaire
    Il a bon dos, le « plan de lutte national contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun » ! Ou comment une occasion de « bien faire » se transforme en opportunité de « faire bien ». À Lille, dans le secteur des deux gares, une marche participative a lieu courant novembre. Mais ce n’est ni notre sécurité effective, ni même un entrebâillement émancipateur pour les femmes que recherchent in fine les entreprises qui l’organisent, Keolis, la SNCF et la SPL Euralille. L’objectif suprême, c’est d’attirer davantage de clientes. Sans surprise.

    Mixité : l’égalité déchante
    Édith Maruéjouls est chargée de mission « égalité » au sein de la mairie de Floirac, commune girondine de 16 000 habitant.es. Elle contribue à définir et à mettre en œuvre une politique d’égalité dans les pratiques de loisirs entre hommes et femmes. Elle a soutenu en 2014 une thèse en géographie du genre intitulée « Mixité, égalité et genre dans les espaces du loisir des jeunes. Pertinence d’un paradigme féministe ». Elle évoque dans cet entretien son travail sur les inégalités réelles entre les sexes et aborde plus particulièrement le cas des espaces de loisir des jeunes, terreau de ces processus.

    http://labrique.net/index.php/breves/879-la-brique-sur-les-ondes-radio
    #La_Brique #Radio #Audio #Radios_Libres #Lille #La_Voix_sans_maître #CCL #Femmes #Emancipation #non-mixité #Espace_Public #Sexisme #Kéolis #SNCF #SPL_Euralille #Édith_Maruéjouls #marche_participative #harcèlement_sexiste

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  • La Brique N°48 - automne 2016 - La santé, c’est capital
    + Edito. Ruer dans les brancards
    http://labrique.net/images/numeros/numero48/labrique_n48.jpg

    p.1 Couverture de Pole Ka
    p.2 Edito - Ruer dans les brancards : http://labrique.net/index.php/thematiques/editos/826-edito-ruer-dans-les-brancards
    p.3 La santé pour tous, partout
    p.4-5 Une sécu dépecée dans l’indifférence générale
    p.6-7 L’hôpital-entreprise, la santé à l’agonie : http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/829-l-hopital-entreprise-la-sante-a-l-agonie
    p.8-9 Pour un droit à la folie !
    p.10-11 Le business du social
    p.12-13 Souffrir de faire souffrir
    p.14-15 Lille Sud, poubelle des riches : http://labrique.net/index.php/thematiques/droit-a-la-ville/833-lille-sud-poubelle-des-riches
    p.16 Paupiette d’ouvrier à la vapeur
    p.17-20 L’héritage toxique de Metaleurop. Les silences d’Évin-Malmaison
    p.21 Le prix du sang. Avec ou sans ton sang ?
    p.22-23 Blouses blanches et gueules noires de l’industrie pharmaceutique
    p.24-25 Contrat à impact social, rentabiliser la misère
    p.26-27 Olieux : l’État sans état d’A.M.E.
    p.28 En bref et contre tout
    p.29-31 À Dunkerque, Suez-Lyonnaise se fait du beurre sur le dos des pauvres
    p.32 BD de Florent Grouazel

    Edito. Ruer dans les brancards
    La Brique, 10 octobre 2016, Le collectif de La Brique

     » La lutte est une fête !" On le martelait en juin alors que sortait un numéro tout frais sur les luttes lilloises. Les vacances d’été ont eu comme d’habitude leur petit effet. La mobilisation s’est tassée, le gouvernement a fait passer sa loi, les médias parlent luttes des places entre présidentiables. Une rentrée dans l’ordre ? Pas franchement.
     
    En septembre, l’activisme lillois s’est à nouveau secoué : manifestation contre la « loi Travaille ! » du 15 septembre ; blocage du centre de tri de Villeneuve d’Ascq, en réaction à la cruauté de la direction de La Poste laissant sur le carreau une de ses salarié.es victime d’un AVC ; mobilisation contre « La Citadelle », le bar fasciste de Génération identitaire. Le mouvement du printemps a creusé des sillons contestataires. Les nouvelles têtes rencontrées sont toujours là. À l’heure où nos élites vieillissantes s’écharpent pour les présidentielles à venir, et posent – à coups de thèmes réactionnaires – les pavés de l’enfer à venir, la lutte travaille son ébullition.
     
    Nous n’en démordrons pas
    Un œil sur le bouillon révolutionnaire, on est retourné.es à nos petits fourneaux, histoire de concocter ce numéro sur la santé qui nous attendait au frigo. Un sujet déjà dépecé dans La Brique : en 2008 sortait un numéro intitulé « Santé : les malades payent l’apéro » (n°7). http://labrique.net/index.php/numeros/22-n-07-mai-juin-2008-sante-les-malades-paient-l-apero
    Huit ans plus tard, l’apéro a toujours le même goût amer, et le coût de l’ardoise ne cesse d’augmenter. Les dernières réformes promeuvent encore davantage les restrictions budgétaires. L’État asphyxie les budgets des hôpitaux, noie les soignant.es dans la paperasse managériale et étouffe celles et ceux qui doivent régler une partie toujours plus importante de la douloureuse. Exit la solidarité, place à une santé rentable aux profits des plus fortuné.es. Là-haut, les différents gouvernements appellent à la rescousse les grandes firmes capitalistes censées, pour notre salut, pallier le retrait de l’État. La santé devient un marché comme un autre, le soin une marchandise, le compte bien garni une nécessité pour ne pas crever.

    Alors on a pris le stéthoscope, histoire d’aller palper le pouls de ces professions hyper genrées et hiérarchisées : infirmières, aides-soignantes, médecins, travailleurs sociaux nous ont raconté leur vécu et la façon dont les transformations néolibérales impactent leur métier. On s’est aussi rencardé.es sur les luttes qui se trament dans la région. À Lille Sud, des habitant.es se battent pour faire reconnaître un énième cas de pollution. Au parc des Olieux, les jeunes gagnent un procès contre la Métropole et dénoncent la façon dont l’État français organise l’absence de soins. Le People’s Health Movement, réseau mondial de résistances et de promotion de la santé des peuples, vient se mêler des affaires du département du Nord. En bref, voilà une petite radiographie de l’état du conflit social qui fait chaque jour pulser la ville.
      http://labrique.net/images/numeros/numero48/edito.jpg

    Bilans de santé  
    On cogitait sur le corps malade de la Métropole quand la mairie est venue souiller l’opération en posant ses doigts sales. Fin août, voilà que la municipalité nous intente un procès – une tentative de bâillonnage à 61 euros d’amende. Incriminée par la municipalité pour avoir vendu notre journal à grands renforts de cordes vocales, notre directeur de publication a dû comparaître le 4 octobre devant le tribunal de proximité. Ce procès, aussi tragi-comique soit-il, s’inscrit dans la lignée des tentatives de plusieurs municipalités de faire taire des canards prompts à venir cancaner dans les buffets politico-financiers. Depuis Fakir attaqué en 2002 pour diffamation par Gilles de Robien et ses associés, puis par le Courrier Picard – l’équivalent fonctionnel de « Notre Voix du Nord » ; le Nouveau jour J, poursuivi par la mairie de Nancy pour affichage sauvage ; plus récemment, Le Postillon, cité à comparaître par le président de la métropole de Grenoble dont on apprend la condamnation récente. À chacun de ces procès, c’est la possibilité d’une autre information qu’on malmène : celle qui rend visible la violence sociale du patronat et des élu.es contre les pauvres, et celle qui met en lumière les résistances organisées par les militant.es.

    Il reste que, à l’heure du bilan de santé – c’est le thème après tout –, autant la jouer sans euphémisme : la municipalité qui nous attaque incarne un parti asséché par l’austérité, en train de se faire gicler de toutes ses positions de pouvoir, sans militant.es, endetté jusqu’à l’os, et qui n’a plus comme perspective que de renâcler son passé décadent. La Brique, riche à millions, vous propose un 32 pages sans précédent – le tout servi par une génération qui a envie d’en découdre. Alors rassurons immédiatement Aubry et sa clique : vous ne nous empêcherez pas de crier contre les marchés et sur les marchés !

    #Lille #presse #La_Brique #luttes_sociales #Presse #Santé #Hôpital
     
     

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  • La Revue Z en direct du CCL, Centre Culturel Libertaire de Lille
    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/LibrePensee/VSMZ160401.mp3


    Ce vendredi premier avril deux-mille seize, entre vingt heures et minuit dans bRicOLAGe PouR tOuS en direct , il y avait M. Noit & M. Bix, enfin presque, puisque Noit était au CCL et Bix en régie de diffusion finale pour une retransmission pour toutes et tous ;) .
    http://www.campuslille.com/images/bpt/bpt0104.png
    À 20h (pétante !) au CCL, discussion avec des membres de la revue Z autour du dernier numéro paru à l’automne 2015 intitulé Technopoles radieuses.

    Puis concerts avec :
    L’Intruse (Tour de chant)
    Louis Minus XVI (Noise rock & free jazz)
    L’Enquête piétine (Tape loops)

    [Prix libre]
    Voilà, voilà....
    Adieu & Au Secours !
    Source : http://www.campuslille.com/index.php/entry/bricolage-pour-tous-au-ccl
    #audio #radio #Radios_libres #Lille #Radio_Campus_Lille #La_voix_sans_maître #La_Brique #Bricolage_Pour_Tous #Revue_Z #Presse

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  • LILLE MÉTROPOLE SERT LA SOUPE À KEOLIS... ET CRACHE DANS CELLE DES PAUVRES
    La Brique Lille Décembre 2015, Par Riton

    Parce qu’elle s’est embarquée dans un nouveau contrat foireux, Lille Métropole s’est mise en tête de faire les poches des pauvres pour rembourser la société qui gère Transpole, Keolis. Au passage, Darmanin, maire de Tourcoing et vice-président aux transports, en a profité pour nous coller des flics et des portiques. Ce qui devait arriver est déjà là : depuis le basculement à droite de Lille Métropole, la nouvelle majorité poursuit la même politique que l’ancienne – en pire.  
     
    Tout commence par une tambouille mal ficelée. En 2011, Lille Métropole (MEL) signe avec la société Keolis un nouveau contrat pour la gestion du réseau lillois de Transpole. Une série de clauses stipulent que la MEL doit tout mettre en œuvre pour assurer la rentabilité du réseau. Sauf que rien ne se passe comme prévu : pas assez de voyages assurés (178 millions sur les 245 convenus pour 2017), et une fraude qui dépasse toutes leurs prévisions. Conséquence : Keolis n’est pas, mais alors pas du tout rentrée dans ses frais. Depuis 2011, 40 millions de dette se sont accumulées. Alors à la MEL, c’est la panique : la fin du contrat est pour 2017, et il faudra bientôt rendre des comptes – ou plutôt les solder. Keolis réclame 50 millions, quand la MEL estime qu’elle ne devra que 4 millions. Dans tous les cas, il faudra passer à la caisse. Et Darmanin, élu délégué aux transports de la Métropole, a trouvé une parade lui permettant de faire coup double : renflouer les caisses... en donnant libre cours à ses délires sécuritaires.

    T’es pauvre ? Ben reste chez toi.

    On connaît désormais la solution retenue : une hausse du prix du transport chiffrée à 3 millions d’euros. La MEL justifie cette augmentation en invoquant une augmentation de la TVA1 sur les transports. Prévue pour 2014, elle avait été initialement repoussée – il faut dire qu’à l’époque, on était en période pré-électorale. Darmanin a beau s’imaginer une tarification « sociale » et un souci d’ « équité »  : il a surtout précisé que « plus personne ne voyagera gratuitement ». Et tant pis pour les retraité.es, les chômeur.ses et les déficient.es visuel.les visé.es par la mesure. On vous le dit, la gratuité c’est fini : un abonnement pour un minimum de sept euros par mois sera désormais requis. Plus généralement, la nouvelle grille appliquée à partir du 1er janvier 2016 se traduira par une hausse massive des tarifs pour une bonne partie des usagers.

    Mais de quoi je me MEL ?

    En guise de nouvelle grille2, on parle plutôt d’un tableur avec 30 000 catégories différentes. Au point de se demander si la complexité n’a pas été pensée pour perdre les usagers – la clientèle, pardon. La nouvelle tarification sera calculée sur la base du quotient familial, soit les ressources de la famille divisées en parts. En gros : la gratuité est remplacée par trois seuils de réduction. Ces seuils concernent les personnes disposant d’un QF allant de 375 euros à 716 euros. Au-dessus de ce dernier seuil, il faudra désormais payer plein pot. Pour les réducs, il faudra donc montrer patte blanche et prouver au millimètre qu’on est aussi pauvre qu’on le prétend. Place à la paperasse, qui en découragera sûrement plus d’un.e de recourir à ses droits.

    Si une partie des usagers pourra peut-être s’y retrouver (comme les chômeur.ses non-indemnisé.es qui n’avaient droit à rien auparavant), les plus défavorisés seront davantage dépouillés que les plus riches : alors que certain.es personnes bénéficiaient de la gratuité, ils devront à présent allonger 72 euros par an quand les plus aisé.es devront eux s’acquitter de... 40 euros supplémentaires. Ces derniers régaleront néanmoins – et au total – Transpole de la maudite somme de 588 euros par an, rien que ça. La fin de toute gratuité pose aussi la question de l’accompagnement des personnes à mobilité réduite : la nouvelle tarification touchera-t-elle les accompagna-teurs de personnes dont la carte d’invalidité précise « avoir besoin d’une tierce personne »  ?
    http://labrique.net/images/numeros/numero45/portiquesdessin_1.jpg

    Humour orwellien

    La MEL a donc besoin d’argent. Sauf quand il s’agit de financer les projets sécuritaires de Darmanin : alors là, c’est carte bleue. D’ici 2017-2018, sept stations seront équipées d’imposants portiques à l’entrée des quais, le tout pour un coût invraisemblable de 9 millions d’euros. Peut-être que les vitres seront en diamant. Avec ces nouveaux dispositifs de contrôle, Darmanin espère enrayer la fraude jusqu’à obtenir un taux de recouvrement de 100% des amendes. Les agents de contrôles de Transpole sont certes habilités à demander l’identité des fraudeurs et fraudeuses, mais ils ne peuvent pas les fouiller. C’est ainsi que, d’après Transpole, les deux-tiers des personnes donnent une fausse identité pour esquiver leurs amendes. Autant dire que si Darmanin vise les 100% de recouvrement, il devra assurer un taux de présence des flics de... 100%. C’est pourtant écrit partout : « Avec Transpole, vous allez aimer être libre ».
     
    Riton

    1. Délibérations de la MEL du 17 avril 2015. La délibération du contrôle d’accès et de la nouvelle tarification ont été expédiées et votées à la suite.
    2. Nouvelle tarification issue du rapport officiel de Transpole.

    TARIFICATION ANTI-SOCIALE : LE P.S. COMPOSTE SON TICKET

    Sur 179 élu.es, seul.es 15 d’entre eux se sont abstenus lors du vote. Et ce n’est pas la gauche, mais l’extrême-droite qui profite des réformes anti-pauvres pour se la jouer miséricordieuse. En plein contexte austéritaire, comment une dépense aussi élevée a-t-elle pu recueillir autant de voix ? Un élu de la MEL nous livre bien un indice : « Sur ce débat, il doit y avoir seulement 5 élus sur les 179 qui connaissent les tenants et les aboutissants » . Et il est fort probable que, comme d’habitude lors de ces longues séances où rien ne se joue1, la plupart a soit roupillé, soit égayé sa torpeur en prenant des selfies2.

    On en est là, et certains vont même encore au-delà : à la sortie du métro République, on croise par hasard un élu du coin occupé à tracter pour Pierre de Saintignon. Sébastien Duhem est président PS du conseil de quartier de Fives, et proche de certains élus métropolitains. Après avoir cherché à nous refourguer sa came sur l’amélioration des transports promise par son leader, il nous présente Darmanin comme seul responsable de l’augmentation des tarifs et de l’installation des portiques. Aimablement, on lui rappelle donc que le groupe PS a voté pour ces décisions. S’ensuit une courageuse tentative de fuite : « Le Conseil régional, ben c’est pas la MEL, alors que nous là, on tracte pour la Région euh... » . On l’interroge sur la possible baisse de la fréquentation liée à la hausse des tarifs. Il répond comme un automate : « Croyez-vous vraiment que les gens qui utilisent le métro pour aller travailler vont arrêter de le prendre parce qu’on augmente les tarifs ? S’ils en ont besoin, ils l’utiliseront » . En voilà, une belle idée du service public !
     
    1. La plupart des délibérations sont déjà ficelées au moment de passer en Conseil communautaire, au point que la mise au vote relève le plus souvent de la pure formalité. « Lille Métropole : ’’Ils ne rendront pas ce qu’ils nous ont confisqué’’ », voir La Brique n°33.
    2. Si si, on est allé vérifier.

    2014 - 2016 Kéolis LE SYSTÈME DE COMPOSTAGE FONCTIONNE TOUJOURS AUSSI ALÉATOIREMENT !

    2016 C’est toujours comme ça  : http://zonepull1.cdncampus.netdna-cdn.com/images/stories/EulBCE/Art60/ART60_transpole_-_support_inconnu_borne_keolis.jpg

    6/11/2013 par Patrick Seghi de La Voix du Nord : Métropole lilloise : billettique, les pannes passent et (re) passent chez Transpole

    Il y a des sujets qui fâchent. Évoquer la fiabilité de la billettique de Transpole en fait partie. La carte Pass-Pass reste en travers de la gorge d’un bon nombre de valideurs. Promis, juré, ce sera réglé cette semaine ou la prochaine au plus tard. Quant au bon vieux ticket de métro, il représente toujours un tiers des voyages.

    http://lvdn.rosselcdn.net/sites/default/files/imagecache/vdn_photo_principale_article/articles/ophotos/20131106/17022338_B971350851Z.1_20131106074105_000_GQ21FIUQP.3-0.jpg

    Spectaculaire. Un énorme bug. Une panne totale, « indépendante de Transpole » et fruit « d’une fausse manœuvre sur la fibre optique » survenue samedi dernier où tous les valideurs sont restés en rade (nos éditions précédentes). Il n’en fallait pas plus pour relancer la question de la fragilité de la billettique. Un petit tour ces lundi et mardi stations Rihour, porte des Postes et CHRB Calmette et toujours quelques cartons rouges. « Les contrôleurs se montrent conciliants, ils savent que les pannes sont nombreuses » , glisse une étudiante. Le valideur lui souhaite « bon voyage ». Une attention délicate qui ne doit pas occulter les nombreuses interrogations qui ne trouvent, pour le moment, que des réponses très évasives de la part de la direction de Transpole. Au moins, reconnaît-elle l’étendue du problème. « Le système n’est pas encore stabilisé mais globalement il s’améliore et il fonctionne ».

    Lorsqu’on pousse Olivier Broche, directeur commercial, dans ses derniers retranchements, celui-ci convient « d’un taux de validation variable en fonction des stations et des heures de la journée. » . Plus, les passages sont nombreux et plus les incidents sont proportionnels. Un taux qui voici quelques semaines était de façon très imprécise évalué à « plus de 10 % sur l’ensemble d’une journée et sur une station précise » . De l’histoire ancienne promet Olivier Broche. « En fin de semaine, notre prestataire mettra en place un nouveau logiciel censé corriger l’essentiel des dysfonctionnements. »

    #Lille #La_Brique #MEL #Kéolis #Transports #Transpole #transports_en_commun #Darmanin #sécuritaire #gratuité #Lille_Métropole #PS #contrôle #Pass_Pass #métro #tramway #bus

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  • Lille : La Mutuelle des Fraudeurs dans La Brique et à la Radio ce week end
    POUR TRANSPOLE, VOUS ÊTES TOUS DES FRAUDEURS. Un Angle d’Attac : LA GRATUITÉ DES TRANSPORTS EN COMMUN C’EST POSSIBLE !
    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/LibrePensee/ATAC160116.mp3


    _ Ce Samedi 16 Janvier, Christian, Floran, Monique, René la science, La mutuelle des Fraudeurs autours des micros pour décortiquer la mobilité et les transports dans la Métropole Européenne de Lille, la MEL, et l’actualité des alternatives. _

    7 associations locales viennent de (re)créer une Coordination pour la Gratuité des Transports en Commun dans la Métropole Lilloise.
    A l’origine de ce mouvement, 3 constats :

    Le premier est l’orientation politique de la MEL sur la mobilité et les transports qui s’est traduite en cette rentrée par :
    – Une hausse massive et injuste des tarifs et la fin de la gratuité pour les publics les plus précaires,
    – Une propagande honteuse de Transpole qui insulte les usagers fraudeurs par nécessité ou conviction, propagande grossière renforcée par
    – Une loi inique déposée par le député PS Gilles Savary et qui n’hésite pas à amalgamer terrorisme, délinquance et fraudeurs.
    Le deuxième, c’est l’assurance que la gratuité des transports publics est possible, comme dans une trentaine de villes françaises et européennes.
    Le troisième, c’est le déficit criant de démocratie dans cette instance politique qu’est le Conseil de la Métropole et le réveil de citoyens qui entendent réclamer des comptes à leurs élus.
    La suite : http://www.campuslille.com/index.php/entry/la-gratuite-des-transports-en-commun-c-est-possible
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    MUTUELLE DES FRAUDEURS, ENSEMBLE CRÉONS DES LIENS La Brique
    La Mutuelle des fraudeurs de Lille est un collectif qui prône la gratuité des transports en commun pour tous.tes. Suite à l’attaque en justice par Transpole en mai dernier, on aurait pu la croire morte et enterrée. Il n’en est rien ! La Mutuelle est bien vivante, et encore plus déterminée. Entre un projet de livre, et une coordination unitaire pour la gratuité des transports, le collectif ne lâche rien. Rencontre avec quelques un.es de ses membres.
    Pouvez-vous nous présenter la Mutuelle des Fraudeurs de Lille ? 

    Source : http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/734-mutuelle-des-fraudeurs-ensemble-creons-des-liens

    La mutuelle existe depuis cinq ans, précisément depuis septembre 2009. Elle fait suite à un contexte particulier, le mouvement « Ne plus payer » en Grèce. Suite à la crise de 2008, des Grecs, regroupés en collectif, décident de ne plus payer les impôts, les factures d’électricité, le loyer, ainsi que les transports. Au même moment, un appel a été lancé qui invitait à multiplier les mutuelles des fraudeurs partout. Notre création s’inscrit donc dans un propos plus large que la seule question des transports.

    Le but initial est de ne pas payer les transports en commun et d’en revendiquer la gratuité. C’est un collectif d’entraide, mais pas seulement. On veut dénoncer la politique inégalitaire des transports en commun à Lille, et rendre visible tout ce système d’exploitation. Le développement du capitalisme passe largement par les transports, et aussi ceux en commun.
    http://labrique.net/images/numeros/numero45/allezaimeretrelibre_1.jpg

    Comment fonctionne le collectif ?

    C’est un fonctionnement horizontal, sans chef ni hiérarchie. Le collectif se réunit une fois par mois. Si des membres ont des amendes, on les rembourse grâce à notre caisse collective où chacun.e cotise. Les réunions sont l’occasion de parler du collectif, monter des projets comme le livre qui va bientôt sortir, et aussi parler des actualités sur Transpole. Où en est la répression, l’installation des portiques, etc. Des personnes se proposent pour faire la trésorerie, être secrétaire durant les réunions, gérer la boite mail, et aussi envoyer des SMS pour se prévenir des contrôles. D’ailleurs, se prévenir des contrôles deviendra peut-être illégal si la proposition de loi du député Gilles Savary est adoptée.

    Êtes-vous en lien avec d’autres Mutuelles ? En France ou ailleurs ?
    On a des contacts avec celles de Paris, Rennes,Bordeaux mais aussi en Belgique et en Allemagne. La plupart du temps, c’est pour échanger des infos ou demander des conseils pour créer des mutuelles, mais c’est aussi du soutien, comme lors de notre procès.

    Vous êtes passé.es au tribunal en mai dernier, vous pouvez revenir là-dessus ?
    La suite sur le site de La Brique http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/734-mutuelle-des-fraudeurs-ensemble-creons-des-liens

    #Transpole #Kéolis #La_Brique #Lille #Transports #Attac #Radio #Audio #Radio_Campus_lille #Transports_en_commun #Collectif #Gilles_Savary #tribunal #Martine_Aubry #PS #Solidarité #Mutuelles

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