#male_entitlement

  • Masculinité toxique : éduque-t-on nos fils à mourir par suicide ? | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/164261/sante-mentale-suicide-hommes-masculinite-toxique-injonctions-emotions-facteurs

    Selon les dernières données sur le suicide fournies par les Centers for Disease Control and Prevention américains (CDC), 77% des 45.000 personnes qui se tuent chaque année aux États-Unis sont des hommes. De même, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les hommes meurent davantage par suicide que les femmes partout dans le monde, avec un ratio compris entre 1,5 pour 1 et 3 pour 1—ce qui en fait une majorité des plus de 800.000 personnes qui se donnent la mort chaque année. D’un point de vue mondial, les suicides comptent pour la moitié des morts masculines violentes.

    Pour des raisons évidentes, les motifs qui poussent quelqu’un à se supprimer sont compliquées à réduire à un objet d’étude. Mais si nous voulons tenter de réduire le taux de suicide, il faut savoir pourquoi il touche majoritairement des hommes.
    Dans une enquête organisée par mon association Promundo et conduite auprès de 1.500 jeunes hommes âgés de 18 à 30 ans, avec le soutien de la marque Axe, nous avons découvert que près d’un sondé sur cinq avait pensé au suicide au cours des deux semaines passées.

    Les plus sujets à ce genre de pensée sont ceux pour qui être un homme signifie montrer que l’on est fort, ne pas parler de ses problèmes et refouler ses émotions : ceux-là sont deux fois plus susceptibles d’avoir envisagé de mettre fin à leurs jours.

    Des études menées dans d’autres pays ont obtenu des résultats approchants : les hommes qui ont les idées les plus contraignantes de la masculinité présentent davantage de risques d’avoir des idées suicidaires que ceux qui ne sont pas aussi coincés dans une « virilité forcée ».

    En tant qu’hommes, nous ne possédons souvent même pas les mots qui permettraient d’exprimer ou de comprendre nos émotions.

    Être un homme aux États-Unis, et dans le reste du monde, signifie trop régulièrement apprendre à réprimer ses expériences émotionnelles –au point qu’en tant qu’hommes, nous ne possédons souvent même pas les mots qui permettraient d’exprimer ou de comprendre nos émotions.

    Des psychologues appellent ce phénomène l’alexithymie, soit l’incapacité à reconnaître et à communiquer ses émotions, et ont remarqué qu’il était plus courant chez les hommes que chez les femmes.

    La demande d’aide comme aveu de faiblesse

    Voici un exemple de la manière dont cela fonctionne. Dans le cadre des activités de Promundo auprès de jeunes hommes et de jeunes femmes, qui visent à interroger les idées toxiques sur la masculinité et à les remettre en question, nous proposons un atelier que nous appelons « Exprimer mes émotions ».

    Nous demandons à de jeunes hommes à qui nous présentons cinq émotions quelle est celle qu’ils ont le plus de facilité à exprimer et celle pour laquelle c’est impossible. Invariablement, les jeunes hommes disent que la colère et la joie sont les émotions les plus faciles à exprimer. L’affection, la tristesse ou la peur ? « Sûrement pas », disent-ils : de vrais hommes ne peuvent pas montrer ça.

    Les idées que nous entretenons sur la masculinité insinuent que demander de l’aide est une faiblesse ou une caractéristique féminine –voire homosexuelle. Il est non seulement mal vu, mais même considéré comme peu viril pour un homme de solliciter une aide médicale ou un moyen de soutenir sa santé mentale.

    Reconnaître ressentir de la douleur, qu’elle soit physique ou émotionnelle, c’est prendre le risque de se voir signifier par les hommes de votre entourage que vous n’êtes pas un « vrai homme ».
    ...

    Le suicide est bien plus répandu chez les hommes blancs aux États-Unis, chez cette catégorie d’hommes qui ont l’impression que le monde leur doit un boulot stable et bien rémunéré, et le respect qui va avec. Ils ont perdu leur emploi et sont dans une situation personnelle génératrice de stress, souvent un divorce ou une rupture familiale.

    Les données actuelles montrent qu’un homme en âge de travailler sur quatre à cinq –soit environ vingt millions– n’a pas d’emploi, un chiffre trois à quatre fois supérieur aux années 1950.

    Beaucoup de ces hommes ressentent ce que les sociologues et l’expert en masculinité Michael Kimmel appellent un « aggrieved entitlement », soit la sensation d’avoir été lésé dans ce qui leur revient de droit.

    #suicide #virilité #masculinités #misogynie #homophobie #male_entitlement

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  • Why Do Men Harass Women? New Study Sheds Light On... | Personal Experiences with Rape Culture
    http://rapeculturerealities.tumblr.com/post/162283557374/why-do-men-harass-women-new-study-sheds-light-on

    The report found that of the 4,830 men surveyed, as many as 31 percent in Lebanon to 64 percent in Egypt admitted to having sexually harassed women and girls in public, from ogling to stalking to rape.

    Of course, street harassment is a global phenomenon. Studies have shown that vast majorities of women across cities in Brazil, India, Thailand and the U.K. have been subjected to harassment or violence in public. And the U.S. isn’t immune — 65 percent of 2,000 women surveyed said they had experienced street harassment, according to a 2014 study conducted by the research firm GfK for Stop Street Harassment, an advocacy group.

    But there are a couple of things that stand out about street harassment in the Middle Eastern areas, according to the Promundo report. In the Palestinian territories,Morocco and Egypt, young men with secondary-level education were more likely to sexually harass women than their older, less-educated peers.

    The researchers were surprised by the findings. Generally, men who have finished high school or college hold more enlightened attitudes toward women than those who have had no primary school or schooling at all, says Barker, who has studied men and gender equality in over 20 countries.

    Barker and El Feki suspect that factors contributing to the behavior include the region’s high unemployment rates, political instability and pressure to supply their family’s daily needs. About half the men surveyed, for example, said they felt stressed, depressed or ashamed to face their families. Perhaps harassing women is a way to assert their power, suggests Barker.

    These young men “have high aspirations for themselves and aren’t able to meet them,” he says. “So they [harass women] to put them in their place. They feel like the world owes them.”

    In a place like rural Egypt, the situation is easy to understand, says El Feki. “It speaks to the mind-numbing tedium of being a young man [there],” she says.

    They can’t find work. They can’t afford to marry. They’re stuck living with their parents. There is nothing to do. “They’re in a suspended state of adolescence,” she says.

    The harassment is also a way for young men to “get their kicks,” says El Feki. When the men in the survey were asked why they sexually harassed women in public, the vast majority, up to 90 percent in some places, said they did it for fun and excitement.

    That is not how women see it. “It’s not fun at all,” says Saleh. “It’s a nightmare.”

    Holly Kearl, executive director for Stop Street Harassment and author of Stop Global Street Harassment: Growing Activism Around the World, says she is not surprised. “I’ve seen that reasoning before in other studies: ‘I’m bored. I’m bonding with my male friends. We’re just having fun,’ ” she says. “Men aren’t thinking about how women are feeling.”

    The researchers at Promundo suspect that men’s motivations behind the behavior is not unique to the Middle East. “We know that street harassment is an issue around the world, and there are likely similar dynamics at play,” says Brian Heilman, a fellow at Promundo who helped write the report. “We just happen to have a rich glimpse of what it looks like in (this) region through this data set.” This report is the first time that the group has studied street harassment from the male point of view in-depth.

    Women can experience a wide range of psychological effects from street harassment, says Kearl. Studies have shown that for women who are survivors of sexual violence, harassment can be triggering and traumatic. It also can make women feel unsafe, and as a result, they restrict their movement.

    #harcèlement_sexuel #domination_masculine #male_entitlement

    https://seenthis.net/messages/610442 via mad meg


  • Les femmes dans la maison vide - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Les-femmes-dans-la-maison-vide

    La nostalgie pour le temps où les hommes étaient des hommes et les femmes leurs bonnes est d’autant plus choquante quand Ellul aborde le thème de la maison vide et froide : « Elle restera morte jusqu’à ce soir ». Ainsi donc les femmes devraient passer leurs journées dans des maisons désertées par les enfants et les maris ? Des maisons qui ne vivent que de leur présence solitaire ? Et très épanouie, si on en croit le malaise des femmes dans des ménages assez aisés pour qu’elles puissent, bon gré mal gré, rester à la maison (1). Quid du fait qu’elles seules réchauffent les maisons et offrent le réconfort ? « Humeur massacrante de mon mari ; quand il rentrait, c’est vrai qu’il était toujours énervé, je me plaignais et ne comprenais pas. Maintenant, nous nous rencontrons à la porte de notre maison, venant chacun de notre travail, chacun exaspéré, chacun tendu, et nous sommes deux à être de mauvaise humeur, deux qui auraient besoin d’un lieu accueillant, d’une détente, d’une affection souriante quand on arrive. » Je ne doute pas un instant qu’il soit agréable de trouver la maison chaude, la table mise et la femelle-paillasson souriante quand on rentre d’une journée de cours à l’IEP mais il me semble difficile d’expliquer que c’est toujours l’autre qui doit s’y coller, faire la cuisine et se charger du travail domestique, y compris dans ses dimensions affectives. Visiblement les scrupules n’étouffaient pas Ellul et dans mon expérience les mâles technocritiques n’ont pas de mal à supporter le partage des tâches inéquitables, quitte à broyer les femmes qui n’ont pas de quoi leur tenir tête.

    #femmes #technocritique #revenu_garanti #maison #male_entitlement (domestique) #Jacques_Ellul #Silvia_Federici

    @mona pour Betty et @entremonde pour Caliban

    http://seenthis.net/messages/417952 via Aude V



  • How #Big_Pharma Used Feminism To Get The “Female Viagra” Approved - BuzzFeed News
    http://www.buzzfeed.com/azeenghorayshi/fda-approves-flibanserin

    “This was the most aggressive public relations campaign I’ve seen for a drug prior to approval,” Adriane Fugh-Berman, associate professor of pharmacology at Georgetown University, told BuzzFeed News. “Cloaking themselves in feminism was brilliant. It was such a novel, brilliant argument.”

    (voir également ici http://seenthis.net/messages/242323#message399712 )
    Une fois de plus on veut solutionner une question éminemment complexe à ressorts nombreux et interconnectés (à savoir le désir) d’un point de vue médical (on assimile l’absence de désir à une maladie) et réductionniste, c’est à dire par un médoc, dont l’inefficacité est d’ailleurs prouvée https://twitter.com/Lil_RoXaNe/status/633970084202065920, le tout dans un cadre d’injonction à la sexualité obligatoire (de quoi rendre le terme "pro-sexe" finalement adéquat cc @aude_v) au bénéfice des grands groupes pharmaceutiques.
    Par ailleurs une femme non désirante amenée à prendre ce traitement (dont l’inefficacité sera passée sous silence par le marketing autour) se verra taxer de menteuse si elle dit que ça ne change rien. C’est pas ça qui fera baisser le taux de viols conjugaux.
    #bad_market #male_entitlement #solutionnisme #réductionnisme #violence #femmes
    Commentaire vu sur twitter, qui résume l’article initial (https://twitter.com/MorganeMerteuil/status/634017941672062978 et twits suivants) :

    on apprend que la compagnie pharma qui produit Addyi a volontairement brandé le truc comme une women’s right issue, allant jusqu’à créer/financer un groupe pour la santé sexuelle des femmes pour promouvoir le truc et faire pression sur la FDA, dont les 2 premières décisions de ne pas commercialiser la pilule ont été qualifiées de sexistes.
    La campagne consistait notamment en une lettre type à envoyer à la FDA, arguant notamment que « quand on focus sur les femmes, la famille entière en bénéficie » (dans le cas présent : TU M’E-TON-NES)
    Ils ont aussi créé un merveilleux spot où une nana en décolleté sur un lit t’explique qu’alors que plus de femmes que d’hommes souffrent de « dysfonctions sexuelles », elles n’ont pas de médicaments pour ça, parce-que les femmes ont « droit au désir sexuel » https://www.youtube.com/watch?v=KVdJ5AdmhSQ


    et notamment, parce-que "les hommes qui prennent un traitement contre les dysfonctions de l’érection peuvent trouver ça inutile si les femmes n’ont pas de désir sexuel » (ah. la priorité se recentre explicitement sur les mecs là)

    Sur la question du désir et des ses prolongements multiples, un autre billet récent http://sujette-sensible.blogspot.fr/2015/08/quand-les-poules-auront-des-dents-nous.html

    Le sexe censé être épanoui si ton partenaire n’est pas un salaud. C’est faux. Il faudrait être égales devant le désir : après huit heures passées à évider des poissons, on n’a pas envie comme après une journée de travail intellectuel. Après un rendez-vous avec un conseiller Pôle Emploi qui nous reproche le vide de notre vie passée à chercher sans trouver, même un emploi dégradé, on peine à désirer, encore faudrait-il pouvoir oublier le regard qui nous a dit « Indésirable ».

    http://seenthis.net/messages/399780 via koldobika