• Pour poursuivre une veille déjà bien fournie sur seenthis concernant la #synthèse_vocale et la #synthèse_vidéo (assistées par « #intelligence_artificielle ») : « Du porno aux fausses informations, l’intelligence artificielle manipule désormais la vidéo », une compilation des derniers développements en la matière :
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/02/04/du-porno-aux-fausses-informations-l-intelligence-artificielle-manipule-desor

    Des vidéos intégrant des visages de célébrités dans des films X pullulent en ligne à cause d’un programme accessible à tous et qui pose question au-delà de la pornographie.

    De fait, au-delà de l’exemple emblématique du #porno (voir à ce propos https://motherboard.vice.com/en_us/article/gydydm/gal-gadot-fake-ai-porn), c’est toute la manière de produire et de recevoir des informations qui s’en trouve modifiée. La polémique autour des #fake_news n’est que la partie émergée de l’iceberg, la remise en question du rapport aux #médias (et je ne parle pas ici des seuls organismes institués, mais des supports eux-mêmes) se montrant bien plus profonde.

    La chose se trouve d’ailleurs abordée de façon systématiquement catastrophiste (cela entre en collision frontale notamment avec le #droit_à_l'image et peut servir à alimenter le #complotisme), mais elle pourrait avoir un impact positif sur le développement de la #critique_des_médias et la façon de penser le lien entre #vie_privée et #réseaux_sociaux.

    L’approche catastrophiste n’est pas anodine : elle sert un discours de légitimation plus général (symptomatique, à cet égard, que Le Monde, par ailleurs propriétaire du tragico-comique #Decodex, consacre un tel article à la question). Si les médias s’emparent de cette nouveauté, c’est pour brandir une sacro-sainte ligne de démarcation entre les #vraies_infos (labellisées par eux-mêmes) et les fausses. En réalité, leurs « vraies infos », la façon dont ils les fabriquent et les mettent en scène, est tout aussi construite que celle de la synthèse par IA.

    L’on découvre notamment dans ce papier que le #DeepFake devient un genre en soi sur Reddit et Youtube, avec un grand jeu pour mettre #Nicolas_Cage dans plein de films :

    https://www.youtube.com/watch?v=2jp4M1cIJ5A

    Et l’on constate également qu’#Obama est devenu une sorte de mètre-étalon du #vrai-faux discours : on estime qu’il est honnête (c’est-à-dire on se fait une représentation de lui comme portant un discours clair et franc), donc il peut servir de base à un #détournement, contrairement à Trump :

    https://www.youtube.com/watch?v=dw6Zj2FDuzA

    Les deux avaient néanmoins été mis en vedette par #Lyrebird :

    https://soundcloud.com/user-535691776/dialog

    #falsification #leurre #faux-semblant

    https://seenthis.net/messages/665822 via intempestive


  • C’est le jour J pour mon deuxième #livre, que vous pouvez désormais trouver en librairies. Il s’intitule Contrôle. Comment s’inventa l’art de la manipulation sonore et c’est un essai narratif — ou en termes moins savants, une enquête qui se lit comme un roman.

    J’y raconte la vie d’un homme, #Harold_Burris-Meyer, toute entière consacrée aux tentatives de manipuler les foules au moyen du #son. Comment ? En essayant de susciter des hystéries de masse au théâtre grâce à des sonorités magiques, en oeuvrant à augmenter la productivité dans les usines par le biais de savantes playlists, en créant des leurres sonores pendant la Deuxième Guerre mondiale pour déboussoler l’ennemi. Y réussit-il ? C’est très relatif, mais l’important n’est pas là. Aborder l’histoire par le son permet de découvrir des épisodes méconnus du 20e siècle et d’explorer les coulisses inattendues du 21e.

    Le livre est co-édité par La Découverte et la Philharmonie de Paris au sein de la collection Culture sonore, qui regroupe des travaux consacrés à l’histoire et à l’analyse du son dans le champ social. En voici la présentation officielle et la couverture :
    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Contr__le-9782707190130.html


    http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/DEC/P2/9782707190130.GIF


    Contrôle raconte la fascinante histoire d’une autre modernité sonore. Une modernité incarnée à l’origine par un homme, figure majeure mais méconnue du XXe siècle : Harold Burris-Meyer. Ingénieur et homme de théâtre, il fut inventeur de dispositifs sonores et expérimentateur en sciences du comportement.
    À travers les trois grands chapitres de son histoire — le #théâtre, l’#industrie, la #guerre — s’écrit celle des premières tentatives de manipulation des #masses au moyen du son. Divertir ou terrifier, apaiser ou piéger, guérir ou perturber, nulle différence pour l’ingénieur illusionniste. De l’#acoustique théâtrale à la #musique dans l’industrie en passant par l’élaboration de #leurres sonores employés pendant la Seconde Guerre mondiale contre les troupes allemandes et italiennes, il s’employa toute sa vie à montrer l’influence profonde du son sur les réactions et les émotions de l’homme.
    L’écriture de Juliette Volcler est portée par le double objectif de peindre de manière vivante l’époque, son contexte social et culturel, ses rêves échoués, ses expérimentations réussies, et de donner des outils critiques face à l’environnement sonore en pleine mutation du XXIe siècle.

    #comportementalisme #musique_d'ambiance

    https://seenthis.net/messages/564070 via intempestive