• Sco pa tu manaa, le « #mème de l’été »
    https://www.marianne.net/societe/sco-pa-tu-manaa-le-premier-meme-de-l-ete-que-personne-ne-comprend

    Et sur le fond, que veut signifier l’internaute qui partage une photo avec l’expression « sco pa tu manaa » ?

    Albin Wagener, enseignant-chercheur en sciences du langage à l’unversité de Nantes, spécialisé dans l’étude des réseaux sociaux : Chacun y met un peu ce qu’il veut, mais je comprends ça comme un moyen d’attirer l’#attention de ses suiveurs sur quelque chose. C’est une invitation au questionnement, parfois au troisième ou quatrième degré. Chacun peut mettre son grain de sel, ça met du lien, sans se prendre au sérieux, et c’est ça qui fait du bien.

    Sait-on comment est apparu ce mème ?

    Non, et c’est un peu la marque de fabrique des phénomènes viraux sur internet. Mais grosso modo, le processus est toujours le même. La phrase est d’abord lancée sur un forum anglophone comme 4Chan, Reddit ou 9Gag, puis quelque temps plus tard, elle bifurque sur Twitter, où elle rencontre un grand succès, parfois après avoir été traduite en français. Mais comment savoir pourquoi, parmi des milliers de mèmes, c’est celui-là qui finit par percer ? Il y a là un mystère. Parfois, ils représentent des figures de la pop culture, facilement identifiables, comme Keanu Reeves, qui fait l’objet d’énormément de mèmes. Dans le cas de « sco pa tu manaa », c’est tout le contraire. On peut supposer que justement, parce que chacun peut se l’approprier, ce mème a une portée plus universelle, ce qui favorise sa diffusion.

    Sur les #mèmes et leur #viralité, voir @fil en 2001 dans le @mdiplo : https://www.monde-diplomatique.fr/2001/11/RIVIERE/8153

    Grand biologiste néodarwinien, Richard Dawkins nomme « mèmes » ces fragments d’idées ou de discours dotés, à l’instar des gènes de la biologie, d’une faculté de reproduction. Pour les théoriciens modernes de l’évolution des espèces, les êtres vivants ne sont que des véhicules pour les gènes, conduisant ceux-ci d’une génération à la suivante. Les gènes montés à bord d’un « bon » véhicule — soit par chance, soit par leur implication directe dans la conduite de ce véhicule — seront, de génération en génération, plus nombreux, et sortiront gagnants de l’évolution.

    Dans le cyberespace (la partie numérique du monde dans lequel évoluent les mèmes) et la noosphère (l’ensemble des pensées humaines, selon une expression trouvant son origine chez Teilhard de Chardin), un mème sort gagnant s’il est capable de monter rapidement à bord d’un grand nombre de « bons véhicules ». Spécialistes de ce type d’infection sans intervention humaine, les « vers » et autres virus informatiques exploitent les failles des logiciels les plus répandus, s’exécutent sur la machine cible qui les répercute vers des centaines de nouvelles cibles, dans une boucle exponentielle.

    https://seenthis.net/messages/801117 via tbn